AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Jeu 23 Mar - 22:27



I wanna know, can you show me?


Avec Gustave Barthélemy

Darren jeta un coup d’œil anxieux autour de lui, et d'un mouvement presque saccadé, il se tourna vers le caveau qui était l'entrée de cette boucle. Aurait-il été possible de faire plus effrayant que cela ? Il baissa un peu les yeux, l'entrée de sa propre boucle lui semblait nettement plus terrifiante, cependant, il s'y était habitué. Il avait néanmoins développé une sainte horreur de tout ce qui était en rapport, proche ou éloigné, avec les cirques. Tout forme de spectacle le révulsait et lui donnait envie de se presser tellement fort le crâne entre les mains qu'il aurait pu briser sa boîte crânienne. Il passa une main dans ses cheveux couleur automne pour en faire tomber une possible poussière déposée lors du voyage, et regarda de nouveau alentours. Il n'y avait ici que des tombes disposées en rangées serrées, les unes à côté des autres, et le silence qui pesait le fit frissonner d'angoisse. Aurait-il été possible de lui rappeler plus encore le silence de mort qu'il avait connu après la bataille ? Cela s'était déroulé il y avait plus d'une centaine d'années, et pourtant, les cauchemars s'imposaient toujours à son esprit, et la peur lancinante qu'il ressentait au moindre bruit ne semblait pas vouloir s'atténuer. Il devait quitter cet endroit, et vite, retrouver de la vie, des personnes autour de lui, la solitude, en soit était aussi une de ses plus grande peur. Il envoya rageusement voler quelques graviers à l'aide de son pouvoir, ce qui lui fit un peu serrer les dents. Il n'avait pas à mettre autant de puissance juste sur un coup de nerf, et il essuya la goutte de sang coulant de son nez d'un revers de main. Il observa ensuite le liquide carmin sur sa peau d’albâtre. Beaucoup trop de puissance, il en avait utilisé beaucoup trop, d'autant plus avec sa fatigue due au voyage. Il haussa finalement une épaule et se mit à marcher. Il avait simplement à se souvenir qu'il ne devait plus utiliser sa particularité, sous peine de se voir perdre connaissance.

Il sortit donc du cimetière, se demandant où il devait aller. Il avait décidé d'aller vers cette boucle, pour ne pas rester ignorant. Il se demandait comment le monde avait évolué, et ce que le deuxième millénaire avait à lui offrir. Il se souvenait non sans douleur de la dernière expérience du genre qu'il avait connue, en voulant aller en mille neuf cent quarante et un. Plus jamais il ne remettrait un pied dans cette boucle, lui qui était terrifié par les combats et la guerre, il avait été servi en y allant, et n'y était pas resté plus de trois jours, rentrant tremblant se réfugier sous les plumes de Miss Pica... Il réprima un frisson et tira sur les pans de son costume pour ne plus avoir l'air si débraillé et perdu. Il songea non sans amertume, qu'il devait avoir l'air bien anachronique, dans son accoutrement pourtant fort bien, mais qui n'avait plus sa place dans un monde ayant subit autant de changement. Il sortit néanmoins sa pipe, qu'il bourra consciencieusement avant de l'allumer à l'aide d'une allumette. Un peu de tabac lui ferait le plus grand bien, il savait qu'il fumait beaucoup trop, mais il n'en avait cure. Il se souvint du cirque où il avait grandit, avant le FreakShow, à croire qu'il avait été destiné à n'être entouré que de bouffons payés à divertir les autres en manque cruel de divertissement. Il se souvenait de l'odeur de tabac prenante, qui l'avait d'abord écœuré, et qui, avec le temps, avait fini par lui plaire, et c'était du haut de ses treize ans qu'il avait commencé à voler la longue pipe féminine de sa mère, puis en avait récupéré une dont un clown avait voulu se débarrasser. En somme, le tabac était devenu un de ses péchés depuis son plus jeune âge, mais il était relatif. Élevé dans un tel univers, et une telle époque, il restait en lui de vieux souvenirs malsains, lui indiquant qu'aimer le même sexe était une maladie, qu'il devrait chercher de l'aide et se faire soigner.. Le temps passant, il avait constaté que les mentalités avaient fini par évoluer, et que s'il restait des personnes persuadées que c'était une maladie, mais en règle générale, les autres semblaient en éprouver un indifférence qui était presque salvatrice.

Prenant une grande inspiration, il décida finalement de se déplacer vers la droite, et de voir où ses pas allaient le mener. Il regardait les décors changer autour de lui, et si cela l'intriguait, il devait aussi avouer qu'il était légèrement inquiet. Il releva la tête, il était hors de question pour lui de paraître faible si quiconque pouvait l’apercevoir, or, il avait déjà croisé quelques passants, qui, sans doute surpris par ses vêtements et sa pipe, étaient venus sur lui poser leur regard interrogateur, auquel il répondait d'un aimable mouvement de tête. Il n'avait pas prit la peine d'emporter son chapeau avec lui, se jurant qu'il essayerait, pour une fois, de s'adapter à son environnement, en adoptant un style vestimentaire plus proche de l'actualité, mais en voyant les passants...Il avait rapidement regretté cette décision. Il finit donc par arriver dans ce qui lui semblait être le centre de ce village, et chercha un refuge à l'ombre. Lui qui était habitué au froid et à la neige, il souffrait de la chaleur, terriblement, de plus, il se savait capable de prendre des coups de soleil de proportions démesurées. Sa peau blanche et fragile ne supportait que très difficilement la morsure du soleil. Une fois réfugié devant une devanture, il s'autorisa à une nouvelle fois, regarder autour de lui. Certes, il se devait de l'avouer, malgré sa tête haute, il était perdu.
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Ven 24 Mar - 22:44


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

Ma garde a été longue et assez fatigante, mais comme chaque soir j'ai survécu. Trente cinq ans déjà que je suis infirmier au service de cette boucle et que j'ai pris l'habitude du sang, du vomi, du pus et de tout le reste. Trente cinq ans que j'ai décidé de faire autre chose que de simplement passer mes journées à glander comme un crétin en écoutant de la musique, en matant de films et en fumant des pétards. Cinq ans, c'est le temps qu'il m'a fallu pour me réveiller vraiment, pour me bouger et me dire que je ne pourrais pas continuer comme ça. Pour me réveiller, vraiment... Si ma mère savait... je crois que j'aurais droit à un de ces fameux discours moralisateurs, transpirant la morale victorienne qui transpirait par tous les pores de sa peau de lait ''Mais seules les femmes peuvent être infirmières! Deviens au moins médecin! Et encore, c'est cela que tu veux faire de ta vie Gustave? Jouer les saint Antoine pour les pauvres et les lépreux? Côtoyer la mort et la maladie? Tu ne sais pas ce que ''ces gens'' - et elle aurait soigneusement appuyé sur ces mots, les teintant d'un tel mépris que je comprenais immédiatement qu'elle faisait référence aux démunis- ont. La crasse, la peste, toutes ces choses horribles. Non Gustave, hors de question, tu vaux mieux que ça!''

Parce que comme pour Camille, depuis le jour de notre naissance tout a été tracé et planifié. Avant même qu'on soit conçus j'en suis sûr, père et mère établissaient en prenant leur petit déjeuner ce qu'ils feraient de leur progéniture, dans quel internat ils les enverraient, puis quelle carrière ils feraient. Qui reprendrait les affaires de papa et qui entrerait au Parlement. Je suis persuadé qu'ils avaient même réfléchi à nos futures épouses, avec quelles jeunes filles de bonne famille ils pourraient déjà nous marier pour créer des liens politiques et financiers intéressants et bien juteux pour tout le monde. Un marché aux bestiaux qui me dégoute, et qui est loin maintenant. Maintenant... maintenant je m'avance vers la plage alors que le soleil tape fort. Je l'ai même pas vu se lever et j'ai besoin d'en profiter un peu... Alors arrivé en haut de la dune je vire mes tennis en toile et enfonce mes pieds dans le sable brûlant, avant de virer mes fringues petit à petit et terminer en caleçon. J'abandonne le tout en tas sur la plage, et m'avance, entrant lentement dans l'eau avant de plonger tout à fait, et commencer à nager. Ouais... C'est ça... exactement ça. Si j'avais voulu, j'aurais pu rentrer directement chez moi. Si j'avais voulu, j'aurais pu faire un crochet par le supermarché. Si j'avais voulu, j'aurais...j'aurais pu faire ce que je voulais. C'est ça que j'ai le plus apprécié en venant ici, la liberté. Personne ne décide à ma place, personne ne me commande quoi dire ou quoi faire, je suis seul maître à bord et c'est tellement grisant, après des années à vivre sous la tutelle de nos parents, surtout ma mère, qui mettait un point d'honneur à nous avoir à l'oeil chaque seconde. Pour notre bien et le prestige de notre famille... Et je me retiens de rire histoire de pas boire la tasse en me disant qu'elle détesterait tellement la vie que j'ai aujourd'hui... mais que Camille lui... Je chasse tout ça d'un autre mouvement des bras, et quand je me suis assez éloigné, quand j'ai assez lutté contre les vagues fraîches et sauvages, quand je sens mes muscles assez fatigués je fais demi tour et sors de l'eau, me laissant retomber sur le tapis doré le temps d'être parfaitement sec, les yeux fermés, totalement offert pour qu'il me sèche à ma place...

Je me rappelle au début, quand la seule chose que je voulais c'était m'apprivoiser. Découvrir ce que je voulais faire, et surtout, qui je voulais être, après des années où on ne m'avait même pas fait comprendre qu'il pouvait y avoir autre chose. Que je pouvais être autre chose. Et en plus de cette nouvelle époque, cette nouvelle ville, je me suis découvert moi. Penser par moi-même, décider par moi-même, comprendre mon style et mon rythme de vie. Savoir qui j'étais et expérimenter tout ce qui m'avait été interdit. Ca m'a pris du temps pour mettre en place toutes les pièces du puzzle, pour m'affirmer et ne plus penser à ce qu'on pourrait dire de mes actions, à ne plus réfléchir à ma réputation ou quoi que ce soit... Et j'ai fini infirmier, à utiliser mon don et ce que j'ai appris pour aider et sauver les gens, à vivre dans une petite maison dans un petit village, et à vivre ma petite vie tranquille faite de sorties avec mes potes, de rencontres de quelques heures ou de quelques semaines avec de charmantes demoiselles, dans un bordel soigneusement organisé et au rythme d'une collection de vinyles qui s'agrandit toujours plus, saupoudré de vapeurs de beuh... Putain la beuh c'est tellement bon... Encore un truc génial de cette époque.

Une fois sec, amoureusement cuit par le soleil qui tape, je me relève, enfile juste mon grand tshirt et mes tennis, restant en caleçon pour rentrer chez moi, fourrant mon jean dans mon sac avant de regagner les rues désertes à cette heure. Tu m'étonnes, ils font tous la sieste, et je vais les rejoindre après un bon thé glacé... sauf que... quelqu'un fait tache. Presque comme dans un jeu de sept erreurs, je remarque la silhouette de quelqu'un en train d'observer la vitrine d'un magasin qui est fermé pour la pause de midi, et quelque chose attire mon regard. Au début je ne sais pas quoi, juste...quelque chose, avant de réaliser. Sa tenue. Il est habillé comme l'étaient les gens quand j'étais petit... Un voyageur lointain alors... et on dirait qu'il est perdu... Clope au bec, tignasse en bataille gorgée de sel et démarche nonchalante je m'approche de lui, un grand sourire aux lèvres.

Euh... bonjour. Sans être méchant mais... vous avez pas l'air du coin... Vous avez besoin d'aide? Si vous êtes un peu perdu on va vous aider. Le village est pas grand mais très sympa et tout le monde se connaît. Et moi je m'appelle Gus. Enfin Gustave mais vous pouvez m'appeler Gus. Gustave c'est pour les vieux...

Et là je prie pour qu'il ne s'appelle pas Gustave ou autre lui non plus parce que sinon j'aurais mal, mais alors très mal, fait mon entrée en matière...


© HELLOPAINFUL


Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Sam 25 Mar - 12:06



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy


Perplexe, Darren observait les objets dans la vitrine, bien que plongée dans l'obscurité, se demandant à quoi diable pouvaient bien servir certains d'entre eux. Il lui semblait que ce magasin pouvait bien être une espèce de quincaillerie, où il y aurait eu vente d'objets sans rapport les uns avec les autres, mais qu'en savait-il réellement ? Il se prenait à trouver du soulagement dans le fait de voir une fourchette, certes d'une laideur à toute épreuve, recouverte de ce morceau de plastique vert et jaune, mais une fourchette quand même. Lui, était plus habitué aux services de fer, d'argent, dans les bonnes familles, chose qu'il n'avait jamais eu l'occasion de porter à ses lèvres, mais qu'il avait su observer dans les vitrines, comme il était en train de le faire. Il fit légèrement jouer sa langue dans sa bouche d'un air mécontent et se tourna pour regarder autour de lui. Il n'avait pas passé énormément de temps en mille neuf cent quarante et un, mais il avait déjà pu constater quelques évolutions qu'il pouvait voir ici, cependant les voitures ne cessaient de le fasciner. Lui qui venait d'une époque où les voitures n'étaient que des calèches tirées par des chevaux, il trouvait improbable que ces engins puissent bouger d'eux-même. Il avait pu voir ça dans l'autre boucle, avec les engins de guerre, mais ce n'était pas la même chose. Ici, c'était calme, il n'y avait pas cette peur ambiante qui l'avait poussé à se retrancher dans sa boucle d'origine quelques jours seulement après son arrivée. Ici, il planait une insouciance qui l'aurait presque mit mal à l'aise. Il voyait des gens passer avec le sourire, il entendait des rires, et ces tenues... Il frissonna un peu et se tourna de nouveau vers la vitrine pour observer encore les quelques objets. Il devinait l'utilité de certains, mais se demandait s'il était vraiment nécessaire d'y ajouter tant de fioritures inutiles. Passant une main dans ses cheveux, il se demanda à quoi pouvait ressembler une demeure moderne, et son regard courut vers une fenêtre, qui malheureusement, était voilée par un rideau. Poussant un soupir, il tira de nouveau sur sa pipe, plongé dans ses pensées. Une perle de sueur roula le long de sa tempe, allant s'échouer à l'angle de sa mâchoire. Il mourait de chaud, et il lui vint un instant l'envie de retirer son manteau pour ne plus subir cela, mais son éducation sembla l'en empêcher. Il n'était pas de bonne famille, et avait souvent traîné avec de vieilles fripes, portant souvent des costumes de cirque comme vêtement quotidien, ce qui avait su lui attirer certaines railleries. Décidant que c'en était trop, il retira son manteau, qu'il plia avec attention sur son bras, restant dans sa chemise blanche couverte d'un gilet noir. Il songea non sans amusement, qu'une canne lui aurait conféré de décalage suprême par rapport à cette époque, et il venait à regretter son chapeau. Il sentait dans son dos les quelques regards effarés, de ces gens qui devaient se demander ce qu'il pouvait bien faire accoutré de la sorte.

Darren sursauta néanmoins lorsque une voix s'adressa clairement à lui, et il se tourna dans un bel ensemble. Il détailla un instant l'homme devant lui, que lui prenait-il à ainsi porter la barbe et la moustache de la sorte. Ses cheveux semblaient impossibles à discipliner, et cette tenue... N'avait-il pas les moyens de se payer un bas digne de ce nom ? Et cet accoutrement qui devait lui servir de veston... Darren inclina légèrement la tête sur le côté, piqué de curiosité. Allait-il devoir se dévêtir de la sorte pour ne plus être une tache au milieu de ce paysage ? Il n'était pas certain d'en être capable, et l'idée seule lui donnait des sueurs froides. Gustave ? Oh, il avait connu des gens portant ce nom, et en effet, cela faisait vieux. Ce personnage était en décalage, comme il l'avait été en s'appelant Darren, à l'époque. Sa mère lui avait joué un vilain tour en lui donnant ce nom, et on lui avait demandé un nombre incalculable de fois pour quelle raison ses parents n'avaient pas décidé de lui donner un prénom normal. Il y répondait avec un haussement d'épaule élégant et un sourire mièvre. Qu'aurait-il pu en savoir ? Il avait toujours eu des interrogation quant à l'intégrité mentale de sa mère, et la folie de son père n'était plus à prouver, bien qu'il doutait qu'il ait eu une quelconque influence sur le choix de son prénom. Non, le lâche avait jugé plus intéressant de fuir bien avant, et de délaisser son fils comme s'il s'était agit d'un vulgaire animal. Il prit un petit inspiration, il n'était pas temps à se remémorer ce genre de choses, et cet étranger lui semblait bien aimable, à vouloir ainsi lui prêter main forte.

- Bien le bonjour mon ami ! Un prénom ancien, en effet. Dit-il presque théâtralement en lui tendant la main pour serrer la sienne. Disons que nous sommes tous deux anachroniques dans ce cas. Il inclina la tête. Darren Flanagan, enchanté. Il eut un aimable sourire. Et en effet, je suis quelque peu perdu, vous êtes bien aimable.

Darren ne voulait pas se montrer hostile, il aurai été bien stupide de ne pas prendre la main de quelqu'un qui voulait l'aider dans ce genre de circonstances. Il détailla de nouveau l'homme du regard, se disant qu'il y avait peu de chance pour qu'il soit humain. Les humains le prenait sans doute pour un fou, ou, aussi burlesque que cela pouvait être, ils devaient le songer sorti d'un cirque. Gustave, lui, était venu le voir, et avait sans doute remarqué son désarroi à la vue seule de ses vêtements. Darren en était heureux, cela signifiait qu'il ne serait pas oublié au lendemain, en partant du principe où il ne se fourvoyait pas. Il se tenait droit, semblait presque intouchable, dans un mouvement défensif presque pitoyable. Si cet homme était bien un syndrigastis comme il le songeait, il était hors de question qu'il le voit aussi faible que ce qu'il était réellement, et Darren se garderait bien de lui conter son rôle auprès du Freak Show. Il aimait les autres syndrigastis, et contrairement à ce que son attitude renvoyait, il supportait terriblement mal la solitude. Il se forçait à un exil qui n'avait de cesse de le faire souffrir, cependant il ne se jugeait toujours pas digne de communiquer avec les autres, malgré toutes ces années passées.

- C'est une ville fort agréable. Dit-il pour amorcer un début de conversation. Même si la chaleur y est étouffante. Il regarda les jambes de Gustave. Cela dit, je constate que vous y avez trouvé une solution... Il releva les yeux vers le visage de l'homme. Loin de moi l'idée de vous vexer, je n'y suis seulement pas habitué.

Il eut un léger sourire, il ne voulait pas être désagréable, ni même faire en sorte que ce dernier se sente vexé de quelque manière que ce soit, mais la légère raillerie était sortie d'elle-même comme s'il n'avait pu se retenir. Il retrouvait une fois encore, ce caractère qu'on lui avait si souvent reproché, et qui le rendait presque inapte à vivre en société. Se remémorant les paroles de Gustave, il songea aussi qu'il allait certainement devoir faire un effort de langage, pour ne pas paraître pompeux en cette époque, mais cela viendrait, avec le temps. Il aimait déjà bien l'endroit, et si l'activité de la ville et l'époque avait tendance à le terrifier, il se disait qu'avec les jours passants, il finirait par s'y faire, et peut-être que pour une fois, il saurait s'adapter à un autre univers que le sien. Fort de cet espoir vain, il porta sa pipe à sa bouche et leva un sourcil déçu. Cette dernière s'était éteinte...
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Jeu 30 Mar - 22:55


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

Je me demande souvent ce que je ferais, et qui je serais si je n'étais pas parti. Si notre mère ne m'avait pas envoyé loin de la maison pour m'éloigner de mon cher Camille, car elle voyait d'un mauvais oeil le fait qu'on soit si proches. Tu devrais te faire de nouveaux amis Gustave. Tu devrais sortir davantage avec des gens de ton âge et surtout de ton milieu Gustave. Tu passe trop de temps avec ton frère. Non il ne peut pas aller au bal d'untel ou à la réception d'untel. Imagine qu'il blesse quelqu'un par inadvertance? Tu imagines le scandale? Et si on apprenait notre particularité? Ca fait quarante ans que je n'ai plus vu ma mère et pourtant je connais encore par coeur ses vieilles rengaines et ses ritournelles poussiéreuses et durcies par l'âge. Pour l'avoir longtemps pratiquée, presque vingt ans mais heureusement pas en continu, je peux prévoir ses réactions et ses paroles, sa façon de penser et le petit plissement de nez malgré son sourire qui est chez elle le signe d'un profond mépris ou d'une évaluation personnelle de quelqu'un ou de quelque chose qui aurait échoué. Et elle aurait plissé son nez en bec d'aigle au point de se faire les rides qu'elle craignait temps en voyant ma maison et mon style de vie. Le bordel joyeux qui y règne et ma liberté. Oh oui elle aurait détesté. Si j'étais resté auprès d'elle, vu que je n'ai pas la malédiction de Camille, j'aurais sûrement déjà été marié et je serais en train de faire un boulot aussi prestigieux qu'ennuyeux dans le coeur de Londres, et j'aurais... ok non il vaut mieux pas que j'y pense, parce que maintenant que je m'en tiens aux dates et aux chiffres, j'aurais déjà pris ma retraite depuis longtemps et je serais sagement en tain d'attendre la mort. Bordel non. Non non. J'ai eu ce cadeau magnifique d'avoir une vie infinie et de pouvoir en faire ce que je veux, alors c'est pas le moment de m'encombrer d'idées noires...

Prendre un bain de soleil après une longue nuit à l'hôpital est quelque chose dont j'ai besoin, et j'en profite à fond, comme pour recharger mes batteries. J'ai besoin de le sentir amoureusement brûler ma peau comme les baisers d'une amante un peu trop sauvage, et comme à une amante je m'abandonne à lui et ses caresses chaudes. Une fois reposé, un peu comme après un pas de deux intense sous la couette ou ailleurs, je me relève, encore un peu sonné et endormi avant de me mettre en chemin vers chez moi. Tout en marchant, casque sur les oreilles, je pense à ce dont j'ai besoin alors que je passe devant les différentes boutiques.... Et c'est là que ce type me saute aux yeux. D'abord à cause de sa tignasse flamboyante au sommet de son crâne qui scintille comme les feux du Gondor au milieu de cette après-midi d'été... Ensuite à cause de sa tenue d'un noir corbeau et digne d'un croque-mort que je connais trop bien... J'avais la même. Epaisse, rêche et inconfortable, même venant des meilleurs tailleurs de la ville. Tout l'inverse d'un bon jean et d'un tshirt assez usé pour être doux et moelleux... comme des charentaises pour les fesses. C'est d'ailleurs un truc que j'ai appris ici, c'est que cette époque recherche son confort, veut être bien avant tout, peu importe si le vêtement est beau... Et bref, tout ça pour dire qu'il n'a pas l'air du coin, et qu'il aurait besoin d'un petit coup de main...

Je viens donc briser la glace, qui aurait déjà de toute façon fondue vu la température et lui tends chaleureusement la main avec un sourire accueillant. Je me présente, lui propose mon aide, et à la seconde où il ouvre la bouche je comprends que j'ai raison. Un pur produit d'un bon siècle en arrière, et plus encore. Et c'est bizarre, à ses tournures de phrases, son intonation, j'ai l'impression de me retrouver en face de notre gouvernante, mademoiselle Estelle, qui nous faisait répéter encore et encore des phrases comme ''Bonjour, je suis ravi de vous connaître'' en français, en anglais et en allemand... Bon sang dire qu'à un moment j'ai parlé comme ça. J'ai employé les mêmes mots, les mêmes tournures... ça me semble tellement...vieillot maintenant! Comme si rien qu'à les prononcer j'avais la bouche pleine de poussière et que je devenais un vieillard gâteux.

Ouais c'est une chouette petite ville et c'est vrai qu'il y fait chaud. Mais si vous comptez rester ici vous feriez mieux d'adopter une garde robe un peu plus adaptée, et surtout légère et vous vous sentirez beaucoup mieux...

Puis sa remarque me fait baisser les yeux vers ma ceinture et je me rappelle que je suis en train de traverser le patelin en tennis et en calebute. A l'aise. Je commence à me marrer, grattant nerveusement ma tignasse avant de désigner mon sac d'un geste du menton.

Oh, c'est juste que j'ai terminé ma journée de travail et que je suis allé nager un peu pour me détendre et décompresser... Et comme il fait très chaud et que j'étais pas encore totalement sec, je me suis dit que j'allais rentrer comme ça. Ici, dans cette époque, dévoiler ses jambes et ses genoux est quelque chose de normal, pour les filles comme pour les garçons. Et à la plage c'est encore pire. Je... je viens de la boucle de 1941, enfin de cette époque là et j'ai eu un sacré choc en arrivant ici. Beaucoup plus de liberté, moins de règles... chacun fait ce qu'il veut... C'est...vraiment super. Je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis que je suis ici... Je fais ce que je veux... ce que je n'ai jamais pu faire avant...

Eh oui, j'ai plus appris ici en deux ou trois ans qu'en vingt ans là bas.. j'ai découvert qui j'étais ici, ce que je voulais, quel était mon rythme et mes envies, seul, sans influence de quiconque. Moi et moi seul... seul sans Camille malheureusement, la seule pièce qui manque au puzzle pour que je sois complètement heureux... Je désigne les bâtiments tout autour de nous.

Est-ce que vous savez déjà où dormir? Où aller? Vous cherchez quelqu'un en particulier? Hésitez pas à demander, c'est important d'accueillir les nouveaux, surtout quand ils ont l'air de venir d'aussi loin que vous...

© HELLOPAINFUL


Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Ven 31 Mar - 15:33



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy


Darren ne cessait de regarder Gustave d'un air perplexe. Il avait conscience que les changements d'époque allaient être un choc, cela l'avait déjà été avec 1941, mais là, il avait presque l'impression d'être arrivé dans un monde parallèle. Les gens ici n'avaient-ils donc plus aucune estime d'eux-mêmes, pour se tenir de la sorte. Il jeta un coup d'oeil circulaire autour de lui, et en effet, il constatait avec presque stupéfaction, que même les femmes portaient des vêtements qui ne les dissimulaient pas. Il n'avait jamais vu autant de chevilles découvertes en l'espace de quelques secondes que ce qu'il était en train de constater, et si cela n'avait rien pour lui déplaire, puisque de toute manière, il n'en avait cure, cela le surprenait tout de même. Il se demandait depuis combien de temps la mode était venue à celui qui serait le moins habillé, et dans les paroles de Gustave, il comprit à grand peine qu'il allait devoir mettre plus d'efforts que prévu pour s'y adapter. Il repéra néanmoins un jeune homme passant, portant simplement un t-shirt blanc sur un Jeans et le désigna du menton.

- Je pense que je me limiterai à ce genre de tenue... Dit-il avec un petit sourire mal à l'aise.

Darren était quelqu'un qui était rarement de bonne humeur, et qui n'acceptait pas facilement qu'on lui adresse la parole. Cependant, Gustave avait une manière de bouger et de s'adresser à lui qui avait su le calmer. Sans que ce ne soit tout à fait la même chose, il avait l'impression que dans cette époque, les individus avaient plus tendance à agir de manière naturelle, comme cela avait été le cas dans le cirque duquel il venait. Gustave n'avait pas l'air de se soucier des conventions et des choses à faire pour être bien vu, et cela le soulageait grandement. Il n'avait plus à se forcer, il ne devait ni se tenir droit, ni utiliser un langage qui souvent le dépassait. Certes, il ne parlait pas de la même panière que ce jeune homme en face de lui, qu'il avait même un peu de mal à comprendre sur certaines tournures de phrases, mais il saurait faire avec, et un jour, avec un peu d'entraînement, il serait peut-être même capable de s'exprimer comme lui, et ainsi, s'adapter à cette époque folle qui avait l'air de tourner totalement à l'envers. Il n'avait cependant de cesse de se demander s'il en serait réellement capable un jour, cela dit, seulement le futur pourrait le lui dire.

Darren leva un sourcil intrigué lorsque Gustave lui annonça qu'il était allé nager après le travail, et ce, pour se détendre. Lui qui ne savait même pas nager, avait l'impression que l'idée seule d'une nage était le bout du monde. De plus, pour lui, le travail était quelque chose d'épuisant, il se souvenait des représentations, et des entraînements, et il savait qu'il avait envie de tout sauf de s'épuiser encore plus après cela. Il se demandait donc si cet homme avait un travail peu fatiguant, ou s'il était tout simplement quelqu'un débordant d'énergie, qui avait trouvé dans la nage, l'exutoire qu'il avait su trouver dans les livres. Il leva finalement ses yeux vers Gustave, les décollant de ses jambes pour aller river son regard dans le sien. Il venait de la boucle de 1941 alors... Il n'était pas surprenant qu'il ait décidé de rester en 2016, Darren entretenait lui-même un telle crainte de la boucle d'origine de Gustave, qu'il aurait été bien incapable de l'en blâmer. L'image que lui faisait miroiter l'homme devant lui avait le don de l'effrayer autant que de lui plaire. Faire ce qu'il voulait, être libre. Ne plus être jugé, et ne plus en avoir quoi que ce soit à faire de toutes les conventions. Darren ne savait pas s'il réussirait, mais cette simple pensée était une bouffée de bonheur à son cœur, et il voulait découvrir. Il voulait savoir, il se retrouvait petit garçon qui regardait le monde autour de lui d'un air émerveillé, pour qui le moindre grain de sable devenait une histoire fantastique peuplée de dragons et de chevaliers, d'histoires fantastiques qui ne demandaient qu'à être appréciées et visitées. Il restait néanmoins de marbre, plus par habitude que par envie, il n'était pas commun, par chez lui, de montrer ses émotions, et il ne le faisait que par erreur ou manque d'attention. Il soupira néanmoins à sa pipe éteinte et la vida avant de la remettre dans son étuis.

- Et dans quoi travaillez vous ? Demanda-t-il par curiosité, ne revenant pas sur le fait qu'il ne sache pas nager. Mais je peux comprendre votre point de vue, je ne suis pas resté très longtemps en 1941, c'était une expérience terrifiante. Il se dressa un peu. Je suis originaire de la boucle de 1873, c'est une sombre époque, mais nous y sommes tranquilles.

Il n'ajouta rien de plus, préférant ne pas revenir sur le fait que c'était un calme tout relatif. Il se doutait que cela venait de lui, il était simplement incapable de s'adapter en société, l'époque n'avait que peu d'importance. Il préférait seulement sa boucle d'origine car elle lui permettait d'avoir des repères, d'avoir un semblant de stabilité qui lui manquait profondément. Il regarda ensuite ce que Gustave lui montrait et secoua doucement la tête. Non, il ne savait pas où rester, il n'avait prévu de voir personne, il venait ici pour avoir un semblant d'aventure, pour essayer de parer à la monotonie de son existence. Il détailla un peu les bâtiments du regard, intrigué par leur architecture.

- Je n'ai prévu de rester à aucun endroit, et je ne viens voir personne, j'ai cependant prévu assez de monnaie pour rester un moment. Dit-il finalement. Vous êtes bien aimable de me prêter main forte ici. Il sembla réfléchir un instant. Sauriez-vous par hasard où je pourrais me fournir du tabac ? Je crains malheureusement d'avoir oublié d'en prendre, et je n'en ai presque plus...

Il se disait qu'il abusait quelque peu de la gentillesse de Gustave, en lui demandant en plus de lui donner des indications sur ce genre de choses. Mais pour quelqu'un qui fumait autant que lui, l'idée même de ne  plus avoir de tabac était quelque chose de très angoissant. Il finit donc par se détendre légèrement, et par offrir un petit sourire à cet homme près de lui, il lui devait au moins cela.


Code by Joy


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Dim 9 Avr - 21:08


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

Je connais ça tu sais. Je connais cette impression de trahir toute ta famille et tout ce qu'on t'a enseigné depuis toujours en adoptant les habitudes d'ici. Je connais ce sentiment d'être tellement en décalage que ça en fait mal, et en voyant tout ce nouveau monde autour de soi, se dire qu'on est un extraterrestre, un étranger, qu'on n'arrivera jamais à se faire une place, à tout comprendre, à suivre leurs règles et leurs façons de faire. Je connais cette crainte de perdre ce qu'on été, de se dire qu'à un moment où à un autre on va disparaître dans ce bain de nouveauté pour devenir quelqu'un d'autre, qu'on va se perdre, que si on recroise quelqu'un de notre ancienne vie, on ne le reconnaîtra plus. Tout ça m'est passé par la tête et par le coeur quand je suis venu et maintenant...maintenant j'ai jamais été aussi heureux. Mais je ne peux pas tout lui balancer d'un coup parce que je lui ferai peur, et c'est normal. J'irai doucement comme Morgan l'a fait après moi, pas à pas, jour après jour...

Je suis son regard quand il désigne un type passant dans la rue, jetant un oeil à sa tenue avant de reporter mon attention sur le rouquin en hochant la tête.

Excellent choix. Jean et tshirt blanc, c'est indémodable. Vous pourrez pas vous tromper en portant ça, ou vous faire regarder de travers...

Je remarque qu'il est surpris, voire même une pointe choqué par ma tenue bien trop détendue pour son époque et je le comprends. Moi aussi j'aurais réagi comme ça. Moi aussi j'aurais agrandi les yeux face à un type aussi dénudé, qui plus est dans un endroit public, et je l'aurais sûrement regardé de haut en bas en me disant que c'était sûrement un de ces ivrognes qui vont boire toute leur paie. L'époque où j'étais encore un petit merdeux de fils de riche qui ne connaissait rien à la vie et qui regardait tout le monde de haut, trop pétri de toutes les idées de classes qu'on m'avait mises en tête bien malgré moi, et persuadé au fond que si j'étais là où j'étais, dans la position sociale où j'étais avec les privilèges qui allaient avec, c'est que je l'avais mérité. Quand j'y repense, celui que j'étais à l'époque me donne envie de vomir, et j'espère être devenu quelqu'un de mieux maintenant... de plus humble et avec les pieds un peu plus sur terre.

Je comprends. Pour être honnête je n'ai pas vécu longtemps dans la boucle de 41 même si je viens de cette époque. Je suis né en 1914 et j'ai grandi à Londres. C'est seulement en 41 que je suis parti, à cause de la guerre et aussi d'autres choses... Mais étant gosse ma vie se rapprochait plus de cette que vous aviez connue en 1873... Vous verrez, c'est vraiment bien ici... Et quant à mon travail, je suis infirmier.

Eh ouais, Gustave infirmier... Si pendant longtemps, à partir du moment où mon don s'est révélé j'ai surtout utilisé mon pouvoir pour soigner les ''victimes'' de Camille, tout en gardant ça évidemment secret pour que personne ne soit au courant, arrivé ici j'ai bien sûr parlé de mon don. On était entre nous, entre syndrigastis, et personne n'a fait aucun commentaire. C'était aussi naturel que de donner son nom et son prénom, ''Salut je m'appelle Gustave et je peux aspirer le venin d'une plaie''... et un soir on est venu me chercher. Ca faisait quoi, deux, trois ans que j'étais là et j'occupais mes journées à regarder des films, à trainer sur internet et à prendre le temps de vivre quand on a toqué à ma porte. Un type avait un empoisonnement du sang, et dans le petit hôpital du coin ils ne savaient pas comment faire. La grande ville était trop loin et le type serait mort sur la route. Je me rappelle encore de la lumière bleutée des couloirs, du bruit incessant de course, de machines, de téléphone qui résonnait comme une sorte de symphonie stridente à mes oreilles, de l'odeur du désinfectant qui me piquait le nez et moi au milieu de tout ça. Je m'étais renseigné sur pas mal de choses à mon arrivée, mais pas sur les hôpitaux et tous ces trucs qui clignotaient, qui tournaient, qui sonnaient m'étaient complètement étrangers. On m'a emmené dans une chambre et j'ai vu cet homme, les yeux clos et des perles de sueur roulant sur sa peau crayeuse, allongé là, dans des draps presque aussi blancs que lui. Sa famille était près de lui, sa femme, deux enfants, en larmes, paniqués, me jetant des regards plein d'espoir malgré tout. Sur le coup j'ai eu peur. J'ai voulu fuir, me barrer vite et loin pour ne pas avoir à porter le poids de mon échec si je me plantais, si je n'y arrivais pas. Pour ne pas leur offrir comme seule consolation que leur mari, leur père que je n'aurais pas réussi à sauver. Mais le médecin m'a dit qu'à ce stade il n'y avait de toute façon plus rien à faire alors... alors... alors je me suis assis près de lui, j'ai posé ma main sur la sienne et je l'ai senti. J'ai senti ce qu'il y avait de mauvais et de noir dans son sang passer dans mon organisme. J'ai senti la maladie être aspirée par mon pouvoir, guidée jusque dans mon corps, dans mes cellules, comme une guerre changeant de champ de bataille. Les yeux clos je luttais pour ne pas tout arrêter, ne pas tout lâcher avant que ce soit fini. Et ensuite ça s'est terminé. J'ai su qu'il ne restait plus rien en lui de mauvais, et que tout était en moi. Et là il fallait faire vite. J'avais expliqué que quand ça m'arrivait il fallait qu'on me mette dans le noir et au calme pendant un jour, ou deux, le temps que j'élimine tout ça, et à peine on m'a installé dans une chambre vite que j'ai rendu tripes et boyaux, crachant une purée noire avant de m'écrouler et de me réveiller après plus de vingt quatre heures de délire. Pourtant ça m'a plu de savoir que j'avais été utile. Que je n'étais plus le petit fils de riche qui avait été à Harvard et qui avait travaillé quelques années dans la finance, un bébé requin nageant avec d'autres, plus vieux et plus féroces. Là... mon don avait un sens, et même sans don je voulais faire quelque chose. Alors j'ai étudié et me voilà à faire des gardes et poser des perfusions, entre autres choses... J'ai un léger rire quand il dit qu'il ne connait personne ici et qu'il a prévu de la monnaie, écoutant ses ''bien aimable'' et ses ''fournir'' au goût d'autrefois.

Alors, dans l'ordre, on commence par le plus simple. Pour le tabac, vous allez pouvoir trouver des cigarettes en ville, mais en attendant prenez un de mes paquets... j'en ai d'autres.

Je farfouille dans mon sac et lui tends un paquet neuf, avant de tirer une cigarette de celui qui est entamé, et lui en proposer une. J'allume la mienne et souris après avoir avalé une longue bouffée de tabac.

Pour le reste, on va vous fournir un logement. Il y en a toujours des vides en ville, et vous pourrez vous installer dans l'un d'entre eux. J'ai eu droit à une petite maison avec vue sur la mer et j'y suis heureux comme jamais! Vous voulez que je vous y emmène? Je crois savoir où il reste des appartements vides.

Tirant une nouvelle bouffée de tabac je l'invite à me suivre d'un petit geste du menton. C'est là qu'une voix résonne dans mon dos et je sursaute, cherchant l'origine du bruit.

Eh Gus ma poule, comment ça va?

Marc, un ami et parfois un amant m'attrape par l'épaule pour me faire me tourner vers lui, et dépose un baiser aussi rapide que sonore sur mes lèvres avant de se reculer en riant.

Tu viens demain soir hein? Tout le monde se retrouve au bar! On compte sur toi!

Je ris en lui promettant d'être là, et lève les yeux au ciel en sentant sa tape sur les fesses avant qu'il disparaisse pour retourner à ses occupations. Je croise le regard surpris de Darren et hausse une épaule, désignant la silhouette lointaine de mon pote d'un gracieux mouvement de la main, suivi par la fumée de la cigarette que je tiens toujours.

Désolé pour ça c'est un ami. Oui ce genre d'attitude a plus rien de choquant de nos jours, en tout cas ici... alors euh... on y va?

© HELLOPAINFUL


[/quote]
Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Jeu 13 Avr - 11:40



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy


Darren hocha un peu la tête pour ce que venait de dire Gustave, si la tenue qu'il avait repérée n'était pas trop étrange, et que c'était même un excellent choix, il n'allait pas se laisser aller à porter le genre d'accoutrement que l'homme en face de lui portait. Il n'était même pas certain de pouvoir survivre à la honte de se balader aussi dénudé. Il se sentait déjà mal à l'aise de ne simplement pas porter sa veste, et de rester avec son veston et sa chemise, donc s'imaginer jambes nues en public ? Non merci, très peu pour lui, la pensée seule que cela puisse arriver, réveillait en lui une angoisse profonde. Il en venait donc à la conclusion que les vêtements qu'il avait vus étaient bien parfaits, et qu'il fallait qu'il trouve où il pourrait s'en fournir. En attendant, il n'allait pas demander de l'aide à Gustave pour absolument tout, il fallait qu'il se déplace dans la ville aussi, qu'il essaie de découvrir, ce n'était que comme cela qu'il allait réussir à s'adapter.

Il l'écouta ensuite parler d'un petit bout de son histoire, à laquelle il portait un intérêt tout particulier. S'il n'allait pas poser de questions pour ne pas se montrer indiscret, il se demandait pourquoi Gustave n'était pas resté longtemps en 1941, et aussi, en quoi sa vie, du moins au début, avait pu ressembler à ce qu'il connaissait ? Darren avait envie de rire. Gustave était certes loin de savoir ce par quoi il était passé, mais bien que vivant dans la boucle de 1873, Darren se serait très difficilement targué de savoir comment vivre dans cette époque. Il venait d'une famille de forains, n'était pas adapté avec les autres, on l'avait toujours regardé étrangement, même lorsque sa particularité ne s'était pas encore révélée. Ils étaient des gens de voyage, des gens dont les autres avaient peur car ils ne comprenaient pas leur mode de vie, et qui voyaient parfois en eux, des rebuts de la société. Darren, pourtant, ne s'était jamais trouvé si différent, si on excluait les cases hautes de la société. Certes, il n'avait pas de manières, il avait développé ces dernières après la création de la boucle, mais il n'était pas non plus le dernier des abrutis qui ne savait pas se tenir, du moins, il espérait ne pas l'avoir été, même si dans les faits... Non, objectivement, il ne fallait pas qu'il se demande pourquoi on l'avait toujours regardé de manière étrange. Il ne fallait donc pas non plus se demander pourquoi il ne voulait plus attirer ce genre de regards. Il avait l'occasion de prendre un nouveau départ ici, et il n'allait pas se couler lui-même en ne faisant pas attention, en ne s'adaptant pas.

Darren eut néanmoins un sursaut en entendant Gustave dire qu'il était infirmier. Il le regarda de pied en cape, l'air surpris. Un homme infirmier. Comme c'était cocasse. Il ne se souvenait pas en avoir déjà rencontré. Il savait bien sur que certains hommes avaient les connaissances nécessaires pour jouer les infirmières en temps de crise, mais qu'il l'avoue ainsi ? Les choses avaient donc réellement changé, et il se demandait maintenant s'il y avait aussi des hommes sage femme, ou des femmes menuisier... Son esprit fonctionnait à toute vitesse, c'était presque vertigineux.

- Infirmier, tiens donc. Dit-il, l'air perplexe. Cette époque reste pleine de surprises, il me semble. Cependant, ne vous méprenez pas à cause de mes manières qui peuvent vous paraître obsolètes. Je n'ai rien des personnes de 1873, je n'ai ni lien, ni attaches. Il replia un peu sa veste sur son bras pour se donner contenance. Je ne suis pas de la haute société, bien au contraire.

Les choses étaient dites, et il ne voulait pas épiloguer là dessus pour le moment. Il préférait laisser Gustave lui poser des questions s'il en ressentait l'envie. Darren n'était pas souvent aussi aimable que ce qu'il pouvait l'être actuellement, et même si cela était sans doute intéressé pour le moment, il se disait qu'il n'y avait aucune raison pour que Gustave soit au courant de qui il était et de ce que cela impliquait pour lui. Autrement dit, pour une fois, il avait devant lui une occasion de potentiellement se rapprocher de quelqu'un sans que cette personne ne le considère comme un pestiféré pour avoir prêté main forte aux hommes dans le Freak Show. Bien sur, il aurait pu se défendre auprès des autres syndrigastis dans sa boucle d'origine, après tout, il avait été vendu et torturé pour se plier aux volontés des hommes, mais il ne se trouvait aucune excuse autre que la faiblesse. Il avait un pouvoir lui permettant de tuer quelqu'un d'une impulsion, et il n'avait pas eu le courage de le faire, de tuer des hommes, et d'essayer d'aider les autres. Il se trouvait, en somme, presque plus pourri que les hommes eux-même. Il avait été là, et il n'avait rien fait, par peur, par égoïsme, pour tout un tas de raisons, mais aucune légitime. Cette pensée lancinante qui tournait encore et encore dans son esprit ne l'aidait pas, et il ne se montrait que agressif ou au mieux sarcastique avec les autres en 1873, ce qui ne l'aidait pas à se faire des amis, bien au contraire. Il était seul, désespérément seul, et s'il avait apprit à vivre avec la solitude, elle le rongeait de l'intérieur, un peu plus chaque jour. Ici, il n'avait pas de raison d'être seul, il pouvait essayer de ne plus être aussi renfermé que ce qu'il était habituellement. Après tout, il avait été un jeune homme plutôt sociable, avant que tout cela ne se produise... Il ne pouvait pas avoir tout oublié...

Il revint quelque peu à la réalité lorsque Gustave reprit la parole, lui tendant un de ses paquets de cigarette. Darren s'en saisit, regardant l'objet sous tous les angles. Qu'était-ce que cette chose ? Il lui demandait du tabac pour fourrer sa pipe, et cet homme lui donnait une petite boite en carton ? Se moquait-il de lui ? Il regarda ensuite la cigarette qu'il lui avait tendue et ouvrit de grands yeux en le voyant s'en allumer une. Était-ce les nouvelles pipes de ce temps ? Darren se sentait beaucoup plus qu'inadapté dans la situation actuelle, et il se demandait même s'il devait fumer cette chose qu'on venait de lui proposer. Il la coinça néanmoins entre ses lèvres, plus par test qu'autre chose, parce qu'il avait vu Gustave en faire de même. Il avait donc mit le feu sur le bout de cette chose ? Hm... C'était curieux. Il enleva la cigarette d'entre ses lèvres et la regarda en la faisant rouler un peu entre ses doigts.

- Cela se consomme comme la pipe ? Demanda-t-il finalement, perplexe. Je n'en comprends pas bien le fonctionnement, excusez moi. Les cigarettes ne sont pas courantes par chez nous... C'est bien de cela qu'il s'agit n'est-ce pas ?

Darren détestait l'admettre, mais il se sentait actuellement ridicule comme jamais il ne s'était senti ridicule. Il n'était pas seulement inadapté à cette époque et à ses mœurs, mais à absolument tous ses objets qui semblaient pourtant quotidiens. En regardant autour de lui, il avait remarqué d'autres personnes fumant ces choses. A son époque, bien évidemment, les cigarettes existaient déjà, mais c'était loin d'être répandu, et il n'avait jamais eu l'occasion d'en fumer une. Il savait ce qu'était cette chose, mais il n'en connaissait pas le fonctionnement exact. Donc, la boite en carton qu'il lui avait donnée contenait des cigarettes ? De son temps, elles étaient vendues dans des tissus souples, raison pour laquelle il n'avait pas comprit ce qu'était le paquet que Gustave lui avait tendu. De plus, les cigarettes à son époque ne ressemblaient pas du tout à cela, mais il n'était pas assez stupide pour ne pas comprendre qu'il y avait simplement eu une évolution de ces dernières avec les années.

Laissant Gustave lui répondre, il ressentit un grand soulagement en entendant qu'il restait toujours des appartements vides ici. Il n'y avait pas réellement songé, mais il préférait quand même ne pas avoir à dormir à l'hôtel tous les soirs, et il se demandait s'il en aurait simplement eu les moyens. Il n'aurait pas été capable de rester aussi longtemps que ce qu'il le souhaitait, si cela avait été le cas. Il remercia donc l'homme en face de lui d'un mouvement de tête presque élégant et se redressa un peu pour être plus présentable.

- Je veux bien que vous m'y meniez, vous êtes bien aimable. Dit-il d'un air presque surprit. Tout le monde est aussi avenant que vous, ici ?

La réponse vint plus rapidement que ce qu'il avait supposé, et il fallait l'avouer, il resta tellement bête devant le spectacle qui se déroulait sous ses yeux qu'il n'avait même pas été capable de réagir. Qu'était-ce que cette attitude ? Et Gustave cautionnait cela ? Si quiconque venait à lui faire cela, Darren aurait vite fait de lui refaire le portrait à grands coups de champ de force en pleine face. Il n'était pas contre le contact, loin de là, mais il estimait que ses fesses lui étaient réservées, et à ceux qui voulaient bien venir y poser les mains dans d'autres circonstances, évidemment... Il écouta ensuite les explication de Gustave et haussa un sourcil perplexe et surpris à la fois. Cela était donc normal, ici, entre amis, s'il avait bien comprit. Il était soulagé d'un côté, il n'aurait que très peu apprécié qu'un inconnu l'interpelle comme ça et le touche sans son autorisation. Il fallait donc un certain niveau de proximité avant que cela ne se produise... Darren avait presque l'impression de se pencher sur un documentaire sur un monde extérieur, et c'était à la fois fascinant et terrifiant. Il aimait bien cette époque cependant, même si elle l'inquiétait, il était séduit par les libertés données aux personnes ici.

- … Bien. Dit-il néanmoins après un court silence. Si personne ne vient me toucher le postérieur sans mon accord, je m'y ferait. Il eut un léger sourire en coin, commençant un peu à se détendre. Vous allez donc au bar, demain soir ? Sauriez-vous m'en conseiller de bons ? Je pense que je vais avoir besoin d'un peu d'alcool.

Un peu. Doux euphémisme. Darren savait qu'il allait en avoir besoin de litres et de litres au début, pour réussir à, paradoxalement, tenir debout dans un monde aussi différent du sien...

Code by Joy


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Lun 8 Mai - 22:38


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

Si mes parents savaient. Si mes parents avaient la moindre petite idée de ce que je suis devenu, je crois qu'ils s'arracheraient les cheveux, se lamenteraient à genoux et passeraient leurs journées à égrener les perles d'un chapelet pour tenter de se faire pardonner un fils aussi ingrat, aussi honteux à avoir, et occuperaient une bonne partie de leurs pensées à tenter de savoir ce qu'ils ont fait de mal, et à quel moment pour avoir un fils comme ça. C'est triste n'empêche, de me dire que si eux auraient honte et en dormiraient pas la nuit, moi au contraire, j'ai jamais aussi bien dormi qu'ici, avec le bruit de la mer en guise de berceuse, et surtout, en compagnie de qui je veux dans mon lit. Bien sûr j'aimerais que Camille soit là, que je lui raconte tout, que lui aussi goûte à tout ça mais en attendant... en attendant je suis devenu quelque chose qu'ils auraient détesté, et si ça m'a torturé au début, maintenant ça m'amuse. Ca m'amuse de me rendre compte que tout ce qu'ils considéraient comme horrible et affreux, à savoir avoir un job aussi ''minable'' pour quelqu'un de mon rang, et pire, m'envoyer en l'air avec des mecs, est finalement ce qui me rend heureux. Ce qui me rend bien.

Je suis devenu un type qui sort tous les week end et parfois en semaine, qui boit beaucoup trop et fume comme un pompier. Un type qui a des amis dans toutes les classes sociales et qui ne s'emmerde plus avec aucun titre. Un type qui a choisi de vivre avec son don et de ne pas le cacher, de l'utiliser pour sauver des vies. Ouais... je suis plus heureux que je l'ai jamais été... mais j'imagine comme Darren doit sembler perdu, et le sera encore, pendant un temps. Sauf qu'il n'est plus seul, et il s'en sortira. On l'aidera. Parce qu'ici, on est tous une famille. Sauf que le pauvre est sacrément bousculé quand il se prend une initiation accélérée aux joies de cette nouvelle époque, et de tout ce qu'on peut y faire sans se faire mettre en taule. Je suis Marc du regard une seconde, avant de me retenir de rire en voyant l'expression horrifiée du pauvre Darren planté face à moi. Je tente maladroitement de lui expliquer notre façon de faire et de vivre, et il lui faut quelques secondes avant de simplement répondre. Et ses paroles me font éclater de rire.

Non franchement ça risque pas. Enfin à moins d'aller dans un bar gay, où là y'a plus de chances que ça se produise. Oui parce qu'il existe des bars où les gens qui aiment des personnes du même sexe se retrouvent... Histoire de pas être jugés etc. Vous voyez. Et ouais, si ça vous dit de sortir en ma compagnie histoire de pas aller boire tout seul ça sera avec plaisir. Je pourrais vous présenter des amis, d'autres particuliers très sympa. Mais c'est vous qui décidez, je ne vous force pas la main... Allez venez, on va vous trouver un toit!

Je lui fais signe de me suivre, et en cours de route j'appelle Morgan, lui demandant si sa mère a encore des logements libres et où. Après avoir écouté la liste je le remercie et raccroche, avant de montrer mon portable à Darren.

Ce truc là c'est un téléphone. Je vous jure, un téléphone! Sans fil, qu'on peut emmener partout! Et c'est génial, on peut écouter de la musique dessus, regarder des vidéos, aller sur internet... oh mais vous connaissez ptet pas internet. Vous en faites pas on vous expliquera aussi, mais sachez juste que c'est super et que ça change la vie! Y'a vraiment vraiment beaucoup de trucs que vous allez découvrir, et pour la plupart des choses, tout est mieux qu'à nos époques respectives!

On s'éloigne un peu de la place principale et on arrive devant une petite maison de pêcheur non loin du large, la mienne étant pareil, mais un peu plus haut sur le quai. Je lui désigne la vue alors que je cherche la clé sous le pot de fleurs, comme on me l'a dit.

Est-ce que cette maison vous irait? Vous avez une super vue sur la plage et la mer... Je vous montre l'intérieur si vous voulez...

J'ouvre la porte et entre le premier dans cette petite baraque meublée simplement mais qui est propre et prête à accueillir le visiteur.

Alors vous en dites quoi? Vous aimez?

© HELLOPAINFUL


Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Ven 12 Mai - 11:31



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy


Des bars gay... ? Darren n'écoutait même plus la suite des paroles du jeune homme en face de lui, tant ce qu'il venait de dire lui paraissait improbable. Certes, il savait que les mœurs et us avaient changé, et que l'homosexualité n'était plus aussi tabou qu'à son époque, mais de là à cautionner le fait que des personnes du même sexe se rapprochent, il y avait un monde entier. Lui qui venait d'une époque où son orientation sexuelle relevait du problème psychiatrique, il en était presque choqué. Presque restait néanmoins un euphémisme, car il allait mettre quelques temps à s'en remettre, il ne fallait pas se mentir. Ce n'était néanmoins pas dans le mauvais sens du terme, il en était très agréablement surpris, il n'allait pas mentir. Il pouvait donc le dire, sans qu'on ne le regarde comme s'il était à enfermer ? Il n'allait pas non plus le crier sur tous les toits, de toute évidence, mais il sentait comme une sorte de délivrance venir souffler un vent nouveau au creux de son cœur. Il n'y était que depuis quelques instants, mais cette époque lui plaisait déjà, par ce qu'il entendait et voyait, même si tout cela avait clairement le don de le mettre mal à l'aise aux premiers abords. Il secoua un peu la tête pour revenir à la réalité, il lui semblait que Gustave lui avait dit qu'il accepterait d'aller avec lui dans un bar, ce qui l'arrangeait au plus haut point au final. Le jeune homme en face de lui semblait avenant, patient, et clairement altruiste, et c'était ce dont il avait besoin actuellement, pour ne pas couler dans cette époque où la modernité semblait étouffante, trop soudaine.

- C'est gentil. Dit-il alors doucement. Autant pour le bar que pour le logement...

Il lui emboita donc le pas, il n'avait pas tant su que répondre, tant il était en train de s'imaginer monts et merveilles au sujet de la soirée qu'ils allaient passer, car dans sa tête, c'était déjà acquis. Ce soir, ils sortaient, et ils allaient faire des rencontres, aller librement dans un univers qui leur correspondait, ou du moins, qui lui correspondait à lui, et avec un peu de chance, il pourrait peut-être se sentir à sa place. Darren avait cependant allumé sa cigarette comme il avait vu Gustave le faire, et il n'y avait pas de doute à avoir, cette manière de fumer allait clairement lui plaire. Il n'avait pas besoin de préparer quoi que ce soit, ni rien à entretenir, tout était déjà prêt dans cette petite boite, qu'il n'avait qu'à, semble-t-il, garder dans sa poche.  

Darren jeta un coup d’œil intrigué au téléphone portable de Gustave, et écouta ses propos en silence, hochant simplement la tête pour dire qu'il avait comprit. Ce internet dont parlait le jeune homme semblait passionnant, et il se languissait qu'on lui explique tout ce qu'il y avait à savoir à ce propos. En somme, il avait l'impression qu'il ne pourrait presque plus être choqué. Un téléphone portable ? Bien, c'était une nouveauté, il fallait l'admettre, mais il avait décidé de ne plus se poser de questions. Il en avait presque assez d'être surpris par chaque nouvel objet qu'il voyait, donc il se contentait de se dire qu'il allait en découvrir d'autres, avec le temps, et qu'il ne devait plus se montrer aussi ahuri devant chaque chose. Il retint néanmoins une chose : Gustave n'était pas de cette époque, et il ne l'avait jamais vu en 1873, il venait donc de 1941. Il ne trouvait pas surprenant que le jeune homme en soit parti, lui, avait une sainte horreur de cette boucle, la guerre le terrifiait, et il n'avait pas le moins du monde envie d'en entendre parler.

- Je vois... Il faudra que vous m'y initiez, je n'aimerais pas passer pour un idiot. Il inclina un peu la tête en signe de remerciement. Il faudra aussi que vous m'initiez à la musique moderne, je n'ai pas besoin d'en entendre pour savoir qu'elle n'est en rien semblable à celle que je connais.

Ils arrivèrent finalement vers les petites maisons, et Darren regarda autour de lui d'un air émerveillé. La mer... Se souvenait-il l'avoir déjà vue de si près ? Non, il n'en avait vu que les reflets depuis les roulottes, lorsque le cirque avait été ambulant. Il n'avait jamais pu s'y baigner, et n'avait jamais senti son odeur de manière si prenante. Il eut un léger sourire en coin, presque timide. A l'intérieur de la maison, il fit rapidement le tour, et alla jusqu'à la fenêtre la plus proche, pour une fois de plus, contempler la mer. Il adorait cette vue, et il ne lui avait fallu que quelques secondes pour facilement s'imaginer, le soir, fumer une cigarette à la fenêtre en écoutant le bruit des vagues venant lécher le sable...

- J'adore... Dit-il alors doucement, plongé dans sa contemplation. Merci, Gustave, vous êtes vraiment quelqu'un de formidable. Il regarda un peu autour de lui. Puis-je une fois de plus abuser de votre hospitalité ? Quelques instants seulement, je me demandais simplement si vous sauriez où trouver de nouveaux vêtements, ainsi que quelques paquets comme celui-ci. Il sortit les cigarettes de sa poche. N'hésitez pas à me le signaler si j'abuse, je ne voudrais pas vous retenir, ou vous empêcher de faire ce que bon vous semble, je pense être un peu perdu et abuser de votre temps.

Il avait prit une petite inspiration, en fait, il était somme toute terrifié à l'idée d'être seul dans cette époque, et puisque Gustave s'était si gentiment présenté à lui, il était un peu sa bouée de sauvetage au milieu de la tempête, et n'avait vraiment pas envie de le lâcher pour se laisser engloutir. Les choses iraient mieux, avec le temps, mais pour le moment, il avait besoin de cette main tendue, et espérait ne pas se faire rejeter... Il l'aurait comprit, il savait qu'il était exigeant, et que les autres avaient besoin de leur temps libre aussi, et il ne lui aurait absolument pas tenu rigueur de quoi que ce soit. Il voulait seulement être présentable, s'ils sortaient ce soir, et potentiellement, montrer à Gustave qu'il savait se détendre, et qu'il pouvait très bien s'adapter, s'il faisait un effort...

Code by Joy


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Ven 26 Mai - 20:09


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

Les gens du même sexe... Je me rappelle à quel point c'était diabolisé à l'époque, à quel point c'était la pire chose du monde que de se laisser aller à de telles perversion, que c'était le mal ultime, bla bla bla... ouais. Des chose horribles et pourtant je connaissais une demi-douzaine de copains d'internat qui s'étaient déjà joyeusement envoyés en l'air entre eux, soit parce qu'ils étaient vraiment attirés par la personne en question soit... qu'ils avaient simplement les hormones qui les travaillaient et qu'ils faisaient avec ce qu'ils avaient sous la main. Et en plus de cela, les maisons de passe où les "pensionnaires" étaient de jeunes adolescents graciles pulullaient et tout le monde le savait, seulement personne n'osait dire qu'il s'y rendait. Le grand mystère de l'époque : il y avait des clients, ces maisons ne désemplissaient pas, et pourtant personne n'avouait qu'il y allait. C'étaient donc des fantômes qui allaient voir ses jeunes garçons même pas pubères pour assouvir leurs fantasmes et obtenir ce à quoi ils n'avaient pas droit à la maison... La même hypocrisie qui trouvait ça tout à fait normal que des hommes, surtout les plus riches aient une maîtresse, et s'exhibent avec elle dans les lieux publics, pour montrer sa puissance et son aisance, la faisant parader à ses côtés dans des vêtements de grands couturiers et couverts de diamants comme une voiture hors de prix maintenant, juste pour montrer qu'on avait bien trop d'argent et pendant ce temps là madame organisait des dîners de charité et s'occupait des leçons de piano des enfants. Et tout le monde trouvait ça normal. Alors que si ça avait été l'inverse... le scandale aurait fait trembler jusqu'aux murs de Buckingham...

Maintenant les gens trompent toujours leur moitié, mais au moins il y a pas deux poids deux mesures, c'est mal dans chacun des cas... Enfin bref. Le fait est qu'il est beaucoup plus simple pour un gay ou une lesbienne de vivre à notre époque, même si tout est loin d'être facile. Au moins on risque pas la peine de mort. Je lui explique donc tout ça après que mon pote m'ait attaqué par surprise d'un baiser et d'une claque sur la fesse, et je le vois d'abord surpris, mais ensuite...intéressé. Hmmm pour quelqu'un d'hétéro venant de son époque, la première réaction aurait été d'être dégoûté et de crier au scandale, alors que lui...peut-être qu'il aime les mecs et qu'il voilà une occasion de pouvoir s'affirmer en prenant moins de risques qu'à l'époque? C'est ce que je lui souhaite en tous cas...

De rien, aucun problème. Il faut bien qu'on s'entraide, entre syndrigastis non?

Et voilà donc qu'on traverse la ville, moi en caleçon avec mon sac sur l'épaule et lui en costume bien trop sérieux à la recherche d'un toit. On arpente alors la petite bourgade pendant que je lui explique ce qu'est un portable et ce que c'est qu'internet, avançant à petits pas dans la forêt des trucs que j'ai à lui apprendre sur notre époque. Et j'ai un rire quand je l'entends me demander de l'initier à la musique.

Oh alors ça vous aller adorer. Enfin j'espère. La musique maintenant c'est juste...bon sang c'est tellement...génial! Créatif! Libre! Puissant! Une...une infinité de genres, mais ce que j'adore par-dessus tout c'est le rock. Je vous en ferai écouter. Du rock des années 70. Surtout Led Zeppelin en fait. C'est un groupe. Le meilleur du monde. Mais on aura le temps de vous expliquer tout ça...

Renseignements pris, nous voilà devant la petite maison qui va peut-être lui servir de refuge, si elle lui convient. Je sais à quel point c'est important d'avoir un toit tranquille et sûr au-dessus de la tête quand on vient d'aussi loin et qu'on est tellement chamboulé... alors je le laisse entrer après lui avoir ouvert la porte. Et puis on aura tout le temps de discuter musique et de faire chauffer ma platine. Je le laisse découvrir ce nouvel endroit, m'adossant au mur près de la porte ouvert qui laisse entrer le cri des mouettes et le bruit du ressac. Puis il sort enfin de son silence et j'ai un léger rire en l'entendant.

Mais nan j'ai rien de spécial. Juste...je sais à quel point on peut avoir besoin d'aide quand on vient de loin et d'ailleurs... On veille les uns sur les autres ici, c'est important... Et bon, la maison, c'est fait, tant mieux! Pour les vêtements on va devoir repartir, y'a un stock chez l'ymbryne de cette boucle, pour les visiteurs et les nouveaux venus. Venez. Comme ça je vous présenterai à elle et elle vous explira mieux que moi comment tout marche. Ce qu'on va faire c'est qu'une fois chez l'ymbryne je vous laisse entre de bonnes mains, les siennes, le temps de rentrer dormir. Je travaille de nuit du coup... Et ensuite on se retrouvera plus tard dans la soirée pour ce fameux verre. Ok? Laissez déjà votre valise et votre manteau ici. Et...vous pouvez me tutoyer ça sera plus simple. On tutoie beaucoup plus facilement ici...

Je l'invite à me suivre d'un petit signe de tête alors qu'on quitte sa nouvelle demeure et je verrouille la porte avant de lui donner la clé.

Voilà, c'est chez toi maintenant! Tu verras l'ymbryne habite pas loin, c'est la mère d'un de mes meilleurs amis. Je te le présenterai aussi à l'occasion.

On reprend notre marche et je lui décris les différentes boutiques ou maisons alors qu'on avance en ville, jusqu'à arriver devant la maison de Morgan. Je toque et souris à sa mère quand je la vois ouvrir.

Voilà notre nouveau venu. Je te le confie et je vais me reposer un peu. J'ai déjà prévu de l'emmener ce soir, lui faire découvrir la ville. Et promis je serai sage. Darren, voici notre ymbryne... Et sur ce je vous laisse et je vais me coucher. A tout à l'heure!

Après un dernier sourire je file et redescends jusqu'à chez moi après un dernier signe de la main au rouquin.

© HELLOPAINFUL


Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Dim 25 Juin - 12:19



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy



Darren buvait littéralement les paroles de Gustave, et ses yeux ne cessaient de briller un peu plus à chaque nouvelle parole. Il aimait déjà cette époque, il s'y sentait libre, alors que c'était bien une chose à laquelle il n'avait jamais réellement goûté. La liberté, la joie de ne pas être blâmé, de pouvoir faire ce que bon lui semblait sans que les biens pensants ne viennent une fois encore, abattre leur courroux sur sa personne. Il avait conscience, ou du moins, il avait prit conscience, avec le temps, qu'il n'avait été question que de malchance dans sa vie, que rien de ce qu'il avait vécu n'était normal, et qu'il avait sans doute été une des personne les moins chanceuse qu'il connaisse. Le cirque, ses parents qui n'avaient jamais été capables de lui montrer le moindre signe d'affection, puis le freak show... Il fallait admettre qu'il avait mal débuté dans une vie qui n'avait eu de cesse que de s'empirer. Il se cachait perpétuellement, et le manque de compagnie qu'il vivait avait la fâcheuse tendance à le rendre plus aigri que ce qu'il n'était déjà naturellement, ce qui en soit, aurait pu être une prouesse pour quelqu'un d'aussi jeune, physiquement du moins. Il était un éternel gamin, malgré sa centaine d'années d'existence, il n'évoluait pas, n'essayait même pas de le faire, et dans un élan défensif stupide, il accusait le monde entier autour de lui. Là, il n'aurait plus personne à accuser, car le même monde lui ouvrait les bras, lui offrait de nouvelles perspectives sur lesquelles il ne pouvait pas se permettre de cracher.

- Oui, nous devons nous entraider... Dit-il en baissant les yeux.

S'entraider... Cette fois, c'était un peu trop pour lui. Gustave n'avait sans doute pas idée de à quel point il venait de mettre les pieds dans le plat, et Darren ne pouvait pas lui en vouloir, surtout pas avec la gentillesse dont il faisait preuve avec lui depuis le début. Seulement, il n'était pas un exemple de cette entraide entre syndrigastis dont le jeune homme parlait, bien au contraire. Il se projetait à l'époque du Freak Show, où il avait simplement fait tout le contraire. Il avait aidé les humains à s'en prendre aux êtres comme lui, pas de plein gré, certes, mais la culpabilité était là, et elle ne tarissait pas. Il avait donc vissé son regard sur le sol, alors qu'il emboîtait le pas à Gustave. Il devait clairement faire tache, dans ses vêtements guindés à côté de cet autre dans une tenue qu'il n'aurait su qualifier de la sorte.

Vint ensuite la question de la musique, qu'il affectionnait tout particulièrement, et un sourire vint de nouveau éclairer son visage. Il ne pouvait pas se laisser, une fois de plus, aller à la dépression qui parcourrait habituellement son corps comme s'il s'était agit d'un poison pernicieux. Il écouta donc l'autre parler, hochant la tête. Il ne connaissait de toute évidence rien à ce genre de musique, et pas plus au groupe dont on venait de lui parler, cependant, il était heureux d'apprendre que Gustave prendrait le temps de lui faire découvrir tout cela, et de l'aider à être moins perdu dans ce monde si différent du sien. Décidément, il était réellement tombé sur quelqu'un de bien, quoi que puisse en dire ce dernier.

- Merci, c'est gentil... Dit-il une fois de plus. Je ne connais pas ça le.... rock. Ni ce groupe dont vous me parlez, il me tarde cependant d'en apprendre plus.

Darren n'était pas très à l'aise avec sa manière de s'exprimer, très observateur, il avait constaté tout au long de leur marche, que la façon qu'avait Gustave de parler n'était pas lié à lui-même, mais à cette époque elle-même, donc il se disait qu'il devait sembler bien vieillot avec ses tournures de phrases lourdes et pompeuses, il se promettait secrètement de faire un effort, et de prendre une bonne habitude pour une fois, à savoir réussir à parler comme les personnes de cette époque, ne plus faire tache. Il entra néanmoins dans le petit appartement, et sourit de plus belle. Il était parfait, et il n'allait sans doute pas cracher sur ce dernier, à aucun moment. Comme il l'avait dit, il trouvait Gustave adorable de s'occuper de lui de la sorte, même si le jeune homme s'évertuait à se défendre de cette amabilité. Il l'écouta donc parler, et hocha la tête, déposant ses affaires dans un coin pour ne plus en être encombré. Il était allé voir la petite chambre, posant son manteau sur le dossier de la chaise afin d'éviter que ce dernier ne se déforme s'il le laissait n'importe où. Il haussa néanmoins un sourcil lorsque Gustave lui dit qu'il pouvait le tutoyer et que c'était plutôt courant dans cette époque moderne. Décidément, il allait devoir faire bien plus d'efforts que ce qu'il pensait, et cela n'allait pas être très simple pour lui. Lui qui s'adaptait relativement facilement, sentait venir une grande gêne, et des difficultés à revendre.

- Ce serait avec plaisir. Répondit-il après avoir écouté Gustave dire que l'Ymbryne de la boucle était la mère d'un de ses meilleurs amis. Ce ne doit pas être aisé d'être l'enfant d'une Ymbryne, cela implique beaucoup de responsabilités que nous ne sommes souvent pas dans la mesure de supporter.

Darren savait plus ou moins de ce dont il parlait, simplement car il était proche de Pica, et que cette dernière posait donc en lui quelques espoirs qu'il se savait incapable de lui rendre, et ce, sans qu'il ne soit son fils, alors il n'osait imaginer ce que cela pouvait être d'être biologiquement l'enfant d'une Ymbryne.

Darren fut plus encore surpris lorsque Gustave se mit à tutoyer l'Ymbryne qui venait de leur ouvrir sa porte, lui, avait un respect révérencieux pour Pica, alors même qu'il la connaissait depuis une centaine d'années maintenant, et ne la tutoyait toujours pas, c'était même plus fort que lui. Il salua donc le jeune homme qui partait, et s'était entretenu avec l'Ymbryne, qui lui avait adorablement décrit la boucle, et lui avait fait don de quelques vêtements qui lui permettraient de ne plus avoir l'air aussi en marge de la société dans laquelle ils se trouvaient. Il était ensuite retourné à son chez lui, et avait enfilé un jeans ainsi qu'un t-shirt blanc, et s'était assis à la table en pianotant sur cette dernière du bout des doigts. Il ne savait que faire, et se sentait étrangement ridicule dans cet accoutrement, et n'osait presque pas regarder son reflet dans le miroir lorsqu'il passait devant ce dernier. Le tissus du pantalon le grattait, bien heureusement, la légèreté du haut venait lui faire apprécier cette nouvelle tenue. Il avait donc allumé une cigarette, qu'il fumait pensivement. Cette chose était bien une de ses préférées, c'était déjà décidé. Il appréciait ne pas avoir à préparer sa pipe pour fumer, et il avait un léger sourire aux lèvres. La chaleur qu'il avait redoutée lui plaisait au final, et si sa peau était agressée par le soleil mordant, il n'en avait cure pour le moment. Il attendit donc ainsi le retour de Gustave, prenant simplement ses marques dans la petite maison qu'il avait un peu adaptée à sa manière de vivre, notamment en déplaçant la table pour qu'elle soit plus proche des plans de travail, en tirant quelques rideaux, et en tournant le lit dans un angle différent. Lorsque son tout nouvel ami vint frapper à sa porte, il l'accueillit avec un sourire presque timide, écartant un peu les bras pour montrer sa tenue vestimentaire.

- Je dois avoir l'air d'un abruti... Dit-il avec un léger sourire. Je n'ai pas l'habitude de ce genre de vêtements, je dois sembler mal à l'aise... Il se gratta la nuque. Est-ce que cela convient ou pensez-vous.... penses-tu... que je devrais en changer ?

Il était heureux de le revoir, et n'attendait plus que leur sortie pour voir si une fois de plus, il allait revivre cette liberté qu'il affectionnait déjà.

Code by Joy


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Lun 3 Juil - 22:46


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

La musique... alors que je m'emballe, j'imagine encore une fois ma mère face à mes choix, écouter les groupes que j'ai appris à connaître et à vénérer, à admirer leur talent, leur écriture et autres. Et même si je ne crache pas sur Mozart, Debussy ou Brahms, surtout pour en avoir soupé étant gamin et avoir usé mes doigts sur leurs sonates sur les touches d'ivoire du grand piano à queue familial, c'est quand même autre chose. Alors oui Bach a été une rock star dans son temps, et certaines moments épiques de Wagner ont inspiré des groupes comme les Led Zep ou les Rolling Stones mais... maintenant ça m'apparaît beaucoup trop guindé, trop mesuré et ça manque de folie et de panache. A l'époque, Bartok était catalogué de fou, et Chostakovitch était un avant-gardiste, alors que comparé à Miles Davis ou au rock progressif... il y a un monde. Ma mère, elle, aurait grimacé et aurait porté ses délicates mains à ses oreilles ornées de perles ou de dormeuses en diamant en me criant d'arrêter ce tintamarre, et que c'était tout bonnement affreux. Elle n'aurait senti la chair de poule sur sa peau en entendant un riff de guitare scintillant, ou eu le souffle coupé face aux prouesses vocales d'une voix rauque et puissante, loin des ténors trop guindés que j'ai trop entendus. Et puis l'attitude, et les costumes. Les déhanchements lascifs de Mick Jagger, le costume à cul apparent de Prince... tout ça lui aurait fait pousser des hauts cris, et lui aurait fait considérer cette époque comme le nouveau Sodome et Gomorrhe et que la jeunesse était décadente et révolue. Pourtant tout ça me parle tellement plus qu'une aria chantée par des soi-disant pêcheurs de perles en Inde, ou un charmeur d'oiseau de contes de fées. J'espère qu'il va réussir à aimer tout ça comme moi je l'ai aimé, et ne pas réagir comme ma mère... Enfin ça, seul l'avenir nous le dira!

En attendant je lui ai déjà trouvé un toit, qui a l'air de lui plaire, à voir le sourire ravi, et surtout rassuré sur son visage. Voilà l'oisillon trouvé qui a maintenant son nid. Et un beau nid, pour lui tout seul, avec vue sur l'océan. Un endroit où il pourra se reconstruire, et refaire sa vie, en oubliant ce qui l'a poussé à partir de sa boucle d'origine. Ca a marché pour moi et pour beaucoup d'autres alors... pourquoi pas pour lui! Et une fois le nid choisi, je le confie aux bons soins de notre ymbryne le  temps que je puisse danser une longue valse avec notre ami Morphée. La nuit a été longue, et mon corps, malgré son entraînement, a quand même besoin de se reposer de temps en temps. Je file donc chez moi, content d'avoir aidé Darren, et impatient de le retrouver plus tard pour continuer à lui faire découvrir les merveilles de notre époque. Je pousse la porte de ma petite maison que de toute façon je ne ferme jamais, tangue entre les fringues éparpillées ça et là et la vaisselle sale, vire mes chaussures et grimpe l'escalier qui mène à ma chambre et à la salle de bains, les deux seules pièces de l'étage, mansardées et adorables. Et après avoir juste tiré le rideau de la fenêtre de ma chambre, je m'écroule sur mon lit défait et m'endors en écoutant les vagues.

Quand j'ouvre les yeux la nuit est tombée, et je m'extirpe du champ de bataille qu'est mon lit en m'étirant et me grattant la tête. Direction ensuite la douche, avant d'enfiler un jean troué, un tshirt de groupe de rock, un collier autour du cou, et des baskets. Je me prépare rapidement des nouilles instantanées, autre merveille du monde moderne, et attrape mes affaires avant de claquer la porte. Je m'allume une cigarette, prenant quelques secondes pour admirer le tapis d'étoiles qui se reflète sur le miroir du ciel, et inspirer à fond cet air salé qui me fait tellement de bien. Je laisse les volutes de fumées s'envoler, portées par les embruns, et écoute le chant des vagues, sourire aux lèvres, avant de reprendre mon chemin, m'arrêtant devant la porte du petit nouveau. Quelques coups portés sur le bois et le voilà en face de moi, complètement métamorphosé. Je me mets à rire en le détaillant de haut en bas.

Hey! Mais t'es super comme ça! Magnifique! Un vrai homme de 2016!

Je lui fais signe de me rejoindre et de sortir, et une fois en bas des marches je tourne rapidement autour de lui, hochant la tête.

Elle a fait du bon boulot, t'es super comme ça! On croirait que t'as fait ça toute ta vie! Enfin... à un détail près. Tu permets?

Je tends la main vers ses cheveux bien trop soigneusement gominés, et une fois qu'il m'a laissé faire, je les ébouriffe un peu avant de me reculer pour admirer le résultat.

Là! Voilà qui est parfait! Allez viens!

On commence à marcher, et à discuter. J'aime ça aussi, le fait de pouvoir tout faire à pied, tranquillement, sans subir d'embouteillages, de bruit et d'agitation comme à Londres. Car même à mon époque, entre les voitures, les calèches, les omnibus et le métro... tout ça était déjà beaucoup trop bruyant et long pour moi. Je le regarde, souriant en le voyant déjà habitué à la cigarette roulée, et me lance.

Et sinon, tu espères trouver quoi dans cette boucle?

Je ne demande jamais pourquoi quelqu'un a changé de boucle, pourquoi la personne est partie. C'est souvent douloureux, et bien trop personnel. Alors que demander ce qu'on cherche, ça donne une touche d'espoir, ça parle d'avenir et de reconstruction, ce que je trouve beaucoup plus sympa et agréable. On préfère toujours parler de ce qu'on a envie de faire ou de trouver que de ce qu'on a perdu non? Enfin, je l'écoute alors qu'on discute, et on arrive bientôt au centre, plus animé. Et on commence à entendre de légères vagues de musique, qui deviennent plus fortes alors qu'on s'approche du bar. Je salue rapidement les quelques fumeurs qui se tiennent devant, avant de guider Darren à l'intérieur. L'ambiance bat déjà son plein, une musique sympa flotte dans l'air alors que sur la piste certains se déhanchent déjà, et il y a même un couple qui se roule des pelles à pleine bouche. Rien que pour rire, je jette un oeil à notre nouveau venu pendant qu'il admire le spectacle, guettant sa réaction.

Bienvenue en 2016!

© HELLOPAINFUL


Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Dim 9 Juil - 14:15



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy



Darren avait osé un léger sourire lorsque Gustave lui avait dit qu'il était « super » comme cela, comprenant là, dans son intonation que ce devait être un compliment. Il avait néanmoins quelque peu tiré sur son haut, qui lui semblait un peu trop découvert, ses bras à nu ne semblaient pas habitués à tel traitement. Bien sur, il se souvenait avoir passé des étés au cirque les bras nus, mais il vivait depuis bien trop longtemps dans un monde plongé dans l'hiver pour avoir conservé cette habitude. Évidemment, il lui arrivait d'être bras nus, chez lui, devant un bon feu, cependant il était toujours seul, et le fait que quelqu'un voit ses bras trop blancs, couverts de taches de rousseur et de grains de beauté avait le don de le mettre étrangement mal à l'aise. Il frôla ensuite l'arrêt cardiaque lorsque Gustave vint ébouriffer ses cheveux, ouvrant de grands yeux. Il n'avait certainement pas l'habitude de cela non plus, même dans le cirque ce n'était pas dans ses habitudes de laisser ses cheveux faire ce que bon leur semblait. Une mèche délogée vint chatouiller son front, et il songea non sans honte, qu'il devait les faire couper, qu'il s'était un peu laissé aller dernièrement. Il passa une main dans sa tignasse épaisse couleur d'automne, les remettant en arrière comme par réflexe. Ce monde était fou, ils n'avaient plus aucune notion des convenances, et s'il devait être honnête... il appréciait cela, même s'il savait qu'il mettrait un certain temps à s'y adapter. Comme un enfant prit en flagrant délit d'une bêtise, il porta de nouveau la main à ses cheveux, pour les ébouriffer une nouvelle fois, conscient que Gustave ne serait pas forcément content s'il gardait les cheveux en arrière, et il voulait faire des efforts...

Il lui emboîta donc le pas, l'ayant juste remercié d'un petit mouvement de tête, une cigarette coincée entre les lèvres, et à chaque fois qu'il inspirait une bouffée de fumée, il ne pouvait s'empêcher de se dire que décidément, cette invention était sans doute la meilleure ayant jamais été faite. Il regrettait quelque peu de ne pas être resté en mille neuf cent quarante et un, juste parce qu'à cette époque là, cette merveille existait déjà. Il avait néanmoins eu trop peur des bombardements et de la panique ambiante pour s'y installer et n'était pas resté plus de deux jours, il n'avait même pas eu le temps de rencontrer qui que ce soit, pour dire. Il resta néanmoins un peu bête devant la question de Gustave, prenant le temps d'y réfléchir un peu. Ce qu'il espérait trouver ? Lui-même n'en avait pas réellement idée.

- Rien de particulier... Dit-il néanmoins doucement. C'est simplement mieux que ma boucle d'origine, je pense. Je pense chercher ici un échappatoire, rien de plus.

Il n'allait pas s'attarder sur ce qu'il venait de dire, il n'en ressentait ni l'envie ni le besoin. Il n'avait pas à s'étendre sur le sujet, d'un parce qu'il doutait sincèrement du fait que Gustave puisse en avoir quelque chose à faire, et de deux, parce qu'il n'avait pas envie de se montrer une fois de plus aussi dépressif que ce qu'il savait l'être lorsqu'il pensait à sa propre vie, se trouvant bien pathétique de réagir de la sorte. Il voyait des gens s'en sortir autour de lui, passer outre leurs blessures et leur passé, lui, n'en était pas capable, et il ne s'en sentait que plus minable encore. Alors certes, la question de Gustave était portée vers le futur, mais il n'était pas capable de se défaire d'un passé trop présent encore.

Lorsqu'ils arrivèrent près du bar, il leva néanmoins un sourcil intrigué, la musique qui venait à ses oreilles lui paraissait presque barbare, et tous les poils sur ses bras s'étaient quelque peu hérissés. Il ne détestait pas ce qu'il entendait, c'était simplement tellement inhabituel pour lui que cela avait tendance à l'inquiéter. Il laissa donc Gustave dire bonjour à ses connaissances, qu'il salua aimablement d'un léger mouvement de tête, il n'allait pas s'approcher d'eux, certainement pas. Outre le fait qu'il ne les connaissait pas, il n'était pas très friand de contact, certainement quelque chose dû à son époque d'origine. Un fois à l'intérieur, là, le choc ne risquait plus de se dissiper en ce qui le concernait. Cette musique, bien trop forte, ces gens qui dansaient comme des démons, et ce couple qui n'avait clairement honte de rien, et qui ne jugeait pas nécessaire de se retirer dans un espace plus discret. Bienvenue en deux mille seize, n'est-ce pas ? Darren tourna la tête vers Gustave d'un mouvement presque trop raide, les yeux grands ouverts. Il semblait à la fois terrifié et fasciné, et au fond de ses yeux, on voyait toute l'envie qu'il avait de fuir aussi loin que possible. Il s'approcha donc du jeune homme, ne voulant pas trop s'en éloigner. Il était livide.

- Ne vont-ils donc pas cesser ces démonstrations ? Demanda-t-il en regardant le couple de peu de vertu. Est-ce que tout le monde agit de la sorte ici ?

Il semblait maintenant plus curieux qu'autre chose, et il détaillait les personnes dansant comme si elles avaient été folles.

- Il va me falloir quelque chose à boire... Quelque chose de fort. Dit-il avec un petit sourire amusé. Est-ce que je vais avoir l'honneur de te voir te déhancher de la sorte ?

En réalité, il n'attendait que cela, de voir si Gustave allait se montrer en spectacle lui aussi, et il se demandait s'il serait capable de se mettre à danser lui aussi. Il se connaissait une souplesse certaine, due aux entraînements lorsqu'il était encore dans le cirque, et qu'il avait entretenue plus par habitude qu'autre chose, mais il se demandait s'il en aurait le courage... Il souhaitait en être capable, cela dit, il n'en était pas certain, il lui faudrait, en somme, une grosse quantité d'alcool dans le sang pour lui-même se permettre de se tourner en ridicule. Peut-être montrerait-il quelques pas à Gustave, de danses qui se valaient de porter ce nom ? Il n'en savait rien, cependant, pour le moment, la musique semblait se glisser dans ses veines comme un poison, et il ne put retenir un petit sourire en coin, il sentait la bonne humeur ici, et c'était quelque peu communicatif.


Code by Joy


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
Revenir en haut Aller en bas
Gustave Barthélemy

avatar
- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 78
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Ven 28 Juil - 15:29


I Wanna Know, Can You Show Me?
Darren & Gustave

Je le regarde planté face à moi, souriant comme un gosse à voir ainsi mon petit protégé à ce point transformé. Méconnaissable même. Le tshirt blanc, le jean droit, les chaussures en cuir et les cheveux un peu plaqués, tout ça lui donne un côté James Dean roux, ou Elvis roux, qui me fait penser au chanteur des Queen of the Stone Age, Josh Homme, en beaucoup plus jeune aussi, évidemment. Mais mignon à sa manière, avec ses airs de chaton mouillé. Je le sens tellement mal à l'aise dans ses nouveaux vêtements, cette nouvelle peau qu'on lui fait porter et qui est bien trop légère pour n'importe qui qui a été élevé à la même époque que nous, une époque où se promener sans cravate était le comble de la négligence, alors ne parlons même pas de retrousser ses manches de chemise... Je le voir dans son attitude, dans sa façon de se tenir que tout ça est nouveau, tellement nouveau, comme s'il découvrait son corps une nouvelle fois, ou dans un autre fonctionnement.Pourtant je vois son regard s'illuminer comme un sapin de Noël quand je le complimente, et immédiatement il se détend, comme s'il n'attendait que ça, la validation d'un "local" pour s'autoriser à profiter de cette nouvelle tenue, et avec elle de toutes les choses que ça l'autorisait à faire. Voilà mon mignon... tu te sens pas mieux? Tu te sens pas plus à l'aise comme ça? Bien sûr que si...

Mais oui, t'es parfait comme ça! Tu vas faire des ravages!

Pourtant je l'ai peut-être sur estimé car quand j'ébouriffe gentiment ses cheveux je le sens se figer comme si j'allais lui faire du mal. Je glisse mes mains dans sa tignasse, la défais juste un peu avant de lui tapoter l'épaule.

Voilà, c'est encore mieux. Et t'en fais pas, je vais pas te faire de mal... D'ailleurs, pour terminer ta tenue...

J'ôte mon collier, un fin lien de cuir avec un pendentif en métal que je passe autour de son cou, avant de me reculer en souriant.

Là... c'est beaucoup mieux! Allez viens, tu vas adorer cet endroit!

On reprend notre chemin en souriant, cigarettes aux lèvres, et j'ose demander ce qu'il espère trouver ici, et qu'il n'a pas dû trouver ailleurs... J'avoue que je suis curieux, parce que quelqu'un qui, comme lui, s'était au moins affirmé à lui-même qu'il aimait les hommes à son époque a fait preuve de beaucoup de courage et ça m'intrigue. Avant de partir et d'arriver en 2016, je n'avais d'yeux que pour les demoiselles, surtout si elles étaient charmantes. Maintenant... j'ai élargi mes horizons et je me dis que le petit nouveau est loin d'être désagréable à regarder, et que je vais adorer le décoincer un peu. Je souffle une longue bouffée de nicotine en souriant avant de poser mes yeux sur lui.

J'espère que tu la trouveras dans ce cas... Sincèrement...

Et on en reste là, sans rajouter une syllabe de plus quant à son voyage. La porte est ouverte, et j'espère qu'il a compris que j'étais prêt à l'écouter si l'occasion se présentait, si un jour il en ressentait l'envie ou le besoin. Qu'il trouverait en moi un conseiller autant qu'un confident... Je sais à quel point c'est important d'avoir quelqu'un à qui parler, et je ne remercierai jamais assez Morgan d'avoir joué ce rôle, pour moi, depuis tout ce temps, au point d'être devenu un deuxième frère. Je me rappelle de toutes les fois où je lui ai posé des questions qui m'apparaissaient tellement stupides, ou que je m'inquiétais pour des trucs vraiment insignifiants et pourtant à chaque fois il a souri, à chaque fois il a pris le temps de me calmer et de m'expliquer ce que je voulais savoir et j'espère qu'il trouvera quelqu'un comme ça ici, moi ou quelqu'un d'autre. D'ailleurs, peut-être que ce soir il ne rentrera pas seul... ça me ferait plaisir pour lui tiens! On entre ensuite dans le bar, et si un peu plus tôt dans la journée je l'avais senti enthousiaste et emballé à l'idée qu'ici, l'homosexualité était quelque chose d'accepté, pas encore par tous mais autorisé par la loi tout du moins, j'ai l'impression que d'en avoir la preuve vivante sous les yeux le bloque encore un peu, comme si...C'était trop. Trop pour lui.

Je le prends par le bras et l'installe sur un tabouret face au bar, attirant son attention sur moi plutôt que sur les types en train de s'embrasser à pleine bouche en lui attrapant le menton avec mon index.

Eh... tout va bien? Darren je te l'ai expliqué, à cette époque, c'est légal pour deux hommes de s'embrasser et d'être ensemble. Bien sûr il y a encore des gens que ça gêne, qui vont faire des critiques et des réflexions, mais on PEUT. Alors qu'est-ce qui te met mal à l'aise? Le fait qu'ils ne se cachent pas? Ou le fait que t'aurais envie de faire pareil?

Je souris en coin, le cherchant un peu tout en essayant de le mettre face à ses contradictions, et à ce qu'il se lâche. Pourtant j'ai été comme lui au début, j'ai aussi joué les vierges effarouchées en voyant deux types s'embrasser dans la rue ou se tenir la main. J'ai aussi été choqué en voyant la tenue des filles, avant de réaliser que c'étaient eux qui avaient raison, et pas moi. Qu'eux vivaient comme ils en avaient envie, et que c'était à moi de changer. De m'habituer. Ce que j'ai fait et j'en suis tellement heureux... Je hoche la tête quand il parle d'alcool fort et je fais tourner le tabouret pour faire face bar cette fois, appelant le barman.

Benny? Eh Benny! Tu nous sers deux Cuba Libre bien chargés et tu mets la musique qu'il faut? C'est une première pour le jeune homme ici présent!

Les verres arrivent bientôt et pendant que je bois une longue gorgée j'entends les premières notes de Whole Lotta Love de Led Zep qui s'élèvent dans le bar. Sourire de gosse aux lèvres je repose mon verre, me lève et m'éloigne sur la piste. Puis je commence à me déhancher au rythme de la musique, sans quitter Darren du regard, lui faisant signe de venir me rejoindre, et guettant sa réaction.

© HELLOPAINFUL


Revenir en haut Aller en bas
Darren Flanagan

avatar
❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
❧ Miroir :
❧ Missives : 81
❧ Yeux de verre : 36
❧ Crédits : .


MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   Dim 30 Juil - 19:32



I wanna know, can you show me

Avec Gustave Barthélemy


Darren resta immobile le temps que Gustave ait finit de refaire sa tenue, visiblement son nouvel ami avait décidé qu'il se devait de le rendre présentable, et il n'allait sans doute pas s'en plaindre. Il baissa néanmoins le regard sur le collier qu'il venait de passer à son cou. Cela lui semblait étrange, mais il n'allait, une fois encore, pas se plaindre. Il joua quelques instant avec le pendentif du bout des doigts, semblant quand même légèrement mal à l'aise. Une fois encore, il avait presque l'impression d'être nu, habillé de la sorte, et même si cela semblait tout à fait normal ici, il n'en était pas moins qu'il restait relativement engoncé dans ses vieilles habitudes et coutumes, et que pour lui, il était en train de faire n'importe quoi. Il se rassura en pensant que Gustave ne l'aurait pas tourné en ridicule juste pour le plaisir, et que de toute manière, c'était l'Ymbryne de cette boucle qui avait été assez gentille pour lui conseiller des vêtements et de lui en prêter.

Il suivit donc Gustave, une cigarette coincée entre les lèvres, se disant une fois de plus que cette invention était décidément bien fantastique, et la question qu'avait posé ce dernier n'avait pas été plus gênante que cela au final. Darren avait d'abord cru qu'il devrait s'expliquer, mais il n'en avait rien été, et Gustave lui avait gentiment fait comprendre qu'il n'allait pas essayer d'en savoir plus que ce qu'il avait entendu. Il le remercia d'un léger mouvement de tête, accompagné d'un petit sourire reconnaissant. Il ne se souvenait pas avoir déjà été aussi détendu en compagnie de quelqu'un, ce qui pouvait paraître clairement étrange si on prenait en compte le fait qu'ils se connaissaient à peine. Mais la raison était facilement explicable. Il n'avait pas peur que Gustave ne le reconnaisse, et ne lui en veuille pour ce qui s'était passé dans le Freak Show, il avait l'impression que les gens de cette époque étaient plus vrais, alors certes, il avait conscience qu'il pouvait se tromper, mais il ne voyait pas les secrets planer partout, contrairement à ce qu'il se passait dans sa boucle d'origine. Les gens n'avaient pas l'air de vouloir toujours faire bonne figure, et il avait même croisé quelques femmes sur le chemin du retour qui clairement, laissaient leur caractère s'exprimer. Il avait presque eu l'impression qu'il était de nouveau dans le cirques, dans les bonnes années, quand il était enfant, et que les autres dames que sa mère s'occupaient de lui, avec leur fort caractère, et les paires de gifles qu'il pouvait recevoir lorsqu'il n'était pas sage. Étrangement, cela était un bon souvenir, car alors, quelqu'un s'inquiétait de ce qu'il pouvait faire. Mais peu à peu, sa mère l'avait éloigné d'elles, et il était devenu le jeune rebelle qu'il avait été, qui ne restait presque jamais dans le cirque, qui boudait les entraînements et qui refusait de se plier aux règles. Il n'avait en somme, eu que quelques années heureuses dans sa vie, et cette époque lui semblait rappeler ces souvenirs, être aussi pleine de vie que ce que ces années avaient été.

Certes... Peut-être un peu trop, il en convenait. Il n'en revenait pas, de voir deux hommes s'embrasser de la sorte, et si cela éveillait en lui l'envie, cela éveillait aussi la crainte, une crainte farouche qui le tétanisait, et il avait été bien heureux que Gustave le tire à lui pour le ramener à la réalité. En revanche, les mots qu'il avaient eus juste après l'avaient fait se fermer comme une huître, plus que sur la défensive. Légal, certes mais pour lui, être homosexuel restait comme dans le passé : une maladie, même s'il n'était pas d'accord avec ce fait, c'était ce qu'on lui avait apprit.

- Je ne me mêle pas de ce qui ne me concerne pas sur ta vie, je te prierais d'en faire de même. Se rendant compte de son ton bien trop ferme alors que Gustave essayait juste de le détendre, il se racla la gorge. Excuse moi. Je préférerais ne pas en parler, si cela ne te pose pas de problème.

Il avait toujours eut cette crainte farouche que quelqu'un ne découvre, et qu'il soit envoyé dans un asile à cause de cette prétendue maladie. Sa mère l'avait même menacé de le faire, avant de l'envoyer dans un endroit pire encore. Il n'avait pas voulu répondre aussi méchamment à Gustave, mais entre son mauvais caractère et le fait qu'il était plus que sur la défensive, en plus d'être mal à l'aise dans ses vêtements et dans l'ambiance environnante, il ne fallait pas s'étonner qu'il se braque et que sa langue ne devienne serpent en cas de perte de contrôle. Il regarda donc l'autre attirer ainsi l'attention du barman, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Cela au moins, ne lui semblait pas bien différent, chez lui aussi, les gens hélaient les tenanciers comme s'ils avaient été des amis de longue date et que cela avait un sens d'agir de la sorte. Il n'avait d'ailleurs, pas la moindre idée de ce qu'était un Cuba Libre, mais faisait confiance à Gustave, il lui avait dit qu'il désirait quelque chose de fort, et pensait que le jeune homme en face de lui avait bien comprit cela.

Darren tiqua un peu en entendant la musique et il leva un sourcil intrigué. C'était.... Étrangement agréable, parole ! Cela lui semblait tellement barbare qu'il en venait à apprécier cet air qu'il entendait et qui lui semblait très approprié à l'endroit où ils étaient. Il resta néanmoins un peu bête lorsque Gustave l'abandonna à la table, allant danser comme cela en lui faisant signe de venir. Non, il n'allait pas bouger, certainement pas, il avait trop honte, et était bien trop stressé de ce que pourraient penser les autres mais... Légal avait dit Gustave, n'est-ce pas... ? Il se mordit la lèvre, et descendit d'un trait son verre avant de se lever. Il fallait aussi dire que s'il avait le droit, alors il n'allait pas faire la fine bouche et... Honnêtement, Gustave était loin d'être désagréable à regarder, bien qu'il fut habitué à des corps plus fins que le sien. Il regarda un peu autour de lui et alla le rejoindre d'un pas hésitant, n'osant pas danser.

- Tu veux me faire faire une crise d'angoisse... ? Demanda-t-il avec un petit sourire en coin. Je ne sais même pas danser, pas de la sorte.

Il se sentait un peu idiot, planté comme un piquet au milieu de la piste de danse, mais il savait aussi qu'il passerait plus encore pour un idiot s'il essayait de remuer le bassin comme Gustave le faisait. Oh, avec de l’entraînement, cela aurait certainement de quoi en faire pâlir certains, extrêmement souple, Darren saurait se déhancher comme un reptile sur la piste, mais pour cela, il fallait qu'il apprenne...


Code by Joy


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]   

Revenir en haut Aller en bas
 
I wanna know, can you show me? [Gustave Barthélemy - flashback]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» The Hillywood Show
» Retro Taco Show.
» Rétro Taco Show 2011.
» Armée démon best of show peinture Throne Of Skulls
» Chris Sabin Vs Big Show

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Castletown :: Les Ruelles-