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 Call my name and save me from the dark – Aisling

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Darren Flanagan

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MessageSujet: Call my name and save me from the dark – Aisling   Lun 27 Mar - 16:50

Call my name and save me from the dark – Aisling



Darren poussa un profond soupir et passa sa main dans ses cheveux pour les plaquer en arrière lentement. Depuis qu'il était passé par la boucle de 2016, il préférait les garder légèrement longs plutôt que courts, cependant ils avaient tendance à n'en faire qu'à leur tête, et il se retrouvait régulièrement à les avoir devant le visage. Cette longueur lui allait plutôt bien cela dit, et il avait quelque peu apprit à vouloir soigner un minimum son apparence, lui qui se trouvait plutôt quelconque, voire même à la limite du désagréable à regarder, commençait à s'accepter. Il ferma les yeux, repensant à cette boucle dans laquelle il n'avait pas pu rester, 2016 lui avait amené la lumière dont il avait besoin, mais son rythme effréné le terrifiait, et il n'avait pas été capable de s'y adapter. Il aurait voulu pourtant, tout lui semblait si facile là bas, il se souvenait de soirées, de rires, il se souvenait de choses qui avaient réellement fait éclore le bonheur en son cœur, mais cette peur, toujours la même, indicible, qui le rongeait de l'intérieur ne semblait pas vouloir lui laisser le choix. Il serait à jamais coincé dans cette boucle vide de sens, qui n'avait de cesse de le faire se sentir mal, comme s'il avait été au purgatoire. Il songea non sans amertume, que temps qu'il n'aurait pas réglé ses problèmes de paix avec lui-même, il serait tout simplement incapable de vivre ailleurs. Cependant, c'était chose plus facile à dire qu'à faire. Il se devait aussi d'avouer qu'il n'y mettait pas une volonté à toute épreuve. Il était bien plus simple de se  laisser dériver végétativement que de prendre le risque de se noyer en essayant de nager à contre courant.

Il releva la tête, observant un instant autour de lui. A la faible lumière des bougies et des lampes à pétrole, il posa les yeux sur les personnes présentes autour de lui. Il y avait un calme divin dans le refuge, presque une ambiance studieuse. Il fallait avouer qu'il était très tard et que les seules personnes restantes étaient en train de lire, ou d'écrire. Chacun tuait le temps en silence, respectant le retrait des autres. C'était une chose qu'il appréciait de cette époque, au moins, le silence, et le respect de chacun, qui était une règle de vie, surtout dans les bonnes familles, et de ce qu'il pouvait constater autour de lui, au port de tête des dames, et aux attitudes des hommes il se trouvait entre des individus bien élevés. Il ferma son livre et se retint de se racler la gorge, se redressant dans son siège pour récupérer sa pipe. Il se sentait presque mal, au milieu de ces autres, lui qui était issu d'un monde où la décrépitude était le lot commun, il n'avait que très rarement de bonnes manières, et s'il voulait en avoir, il fallait qu'il fasse attention au moindre de ses gestes. Il prépara donc tranquillement sa pipe, les jambes croisées, et se remit à la lecture de l’œuvre qu'il tenait entre ses mains. Il lisait lentement, mais cela ne l'empêchait pas d'apprécier la compagnie des livres plus que la compagnie humaine. Avant d'arriver dans le refuge, il n'avait jamais ouvert un livre, pour la simple et bonne raison que personne ne lui avait jamais apprit ni à lire, ni à écrire. Cela n'avait jamais fait parties des priorités dans le cirque, et ce n'était pas au Freak Show qu'on lui aurait apprit une chose pareille. En arrivant, il savait reconnaître quelques mots, et était capable de plus ou moins écrire son nom, mais les limites s'arrêtaient là.

La soirée continua ainsi, et à mesure que le temps passait, il ne remarqua même pas que la salle s'était vidée de toute présence exceptée la sienne et celle d'une jeune femme dont il ne connaissait que le nom. Aisling... Il se souvenait l'avoir entendu une fois, et il avait relativement bonne mémoire pour ce genre de choses. Il l'observa un instant et eut un sourire presque amusé en voyant qu'elle s'était assoupie. Il lui arrivait lui-même de s'endormir lors d'une lecture, alors il comprenait très bien que cela puisse arriver. Replongeant dans son ouvrage, il ne lui fallut que quelques instants de réflexion pour rouler des yeux et poser son livre sur la table à côté de lui, y glissant son marque page. Sa mère ne lui avait pas apprit grand chose, mais les autres dames du cirque lui avaient apprit qu'il fallait toujours se montrer galant et serviable envers une femme, aussi, il se leva en enlevant sa veste, allant la déposer en silence sur le corps assoupit de la rousse. Il eut un léger rire pour lui-même, se disant qu'il soutenais une de ses pairs en faisant cela, mais il n'allait pas faire plus, il retourna donc à sa place, se ressaisissant de son livre dans un frisson. Il ne fut rappelé à la réalité que par le bruit de sa veste tombant au sol, lorsque Aisling se leva, et il leva les yeux un instant pour regarder la jeune femme. Il leva un sourcil intrigué, posant de nouveau son livre sur le côté, cette fois, la scène se déroulant sous ses yeux l'avait quelque peu happé. Est-ce qu'elle était en train de faire du somnambulisme? Il lui semblait que c'était tout à fait le cas, et s'il ne l'aurait jamais réveillée simplement pour le plaisir de le faire, il se disait qu'ici, il se devait d'au moins la surveiller le temps que cela se finisse, pour éviter qu'elle ne se blesse, ou renverse une bougie qui aurait eu vite fait de mettre le feu au refuge. Darren finit néanmoins par se lever pour se rapprocher d'elle, se demandant ce qu'elle pouvait bien faire ainsi penchée sur une feuille de papier. Croisant les bras, il l'observa griffonner d'un air à la fois dubitatif et impressionné. Elle avait beaucoup de talent, surtout pour quelqu'un d'endormi, même si ce qu'elle était en train de dessiner était tout simplement terrifiant. Le jeune homme ne se doutait pas un seul instant de la particularité de Aisling, aussi, il ne jugea pas nécessaire de l'arrêter, se contentant simplement de l'observer en silence jusqu'au moment tragique.

Un grognement monta dans un angle de la pièce, faisant sursauter Darren qui était concentré sur ce que la jeune femme était en train de faire. Il releva les yeux, et soudain, son regard se fit terrifié. Il recula d'un pas, écartant un peu un bras comme pour mettre Aisling à l'abri, et il comprit l'erreur qu'il avait faite en la laissant faire. La créature s'approcha d'eux dans un grondement sourd, et il tapota le bras de la jeune femme nerveusement, essayant dans un élan presque idiot, de ne pas trop bouger dans la crainte que cela n'énerve le monstre.

- Aisling... Siffla-t-il entre ses dents, espérant la réveiller ainsi.

La tentative parut cependant vaine, et le monstre approchait à grands pas. Darren serra les dents et tendit une main vers cette dernière, générant un champ de force instantané qui alla s'écraser sur cette dernière, sans que cela ne semble la déranger outre mesure physiquement. En revanche, cela sembla la mettre en colère, et Darren dû tendre les deux mains et se concentrer de toutes sa puissance pour l'empêcher d'approcher plus.

- AISLING ! Cria-t-il cette fois, paniqué.

Un perle de sang s'échappa d'une de ses narines, la puissance de cette créature le forçait à utiliser bien plus de puissance que ce qu'il ne voulait, et il avait conscience de ne pas pouvoir tenir un champ de force pareil plus de dix secondes, tout ce qu'il espérait maintenant était que la jeune femme revienne à elle, et qu'elle soit en mesure de faire disparaître cette chose, car lui, lorsque le champ de force serait brisé pourrait tout au plus essayer d'en générer un autre, qui ne serait qu'instantané, avant de perdre connaissance...


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Aisling I. Fitzgerald

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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Lun 27 Mar - 22:57

Call my name and save me from the dark
Aisling & Darren


Quelle douce soirée. Tu étais là, blottie et enfouie sous une épaisse couverture sur un fauteuil à l'intérieur du manoir. Le feu crépite derrière toi et celui-ci embaume la pièce d'une odeur rassurante et agréable. Tu aimes ces soirées au coin du feu. Tout est si calme. Les enfants sont partis se coucher pour la plupart et ne gambadent plus bruyamment dans les couloirs de l'édifice. Tu aimes cet instant de quiétude absolu. Comme si tout était suspendu, à cet instant précis. La boucle n'existe plus. Il n'y a que le chaleur du feu et les livres qu'il y a à lire. Tes cheveux sont noués en de fines tresses et retombent sur ton visage alors que tu te penches sur ton livre. Étrangement cette œuvre t'est inconnu alors qu eut as dévoré une bonne partie des ouvrages présents au sein du manoir. Les années passent et les livres ne changent pas. Tu as pourtant essayé d'en subtiliser aux autres boucles durant tes divers voyages mais jamais un livre n'a été aussi satisfaisant que ceux se trouvant dans la bibliothèque de ta propre temporalité.

Vous êtes si peu, ici dans ce salon happé par la chaleur du feu de bois. Les visages sont à peine éclairés par celui-ci mais tu discernes parmi les regards occupés, celui d'un jeune homme roux, déjà vu plusieurs fois au sein de la boucle. Celui-ci semble absorbé par sa lecture et il en devient une figure fascinante, dont la complexité de son visage s'intensifie sous la lumière vacillante du feu. Douce figure, tout à fait touchante. Tu aimerais saisir à jamais l'expression absorbée de cet inconnu, uniquement par égoïsme, pour la garder pour toi. Mais tu n'oserais jamais dessiner en présence de quelqu'un.

Alors que tu rêves à ce visage pittoresque, tu ne sens pas le sommeil s'emparer de toi.

C'est à cet instant là que tu perds pieds.

Tout devient noir, et le sommeil agité prend possession de tes rêves. Tout est terriblement mouvementé. Les images sont floues, vagues et le brouillard pèse sur cet entre-deux. Ce n'est ni la vie réelle, ni la mort. Le sommeil est une drôle de chose. Un espace proche des abysses.

Tu ne sens pas ton corps prendre ses dispositions, agir seul. Tu dessines. Ta main s'agite sans que tu ne le souhaites. Et tes rêves informes se matérialisent, prennent vie. Tu ne le sens pas. Le sommeil t'entoure d'un voile épais. Tu es incapable de comprendre ce qu'il se passe. Il faut seulement dessiner. Il le faut, c'est une évidence, une impérative. Tu ne saurais faire sans. Tu ne saurais faire autrement que de dessiner. C'est donc le livre qui te sert de feuillet. Et tu griffonnes. Les mouvements sont rapides, tranchants et bientôt le monstre prend vie. Tu le sens, au fond de toi. Il est déjà trop tard.

Une voix lointaine.

Qui est-là ?

Réveil, brutal.

Les hurlements du rouquin. Il était encore là, à tes côtés. Il crie. Où es-tu ? Que s'est-il passé ? Les questions se bousculent alors que tu manques de vaciller. Tu ne tiens pas debout, tu te sens soudainement vidée de toute énergie et l'envie de pleurer te saisie. Pourtant, il faut que tu sois forte. Il faut que tu rassembles tous tes esprits pour que tu comprennes ce dont il s'agit. Tu regardes le rouquin, visiblement terrifié. Il est étrange. Son nez saigne. Spontanément tu fais un pas en sa direction, tendant la main pour essuyer le peu de sang qui s'écoule de sa narine. Tu regrettes l'instant d'après d'avoir eu ce geste maternel et ton bras retombe le long de ton corps.

Le dessin. Tu détournes le regard et tu peux pleinement observer la bête monstrueuse qui se dresse face à vous. Tu réprimes un léger cri, tremblant de ce que ton imagination a pu encore générer. Ton coeur s’emballe et tu aimerais pouvoir fermer les yeux et faire que tout cela disparaisse. Mais c'est impossible. Le rêve c'est ce qui a provoqué cela. La réalité, c'est ce qu'il y a face à toi. C'est ce monstre gigantesque et tentaculaire. Il s'agite et enclenche une étrange danse. La peur dissipée, c'est la fascination, l'intrigue. Tu t'approches doucement de cet être de papier et tu tends la main.

« Ne faites rien, arrêtez, ne vous faites pas de mal… Il va partir… Il faut… Il faut y aller doucement... »

Ta voix tremble. Tu es effrayée, au fond de toi mais tu n'oses pas le montrer d'avantage. La bête semble se calmer au contact de ta voix. Ta main se pose sur son visage et l'animal gronde. Cela t'arraches à un nouveau un léger cri, faisant un pas en arrière.

« Il faut ouvrir la fenêtre… Il faut qu'elle puisse partir… »

Ces mots ainsi prononcés ne sont seulement que pour toi. Tu te détournes légèrement du monstre pour courir en direction d'une fenêtre pour l'ouvrir en grand. Une fois celle-ci ouverte, le monstre s'y engouffre et s'échappe sans la moindre résistance. Ils veulent tous ça. Reprendre leur liberté, s'échapper le plus loin possible de leur géniteur, rompre le lien originel.

« Je.. Je suis confuse, vraiment... »

Tu n'oses pas porter le regard sur le jeune homme à tes côtés. Tu refermes la fenêtre, observant le monstre s'enfuir loin du manoir, s'enfonçant dans la noirceur nocturne.

« Je ne pensais pas… »

Parole encore une fois suspendue alors que tu refermes un peu plus contre toi ton gilet en laine. Tu te rapproches à nouveau du jeune homme, dont le sang semble encore s'écouler du nez. Tu t'approches à nouveau et du bout de la manche, tu essuies ce liquide vermeille. Tu esquisses un léger sourire, n'osant poser la moindre question.

« Ils sont majoritairement inoffensif… Ils sont juste très … Effrayants… Il suffit de leur donner une issue de secours, et ils s'enfuient… Il ne vivra pas longtemps… Il devrait s'éteindre dans quelques heures, tout au plus… Il ne fera de mal à personne… »

Ces paroles sont à la fois pour le réconforter et te réconforter toi. Tu as toujours peur de ce qu'ils peuvent faire. Ils sont bien trop incontrôlables et tu ne saurais y faire face seule si les années ne t'avaient pas apprises à les dompter. Tu les connais. Voilà peut-être pourquoi tu peux agir si vite. Tu connais leurs réactions. Tu les as étudié. Tu as grandi avec eux. Ils ont les même peurs que toi, les même aspirations.

« Merci beaucoup… J'apprécie énormément votre aide… Merci... »

Un léger sourire esquissé et tu t'approches à nouveau de lui, déposant sur sa joue un baiser timide, pour remercier ton preux chevalier.

Un pas en arrière et tu regardes tout autour de vous.

« Qu'avez-vous fait pour le retenir ? »

Question terriblement indiscrète mais tu n'as su t'en empêcher. Te voilà rougir et détournant à nouveau le visage.
Made by Neon Demon



YOU MADE ME A BELIEVER

I was broken from a young age taking my soul into the masses, write down my poems for the few that looked at me, took to me, shook to me, feeling me
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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Mar 28 Mar - 8:15

Call my name and save me from the dark – Aisling


Darren eut un léger sursaut lorsqu’il sentit ce doigt passer sous son nez pour récolter son sang, et il jeta à peine un coup d’œil à la jeune femme qui venait d’agir de la sorte. Il devait rêver, il n’y avait pas d’autre explication possible. Est-ce qu’elle était réellement en train de simplement venir effacer cette trace de sang plutôt que d’essayer de l’aider ? Ceci était sans doute une forme d’aide qu’elle pouvait lui apporter, cependant, ce n’était pas ce dont il avait besoin, et il lui semblait qu’elle ne remarquait pas qu’il y avait quelque chose de beaucoup plus important à régler dans l’immédiat. Ne remarquait-elle pas le monstre près d’eux ? Ne sentait-elle-même pas ce qu’elle avait elle-même créé ? Darren serra un peu les dents, tenté de la prendre par les cheveux pour lui coller la tête contre son propre dessin, cependant, le claquement distinctif d’un champ de force cédant vint faire écho à ses oreilles, secouant son corps d’un choc brutal qu’il avait presque trop l’habitude de ressentir. Il chancela légèrement, prenant appuis sur la table près d’eux, le saignement de nez n’était pas près de s’arrêter, et il lui prenait maintenant un mal de crâne abominable.

Ne rien faire ? Ne pas se faire de mal ? Y aller… Doucement ?! Darren tapa du poing sur la table et lui jeta un regard mauvais, les dents serrées. Il venait de se donner tout ce mal pour essayer de sauver la peau de la jeune femme, et comment est-ce qu’elle le remerciait ? En lui disant d’y aller doucement ? Il lui semblait qu’elle éprouvait une sorte de fascination pour son propre fait, et lorsqu’elle bougea pour aller s’approcher de la créature, il se redressa un peu, bien tenté cette fois de simplement quitter la pièce. Cette chose avait grogné dans sa direction, et lui, qui était peureux comme peu de gens l’étaient, s’était fait la plus grande des violences pour protéger une inconnue qui ne le remercier qu’en lui disant que ce qu’il avait fait ne servait à rien, et en caressant la tête de cette abomination ! Darren songea que si cela venait à se reproduire, il n’aurait qu’à se contenter de retirer sa chaussure pour la lui envoyer en pleine face, réveil radical, et il ne se donnerait pas autant de mal. Il leva néanmoins un sourcil en l’entendant dire qu’il fallait ouvrir la fenêtre pour le laisser partir, et ses poils se dressèrent sur son corps. Oh, c’était une bonne façon de se débarrasser d’un problème, le mettre à la porte était techniquement régler le souci… Il jeta un regard à la fenêtre, qui lui semblait être à des kilomètres, et si elle n’y était pas allée, il n’aurait jamais eu la force de le faire.

Darren eut un rire teinté de mépris lorsqu’elle lui dit être confuse. C’était le moins qu’elle pouvait être effectivement, et il fut fortement tenté de repousser sa main lorsque cette dernière vint à nouveau essuyer le sang coulant de son nez, et si elle n’avait pas eu ce sourire gêné, il se serait sans doute emporté. Prenant une grande inspiration, il fit de son mieux pour prendre sur lui, et ne pas l’envoyer paître plus loin. Elle ne devait sans doute pas savoir comment réagir, et il pouvait pas l’en blâmer, il était le premier à ne plus savoir comment agir lorsqu’il faisait quelque chose de mal. Mais soudain, le coup de grâce. Inoffensif ? Oh, cette chose lui avait parut tout sauf inoffensive, et si un créature avait une sorte de révérence malsaine pour son maître, il doutait qu’il en soit de même en ce qui le concernait lui. Donc cette chose voulait fuir ? Très bien. Il pinça l’arrête de son nez, cherchant de toutes ses forces à ne pas s’emporter, en profitant pour essuyer une fois de plus, une des dernières goutte de sang s’échappant encore hors de son corps.  

- Oh, ça me rassure, vraiment. Dit-il sur un ton sarcastique au possible. Cette chose dehors ? Quoi de mieux ? Peut-être qu’elle te respecte parce que TU l’as créée, mais permets moi de douter du fait qu’elle soit inoffensive. Il serra les dents.

Il la regardait toujours d’un air mauvais, et il n’avait pas ressenti le besoin de se montrer poli comme elle l’était en le vouvoyant, il avait tellement envie d’utiliser ses dernières forces pour lui claquer un champ de force en pleine face qu’il expiait un peu comme il le pouvait. Ah, tout de même, elle venait le remercier, il se retint de feindre la surprise en lui assénant cyniquement qu’il était étonné de ne pas avoir tout fait de travers avec cette si adorable petite bête sans défenses. Puis, un baiser sur sa joue. Darren sentit sa haine à la fois se dédoubler et se tarir, dans une confrontation interne des plus improbables. En un sens, il ne supportait pas cette marque d’attention bien trop familière, et osée qui plus es. D’un autre côté, il manquait terriblement d’affection, et une partie de son esprit chérissait ce genre de démonstrations. Il garda donc simplement un visage impassible, la regardant de manière fermée. Puis, la dernière question. Darren roula des yeux. Il en avait assez de toute cette mascarade, et il n’avait qu’une envie : Quitter le manoir pour retourner chez lui, retrouver le confort de sa toute petite maison loin des autres. Que lui avait-il prit de vouloir se mêler à la population pour une fois ? Cela lui apprendrait, et il n’allait certainement pas retenter cela un jour. Il se redressa donc comme il le pu, tirant un peu sur sa chemise pour la discipliner légèrement. Un pas, puis deux... Non, son corps n’était pas encore en mesure de le supporter, et ses jambes le lâchèrent sournoisement, il se rattrapa par miracle, et alla finalement se laisser tomber dans le fauteuil le plus proche en grognant de douleur, sa tête ne voulait pas le laisser en paix, et tant qu’il essaierait encore de jouer avec la résistance de son corps, le sang ne cesserait pas de couler. Il essuya rageusement ce dernier d’un revers de main, l’étalant plus qu’autre chose, avant de secouer cette dernière, propulsant quelques gouttelettes ça et là autour de lui.

- Un champ de force. Marmonna-t-il finalement entre ses dents. Il faudrait peut-être songer à t’attacher la nuit, ça éviterait pas mal d’ennuis.

Il avait l’air à la fois boudeur et énervé, l’épuisement dans lequel il était n’aidant pas. Il passa de nouveau la main sous son nez et regarda le liquide carmin sur le bout de ses doigts dans un grand soupir. Il passa ensuite par réflexe ladite main dans ses cheveux pour les plaquer en arrière, y déposant quelques trainées de sang qui ne se mêlaient très bien à la couleur de ses derniers. Il appuya ses coudes sur ses genoux, relevant finalement la tête vers elle.

- Ton truc, ça marche que pour les monstres ? On fait quoi, on se demande chacun quelle et notre particularité, et ensuite on se tombe dans les bras en s’expliquant tour à tour à quel point ça nous a pourri la vie ? Pitié. Il fit claquer sa langue en soupirant. Bon. Tu sais quoi ? Désolé. On est partis du mauvais pied. Il mima une expression indiquant qu’il était prêt à faire de nouveau un sarcasme. Mais après tout, tu n’as rien fait d’autre que de risquer de me tuer. Oh non pas que ça déplairait à certains, mais tu vois, ça ne m’amuse pas, et je n’ai ni l’envie, ni la patience d’engager une conversation anodine après ce qui vient de se passer.

Il prit une nouvelle inspiration, détournant le regard. Il n’était pas surprenant qu’il n’ait pas d’amis ici, et que personne ne veuille s’approcher de lui, il était ainsi à chaque fois qu’il retournait dans sa boucle d’origine. Il s’était pourtant découvert une capacité certaine à être agréable, lors de son séjour en 2016, il avait même développé un certain sens de l’humour, chose dont il ne se croyait pas réellement capable. Il se redressa alors dans le fauteuil pour la regarder, on pouvait clairement voir sur son visage que ce qu’il allait dire semblait lui écorcher la langue.

- Je m’excuse. Dit-il donc sans mentir. J’ai eu peur, je suis fatigué, je ne suis pas habitué à parler aux autres, je me suis comporté comme un rustre. Il inspira bruyamment. Donc... Je crée des champs de force, et c’est comme ça que je l’ai retenu.

Il pinça un peu les lèvres, il fallait absolument qu’il apprenne à maitriser son mauvais caractère, cela devenait presque urgent. Il avait trop de rancœur, trop de haine et de sensation d’injustice au fond de lui, cela le rongeait et le rendait désagréable au possible. Il fallait qu’il relativise, elle n’avait pas cherché à mal, et n’était pas en train de le juger non plus. Elle s’était même montrée plutôt agréable avec lui au final, et c’était lui qui se montrait rustre en lui répondant de la sorte. Il commençait déjà à s’en vouloir, même  s’il n’en laissait rien paraître. Il s’agissait maintenant qu’il ne s’emporte pas à nouveau… Et qu’il surveille un peu son langage…


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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Mar 28 Mar - 22:31

Call my name and save me from the dark
Aisling & Darren


Plus de frayeurs que de mal. Encore une fois. Ton coeur est encore engagé dans sa course folle. Il ne parvient à retrouver un rythme apaisé. Tout s'est enchaîné trop vite, tu n'as pas été capable de réellement comprendre ce qu'il se passait. Tout s'est enchaîné rapidement et tu n'as pas eu le temps de réfléchir. Il fallait agir, et le plus tôt possible. Tu sais, après un certain nombre d'années, comment prendre en main ce genre de situation. Tu sais mieux que personne comment manipuler ces choses que tu engendres et tu n'apprécies que très peu que des individus extérieurs à ta situation décident ce qu'il y a de mieux à faire face à ce type d'urgence. Tu as avant tout l'habitude d'être seule à devoir arranger les choses.

Tu te sentais envahie d'un profond sentiment de remord à l'égard de ce jeune homme présent au mauvais endroit au mauvais moment. Cachée derrière quelques mèches rebelles qui te tombent sur le visage, tu ne peux t'empêcher de regarder cet homme soudainement si fragile, visiblement affaiblit. Il te faut te faire violence pour ne pas t'approcher de lui et le retenir. Ta présence à ses côtés n'est pas désirée, tu le sens. Tu aimerais pouvoir partir et simplement oublier cet incident mais tu n'oses pas couper court à cette conversation. Tu ressens le besoin de te justifier.

« Oh, ça me rassure, vraiment. Cette chose dehors ? Quoi de mieux ? Peut-être qu’elle te respecte parce que TU l’as créée, mais permets moi de douter du fait qu’elle soit inoffensive. »

Tu détournes le regard, ne laissant voir à quel point ses paroles te décontenancent. Ton estomac se noue. Sans même apercevoir son visage, tu sens au ton de sa voix la colère qu'il ressent. Il se contient. Au moins a-t-il la descende de faire l'effort de se contenir. Tu peux au moins lui accorder cela, même si tu ressens, à entendre ses paroles, une profonde injustice. Il s'acharne. Tu n'attendais pas des excuses, certes, mais tu n'attendais pas une telle vague de haine.

« Que voulez-vous que je vous dise… ? Elle va mourir.. Ils ne peuvent pas survivre en s'éloignant trop du dessin initial... »

Voix douce, qui cache soigneusement le sentiment de honte que tu ressens. Ta voix peine à être convaincante. Tu n'as pu observer qu'à de très faibles reprises la mort rapide de certaines créations, tenues trop à l'écart de leur lieu de naissance, mais tu ne sais pas comment fonctionne ce lien exactement. Inversement, tu ne saurais comment ôter la vie à un être façonné entre tes mains habiles. Tu regardes celles-ci, les serre l'une contre l'autre, les étire. Tu aimerais parfois ne pas avoir cette particularité. Mais tu n'y peux rien. Tu ne connais si son commencement, ni ses limites. Tu comprends si peu de choses.Ses mains à lui viennent essuyer avec rage ce sang qui perle à nouveau de sa narine et tu esquisses un pauvre sourire en observant ce geste. Un enfant. Tu as l'impression de voir un enfant face à toi, s'essuyant le nez instinctivement, sans penser à la bienséance, à la nécessité d'utiliser un mouchoir pour de telles entreprises. Mais ici, c'est la rage qui guide les gestes. C'est un mouvement sec, rapide.

« Un champ de force. Il faudrait peut-être songer à t’attacher la nuit, ça éviterait pas mal d’ennuis. »

Cette fois-ci, c'est plus fort que toi. Ton visage trahit ta surprise et le douleur ressentie des suites de cette phrase. La folie. Tu as l'impression de revenir des années en arrière, quand tu étais toute jeune et que tout le monde autour de toi était effrayé par ce dont tu étais capable. Des larmes perlent le long de tes joues. Tu te tournes, évitant de donner satisfaction au jeune homme. Peut-être est-il simplement vexée, en colère, et peut-être ne trouve-t-il d'autre exutoire que de te rejeter la faute dessus. Mais qui pourrait le blâmer ? Pas même toi. Ta main vient cacher ta bouche, couvrir tes sanglots. Non, tu ne veux pas qu'il l'entende. Tu t'éloignes un peu plus, approchant ton corps au plus près de la fenêtre, fermant les yeux pour tenter de te calmer. Impossible. Tu préfères ne rien répondre. Oubliant un instant sa présence et te plongeant dans cette honte sournoise. Elle te hante, depuis des années. Elle est ta plus fidèle compagne. Et pourtant, aujourd'hui encore il est dur d'engager un quelconque contact avec elle. S'adresser à elle, c'est faire renaître les fantômes d'un passé pourtant si lointain. C'est rouvrir une plaie béante et s'étonner devant le néant d'une existence, d'une identité niée.

« Ton truc, ça marche que pour les monstres ? On fait quoi, on se demande chacun quelle et notre particularité, et ensuite on se tombe dans les bras en s’expliquant tour à tour à quel point ça nous a pourri la vie ? Pitié. Bon. Tu sais quoi ? Désolé. On est partis du mauvais pied.Mais après tout, tu n’as rien fait d’autre que de risquer de me tuer. Oh non pas que ça déplairait à certains, mais tu vois, ça ne m’amuse pas, et je n’ai ni l’envie, ni la patience d’engager une conversation anodine après ce qui vient de se passer. »

Tu aimerais lui hurler de se taire mais tu te contiens, tu fais le dos rond, te referme sur toi-même, écoutant ces paroles lointaines comme issues de ton passé. Il aurait pu prendre la forme de n'importe qu'elle autre personne. Il aurait pu être ta nourrice, si effrayée par tes créations farfelues. Il est ta propre conscience, te hurlant ce sentiment de dégoût que ta particularité provoque en toi.  Tu n'oses plus bouger, le corps entièrement figé par les tremblements que tu tentes de maîtriser. Tu ne saurais te concentrer sur autre chose que sur la nécessité absolue de te maintenir ici droite. Ton corps ne doit pas vaciller. Surtout pas. Tu t'appuies contre le mur.

« Je m’excuse. J’ai eu peur, je suis fatigué, je ne suis pas habitué à parler aux autres, je me suis comporté comme un rustre. Donc... Je crée des champs de force, et c’est comme ça que je l’ai retenu. »

Une grande inspiration. Il s'excuse. Tu parviens difficilement à le croire. Pourtant, tu ne peux t'empêcher de lui laisser le bénéfice du doute, et une fois calmée, tu te tournes à nouveau vers lui, le visage sûrement rougit par les larmes.

« Ne vous excusez pas. Je… Je suis désolée… »

Tu ne sais que dire. Les excuses paraissent si veines, quand bien même elles sont profondément sincères. Tu as honte et tu ne saurais t'en cacher.

« Je vous remercie, vraiment. » Tu hoches la tête, pour t'en convaincre un peu plus, plongeant ton regard dans le sien. « Je ne sais pas comment j'aurais fais si vous n'aviez pas été là. »

Il fallait reconnaître qu'il t'avait aidé. Cela était indéniable et rien ne pourrait le nier, pas même la facilité avec laquelle tu t'es débarrassée de ce monstre.

« J'ai besoin d'un verre… Souhaiteriez-vous boire quelque chose ? »

La voici, la conversation banale à laquelle il ne voulait pas se confronter. Mais tes difficultés à parler de ta particularité te poussaient à détourner la conversation.Saura-t-il le percevoir ? Malgré toute la bonne volonté, tu ne peux te persuader de cela. Il ne voudra pas changer de sujet, le maintiendra avec hargne au coeur de la conversation, te forçant à en parler, à avouer tes faits, à te confesser.

« Je sais ce que vous pensez. J'ai bien compris. J'ai compris votre mépris, et celui-ci est on ne peut plus justifié, je vous l'assure. Mais je vous en prie, cessez … Cessez d'en parler. Je ne saurais vous apporter plus que ce que vous n'avez pu déjà observer. Je ne sais pas… Je ne sais pas en parler. »

Ces derniers mots, prononcés en un souffle s'évapore avec honte entre tes lèvres. Tu prends à nouveau une grande inspiration.

« Je suis inoffensive, en dehors de… En dehors de mon somnambulisme. Je ne saurais le prévoir. Je suis sincèrement désolée que vous ayez eu à y assister. »

Tu hoches la tête, lances finalement ta chevelure en arrière et dans un mouvement gracieux, qui compense ton profond malaise, tu te diriges en direction d'une petite table sur laquelle sont disposées de nombreuses bouteilles. Tu te saisis d'un verre en cristal dans un geste léger, le remplissant d'un whisky quelconque et le portant finalement à tes lèvres pour en boire une gorgée rapidement.
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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Mer 29 Mar - 8:00

Call my name and save me from the dark – Aisling


Darren tourna une fois sa langue dans sa bouche dans une moue mécontente. Non, il n’allait pas s’excuser d’avoir réagit de la sorte, quand bien même il avait été désagréable. Il savait qu’il devait se contenir, et faisait de son mieux pour ne pas être le rejeton absurde et incontrôlable que sa mère avait toujours déploré d’avoir. Il n’en faisait qu’à sa tête, et avait toujours eu un immense mal à maitriser son sale caractère en situation de stress. De plus, il était tout bonnement épuisé, et cela n’allait pas aidant non plus. Il voulait bien faire ce qu’il pouvait, prendre une grande inspiration et se calmer, mais il avait aussi du mal à supporter le ton de la jeune femme. Que voulait-il qu’elle lui dise ? Est-ce que cette question était sérieuse ? Il n’avait pas envie qu’elle dise quoi que ce soit, et même si elle ne le connaissait pas et ne savait donc pas la meilleure attitude à avoir, il aurait mieux valu qu’elle le laisse ruminer dans son coin, jusqu’à ce que la colère découlant de la frayeur qu’il avait eue ne se tarisse. Il fut néanmoins intéressé par le fait que la créature qu’elle avait créée ne puisse pas survivre longtemps loin du dessin, et s’il n’en laissa rien paraître, il était fasciné.

Cela ne l’avait néanmoins pas empêché d’être cinglant, une nouvelle fois, mais il fallait dire aussi, qu’à son attitude, elle ne faisait rien d’autre qu’entretenir sa haine. Qu’elle se taise. Il voulait qu’elle se taise, qu’elle n’ajoute rien, elle le renvoyait seulement à ce qu’il était lorsqu’elle ouvrait la bouche. Il sentait qu’il s’emportait, il avait conscience que cela n’avait pas lieu d’être, et cette simple constatation faisait qu’il s’énervait plus encore. C’était une boucle vicieuse dont il ne saurait sortir tant qu’il ne se serait pas calmé. C’était la même boucle, transposée à de la peur, qui l’avait empêchée de pour une fois, se comporter en l’homme qu’il aurait dû être et de se rebeller, lorsqu’on lui avait donné des ordres dans le Freak Show. Sa mère lui avait toujours reproché d’être immature, et de ne pas voir plus loin que le bout de son nez. A sa grande honte, il se devait d’admettre qu’elle avait raison. Les années passant dans la boucle n’avaient pas aidé, dans sa grande immaturité devenue plus flagrante que jamais, il s’était peu à peu refermé sur lui-même, et avait plongé. Il s’était noyé dans sa propre haine, et dans sa propre honte. Il ne supportait que très peu son reflet dans le miroir, il n’était rien d’autre qu’un pantin vide de sens, et lorsque le bout de verre lui renvoyait cette image d’un jeune homme aux traits pourtant doux, il ne voyait que de la décrépitude. Le miroir lui renvoyait ce qu’il était vraiment, et cela le terrifiait. A l’instar du portrait de Dorian Gray, il se voyait tel celui qu’il aurait dû être, et cette vision lui donnait la nausée. Il songea non sans amertume, que au moins, le reflet était devenu un peu moins laid, après son passage par la boucle de deux mille seize, mais il se doutait que s’il allait s’observer présentement, il n’aurait rien à envier à ce monstre qui venait de sortir par la fenêtre.

Il releva les yeux vers la jeune femme près de la fenêtre et un soupir lui échappa. Voilà qu’il la faisait pleurer maintenant, il avait tout gagné. Il sortit finalement un mouchoir de tissus de sa poche, se comportant ainsi enfin en personne civilisée et épongea un peu le sang qui restait sous son nez, qu’il sentait sécher au fur et à mesure. Il ne coulait plus, mais il ne tenait pas à conserver cela sur son visage. Il avait très peu d’estime de sa propre personne, mais il s’agissait là de respect pour d’autres. Que penserait un enfant le voyant comme cela ? Se dirait-il tout simplement que c’était un bien étrange maquillage qu’il portait là, ou est-ce qu’il serait terrifié à l’idée de ce qu’il avait pu arriver, les enfants avaient une imagination fertile, et il se rappelait s’être lui-même inventé des histoires, lorsque enfant, il voyait quelqu’un revenir le nez en sang. Il voyait des dragons et des trolls, où la vérité se situait dans le fond d’une bouteille pour laquelle les hommes dans toute leur splendeur, s’étaient battus jusqu’au sang, alcool aidant.

Bien, une fois de plus, il ne fallait pas qu’il s’emporte, et les yeux gonflés et rouge de la jeune femme l’y aidèrent. Il venait de s’excuser, il l’avait fait avec tout le calme et l’aplomb dont il était capable, et encore se permettait-elle de lui dire de ne pas s’excuser ? Alors même qu’il avait été odieux avec elle, même lui s’en rendait compte. Il se surprit soudain à la prendre en pitié, et à se dire que cette jeune femme devait être bien faible, pour ainsi s’aplatir quoi qu’il en coûte. Ce n’était pas non plus comme si elle avait fait exprès de créer ce monstre, il en avait conscience, même s’il le lui avait reproché. Qu’il se sentait stupide maintenant… Il plia son mouchoir souillé pour le poser sur ses genoux, jouant avec un des angles comme pour se donner une contenance. Un verre ? Oui, il en avait besoin.

- Avec plaisir. Dit-il donc dans un marmonnement, ouvrant de nouveau la bouche. Eh, t’excuse pas, arrête de te prendre la tête, on dira qu’il s’est rien passé. Il regarda ailleurs, se levant en prenant appuis sur une des tables. Sans moi ton truc aurait sans doute tout saccagé pour essayer de sortir. Il s’approchait doucement de la table avec les bouteilles. Je vais peut-être dire quelque chose de stupide mais… T’as déjà pensé à juste déchirer le dessin ? S’ils peuvent pas survivre loin, ça se trouve si le modèle est détruit…

Darren haussa une épaule, il voulait bien l’avoir, cette conversation banale au final. Il se sentait terriblement coupable de l’avoir fait pleurer, et il se sentait idiot. Il s’arrêta sur le chemin, s’appuyant un peu sur la table la plus proche. Il se sentait faible, et se demandait si un verre était une bonne idée. Il prit une grande inspiration, décidant que oui, cela l’était. Il se redressa essayant de faire bonne figure du mieux qu’il le pouvait. Il regarda en direction de sa place initiale, se disant que sa pipe était décidément bien loin. Il allait faire quelques pas dans cette direction lorsqu’elle parla de nouveau, et son corps se tendit instantanément. Qu’est-ce qu’elle croyait savoir, à propos de ce qu’il pensait ? Du mépris ? Non, ce n’était pas du mépris, ce n’était que l’image qu’il voulait en donner. Il ne la méprisait pas pour ce qu’elle était et ce qu’elle avait fait, il se méprisait lui-même pour être incapable d’évoluer, et ce mépris, dans un réflexe immature et purement défensif, transparaissait dans ses paroles à son égard. Il soupira donc et alla chercher sa pipe, la laissant continuer son petit discours avant de revenir vers elle, et donc vers la table à alcool.

- Je te méprise pas. Il haussa les épaules. Et tu pourrais me tutoyer aussi, la bienséance, tu sais, moi… Il eut un petit sourire, il essayait de la détendre, mais surtout de se racheter, maintenant que la peur était retombée, la colère la suivait, laissant place à la culpabilité. Je vais pas étaler ça pendant des heures, ton truc ça m’a fait peur, alors j’ai réagit comme un idiot. Il pinça les lèvres, essayant de se reprendre. Hm. Excuse moi, je reviens de deux mille seize, je crois bien avoir prit une mauvaise habitude de langage là bas, je n’étais déjà pas bien doué en communication mondaine, ça ne m’a pas aidé.

Il eut un sourire en coin et leva le verre qu’il venait de se servir, avant de le porter à ses lèvres pour le finir d’une traite, le whisky venant divinement brûler son œsophage et sa langue. Il se resservit un verre qu’il posa cette fois après une simple gorgée, avant de préparer sa pipe. Non, il n’allait pas revenir sur le sujet, puisqu’elle n’avait pas envie qu’il en parle, il n’allait pas prendre le risque de la faire pleurer une fois de plus. Il alluma donc sa pipe, récupérant son verre pour aller s’asseoir, la tête lui tournait toujours un peu, même si étrangement, le verre plein de whisky qu’il s’était envoyé au fond du gosier avait aidé.

- Sinon… Je m’appelle Darren. Dit-il sans la regarder, et parce qu’il ne savait pas quoi dire d’autre. Je trouvais injuste d’être le seul à connaître le nom de l’autre.

Il semblait toujours énervé, avec son visage fermé et son regard fuyant, mais c’était l’image que la honte prenait sur lui. Elle voulait parler de banalités ? Il faudrait qu’elle lance la conversation, car lui en était bien incapable…
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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Ven 31 Mar - 22:24

Call my name and save me from the dark
Aisling & Darren


Plus les années passaient et plus ce don s'avérait étrangement incontrôlable. Peut-être est-ce puisque tu t'acharnes à le cacher à la vue de tous. Très peu de personnes sont réellement au courant de ton don. Et tu ne t'en plains pas, bien au contraire. Il est plus aisé de cacher une telle chose. Il suffit que ces individus ne soient jamais en ta présence lors d'une crise de somnambulisme. Les seuls instants de faiblesse. Et ce jeune homme devait se trouver sur ton chemin. Que ce soit le hasard ou le destin, c'était une situation extrêmement désagréable. Tu aimerais pouvoir tout lui faire oublier. Désormais, il était dans la confidence. Il savait pour ton don et que tu le souhaites ou non, tu allais devoir lui faire confiance. Il devait conserver cet accident pour lui. Ne le conter à personne, pas même à ses amis les plus proches. Tu ne saurais étendre ta confiance. Tu ne serais faire confiance à des inconnus. Malgré toi, cet homme connaissait désormais ton secret le mieux gardé.

Son visage était encore celui d'un jeune homme, fauché dans la fleur de l'âge. A y regarder de plus prêt, on y découvrait les traits d'un homme endurcit, probablement heurté par la vie. Pourtant, il conservait dans les yeux cette flamme de la fougueuse jeunesse. Il était impressionnant, et gorgé d'une fierté incroyable. Il était admirable, derrière ses grands discours éloquents, effrayants. Il était difficile de douter de la sagesse qui se cachait derrière ce masque de méchant. Non, il ne te trompait pas. Malgré les blessures infligées par sa fermeté, il fallait lui reconnaître cette carrure. Il semblait étrangement fragile, alors qu'il essuyait le sang de son nez. Au fond de toi, tu ressentais ce besoin quelque peu incompréhensible de le protéger, que de t'en protéger. Il était inoffensif. Tu l'espérais essentiellement.

« Avec plaisir. Eh, t’excuse pas, arrête de te prendre la tête, on dira qu’il s’est rien passé. Sans moi ton truc aurait sans doute tout saccagé pour essayer de sortir.Je vais peut-être dire quelque chose de stupide mais… T’as déjà pensé à juste déchirer le dessin ? S’ils peuvent pas survivre loin, ça se trouve si le modèle est détruit… »

Tu ne faisais pas forcément attention à Darren. Pourtant, sa voix trahissait une certaine fatigue physique. Tu ne pouvais t'empêcher de t'en vouloir mais, versant avec attention le précieux alcool dans un verre.

« D'autant plus que je ne me serais sûrement pas réveillée... Ajoutes-tu en hochant la tête. Non, je n'y avais jamais vraiment pensé. Disons que… J'en ai toujours eu plus ou moins peur. Je n'ai pas expérimenté les limites de ce que je pouvais faire. »

Tu esquisses un léger sourire, plus pour toi que pour ton compagnon. Son idée n'était pas ridicule, loin de là. Et peut-être fallait-il l'envisager. Ta peur avait prit des proportions gigantesques, si bien que parler de ce don était devenu complexe. L'évoquer était désormais banni de tout sujet de conversation. Tu ne pouvais risquer de mettre en danger les personnes autour de toi. Dessiner était exclusivement une activité personnelle. Nul devait en avoir vent. Tu aimais conserver ce mystère, il semblait tellement protecteur.

« Je te méprise pas. Et tu pourrais me tutoyer aussi, la bienséance, tu sais, moi…Je vais pas étaler ça pendant des heures, ton truc ça m’a fait peur, alors j’ai réagit comme un idiot. Hm. Excuse moi, je reviens de deux mille seize, je crois bien avoir prit une mauvaise habitude de langage là bas, je n’étais déjà pas bien doué en communication mondaine, ça ne m’a pas aidé. »

Tu te tournes en direction du jeune homme, levant ton verre à ton tour, accompagnant ton geste un léger rire, dissimulé par une gorgée de whisky.

« Pardon, je conserve encore mes vieilles habitudes. Cela doit être terriblement barbant quand on revient comme toi d'une boucle aux mœurs fondamentalement différentes. Mais ne t'en fais pas, cela ne me dérange pas, bien au contraire. C'est agréable ».

Les voyages te manquaient. Tu avais particulièrement aimé visiter la boucle de 2016. Tu sais pertinemment que c'est ce dépaysement fondamental qui t'as le plus attiré dans cette époque. Tu en conserves d'excellents souvenirs. Peut-être y retourneras-tu un jour. Tu as tout le temps que tu souhaites après tout.

« Tu as apprécié cette boucle ? »

Question stupide, mais curiosité mal placée. Tu avales une gorgée de plus de ton verre, laissant ton palais savourer la moindre teinte de ce breuvage. Voilà bien des années que l'alcool te rebute mais au vu des événements de la soirée, tu en ressens le besoin. Tu tousses néanmoins légèrement après la deuxième gorgée, préférant sagement reposer le verre sur la petite table devant vous pour t’asseoir dans le fauteuil situé à côté de celle-ci, croisant par la même occasion tes jambes, posant ta tête contre le dossier de celui-ci pour diriger ton regard vers le jeune roux à tes côtés. Il était amusant de l'observer la pipe coincée entre les lèvres. Cela correspondait si peu à l'image qu'il renvoyait. C'en était d'autant plus attendrissant.

« Sinon… Je m’appelle Darren. Je trouvais injuste d’être le seul à connaître le nom de l’autre. »


Tu esquisses un léger sourire, fermant les yeux, laissant ainsi la possibilité à ton esprit de se saisir entièrement de la tonalité de ce nom à peine prononcé. Il était la promesse de quelque chose de plus grand, d'un secret à jamais sceller entre vous deux.

« Enchantée, alors. A nouveau un sourire teinte ton visage. Comment connaissais-tu le miens ? »

Curieuse question, si peu de rigueur, mais peu t'en importait. Il était tard et vous n'étiez désormais que deux âmes éreintées.

« Je peux être indiscrète ? Depuis quand es-tu revenu en 1873 ? Cette autre boucle ne te convenait pas ? »

Tu rougissais déjà de cette terrible indiscrétion. Mais tu souhaitais connaître un peu plus ce jeune homme. L'émotion retombée, il était d'une étonnante compagnie. Celle-ci n'était pas désagréable. Au contraire. Elle ajoutait de l'animation à ta vie si plate.

« Je ne saurais dire si je la préfère à la nôtre. Elle est… Différente. Le monde semble si libre à cette époque. »

Tu esquisses un léger sourire alors que tu détournes le regard sur le livre griffonné posé encore sur la table basse là où tu étais assise auparavant. Tu ressens un étrange besoin de dessiner à nouveau. Cela serait terriblement inconscient, mais tu aimerais pouvoir lui montrer ce que tu sais faire d'autres, en dehors de ces terribles hallucinations.
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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Lun 3 Avr - 21:59

Call my name and save me from the dark – Aisling



Darren n'osait pas tant relever le regard vers Aisling, il n'était pas méchant avec elle par pure cruauté, il s'en sentait presque obligé, pour se protéger, pour mettre des barrières, pour qu'elle ne devienne pas proche de lui, et qu'elle ne vienne pas à le fuit, lorsqu'elle découvrirait ce qu'il avait fait. Cette honte qui le rongeait de l'intérieur depuis des années l'avait rendu aigri, et il se faisait souvent la réflexion que s'il n'en avait pas l'air physiquement, il devait parfois sonner comme un vieil homme qui n'attendait plus rien de la vie, et qui ne faisait pas l'effort d'essayer de rendre cette dernière plus belle. A sa grande honte, il se devait bien d'avouer que ce n'était pas très loin de la réalité, à la majeure différence qu'il n'était non pas sans volonté, mais sans savoir. Il ne comprenait pas, ne savait pas par où commencer, il ne se disait pas qu'il réussirait à y arriver, à passer au dessus de tous ces jugements, parce qu'il estimait que cela devait venir des autres. Un réflexion proprement immature, qu'on lui avait parfois reproché, et encore une fois, dans toute son immaturité flagrante, il s'était contenté de se refermer sur lui-même et de ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Cependant... Cependant les choses commençaient à changer, il avait goûté à de meilleures choses en deux mille seize, s'était senti plus libre, et le travail qu'il devait faire sur lui-même lui paraissait de plus en plus clair, même s'il restait toujours en grande partie dans le noir. C'était ce désir d'évolution, en plus de la culpabilité et de la fatigue, qui l'avait poussé à aller vers Aisling, à l'autoriser à faire un pas, à lui parler, comme il aurait pu le faire dans l'autre boucle, alors qu'habituellement, il se contentait de faire fuir tout le monde avec ses remarques acerbes. Il n'en restait pas moins mature sur certains point, pratiquement tout le reste, au final, il fallait seulement qu'il fasse un effort en ce qui concernait la communication avec les autres, et cela commençait ici.

Il avait alors seulement hoché la tête pour la femme près de lui, lorsqu'elle lui avait indiqué qu'elle ne se serait sans doute pas réveillée. Il trouvait cela improbable, mais ne connaissant pas la manière de fonctionner de sa particularité, il ne pouvait pas en juger. Lorsque lui générait un champ de force, il avait l'impression d'entendre un roulement de tonnerre sourd résonner à ses oreilles, et une telle sensation l'aurait réveillé à coup sûr, s'il avait utilisé son don en dormant. Il ne comprenait cependant pas la peur qu'elle avait de son don, qu'il pensait quand même très intéressant.

- Dessine quelque chose. Dit-il en haussant les épaules. Un lapin, je sais pas, ce que tu veux, quelque chose de pas menaçant, et tu déchires la feuille pour le test.

Il haussa de nouveau les épaules, comme si ce qu'il disait n'avait pas la moindre forme d'importance. Il essayait de l'aider à sa hauteur, mais il n'avait jamais été quelqu'un de très doué à ce sujet, malgré tous les efforts qu'il puisse essayer de faire. Il n'était pas mauvais dans le fond, contrairement à ce que beaucoup de personnes semblaient croire autour de lui, et malgré le fait qu'il s'attachait fortement à donner cette impression. Il releva néanmoins la tête vers Aisling avec un léger sourire en coin. Barbante ? Non, il n'aurait pas dit les choses ainsi, lui, se sentait plutôt chez lui, lorsqu'il entendait quelqu'un parler de la sorte, et il ne s'en ennuyait pas. Il préférait, en somme, que chacun s'exprime comme il l'entendait.

- Tu sais, je m'en fiche. Il prit une bouffée de fumée de sa pipe. Tu n'es pas barbante, ou je ne sais quoi, j'ai l'habitude des manières comme les tiennes, ça me perturbe pas.

Il essaya de lui offrir un petit sourire qui s'effaça avec la suite des paroles de la jeune femme. S'il avait aimé cette boucle ? Il en était même tombé amoureux, s'il devait être honnête. Avoir tant de libertés, ne plus avoir à porter ces vêtements qu'il avait qu'il jugeait maintenant totalement inconfortables, il ne supportait pas de devoir rester dans l'ombre, et surtout, il avait laissé derrière lui des personnes qui lui manquaient plus que tout au monde. Il préféra donc ne pas répondre à cette question, de peur de se montrer trop sentimental. Il sentait son cœur se serrer, rien que d'y penser. Il avait conscience qu'il devait régler ses problèmes ici avant de pouvoir retourner en deux mille seize et pouvoir enfin, s'y adapter réellement, mais cela ne rendait pas la chose plus aisée pour autant. Il s'ennuyait, le soir, dans son lit. Il se demandait s'il allait avoir la surprise de voir Daphné arriver pour lui grimper dessus sans vergogne, ce qui l'aurait fait rire, et la demoiselle le savait bien. Il se demandait s'il pourrait entendre Gustave lui dire de sortir ses fesses de sous ses couettes et de se faire beau, qu'ils sortaient et qu'ils allaient tous deux ne pas rentrer seuls. Il se demandait s'il verrait un petit rouge gorge venir taper doucement à sa vitre, pour finalement le laisser entrer et passer une soirée plus ou moins mouvementée en compagnie de Morgan... Ici, il savait que les nuits ne faisaient que se faire silencieuses, et qu'il n'aurait de réponse à ses prières, qu'une indifférence presque cruelle. Il n'aurait que le son étouffé de quelques pas dans la neige, de quelques voix qui étaient presque silencieuses à cause de la même poudreuse faisant son manteau blanc au sol. Darren avait alors seulement hoché la tête, pour ne pas laisser la question sans réponse, mais ses doigts serrés sur son verre et la manière qu'il avait de tirer frénétiquement sur sa pipe ne disait rien qui vaille. Il fut finalement soulagé d'entendre Aisling changer de sujet, soulagement, qui fut pourtant bien vite balayé.

- Je l'ai entendu quelque part, j'oublie rarement les prénoms. Peut-être que j'ai entendu quelqu'un te parler un jour... Je saurais pas te dire. Marmonna-t-il en plongeant le nez dans son verre. Et tu sais quoi ? Je vois pas pourquoi tu me demandes la permission d'être indiscrète si tu comptes l'être de toute manière.

Il fit claquer sa langue en signe d'agacement et alla s'installer dans le fauteuil le plus proche. Il roula ensuite des yeux. Une fois encore, il avait été incapable de maîtriser son mauvais caractère, et tout cela parce qu'il était blessé. Aisling n'avait pas voulu être désagréable avec lui, il le savait, et pourtant cela ne l'avait pas empêché de se montrer une fois de plus odieux. Il n'aurait plus manqué qu'elle se remette à pleurer. Cependant, non, il n'allait pas passer la soirée à s'excuser pour le moindre de ses faits et gestes, et il regarda juste en direction du livre griffonné, qu'il désigna du menton.

- Vas-y, dessine, tu en meurs d'envie. Dit-il plus agréablement. J'aimerais autant pas parler des raisons de mon départ de deux mille seize... C'est pas évident pour moi d'en parler, et j'ai pas envie de le faire.

Il haussa les épaules et prit une nouvelle gorgée, il essayait de faire comme si de rien n'était, mais ses yeux étaient un peu humides, et ils trahissaient le fond de sa pensée. Il inspira profondément, et se permit finalement de lui faire un petit sourire, il essayait de lui montrer, plus par les gestes que par les mots, qu'il allait bien, qu'elle n'avait pas fait d'erreur, et de simplement continuer. Il ne lui en voulait pas, il avait parlé de deux mille seize le premier, il ne s'était pas douté qu'elle rebondirait autant dessus, juste qu'elle assimile l'information mais... La curiosité n'est-ce pas ? Il n'aurait pas pu la blâmer sur ce point, il aurait été très mal placé pour ce faire, et totalement hypocrite. Darren retint un soupir qui aurait trahi son agacement, et qui aurait pu être mal interprété. Il en avait assez de lui-même, de la complexité de son esprit, pas de la jeune femme elle-même, or cela aurait été exactement l'image qu'il aurait donné. Il se redressa donc un peu, regardant le livre avec intérêt, il préférait qu'ils changent de sujet, et portait donc son attention ailleurs.

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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Ven 28 Avr - 22:24

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Il t'était agréable d'être à ses côtés. Émanait de lui une chaleur incroyable. C'était un homme au tempérament bouillonnant. Il était aisé de l'imaginer sous les traits d'un volcan grondant. C'était précisément cet effet qu'il exerçait sur toi. Incapable, fragile, effrayée. Impossible de tenir face à un volcan sans ciller. Fascinée par un tel spectacle, tu admires cette force de la nature à la chevelure de feu. Etrange que tu ne fus que si peu en adéquation avec la nature volcanique qu'impliquerait une chevelure couleur du feu. Bizarre que tu ressentis plus une parenté avec les éléments aquatiques. Il était si aisé de voir le calme dans les signons d'une mer calme que dans les courbes sinueuses d'une flamme. Il te donnait la très forte impression d'être inaccessible, fermé sur lui même, impénétrable. Et tu ne ressentais pas le besoin immédiat de rompre la limite qu'il avait lui-même imposé entre vous deux. Pourquoi le ferais-tu ? Peur irrémédiable de se brûler à cet être que tu connais à peine. Ses mots faisaient pour toi l'effet d'un brasier embrassant une main tendue aveuglément. Il t'était impossible pourtant d'ôter cette main. C'est hypnotique. Cette sensation d'interdit, et cette légère douleur. Impossible d'y résister. Tu défailles, te décomposes. Impossible de survivre à ses joutes verbales. Détourner la conversation est sans doute la seule issue possible à un combat à armes inégales.

« Dessine quelque chose. Un lapin, je sais pas, ce que tu veux, quelque chose de pas menaçant, et tu déchires la feuille pour le test. »

Tu hoches la tête. Tuer, de sang froid, une de tes créatures. Impensable. Tu sentais d'ors et déjà ton coeur se briser à mesure que le papier se déchire. Le sifflement du papier séparé raisonne déjà en toi. Impossible d'y faire face. Tu en trembles. Tu fermes un instant les yeux. Comment pourrais-tu ôter la vie, toi, humble génitrice ? Infanticide. Le mot fait échos à des tas de légendes imagées. Destin brisé à la manière d’œdipe. Quand l'enfant tue le père. Et si tes enfants étaient un danger à ta propre sécurité ? Jamais tu n'avais prononcer à haute voix cette possibilité. Non, ils sont inoffensifs. Ce sont des êtres de papiers et leur mort est très certainement irrévocable. Comme tout être ils sont damnés. Punition divine d'une mortalité certaine. Mais oserais-tu, toi, être le souffle de la Faucheuse ? Ta main innocente pourrait-elle supporter une telle charge ? Question interdite, sur le bout des lèvres. A-t-il déjà tuer ? Sait-il ce que l'on ressent à faire cela ? Murmure démoniaque, proche du péché originel, pulsion mortuaire. Peut-être ressent-on bien quelque chose à ôter la vie d'autrui. Est-ce du plaisir ? De l'angoisse, de la crainte ? Ou une certaine satisfaction ? Peut-on vivre après avoir vu la mort ?

« Je pense que … Je serais uniquement capable de le faire si tu restes à mes côtés. J'aurais trop peur de le faire seule. »

Il fallait que le démon sur ton épaule conserve sa place à tes côtés. Tu ne pouvais affronter le regard divin sans une épaule sur laquelle te reposer par la suite. Il fallait qu'il soit là. Il devait être témoin de cet acte infâme. Tu allais tuer ta création, tel Frankenstein ôtant la vie de sa monstrueuse progéniture.

« Tu sais, je m'en fiche. Tu n'es pas barbante, ou je ne sais quoi, j'ai l'habitude des manières comme les tiennes, ça me perturbe pas. »

Tu esquisses un sourire, faisant échos à celui qui illumine rapidement son visage. Le feu s'est apaisé et le brasier crépite. Le feu s'éteint, doucement. Reste encore cette douce chaleur dans l'âtre. Tu te sens quelque peu soulagée. Tu apprécies sa présence et tu espérais que l'inverse soit tout aussi valable. Tu n'aurais su comment faire pour cacher tes origines, maintenant que celui-ci était bien plus qu'au courant de ta particularité. Impossible de lui mentir alors qu'il t'a vu dans ta nudité la plus intime. Être littéralement nue serait un inconvénient moindre que cette situation. Tu as toujours préféré cacher ton identité. Il est tellement plus aisé d'agir à couvert que de s'ouvrir aux autres.

« Cela me rassure. Mais c'est agréable d'entendre un langage moins fleurit que celui qui devrait être le nôtre au vu de notre période. Néanmoins avec toutes ces histoires de boucles, j'avoue ne plus accorder autant de valeur aux vieilles traditions que devraient porter ces périodes dans lesquelles nous vivons. »

Réflexion qui t'échappe alors que tu observes la fumée s'élever de la pipe de ton comparse. Tu te sens d'humeur rêveuse, mélancolique oserais-tu dire. Tu te sens prise au piège dans le corps d'une jeune femme de bonne famille. Voilà pourquoi aimes-tu tant voyager. Tu n'as pas à être cette jeune fille ci. Tu peux être absolument qui tu souhaites. Ton imagination est la seule limite à une quelconque renaissance. Impossible pourtant de te défaire de tes vieilles manières une fois rentrée dans ton époque d'origine. Et pourtant ton simple nom signifiait tellement à propos de toi. Il serait idiot de simplement s'y fier, car ta propre personnalité s'échappe d'une banale signification ancestrale.

«  Je l'ai entendu quelque part, j'oublie rarement les prénoms. Peut-être que j'ai entendu quelqu'un te parler un jour... Je saurais pas te dire. Et tu sais quoi ? Je vois pas pourquoi tu me demandes la permission d'être indiscrète si tu comptes l'être de toute manière. »

Tu ne pus empêcher un sourire de fleurir sur ton visage alors que tu reposes ton verre sur la petite table face à toi. Il est vrai qu'il est assez paradoxal de demander la permission pour une chose que tu es certaine de faire malgré tout. Mais les codes sociaux le préconise et tu y obéis, parfois bien malgré ta simple volonté. Ce sont des automatismes, après tant d'années. Bien malgré toi tu conserves ton rang. Pourtant tu perçus l'impatience de ton comparse face à ta question. Tu restais bien trop curieuse et tu baissas les yeux, timidement, visiblement gênée. Tu avais dépasser une certaine limite et tu aurais aimé tout faire pour retirer cette question. Mais celle-ci s'était échappée de la barrière de tes lèvres sans que tu ne puisses les retenir.

« Excuses moi, c'est plus fort que moi... »

Tu tritures tes cheveux, incapable d'agir autrement. Tu tentes pourtant de dissimuler la gêne ressentie. Un sourire efface la moindre trace de malaise et tu te redresses pour saisir à nouveau ton verre afin d'avaler une gorgée du précieux breuvage. Une grimace, à nouveau. Cet alcool est bien trop fort. Pourquoi t'acharner à en consommer ?

« Vas-y, dessine, tu en meurs d'envie. J'aimerais autant pas parler des raisons de mon départ de deux mille seize... C'est pas évident pour moi d'en parler, et j'ai pas envie de le faire. »

Tu esquissas un sourire, témoignant ton profond soutient au jeune homme. Tu ne poserais donc aucune autre question au sujet de cette époque. Tu respecterais son silence ou tu attendrais qu'il décide par lui-même de le briser. Tu ne souhaitais pas lui mettre le couteau à la gorge, bien au contraire. Au fond, tu espérais qu'il se confit le plus naturellement possible à toi. Mais il s'agissait là d'un autre de tes défauts, ton instinct maternel prenant le dessus. Mais quel âge avait-il ? Sûrement un chiffre aux alentours du tiens. Vous pourriez être frères et sœurs. Tu aurais aimé avoir un frère. Mais si il est bien trop tard pour en avoir un biologique, il ne l'est pas pour obtenir un nouvel ami. Tu te relèves avec grâce, fondant doucement en direction du livre que tu saisis avec délicatesse, comme si il s'agissait de la septième merveille du monde. Tu inspectes pendant quelques secondes les dessins réalisés dans ton sommeil. Ceux-ci sont toujours si abstraits. Ils ne sont constitués que de traits rapides, les contours sont si fins qu'il semble impossible que quoi que ce soit en naisse. Tu saisis ton crayon.

« Un lapin nous avons dit ... Lances-tu déjà perdu dans le blanc de la page. »

Ta main s'agite. Aucun remord à redécorer un ouvrage littéraire. Il est tien. Le moindre de tes romans se transforme en carnet de dessins. C'est bien souvent plus fort que toi. Un lapin prend donc place face à vous sur la table basse du salon. Son petit nez renifle et il commence à avancer en votre direction. Tu ne peux t'empêcher de sourire. Et voilà que ta main s'agite à nouveau. Un autre lapin et quelques oiseaux. La pièce devient étrangement vivante. Le bruissement des ailes, le bruit des déplacements des lapins. Et tu souris, bêtement, tournant ton visage soudainement illuminé en direction de Darren.

« Ceux-ci sont bien plus inoffensifs. Je les préfère. »


Pourtant il faut aller au bout de l'expérience. Tu dessines une guêpe. Tu en es phobique. Son bourdonnement s'élève. Elle est immense, tout autant que la peur qu'elle t'inspire. Une grande inspiration. Tu saisis la page et la déchire. La guêpe flanche. Elle perd de l'altitude, dégringole au sol et tremble aux portes d'une mort imminente. Les déchets de l'essence de sa vie dans la main, tu te relèves et t'approche de l'animal à terre.

« Ca ne les tue pas… Cela les affaiblit, me semble-t-il... Peut-être leur vie est-elle écourtée, mais ils ne semblent pas mourir de suite. »

Tu hoches la tête avant de revenir au live. Tu saisis les quelques pages griffonnées dans ton sommeil et tu les déchires à leur tour avant de poser les déchets en un petit tas face à toi. Tu inspires profondément alors que tout ton petit monde continue d'évoluer autour de vous.

« Je me sens… Étrangement libre. »


Et coupable.
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Spoiler:
 



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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Lun 1 Mai - 12:15

Call my name and save me from the dark – Aisling



A la lumière faiblarde des bougies et lampes d'époque, Darren s'autorisa un instant de repos, durant lequel il observa un peu mieux les traits d'Aisling. Les efforts qu'il tentait encore et encore de faire avaient plutôt un bon effet, et il se montrait plus attentif, essayait de remarquer, dans les traits de la jeune femme quelque chose qui puisse trahir son ressenti, plus que ses mots. Il se souvint non sans mélancolie, du jour où il avait voulu montrer à Daphné comment lire l'avenir, dans des cartes, car c'était ce que son amie lui avait demandé. Du moins, il lui avait appris comment être un parfait charlatant, chose qu'il faisait de manière aisée, à l'époque du cirque. Sa mère avait compté parmi ses amies, une voyante autoproclamée, qui était plutôt douée dans son art, et lui avait apprit pas mal de choses dans l'art de l'illusion. Elle ne voyait pas le futur non, elle voyait seulement ce que le client voulait entendre, dans ses gestes, dans ses expressions et sa manière de se comporter en général. Elle lui avait enseigné comment tourner les phrases, comment donner l'illusion, et comment lire quelqu'un comme un livre ouvert. Il n'avait jamais été aussi doué qu'elle, mais il avait bien apprit, et c'était exactement ce qu'il essayait de mettre en œuvre actuellement. Il essayait de lire Aisling, pour pouvoir mieux la comprendre. Il ne voulait pas la duper et lui voler son argent, comme il le faisait avec les clients, il voulait juste essayer de l'aider, aussi improbable que cela puisse paraître compte tenu du comportement qu'il adoptait avec elle. Il avait donc décelé dans ce hochement de tête, une certaine culpabilité dont il ne connaissait pas la provenance. Elle était bien plus difficile à comprendre que tout ce qu'il avait pu connaître, peut-être était-ce parce qu'elle n'était pas une humaine ? Sa particularité mettait de nouvelles données dans la balance, et malheureusement, cette partie n'avait pas été une part de son enseignement. Est-ce qu'elle se sentait toujours coupable de ce qu'il s'était passé, bien qu'il lui ait dit de ne plus s'excuser, et qu'il ferait comme s'il ne s'était rien passé ? Est-ce qu'elle se sentait mal à cause de la manière qu'il avait d'agir avec elle ? Il eut un léger soupire, alors qu'il pinçait doucement l'arête de son nez dans l'espoir de faire disparaître un mal de tête naissant. Il tentait trop de réfléchir, et l'utilisation intense de son don l'avait quelque peu fatigué. Il connaissait ses limites, et il essayait toujours de les dépasser, sans jamais y parvenir. Donc pour le moment, tout ce qu'il avait réussi à tirer de cette observation était que la jeune femme se sentait mal, à propos d'un sujet qu'il ne pouvait déterminer. Bien heureusement pour lui, elle vint d'elle-même lui donner la réponse, et il leva lentement un sourcil. Il ne comprenait pas. Il ne saisissait pas pourquoi elle avait besoin de sa présence pour y arriver, cela ne lui semblait pourtant pas si compliqué, de simplement déchirer une feuille de papier. La peur qu'elle avait lui semblait irrationnelle, il ne voyait pas ce qu'il pouvait y avoir de effrayant. Pour lui, dans le meilleur des cas, déchirer la feuille ferait en sorte que la créature disparaisse, dans le pire des cas, cela n'aurait aucun effet. Si elle dessinait quelque chose qui n'était pas dangereux, ils n'avaient simplement rien à craindre. Il inclina donc doucement la tête, pour dire qu'il était d'accord, et fit un petit mouvement de la main dans sa direction.

- Je reste là, t'as pas à avoir peur. Dit-il d'un ton qui se voulait rassurant mais qui était un peu sec. C'est juste une feuille de papier, mets toi ça dans la tête.

Il ne savait pas comment formuler les choses autrement. Il voulait se rendre utile, mais visiblement, il n'était pas très doué à ce sujet, et s'il essayait de comprendre la jeune femme, sans toutes les données en main, il n'en était pas capable, et se braquait comme l'idiot qu'il était. Ce n'était plus à prouver, que son mauvais caractère reprenait souvent le dessus lorsque quelque chose lui échappait, et ce malgré les efforts qu'il tentait de fournir.

Cela dit, il fut quelque peu soulagé, de voir un début de sourire être esquissé sur le visage de Aisling. Il n'était pas si mauvais, il fallait croire. Il avait quand même réussi à la détendre un peu, sans même savoir comment il avait produit un tel miracle. Peut-être était-ce à cause de son propre sourire ? Il n'aurait su le dire, il savait que certaines personnes réussissaient à trouver quelque chose de communicatif dans un sourire, là où lui, trouvait cela plus surprenant qu'autre chose, lorsque ce dernier n'avait pas une provenance claire. Il sortit un peu de ses pensées lorsqu'elle reprit la parole et il croisa les bras, un air un peu amusé au visage. Elle voulait un langage moins fleurit que celui de leur époque ? Il pouvait la servir, en deux mille seize, il avait eu l'occasion de côtoyer des personnes avec un langage qui avait encore de don de lui hérisser les poils sur le corps. Il ne savait pas s'il serait capable d'en faire de même, mais il pouvait au moins essayer, et s'il n'était pas friand d'insultes en tout genre, il avait remarqué la tendance qu'avaient certains de s'en servir comme d'une ponctuation. Cela l'avait surpris, au début, mais il avait finit par s'y habituer, et même comprendre que certains mots n'avaient plus du tout la même signification avec le temps. Il avait découvert, par exemple, que le mot « putain » ne désignait plus seulement un femme de petite vertu, il avait apprit que, non seulement il n'était presque plus utilisé pour dire cela, mais surtout qu'on s'en servait pour absolument tout. Pour commencer une phrase, pour dire qu'on s'était fait mal, pour grogner contre quelque chose qui n'allait pas, qu'on pouvait l'utiliser pour exprimer la joie, la colère, la peur, et même qu'on pouvait le combiner avec d'autres jurons pour le rendre plus intense. Une étude comportementale fort intéressante, en somme, qu'il ne maîtrisait pas pour autant. Il ne comprenait pas l'importance qu'avait prit ce mot, et n'avait trouvé personne capable de lui donner une réponse claire, il avait donc seulement abandonné l'idée d'avoir une explication, et avait apprit à l'utiliser parfois, quand cela lui semblait opportun. Et surtout, il avait apprit à ne pas s'en formaliser, et à ne pas prendre personnellement chaque interjection. Bref, il partait dans des tergiversions mentales qui n'allaient le mener nulle part, et s'il en avait parlé avec Aisling, il doutait qu'elle puisse réellement comprendre à quel point c'était quelque chose de phénoménal. Elle ne pourrait pas mesurer à quel point les gens, en deux mille seize pouvaient non seulement être grossier, mais aussi être surpris du fait que quelqu'un ne le soit pas !

- Si tu trouves ça agréable alors, tant mieux hein ! Il eut un léger rire, il se détendait. D'habitude on me regarde avec des yeux ronds comme des soucoupes en me disant que les Ymbrynes vont me latter ma tronche si je continue. Bah. J'leur pisse à la raie tiens. Il eut un léger sourire en coin. J'en fais peut-être un peu trop, non ?

Il laissa une nouvelle volute de fumée s'échapper d'entre ses lèvre mi-closes et inclina légèrement la tête d'un air un peu curieux. Cela lui faisait du bien, de se laisser aller à parler comme il aurait pu le faire avec Gustave par exemple, à se la jouer petit rebelle comme il n'avait jamais pu réellement l'être, tout en sachant très bien que si une Ymbryne était venue lui reprocher son langage, il aurait seulement baissé la tête en acquiesçant, comme un enfant prit en faute. Mais le simple fait de dire ce genre de choses faisait du bien, il en avait prit conscience avec le temps, et il ne s'en privait donc pas. Le faux respect caractéristique à l'époque dans laquelle ils se trouvaient était simplement usant...

Il sembla néanmoins un peu peiné de la voir avoir cette réaction, il s'était, une fois de plus, montré acerbe, et cela avait été plus fort que lui. C'était la seule manière défensive qu'il avait trouvé, lorsque quelqu'un remuait quelque chose dans son petit cœur, même sans vouloir être méchant. Il aurait simplement pu dire qu'il n'avait pas envie d'en parler, et ne pas se montrer agressif comme il l'avait fait. Il eut un profond soupir, pour lui-même, pas pour les excuses qu'elle venait de fournir, et secoua doucement la main, comme s'il chassait une mouche, pour lui dire de ne pas demander pardon encore une fois. Il fallait qu'elle s'habitue à ce qu'il ait ce genre de réactions si elle voulait continuer une conversation avec lui, il ne maîtrisait  tout simplement pas cette part de sa personnalité, malgré tout ce qu'il pouvait faire pour tenter de se retenir. Deux mille seize n'avait rien changé à cela, et il s'était gentiment fait reprocher son mauvais caractère, à plusieurs reprises, mais il fallait croire qu'il était ainsi, et qu'il ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher.

Il la regarda jouer un peu avec ses cheveux, et pinça un peu les lèvres, quelque chose de gentil, il devait trouver quelque chose d'agréable à lui dire, pour qu'elle arrête de se sentir mal, mais il ne savait pas quoi. Il la regarda ensuite reposer son verre et ouvrit finalement la bouche en désignant ce dernier.

- Tu veux que je le finisse ? Prends quelque chose de moins fort. Il n'avait pas trouvé mieux pour être gentil. Tu... Il sembla réfléchir un instant. Tu as de très jolis yeux. Et t'as de beaux cheveux aussi. Bon, disons que dans l'ensemble, t'es plutôt agréable à regarder, alors arrête de tirer la tête à chaque fois que je dis quelque chose, souris un peu, OK ?

Voilà, il lui avait fait un compliment. A sa manière, certes, qui n'était pas des plus agréable au final, mais il l'avait fait, et il n'avait pas menti. Il voulait seulement qu'elle sourit, même s'il ne savait pas pourquoi elle le faisait. Il se poserait des questions, certes, mais cela valait mieux que l'air gêné qu'elle avait actuellement, face à lui, dans son fauteuil, qui se comportait comme un idiot lunatique. Il hocha donc la tête lorsqu'elle parla du lapin, il trouvait que c'était une bonne idée, il n'y avait rien de dangereux à ce petit animal, et il n'aurait pas de remords à le mettre dehors pour qu'il aille finir sa vie tranquillement loin d'eux. Darren eut alors un léger sourire en voyant le petit animal sur la table. Dieux, il allait se rendre ridicule, il le savait. Il était tout simplement incapable de rester impassible devant un animal aussi adorable, et il se pencha un peu pour tendre la main. Il adorait les animaux, leur livrait ses moindre secrets, et n'hésitait pas à les prendre dans les bras, en général. Il lui vint même à l'esprit qu'au final, il n'avait pas envie qu'elle essaie de déchirer la feuille, cette petite bête était trop adorable pour seulement disparaître.. Lorsqu'elle en fit apparaître d’autres, ce fut bien malgré lui que ses yeux commencèrent à s'emplir de centaines de petites étoiles, et il se pencha même pour un ramasser un qu'il installa confortablement sur ses genoux tout en le caressant, un petit sourire presque enfantin aux lèvres. Il se reprit néanmoins dans un raclement de gorge, et il but une grande gorgée de whisky pour faire disparaître ce sourire d'imbécile heureux.  Lui aussi préférait clairement les lapins et les oiseaux au monstre qu'elle avait créé un peu plus tôt dans la soirée, il aurait fallu être bien stupide pour penser le contraire, ou au moins, très instable mentalement, plus que ce qu'il ne l'était, s'entend. Il n'allait cependant pas faire le difficile, c'était lui qui lui avait proposé de faire le test, et qui avait donné l'idée du lapin. Il ne pouvait donc pas lui dire maintenant qu'il trouvait cela dommage. De plus, elle lui avait demandé d'être avec elle pour ne pas se défiler, il ne pouvait donc pas se montrer faible ou sentimental, cela aurait été contre productif. Néanmoins, sans qu'il n'ait à formuler un quelconque souhait, elle sembla y répondre, peut-être parce qu'elle avait remarqué son attitude enfantine face aux lapins... Il se tassa un peu dans le fauteuil, il n'avait pas la phobie des guêpes contrairement à elle, mais il n'était pas rassuré par celle là, qui était monstrueusement grosse, et il avait un peu entrouvert son veston pour cacher le petit lapin dedans, par instinct protecteur tout à fait incontrôlé. Il observa finalement la guêpe tomber au sol et eut un petit air satisfait.

- C'est pas loin de les tuer, c'est pas mal ! Dit-il l'air plutôt content. Disons que c'est quand même mieux de faire ça que de les lâcher dans la nature non ?

Il eut un léger sourire en coin et fronça les sourcils lorsqu'elle parla de nouveau. Elle se sentait libre, certes, mais il y avait un mais. Il y avait quelque chose en suspend dans sa voix, quelque chose qui ne lui plaisait pas énormément. Il y avait un fond de remords qui n'aurait pas dû naître entre ces lèvres, pour ce simple essai. Il se redressa donc un peu, laissant plus d'espace au lapin pour qu'il puisse sortir de son veston, et même s'en aller s'il en avait envie.

- Mais... ? Demanda-t-il donc d'un air curieux. Pourquoi est-ce que c'est étrange ?

Il ne voulait pas la forcer à parler, mais comme dit plus tôt, il essayait de se montrer plus sociable. Elle était très loin de se douter de quoi que ce soit, cela allait sans dire, mais il saurait lui parler, en ce qui concernait la culpabilité d'avoir tué. Certes, lui n'avait pas tué quelqu'un qu'il avait créé, mais le contraire. Cela dit, il ne se sentait pas mieux. Si le soulagement sur le coup, avait été grisant, le choc n'avait pas été moindre lors de la réalisation, et la culpabilité ne s'effaçait pas aussi facilement. Cependant, il était loin de se douter de ce qui se passait dans la tête de la jeune femme, pour lui, ce n'était que des dessins, il ne saisissait pas le lien presque maternel qui pouvait être créé lorsqu'elle se mettait à dessiner, et il lui faudrait des explications à ce sujet...

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Aisling I. Fitzgerald

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MessageSujet: Re: Call my name and save me from the dark – Aisling   Hier à 21:53

Call my name and save me from the dark
Aisling & Darren


Tu es et as toujours été une âme solitaire. Impossible à satisfaire ce besoin de solitude assourdit par la nécessité de créer des liens, de développer des amitiés. Se construire à travers autrui. Impossible à réaliser pour une petite fille différente. Ta particularité a longtemps été ta plus fidèle alliée. Nul ne voulait approcher de la sorcière. La littérature a par la suite mit les mots sur ce sentiment d'isolement. Associée à l'image de Pygmalion, du Dr. Frankenstein, tu as construit ta propre mythologie. Créant la vie, tu représentes une menace. Une anomalie naturelle, longtemps incomprise. Père avait ce don si particulier de donner vie à ses œuvres. Pourtant lui nul n'aurait su le craindre. Sa douceur n'égalait celle d'un autre. C'était un coeur pur et ses œuvres étaient le reflet de cette candeur. Mais toi, jeune enfant agitée, il s'agissait là d'une autre paire de manches. Non, tu étais enfante du Diable et ta chevelure en témoignait. Impossible au vue de la pigmentation capillaire de tes parents, de deviner le moindre lien de parenté. Jeunesse complexe, adolescence bouleversante, parsemée par la crainte d'une particularité grandissante, omnipotente. Apprendre à se craindre soi-même devient parfois le dernier rempart contre le monde extérieur. Il t'était dans l'obligation de créer une barrière entre l'univers et ce que celui-ci attendait, espérait de toi.

« - Je reste là, t'as pas à avoir peur. C'est juste une feuille de papier, mets toi ça dans la tête. »

Ces paroles raisonnaient en toi. Une simple feuille de papier. Jamais personne n'avait osé analyser ta particularité. Non, personne dans ton entourage direct n'était allé jusqu'à mettre des mots sur ton don. Nul n'a jamais osé aller jusqu'à définir ta particularité de la sorte. Cette définition était pourtant si claire, si simple. Il ne s'agissait jamais plus qu'une pauvre feuille de papier. Il était certain que tu possédais sur ta particularité un certain don. La feuille restait fragile, en proie à la force habile de tes mains. Si tu pouvais créer, tu pouvais tout autant ôter. Et souvent, ce second aspect de ta particularité, t'était inconnu. Lorsqu'on en vient à amorcer une bombe, on oublie très souvent qu'il existe un moyen de la désamorcer.

« Personne n'a eu la décence ni le courage de me dire aussi distinctement les choses. Je crois n'avoir jamais envisagé cette face-là de ma particularité. »

Ce jeune impertinent s'avérait être d'excellents conseils. Derrière cet air impétueux semblait en réalité se dissimuler un jeune homme censé. Il te surprenait. Et pourtant, une telle chose n'est pas aisée. Tes expériences ont cependant fondées une certaine capacité à analyser les gens qui t'entourent. Ta discrétion a longtemps facilité ton approche d'autrui. Il t'était aisé de te cacher derrière un visage éteint, légèrement éclairé par un sourire timide, parfois porté à disparaître derrière une main blanche gantée. L'art du vivre ensemble t'avait été assidûment enseigné dès la plus tendre enfance. C'était donc avec respect que tu exécutais le moindre de tes actes. L'âge n'a pas seulement hypertrophié cet aspect de ta personnalité, mais il en a fait la clé de celle-ci. Mais cela a par la même développé ta capacité à analyser le moindre geste effectué par tout autre que toi. Te voilà, étudiant la moindre bavure du monde, délaissant par la même l'étude approfondie de tes propres anomalies.

« - Si tu trouves ça agréable alors, tant mieux hein ! D'habitude on me regarde avec des yeux ronds comme des soucoupes en me disant que les Ymbrynes vont me latter ma tronche si je continue. Bah. J'leur pisse à la raie tiens. J'en fais peut-être un peu trop, non ? »

En une poignée de secondes, des années de bienséance sont balayées, mises de côté par un rire incontrôlable échappé de tes deux lèvres pourtant si timides. Ton corps entier se balance sous le poids de cette vague soudaine de bonne humeur. Son impertinence ne faisait que se confirmée peu à peu et elle t'était étrangement agréable. Le moindre de tes membres étaient profondément détendus, chose qui n'était pas arrivée depuis des siècles. Elevée dans une famille de haut rang, ton corps a été bien longtemps habitué à se plier aux strictes comportements sociétaux.

« Mon Dieu, je crois que je n'avais jamais entendu quelqu'un parler de la sorte ! Tu es un véritable phénomène ! »

Une bourrasque d'air frais qui vient à frapper le visage alors que la chaleur brûle la peau. La douceur d'une rencontre incongrue, pourtant si longtemps désirée. Une échappatoire au terne rythme d'une vie qui se répète. Tu ne pensais pas à mal, non, tu appréciais sa présence, malgré son incapacité à juger ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l'est pas. Mais tu n'accordais que si peu d'importance à ces détails insipides à cet instant précis.

« Tu veux que je le finisse ? Prends quelque chose de moins fort. »
Tu hôches la tête en lui tendant bien volontiers le poison amer dans sa robe de cristal. « Tu...Tu as de très jolis yeux. Et t'as de beaux cheveux aussi. Bon, disons que dans l'ensemble, t'es plutôt agréable à regarder, alors arrête de tirer la tête à chaque fois que je dis quelque chose, souris un peu, OK ? »

L'idiot venait de t'arracher un nouveau sourire. Tu baisses à nouveau le regard, rougissante. Une main délicate vient rapidement replacer une mèche qui envahit ton visage. Derrière celle-ci tu jettes un coup d'oeil à ton compagnon au costume de Don Juan. Celui-ci tente, par la séduction, de t'apaiser. L'effet se fait attendre. Tu es détendue. Tu souris et murmures un léger « merci », incapable de formuler une phrase plus complexe, la timidité ôtant à tes lèvres leurs capacités locutrices.

Tu profitais de la simplicité à partager une particularité parfois dissimulée. Tes chers amis semblent convenir à ton compagnon. Il apparaît presque surprit par sa capacité à accepter et à recevoir cet amour si pur et si innocent offert sans concession par tes petites créatures. La guêpe au sol, elle, 'était une menace. Impossible de la définir autrement. Un regard à la bête à l'agonie confirmait un peu plus le remord à mettre néanmoins fin à ses jours. Pourquoi toi plutôt qu'une autre pourrait faire office de Faucheuse ? Quel est ta légitimité ?

« C'est pas loin de les tuer, c'est pas mal !. Disons que c'est quand même mieux de faire ça que de les lâcher dans la nature non ? »

Un léger sourire esquissé, laisse place à quelques secondes de doute. Comment faire autrement ? Il n'y avait sûrement aucun autre moyen pour combattre tes terreurs nocturnes. Les affronter, c'est en un sens, t'affronter toi-même. Est-ce là ta crainte la plus enfouie ?

« - Mais... ? Pourquoi est-ce que c'est étrange ? »

Un autre léger sourire. Tu te relèves du siège, ajustes ta tenue puis te dirige en direction d'une fenêtre. L'air frais extérieur se ressent sur le verre fin de celle-ci. Tout semble calme à l'extérieur.

« C'est en quelque sorte un infanticide… C'est étrange puisque ce sont en un sens, mes enfants, vois-tu ? Je ne saurais mieux l'expliquer, mais … Je donne vie à ces … Êtres. J'en suis moralement responsable. Et en tant que leur mère, je ne devrais pas… Leur ôter la vie que je leur offre. »


Ce serait égoïste. Ce serait leur donner une valeur trop importante, reconnaître leur caractère menaçant. Ce serait apposer sur ta propre particularité l'adjectif de « dangereux ». Comment se défaire d'une telle malédiction ?

« Je ne saurais devenir la meurtrière de ma propre progéniture. Ce serait en un sens m'ôter la vie… Surtout ceux issus de mes rêves... » laisses-tu échapper en un souffle. « As-tu déjà eu peur de toi-même ? De ton ombre par exemple, dans la nuit, lorsque tu te retournes soudainement et que, tu te vois projeté au sol par une lumière quelconque ? N'as-tu jamais eu peur ? Alors qu'on ne fait pas plus irrationnel comme crainte. Notre ombre nous accompagne constamment, elle est toujours à nos côtés. Pourtant, à chaque fois qu'on la redécouvre, elle nous effraie. » Tu t'approches un peu plus de Darren, esquissant un léger sourire en observant les quelques lapins gambadant dans la pièce. « Je ne contrôle pas mes rêves, pas plus que je ne contrôle mon ombre... »

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YOU MADE ME A BELIEVER

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