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 Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion

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Adrian Hammond

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❧ Boucle Temporelle : vient de poser bagage en 1873
❧ Particularité : Pyrokinésie
❧ Occupations : fuir ces démons
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❧ Missives : 46
❧ Yeux de verre : 8
❧ Crédits : brimbelle


MessageSujet: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Dim 26 Mar - 16:03

Like how a single word Can make a heart open

- I might only have one match but I can make an explosion & all those things I didn't say Wrecking balls inside my Brain I will scream them loud tonight Can you hear my voice this time? -

Dans l'âtre couverte de suie ,les flammes lèchent les bûches dans une danse voluptueuse. Crépitements relaxants comme seul écho à mon souffle bas. J'ai quitté ma chambre depuis quelques temps, fuir cette prison terrifiante alors que la lampe à huile ne suffit pas à chasser l'étreinte glaciale des ténèbres. Un dernier regard à travers la fenêtre, seul le silence paisible de la neige n'apparait à travers les vitres. Etais-je en train de rêver à ce rapace? Celui qui m'avait tenu compagnie la nuit passée? Etais-je en train d'espérer qu'il me rende à nouveau visite pour chasser les démons m'encerclant chaque nuit? Probablement... c'est probablement ce qui à entrainé mon départ, ma lente marche, errance vagabonde à travers les couloirs sombres et déserts à une heure si avancée de la nuit. Oiseau de nuit, qui sort loin de l'agitation diurne, la comparaison était amusante, mais pas suffisante pour me faire retrouver mes sourires d'antant. Lassitude, ennui, s'emparent de moi alors que la vue du feu n'est plus une distraction assez satisfaisante, un soupire bruyant et  mes yeux se plissent alors que je mène la valse des flammes, plus hautes, plus vives, mais là encore la distraction ne sera que de courte durée. Simple moyen de passer le temps alors que la grande pendule sonne deux coups. Encore quelques heures, patience, encore quelques heures avant le lever du jour. M'encourageais-je les yeux gonflés et rougis par la fatigue. Je sentais l'appel du sommeil gagner du terrain, mais rester debout me permettais de ne pas m'y laisser aspirer.

Un, deux, trois, quatre, démarche lente, presque silencieuse, j'analyse chaque bruit que fait cet être qui approche. Il ne semble pas être une menace, mais sait on jamais.

- Il semblerait que je ne sois pas le seul oiseau de nuit à errer en ces lieux.

Soufflais-je avant de me retourner vers celui qui se tenait non loin de moi. Toi! Encore toi? Mon regard se plisse et j'incline la tête sur le côté, jaugeant à distance celui qui semblait ne pas vouloir réduire. Me vois tu comme un monstre? As-tu peur?  Peu importe, si cela est suffisant à te maintenir toi et ta putain de curiosité loin de moi, ça me va. Et pourtant.... et pourtant... sale hypocrite que tu es, tu sais fort bien que cet homme n'était plus celui qui te suivais ces derniers jours, tu sais fort bien que cette première rencontre avait attisé ta propre curiosité, que tu l'avais observé, de loin... J'humecte mes lèvres avant d'affronter l'azur terni par les nuages, quelque chose de sombre, quelque chose de terne, quelque chose d'intriguant.

-Thaddeus c'est ça?

Murmurais-je d'un ton monocorde. Parce que je n'avais rien trouvé de mieux à dire, parce que ma voix usée ne semblait plus vraiment apte à prononcer des phrases cohérentes, trop entrainée à gémir, lutter, cracher, siffler, elle n'avait presque plus rien d'humain et des saveurs d'outre tombe. Moi qui passe mon temps à fuir, à les fuir, j'ai presque oublier comment entamer une conversation. Je me défais de ma veste pour laisser apparaitre la blancheur de mes manches de chemise, abandonnant celle-ci sur le grand fauteuil bordant la cheminée.

-tu serais contre prendre un verre avec moi?

En gros aides moi à me servir dans le bar sans passer pour un profiteur ou un alcoolo, allez t'es bien là pour quelque chose d'autre que me regarder n'est ce pas?

-Une sorte... de traité de paix.

Ajoutais -je en un souffle, après avoir haussé une épaule, comme si me justifier suffirait à ne pas te voir détaler. Pourquoi avais-je envie que tu restes? Peut être parce que j'avais moins peur de toi que ces vieux démons qui menaçaient de m'attirer à eux à chaque heure de la nuit. Mon regard encontre le tien et les nuages semblent être parsemés de bien mystérieuses lueurs. Qu'y-a-t-il? Pourquoi me regardes-tu de la sorte? Un alliage d'interrogation, une pointe de fascination étrange, ou peut-être était-ce simplement de la pitié? Je fronce les sourcils restant interdit l'espace de longues secondes avant de détourner les yeux vers la cheminée.  

-Je... suis navré pour... la dernière fois...

un coup d'oeil rapide avant de reporter mon attention sur les flammes.

-Alors.. s'il te plait...Cesses de me fixer ainsi... c'est...hum.. dérangeant.

Ajoutais-je en fronçant le nez, pas besoin que l'on me rappelle constamment que je suis un monstre de foire, ce type marginal et étrange. Mon esprit et ma conscience font assez le boulot comme ça.


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Thaddeus Gentilis

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- Autour amnésique -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
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❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Dim 26 Mar - 21:27

kintsukuroi
Adrian & Thaddeus
“He’s been following you all evening. Lil pup’s looking for warmth on this stormy night.”



C'est d'un cri que je reviens parmi les vivants. D'un hurlement que je dois à moitié étouffer entre mes dents serrées, que je quitte le royaume des songes et de mes démons pour revenir au royaume des conscients et des insomniaques. Allongé sur le dos, au milieu des draps qui me semblent être en cet instant milles et unes tentacules qui autour de ma personne s'enroulent dans l'espoir sûrement de m'étouffer et d'un peu plus me faire faire perdre le souffle, que je reviens à moi. Les doigts enfoncés dans le matelas, me voilà à supplier en silence que mon propre lit ne devienne pas mon linceul tandis qu'à mes oreilles, résonne encore le chant de mes démons et sirènes, qui sans cessent me racontent les souvenirs d'un passé que je n'ai pas connu et que je ne suis pas capable de saisir. Les lèvres entrouvertes et le coeur prêt à quitter ma cage thoracique à tout instant, je me débats et cherche à fuir autant mon lit que mon angoisse, me laissant ainsi glisser jusqu'au sol et ainsi quitter mon matelas qui pue la sueur. Un frisson dévale mon échine tandis qu'entre mes bras, je cache mon visage, tremblant comme l'enfant perdu que je suis à chaque réveil alors que sur l'une de mes joues, il roule une bien solitaire perle salée, qui en guise d'excuse dévale bien rapidement mon visage pour s'écraser en silence sur les lattes de mon plancher. "Fuis! Fuis !" hurle cette voix masculine dans mon esprit, que je tente de faire taire en blessant ma nuque de mes ongles. "Fuis !" insiste-t-elle, m'arrachant de ce fait un geignement sonore que je n'essaye plus de faire taire. Avant j'avais honte de souffrir, honte de me souvenir, mais les années passant et l'indifférence des autres se faisant flagrante, j'ai finis par cesser d'hurler en silence. Personne ne viendra de toute façon, alors pourquoi prétendre ? Pourquoi se forcer à crier dans l'oreiller pour étouffer le son de mes plaies qui suppurent et qui jamais ne semblent vouloir cicatriser ? Un sanglot m'échappe, puis un autre tremblement. Au sol je me laisse glisser et une fois allongé sur le flanc, je m'autorise à regretter cette époque où sur le pas de la porte, j'aurais pu entrevoir sa silhouette délicate, et où les yeux clos, j'aurais pu apprécier la caresse de ses doigts qui dans mes cheveux se seraient glissés… Le coeur pareil à une plaie, je verse un peu de sel, plus par masochisme que par nostalgie, en imaginant qu'à mes côtés elle viendrait s'allonger pour caresser ma joue et faire taire du bout de ses lèvres et de ses doigts, les bribes de cet autre moi qui tente de me raconter son histoire. Lui, qui vicieusement continue de me murmurer la couleur du ciel qu'il a contemplé avant qu'il ne meurt, lui qui me fait ressentir la boue qui dans ses bottes s'accumulait… Lui, Sigmund, qui a dû fuir pour me laisser sa place et qui en cet instant me torture avec plaisir, me forçant à me recroqueviller au sol, et à ravaler sanglots et douleur durant de longues minutes, les ongles enfoncés dans le bois de ce plancher qui m'est devenu un peu plus familier à chaque nuits où comme échoué, j'ai finis par y sombrer. Je me recroqueville un peu plus, laisse un instant les plumes du rapace recouvrir mon échine frissonnante, le temps que s'évapore au loin les restes de ses cauchemars que j'oublie au fil des battements affolés de mon coeur. Au bout de quelques minutes, les visages que j'ai pu voir deviennent des taches qui se mêlent à la pluie et au sang dans la boue, finissant ainsi par former une bouille de sensations et d'impressions que je chasse d'un battement de cils et d'un besoin de fumer.

Lentement, mais sûrement, j'arrive à retrouver une once de dignité et ainsi à quitter le pied de mon lit pour m'élever et me traîner jusqu'à ma penderie, abandonnant au passage et sur mes pas, mon pyjama humide de sueur et poisseux du sang que j'ai l'impression d'avoir versé. Le tissu émet un froissement délicat que je ne relève pas, alors que face à mon armoire, je me force à me concentrer sur le choix de la chemise que je vais passer pour tuer les heures qui restent à égrener avant le lever du soleil. Mes doigts hésitent et finalement, autour de l'une d'entres elles, ils se referment avec délicatesse. Sans un mot, j'en viens à m'habiller, et une fois présentable, je quitte ma chambre, allant chercher au rez-de-chaussé la solitude qui souvent me sert de compagne lors de mes nuits de doutes et d'insomnie. Presque sur la pointe des pieds, je descends les escaliers, m'étonnant une fois en bas de trouver une lueur faible mais preuve qu'en cette demeure je ne suis pas le seul à jouer les voyageurs égarés et les oiseaux de nuit. Le coeur hésitant et l'âme fébrile, j'ose pourtant m'avancer et chercher la compagnie de cet autre, qui lui aussi doit fumer et boire pour oublier que dans le royaume des songes il est un paria que l'on chasse sans pitié. Jusqu'au pas de la porte je m'avance, découvrant ainsi la silhouette familière d'Adrian, qui pour l'instant ne pas m'avoir remarqué. Une once de fierté se glisse dans mes veines, en réponse à l'autour en moi qui se félicite d'être un si bon prédateur que l'on n'entend pas, et pourtant, quand sa voix grave me parvient enfin, je ne réussis pas à réprimer un sursaut de surprise et de crainte, alors que dans ma gorge se bloque à nouveau ma respiration. Comme si il m'étranglait à nouveau, je me contente de plonger mes prunelles dans les siennes, les lèvres entrouvertes et pourtant muettes. Des mots je n'en ai pas pour lui et si hier soir, j'étais perché sur son épaule, à boire ses mots et à me faire docile pour ses caresses, j'avoue n'être bon à rien en cet instant et surtout pas à lui répondre. Ainsi, comme une pauvre chose blessée, je préfère détourner le regard et attendre une sentence à un jugement qui n'est que pur produit de mon esprit fatigué. D'un hochement de tête, je confirme mon prénom, puis recommence à respirer alors qu'il me propose de boire en sa compagnie un verre. Intrigué, j'hésite et bredouille vaguement quelques murmures qui n'atteignent pas ses oreilles, finissant ainsi par simplement lever à nouveau les yeux vers lui et ainsi provoquer en son être une gêne que je regrette de créer chez lui. Nerveux au possible, je serre les poings et souris ensuite, parvenant de ce fait à enfin prononcer quelques paroles cohérente.

"Excuse-moi… Je… J'ai tendance à me perdre dans mes pensées et à fixer… Je ne voulais pas…"

Pathétique est le premier mot qui me vient à l'esprit alors que j'entre enfin dans le salon, à pas prudent mais sincères. Car sa compagnie je cherche, malgré la main qui sur ma gorge fut à notre première rencontre. Pour tromper le silence et la chape de plomb qui tombe sur nos épaules, les faisant très certainement s'affaisser plus que la tristesse qui teinte déjà nos prunelles respectives, j'alimente le feu agonisant d'une autre bûche.

"Ce n'est rien… Pour…" Je hausse une épaule, encore mal à l'aise. "La dernière fois. Hier déjà tu étais pardonné." Je tente un sourire qui doit paraitre bien faible. "Je me suis douté que tu ne voulais pas me blesser… Mais juste… Mieux m'observer ?" Car c'était là le but de ton geste pas vrai ? Cette main sur ma gorge n'était pas là pour me blesser, mais simplement pour me retenir… N'est-ce pas ? C'était là la tentative désespérée d'un homme qui voulait garde auprès de lui ce démon, ou de ce songe, je ne sais encore, qui portait le doux nom de "Kane." Nos regards se croisent, et alors que d'un sourire discret, qui dévoile à peine la pointe saillante de mes canines je tente de faire passer cette question pour un trait d'humour, je ne peux tout de même retenir le million de questions qui font naître dans mes iris cette peine qu'avec lui je partage, celle qui semble être commune à ceux qui ont dû affronter la disparition d'un être trop aimé pour que ce soit sain. Il glisse d'entre mes lèvres un soupir, avant que plus légèrement, je ne désigne le buffet d'un vague geste de la main.

"Bois pour deux… L'alcool ne me sied pas… Je me contenterais d'une cigarette et du spiritueux que tu jugeras bon de consommer."

À l'un des meubles, je m'adosse, m'asseyant ainsi à moitié sur celui-ci, une jambe dans le vide alors que d'une poche, j'extrais l'étui à cigarettes que Margaret m'a offert pour tirer de celui-ci, une fine roulée qui termine entre mes lèvres. D'un geste élégant et peut-être trop maniéré, je l'allume, faisant d'abord chantonner le tabac pour moi avant de lui proposer du bout des doigts de se servir si il le désire.

"Alors, quelle est ta raison à toi ? Cauchemars, angoisses… ? Ou la simple envie de ne contempler que la lune ?"

Un sourire bien faible m'échappe alors que du bout des lèvres, j'expire une première volute de tabac qui dans l'air danse un instant avant de disparaitre.
Made by Neon Demon
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Adrian Hammond

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Dim 26 Mar - 23:58

Like how a single word Can make a heart open

- I might only have one match but I can make an explosion & all those things I didn't say Wrecking balls inside my Brain I will scream them loud tonight Can you hear my voice this time? -

Silhouette rigide au regard de glace, figée, fragile, les nuages dansent dans ces yeux, les doutes parsèment son regard, animal sauvage, proie facile, être écorché, il me toise à travers le dédale de ces cauchemars. Prudent, je te fixe quelques instants après t'avoir invité à entrer, te, nous, mener sur un chemin plus propice à la paix qu'aux hostilités. Mais ta main tremble petite chose, tes paupières s'agitent et ta voix déraille. Bouche à demie ouverte je voudrais te répondre que c'est rien, que c'est pas grave, mais rien de plus qu'un souffle haché ne s'extirpe de mes lèvres. Impuissant j'agite la tête de gauche à droite, comme pour tenter de te faire comprendre ce que je ne suis capable de te dire. Instinct vital, réflexe d'antant, besoin profond, de m'assurer que la menace n'est pas, je fixe ces poings tremblants avec inquiétude. Etais-je à l'abris d'un assaut de coups? Je ne sais que trop que l'animal blessé qui gémis est bien plus redoutable qu'un grand prédateur. Mise à distance raisonnable, juste un besoin d'assurer ma sécurité je m'écarte de ton passage alors que tu finis par entrer prudemment. Danse de regard silencieuse, deux corps souples et prudent qui se toisent et se jaugent dans une ronde interminable. Mes yeux télégraphient chacun de tes gestes avec une attention sérieuse, cette bûche qui va au feu aurait pu finir enfoncée dans mon crâne si je n'avais été sur mes gardes. Peut être... peut être pas... Bien naif serais-je de croire que baisser la garde sous des apparences trompeuses ne me couterait pas la vie. Mais quelle vie? Fade et morne, secouée par des soubressauts violents, pimenté par l'amertume des souvenir, pourquoi m'accrochais-je encore à celle-ci? Avais-je seulement encore la force de lutter?

Ton regard s'infiltre dans la brèche béante et purulente de mon coeur, il est là, une part de lui est là avec toi, c'est tellement injuste, moi qui pensais pouvoir l'oublier, tout du moins essayer... On me le refuse à nouveau. J'accepte la sentence, comme si mes genoux venaient fouler le sol après que toute forces m'aient quitté. Face à cet être vivant aux allures de fantôme, je l'invite même à entrer. Pourquoi, pourquoi fais-tu ça Adrian? Aimes tu trébucher encore et encore, cherches tu à te perdre dans une interminable chute?  Gorge nouée, avaler ma propre salive devient une tache ardue.

- hier?

Sourcils froncés, mon regard s'échappe de ce sourire faible pour retrouver l'azur. Que veux tu dire? Pourquoi hier? Je n'ai pas le loisir ni le temps de m'interroger que tu m'arraches à soupire de stupeur.

-Pardon?

C'est tout ce que j'étais capable de répondre à ces propos étranges. Etait-ce une tentative visant à me rassurer? A chasser ma culpabilité? Ou croyais-t vraiment à ces mots? J'ai bien du mal à imaginer que tu me tisses un linge coloré de mensonges, pas quand ce regard croise le mien avec cette forme de détresse que je croise chaque matin dans le reflet de ce miroir. Qu'est ce que tu dis? Qu'est ce que tu veux? Qu'est ce que tu cherches? Secoué et intrigué, je m'en voudrais si je me voyais te regarder ainsi, telle la bête curieuse qui me colle à la peau à travers leurs regards à tous. Un autre sourire, à peine plus large, mais tellement plus doux fait baisser mon regard pudiquement vers le sol. Mon pouce vient s'enfouir au creux de ma manche, l'ongle érraffle la couture intérieure, tic nerveux, preuve visible d'inconfort. Fuite et prudence semblent être écrasées par le poids de mes pieds figés, comme cloués au sol. Mon regard accroche à nouveau ta main qui s'agite dans un bruissement léger de tissu, ne s'attarde que très peu sur le bois vernis et sombre du buffet. Un hochement de tête, suivit d'un nouveau silence, les bavardages ne sont plus vraiment chose commune et naturelle, comme si j'avais oublié ceux-là écrasé par les souvenirs les plus violents qui me terrassaient chaque jour, chaque nuit.

Posture qui se voulait décontractée, tu prenais place dans la pièce comme si tu étais un élément indissociable de ce somptueux et élégant décor. Loin de la prudence des premiers instants, mon regard s'autorise une promenade sur tes traits fins que le temps semble avoir marqué de maux bien plus profonds, caresse du voile bleu sur ton visage qui s'étire sur cette silhouette élégante alors que dansent devant toi tes volutes blanches au senteur d'un tabac épicé. Ta voix m'arrache à ma contemplation, moment d'égarement que je justifie inconsciemment par un esprit tourmenté, mouvements lent de paupières, longs cils qui balaient le bleu avant que je ne me force à détourner le regard un instant pour me diriger vers le buffet.

-si ton intention est de tuer le temps en jouant au jeu des questions réponses... je pense qu'il me faudra plus que deux verres.

Mince sourire après un reniflement moqueur je sors ce bourbon qui n'est pas seulement un régal en bouche mais saura engourdir un peu cet esprit agité. Un verre et mon regard se perd dans l'ambre avant que je ne me retourne vers toi, levant le verre dans ta direction. Prudent, lent, hésitant même quelques instants à combler la distance pour venir chercher la cigarette que tu me proposais.

-merci.

Soupire, automatique, ton terne bien que la gratitude danse dans mon regard qui se perd à nouveau sur ces traits. Etais-je en train de jouer au jeu des différences, ou tentais-je de chasser les traits tirés par la douleur, les yeux révulses sous l'horreur et laver le liquide épais qui avait seché sur ton visage.. son visage... Je détourne brusquement les yeux comme si je venais de me brûler, comme pour chasser ce gout amer qui me montait aux lèvres et que je remplaçais aussitôt par une gorgée d'alcool. Je tente de m'accrocher à la conversation, analyser chaque mot, comme seul rempart contre les enfers, comme seul filet de sécurité m'accrochant à la réalité.  J'allume le cylindre de papier et à travers la danse sinueuse de fumée je croise ton regard, intense, puissant, un gout de déjà vu pourtant bien loin d'un souvenir si âgé. Mes lèvres s'entrouvrent, mes yeux les imites dans deux ovales, ce regard...

-pourquoi hier?

Ma voix tremble, parce que la réponse c'est déjà dessinée dans mon esprit. Peur panique, sensation d'intrusion, de confusion, je recule prudemment. Et répète la question encore et encore au moins sept fois dans un murmure emprunt de panique. Tu le sais... il le sait... c'était toi n'est ce pas? Pourquoi t'as fait ça? Comment t'as osé? Voudrais-je hurler alors que je sentais déjà la brûlure salée s'étirer sur ma cornée embrumant ma vision. Je détourne rapidement le regard, par pudeur alors que tu en avais vu tellement plus la nuit passée. Sensation de trahison pourtant bridée par cette gratitude amenée par le confort de la nuit passée. Confus, balancé à travers le courant, je ne parviens pas à accrocher la rive, parce que je ne sais plus à laquelle m'agripper.

-c'est un jeu ou une seconde nature d'espionner les gens comme ça?

sifflement amer, acide, venimeux. Injuste.. oui c'était injuste de blâmer celui qui m'avait maintenu loin de ces démons toute la nuit, celui qui avait soulagé mon coeur et ma conscience de quelques lourds secrets pesants. Aussitôt tombés, aussitôt regrettés. Une grimace tord mon visage. Merde Adrian tu vas trop loin! Il ne mérite pas ça. Une nouvelle gorgée de réconfort, fausse chaleur qui glisse dans ma poitrine mais jamais ne fais céder la glace qui la fige.

-Excuses moi, tu as le pardon facile et je ne devrais pas en abuser...

Honte qui colore mes joues, regard qui peine à s'élever, je tente de me rattrapper par une plaisanterie maladroite.

-ça dépend... Est ce que lune est ton second prénom?

Un sourire en coin et je tire sur ma clope. C'est pas juste une question de paix, mais plus ce besoin de repousser l'instant, de contourner l'éléphant dans le couloir.

-Je crois que tu le sais déjà..

mon regard accroche le tien avec plus de sérieux. Tu le sais, tu l'as senti hier, cette terreur, ce besoin de rester éveiller. Cracher la fumée ne suffit pas à dénouer ce noeud qui obstrue ma gorge. j'arque un sourcil et balance ma main dans les airs pour te désigner d'un geste vague.

-Et toi alors.... un demi sourire et la malice, provocation peut être danse dans mes yeux -je t'ai connu moins bavard... alors pourquoi ne pas en profiter pour te rattrapper cette nuit.

Parce que traiter les problème des autres c'est tellement plus facile que d'affronter ces propres démons. Est ce que c'est lâche? Non c'est peut être juste une question de survie, une façon de ne pas sombrer dans la folie.
 


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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Lun 27 Mar - 20:07

kintsukuroi
Adrian & Thaddeus
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Dissimulé derrière les volutes de fumée, je joue à merveille mon rôle de prédateur aux yeux perçants, n'offrant à ce compagnon d'infortune qu'un léger sourire quand il insiste sur cette nuit qu'il pense ne pas avoir passé en ma compagnie, car incapable de faire le lien entre l'oiseau au plumage ravissant qu'il a pourtant accepté de côtoyer et le jeune homme défaillant qui lui fait face en cet instant, et qui malgré la peur qui lui déchire les entrailles, est là, à partager avec lui son intimité, son temps et une cigarette en guise de pardon. Hier, j'aurais pu lui en vouloir et me venger de son attaque en plantant à mon tour mes serres dans sa gorge, mais face à la détresse que dans ses prunelles j'ai pu observer, j'ai préféré dans ses bas me glisser et me faire docile pour celui qui était encore trop sauvage pour supporter mon regard d'un bleu que l'on trouve parfois intimidant. Pour lui, j'endosse le rôle du protecteur, malgré la peur qui vit encore en mon coeur et qui prend ses quartiers dans mes prunelles quand sèchement, il m'avoue sans honte ne pas apprécier que j'ai ainsi profité de son ignorance pour m'inviter dans son intimité et ainsi avoir le droit de prendre place à ses côtés pour affronter en sa compagnie les démons qu'il doit sans cesse essayer de dissimuler au reste du monde. Honteux, je baisse les yeux, cherchant dans le silence les excuses que je devrais avoir. Et même si il vient à mon secours en osant prétendre que je serais quelqu'un de bien dont il ne faut pas abuser, je tente tout de même de lui bredouiller quelques paroles dans l'espoir de décrocher son absolution.

"Je… Je pensais que tu savais… Si… Si hier j'avais su… Je…"

Je ne serais pas resté ? Est-ce ça que j'ose sous-entendre avec l'audace d'un homme capable de mentir à celui que j'ai déjà blessé ? Sûrement. Le coeur valeureux d'un autre temps est devenu lâche et en cette soirée, alors qu'avec crainte, je fais chanter la braise, me voilà devenir bien faible face à celui que je pensais en cette nuit amadouer, allant jusqu'à me demander si justement, il ne serait pas plus sain pour nous deux que je troque cette enveloppe de chair et de honte pour retrouver celle de l'autour sauvage et gracieux. L'idée fait son chemin dans mon esprit, à tel point qu'il commence à fleurir au fil des secondes, de timides plumes dans le ceux de mon cou, dessinant de ce fait sur ma jugulaire palpitante la marque de mon angoisse, là où enfin, Adrian semble accepter autant le verre que la cigarette. Et si pour lui, je pourrais sourire et lui demander de trinquer pour deux, j'avoue être à la place pris de court par sa remarque, qui en plus de figer mes traits en une expression de surprise que je ne pourrais feindre, fait monter à mes joues sang et chaleur, colorant de ce fait ma peau d'ordinaire plutôt pâle d'un rouge cuisant qui doit aller de paire avec cette impression idiote que j'ai de me consumer face à lui. Bêtement j'ouvre en grand les lèvres mais n'arrivant pas à trouver la moindre réplique intelligente, je me contente de m'étouffer avec la fumée de ma cigarette et mes mots, toussant comme le ferait un jeune enfant face à la première gorgée d'alcool dans laquelle il tremperait ses lèvres. De mon perchoir, je descends, une main sur le coeur tandis que mes poumons se contractent avec une telle violence, que j'en viens à craindre que l'une de mes côtes ne se brise, alors que lui, dans le plus grand des calmes, esquive ma réponse avant de reprendre l'attaque, attendant tout de même que je ne reprenne contenance.

Quelque peu gêné d'avoir été ainsi touché en plein coeur par une comparaison qui ne devrait pas ainsi me donner l'impression d'être charmé par celui qui tente désormais de tourner la conversation à son avantage, en retournant les questions qu'il esquive contre moi, en y ajoutant simplement l'évocation d'un juste retour des choses. Bien moins à l'aise, et plus si sûr de vouloir me trouver dans la même pièce que lui, je me fige et me fait soucieux, fronçant les sourcils avant de bredouiller faiblement, un léger sourire tout de même aux lèvres.

"Il en faut un pour reconnaître l'autre… N'est-ce pas ?"

Nerveusement, j'ose venir à nouveau fumer ma cigarette, soufflant ainsi du bout des lèvres une timide volute de fumée, alors que j'évite son regard, préférant à la place fixer entre ses doigts l'alcool qui danse dans le verre et étrangement, capte les timides rayons de l'astre lunaire.

"Hier soir… Je ne pensais pas à mal en venant chercher ta compagnie… J'essayais juste… De t'aider, tu semblais souffrir." Je fais une pause, haussant une épaule avant de faire chantonner la braise au bout de mes doigts. A ce rythme-là, le tabac sera bien vite fumé et craignant que notre échange ne prenne fin au moment où les cendres seront reines entre mes doigts, je me force à ralentir, expirant ainsi entre mes dents et lèvres une volute de fumée à l'allure presque reptilienne. "Je voulais aider… Non par simple besoin de faire une bonne action mais plus parce que je sais ce qu'il en est de devoir affronter seul ses démons… J'ai les miens… Et c'est eux qui hier, comme aujourd'hui, m'ont poussés à venir te trouver…" Un craquement sonore se fait entendre dans l'âtre et si j'ai un léger sursaut, je le masque d'un rire gêné et d'un coup d'oeil à mon compagnon. "Mais eux n'ont pas la délicatesse de me murmurer que je suis aussi fascinant à côtoyer que la lune… Ils préfèrent me rappeler qu'en cet univers, je ne devrais pas avoir la prétention de me penser important ou utile à quoi que ce soit…." Et surtout pas à aider ceux qui sont dans le besoin… Non… En ce lieu, je finis par penser que je ne suis rien de plus qu'une carcasse qui dérive et erre dans les couloirs de cette demeure, un cadavre putride qui se drape de sourires, de manières et de beaux costumes pour prétendre être vivant. Je laisse un silence s'installer entre nous, et de plus en plus conscient que je ne peux encore tout lui avouer avec la sincérité et l'honnêteté dont il a fait preuve hier, je m'avoue vaincu et lui offre ainsi un autre sourire piteux et pathétique.

"Finalement… Le verre ne serait pas de trop."

Il se fait même nécessaire, surtout à la vue de mes doigts tremblants qui peinent à se refermer sur la bouteille de bourbon. Difficilement, je le remplis à moitié avant de le vider d'une traite presque pour mieux plisser le nez face à la chaude et exigeante brûlure de l'alcool. Le verre de nouveau sur le bois sombre du buffet, je regrette déjà ce geste impulsif alors sans que je ne comprenne pourquoi, il glisse d'entre mes lèvres excuses et doutes.

"Je suis désolé, je n'y arrive pas… Je ne peux en parler… Je ne peux…. Je veux juste… Je veux…" Oublier. Ne plus y penser. M'effacer. Cesser d'exister. Comprendre. Admettre. Lui arracher la vérité. Le retrouver. Je serre les dents, le souffle court et la cigarette aux lèvres, je détourne le regard une fois de plus, fuyant sa personne tout en adoptant une attitude aussi soumise que défensive. "Ne m'en demande pas plus, je t'en prie" semble hurler mon corps entier alors que sur mes lèvres, se forme doucement l'envie une question délicate qui fleurit avec la timidité d'un bouton de rose au printemps.

"Lune… Était-ce son deuxième prénom à lui… ?"
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Adrian Hammond

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Mar 28 Mar - 22:31

Like how a single word Can make a heart open

- I might only have one match but I can make an explosion & all those things I didn't say Wrecking balls inside my Brain I will scream them loud tonight Can you hear my voice this time? -

Après avoir claqué de si injusttes accusations je regrettais ces mots, aussitôt ma bouche refermée après l'extraction du venin. Son regard chargé de culpabilité, son corps en position de repli, ne faisaient qu'accentuer mes remords. Tu y as été un peu fort Adrian, il ne méritait pas ça! Pensais-je alors que les excuses tombaient. Sceptique et méfiant, je l'aurais difficilement cru si son visage, son être tout entier, ne transpirait pas le malaise et la sincérité. Sauvage et distant, je n'avais plus laissé quelqu'un m'approcher ainsi depuis des années, me rendre si confiant, alors que je le connaissais si peu, voir pas du tout. Mes sourcils se froncent et mon regard se détourne, incapable de supporter plus longtemps la vue  ce repli douloureux qui me ramenait au monstre que j'étais.

Détourner la conversation par un coup aussi habile que sournois et obtenir une bien rapide victoire devrait me ravir et pourtant... Je perdais de précieux instants à contempler la délicieuse couleur s'étirer sur ton visage. Carmin envoutant, rouge enivrant, délicieuse attraction, dangereuse addiction, ouvrant la porte à mes démons, ceux qui n'avaient de cesse de me rappeller oh combien ces teintes ont marqué son visage de douleur avant qu'il ne rende son dernier souffle. Je chassais l'horreur avant qu'elle ne s'immisce sournoisement et profondemment au point que mon esprit ne soit plus capable de se rattacher à la réalité, avant qu'il ne s'embourbe dans les marécages de maux qui me faisaient suffoquer.

- je suppose.

Réponse automatique, ton monocorde, rien de plus , rien de moins, simple tentative d'etre acteur d'une conversation sans pour autant y prendre gout. Face à moi et pourtant fuyant, ce regard qui cherche un point d'accroche et cette voix qui sonne de nouveau pour prononcer ce qui devait être de nouvelles excuses. Vas tu cesser cela? Semblait te demander mon regard sombre et glacial braqué sur toi. Agacé, irrité, apeuré que l'être ne soit capable de s'infiltrer malgré moi dans ma vie pour nager à travers les méandres douloureux de mes souvenirs. Que tentes tu de faire au juste? Peut être que je devrais te chasser, peut être que je pourrais y parvenir sans avoir à user de violence physique mais par de simples mots. Peut être que j'aurais du faire ça oui... Avant que tu ne me confies la raison de cet acharnement. J'entrouvre la bouche, il est temps, il est temps de te faire déguerpir, radeau en détresse balancé en pleine tempête,  qui cherche la lumière d'une phare pour le guider sur la rive, pour ne pas qu'i s'écrase sur les récifs aiguisés. Je n'ai le temps de trouver les mots suffisants et voilà que tu poursuis, me coupant la parole et l'envie de me servir de celle-ci comme une arme. Je ne sais pourquoi ni comment tu es parvenu à te frayer un chemin vers mon coeur, la compassion peut-être? Me laissant incapable de te chasser avec virulence, comme si je craignais plus de te conforter dans cette idée que de me joindre au cercle de démons qui t'ont ainsi fait souffrir. Les raisons? Je ne les connais pas... Ais-je envie de les connaitre? Je ne sais pas, pas encore... Tout ce que je sais, je sens, c'est cet étau qui se serre sur ma gorge, qui étreint ma poitrine à l'idée que des coups répétés aient pu avoir tant d'incidence sur toi, comme si tu venais à les croire, ceux qui frappent un homme à terre pour s'élever. Quelque chose s'apparentant à la honte, me fait baisser l regard vers le sol, peut-être parce que je sais à présent que si j'avais réagis plutôt je n'aurais pas été simple participant de ton enfer, mais je n'aurais fait que conforter tes doutes, accentuer tes douleurs, tout ça pour quoi? Tout ça pour fuir lâchement et égoistement?

Contre toute attente c'est toi qui réclames un verre, je ne me ferais pas juge et serais plus que compréhensif, voir même un peu soumis à la culpabilité d'être responsable de ça. Ne t'avais -je pas moi même plongé dans ton océans de douleurs? Stupide Adrian, ça ne t'auras ni servi , ni même guéri alors pourquoi faire sombrer un autre? Si encore la compagnie faisait partie de tes voeux... mais même pas... t'es bien trop enchainé à ta solitude pour ça. Terminée la contemplation morne du parquet, bien vite remplacée par un regard surpris qui ne te quittera plus sondant chaque geste comme la moindre expression de ce visage.

-Oublier...

Un souffle, court, un mot, qui semblait être la fin d'une phrase innachevée et sonnait chez moi comme une évidance. Il c'était échappé tout seul, comme le souffle automatique qui te tiens en vie. Fasciné, touché, par la lutte qui se joue sous mes yeux que je ne sais comment l'interrompre. Une envie de douceur, des éclats de tendresse, ce n'est pas de la pitié mais un coeur gelé qui s'émeu devant tant de similitudes.Je sais, chut, ne dis rien, je sais, voudrais-je murmurer d'un ton réconfortant en te serrant das mes bras, mais même ça... je n'étais pas certain de ne pas en avoir oublié la marche à suivre.

-je...

Souffle qui meurt aussi vite qu'il c'était échappé, même pas sur qu'il soit parvenu à tes oreilles. Paumé que je suis, même ça j'en suis incapable! Et je me déteste un peu plus pour ça, me vengeant sur le tabac qui emplit mes poumons généreusement à plusieurs reprises. Maigre consolation comme ce verre qui se vide lentement, c'est ta voix à nouveau qui chasse toute frustration pour laisser place à la surprise.

-Pardon?

Ramenant mon esprit sur terre tardivement je finis par comprendre le sens de cette phrase. Lueur vive, sifflement des flammes, le feu gronde tel le tonnerre emplissant l'âtre de teintes orangées. Muscles endoloris, regard sombre qui s'oppose au puissant brasier qui s'étire jusque dans la colonne du conduit de cheminée.

-laisses le ou il est!

Sifflement acide, colère visible, sur mes traits comme dans les flammes. Gout métallique du sang qui emplit ma bouche à mesure que mes dents s'enfoncent dans l'intérieur de ma joue. Mon regard braqué dans le tien, menaçant, froid, puissant qui finit par se détourner sur les lueurs trop vives des flammes.

-merde.

grognais-je plus pour moi même que pour toi alors que je constatais les effets visibles de ma colère. Des doigts qui massent mes tempes, je tente de reprendre le contrôle de ces émotions vives en faisant les cent pas à travers la pièce. La cigarette s'est consumée plus vite, le verre est déjà vide... Il me faudra quelques instants pour apaiser ce feu, le mien, celui qui danse à présent plus raisonnablement dans l'âtre. J'ose un regard timide dans ta direction avant de servir généreusement deux verres. Du bout des doigts je fais glisser un verre vers le bord du buffet.

-Discuter est probablement moins agréable que voler mais.. si tu y tiens...il t'en faudra peut être plus qu'un à toi aussi.

Soufflais-je moins hostile qu'il y a quelques instants. Comme si je n'avais plus la force de lutter, comme si je n'avais plus rien à perdre mais tout à essayer. Je prend quelques généreuses gorgées de courage dans l'ambre chaude et épaisse avant de reprendre la parole.

-Samuel.

le mot, le nom, tel le talon sur le béton claque mais n'a aucune signification logique pour toi. Je me dois d'être plsu précis je veux la jouer conciliant. Mon regard accroche l'azur avec détermination

-Kane Samuel Johnson... service des renseignements des forces spéciales Anglaise, parachutiste prisonnier de guerre... marié, une fille d'un an et demi lorsqu'il à été envoyé au Vietnam... quinze mois, dix huits jours, approximativement sept heures de captivité par l'ennemi... premier visage hum... première voix plutôt que j'ai entendu à mon réveil après cette lourde explosion...qui m'accompagnera pendant huit mois, vingt huit jours et cinq heures avant que l'on ne me sorte de ce qui était devenu mon quotidien.

froide mais surtout neutre, le bleu de mes yeux semblait couvert d'une couche épaise de gris terne comme si toute émotion m'avait quitté lors de ce récit qui sonnait comme robotique.

-satisfait?

Question aux allures de provocation, de défi. Mon regard s'anime de bien étrange lueurs et ce sourire en coin aux allures de terreur vous collerait des frissons dans le dos alors que je m'approche à pas lents de l'homme pour me prostrer devant lui. Mon regard glisse sur toi, de ton corps à chaque trait de ce visage aux allures de souvenirs.

-peut être un peu plus de vert... peut être quelques centimètres de plus, nettement plus trapu et beaucoup plus de barbe... mais certainement pas le même timbre de voix, ni le même accent...

Profitant de la proximité, mon regard coule sur toi dans une lente examination.

-Je peux me tromper sur certains détails, les cellules étaient si étroites et basses que nous peinions à nous mettre debout...mais ce visage... ces couleurs... je les connais dans les moindres détails. Sais tu qu'il faut quelques heures pour apercevoir quelques détails dans la pénombre? Quelques jours pour en distinguer chaque couleur et chaque détails mais.... quelques mois pour que la lueur aveuglante du jour ne redevienne sans douleur?

Je finis mon second verre et ma cigarette est sur sa fin elle aussi.

-Est ce le moment ou tu trouves un prétexte pour fuir ou allons nous devoir trouver comment occuper ces longues nuits qui nous attendent?

demandais je avec une pointe -de presque- amusement dans cette situation aux allures d'impasse. Mes doigts frottent mon menton bien trop barbu pour l'époque.

-Parce qu'il va falloir que je trouve un professeur de rasage... si je respecte les artisans, je n'autoriserais même le meilleur barbier du monde à approcher sa lame de ma gorge... tu peux comprendre cela n'est ce pas ?

j'achevais ma question par un fin sourire le regard plongé dans l'ocean du tien.


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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Jeu 30 Mar - 15:54

kintsukuroi
Adrian & Thaddeus
“He’s been following you all evening. Lil pup’s looking for warmth on this stormy night.”

Discuter avec lui me donne l'impression de danser avec l'écume d'une vague furieuse et décidée à m'emporter au loin pour me noyer. C'est une valse muette, sans musique, ni sourires, qui se danse à deux temps au lieu de quatre. Un pas en avant, un pas en arrière. L'espoir d'enfin l'approcher puis la crainte d'être à nouveau blessé. Les doigts tremblants, je porte à mes lèvres mon mégot agonisant, faisant une fois de plus crépiter la braise alors que le coeur sur le point d'imploser, je contemple avec crainte et respect celui qui, d'un battement de cils, pourrait très certainement me tuer ou tout du moins me faire regretter ma curiosité. Et si je prétends être rassuré en voyant qu'il s'interroge sur ma question, voilà que l'instant d'après, quand enfin il a réussi à déchiffrer le sens de ma demande, je regrette amèrement d'avoir laissé ma curiosité me faire murmurer une telle question. Car si son ton devient violent et sa colère évidente, ce n'est rien par rapport au feu qui dans l'âtre devient sauvage et se met à gronder comme une bête assoiffée de sang, et menace presque de venir lécher mon dos que je lui offrais jusqu'à maintenant sans la moindre crainte. Poussé par la peur et l'instinct du rapace, je sursaute et bondit presque d'un pas ou deux avant, fuyant le brasier qui pour l'instant n'était le long de mon échine qu'un avertissement, une bouffée de chaleur servant de prélude à la morsure des flammes qui suivrait éventuellement si je continuais ainsi à tenter de percer à jour Adrian. Lui qui après cet instant de rage non dissimulé, redevient la timide vague qui au loin s'éloigne et ne laisse sur le sable qu'un peu d'écume que je ne suis plus réellement sûr de vouloir effleurer de mes doigts. Sur sa personne je pose un regard angoissé tandis que d'un juron que je ne relève pas, il me fait un semblant d'excuse que je n'accepte pas, tel l'homme qui face à l'océan qui a tenté de l'avaler, serait là, à hurler contre les éléments déchaînés. Face à lui, je suis ce marin qui a manqué de se noyer et qui au lieu d'implorer le pardon de la mer qu'il a offensé, hurle sa rage de ses prunelles angoissées tout en fuyant cette immensité d'eau glacée qui pourrait à tout instant et décider d'engloutir à jamais l'être insignifiant qu'est ce naufragé.

Ainsi, alors qu'il tente de se calmer avant de nous servir deux verres, je creuse un peu plus la distance qui nous protégeait jusque-là du corps de l'autre, esquissant un pas en arrière, puis un autre, jusqu'à ce que contre ma hanche, je sente à nouveau le coin du meuble sur lequel je m'étais si nonchalamment installé quelques instants auparavant. Timidement, je m'y appuie et croise à peine le regard d'Adrian, ignorant ainsi superbement le verre de bourbon pour me contenter de porter à mes lèvres ma cigarette agonisante.

"Je préfère éviter… Le premier était surement de trop."

Les mots glissent d'entres mes lèvres avec la même grâce et volupté que la volute de fumée qui s'envole et danse un instant entre nous, là où lui s'autorise d'autres gorgées rapides, entamant son verre à un rythme aussi fascinant à observer qu'angoissant… Mais plutôt que de tenter de le raisonner, ou tout du moins, de lui glisser du bout des lèvres qu'il est dangereux d'ainsi de s'abandonner corps et âme à ce liquide traitre qui fait naitre dans le coeur de chacun de sombres désirs et pulsions que bien souvent on regrette à l'aurore, j'attends, me faisait patient pour celui que je crains désormais et que j'observe comme si il était la matérialisation parfaite des démons qui tentent, chaque nuits depuis maintenant des années, de me blesser et de tuer l'être que je suis, sûrement dans l'espoir vain de faire revenir d'entre les cendres de Thaddeus, ce Sigmund dont parait-il j'ai volé l'enveloppe charnelle et l'existence… Cet homme, qui peut-être, se ferait un bien meilleur compagnon pour Adrian que je ne le suis en cet instant… Cet autre que d'une expiration discrète, je commence à regretter.

Au prénom qui glisse d'entre les lèvres d'Adrian, je lève le nez vers lui, posant dans ses prunelles mon regard intrigué, n'osant rien ajouter alors que dans mon esprit il n'y a plus que les échos de ce prénom que j'aimerais prononcer avec prudence, comme pour mieux le comprendre et m'en imprégner. Le bout de ma cigarette retrouve mes lèvres et ma langue, tandis que lui me parle de cet homme si cher et précieux à sa personne. Et alors qu'il danse devant mes yeux les volutes timides et graciles du tabac qui se meurt, j'imagine se dessiner sous mes prunelles curieuses cet homme que j'ai été un instant quand ses doigts se sont refermés si durement sur ma gorge. Entre nous et entre deux vapeurs de tabac et d'alcool, j'imagine ce sergent anglais dans son uniforme, à tenir la main de sa femme malgré le regard encore incertain qu'il pose sur Adrian. Pour cette figure fantomatique, je m'efface presque, n'esquissant qu'un vague hochement positif de la tête quand il souhaite savoir si je suis satisfait de cette réponse. Et si j'ai le temps de détourner le regard pour chercher un cendrier dans lequel laisser tomber mes cendres, j'avoue être pris par surprise quand devant moi, et à quelques centimètres de mon être, se trouve Adrian, dont le regard teinté d'émotions et de pulsions qui m'inquiètent se promène allègrement sur ma personne, détaillant sûrement les défauts de ma silhouette et de mon visage, trouvant ainsi très certainement mille et un problème à mes pommettes trop saillantes ou à la courbe naturellement boudeuse de mes lèvres. D'un léger frisson je tente de m'échapper, mais conscient d'être coincé entre lui et le meuble, j'abandonne la lutte et me contente de lui offrir un semblant de sourire qui finit par ne devenir qu'une expression de terreur qui se lit autant dans mes prunelles que sur mes lèvres très légèrement entrouvertes, qui ne laissent filer que bien peu d'air hors de mes poumons. Et ainsi, à sa merci, car paralysé par l'intensité de son regard et des émotions qui se reflètent dans celui-ci, me voilà à l'écouter et boire à ses paroles comme si chacun de ses mots était le plus doux des nectars, un breuvage capable d'étendre une soif que je ne ressentais pas jusque-là. Le souffle plus lent et timide, je me contente de frissonner pour lui, en oubliant cigarette et alcool pour me perdre dans les accents chauds et rauque de sa voix qui fait naitre tout du long de mon échine des frissons non pas de plaisir mais d'appréhension. L'écume est là, à portée de mes doigts, mais n'étant plus réellement sûr de vouloir tenter d'enlacer cette vague qui porte le doux prénom d'Adrian et qui en cet instant, me susurre un chant délicat qui s'avère être en réalité n'être qu'une pointe d'amusement au milieu de ses mots.

Reprenant enfin contenance, je passe sur mes lèvres sèches ma langue, esquissant à mon tour un sourire avant de bredouiller quelques piteuses syllabes, censées être des mots qu'il pourrait comprendre et peut-être même apprécier.

"Je suis comme la Lune, je ne partirais qu'à l'aurore, quand les démons de cette nuit iront se tapir dans les tréfonds de nos esprits. Il va te falloir donc apprendre à me supporter, je le crains…"

Je me fais taire de ma cigarette que je porte à mes lèvres, dardant pourtant toujours dans ses prunelles mon regard faussement assuré, qui se fait d'ailleurs plus perplexe au moment-même où dans sa barbe fournie il passe ses doigts. La tête légèrement penchée sur le côté, je le laisse terminer avant d'esquisser un léger rire qui étrangement se marie plutôt bien avec les ronronnements du feu derrière-nous et le son délicat de la cendre qui à nos pieds chute jusqu'au tapis.

"Tu ne ferais pas confiance au meilleur barbier de la ville et même du pays, mais par contre, tu me laisserais t'enseigner comment te raser à la mode de cette époque ?" Je tire sur ma cigarette une dernière fois, l'écrasant ensuite dans un cendrier improvisé que je crée d'une coupelle en argent qui traînait non loin de mes doigts, avant de reprendre, un vague sourire aux lèvres. "Ce serait avec plaisir… Même si je dois t'avouer une chose…" Timidement, je porte une main à sa joue, effleurant de mes phalanges sa barbe. Et si étrangement, je m'attendais à ce qu'elle soit rêche, me voilà surpris de la trouver bien douce sur ma peau. Un léger rire m'échappe alors que je retire mes doigts, les joues de nouveau légèrement roses. "J'éprouve une pointe de jalousie, car depuis des années, je suis bien incapable de me la laisser pousser… Sans compter qu'il parait que ça ne me va point…" Mon ton devient légèrement plus pensif alors que je reprends. "Mais sinon, oui… Je pourrais te montrer cela… Mais rien ne t'y obliges… Si tu veux la garder… Tu es libre de le faire. Je ne pense pas que cela gêne qui que ce soit ici…" Je laisse flotter un léger silence avant d'oser lui faire part de cette interrogation qui doucement fait son nid dans mon esprit et commence à semer doutes et questions en mon être troublé. "Ainsi, tu pourras peut-être m'en dire un peu plus sur toi… ? À défaut de parler de ce Kane…" J'hausse une épaule, répondant presque à sa place par ce geste qui trahi tout l'inconfort dans lequel je me trouve. "Je sais ce que tu vas dire, que tu ne comprends pas ce qu'il a de si fascinant pour moi mais… Je ne sais pas… Enfin si, je sais justement…" Je prends une légère inspiration en profitant pour passer une main dans mes cheveux. "Tu es le premier Syndrigastis que je rencontre qui me dit que je ressemble à quelqu'un qu'il a croisé il y a longtemps… Avant la boucle et avant que je ne perde la mémoire… Tu… Tu es le premier à me dire que je ressemble à un fantôme de ton passé… Et même si tu as bien pris le temps de me faire savoir que je n'étais pas exactement comme celui qui a été ton compagnon de cellule… J'ai quelque chose qui te fait penser à lui… Juste ce qu'il faut pour que tu aies eu envie de m'étrangler et maintenant juste assez pour que tu aies envie de passer tes nuits d'insomnies en ma compagnie…" Je baisse les yeux et tente de reculer quelque peu. "Je sais que je ne suis pas lui, je… Je ne sais pas pourquoi j'insiste." De mes bras je m'enveloppe pour tenter de réprimer un frisson, me laissant ainsi aller à un mutisme facile pour ne plus avoir à croiser son regard et ainsi contempler dans ses prunelles la colère que j'ai peur de voir à nouveau naître en son coeur.
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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Sam 1 Avr - 13:07

If you ask me

- i don't know where to start -

Ronde incertaine, pas maladroits, voix fragile, tempête d'émotions, dans l'obscurité les deux ombres tatonnent, s'apprivoisent et se fuient. De l'appât timide à la prise en chasse, les funambules semblent lutter sur un fil tendu, qui se raccroche à l'autre, comme si la chute était inévitable, comme si la peur de l'autre semblait moins terrifiante que la chute. Je dérape une fois de plus, avertissement grondant dans l'âtre, il n'est qu'une preuve de plus à la théorie du monstre. Etait il temps pour lui de se retirer dans sa grotte? Ne pas s'attendrir face à la détresse, fuir pour éviter le pire?  Stupide faiblesse, stupide détresse, miroir de mes yeux d'un océan tourmenté, agité, la tempête gronde en moi comme elle te noie. L'oxygène se fait rare et chaque seconde de plus face à cette silhouette effrayé me rappelle un peu plus le monstre que je suis. Malgré la lutte à travers la brume épaisse et glaciale, je fend l'épais tapis d'ombres pour tenter de ramener calme et soleil, chasser des nuages menaçant constamment au dessus de ma tête, le poids de la culpabilité est toujours présent, mais pouvais-je pour une fois faire quelque chose de bien dans ma vie? Chemin escarpé, bordé de crevasses aux rochers tranchants, le funambule marche à tâtons, s'accrochant à la maigre corde de la vie. Excuses maladroites, attitude vascillante, je ne peux t'en vouloir de me craindre comme de vouloir prendre tes distances.

Un instant tu es lui, il est toi et celui d'après me gifle de ces différences, comment trouver la stabilité dans ce qui me perd un peu plus dans la confusion? Je tente de t'offrir une maigre paix, une gorgée chaude de courage qui n'est qu'une pitoyable excuse pour embellir la lâcheté qui m'étrangle. Si l'alcool n'est pas une solution viable je m'en sers à outrance à coups de faux arguments. Tu refuses le verre mais peut être pas la trêve, bien que ton corps tendu, replié, semble hurler la crainte. Le bleu de tes yeux est un océan d'émotions, que je ne parviens pas à décrypter à travers le chaos des miennes, je t'offre des mots, une réponse, peut être loin de celle que tu attendais, pour te prouver ma bonne foi. Attirant sur moi la couverture sombre des souvenirs douloureux, ramenant le passé entre mes lèvres à travers ces maigres révélations. Lueurs étranges qui dansent dans ton regard, le vent furieux n'est plus qu'un souffle haché semblable à un murmure, figé face à moi j'aurais pu avaler ta peur comme réponse facile et pourtant dans tes yeux dansent de bien étranges éclats qui n'ont rien de sombre. Le mystère? Je n'ai pas le loisir de le déchiffrer alors que tes lèvres extirpent une somptueuse envolée lyrique. Bouche à demi ouverte, j'en perd le fil de la fuite, puissante amertume d'un sarcasme qui ne semble vouloir m'échappé alors que je suis secoué par de simples mots. Etait ce la surprise? Une réponse qui n'avait rien de familier ni d'attendu? Je bats des paupières lentement comme si je cherchais à toucher terre à nouveau. C'était quoi ça? Surprenante et étrange fascination ayant déconnecté mon esprit mais nullement semblable au chemin marécageux et sombre qu'il empruntait trop souvent. Je me racle la gorge comme si une simple action pouvait me redonner de la constance

- quel poète!

L'enclume s'abat lourdement sur le sol, il semblerait que cela ai fonctionné. Réponse amère, moqueuse, deux mots qui claquent, contraste opposant avec l'admiration ayant luis dans mes yeux quelques seconde plus tôt. Une pierre de la muraille, château fort bien gardé, elle s'écroule sur toi comme pour maintenir la sécurité de cette construction solide devenant si friable en ta présence. Mon nez se fronce devant le repli, mots tranchants, brûlants, qui n'avaient pas écorché que mes lèvres mais peut être ton égo. Regretter fais partie intégrante de ma vie et encore une fois le sentiment m'enlace, soumis à la triste image de la gène, de la pudeur, de la honte, d'un être brisé et craintif qui se replie un peu plus dans sa coquille. Responsable? Je le suis, peut être devrais-je quitter cette pièce avant de te faire plus de mal que ce que je n'ai fais jusqu'à présent.  

Egoiste, l^zche, rongé par la culpabilité, je vacille d'une attitude à l'autre, ne comprenant pas moi même cette danse de contradictions. Radeau à la dérive, qui désespéremment s'accroche aux landes perdues, peut être parce qu'elles ne sont pas si hostiles, sauvages et attrayantes, elle ont un arrière gout de jardin d'eden, le paradis interdit. Tentative maladroite, acte désesperé, une proposition, une demande, qui cache bien plus qu'un simple acte du quotidien, qu'une volonté de se raccrocher à un effet de mode. Comme si mon âme brisé te hurlais de m'aider  alors que peur et conscience n'avaient de cesse que de te chasser.

-pourquoi pas?

Rauque bas, expéditif murmure en guise de réponse, comme si la peur elle même refusait que je me justifie ou ne t'offre la moindre porte ouverte vers l'espoir. Mais dans la valse des contradictions, je me perdais moi même, vascillant entre ce désir de te chasser et celui de te supplier de rester. Phrase en suspens, comme cette respiration qui semble s'être bloqué dans ma gorge. Regard prudent, attentif, sondant cette main qui s'approche dangereusement de mon visage. Eclats de terreur dans le bleu, tension de chaque muscle qui semble prête à faire céder mon ossature sous la pression. Des images fusent, me giflent de toute part, aveuglé par la tempête de son souvenir, de ces fantasmes nourris dans le secret de cette cellule et la terreur de l'ennemi, sa menace, ce besoin de l'immobiliser. Fugace, bien trop rapide, je n'ai pas le temps moi même de démêler cette confusion m'ayant frappée de toutes parts. C'est peut être mieux ainsi, la réaction brusque n'a eu l'occasion de survenir, mais j'ignore encore qu'elle en aurait été sa nature ou ces intentions alors que ma joue me brûle encore au souvenir de ce contact qui a hanté mes rêves et que je n'ai jamais eu. Tu n'es pas lui, tentais-je de me rappeler alors que l'incidieux manque faisait naitre une puissante faim au creux de mon estomac.  Si forte, si brûlante, si intense que j'ai bien du mal à m'accrocher à tes mots, suivre le fil de la conversation, que j'attrappe à bout de doigts avec tout le désespoir et la torture qui m'a couté mes forces et mes réflexes.

-tu... crois?

Fissure béante, ma voix craquelle comme les barricades, l'océan glacé s'engouffre à travers la faille de toute sa puissance. Déchainé il emplit la grotte bien gardé jusqu'au plafond, étais-je en train de me noyer? Que voulais je répondre au juste? A qui la question était-elle destinée? Mais était ce vraiment important? Le fait que je suive les traditions de l'époque ou que tu sembles convaincu que cette barbe ne t'irait pas? Même une simple discussion comme celle là me perd, le corps dénué de force balancé contre les parois et récifs au gré de l'océan agité. Ton nom, son nom, encore il résonne, il m'appelle au loin comme le chant hypnotique des sirènes, était-je en train de perdre contact avec la réalité? Pourtant l'océan est calme, un doux parfum d'iode, une brise de printemps et les couleurs rosées de l'aurore glissent sur le sable pâle. Rougeurs sur ses joues, semblant de douceur, de tendresse, quelque chose d'intime, quelque chose de timide, un délicieux gout de bonheur qui est sans cesse chassé par les nuages. Lèvres entrouvertes, je laisse le sel emplir ma bouche, vagues de mots, douce noyade, je laisse la mer m'emporter au loin à travers le chemin des songes. Si facile il serait de mener ces révélations vers un dessin onirique, illusion d'une vie, éclats de rêves, je pourrais suivre le radeau abimé par ce long périple en mer, m'y accrocher et nous conduire sur le rive des mensonges. Tu n'es pas lui, tu le sais, mais voudrais-tu l'être? Si j'y crois, si tu y crois, il serait si facile de nous perdre tout deux dans ce qui serait un soulagement pour notre coeur déchiqueté et trop lourd. Si tentant serait de prendre la voie de la facilité, si facile serait de faire rencontrer nos lèvres dans un pacte diabolique, une chute commune, m'accrocher à mon fantôme et t'offrir la plus belle occasion d'être aimé, de croire à une vie qui n'a été tienne pour répondre à ces questions d'un passé trouble.

Mais si tu ne sais pas qui tu es, qui suis je pour te mentir, te manipuler, te bercer dans le mensonge pour me satisfaire moi même? Bien incapable de ce genre de plan machiavélique, il m'a pourtant traversé l'esprit devant l'immense détresse qui se joue sous mes yeux. Et si c'était la solution? Celle qui nous aiderait à guérir? Elle était pourtant perdue d'avance, elle ne ferait que nous noyer un peu plus dans le déni, le mensonge. Je grimace alors que tu me refuses l'accès à tes yeux, regard fuyant, oisillon blessé, tu te replies sur toi même comme si tu faisais face à un terrifiant prédateur prêt à te dévorer.

-je... euh...

incapable de formuler la moindre phrase cohérente, bien trop terrifié par ta fuite. Me laisses pas, me fuis pas, semblait te supplier mon regard.

-peut être parce que j'suis un monstre moins effrayant que les démons...

C'est tout ce que j'ai trouvé à répondre, tant pour te rassurer que pour me réconforter moi même, tenter de me donner l'espoir que t'étais pas en train de prendre le chemin de la fuite. Si j'avais voulu bien agir, j'aurais peut être du te laisser t'envoler, ne pas être cette cage qui te maintiens prisonnier, mais je suis terrifié, brisé, et stupidement accroché à l'espoir d'être un jour sauvé. Sauf que des mains tendues, ça court pas les rues, encore moins quand tes démons te rongent au point que tu en deviennes un toi même. Hésitant, tremblant, maladroit, ma main s'élève lentement, pouce et indexe joints se posent sous ton menton pour forcer ton visage à se relever, boire un peu du sel de l'océan, m'y noyer encore un peu

-pourtant ça t'allais...lui allais.. t'irais bien...

murmure confus, esprit confus

-la barbe.

précisais-je d'une voix étranglée. Mon regard coule sur ce visages aux échos du passé, il ne joue plus au jeu des différences se perd simplement dans le dessin qu'il imprime au fond de mon être.

-tu sais trop bien qu'il me serait facile de te dire qui tu es... mais je ne ferais partie de ceux qui te bercent de mensonges Thaddeus. J'ignore cette histoire, ces actes, mais penses tu devoir prendre aux mots ce que l'on te force à croire?

mes yeux se plissent, ligne mince et dure faisant écho à mes lèvres

-c'est à toi de te dessiner, sans te laisser couper les ailes par ces profiteurs... j'ignore qui tu fréquentes mais tu devrais éviter ceux qui frappent un homme à terre.... il est si facile de s'élever en amoindrissant un autre...

conseils maladroits, vastes, d'un soldat protecteur face à une victime, un dommage collatéral d'une guerre qui n'est pas la sienne. Semblable à l'enfant en détresse, villageois bien loin des manipulations des hautes sphères, l'orphelin pleure sa famille et se laisse bercer par de faux enseignements qui le mettent un peu plus a terre. Sentiment d'injustice, de colère qui me révulsent, besoin de protection qui m'habite, à l'idée que l'on ai pu se servir d'un humain comme objet... peut être parce que je ne sais que trop ce que ça engage, peut être parce que je ne suis que trop marqué par les coups de mes marionnetistes, que mon coeur lourd ne semble pas pouvoir supporter se faire témoin d'une scène si déchirante. Orphelin brisé, oisillon blessé, je réprime mon envie de l'enlacer comme pour chasser ces vautours qui déchirent sa peau pour y insinuer le poison des souffrances, je préfère reculer pour t'offrir de l'oxygène.  Un pas, deux pas en arrière, je semble presque inccappable de quitter des yeux la fascinante et attendrissante image d'un être si fragile. Je récupère la bouteille après avoir délaissé le mégot dans le cendrier et me dirige vers le sofa. Un verre nouveau, espoir d'anesthésie, je te jette un regard et délaisse la bouteille à mes pieds pour faire danser mes doigts sur le tissu pour t'inviter à me rejoindre.

-si le relooking peut attendre une autre nuit, viens donc me dire ce que tu veux vraiment savoir.

Mon regard reste braqué sur ta silhouette et je me défais des deux premiers boutons de ma chemise qui sont une véritable torture pour la liberté.

-ne crains rien je ne suis pas cannibale.

Un demi sourire, l'amusement dans mon regard, je joue la carte de l'humour pour nous défaire de ce nuage si lourd.


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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Sam 1 Avr - 22:14

kintsukuroi
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Le vide semble m'appeler en cet instant, et si sous mes pieds, l'enfer ne s'ouvre pas pour me dévorer, c'est mon coeur, qui à la manière d'un bâtiment rongé par le temps et le sable, menace de s'écrouler et d'imploser, pour ne laisser ni fondations, ni ruines, mais un simple chaos d'émotions et de souvenirs, devenant ainsi un ensemble de fragments putrides qui sans gêne, viendront déverser dans mes veines désespoir et colère, faisant ainsi revenir l'être dysfonctionnel que j'ai été il y a des années à mon réveil. Un frisson désagréable glisse le long de mon échine duveteuse, et alors qu'Adrian me fait encore face, posant sur moi un regard que je n'ose contempler, de peur de voir dans ses iris jugement ou pitié, je baisse un peu plus la tête, feignant de trouver un intérêt certain au tapis, qui à nos pieds, est désormais souillé de quelques cendres que j'ai laissé filer par inadvertance. Sur mes épaules, je sens le poids de ses pupilles, et même si les lèvres pincées, je me retiens de lui demander de me laisser fuir, je tente tout de même de mettre un peu plus de distance entre nous, me repliant de ce fait un peu plus sur moi-même. La nuque ainsi presque offerte, je suffoque dans mon propre corps et enfonce un peu plus dans le tissu de mon costume mes ongles, là où lui bredouille et tente de trouver les mots pour faire fuir le silence oppressant qui entre nous se glisse et s'installe, comme si il était un troisième individu qui serait heureux de venir boire le verre que je boude et fumer l'une de mes cigarettes. Il est en cet instant, cet incruste, ce parasite qui se délecte de notre embarras et de notre angoisse. Un être qui n'a pas besoin d'être tangible pour se faire haïr. Une chose qu'heureusement Adrian fait fuir d'une phrase qui à défaut de me calmer ou de me faire sourire, à au moins pour effet de rompre ce moment de flottement désagréable et de me faire expirer l'air vicié qui dans mes poumons commençait à brûler. Je recommence à respirer mais ne lève pas encore les yeux vers lui, encore troublé par les aveux qui d'entre mes lèvres se sont échappés et par cette réflexion étrange qu'il vient d'avoir et qui commence à me faire douter de la tangibilité de cette soirée que je passe en sa compagnie. Les sourcils légèrement froncés, j'angoisse à l'idée que tout ceci ne soit qu'une vaste farce, un moment d'égarement que mon esprit, noyé par la peur et engourdi par l'abus de tabac, aurait crée dans le but de me torturer et de me faire croire qu'entre deux insomnies et terreurs nocturnes, j'aurais pu avoir le droit de bénéficier d'un semblant de paix, d'un instant, où libéré de tout, j'aurais pu simplement passer un instant agréable avec quelqu'un qui aurait pu comprendre la nature de mes fêlures. La gorge désormais nouée par le doute et l'angoisse que tout ceci ne soit qu'une énième volute de fumée qui à tout moment pourrait être balayée au loin, je me perds dans mes pensées et me laisse dévorer par le cancer qu'est la peur, me faisant ainsi prendre par surprise quand sur mon menton, je sens ses doigts. D'un sursaut, je me redresse presque et croise à moitié son regard, étant poussé par son geste étrangement doux, qui en plus de faire s'affoler mon coeur, fait se distiller dans mes veines une étrange sensation, proche de celle que je pouvais ressentir, quand dans les bras de mon Ymbryne, je trouvais refuge. Les lèvres délicatement entrouvertes, je croise le regard de celui qui après la dureté dont il a fait preuve pour moi, me dévoile la douceur dont il est capable, n'usant que de quelques syllabes pour me faire enfin esquisser un sourire plus que timide.

"Je pourrais essayer… Si tu veux… Et nous verrons si… Si ça me va…"

La brûlure de ses doigts sur mon menton se fait délicieuse alors que mon murmure se meurt sur le bout de mes lèvres et que nos regards se trouvent et s'enlacent, formant une étrange étreinte que je commence à trouver aussi délicate que bienvenue. D'un battement de cils, je chasse cette voix qui dans mon esprit me susurre qu'il ne dit ça que par envie de raviver en moi un éclat de son Kane et d'ainsi me modeler à l'image de cet homme qui lui manque tant, préférant me rassurer en me répétant que c'est une façon pour lui de se faire pardonner pour la brutalité des propos que nous avons échangé auparavant. Un sourire, je tente d'esquisser mais n'y parvenant pas, je préfère me perdre dans la contemplation de ses iris alors qu'à nouveau, il frappe en plein dans l'une de mes blessures, ravivant de ses lèvres la douleur de plaies que je pensais enfin cicatrisées.

Les pupilles dilatées par la peur et le choc de ce coup que j'encaisse durement, me voilà à rendre mon dernière souffle face à un Adrian qui pense m'aider de ses paroles qui me font l'effet de lames brûlantes que l'on planterait dans ma carcasse déjà faible. En ma chair, je sens presque s'infiltrer chacun de ses mots, tels de pernicieux couteaux qui déchirait sans peine les tissus de mon être, exposant ainsi à jour mes faiblesse et mes entrailles, permettant ainsi aux charognards de se repaitre de l'être agonisant, qui sous le regard perçant d'Adrian, suffoque et se meurt. Un hoquet douloureux m'échappe presque, et quand au loin glisse ses doigts, c'est tout mon corps qui tente de le suivre, me faisant avoir pour lui un pas, puis un geste de la main alors qu'il m'échappe, fuyant ma présence comme si soudainement, je n'étais plus désiré et désirable. Le coeur au bord des lèvres, je l'observe ainsi faire, sans savoir si il me faut fuir ou simplement accepter l'idée que je ne peux qu'inspirer le dégoût de ceux auprès desquels je me confie. À nouveau, je baisse les yeux et repense à Clarence qui lui aussi avait fuit, après quelques paroles similaires bien que teinté d'un ressentiment ou d'un agacement qu'Adrian ne semble pas ressentir en ma présence. Dans ma lèvre je plante mes dents et si durant quelques secondes, je me permets un moment de doute, à hésiter entre fuite et excuses, j'avoue totalement oublier mon compagnon nocturne, qui après s'être installé, me propose de le rejoindre.

J'hésite, frémis et ne sait que penser de cette proposition, qui au lieu de me réjouir, fait fleurir en moi cette étrange pensée qui me dérange et me fait grandement reconsidérer les raisons qui m'ont poussées à venir trouver sa compagnie. "Il veut encore de moi. J'ai de la valeur. J'existe." Un frisson fait trembler mes épaules encore tendues et alors que je passe une main sur mon visage, je ne peux faire taire la voix dans mon esprit, qui au travers de mes prunelles lui hurle une vérité que je ne peux décemment pas articuler. "Regarde-moi. Fais-moi exister. Donne-moi un passé. Rends-moi vivant." Le coeur me monte aux lèvres et révulsé par mes propres besoins, j'esquisse tout d'abord un pas en arrière avant de finalement céder à ce besoin d'être aux côtés de quelqu'un qui semble trouver en moins un certain intérêt. Un soupir glisse d'entre mes lèvres, et alors que de lui je m'approche, j'attrape au passage le verre délaissé, qui encore frais entre mes doigts, ne trouve pour l'instant que ma paume, puis la table basse qui se trouve non loin du sofa. En une démarche faussement gracieuse, je le rejoins, m'installe prudemment à ses côtés, le regard fuyant et l'esprit encore retourné par cette étrange danse que j'ai l'impression de poursuivre en sa compagnie. Du bout des doigts, j'attrape une autre cigarette que je glisse au coin de mes lèvres avant de chercher dans ma poche un paquet d'allumettes.

"Tout et rien." Je finis par le trouver et fait crépiter l'une d'entre elles sur la bande rugueuse, l'enflammant ainsi pour mieux allumer la cigarette qui bien rapidement, laisse échapper une première volute de fumée. "Tout dépends de ce que tu veux bien me dire… Et de ce que j'ai envie d'entendre…" D'un geste gracieux de la main, je tue la flamme qui dansait pour moi, abandonnant ensuite l'allumette encore fumante sur la table, non loin du verre de bourbon que j'ignore royalement et que je contemple pourtant du coin de l'oeil. "Je n'ai pas envie d'entendre que tu sais qui je suis… Je ne veux pas de mensonges pour me rassurer… Je veux comprendre qui il était, cet autre qui était dans mon corps et que j'ai tué pour prendre sa place. Je veux le connaître et non me bercer d'un doux mensonge qui pourrait me faire croire que je suis lui." J'expire un peu de fumée avant de plus confortablement m'installer à ses côtés, lui offrant un bien faible sourire et un regard sûrement teinté de cette douleur qui en mon coeur pulse encore, aidant ainsi mon myocarde à mieux distribuer dans mes veines le doux poison que sont la peine et la tristesse. "J'avoue sans honte ne pas savoir ce que je suis. J'admets être perdu, vulnérable et sûrement plus que pathétique… J'accepte l'idée que j'ai tout perdu et que mes souvenirs seront très certainement à jamais rien de plus que du sable entre mes doigts… Alors… À la place, je crois que je préférais simplement m'occuper de cette barbe et de connaître un peu mieux celui qui la porte." Je tente un sourire, attrapant ensuite mon verre que je porte à mes lèvres, sirotant ainsi avec précaution une délicate gorgée qui m'arrache une légère moue de dégoût. "Que fuis-tu pour ainsi venir te terrer jusqu'ici ?" Que fuis-tu pour venir chercher en ma compagnie quelque chose que je n'arrive même pas à m'accorder ?
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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Dim 2 Avr - 10:31

If you ask me

- don't know where to start -

Immobile, silencieux, pas un souffle ne semble briser l'instant, ton regard croise enfin le mien et ce n'est pas la peur que je semble y lire. Etait-ce un nouveau tour vicieux de mon imagination? Douce noyade dans l'océan, il est si paisible, si clair, comme si jamais la tempête n'avait fait rage. Mots hésitants, mots tremblants, il m'arrachent un bien maigre sourire, éclats de tendresse devant la scène déroutante. Tant d'insécurité, tant de craintes, tant d'hésitations en toi qui ne font qu'éveiller cet instinct protecteur. Je pince mes lèvres et me force à fuir l'instant, la douceur est éphémère, toujours suivit d'un douloureux drame, inutile de se leurrer, c'est toujours ainsi que cela se termine. L'homme face à moi est un mystère, pas seulement pour lui même mais aussi pour moi, bercé par les craintes et l'insécurité, tellement similaire et différent de lui. Des traits communs, ils ne sont que physiques, alors que je me fais témoin d'un corps qui te semble si imposant, encombrant, que tu semble vouloir le dissimuler sans cesse aux yeux des autres. Contradiction vivante d'un homme brisé par les non réponses et les jugements difficiles, lorsque le repli de l'inconfort s'évade il se fait pourtant si souple et si gracieux, comme une délicate aisance offrant un superbe spectacle pour les yeux.

Peu friand de ces idées sombres qui coulent en toi, bien trop conscient de la manipulation d'autrui, je tente un discours convainquant pour t'éviter de croire à toutes ces balivernes que l'homme est prêt à faire pour mettre un autre à terre. Avais-je été trop loin? Aurais-je du éviter de me m^éler de ce qui ne me regardait pas? Repli évident, douleur saillante, je ne suis que celui qui ramène tes cauchemars à la vie à défaut de les chasser. Tu te mures dans le silence et je ne comprend que trop ce besoin de retranchement, respectueux et non désireux de pousser les choses trop loin, je m'échappe lentement pour te prouver ma bonne foi, te laisser la possibilité d'une évasion. Je me refuse de faire de toi mon prisonnier, celui qui me révelera ces angoisses sous contrainte, une bouteille dans la main le verre dans l'autre je file vers le canapé non sans t'inviter à te joindre à moi. Un regard dans ta direction, il a tout de l'appréhension, ta décision tarde à venir alors que le bleu me transperse de sa puissance. Bouche à demie ouverte, souffle coupé, je redoute la fuite comme semble prisonnier de l'intensité de la détresse gisant dans ce regard braqué sur moi. Qu'y a t il? Que veux tu? Tant de questions qui ne passeront pas le chemin de ma langue et mes lèvres. Silence religieux qui s'étire entre nous, mon regard ne te quitte plus alors que tu approche d'une démarche lente et gracieuse. Chacun de tes gestes n'est que souplesse et douceur, beauté et grâce comme si tu jouais une scène constamment. Tu te joins à moi sur ce sofa et je ne prononce mot, captivé par ces déplacements, si différents du soldat mécanique et courbaturé terré au fond de sa cellule jumelle à la mienne. Un regard qui coule sur ta main ayant saisi le verre comme un besoin urgent et chargé de désespoir en contradiction avec tes propres mots qui semblaient n'être que les éclats de ta volonté. Venais-je de tout chambouler? De tout remuer au point que la nécéssité dépasse les règles que tu  semble te donner?

Une autre cigarette se coince entre tes lèvres, ligne parfaitement dessinée aux courbes si attrayantes. Je chasse cette idée aux éclats de désir d'autrefois en forçant mon regard à te quitter pour venir rejoindre le confort enivrant de l'ambre dansant dans mon verre. Geste mécanique, le liquide se balance dans le verre laissant échapper ces effluves pour venir caresser mes narines, dans une simple anticipation du confort anesthésiant.

- quelle précision!

le ton y était, sarcasme accentué par mes yeux qui roulent dans leurs orbites avant de se poser à nouveau sur toi. Tu m'arraches cependant un sourire, quelque peu amusé par une exigence ferme en contradiction avec la fragilité s'émanant de toi.

-serait-ce l'heure des négociations?

j'humecte mes lèvres de ma langue, couvrant ce sourire fugace avant qu'il ne se meurt sous le baiser de l'alcool. Je prend le temps de boire, étrangement patient ce soir, alors qu'une bouteille ne fait jamais longtemps en ma compagnie. La nécessité n'est plus à la rapidité, comme si m'assommer n'était plus prioritaire, comme si j'avais trouvé plus attrayant que ces éclats d'ambre.  Surpris par les mots, j'entrouvre les lèvres pour protester, je n'ai pas a prétention de penser te connaitre, ni l'envie de te noyer dans les illusions, je voulais simplement te mettre en garde en te menant vers le chemin de l'indépendance, en ne te laissant pas guidé par ces idées néfastes qu'un autre te mettra en tête. Mais toute protestation meurt dans ma gorge, étouffé par la violente pression d'un étau qui se referme sur celle ci. L'air siffle et peine à arriver jusqu'à mes poumons, un voile iodé irradie ma cornée de sa brûlure. C'est toi? C'était toi? Monstre! Pensais-je un instant alors que l'amertume me montait aux lèvres, avant d'agripper le chemin cauchemardesque de mes souvenirs. Non le responsable c'était moi et même si je les avais maudit et blâmé pour m'avoir ainsi trahi, j'étais celui qui avait fait le mauvais choix. Le voile humide et terne couvre mes yeux, horreur et douleur dansent dans l'océan et ton simple sourire fait se tendre mes muscles, brûle mes doigts de venir emprisonner avec rage ta gorge, sa gorge... Je ne sais pas, je ne sais plus, bateau à la dérive qui ne trouve encrage que dans le breuvage niché entre ces mains. Je finis ce verre d'une traite et un autre se remplit, la course à l'ivresse redevient alors une nécessité.

Fantôme de sa vie, il étale sa détresse de souvenirs à jamais noyé dans l'oubli, peut être que se racrocher à moi lui donne la sensation de marcher sur la voie des révélations alors que je ne suis en rien détenteur de ces réponses. Peut être cherche t'il en mon désespoir, le besoin d'être soutient et réconforte, celui qui lui donnerait l'importance qu'il ne semble pas avoir. Furieuse et vicieuse jalousie qui glisse dans mes entrailles, de souvenirs que je m'épuise chaque jour, chaque nuit à chasser alors que les tiens semblent s'être envolés à jamais. Je tais mon envie de dérober ton fardeau, de l'échanger contre le mien alors que la mort danse encore dans mes yeux. Mes sourcils se froncent et mon regard se porte sur toi, toi qui sourit dans ta lutte, toi qui dépasse tes propres convictions pour chercher désesperement confort dans l'ambre de ce verre. Un long soupire franchissait la barrière de mes lèvres alors que je délaissais la bouteille sur cette table, le verre toujours encré dans une main. A ta question ma tête bascule sur le dossier, le regard encré sur le plafond.

-toi? un coup d'oeil dans ta direction et je reprend les murmures plaintifs alliant douleur et terreur. -lui...moi... eux... cette guerre... ces traitres... ces innocents... soupire éteint, voix brisée. -la mort...

Je redresse la tête et prend une nouvelle gorgée de courage dans l'ambre. Maigre réconfort qui n'a pas encore fait son chemin dans mes veines. Je secoue la tête de gauche à droite, résignation et dépit s'imprimant sur mes traits

-j'ai jamais voulu être un héro tu sais? Le fils de fermier voulait juste une vie banale... loin des horreurs de la guerre.

je fronce le nez un air de dégout se dessine sur mes traits

-un pion... une machine à tuer... utile à la nation.... il massacre des innocents pour satisfaire l'ambition des plus grands... une pièce d'échiquier que l'on jette sans ménagement après l'avoir brisé et usée... un outil dérobé qui à servit à l'ennemi pour trahir les siens... et...ça ne l'a même pas sauvé...

je peine à avaler ma salive, peut être parce que je n'en ai plus, ariditée, soif  intarissable que même cet alcool ne semble plus repousser. Le regard voilé de fantômes, j'entend encore le chant des balles, le ronronnement des flammes ponctués de hurlements de douleur, les miens ont tous périt dans d'atroces souffrances. Tout ça pour quoi? Pour rien... ils m'ont trahi... ça en l'a pas sauvé... Je glisse une main faible sur mon visage au teint blafard marqué par des nuits sans sommeil avant de me redresser et attrapper ta cigarette coincé entre tes lèvres. Une bouffée de saveur, le poison fumant emplissant mes poumons je te rend aussi vite  que je l'avais dérobé ton bien.  Mon regard accroche le tien, des éclats de détermination et une once de provocation

-Es tu vraiment prêt à poser une lame sur la gorge d'un meurtrier?

sourire cruel, sourire teinté d'horreurs, alors que la provocation danse dans mes yeux, je tend ma main dans ta direction.

-si tes intentions sont néfastes... il te faudra être vif... ne plantes pas tranches... et assures toi que je ne t'en empêches pas.

mon indexe et mon majeur liés traversent ta gorge dans une ligne horizontale pour mimer le geste. Rire désabusé qui s'échappe de mes lèvres face à l'expression déconcerté, peut être même terrifiée qui nait sur ton visage. Je me déplace sur ce canapé, prenant appui sur l'accoudoir et couvrant tes jambes des miennes. Satisfait de ma mauvaise plaisanterie aux échos de funeste réalité, je sirote mon verre comme si de rien était.

-termines donc tranquillement ce verre et cette cigarette, tu as toute la nuit pour t'occuper de moi.

mon regard accroche le tien avec intensité et détermination

-mais attention Thaddeus.... si j'apprend que tu es responsable de ça... que c'est toi qui me l'a arraché...

un sifflement entre les dents en guise de pause , un regard désapprobateur et une tête qui s'agite de gauche à droite.

-ta jolie gueule d'ange ne te sauveras pas...

Parce que je ne joue pas avec ça, je ne plaisante pas, je tend le verre dans ta direction pour babiller d'un ton léger ne faisant qu'accentuer menace et cruauté un:-Santé! aux allures de pacte avec le diable.


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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Lun 3 Avr - 17:57

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Encore vulnérable face à la morsure de l'alcool qui danse désormais dans mes veines et transforme mon sang en un liquide encore plus chaud et fluide, j'accepte de subir la colère de ce brasier qui dans mon estomac menace de ronger mes entrailles, tandis que pendu aux lèvres d'Adrian, j'attends des réponses que j'espère être celles que j'ai envie d'entendre et que je pourrais brandir à mes doutes et angoisses, en disant qu'il est là des mots qui sont les réponses à leurs demandes. Les doigts toujours refermés autour du verre dans lequel danse le liquide ambré et cigarette aux lèvres, je pose mes prunelles sur la silhouette de cet homme qui me force, pour lui en cette nuit, à devenir un autre. Un être qui n'est plus les fragments mal assemblés qu'est Thaddeus et qui n'est sûrement pas celui que j'étais encore avant, mais plutôt une autre forme de conscience, un individu à peine né qui pourtant désire se modeler aux envies et désirs de cet ami que j'espère trouver en la personne d'Adrian. En sa compagnie, je deviens ainsi ce nouvel être, qui délicatement porte ses doigts à ses lèvres et expire une volute de fumée et s'autorise ensuite un silence et une moue peinée quand la réponse vient enfin et qu'elle est exactement ce qu'il craignait. Les phalanges tremblantes et les lèvres entrouvertes, je me désole de ce que je ne voulais entendre, car trop similaire aux murmures pernicieux de mes propres angoisses, n'ayant ainsi pour lui qu'un semblant de déception qui se peint sur mes lèvres et dans mes prunelles qui fuient son regard. Un peu de cendres tombe à nouveau et alors que du revers de la main, je balaye tout ça bien loin de ma cuisse, je m'autorise un murmure qui me semble plus être une réflexion d'un autre, qu'une réelle constatation de ma part.

"Personne ne décide de le devenir. Tout le monde en rêve mais personne ne réalise ce que ça veut dire d'être un héros."

Je m'étonne presque de mes propres paroles mais n'ajoute rien, préférant respecter l'instant intime qu'il m'offre, laissant à la place glisser entre mes lèvres ma cigarette que je laisse se consumer tandis qu'il évoque des concepts qui devraient m'être inconnus et qui pourtant, éveillent en moi cet étrange sentiment de parfaitement comprendre ce qu'il tente de m'expliquer. Au fil de ses mots, je revois danser devant mes yeux les images d'un champ ravagé par les barbelés et des corps, de la pluie qui sans relâche tombait et de la boue dans laquelle je pataugeais. Des cadavres de bouteilles au milieu du sang et de tripes. Une odeur rance me revient au nez et le coeur au bord des lèvres, je suis heureusement tiré de ce trop familier cauchemar par Adrian et son étrange question. Pour lui, je fronce les sourcils et croise son regard, balbutiant un semblant de phrase tandis que mon esprit tente encore de faire sens des syllabes qui ont franchies ses lèvres.

"Je… Je te demande pardon ?"

Son geste, et les conseils qu'il me prodigue est ce qui m'aide à comprendre et à réaliser l'horreur de ses propos. Mes paumes se font humides à cause de la terreur qui noue en cet instant mes tripes et me fait revenir cette désagréable impression que bien des nuits j'ai dû chasser à coups de tabac entre les doigts et de marques dans ma chair. Celle-là même qui me susurre que je sais tout ça et que mes phalanges ne sont pas celles d'un homme vertueux ou d'un coeur valeureux. "Sigmund… Le rapace de la Faucheuse." dit-elle en cet instant. "Thaddeus… Le faux pénitent." Un frisson dévale mon échine et je goûte sur ma langue ma propre bile et mon dégoût profond pour ce que je suis tandis que s'installe plus confortablement Adrian sur le sofa, allant même jusqu'à se permettre de poser ses jambes sur mes genoux, comme si déjà nous étions là dans notre relation. En temps normal, j'aurais tenté de repousser et je me serais agacé de cette familiarité, mais encore tétanisé par la violence de ses propos et des menaces qu'il ose proférer, je ne suis capable en cet instant que de lui offrir la pâleur de son visage exsangue et la peur qui dans mon coeur faire naitre dans mes prunelles la terreur. C'est pourquoi, quand il propose de trinquer à cette promesse macabre, je reste immobile, encore bien incapable de savoir quoi dire ou faire, ne sachant pas si il me faut simplement trinquer ou à nouveau rougir à propos du faux compliment, qu'il a eu pour moi et qui reste étonnamment toujours aussi déplacé et inconvenant. Ainsi pendant de longues secondes, voir minutes, le verre suspendu dans les airs, je tente de trouver la bonne réaction à avoir, pour au final, me décider à simplement balbutier quelques paroles incompréhensibles, des babillages digne d'un enfant qui apprend encore à s'exprimer correctement.

"Je… Je ne l'ai pas tué… C'est… Sigmund peut-être… Mais… Pas moi…"

Le verre entre mes doigts tremble et vacille, menaçant sûrement de ce briser au sol et de répandre sur le plancher ce poison ambré dans lequel je n'ose à nouveau tremper mes lèvres, de peur que celui-ci ronge le peu de sainteté d'esprit qui me reste.

"Lui…. Lui il a tué. Je l'ai vu dans mes rêves… Lui a mis du sang sur nos mains…"

Je me fait taire en mordant un peu sèchement ma lèvre, manquant sûrement de faire perler sur celle-ci une goutte vermillon.

"Je n'y suis pour rien… Ce n'est pas moi…"

Mon souffle se fait plus court et à défaut de faire tinter nos verres l'un contre l'autre, je lâche celui-ci, qui tombe lourdement sur les lattes du plancher et déverse son contenu sur le bois sombre. Le corps parcouru de violents tremblements, je repousse les jambes d'Adrian et me recroqueville légèrement sur moi-même en sentant les cauchemars et démons me revenir. "Je n'ai rien fais… Ce n'est pas moi… Je ne savais pas ! Je ne sais pas ! C'est de sa faute ! Sa faute !" Je hausse le ton, car paniqué qu'il me juge pour les actions de cet autre dont je ne sais rien, et qui n'est au fond qu'une silhouette dans mon esprit, une ombre qui se refuse à me lâcher et qui de temps à autres, se contente simplement retirer le bandeau sur mes yeux et d'ainsi me dévoiler les horreurs de son passé. Un colère bien creuse se glisse dans mes veines et tente de balayer la peur qui me consume et me fait, à la manière d'un animal blessé, fuir celui qui pensait peut-être user d'un sarcasme pour détendre l'atmosphère et qui à la place vient de déclencher une série de réactions en chaîne qui font trembler mon être de crainte et d'horreur alors qu'il me revient des souvenirs que je ne voulais pas revivre. Je tente de bredouiller quelques paroles qui n'ont aucun sens et qui semblent être plus une bouillie de deux langues presque inconnues. "Je ne voulais pas… Je ne voulais pas…." Je porte à mon visage mes deux mains, resserrant durement mes phalanges autour de cette cigarette qu'il a glissé entre ses lèvres, dissimulant ainsi à sa vue mes traits déformés par la douleur. "Ne me punis pas…" Ne me juge pour ses actions, mais accorde-moi plutôt ton pardon. Si j'ai tué celui qui était cher à ton coeur… Accorde-moi la rédemption. Sois clément. Sois humain.
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Dernière édition par Thaddeus Gentilis le Dim 9 Avr - 20:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Sam 8 Avr - 21:48

If you ask me

- don't know where to start -

Pourquoi refuser une conversation, des confessions, qu'il semblait désespérement attendre pour chasser les nuages noirs pesant au dessus de son être. Les nuits étaient si longues, similaires marécages dans lequels je luttais à bout de forces jusqu'à épuisement total, pas une seule nuit ne rimait avec quiétude, pas depuis l'incendie, pas depuis que l'on m'avait arraché à cette cellule qui avait aujourd'hui des allures de doux berceau. Que risquais-je à essayer? Rien de plus que l'humiliation, ou la terreur dans son regard, mais avais je vraiment besoin de tout cela pour empêcher ce sentiment de naitre lorsqu'ils posaient les yeux sur moi? Non... Résigné, je laissais les mots tomber les uns après les autres, même si la lutte ne me quittais jamais vraiment, elle finirait tot ou tard par réapparaitre. Voix monocorde, attitude robotique, rien de fragile et tremblant comme la nuit passée, peut être était-ce la pudeur qui m'obligeait à me contenir ainsi, ou peut être que j'estimais que tu en avais assez vu. Je chassais le souvenir de ce prédateur à plumes logé dans mes bras, sauvage, indomptable c'était montré  si docile, j'aurais du me douter qu'un rapace ne m'aurais jamais laissé le câliner comme un oisillon fragile, parce que comme moi, il n'avait rien de la blanche colombe, comme moi il n'avait rien de docile, mais ça... je l'ignorais encore...  Tant de contradictions entre le majestueux prédateur, remarquable chasseur, et cet être fragile aux allures de colombe blessée. Dérouté par ces contradictions, comme par cette fascination morbide que j'ai à te contempler à la recherche de vos similitudes, j'en oubliais par moments l'essence même des choses, lui, celui que je fuyais et réclamais à la fois, captivé par l'être étrange à mes côtés. Mes lèvres s'entrouvrent à ta réponse, si différente mais néamoins bien meilleure que toutes les autres, celle qui ne juge et ne rassure pas de doux mensonges, celle qui comprend et qui accepte les choses telles quelle sont. Ce terme, cette vision héroique ne sert toujours qu'a faire rêver les gens, les bercer d'illusions et ne profite qu'a une seule partie, tandis qu'elle aura desservi aux autres bien souvent au prix de nombreuses vies. Mon regard se plante dans l'azur, animé soudainement de quelques éclats qui n'ont rien de l'argent terni par le temps, bouche à demie ouverte qui s'étire en une esquisse de sourire.

- merci.

un souffle un seul, dégoulinant de gratitude qui ne requiert aucune autre explication ni mots superflu. Simplement ce besoin, viscéral de te remercier pour le non jugement mais surtout... pour ce que tu sembles comprendre contrairement au reste du monde.  Je détourne le regard et poursuis mon énoncé, plus détaillé cette fois ci, comme désireux de t'offrir la conversation et les réponses que tu souhaitais entendre.Mais comme toujours, la lutte revient, déterminée, acharnée, violente, pernicieuse, comme ce besoin viscéral de te faire fuir, de le faire fuir, de les faire fuir, culpabilité collée à la peau celle qui me donne encore espoir de ne plus nuire à quiconque en le chassant brutalement. Peur, incompréhension, largement visibles sur ce visage qui se déforme, se corps qui se tend et se replie sur lui même, si tu n'as pas fuis la nuit passée ou même la première fois, peut-être parviendrais-je à quelque chose cette fois-ci? C'est idiot, stupide, probablement cruel, d'agir ainsi avec une personne si tolérante mais ta curiosité n'est pas la seule à m'effrayer, ton visage aux traits familiers n'est pas non plus l'unique responsable, c'est la peur qui parle, celle de me lier pour tout détruire à nouveau. Etait-il trop tard pour m'accrocher à ma compagne quotidienne? La solitude était confortable mais en rien similaire avec la sécurité du réconfort.  Contre toute attente ce n'est pas la fuite qui suivit, me laissant impuissant face au spectacle se jouant sous mes yeux. La gorge nouée, le regard encré dans le cauchemar de tes yeux je tente de décrypter ce que tu bredouilles

-qui?

la question s'extirpe avec difficulté dans un murmure étranglé, m'empêcher de t'interroger plus sur ce nom qui m'était inconnu. Fracas étouffé par le tapis, l'ambre s'étire sur le sol aspirée lentement par le tissu épais alors que la détresse résonne dans tes mots. Mon regard quitte rapidement le sol pour se figer sur ce visage déformé par un alliage de terreur et de douleur. Bouche à demi ouverte je bois les mots qui peinent à franchir tes lèvres sans pour autant trouver réponse à mes doutes et interrogations. Une part de moi semble atteinte, douloureusement tiraillée par l'envie de chasser ces maux qui semble te déchirer, mais l'autre bien plus vicieuse et avide de réponses, semble me contraindre au silence pour laisser la noyade dont j'étais témoin me dévoiler ses plus noirs secrets. Ils tombent et me coupent le souffle, le choc maintient la rage et la colère, ne laissant qu'un être vide, creux, désemparé découvrir la funeste vérité. Des mots, une menace, rien de plus qu'un moyen de te faire fuir devenaient soudainement un choix, une décision à prendre, mais pouvais-je à nouveau me montrer si cruel? Animal, monstre, machine à tuer, je tentais d'enterrer ces souvenirs alors que tu semblais vouloir réanimer la bête à l'aide de révélations. Mes yeux se voilent, brume iodée irradiant ma cornée et troublant ma vision

-quoi? pourquoi ?

souffle brisé, terrifié, usé, alors que toute force semblait avoir quitté la musculature imposante de ma charpente. Tu te replies, tu me supplies, comme si toi plus que ce Sigmund était responsable, blâmable. Visage terrifié couvert par ses mains tremblantes, ne laissait qu'échapper une faible supplique visant à échapper au châtiment. Etais-je vraiment un bourreau à tes yeux? A toi aussi? Toi qui t'étais montré si paient et tolérant malgré tes craintes?

-je... euh...

quoi? Tu vas t'excuser? Tu vas le rassurer? T'en es pas capable, de ça comme des promesses, inutile de lui dire que tu ne le puniras pas, tu avais promis de fuir avec celui qui t'avais rendu la vie belle entre ces murs humides. Et pourtant... tu avais massacré ton unité, froidement, délibérement, trahi ta nation pour sauver celui qui était probablement déjà l'heure ou tu exécutais ces horreurs. Une main fébrile, humide, du front au menton elle écrase sur mon visage ces expressions de terreur et de douleur.

-Ou est-il?

Grondement sourd, inhumain, qui vibre le long de ma gorge faisant écho avec mon regard menaçant. Impact lourd, contre le rempart de tes mains, jamais il n'encontre ce regard terrifié et le silence se meurt sous une respiration étouffée. Je vide le contenue de mon verre d'une traite, mais la brulure sucrée n'apaise en rien la plaie béante de ma poitrine qui suinte.

-pourquoi lui? pourquoi moi? t'es en train d'me dire que... je les ai trahi pour rien... que... c'était pas qu'une histoire de guerre... de pouvoir... que... je.. que j'ai... qu'il attendait que je quitte cette cellule... et que j'y ai cru... bêtement?

ma voix s'étrangle et se meurt, pour faire naitre un rire désabusé, je me lève d'un bond, abandonnant mon verre sur la table pour erraffler mon visage comme si la folie avait gagné mon être tout entier. L'étau de mes paumes se resserre sur mes tempes alors que je gémis

-mais tu t'en souviens pas... évidemment... tu sais pas...

injuste accusaton qui n'était pourtant que le triste constat de questions qui n'auraient probablement jamais de réponses. Large sillons de perles salées qui s'écoulent en silence le long de mes joues alors que je me dirige vers la sortie de la pièce. Murmure morne qui s'échappe de mes lèvres

-certains  rêvent de se souvenir et d'autres d'oublier...

erreur fatale de mon regard qui t'accorde une dernière attention avant ma fuite. Figé sur l'être brisé, fragile, probablement soumis à des maux similaires aux miens, je me donnerais raison en quittant sauvagement cette pièce après avoir lancé de sourdes accusations... mais au fond... je le sais... je ne suis pas le monstre que je prétend être, ni celui qu'on a voulu me faire endosser... je ne suis qu'un simple pantin fragile qui à attisé tant d'attention et d'affection dans les yeux de celui qui semble être ton reflet du passé.

-lèves toi.

froid, expéditif, le ton gronde sous l'impatience alors que j'ai fais volte face pour me tenir das l'encadrement de la porte les bras croisés.

-Thaddeus j'ai dis debout!

l'orage gronde et les nuages menaçant dansent dans
mes yeux braqué sur toi.

-ne ternis pas ta parole et ressaisis toi! Je ne veux pas d'une main qui tremble alors qu'elle y glisse une lame sous ma gorge...

parce que c'était peut être ça la solution, le renouveau, troquer mon visage contre un nouveau, faire tomber la barbe comme pour terrasser les ombres. Peut être que je n'avais pas besoin de mots doux, d'oreille attentive, de câlins réconfortants mais simplement d'effacer celui que j'étais pour le reconstruire.


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Thaddeus Gentilis

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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Lun 10 Avr - 11:43

kintsukuroi
Adrian & Thaddeus
“He’s been following you all evening. Lil pup’s looking for warmth on this stormy night.”

"Où est-il ?" La question me coupe le souffle, aussi sûrement qu'un coup en plein plexus le ferait. Les lèvres entrouvertes et luisantes de mon anxiété, je me recroqueville un peu plus face à ce grondement qui fait écho à tant de choses dans mon esprit. Dans ma poitrine, je sens mon coeur imploser et devenir fragments de verre qui blessent ma chair et créent des plaies, qui au lieu de déverser un sang poisseux dans mon organisme, font revenir à la vie les souvenirs de Sigmund. Un geignement remonte le long de ma gorge et s'échappe d'entre mes lèvres alors que dans sa peau, je me glisse à nouveau, voyant au travers de ses yeux les réminiscences d'une vie qui ne sera jamais la mienne. À sa place, je découvre ainsi le regard d'une enfant à la chevelure rousse qui sans cesse me demande de la prendre dans ses bras. J'entrevois les jupons d'une femme qui se meuvent avec grâce alors que nous dansons tout les deux. Puis viennent les larmes d'une autre silhouette féminine qui ne veut lâcher sa main. Et enfin, tout redevient confus. La boue, la pluie, le sang, l'alcool. Un tremblement secoue violemment mes épaules alors que face à moi, Adrian termine son verre avec hâte, comme impatient de poser la série de questions qui suivent pour laquelle je n'ai qu'une réponse, une prière que je répète sans cesse et derrière je me cache pour ne pas avoir à affronter sa colère.

"Je ne sais pas…. Je ne sais pas… Je sais pas…."

Ma voix se fait de plus en plus faible au fil de ses mots qui perdent tout leur sens à force d'être ainsi usés pour rien. J'aimerais avoir une réponse, une explication pour calmer sa propre douleur, mais désemparé et submergé par les flots incessants de cette pellicule qui dans ma tête s'emballe et ne m'offre que des fragments de ce film que j'aimerais voir dans son intégralité, je ne suis capable de rien, à part d'angoisser et de laisser rouler sur ma joue une perle salée à l'instant où tout redevient clair pour cette femme qui dans la boue m'a trouvée. Pour elle, le temps semble suspendre son envol et mon esprit même semble s'apaiser pour celle qui me murmure avec douceur que tout va bien et que je n'ai plus besoin de me battre. À mon oreille, j'ai presque l'impression de l'entendre me dire que je n'ai plus à craindre la mort et alors qu'Adrian se relève pour me fuir, sûrement écoeuré par l'être misérable que je suis, je n'ai qu'à fermer les yeux un bref instant pour la revoir à nouveau me prendre dans ses bras et à glisser ses doigts dans ma nuque tout en s'autorisant de murmurer aux creux de ma mâchoire que je suis un être exceptionnel et que ce Sigmund que je crains tant n'est qu'un fantôme d'une autre vie que je devrais laisser mourir afin d'être heureux. À l'époque, je lui avais avoué que je trouvais pas ça juste pour lui avant d'être presque désemparé face à la tristesse qui avait teinté ses prunelles. "Certes, mais si lui ne m'aime pas ?", m'avait-elle murmurée.

"Les premiers se battent, les autres fuient…"

Un murmure et nos regards se croisent avant qu'il tente de me fuir, tournant déjà les talons pour mieux échapper à cette soirée qu'il doit désormais regretter d'avoir passé en ma compagnie. Enfin, je cesse de m'étouffer dans la mélasse de mes propres doutes, et à la manière d'un cauchemar éphémère qui prend fin à mon réveil, tout disparait et s'étiole ne laissant que dans mes veines, le produit de mon angoisse, à savoir un sang épais, qui embourbe mon myocarde désormais incapable de se contracter correctement pour envoyer correctement mon hémoglobine irriguer mon être, qui s'engourdis presque si j'en crois la façon dont mes muscles se relâchent enfin. Les crampes viendront demain, mais peu inquiet à l'idée de passer ma journée sous ma forme d'autour pour ne pas avoir à trop les supporter, je ne m'autorise qu'un léger soupir avant que surpris par sa présence et son ordre, je ne relève la tête pour mieux croiser ses prunelles à l'éclat glacial qui font courir sur mon échine un frisson d'angoisse. Sans comprendre, je reste immobile, n'obéissant que la seconde fois à sa demande, quittant d'un bond presque, le sofa sur lequel je pensais terminer ma nuit. Au sol, je laisse chuter ma cigarette presque éteinte et les lèvres entrouvertes, voilà que je subis désormais l'étrange colère qui fait gronder dans ses mots orages et tempêtes. Un instant, je crains d'être emporté par sa rage, pour au final n'avoir qu'un sourire faiblement esquissé, un de ceux qui en plus de ne pas monter jusqu'à mes yeux, peine à dévoiler ma dentition.

"Tu ne crains rien… Pour ça je sais faire bonne figure, quoi qu'il arrive."

Alors tout ceci n'avait pour finalité que ça ? Que cette crainte que ma main se fasse traître et que le rasoir coupe adroitement ta chair ? Mon sourire s'efface et encore secoué par ce qui vient de se passer, je me détourne à mon tour de lui, allant chercher la bouteille, qui entre mes doigts vacille et manque de m'échapper, afin de me servir un verre d'un alcool que je ne veux pas boire et qui pourtant trouve mes lèvres. Le nez plissé à cause de la morsure exigeante du liquide ambrée, je tente de rester digne malgré mon envie de tout fuir et de simplement revêtir de mon plumage afin d'avoir une excuse pour retourner, comme hier soir, dans le creux de ses bras et n'être rien de plus qu'un compagnon nocturne, un animal de compagnie.

"Finalement, je ne sais pas si il était une bonne idée de cesser d'être à tes yeux un rapace auquel tu pouvais te confier…"

À nouveau le verre trouve mes lèvres et pensif, je reconsidère cette idée que j'avais eu à mon réveil, alors que je découvrais à peine ma carcasse humaine, celle qui me semblait être la seule option viable pour qu'heureux je sois. Je me souviens avoir longuement tracé dans la buée sur les vitres de ma chambre, cette possibilité qui s'offrait à moi, celle d'abandonner à jamais mon enveloppe humaine et mon identité pour à jamais rester le rapace qui deviendrait un oiseau domestique plutôt qu'un chasseur sauvage. Et en cet instant où tout semble m'échapper, où Adrian me fuit là où Sigmund cherche à m'attraper par la main, j'ai cette envie idiote de disparaitre et de gâcher tout ce temps que j'ai passé à me reconstruire pour briser à nouveau Thaddeus et n'être plus qu'un autour que certains insisteront à nommer Thad. Peut-être ai-je envie de ça ? De m'effacer complètement et de redevenir cet animal à qui l'on peut faire confiance… À qui Adrian peut faire confiance. Le verre pourtant plein il y a quelques instants est désormais vide, et alors qu'il retrouve la table sur laquelle je suis décidé à l'abandonner pour le reste de la soirée, j'ajoute en un dernier murmure, une proposition qui sûrement, va être rejetée par celui qui cherche à me fuir.

"L'aube approche, quelques heures tout au plus. Si tu ne vas pas te coucher… Je pourrais te montrer comment faire dès maintenant… Tu serais ainsi prêt pour la journée qui s'annonce."
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MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Lun 10 Avr - 21:37

If you ask me

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L'orage gronde, roulant le long de ma poitrine, le son sourd vint se fracasser contre mes lèvres scellées en une mince ligne des plus hostiles. Le bleu de mes prunelles se tapis de nuages sombres et menaçants alors que résonnent encore et encore ces mots "Les premiers se battent, les autres fuient…" Tu venais de frapper par surprise, avec une puissance telle et une précision impeccable, sans même te rendre compte de l'affront et le centre de la cible que tu venais d'atteindre. J'avais les moyens de te faire taire, l'agilité, la technique et la force suffisante pour te réduire au silence, à tout jamais. Mais je n'en fis rien, la rage causée par cet instant de fragilité brute semblait être enchainée par une force bien plus puissante: l'admiration. Tu ne me connais guère et tu avais pourtant visé si juste, dépassant la terreur qui dansait par moments dans ton regard pour me faire cet affront, celui que personne n'a jamais osé faire depuis le drame. Fuyard, lâche, fragile, je l'étais, bien trop et bien plus que je ne laissais croire à qui voulait l'entendre, à qui était plus curieux que craintif à mon égard, à qui ne me jugeais pas trop hâtivement et tentait de gratter la surface, mais tous c'étaient bien vite détournés, découragés, ou avaient eux même fuis l'image glaciale et menaçante que je portais à mon visage comme le masque quotidien de ma vie. Ils avaient peut être renforcé cette sournoise pensée, insidieuse et vicieuse qui coulait comme un poison dans mes veines pour me rappeler chaque jour le monstre que j'étais. Mais toi, oui toi, tu chassais tout cela d'un revers de la main pour affronter la bête de foire, la bête curieuse, le monstre que l'on veut sauver, pour lui renvoyer en pleine face ces propres erreurs.

Ton regard devient si difficile à affronter, probablement parce que tu as visé si juste que j'en suis décontenancé. Sévère et froid, je tente de garder le masque qui me permet cette distance, celui qui peut-être, te décourageras comme les autres. Me mettrais-tu au défi Thaddeus? Me demandais-je alors que tu m'offrais un faux sourire assuré et une argumentation que je balayais d'un reniflement moqueur. Sérieusement? Me retenais-je de laisser échapper alors que la bête apeurée, tremblante, semblait déployer de larges ailes puissantes. T'avouer que je n'en croyais pas un mot? ça aurait bien facile, trop facile et peut être même associé à de la méchanceté gratuite, bien que mon regard semblait trouver des preuves, atouts, à cette argumentation au grès de tes gestes. Je te fixais du coin de l'oeill, toi l'homme trop sage pour être ivre, ou trop prudent pour s'écarter de la sobriété, tu t'emparais de la bouteille comme une bouée de sauvetage, celle qui n'avait été que maigre consolation pour moi depuis bien des années. Je te fixes te servir, me demandant un instant si tu tentais de prouver ta détermination à me tenir tête ou si tu en ressentais véritablement le besoin. Des gestes fébriles, tremblants et pourtant tes lèvres semblaient réclamer bien plus que ton attitude des premiers temps ne semblait démontrer. Intrigué, je fixais la scène du coin de l'oeil comme si je n'avais pas la moindre intention de te céder un pouce de terrain.

A nouveau, tes mots me secouent, me déstabilisent, mais m'arrachent bien vite un roulement d'yeux moqueur et désinvolte. Sérieusement? Tu aurais préféré n'être que celui qui m'écoute et se loge tout contre moi? Pourquoi? Pourquoi vouloir cela si ce n'était basé que sur un mensonge, une illusion? Et surtout... pourquoi désirer cela? avec moi... Perturbé, assaillis de questions sans réponses, mon regard  quitte ta silhouette pour s'abattre sur le sol avec vivacité. Il ne se relèvera que sous le son de cette voix, balançant entre détermination et insécurité alors que tu dessines ouvertement tes projets de fin de nuit. Tu acceptes, cela devrait me suffire, mais pourquoi en étais-je quelque peu décontenancé? Hésitation, moment de doute, regard incertain, je finis par me détacher de l'encadrement de la porte pour naviguer à travers la pièce.

- si j'ai bien compris...

je me penche sur le tapis pour saisir la cigarette entre mes doigts, fixant avec concentration le foyer quasiment éteint. Une flammette rallume le cilindre que je porte à mes lèvres avec un sourire satisfait. Une bouffée de nicotine et mon regard accroche le tien

-je dois m'en remettre à un homme qui en est à son troisième verre après avoir confié ne pas boire?

un sourire amusé qui étire mes lèvres et semble raviver des lueurs pétillantes de malice à travers mon regard.

-original!

soufflais-je en laissant danser la fumée entre mes lèvres.

-J'irais surement en ville....

lançais-je d'un ton plus neutre en m'approchant de la table basse sur laquelle tu avais délaissé cette bouteille déjà bien entamée. Je lève de ma main libre dans les airs, jaugeant l'ambre qui dansent dans la bouteille sous mes mouvements circulaires.

-il me faudra la remplacer.

avant de poser mon regard dans ta direction

-as tu besoin que je te ramène quelque chose?

gardant la bouteille en main je tirais de nouveau sur la cigarette en réduisant la distance entre nous. Mon regard s'attarde sur les traits de ce visage à la fois familier et nouveau avant de couler lentement le long de ton corps. Quelques instants de cheminement silencieux avant de me trouver devant toi, si proche que te toucher aurait été si facile. Mon regard accroche le tien l'espace de longues secondes et un sourire fend mon visage.

-Pensais-tu vraiment ce que tu disais?

mes yeux se plissent, simple preuve d'une interrogation certaine

-je doute que la confiance ne prenne de bonnes bases sur un tapis d'illusions et de cachotteries...

un hochement de tête et un regard entendu, je laisse à nouveau mon regard couler sur toi dans une découverte plus lente, plus douce, plus précise.

-aussi mignon soit l'oiseau.

mes dents se dévoilent dans un sourire aux allures de prédateur.

-j'apprécie tout autant cette vue là!

Ma langue glisse sur mes lèvres pour les humecter et la fumée qui s'y engouffre explose contre ton visage avant que je ne coince la cigarette entre tes lèvres. Retour au propriétaire mon grand! Ce n'est pas sans amusement que je détaille ta réaction avant de reprendre la parole.

-bien! Voyons voir si tu es habile de tes mains mon cher Thaddeus. Avec un peu de chance tu arriveras presque à faire de moi un bel homme.

léger, enroué, usé, un rire, quelques éclats, depuis bien trop longtemps enfouis sous cette masse sombre. Ils s'échappent de mes lèvres et j'en suis le premier surpris. Mes doigts compriment le goulot de la bouteille comme si j'y cherchais encore de la force avant de me détourner de toi.

-On y va?

lachais-je en t'offrant la vue de mon dos alors que j'étais déja sur le pas de la porte.


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Thaddeus Gentilis

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❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
❧ Occupations : Gardien du refuge, protecteur des ymbrynes et historien à ses heures perdues.
❧ Miroir :
❧ Missives : 289
❧ Yeux de verre : 72
❧ Crédits : CK


MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Jeu 13 Avr - 21:00

kintsukuroi
Adrian & Thaddeus
“He’s been following you all evening. Lil pup’s looking for warmth on this stormy night.”

De ma proposition, je ne pense tirer qu'un refus, un enchaînement de mots qui plus ou moins agréables à entendre, seront autant de raisons pour lui de ne pas continuer à supporter ma présence et d'excuses pour mieux me fuir et ainsi remettre entre nous la distance qui nous protégeait d'être plus que des étrangers qui parfois se croisaient. De mon envie peut-être de me rendre utile et de lui prouver que je suis capable effectivement d'être plus que cette silhouette tremblotante qui craint un passé qu'il dit pourtant vouloir comprendre, d'être ce Thaddeus qu'en plein jour l'on peut venir voir et qui quand les angoisses sont loin, est ce coeur valeureux qui fut un jour brave et aimant. En cette nuit qui menace de prendre fin, en cet instant que je tente de retenir, je comprends pourtant à son silence que notre valse muette reprend et que si de quatre pas je le pensais à porté de mains, c'est du double qu'il va me fuir, me laissant avec seul cavalier potentiel, l'absence et mon ombre. Préparé à son refus à venir, et dans une envie de ne pas lui dévoiler ma déception, je baisse déjà les yeux pour mieux admirer les motifs de ce tapis trop familier, cherchant dans les fleurs et autres feuilles, un réconfort que je ne trouverais qu'à l'aube dans le regard d'un Syndrigastis qui acceptera de me tenir compagnie et d'éventuellement échanger quelques mots avec moi. Mes lèvres se pincent et alors qu'au loin je capte un mouvement de sa part, je me berce de l'idée qu'il me fuit, étant ainsi surpris quand je le vois traverser la pièce et aller se saisir de la cigarette qu'au sol j'avaisi abandonné. Avec crainte, presque, je l'observe et contemple le tabac se raviver entre ses lèvres et doigts, n'esquissant alors pour ses mots que je comprends être taquins qu'un faible sourire qui peine à illuminer mon visage rendu maussade par la sombre humeur qui étreint mon être et ternie mes prunelles. Au tout j'ajoute éventuellement un haussement d'épaules et un murmure qui se veut être une réponse.

"Il faut savoir parfois être aventureux." dit l'homme qui n'ose plus voyager et qui désormais se complaît dans son propre malheur.

Figé au centre de la pièce, à contempler la grâce brute et l'élégance bourrue d'Adrian, je n'ajoute rien de plus, le laissant ainsi en paix se perdre dans ses pensées et m'en faire part, n'ayant qu'un semblant de rire quand il s'empare de la bouteille contenant le nectar que j'avais juré ne plus boire.

"Du tabac peut-être..."

Mais c'est bien tout. De justesse je me retiens de lui dire que je pourrais avec lui venir dans son excursion en ville, préférant laisser planer entre nous un silence qui devient étouffant à l'instant même où je comprends être au centre de ses préoccupations. Gêné par son regard que je sens s'attarder autant sur mes traits que sur ma silhouette, je déglutis difficilement pour mieux détourner le regard et porter à mon col si soigneusement fermé, deux de mes doigts. Contre mes phalanges je sens les battements furieux de mon coeur dans ma jugulaire, et si tenté je suis de me libérer du carcan de ma chemise trop bien portée, je me retiens, préférant simplement fuir le regard de celui qui me donne de l'impression de chercher à me dévorer de ses iris si difficiles à soutenir, car teintées de bien des choses que je ne saurais nommer ou comprendre. Ainsi, j'égrène les secondes dans le plus grand des inconforts, cherchant dans le lointain quelque chose à dire sans pour autant être capable d'entrouvrir les lèvres. A nouveau, j'ai l'impression de redevenir la victime d'un autre, et de n'être au final bon qu'à subir le bon vouloir de l'autre. Un frisson glisse le long de mon échine quand vers moi il s'avance, me coupant définitivement le souffle quand trop près de moi il se trouve, à souffler sur mon visage légèrement détourné, son haleine chaude et alcoolisée qui semble brûler ma peau. Un autre frisson secoue mon être, et alors que mes lèvres se pincent, sûrement pour fuir les siennes, je me force à presque exprimer un mouvement de recul, car peu à l'aise qu'il soit presque capable d'effleurer mon être. Gêné, et étrangement agacé par cette idée, je me ferme ainsi à lui, refusant de répondre à sa question, ne dardant sur lui qu'un regard troublé par bien des émotions. Face à lui, je me raidis et serre les dents, de moins en moins à l'aise par ce regard qui sans gêne se perds ma personne et par les sous-entendus qui d'entre ses lèvres fuient et font monter en moi l'envie étrange de sèchement le couper pour mieux lui dire d'arrêter... Mais au lieu de ça, pour une raison qui m'échappe, je reste silencieux, ne lui offrant alors non pas un semblant de colère mais simplement une imitation de celle-ci pour peut-être apprécier le genre de mots que je n'ai pas connu depuis mon Ymbryne, qui quand ne m'acceptait pas dans ses bras, laissait le bout de ses doigts se perdre sur ma nuque gracieusement offerte. Et comme pour elle, je me fais doux pour lui, ou du moins stoique. J'accepte de jouer son jeu et de rougir pour sa remarque avant de faire un pas en arrière une fois sa cigarette déposée entre mes lèvres. De ce baiser procuration, je m'offusque, ne prenant pas le temps de tirer sur ce mégot que j'écrase rapidement dans le cendrier, comme pour lui faire entendre que ses lèvres n'ont pas le goût désiré. D'un revers discret de la main, je m'essuie la bouche et grommelle presque alors qu'il file à nouveau vers la porte, laissant traîner derrière-lui une provocation qui pique au vif mon orgueil si facilement froissable.

"Et avec un peu de chance, je ne te couperais pas."

Je ne récupère que mon briquet et mon étui à cigarettes, avant de le rejoindre. A ses côtés je me glisse, et d'une très légère caresse de mes doigts au creux de ses omoplates, je lui fais signe de me suivre jusqu'à l'étage où se trouve la salle de bain. D'un simple sourire qui n'est qu'une ébauche, j'ouvre la marche jusqu'à cette pièce que nous trouvons après quelques déambulations silencieuses dans le couloir de cette demeure endormie. Et une fois au cœur de ce royaume de faïence, je verrouille derrière-nous la porte, lui faisant signe de prendre place sur le tabouret qui près de l'immense baignoire trône fièrement.

"Installe-toi pendant que je prépare de quoi faire de toi un bel homme."

Je tente un sourire qui s'efface bien vite alors que le bout de mes doigts tremblants se referment sur le robinet que j'ouvre en grand, permettant ainsi à un long filet d'eau que j'aimerais être brûlante de caresser l'émail fraîche du lavabo et d'ainsi créer un doux chant qui remplace le silence qui jusque-là régnait entre nous. Je retrousse ensuite les manches de ma chemise pour être plus à l'aise, abandonnant ainsi ma veste de costume sur le bord de la baignoire. J'attrape ensuite une serviette que j'humidifie, et lui la tends quand celle-ci est bien essorée.

"Pour faire ça bien, on devrait avoir de l'eau chaude, mais je t'avoue que pour te montrer... On peut faire sans... En plus ça m'évitera de me brûler, doué comme je suis."

Dans ses paumes j'abandonne le linge humide avant de trouver dans un placard un savon de rasage que je passe à son tour sous l'eau avant de le faire mousser entre mes doigts, puis à l'aide du blaireau, répétant ainsi avec minutie les geste que j'ai vu une autre faire. "C'est pour que tu sois beau, mon Thaddeus." disait-elle. "Pour que tu sois bien dans ce corps qu'il faut que tu apprennes à aimer..." Je me souviens qu'à l'époque j'avais tout d'abord fuis la lame et ses mains, reprenant la forme de l'atour pour mieux aller me percher sur le haut d'un meuble. Je me souviens avoir vu dans ses prunelles une pointe de déception avant qu'elle n'abandonne, comprenant que je n'étais pas prêt à prendre soin de cette enveloppe charnelle dont je ne voulais pas. Il lui avait fallu presque un mois pour me convaincre de me laisser faire. Un mois, où par étape, par petits pas, elle a le pris le temps de m'apprendre et de me faire comprendre qu'il n'y avait rien de dangereux. Un mois où elle a tué l'instinct du rapace pour créer à le place le jeune homme que je suis, qui méticuleusement, fait mousser le savon avant de se tourner vers lui, l'air faussement enjoué.

"Alors, je te laisse faire ou tu me fais confiance ?"

Mes doigts ne tremblent plus et pourtant, ça me semble si étrange d'être à sa place, à elle. D'être celui qui enseigne et non plus celui qui a tout à apprendre. Je me sens comme imposteur, comme un de ces oiseaux qui imitent le chant d'autres pour mieux les tromper. Un de ces êtres pathétiques qui prétendent toute leurs vies être quelqu'un d'autre, afin d'être quelque chose, à défaut de n'être rien. En cet instant, je me sens être ce faux qui prend la place de Sigmund, cet être rapiécé qui prétend mériter vivre et vouloir se souvenir.
Made by Neon Demon[/quote]
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Adrian Hammond

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❧ Boucle Temporelle : vient de poser bagage en 1873
❧ Particularité : Pyrokinésie
❧ Occupations : fuir ces démons
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❧ Crédits : brimbelle


MessageSujet: Re: Like a small boat On the ocean Sending big waves Into motion   Dim 16 Avr - 23:02

If you ask me

- don't know where to start -

Tantôt appeuré, tantôt intrigué, le rapace aux allures de petit oisillon fragile semble laisser des éclats d'amusement trahir son regard terni par les maux qui rongent ces entrailles . Plus je t'observe et plus les contradictions tournoient dans les airs, comme une toupie au ralenti , tu me donnes le tourni petit oiseau. Pensais-je alors que les mouvements de reculs n'étaient à nouveau plus d'actualité au profit d'une volonté de partage, d'une invitation. Etait-ce cela finalement le programme de ma nuit? Elucider ce mystère, celui qui dansait devant mes yeux. J'arque un sourcil, ne cherchant même pas à retenir mon reniflement moqueur lorsque ta réponse tombe.

- tu sais de quoi tu parles...

Je roule des yeux, ironisant ma propre personne dans cette plaisanterie douteuses aux allures d'attaque sarcastique à l'égard de l'homme terrifié par le monstre qu'il tentait d'amadouer. A quoi joues-tu? Voudrais-je te demander, bien que la question était toute trouvée. Juste une question de survie, juste une bouffée d'oxygène, un moment de répit dans l'étouffante brume sombre de ces nuits. C'était ça n'est-ce pas? Un peu comme l'attrayante ambre de cette dame de verre, séduisante, enivrante mais de courte durée et non sans danger. Es-tu certain de vouloir prendre le risque? Visiblement je n'avais su t'en empêcher, t'en décourager et je n'étais pas le père qui devait protéger ou punir un enfant afin de le remettre sur la bonne voie, alors... qui étais-je pour t'arrêter? J'abandonnais l'idée de lutter contre toi, sachant que le futur te mènerais probablement sur le chemin de la fuite, mais l'expérience serait tienne. Peut-être en avais tu besoin? Je délaisse un peu la muraille de glace et de marbre pour t'offrir un minimum de bonne volonté et de sympathie, te proposant même de te rapporter quelque chose de mon petit tour en ville.  Mais je me prenais au jeu, celui des émotions, confusion dans un esprit tourmenté, celle de reporter les éclats du passé pour les coller sur le présent. Jeu de rôle, jeu d'envies, jeu d'amitié, jeu d'ivresse, je ne sais moi même si ces provocation sont le reflet inconscient de mon esprit qui cherche à te faire fuir ou à le ramener à la vie. J'y crois presque un instant, à cette chaleur humide sur sa peau, à la brûlure dans sa gorge qui fait grogner sa respiration, à ce bleu intense scindant le noir de cette cellule. Il est là et l'instant d'après il disparait, tu es mien, comme il l'a été malgré le souvenir auquel son esprit raccrochait désespérément pour ne pas sombrer dans la folie. Je le sais, il le savais, tu le sais pas vrai? Chaos de souvenirs choquant mon esprit de sa violence qui semble faire clignoter ton visage et le sien à un rythme effréné m'obligeant à fermer les yeux quelques instants. Et puis plus rien... juste toi et moi, juste la peur qui glisse sur moi comme un doux venin quotidien, un retour à la réalité plongeant à nouveau mon esprit dans la brume glacée.

L'amusement à quitté mon visage, était cet assaut de souvenirs ou cette sensation de rejet me rappelant que j'avais peut-être à l'époque tout imaginé. Qui sait ce qu'un esprit troublé peut imaginer pour se sentir mieux. Amertume et acidité coulent le long de ma gorge secouant mon estomac alors que je me détourne de toi, patientant encore quelques instants avant d'embrasser la belle de verre que je tiens fermement entre mes doigts. C'est un bien maigre sourire qui étire mes lèvres à ta réplique, après que j'ai compté le nombre de pas te menant à moi. Ce que je n'avais pas calculé, ni même anticipé c'est ce contact dérobé qui me fait sursauter. L'ambre explose contre le mur d'en face, et je m'agrippe toujours à la bouteille comme je maintenais ce fusil alors que le ciel fumant grondait de flammes oranges. Mes tympans sifflent comme à l'époque, lueurs violentes d'un tapis de flammes  m'obligeant à fermer les yeux et grimacer de douleur. C'est finit, tout est finit Adrian, il n'est, ils ne sont, elle n'est plus là... Zombi aux allures robotiques, deux gorgées d'ambre et je t'emboite le pas machinalement dans une démarche sans nuances, ni souplesse, marcher en core marcher, juste marcher. Le bon soldat ferme son esprit et suis les ordres.

Une voix, lointaine, elle m'interpelle, un ordre me ramène à la vie alors que je m'étais immobilisé au milieu de la pièce. Un visage, un repère, un sourire qui n'est plus la douceur du confort mais une simple expression satisfaite aux allures de "repos soldat!" Paupières qui glisse sur ma cornée comme des ailes de papillon couvertes de sable. Vision trouble mais esprit concentré, j'effectue la tâche sans prendre en compte les nuances de la réalité. Visage impassible, marque visible d'un esprit cloué à la rigueur qui ne saisis pas la moindre subtilité de langage. Je n'ai plus besoin d'être rassuré, amusé, réconforté, ,'attendant que les consignes précises qui avaient fait de moi un de leur meilleurs soldat. Assit sur la chaise, les mains posées sur les genoux, le regard rivé droit devant moi, j'oublie même l'impatience ou la moindre notion d'inconfort physique. Mais la voix résonne à nouveau, elle est si loin et proche à la fois, moins précise, elle s'étire dans le temps, obligeant mon esprit à se concentrer sur ce qu'elle attendait de moi. Mais rien... rien... ou était donc l'ordre? Mon esprit la mémorise, la répète, fouillant chaque mot, chaque intonation à la recherche de la consigne. Jusqu'à ce que la réflexion me mène à la réalité, comme si la voix m'avait tiré des ombres du passé, extirpé d'un rêve s'étalant sur ma réalité. Un, deux, trois, quatre, cinq, clignements de paupières et mes doigts se desserrent de la dame de verre, mes yeux lachent le point fixe pour interroger silencieusement cette silhouette qui s'agite. Quelques instants encore dans le silence alors que je détaille chaque recoin de la pièce comme pour m'extirper pleinement de ma torpeur et tenter de remonter dans le train de la réalité.

-c'est rassurant.

Sarcasme qui claque trop faiblement, preuve visible de mon éveil récent, ma voix n'est qu'un murmure incertain et mon esprit encore engourdi. J'humecte mes lèvres, tic machinal comme un nouveau test, une vérification de mon encrage dans la vie. Je prend une gorgée de réalité dans l'ambre avant d'abandonner la demoiselle sur le sol. La mousse danse au gré de tes doigts, prenant de son ampleur et repoussant un peu plus les ombres brumeuses vers le pays des rêves.

Mon regard lache les bulles savonneuses pour se poser sur l'azur. Ta voix est un peu plus claire, plus présente, moins lointaine. -ménagerais tu ma volonté, ou aurais-tu plus peur de toi que de moi en cet instant? mes lèvres se cornent dans un sourire aux teintes sombres. -bien... je soupire longuement avant de détacher ma chemise. -ou de tacher cette chemise hors de prix. Mon regard rencontre le tiens après m'être défait sans la moindre gène ni pudeur du tissu crême, sans imaginer un seul instant que ceci pouvait passer pour je ne sais quelle impolitesse ou manque de tenue. Totalement déconnecté de votre réalité et encore trop novice pour connaitre les moeurs et usages de ce siècle je reprenais la parole: -c'est mieux? Ou tu attends encore que je te redemande? ajoutais-je d'un ton las avant de laisser tomber ma tête mollement vers l'arrière. -Rassures-toi, qui sait tu me rendrais peut être service. murmurais-je d'une voix monocorde en fixant le plafond. HUm, Adrian sais-tu qu'on à connu mieux comme encouragement que les grandes tirades mélodramatiques ou les plaisanteries de mauvais gout?


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