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 Clandestinité ♦ ft. Marie

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MessageSujet: Clandestinité ♦ ft. Marie    Mar 21 Mar - 17:19

Rencontre sous la neige

- By running away from rain, you'll just meet the snow. -

Une autre journée à l'intérieure de la boucle. La même météo, les mêmes incidents, les mêmes flocons qui tombaient exactement au même endroit, sur les mêmes branches. Monotone ou répétitif, il n'en restait pas moins qu'Aurora, dite Miss Pica, appréciait toujours autant ce paysage enneigé de 1873. Elle ne savait pas pour autant qu'aujourd'hui, quelque chose allait être différent de d'habitude.

Elle marchait dans la forêt, en s'éloignant du manoir. On pouvait la suivre à la trace alors que ses empreintes se faisaient recouvrir lentement par un nouveau manteau de neige. Elle s'était isolée comme souvent, pour réfléchir ou se ressourcer. Elle en profitait également pour tendre l'oreille et patrouiller, au cas où un quelconque problème pouvait survenir. Elle craignait par dessus tout qu'ils soient un jour découvert et que tout ce qu'elle avait construit ici ne devienne poussière. Cela n'avait jamais été le cas, mais Miss Pica n'en était pas plus sereine pour autant. C'était son devoir de veiller, alors elle n'y manquait jamais.

A l'abris d'un arbre, soudain, ses pas disparurent. Ils étaient remplacés par des des empreintes légères d'un oiseau bondissant qui sortait d'un tas de tissu posé au sol. En quelques coups d'ailes, l'Ymbryne regardait autour d'elle et se posa sur une branche proche, pour se lisser les ailes. Elle appréciait le calme et le bruit réconfortant de la neige tombante. Cela lui permettait même parfois de trouver une inspiration pour un prochain dessin, bien qu'ils ne soient jamais remplis d'une grande magie.

C'est alors qu'elle entendit un bruissement au loin. C'était le son de caractéristique de pas dans la neige. Son ouïe n'était pas très développée sous cette forme, mais le silence était tel au sein de la forêt qu'elle ne pouvait pas l'ignorer. Elle sautilla sur sa branche pour se retourner, et scruta les troncs noirs et blancs. Elle ne percevait rien autours d'elle, alors elle s'envola, pour pour essayer de comprendre d'où venait la source du bruit.

C'est alors qu'elle vit une jeune fille, et d'un seul coup d’œil il était clair qu'elle n'appartenait pas à sa boucle. Une inconnue, dans sa boucle, qui se promenait librement ? Personne ne l'avait informé d'un voyage. Elle était sûre que rien dans la présence de cette demoiselle n'était permit ! La moindres des choses, la première des politesse, c'est au moins de s'annoncer ! Pica poussa son cri d'oiseau, rauque, avant de s'envoler vers son premier arbre retrouver la décence du tissu.

Quelques minutes plus tard, c'était une Ymbryne sous forme humaine, à l'air sévère mais intrigué qui surprenait une magnifique jeune fille au milieu des arbres enneigés. Comme quoi, sa veille portait ses fruits.

Avec un mouvement de tête interrogatif, elle plissa les yeux en toisant la demoiselle qui ne l'avait pas vu. Le ton était sec, mais sans reproche. Pour l'instant.

< Bonjour. Que me vaut l'honneur de cette visite clandestine au sein de ma boucle ?

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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: Clandestinité ♦ ft. Marie    Ven 24 Mar - 16:39


Le froid venait transpercer ma chair, enveloppant comme une caresse tranchante mes os fragiles. Je marchais entre les arbres hauts, veillant à ce qu’une branche ne se dévêtisse pas d’un bloc de neige alors que j'étais en dessous. La pâleur du sol me faisait presque mal au yeux, mais j’étais décidée à m’aventurer dans la forêt de mélèzes. Le silence était de rigueur, seul quelques oiseaux discrets osaient le défier dans une chanson apaisante. La neige, ce blanc maculé, qui me faisait penser à un tableau encore vierge de toute esquisse. Je ne m’en lassais pas depuis ma récente arrivée, voulant imprimer ce paysage dans ma mémoire une nouvelle fois. Je me souviens à peine de la neige de mon enfance. La beauté de Paris, dont les rues étaient recouvertes d’un léger drap de flocons, et la Seine à moitié gelée. A cette période de l’année, nous commencions déjà à réaliser de grands repas, à faire des balades sous les nuages grisâtres de la ville, nous délectants du froid qui faisaient rougir nos pommettes. Je me laissais aller à un sourire. Ces moments, qui autrefois me lacéraient le coeur à coup de poison dans le sang, étaient devenus aussi doux qu’une caresse réconfortante.

J’avais eu le temps de me procurer des vêtements adaptés à cette époque, où la peau est synonyme de manque de vertu. Ma robe cachait chaudement chaque partie de mon corps, et mes bottines remontaient jusqu’à mes chevilles. Je ne me sentais pas mal à l’aise vêtue de la sorte, contrairement aux échos indignants que j’ai entendu de la nouvelle boucle qui se situe à Casteltown. J’avais laissé entendre dire que les femmes montraient leur cuisses sans gêne et que le hommes portaient des hauts à col profond. Je chassais ces images choquantes de mon esprit d’un geste de la main. Je me stoppais et la tête en l’air, je regardais les sapins s’élever fièrement. Dans un soupir satisfait, je cherchais un endroit où m’assoir. Mais aucun endroit ne me permettrait d’être au sec. Alors, restant debout, je sortais de ma besace mon journal et ma plume, et m’affairais à une rédaction. Il était impensable que j’oublie ne serait-ce qu’une seconde de ce voyage. Je ne manquais pas de décrire les oiseaux qui d’un battement d’ail, rejoignaient leur nid, revenants bredouille de leur chasse à la nourriture.

Des bruits de neige écrasés interrompirent mes écrits. Je levais la tête dans un sursaut, rangeant à la hâte mon carnet. Une belle femme, à la chevelure d’ébène, me faisait face. Elle semblait bien surprise de ma présence, ce que sa question me confirmait. Il ne me fallut qu’une fraction de seconde pour comprendre que j’avais à faire à une Ymbryne. L’appellation « visite clandestine » me fit raidir, ne me sentant soudainement plus la bienvenue en ces lieux. Un goût amer venait se déposer sur ma langue, s’accompagnant à un sentiment de rancune. Je n’appréciais pas ses termes si peu accueillants venant d’une protectrice de Syndrigastis. Ne raclant la gorge, je m'apprêtais à lui répondre. « C’est-à-dire… Je… » L’intimidation face à cette dame pleine de prestance me faisait bégayer. J’inspirais profondément, dans l’idée de regagner mon calme. « Bonjour. » Je tentais de sourire, en espérant qu’elle m’en rende un. Elle me toisait d’un regard sombre, ses yeux ne laissait transparaitre aucune once d’émotion. Cette Ymbryne était de marbre, plantée devant moi, et j’étais moi-même incapable de bouger. « Je suis en voyage. Je viens de la boucle de 1941. » Je repensais à la raison de ma venue, à Lloyd, à ces dernières paroles brisées. Mon coeur fit un bond désagréable dans mon thorax, me faisant rater une respiration. Je m’essayais à ravaler ses sentiments âcres, qui brouillaient mon esprit. Impossible de balayer ses souvenirs de mes pensées. Et pourtant je me devais d’être polie, de lui répondre. Je tentais un mensonge. « Je suis venue pour … » J’abandonnais ma phrase dans un ruissellement de larmes incontrôlable.

Honteuse, je me laissais aller un bref instant avant de me forcer à faire taire mon chagrin. « Pardon. » Je cherchais un mouchoir dans mon sac, et n’en trouvant pas, je devais me résigner à essuyer mes yeux du revers de ma manche. « Pardon » J’inspirais profondément, regagnant mon calme. Les sanglots avaient glacé mon visage, et en plus de mes yeux, tout mon visage devait être présentement aussi rouge qu’une tomate. « Je viens découvrir cette boucle. J’ai entendu tant de belles choses à son propos que je me suis mise en tête de la visiter. Je m’appelle Marie.» Je fuyais son regard, n'osant plus regarder dans les yeux la femme qui était venue me trouver.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

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MessageSujet: Re: Clandestinité ♦ ft. Marie    Lun 27 Mar - 11:40

Miss Aurora Pica a écrit:
Rencontre sous la neige

- By running away from rain, you'll just meet the snow. -

L'Ymbryne n'avait peut-être pas employés les bons mots. La jeune fille rousse en face d'elle semblait prise au dépourvue, intimidée par la présence de Miss Pica. Aux premiers abords, elle avait toujours du mal à sembler aimable. Mais elle n'était pas en tord non plus. Elle n'avait reçue aucune information quant à cette visite impromptue. Elle qui aimait l'ordre, il était normal qu'elle réagisse de cette façon. La nouvelle venue bégayait et ne semblait pas capable d'expliquer la raison de sa venue. Pica inclinait la tête, silencieuse. Elle posait son regard foncé sur la jeune fille, l'interrogeant du regards, attendant quelques explications valables.

Ses traits s'adoucirent et un sourire naissant naquit sur son visage lorsque la jolie rousse lui dit bonjour, dans une tentative de se reprendre et de se calmer. Elle n'avait pas affaire à une intrusion dangereuse, compte tenu du bruit qu'avait fait sa nouvelle arrivée. Elle se détendit alors légèrement, laissant une petite part de froideur s'envoler. Elle laissa la gamine reprendre ses esprits. Elle attendait toujours dans un silence respectueux qu'elle éclaircisse la raison de sa venue. Ses yeux détaillait la visiteuse. Elle avait prévue son voyage sans aucun doute. Elle portait des vêtements parfaitement approprié pour son époque, ce qui la surpris. Ceux qui faisaient cet efforts n'étaient pas toujours habillé correctement la première fois qu'ils entraient dans la boucle. Ce détail plu à Miss Pica qui se dit que ce nouveau visage n'était pas forcément synonyme de mauvais présage.

C'est alors que la petite tenta une explication, mais entraînée par le stress provoqué par sa découverte par l'ymbryne probablement, elle fondit en larmes sans avoir réussit à s'expliquer. Ces dernières tombaient le long de son visage et laissaient sur leur passages une traînée gelée, avant de s'écraser dans les flocons à ses pieds. Pica tendit une main vers l'enfant, mais à mis chemin ravisa son geste. Il était imprudent de toucher une Sydringasti inconnue. Il pouvait arriver n'importe quoi. Elle resta un instant la main suspendue, puis, voyant que la jeune fille ne trouvait rien pour sécher ses larmes, elle lui tendit sans un mot son propre mouchoir en tissus blanc brodé.  D'un geste élégant, elle le tira de la poche discrète de sa veste, alors qu'elle se confondait en excuse. « Ce n'est rien, prenez. Calmez-vous, séchez vos larmes. Vous n'avez rien à craindre. » lui annonca-t-elle d'une voix douce.

Elle s'appelait donc Marie, un très joli prénom, plein de grâce. Elle était curieuse et voulait découvrir le peu de monde qui s'offrait à elle. C'était compréhensible. Dans un sourire à demi effacer, Pica se rapprocha de la nouvelle venue. Elle devait se montrer présente pour sa nouvelle protégée, qui semblait à présent gelée, les joues rougies par le froid et les larmes. L'Ymbryne se présenta à son tour, en essayant de faire transparaître toute la gentillesse dont elle était capable. Très à cheval sur les protocoles, il était néanmoins de son devoir de signaler sa stupéfaction quant à cette arrivée surprise.

« Ma chère Marie, je me nomme Miss Pica. Je suis l'une des trois Ymbrynes de cette boucle hivernale. Je vous souhaite la bienvenue, mais vous auriez dû me prévenir, j'aurais accueillie votre venue dans de meilleures conditions. »

Elle passa un main sur sa coiffure faite en quelques instants lorsqu'elle s'était retransformée, afin de rajuster une épingle fuyarde, puis posa à nouveau son regard sur la jeune Marie, qui semblait si perdue. Le regard de Pica s'adoucit pour laisser place à son caractère plus maternel. Marie semblait être un oisillon tombé du nid, perdu dans l'immensité de l'hiver.

« Souhaitez-vous que je vous conduise au refuge ? Je pourrais vous offrir un thé bien chaud. Vous vous sentirez mieux et vous pourrez me compter ce que vous avez entendu à propose de notre boucle. »

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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: Clandestinité ♦ ft. Marie    Mer 5 Avr - 15:08


Je regarde le visage de la belle dame s’adoucir, découvrant dans ses yeux clairs et froids le reflet de mon visage enlaidit par les milles larmes qui perlaient sur mes joues, ainsi que mon nez humide. J’y décèle cette émotion qui me provoque tant de dégoût envers moi-même, celle de la compassion. Je me sens faible et nue, en proie aux mauvaises intentions d’autrui, prête à me laisser bercer par d’autres méchancetés anodines. Je ne suis pas dotée d’un bouclier psychique, je me laisse facilement aller à la négativité, acceptant les mesquineries que je pourrais subir pour souffrir mieux encore. Et pourtant, je trouve un certain réconfort lorsque elle me tend son beau mouchoir aussi maculé de blanc que la neige. Son geste est délicat, plein de grâce, doux comme une caresse. Je me délecte de la gentillesse de cet acte, retrouvant dans ce moment une forme de bienveillance pure que l’on remarque chez chaque Ymbryne. Ces demoiselles ne sont faites que de bonté et d’empathie, protégeant les Syndrigastis des menaces extérieurs, au péril de leur vie si besoin en est. En réponse à ce mouvement, j’attrape le mouchoir et me sèche les yeux avec, n’oubliant pas d’essuyer les larmes qui ont gelé mon visage. Je ressentirais presque de la culpabilité à tacher ce beau tissu, bien qu’il ne soit fait que pour remplir cette triste besogne. Je lâche un « merci » étranglé, appréciant ses douces paroles qui me rassurent, voulant me blottir contre cet être qui est passé d’inquiétant à apaisant.

La femme se rapprocha de moi dans un mouvement de jambes élégant, dans un sourire que je juge accueillant bien qu’il soit à peine perceptible. Elle se présente avec douceur, et je place l’homonyme « Miss Pica » quelque part dans ma mémoire pour ne plus jamais l’oublier. Acquiesçant face à ses mots, comprenant que j’avais fais une erreur en ne venant pas signaler mon arrivée, j’essaie de bannir cette pensée tragique qui m’amène à croire que je ne suis faite que d’irresponsabilité. Je me forçais à pardonner ma propre personne, me justifiant par la spontanéité de ma décision quant à quitter la boucle de 1941 pour rejoindre quelques temps ces lieux. J’avais ressentis ce besoin instantanément, et à peine arrivée il s’était produit moult péripéties qui m’avait amené à ne me reposer qu’aujourd’hui. Je n’étais pas réellement en faute. « Pardonnez moi, je suis partie de ma boucle à la hâte sans prendre le temps de réfléchir. Mais je ne suis arrivée que depuis peu et quelques rencontres m’ont permis de rapidement m’adapter à ces temps. J’ai tenté de n’attirer le regard de personne. » Je désigne discrètement mes vêtements, me trouvant presque convaincante dans cette tirade qui ne justifiait pourtant rien de valable.

Je m’égarais dans ses mains qui coiffait son chignon, la mimant dans un geste inconscient. Ma coiffure relevée me faisait froid dans le cou, s’y bien que lorsque j’agitais l’air à cet endroit, on frisson désagréable parcouru ma chaire, partant du plus haut de ma tête pour aller s’évaporer dans le plus extrême de mes orteils. La pâleur de la neige donne à ma peau une teinte bien plus claire, et lorsque je regarde le visage de Miss Pica, je retrouve un air de poupée quant à sa peau blafarde et ses yeux vert, faisant contraste avec ses cheveux sombres et ses vêtements sobres. Il était impossible de ne pas ressentir du respect et de l’admiration devant ce personnage plein de beauté et de grâce. J’esquissais un sourire sur mon visage, oubliant les larmes qui coulaient tantôt, laissant s’éteindre les pensées concernant Lloyd qui m’affligeaient tant. L’Ymbryne s’adoucit encore plus, laissant derrière elle les derniers traits aigres, signe qu’elle avait été contrariée de ma présence.

Dans une voix bien plus maternelle qu'auparavant, celle-ci m’invite à rejoindre le refuge pour m’offrir un thé, me proposant de nous ouvrir à une conversation plus chaleureuse. Aussi stupide que cela puisse paraître, je me bloque et m’oblige à ne pas accepter, trouvant cette gentillesse non légitime pour la personne insignifiante que je représente. Pourtant mon esprit chavirait, réclamant un moment de bien-être velouté, voulant se complaire dans une discussion polie en toute quiétude. Dans un premier temps, j’accepte d’un mouvement de tête, puis je finis par ajouter « Je suis totalement gelée, je vous remercie. » Je souris de plus belle, me trouvant incroyablement chanceuse. Je voyais le vide que me procurait la vie en 1941, la noirceur qui accompagnait mes journée, pensant aux regards fuyards des humains que je pouvais croiser, des visages blasés des Syndrigastis quant à cette journée du vingt-deux mars qui ne voulait jamais se terminer, un éternel bruit d’explosions et de tirs qui se livraient à la guerre pendant nos nuits. Nous avions tous finis par nous habituer à cette atmosphère pleine de peur et de colère. Miss Pica se lança dans une marche lente, et je lui emboîtais le pas. Mais aujourd’hui, je me sentais vivante, presque heureuse. Le changement avait provoqué en moi un forme de renaissance dont j’avais eu réellement besoin en 97 ans d’existence.



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MessageSujet: Re: Clandestinité ♦ ft. Marie    Mar 11 Avr - 19:03

Rencontre sous la neige

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Marie semble reconnaissante, et murmure un tendre merci très timide en se saisissant du mouchoir de Pica. Impossible de ne pas s'attendrir devant ce petit personnage, même pour le plus froid des cœur. De nouveaux flocons se déposent continuellement autours des deux personnages, et Aurora retire ceux qui se sont posés sur ses épaules dans un tourbillon final. Elle ne frissonne pas, contrairement à la nouvelle arrivée. Miss Pica était sûre que tous les Syndrigastis de la boucle qu'elle s’évertuait à entretenir seraient ravis de la présence d'un nouveau visage amical. Elle ne doutait pas un instant qu'une fois que Marie serait reposée, elle lui ferait découvrir une personnalité fascinante et une histoire passionnante.

Marie lève les yeux vers Miss Pica et semble elle aussi moins méfiante. Elle sèche ses larmes, ce qui lui permet de donner de plus amples explications sur sa venue précipitée au sein de la boucle. Mais curieusement, rien de ce que ne dit Marie ne rassure Aurora. Elle dit être arrivée depuis peu, sous la spontanéité. Des rencontres ? N'attirer les regards de personne ? De personne, y comprit les Ymbrynes dans la boucle, donc. Y comprit-elle. La petite fugitive évoluait-elle dans la boucle depuis longtemps sans que Pica ne l'ait remarqué ? Elle qui la pensait fraîchement arrivée venait peut-être de se tromper sincèrement. Et avec qui était-elle de mèche, dans ce cas ? Quel était le Syndrigastis qui n'avait pas jugé bon d'avertir Pica qu'une nouvelle venue marchait parmi eux à l'insu de tous ? Pica secoue la tête et ferme les yeux, en réfléchissant aux paroles de Marie. Ce geste lui aura peut-être échapper. Pour ne pas brusquer Marie, elle attendrait encore un moment avant de lui faire part de ses questionnement. Elle ne voulait pas qu'elle se sente à nouveau menacée alors qu'elle venait tout juste de se calmer. Elles avaient des choses à se dire, et mieux valait d'abord poser les circonstances et un cadre acceptable, pour espérer obtenir des confessions. En tout cas, si elle suivait correctement, ces vêtements si soignés et adaptés à son époque venait justement de la boucle de 1873. L'avait-on aider à s'habiller et à se procurer cette tenue ? Cela expliquait certainement l'absence de fautes, si rare de nos jours avec les nouveaux visiteurs.

Malgré ces quelques ombres qui venaient s'ajouter au tableau, Pica sourit tout de même lorsqu'elle imita son geste envers sa coiffure. La coiffure de Marie n'était pas impeccable et elle pourrait apprendre à la rendre plus soignée, mais il y avait quelque chose d'adorable et de d'innocent dans son geste qu'elle avait a priori effectuer sans en avoir vraiment conscience, par mimétisme. Pica n'avait pas pu ignorer le frisson qui avait parcouru le corps de Marie. Elle avait tendance à l'oublier tellement elle était habituée au froid et à ce climat, mais tout le monde ne pouvait pas supporter cette température bien longtemps vêtus de la sorte. Sans surprise, la jeune fille avait donc accepté de suivre l'Ymbryne en direction du refuge d'un signe de tête tout d'abord, puis à voix haute. Pica semblait cependant avoir remarqué une pointe d'hésitation quelques instants auparavant. Elle espérait qu'elle n'avait pas brusquer la demoiselle. Elle indiqua donc le chemin, invitant Marie à la suivre, en faisant quelques pas dans ses traces partiellement recouvertes, d'où elle venait. La neige n'avait pas cessé de tomber, et il ne resterai bientôt plus aucun signe de leurs pas dans ce manteau hivernal perpétuel. Le refuge n'était pas si loin, et Pica connaissait les environs par cœur depuis des dizaines d'années. Il faudrait cependant marcher un peu avant de pouvoir l'apercevoir. De là, elle pourrait se réchauffer légèrement, mais pas au coin du feu. Malgré toute ces années, il était toujours aussi inconcevable pour Pica de s'en approcher trop près. Elle se tendit un instant et passa une main près de ses côtes. Elle reprit contenance après ce moment d'égarement passager, et ré-accrocha un sourire bienveillant sur son visage.

« J’espère que vous n'êtes pas encore trop épuisée, il nous faudra marcher encore quelque temps dans cette direction. »

avait alors dit Pica lors du début de leur marche. Elle n'était pas douée pour faire la conversation, car elle ne ressentait jamais la gêne que beaucoup d'autres personnes redoutaient lors de silences prolongés. Mais elle n'avait jamais été très attentive à ce genre de malaises. Après quelques minutes, Pica avait cependant pointé du doigt d'autres oiseaux perchés dans les arbres. Elle avait l'habitude de les repérer maintenant, mais un œil non entraîné serait certainement occupé à regarder ou il marchait, sans prêter grande attention à la faune ou la flore.

« Regardez, Marie. Sur cette branche se trouve une pie. C'est cette forme que je prends pour veiller sur la boucle. »

Dans son esprit, cette remarque résonnait beaucoup moins égoïste et égocentrique qu'elle ne l'avait prévue. Les mots prononcés, elle songea alors qu'il avait peut-être été malvenu de parler d'elle, et qu'elle aurait mieux fait de s'abstenir. Elle baissa le bras, vraiment, les relations humaines n'était pas sa plus grande qualité.

Et l'oiseau s'envola dans un bruissement d'aile, faisant tomber la neige de sa branche nue.


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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: Clandestinité ♦ ft. Marie    Jeu 20 Avr - 16:59


Les flocons tombent en masse, dans une danse lente et magnifique pour les yeux, rythmée par le souffle léger du vent qui les fait valser de mille façons différentes, les faisant s’entrelacer deux par deux et même en groupe, jusqu’à venir se fondre à la poudreuse qui a déjà revêtit le sol. J’avais oublié mes larmes d’il y a quelques quart d’heure, écrasant joyeusement le tapis de neige, trouvant amusant de laisser les traces de mes pas qui se recouvrent à mesure que le temps passe. Tête en l’air, j’admire la pluie glacée qui tombe sur mon visage, mes cheveux et mes vêtements. Je ne prête pas attention à celle qui vient se loger dans mon cou, tant la beauté de ce moment me submerge et me fait retrouver mes sourires d’enfants. Miss Pica avance devant, dans une marche plus adulte et réfléchie. Avec le temps, elle s’était sûrement accoutumée à ce beau paysage, qui pour ma part me donnait la sensation d’une renaissance, une nouvelle vie qui s’offrait à moi et qui pour rien au monde ne me donnait envie de rentrer dans ma boucle. Discrètement, j’entrouvrais la bouche, cherchant à attraper quelques flocons du bout de la langue. Acte terriblement juvénile, me rappelant les jeunes gens que j’avais pu croiser depuis mon arrivée, qui eux aussi s’amusaient de la sorte. Mais le gout était désagréable, s’apparentant à de l’eau croupie. J’entend Miss Pica, s’arrêter, et se tourner vers moi. Par un réflexe pudique, je fais rejoindre mes lèvres, reprenant une posture plus convenable et adaptée à la situation. Faisant quelques pas en avant, je la rejoins, et dans un rictus je répond au sien. « Non, la marche ne m’est pas désagréable. Et pour vous? Ce n’est pas plus facile lorsque vous vous servez de vos ailes? » Questionnement que je ne m’étais jamais faite auparavant, mais en voyant cette magnifique dame se stopper, je me surprend à me faire la réflexion pour la première fois.

Nous nous sommes regardées ainsi pendant plusieurs minutes, à fixer mutuellement le blanc de nos yeux. Je la sentais presque gênée par ce silence qui s’était abattu sur nous, et pourtant je me délectais de cet instant. Le temps en de brèves compagnie m’a fait réaliser que nous ne sommes vraiment à l’aise avec un autre que lorsque les instants de mutisme ne nous mettent pas mal à l’aise. Si bien que je pouvais comprendre sa situation. Je pouvais comprendre que ma présence ne lui soit pas confortable, car il arrive que certains ne soient pas habitués à être accompagnés. C’était aussi mon cas, mais d’une manière différente. Je préfère les présences silencieuses, car faire la conversation à tendance à me distraire et à vite me lasser. Mais je suis ce que Miss Pica m’indique du doigt, m’intéressant soudain à une branche où un bel oiseau noir et blanc semble rassembler ses forces, faire une pause ou attendre un signe pour reprendre son envol. La belle Ymbryne m’explique qu’alors que cette pie, c’est la forme qu’elle prend lorsqu’elle se transforme en oiseau. J’acquiesce d’un mouvement de tête, observant les nombreuses fausses similitudes entre cette pie et elle, sous cette forme telle que je la voyais. Sa peau pâle et veloutée comme celle d’une poupée, les cheveux fins et noirs, l’allure fière et gracieuse. J’étais certainement poussée à y voir une similarité physique, mais je m’interrogeais alors sur quelques facettes de sa personnalité. A premier abord, elle m’avait semblé agressive, comme une mère qui voulait protéger ses petits Syndrigatis. Etait-elle aussi chapardeuse sur les bords? Avait-elle une certaine attirance pour ce qui brille?

« C’est un oiseau magnifique. J’aurais aimé voler, moi aussi. » Et il s’envole enfin, laissant derrière lui une petite tombée de neige qui manque d’atterrir sur ma tête. Par esprit de survie, je fais plusieurs pas en arrière sans prendre le temps de regarder derrière moi, trébuche, et viens embrasser le sol. Je prend quelques instants afin de comprendre ce qu’il venait de m’arriver. Mes cheveux se mouillaient petit à petit, ma nuque refroidissait de seconde en seconde et ma cheville me lançait légèrement. « Oh, je me suis prise  le pied dans une racine, je crois! » Exclamation ridicule, mais j’étais un peu sonnée et pris quelques temps avant de me relever. Je regardais le ciel, et vu sous cet angle, il était plus beau encore. Mais loin de moi l’idée que de finir recouverte d’un manteau de neige me déplaisait, j’avais d’autant plus froid et me relevais doucement, marquant une pause en position assise, afin de ne pas risquer de tourner de l’oeil. Me ridiculiser une fois, admettons. Mais deux, c’était déjà trop. D’un mouvement rapide et mécanique, je me relève enfin, prenant à nouveau mes repères et espérant que mes pommettes n’avaient pas trop rougies de honte. J’évitais le regard de Miss Pica, et essayait de me débarrasser au mieux de la neige qui fondait au contact de ma robe. « Il m’arrive d’être très maladroite. » Explication faite tout en enlevant ma chaussure gauche pour la débarrasser de la neige, puis la droite. Je laisse échapper un soupire, me sachant tout à fait stupide et ridicule. Un de mes plus grands défauts, c’est d’être distraite plus facilement qu’un chat. Il m’arrive régulièrement de ne pas réfléchir avant d’agir, avant de parler. Et comme maintenant, cela finit par me retomber dessus. Je me racle la gorge, voulant passer à autre chose rapidement, oublier cet évènement des plus humiliants. « Donc … Vous gardez cette boucle depuis longtemps? » Je n’avais pas pensé que cette question pourrait être intime, certains ayant de la difficulté à parler de leur âge. J’espérais ne pas l’offenser, et afin de ne rien risquer, je laisse se dessiner sur mes lèvres un sourire des plus convaincants.



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