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 Patriotes ◊ ft. Mackenzie

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Mabel P. Herrera

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- carte du Maraudeur -
❧ Boucle Temporelle : 20 juin 2016 désormais. Elle vécut un temps en 1941, mais les moteurs des avions ronronnaient trop fort à son oreille.
❧ Particularité : Géolocalisation
❧ Occupations : Géotraceuse aux projets bien trop nombreux.
❧ Miroir :
❧ Missives : 147
❧ Yeux de verre : 35
❧ Crédits : © Paon


MessageSujet: Patriotes ◊ ft. Mackenzie   Lun 27 Mar - 1:14


Patriotes

     Ce fût comme sentir la poussière des terres emplir à nouveau ses poumons. Revoir défiler devant elle des horizons aux couleurs vives. Des ciels bleus sans nuages ; des crépuscules tâchés d’orange et de mauve. La mer n’exista plus, l’Europe non plus. Ne restait plus que les kilomètres de terre attrapés en entièreté sous le seul regard d’un Texan cherchant la lueur des côtes. Le flanc d’un animal chassant l’aube d’une secousse, et les silhouettes tordues des cactus convoitant le soleil. Le frisson de ces souvenirs l’avait parcourue avec une telle vivacité qu’elle s’était sentie tressaillir, retrouvant en l’annonce d’une arrivée, le goût de tout ce qu’elle eut quitté.
« Comment s’appelle-t-elle ? »

     Un nom seulement, pour retrouver la trace de ce brin de femme venu du même côté de l’Atlantique qu’elle. Mackenzie Frey, le visage dévoilé d’une ombre errant au cœur des rouages particuliers de son esprit. Mabel voulut attendre son retour de la plage, lui laisser le temps d’une solitude alors qu’elle venait à peine de poser un pied dans la boucle. Elle fixait le mur devant elle, écrasant ses iris sur les taches brunes de peinture laissées maladroitement. Dans leurs reliefs se dessinait les courbes des vagues, étendues en horizon comme prêtes à avaler la jeune silhouette s’y trouvant. Les secondes passaient et le fourmillement du village s’estompait contre l’immobilité de ce corps que Mabel imaginait levé contre le vent du large. Elle se saisit de ses baskets, noua ses cheveux à l’aide d’un élastique. A nouveau faible de son impatience, tandis que ses jambes lui criaient de s’enfuir.
     Le village l’enveloppa dans l’étreinte de ses rues soigneusement tracées. Elle sentait ses pieds s’accrocher avec légèreté contre les pavés. Le charme des patelins aux faibles subventions. Le sel éclatait en cristaux sous ses semelles, défendant sa force. A son contact sa peau se rougissait, irritée depuis des mois par cette poussière douloureuse. Le prix à payer pour récupérer ce qui longtemps lui avait manqué. Les simples rayons du soleil. Elle croisait les bras sur sa poitrine et les sentait se poser sur elle en une salutation. Une caresse chaude et continue le long de son bras à l’image d’un sourire. Sur son visage revenait alors le sien, et depuis peu ses yeux s’étaient striées des rides de son bonheur.

     Elle rejoint la plage. Ses pas s’étaient dénombrés sur une carte invisible, semblant suivre le fil d’une ligne tracée au feutre. La quête de cette silhouette longiligne surpassa celle de son imagination. Le fait de ses contours plus net, ou de la réalité de ses cheveux blonds suivant le sens du vent. Le sourire de Mabel s'élargit à mesure qu’elle s’avançait; le rythme accéléré et les poings resserrés. Elle s'arrêta à sa hauteur et laissa sa poitrine se repaître du souffle qui venait à lui manquer après sa course.
« Mackenzie Frey c’est bien ça ? »
     La réponse elle la connaissait, et toute phrase idiote semblait bonne à formuler pour engager la conversation à laquelle elle tenait. Lier une amitié sans savoir à qui elle pût avoir à faire. A croire que leurs origines suffisaient à les rapprocher. Il suffisait de peu ici pour savoir se parler. Des banalités surtout, car penser au futur semblait futile. Réfléchir aussi, tout ayant déjà été pensé.
« Mabel Herrera. »
     Elle lui tendit la main avec un sourire, envieuse de la jeunesse adoucissant ses traits. Envieuse en réalité, de ce qu’elle eut été lors de ces années non si éloignées. A l’heure où son visage ne s’était pas creusé, son cœur aussi, balançant désormais entre les tempos les plus mal accordés.
     Mackenzie ne lui ressemblait pas. Remarque stupide lui rappelant qu’elle pouvait en attendre bien trop de cette rencontre. Elle aima pourtant ce bout de femme comme une partie d’elle. Excessivement, sous l’euphorie de cette chose qu’elles partageaient ensemble.
« Il parait que tu viens du Texas. J’y vivais aussi avant d’entrer dans les boucles, et Dieu que cet État me manque. »
     Ses yeux se levèrent au ciel dans une supplication silencieuse, doigts crochus en serres et lèvres entrouvertes. Elle voulut serrer sa nation entre ses doigts, et n’attrapait une nouvelle fois que le vide de cet espace.
« Du coup n’hésite pas à venir me voir si tu as le mal du pays, ou des questions sur les boucles… »
     N’importe quelle excuse valable pour acheter son amitié, sinon sa sympathie. Le moindre tissu d’une entente.
« …C’est à la hauteur de tes attentes ? Je veux dire, ici, dans la boucle. »
     Dans son regard naquit la lueur d’un espoir. Celui de la savoir aussi désemparée qu’elle trois années plus tôt, lorsqu’elle ouvrait les yeux sur une Guerre dont le temps et la distance l’avaient préservée. 2016 n’était pas aussi rude, bien plus hospitalière et telle était la raison de sa présence ici. Il continuait néanmoins de lui manquer le sentiment de s’y sentir chez elle. Elle connaissait ses habitudes, reconnaissait sa propre odeur dans ses couvertures. Et toujours, encore, elle se réveillait la nuit en croyant être dans son lit à Fredericksburg. Son corps perdait son équilibre, reconnaissant à peine la chambre dans laquelle elle dormait depuis des mois. Une piqûre de rappel ordonnée par la partie immergée d’elle-même. Une douleur bénigne, pour qu’elle n’oublie pas où elle devrait un jour s'en retourner.





Cercle Polaire.
I'm the girl who is lost in space, the girl who is disappearing always, forever fading away and receding farther and farther into the background. E.W
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MessageSujet: Re: Patriotes ◊ ft. Mackenzie   Lun 1 Mai - 21:44


Patriotes

Une brise légère passe sur son corps tandis qu'elle se laisse flotter dans la mer. Le temps est si agréable ici. Pas besoin de sortir avec une crème indice 200 pour ne pas finir en steak trop cuit. Peu de gens se baignent aux alentours et Mackenzie ne peut s'empêcher de retenir le large sourire qui lui fend les lèvres. Tout autour d'elle flotte un parfum de vacances, une sensation qu'elle avait finit par oublier à force d'enchainer les petits boulots miteux dans sa ville d'origine. Serveuse par ci, dogsitter par là, tout ça parce qu'elle ne trouvait rien dans la branche artistique qui l'intéressait. Ah, la vie d'artiste incomprise...

Un bruit attira son attention et Zee se releva, ses cheveux flottant paresseusement au gré de la brise, tandis qu'elle éprouvait l'irrésistible envie de remettre son deux pièces en place. L'ensemble noirâtre provenait d'un magasin local, acheté pour un rien. L'idée étant de se baigner avec et pas de faire un défilé. De toute façon, elle n'avait personne à qui le montrer - son nombre d'amis était encore très limité.
Elle chassa ses pensées pour se concentrer sur celle qui tentait de reprendre son souffle à grande-peine devant elle. Mackenzie fût surprise d'entendre son nom prononcé par quelqu'un qu'elle n'avait encore jamais vu avant de se rappeler que le monde pouvait se faire petit dans la boucle. L'individu devant elle devait être une Syndrigastis ou... quel était le mot déjà? Ymbryne.

Alors que l'inconnue lui disait son nom - Mabel - Zee sortit de l'eau pour arriver à sa hauteur en prenant soin d'essorer ses cheveux avant. Lorsqu'elle lui tendit sa main, la blonde détrempée répliqua avec une poignée de main enthousiaste et un laconique : "Enchantée." Le suspens ne dura pas très longtemps quant à la raison de sa venue : elle voulait parler du Texas.

Sa déclaration d'amour à l'état d'origine de Mackenzie la fit partir d'un petit rire et elle lui montra d'un geste aimable le coin où elle avait installé ses affaires. Une serviette de taille respectable sur laquelle elle pouvait s'asseoir toutes les deux se trouvait là, ainsi qu'une petite glacière bleue offerte par sa grand-mère. S'asseyant sans plus de cérémonie sur la serviette, Zee ouvra la glacière pour en ressortir deux coca, en proposant évidemment un à Mabel avant de reprendre la parole.

"Je ne peux pas dire que mon état me manque mais... ça ne fait pas très longtemps que je suis dans la boucle aussi."

Sur ces mots, elle ouvrit la canette pour en siroter une gorgée et écouter ce qu'elle avait encore à dire. La texane apprécia immédiatement la main tendue de sa compatriote dans cet univers si confus.

"C'est..."
Son regard se perd dans l'horizon. Qu'est ce qu'est vraiment la boucle pour elle? "Je n'avais pas vraiment d'attentes mais... tout est très confus. J'ai du mal à m'adapter à l'intemporalité de cet endroit, de ses personnes. D'un côté c'est très agréable de découvrir de la famille mais quand ta grand-mère est plus jeune que ta mère, les choses deviennent... complexes."

Mackenzie était persuadée au départ que tout ceci relevait de la plaisanterie. D'une blague de mauvais goût. Mais non. Usant de patience, Alice lui avait fait comprendre qu'avoir une grand-mère guère plus vieille qu'elle était possible. Et pas du tout traumatisant.

"Est ce que tu es une Ymbryne ou une Syndrigastis? Enfin, si ce n'est pas indiscret évidemment! Je ne connais pas grand monde dans la boucle pour le moment."
Elle avait besoin de savoir. Au moins pour se confier si l'autre s'avérait être comme elle.

"Pour vraiment répondre à ta question, je dirais que c'est déroutant mais que j'arrive à m'adapter sans trop de problème au climat. Un peu moins à mon pouvoir mais bon, j'imagine que c'est pareil pour tout le monde."
Une pause de quelques secondes s'ensuivit avant que Zee ne reprenne la parole : "Et d'ailleurs, tu viens d'où au Texas? Et tu en penses quoi?"



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Mabel P. Herrera

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❧ Boucle Temporelle : 20 juin 2016 désormais. Elle vécut un temps en 1941, mais les moteurs des avions ronronnaient trop fort à son oreille.
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MessageSujet: Re: Patriotes ◊ ft. Mackenzie   Mar 23 Mai - 15:56


Patriotes

     Le coca était froid. Il glaça ses doigts avant même qu’elle ne le saisisse, endolorissant leurs extrémités lorsqu’ils s’appuyèrent contre le métal de la canette. Les perles d’eau suantes durent devenir une libération sous la chaleur, et ce froid soudain n’eut pourtant effet qu’à la parcourir d’un frisson. Une secousse interne déployée en un fin réseau électrique creusant sa chair d’une torture agréable. Leurs gestes devenaient tribales, d’une civilité animale alors qu’une poignée de mains et une boisson offerte lièrent les prémices d’une amitié en un commun accord. Il était facile de s’accrocher à si peu de choses, de s’enthousiasmer d’une nouvelle venue car depuis peu Mabel manquait de changements. Son corps s’en chargeait parfois à coups de pulsions prises en cage dans leur temps suspendu. Toutefois les variations de ses gestes et de ses pensées n’eurent jamais été qu’un fardeau à porter, alors que le monde qui continuait encore de tourner était un vent frais purifiant l’air de quelques silhouettes étrangères qu’il fit dériver jusqu’à elle. Mabel ne voulut jamais considérer la joie de cette nouveauté comme un refus de sa part à vouloir s’adapter aux boucles. Venait à présent qu’elle s’était rapprochée d’une époque et d’un horizon proche de ceux qu’elle eut aimé, la peur de pouvoir s’en satisfaire et de les aimer. Le Texas lui manquait, non plus comme une patrie dont l’on revendique les couleurs en entonnant des hymnes et des traditions, mais comme un territoire délimité par des lignes fictives dans lequel elle put marcher et vivre sans se perdre. Comme si ce besoin qu’elle eut toujours d’être dirigée, ne soit pas seulement la raison d’une tante à qui demander ce qu’elle devait faire, mais un monde tout entier, auquel elle serait prête à se soumettre si on lui promettait de rester là où elle aimait être.
« Ça m’a manqué dès les portes de l’aéroport franchies. »
     Il était enfantin de refuser un départ. Un reproche qu’elle avait entendu de sa mère lorsqu’elle voulut lui partager ses craintes. Elle aurait pu revenir près d’elle et laisser son indépendance à celle qui l’avait élevée à sa place. Un changement acceptable pour ne pas avoir à partir dans cette Europe montrée du doigt. Mais sa mère lui répétait que ce n’était pas une solution, qu’il lui fallait trouver son indépendance et non trouver une nouvelle personne à laquelle dépendre. « Ne fais pas l’enfant » revenait alors dans les mots de chacune de ces femmes dont elle attendait bien trop. Une tante et une mère qui en l’infantilisant recevaient l’orgueil insoupçonné d’une femme espérant toujours plus que ce que sa conscience lui laissait croire sur elle-même. Ses amis, car elle en avait, trouvèrent simplement stupide de ne pas partir. Qu’il était un privilège de voyager, et qu’elle fût chanceuse d’avoir cette possibilité. Comme ils furent insouciants, pensa-t-elle, de croire comme on voulut à elle-même lui faire croire, que ce voyage fût un cadeau offert à une découverte, alors qu’il n’eut jamais été question que de l’éloigner. En ça elle ne fût pas stupide, et même sa manie ne put s’en convaincre. Venait seul le travail fait sur elle-même pour croire que cet oncle qu’elle dût rejoindre à Londres valait le sacrifice d’un pays laissé derrière elle.

     Mabel se plut à entendre Mackenzie parler, à l’écouter, car elle le fit attentivement. Elle s’était laissée tomber sur la serviette, les fesses douloureusement amorties par l’épaisse couche de sable enflant sous l’assise de fortune. Et si elle ne pût dévoiler un aussi beau maillot de bain que sa camarade, elle prit plaisir à étendre ses jambes nues dans les profondeurs du sable entourant leur radeau et à simplement sentir le réconfort du soleil sur son corps si rarement immobile. Le coca était bon, éclatant en milliers de bulles contre sa gorge et lui rappelant presque que tout ça ne fût que des vacances. Non leurs vies.
« Bizarrement ce n’est pas leur âge qui m’a dérangée mais l’impression de vivre avec des fantômes. Ils devraient pour la plupart tous être morts depuis des années et se retrouvent ici à s’inventer des vies parce qu’ils n’ont plus les leurs. »
     Elle coinça sa canette entre ses cuisses pour lever les bras, mains tombantes. Telle fût la marche de ces fantômes, aveugles du monde linéaire qu’ils enviaient pour certains, étrangement incommodants lorsqu’ils s’évertuaient à préserver leurs traditions.
« C’est glauque. »
     Elle reprit sa canette, effaçant les perles d’eau tombées sur le jean de son short.
« Je suis une Syndrigasti. T’apprendras vite à reconnaître les Ymbrynes... »
     Un sourire, tête penchée sur l’épaule, avant qu’il ne disparaisse derrière la canette depuis trop longtemps suspendue devant ses lèvres. Ses sourcils se froncèrent derrière son masque d’aluminium.
« Hm… Fredericksburg. La ville de la pêche ! Je ne sais pas "ce que j’en pense". J’y suis née, y ai vécu toute ces années. J’entends tout le monde dire qu’il aimerait parcourir le monde ou vivre à New York ou Los Angeles. Mais personne ne se satisfait de ce qu’il a et beaucoup trop convoitent ce qu’on leur a appris à convoiter. Heureusement tout le monde n’est pas comme ça, et je ne le suis pas. Je les vois tous aigries et malheureux de rêver à ce qu’ils triment à avoir ou n’auront jamais, alors que Fredericksburg est ville agréable, forte de ses traditions et de ses industries. De ses personnes aussi. »
     Des louanges portées à la seule ville qu’elle n’ait jamais vraiment connu, et qu’elle crut parfois le berceau d’un monde dont elle seule comprenait le sens. Même Dallas, aussi excitée et admirative devenait-elle lorsqu’elle s’y rendait pour la foire annuelle, ne fût jamais assez grande à ses yeux pour être convoitée de ces projets idylliques qu’elle menait avant l’heure sur son avenir.
« T’es d’où toi ? Et surtout… Tu sais faire quoi ? Je veux dire, ta particularité. Je peux retrouver les objets, comme un GPS. »
     Les gens aussi, involontairement imprimés sur la carte de son esprit sans qu’elle ne le décide. Elle ne pût jamais se dispenser de cette connaissance, acceptant son savoir aussi désagréable pouvait-il être de ne jamais pouvoir lui échapper. Elle se retenait pourtant d’en parler, non par pudeur ou par peur d’être mal vue, mais parce qu’étendre la capacité de sa particularité attirait les demandes et les sollicitations, et qu’elle en avait souvent marre de claquer des portes aux nez.
« J'imagine que la tienne est bien plus complexe, si tu as du mal à t'y faire. »




Cercle Polaire.
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