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 Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]

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Morgan Dawkins

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- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
❧ Miroir : don't forget me, i beg
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❧ Yeux de verre : 21
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MessageSujet: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Jeu 30 Mar - 15:04

Into the blackest night, blackest night of all

- Say goodbye, as we dance with the devil tonight -

Dans l'obscurité de la guerre, des bombes qui sifflaient dans le ciel et laissaient des nuages embrasés derrière elles, dans le bruit sourd des râles d'agonie et des cavalcades des passants empressés de s'échapper de cet Enfer, la pénombre d'un bar mal famé pouvait apparaître comme la plus douce des lumières. La fumée qui l'emplissait, les quelques lampes vacillantes et le côté lugubre de ce boui-boui rance réussissaient la prouesse d'avoir un certain charme, comparés à l'extérieur. Les joueurs de cartes diverses entouraient les tables bancales et élimées, jetaient leurs quelques possessions sur le plateau pour quelques minutes d'adrénaline et un maigre divertissement. Çà et là, des femmes de petite vertu, amaigries par les flammes infernales qui sévissaient au-dehors, tentaient parfois vainement de vendre leurs services aux passants, qui lorsqu'ils se laissaient aller, le faisaient pour quelques minutes d'échappatoire et de confort, dans ce monde de brutes dans lequel ils vivaient. Pourtant, lorsqu'on la regardait en globalité et de l'extérieur, on s'apercevait que cette taverne était bon enfant, et qu'une certaine douceur semblait y régner en maître. Le propriétaire, seul serveur, déambulait entre les tables et le bar en lançant des plaisanteries à ses clients, son corps avait l'aisance élancée de l'habitude de cet exercice, et il ondulait, anguille au milieu des coraux, évitant les coups de coudes, les rires gras, les chopes de mauvaise bière coupée à l'eau levées dans sa direction. Jamais son sourire ne flanchait. Il était commerçant, et se devait, selon lui, de garder l'air heureux en toutes circonstances. Pendant ce temps-là, en boucle, la même journée se répétait. Les mêmes femmes longues et trop minces comme des lianes rongées aux intempéries offraient les mêmes sourires vains aux mêmes hommes bourrus et parfois violents, mais jamais mal intentionnés. Les mêmes chopes du même breuvage insipide tournaient entre les mêmes doigts, remplies puis vidées à un rythme d'usine. Les seuls changements se trouvaient dans les visiteurs de passage. Ceux que les humains oubliaient chaque jour inlassablement, ceux qui ne marquaient jamais leur vie par leur présence. Ceux-là avaient ici un aperçu de la force que les humains pouvaient avoir, sans s'en rendre compte eux-mêmes. Ils savaient que dans ce sous-sol enténébré, régnait une atmosphère d'entraide, de jeux et de boissons, de chair, même, alors que les bombes filaient toujours au-dessus de leur tête, dans un ballet effréné et effrayant. Que les provisions disparaissaient. Que les jeux devenaient vains épilogues avant une fin brusque et violente. Que la chair se répandait sur les pavés, en lambeaux calcinés. Il y avait encore, dans l'être humain, une force tranquille d'animal qui charge, inéluctablement, jusqu'à heurter sa cible. Et là, leur cible à tous, c'était de passer encore une bonne nuit, avant que la mort, peut-être, ne les saisisse.

Morgan était arrivé pour la première fois dans ce bar en y cherchant un repère, un havre de paix dans le chaos de l'extérieur. Contrairement à certains Syndrigastis locaux, il ne connaissait pas le rythme des attaques, ne pouvait prévoir le bruit, la fumée, le sifflement sonore des obus au-dessus de sa tête, qui jamais ne pourraient heurter leur cible, mais qui avaient toujours le pouvoir de l'effrayer, malgré ses meilleures essais d'indifférence. A cette époque, il n'avait pas encore trouvé ses bois favoris, juste là en dehors de Londres, où le calme et les animaux s'échappaient comme lui et s'abritaient des dangers, où la seule menace était au sol et possédait une mâchoire d'acier. Dans cette boucle, durant ces voyages, il errait toujours un peu, sans contacts, sans présence familière à ses côtés pour le rassurer. Et à force de déambulations désespérées et sans but, il avait fini par descendre plusieurs volées d'escaliers, courant après un son qu'il n'était même pas certain d'avoir entendu. Depuis, inlassablement, il était revenu chaque nuit dans ce bar, pour y savourer les rires gras et les cliquetis de verres, les relents d'alcool rance et de cigarettes fébrilement roulées par des mains sales aux ongles noircis par la poussière. Il n'y avait jamais d'événement particulièrement remarquable, puisque les mêmes scènes se rejouaient sans cesse, mais ça n'entravait en rien sa fascination pour ce qui était autour de lui, ce courage avec lequel les humains s'étaient battus contre la morosité, un jour, en attendant de peut-être mourir. C'était là qu'ils s'étaient retrouvés piégés dans la boucle, sans en avoir conscience. Ils vivraient jusqu'à la fin de l'éternité, ou jusqu'à ce que l'Ymbryne responsable brise leurs chaînes et laisse la réalité s'abattre sur eux. En attendant cela, c'était comme s'ils étaient perdus au milieu d'une dimension qui serait festive et inébranlable, et c'était ce qui amusait beaucoup le rouge-gorge. Ils vivaient chaque fois ce même jour comme si c'était le dernier, profitaient de chaque heure, de chaque minute, de chaque seconde. Et il trouvait cela incroyable. Une fois de plus, il s'était donc assis au bar, et il avait souri au serveur qui semblait déjà savoir ce qu'il allait prendre. Un whisky, évidemment. Ils n'avaient pas son préféré, à cette époque et en ce lieu, mais ils avaient une boisson âcre et ambrée qui ressemblait presque à l'alcool qu'il avait l'habitude de boire. Simplement, celle-ci ne coûtait presque rien, et elle était coupée avec de l'eau et d'autres alcools pour apporter l'ivresse et se rapprocher de son goût habituel. C'était étrange, mais pas désagréable, et il flottait sur le bord du verre un arrière-goût de poussière qui lui brûlait les lèvres et lui donnait l'impression de n'avoir fait qu'un avec une des bombes qu'il voyait strier le ciel.  

Il était passablement éméché, déjà, quand il finit par se tourner vers la salle, jambes croisées, et par l'observer tout entière, pour la première fois de la soirée. Il voyait les mêmes visages, les mêmes doigts tremblants, les mêmes cuisses qui tressautaient depuis le tout premier soir, et pensait qu'il ne s'étonnerait plus de rien, s'il portait son attention sur les badauds. Il se trompait. Non loin de lui, à une table en retrait, se trouvait une silhouette qui n'était pas là les autres jours. Une silhouette qu'il n'avait même jamais aperçue auparavant, nulle part dans la boucle, et il le savait parce que s'il l'avait déjà vu, il ne serait jamais passé à côté sans se retourner. L'homme avait l'air d'avoir une trentaine d'années, mais il était possible qu'il soit un peu plus vieux que ça, et de toute façon, Morgan ayant l'apparence d'un gamin de vingt-cinq ans et en ayant en réalité plus d'une centaine, il ne se fiait jamais à l'apparence des personnes qu'il rencontrait pour déterminer leur âge. A côté de cela, c'était un homme séduisant, au regard acéré et aux mâchoires marquées, et son nez droit et volontaire dénotait une certaine détermination tandis que son regard d'une couleur parfaitement indescriptible de là où se trouvait le rouge-gorge respirait la ruse aussi bien que le jeu. Dans ses mains, se trouvait un appareil photo tel que le jeune homme n'en avait jamais vu auparavant, et pour cause : dans la boucle dans laquelle il se trouvait, un tel objet aurait été totalement obsolète, sans doute inutile, hors de toute possibilité de fonctionnement. Il se demandait même comment on pouvait se servir d'un appareil tel que celui-ci, et à quoi servaient les protubérances qu'il voyait sur son corps à la peinture mate écaillée par endroits. Curieux, il se leva et se rapprocha sans hésitation de la table de l'inconnu. Celui-ci ne leva même pas les yeux vers lui, pris, sans doute, dans la contemplation de la foule que lui-même avait inlassablement regardée des jours durant. Était-il un Syndrigasti natif de cette boucle ? Avait-il toujours vécu ici ? Des questions sans réponse qui rendaient le plus jeune presque fébrile. Pour une fois que quelque-chose variait dans ce troquet sans histoires, il n'allait certainement pas laisser passer une occasion de, peut-être, en apprendre un peu plus sur la boucle, ses habitudes, et ses habitants. En lui, quelque-chose vibrait à la simple idée qu'il pouvait se nourrir d'une autre expérience que la sienne. Il adorait faire des rencontres. « Excusez-moi, est-ce que je peux m'asseoir ici ? » Demanda-t-il doucement, avec un petit sourire en coin. Ses vêtements n'étaient pas en accord avec ceux des autres clients du bar, bien qu'ils soient sombres et plutôt simples, pantalon noir, tee-shirt marron foncé à col en V, veste de cuir élimée. Ses cheveux clairs bouclaient follement autour de son front et lui faisaient comme une auréole, qui contrastait avec la noirceur de l'ennui qui se lisait dans ses yeux clairs. « Je veux dire... on est que deux ici, alors je me suis dit qu'on pouvait discuter. » Jugea-t-il bon de préciser, en embrassant la salle d'un coup d'oeil habitué. « En plus de ça, votre appareil m'intrigue. » Il pointa du doigt l'appareil photo dans les mains de Vincent. « On n'a pas ça, chez moi. »
Il espérait attirer son attention en parlant directement de photographie, et des différences entres leurs boucles. Que cela rendrait Vincent aussi curieux que ce qu'il était. « Je vous paye un verre. » Finit-il en baissant les yeux vers lui, avec un petit sourire en coin. Il espérait vraiment qu'il dirait oui, plutôt que de le laisser là, debout à côté de la table, comme un idiot.


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Dernière édition par Morgan Dawkins le Sam 1 Avr - 15:00, édité 1 fois
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Vincent Dwight

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MessageSujet: Re: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Ven 31 Mar - 13:48

Into the blackest night, blackest night of all. - Morgan


Perdu dans ses pensées, Vincent regardait les badauds évoluer autour de lui, comme si tout cela n'avait été qu'un tableau de très mauvais goût mouvant encore et toujours dans le même but insipide. Ces vies volées, ces personnes privées de toute liberté, d'évolution, d'amour quelconque qu'un autre aurait pu leur donner... Il en avait la nausée, son appareil phot pesait lourd à sa poche, et il n'avait plus le cœur à s'en servir. Sa chambre noire était monotone, fade, il n'y avait là qu'une peinture toujours plus noire, et les photographies suspendues faisaient une couronne mortuaire autours de sa tête, et ce, chaque fois qu'il y entrait. La nausée, une fois encore, lorsque le sifflement d'une bombe vint faire écho à ses oreilles. Il avait beau avoir apprit leur rythme par cœur, connaître à chaque instant quelle bombe passerait, et où elle tomberait, il n'en prenait pas l'habitude. Il se demanda non sans amertume, s'il était possible de s'habituer à une telle chose. Il en devenait de plus en plus aigri, et la solitude n'allait pas aidant. Il était seul, perpétuellement, son mauvais caractère ne lui valait que du mépris, qu'il rendait avec une joie non feinte. Y avait-il âme qui vive en ce monde capable de supporter son tempérament ? Il n'en était pas certain, avant d'être mit en prison dans cette boucle chaotique, il n'avait jamais pu se targuer d'avoir beaucoup d'amis, et il se doutait qu'auprès des tribus qu'il avait rencontrées, il avait donné une image déformée de l'homme blanc. Il les voyait toujours comme des primaires, malgré leur force. Ces gens là, dans leur pauvreté s'étaient toujours adapté, et il leur en voulait. Lui qui était enfoncé dans son amour du confort, n'avait d'autre refuge que ses photographies, eux, ils chérissaient l'amour, la vie. Il se sentait volé, lorsqu'il y pensait, et si certaines tribus dans lesquelles il était resté avaient tenté de lui donner cet amour étrange qu'ont les pauvres, il ne l'avait jamais saisi. Il n'était pas des leurs, et les femmes qui étaient venues récolter son amour l'avaient fait plus par curiosité qu'autre chose, il en restait persuadé. Son ego blessé ne lui permettait pas d'être objectif, et s'il ne se leurrait pas quant au fait qu'il ait passé en Afrique, les meilleures années de sa vie, il savait aussi que dans leur tristesse, elles n'étaient pas ce que tout un chacun aurait appelé le bonheur. Il se consolait néanmoins, en repensant aux moments réellement joyeux, mais quelle futilité. Il allait sans dire que Vincent était dans un jour comme il lui arrivait souvent de l'être depuis qu'il était dans la boucle : déprimé, et maussade, comme il ne l'avait jamais été par le passé.

Vincent finit par se lever, il n'avait passé que quelques minutes assis sur un banc, à observer ce monde vide de sens, mais il en avait déjà bien assez vu. Il prit donc le chemin du retour, il allait simplement rentrer, développer les quelques mauvaises photographies qu'il avait prises et se faire un thé. Il resterait sans doute comme souvent, attablé seul, à se questionner sur la raison de tout cela. Cependant, alors qu'il marchait d'un pas lent, une chose attira son attention. Là, près d'escaliers auxquels il n'avait jamais prêté attention, il lui semblait entendre venir un brouhaha incertain, quelque chose qui rappelait ce monde à la vie dans un souffle étouffé. Il fronça un peu les sourcils, et s'engouffra dans lesdits escaliers. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, arrivé au bout de cette descente sans fin, il tomba sur un bar animé, où les humains qui tournaient pourtant en boucle, semblaient arborer plus de vie que ceux à la surface. Il évolua donc dans l'espace, curieux au possible, pour aller jusqu'au bar, et commander une pinte de mauvaise bière coupée à l'eau. Il ne mit pas longtemps à repérer une table un peu à l'écart, où il alla s'installer, posant son appareil dessus d'un air fasciné. Était-ce à cela que ressemblaient des hommes fuyant la réalité ? C'était triste et en même temps tellement beau. Il prit son appareil et fit la mise au point, attendant le moment parfait pour prendre une de ces femmes décharnées en photo. Le moment opportun survint, au moment où l'une d'elle tourna légèrement le regard vers lui, son échine cambrée pour réclamer l'attention d'un autre homme, qui de ses grandes mains salies par le monde et le temps, l'empêchèrent de venir vers lui. Vincent sourit et posa son appareil, allant à la place récupérer son verre qu'il but doucement. Il n'avait pas prit assez d'argent avec lui pour se permettre de prendre plusieurs boissons, ou de demander quelque chose comme un alcool fort, qui aurait eu vite fait de le rendre ivre, mais aussi dépourvu de toute monnaie.

Vincent était donc assis à cette même table depuis un moment maintenant, et son verre était pratiquement vide. Il songea avec amertume, qu'il allait bientôt devoir quitter cette ambiance qui avait tout pour lui plaire, et retourner au vide et au calme de son appartement, se consolant avec l'idée qu'il avait prit de belles photographies, au moins. Il n'allait cependant pas partir sans en prendre quelques une de plus, si bien que, concentré dans ce qu'il était en train de faire, il n'avait pas remarqué l'arrivée d'un jeune homme près de lui. Il lui jeta un regard presque blasé jusqu'à ce qu'il continue à parler. Ils n'étaient que deux ? Cela signifiait que le jeune homme était comme lui, et sans qu'il ne sache vraiment pourquoi, cela lui mit du baume au cœur, en quelque sorte. Il hocha donc la tête avant de regarder son appareil photographique. Il leva un sourcil intrigué en détaillant ce garçon du regard. N'avait-il donc jamais vu un appareil photo de sa vie, ou alors était-il d'une époque trop récente pour savoir encore apprécier l'argentique ? Les deux explications étaient possibles, et il se ferait un plaisir de lui expliquer comment tout cela fonctionnait, il aurait pu y passer des heures sans ne jamais s'ennuyer.

- Si tu me payes un verre, je t'apprendrai tout ce que tu veux sur cet appareil. Répondit-il finalement avec un sourire en coin. Aller, viens te poser gamin.

Il avait croisé les bras sur la table avec un petit soupir. Il aimait bien la présence des autres, malgré tout ce qu'il pouvait en dire, et ce jeune homme lui semblait plutôt agréable, avec ses boucles blondes. Il prit son appareil, le braquant vers le nouveau venu pour le prendre an photo avec un petit sourire amusé. Il se prenait soudainement à redevenir l'enfant qu'il avait été lorsqu'il avait touché le premier appareil qu'il lui ait été donné de voir. Il avait prit des photographies minables, sur un coup de tête, qui n'étaient ni cadrées ni intéressantes, la lumière y était horrible, mais les souvenirs y étaient. L'alcool l'aidait certainement un peu, ainsi que l'air espiègle de ce jeune homme, qui lui renvoyait ce qu'il avait pu être par le passé. Il avait été un jeune homme enthousiaste avec la douleur au fond des yeux, il avait été un électron libre qui n'avait ni barrières ni craintes, qui se jouait de tout ce qu'on pouvait lui dire... La vie s'était chargée de lui couper les ailes.

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Morgan Dawkins

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MessageSujet: Re: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Sam 1 Avr - 21:22

Into the blackest night, blackest night of all

- Say goodbye, as we dance with the devil tonight -

Le bar n'avait pas désempli. Leur table était bien la seule qui ne contenait pas quatre ou cinq passants plus ou moins avancés sur l'échelle de l'alcoolémie, et lorsque Morgan s'assit, il sentit la chaleur des autres fréquentants comme si elle avait été la sienne. Ils seraient sans doute là jusqu'au bout de cette nuit infinie, la plus sombre de l'univers, déjouant la mort, fuyant les bombes et les feux qui menaçaient de dévorer leurs âmes. Pleurant leurs pertes en silence, avec des rires et des verres pleins, puis vides, quand l'argent ne comptait plus, quand seule la fête était reine, que les pauvres fous étaient rois et que les rois étaient pauvres et fous, au creux de l'obscurité qui, à chaque coin de chaque rue, pouvait les avaler tout ronds. Sans crainte, cependant, le rouge-gorge les observait, sachant pertinemment et avec presque un certain soulagement, qu'ils survivraient tous, jusqu'à ce que l'Ymbryne décide que c'était assez, et que le temps pouvait reprendre son cours. Là, ils disparaîtraient sans heurt, sans douleur, leur siècle serait passé depuis si longtemps qu'ils n'auraient même pas le temps de voir l'aube avant que celle-ci ne les rattrape et ne les brûle de ses immuables feux. Ils n'en sauraient rien. Seuls ceux qui avaient pu les connaître le temps d'une nuit et qui n'appartenaient pas aux éternels recommencements se rendraient compte qu'il y avait une soudaine différence. Une différence presque palpable. Pas près d'arriver, mais lorsqu'elle serait là, grande et forte comme un nouveau destin. Quelque-part, Morgan espérait qu'il serait là pour le voir. Qu'il pourrait constater pendant un voyage de plus, une fuite supplémentaire, que quelque-chose était finalement différent. Que la boucle n'était plus là. Qu'elle n'existait plus. Ce côté interminable et éphémère lui plaisait et le rendait heureux, il lui rappelait sa propre existence. Infinie si rien ne venait la trouble, et si incroyablement fragile pour peu qu'un élément perturbateur s'en mêle. Vincent pourrait-il être un élément perturbateur de ce type ?

« Gamin », disait-il. Et ce n'était pas comme si ça gênait beaucoup l'oisillon. Il était conscient de son immaturité et de son apparente jeunesse, et nul ne pouvait deviner qu'il avait plus de cent ans, et les mecs comme Vincent pouvaient se permettre de se montrer un peu paternalistes avec lui. Il ne s'en souciait pas plus que de leurs regards qu'il croisait parfois, chez lui, ceux qui méprisaient et déploraient l'absence de figure d'autorité à ses côtés, ceux qui ignoraient que sa mère avait bravement joué le rôle de deux parents toute leur vie durant. L'absence du père ne s'était manifestée que plus tard, et sous la forme d'une perte de repères. Lorsqu'il avait tourné le dos et fui ses responsabilités, lorsque l'envie de voyager et de s'en aller l'avait rattrapé, il avait un peu mieux compris cet homme qui les avait quittés tous les deux, celui qu'il avait pourtant haï toute sa vie durant. Rejeté, renié presque, soumis à la condition d'une acceptation de ses responsabilités à laquelle il se refusait totalement, il s'était mis à rechercher autre chose. D'autres types de famille. Des amitiés qu'il aurait pourtant rejetées, à d'autres moments de sa vie. C'était ce qui l'habitait, encore, lorsqu'il regardait Vincent à travers la table qui les séparait. La volonté d'avoir un contact qu'il n'aurait jamais pensé souhaiter, un contact avec les siens. C'était une avancé d'un maigre et minuscule pas vers une protection que l'on souhaitait qu'il offre aux autres, à ses semblables. Une nouvelle rencontre. Quelque-chose de différent. « J'avoue que ça m'intrigue. » Dit-il doucement en croisant les bras sur la table, près de son verre. « Chez moi, c'est super différent. On a des appareils qui font la mise au point tous seuls, et qui stockent les photos sur des cartes minuscules, et on peut en prendre des milliers avant de devoir changer la carte. Ça... » Il désigna l'argentique posé sur la table, devant Vincent. « J'ai pas la moindre idée de comment ça peut fonctionner... » Le barman ne tarda pas à venir près de leur table, remplacer le verre vide de Morgan par un autre, plein. « On va vous en prendre un deuxième comme celui-là. » Il n'avait pas demandé à Vincent avant de passer commande, de toute façon ce n'était pas comme si la carte était particulièrement variée. L'homme sans âge eut un sourire sans dents, et il disparut dans sa réserve, couper son whisky sans goût, tasser ses clopes sans filtres. Discrètement, Morgan s'en alluma une, les siennes étaient dans un étui élimé, elles ne ressemblaient pas à celles de l'époque. Il poussa l'étui vers Vincent pour lui en offrir une.

« Moi c'est Morgan, au fait. » Ajouta-t-il en penchant légèrement la tête sur le côté, comme un chaton curieux. « Et toi ? » Puisque Vincent le tutoyait, il n'allait pas continuer à le vouvoyer, ça ne servait à rien de faire des politesses. Il y avait dans l'air quelque-chose de particulier qui dispensait tout un chacun de ce genre d'excès de respect. Quand la mort était en jeu, quand elle planait autour, comme une ombre, comme une menace constante, on ne s'arrêtait plus à ce genre de détails. Les rapports entre les hommes s'en ressentaient, entre les hommes et les femmes aussi. Il n'y avait plus vraiment de courtoisie ni d'hésitations, Morgan regardait tout cela d'un œil profondément amusé, dépourvu de jugement. Il ne savait pas draguer. Il n'avait jamais su, et n'en avait même jamais réellement eu besoin. Généralement, les femmes qui souhaitaient obtenir quelque-chose de lui savaient se faire comprendre, et il n'avait qu'à les cueillir, comme des fleurs. Il ne faisait pas d'efforts. Pourquoi se forcer à quoi que ce soit quand ça ne changeait en réalité pas grand-chose ? Ses quelques pauvres relations amoureuses ou même simplement sexuelles avaient eu le don de l'ennuyer assez fortement. Personne ne savait lui offrir la passion et les sensations fortes dont il avait besoin pour s'accrocher quelque-part. Il finissait donc toujours par fuir. Finalement, peut-être que des relations d'un soir avec des filles de joie auraient pu lui suffire. Dans cette ambiance de fin du monde, de mort imminente et de ténèbres éternelles, entre des jambes trop fines qu'il aurait pu briser d'un battement d'ailes, là aurait peut-être pu se trouver une satisfaction qu'il n'avait même jamais touchée d'aucune manière. Il aurait aimé être capable de se divertir seul. Sans avoir à traverser les boucles, même, en se contentant d'être chez lui et de s'échapper par l'esprit ou par le corps, d'autres manières. Mais rien ne lui procurait jamais les bonnes sensations, rien, peut-être, à part l'alcool. Il n'était d'ailleurs pas mécontent de voyager certes léger, mais avec toujours une bouteille de son whisky favori dans son sac. Il lui faudrait bien ça pour faire passer le goût de cette piquette. Peut-être pourrait-il même partager avec Vincent, plus tard, dans une ruelle enténébrée...


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MessageSujet: Re: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Mar 4 Avr - 11:09

Into the blackest night, blackest night of all. - Morgan



Vincent s'était légèrement décalé pour laisser la place à Morgan se s'installer, l'observant quelque peu fixement. Il ne savait pas réellement que penser de ce jeune homme qui venait prendre place près de lui, ni même s'il était aussi jeune qu'il en avait l'air, mais il n'en avait cure. Pour lui, quiconque avait cette apparence était un enfant, quand bien même ses yeux criaient le contraire. Il n'était pas de ceux qui posaient des questions juste par curiosité, et n'avait pas envie de demander quel âge cet autre avait. Il s'en fichait, au final, cela avait bien peu d'importance, il ne désirait que passer quelques minutes en compagnie d'une autre âme consciente. Il fallait avouer que ces badauds, malgré leur semblant de bonne humeur pour la plus part, lui semblaient bien tristes, dans tout leur art mécanique. Rien ne changerait le lendemain, ils seraient encore et toujours aux mêmes endroits, aux mêmes tables, à boire la même bière immonde et à caresser les mêmes cuisses qui passaient près d'eux. Voir un quelconque changement était éphémère, et Vincent préférait se tenir loin de ces personnes. Il n'aurait plus fallu que l'un d'eux soit intéressant, et qu'il ne se retrouve à ne pas pouvoir converser avec lui plus de quelques heures avant que tout ne reparte à zéro. Dieux, qu'il haïssait ces boucles. L'humanité était magnifique dans sa liberté, ici il n'y avait que des cages, les pire qu'il soit, celles qui comportaient des barreaux invisibles et essayaient de donner l'illusion de la liberté.

Il se servit donc dans le paquet de Morgan, pour s'allumer une cigarette, poussant un peu son appareil pour empêcher tout risque de cendre ou gouttes diverses sur ce dernier. Il l'écouta ensuite parler des appareils photographiques de son époque en levant un sourcil plutôt intrigué. Ils stockaient les clichés sur de petites cartes ? Comment pouvaient-il les développer dans ce cas ? Y avait-il une sorte d'appareil qui permettait de transposer les images sur le papier ? Il ne savait pas trop qu'en penser, et c'était quelque peu terrifiant pour lui. Cela dit, si le jeune homme lui posait des questions sur son argentique, il n'allait pas le laisser sans connaissances. Il attendit donc que le barman ait posé les verres près d'eux et repoussa le sien pour ramener son appareil devant lui. Il en retira l'objectif doucement et se rapprocha de Morgan pour le mettre au niveau de ses yeux.

- Tiens, regarde. Il fit tourner une des bagues, faisant bouger le diaphragme de l'appareil. Tu peux choisir avec quelle intensité l'appareil doit être ouvert, c'est ce qui fait varier le temps d'exposition. Il tourna une autre bague. Et ça c'est la mise au point. Cet appareil est uniquement manuel, mais la plus part des argentiques peuvent faire une mise au point tout seul... C'est juste très long, donc sur mes autres appareils, je le désactive. Il replaça l'objectif et prit l'appareil, tapotant à l'arrière. Ici, tu as la pellicule, je ne vais pas tarder à devoir la changer, je te montrerai. Il désigna un petit cadran sur le dessus. Tu vois ? L'aiguille indique qu'il ne me reste plus beaucoup de pellicule disponible. Il désigna une sorte de levier qu'il actionna. Là, je viens d'armer la pellicule. Il désigna tour à tour la bague du diaphragme et celle de la mise au point. Souviens toi, diaphragme, mise au point. Il lui tendit l'appareil. Essaie, dès que tu as l'image que tu souhaites dans l'objectif, tu appuies sur le déclencheur, là. Il le désigna. Tu vois, c'est pas compliqué. Il lui sourit. Pour répondre à ta question, moi c'est Vincent Dwight, et retiens le bien, si tu casses mon appareil, c'est le nom qui sera inscrit sur ta tombe.

Il eut un léger sourire en coin, il se disait qu'il aurait fallu être bien stupide pour réussir à casse quoi que ce soit alors qu'il n'avait qu'à régler la visée et à appuyer sur le déclencheur mais enfin... Morgan n'aurait plus qu'à lui trouver un autre appareil s'il venait à l'endommager. Le jeune homme avait à coup sûr su attirer son attention, en lui posant des questions sur son argentique. Il aurait pu en parler pendant des heures, lui décrire le procédé de chaque composant de l'appareil, puis de la technique qu'il utilisait pour développer, qui pouvait parfois varier selon le résultat qu'il avait envie de donner. Il pouvait avoir envie de surexposer une photo, d'en rentre une autre légèrement floutée en passant un objet devant la lumière régulièrement. Il était intarissable sur le sujet, et il saurait sans peine déborder sur ses reportages, ses voyages. Cela dit, quelque chose vint soudain frapper son esprit, et il regarda Morgan avec des yeux chargés d'un intérêt non feint.

- Ça veut dire que tu viens de deux mille seize n'est-ce pas? Il croisa les bras sur la table. Je vais sans doute te poser une question étrange mais... Est-ce que par le plus grand des hasards, tu aurais des piles avec toi ? J'ai un appareil qui date des années mille neuf cent quatre-vingt dix à la maison, malheureusement les piles que je peux trouver ici n'y sont pas adaptées et il prend la poussière.

Il avait d'ailleurs totalement vidé la batterie dudit appareil quelques jours plus tôt, en prenant en photo un inconnu qui l'avait somme toute bien amusé. Il s'était approché de lui comme la catin qu'il était, dans le but de le voir mettre la main au porte feuille pour une soirée d'amour simulé, mais il était tombé de haut. Vincent avait un minimum de respect pour sa propre personne, et ne se serait jamais payé des services pareils, en revanche, il avait sauté sur l'occasion pour commencer, pour une fois, à faire des photographies de personnes pour ce qu'elles étaient et non pas par simple curiosité quant à la chose que ladite personne était en train de faire. Le jeune homme s'était révélé être un modèle parfait, qui s'était plié à ses moindres volontés sous prétexte que le client était roi, et bien évidemment, Vincent l'avait payé pour sa prestation. Tout travail méritait salaire après tout. Il observa un instant Morgan et jugea qu'il ne serait pas un de ses nouveau modèle... Il n'y avait pas la décrépitude qu'il recherchait. Ses photos, même de portraits humains, devaient représenter quelque chose, pas une simple beauté. Morgan avait beau être très agréable à regarder, cela ne donnait pas une âme à une photographie. Peut-être changerait-il d'avis avec le temps, mais il n'en aurait pas juré.  

Lorsque Morgan eut fini de s'amuser avec son appareil, il le récupéra, vérifiant par pur réflexe que l'objectif fonctionnait toujours, prenant une photographie plus pour déclencher le mécanisme qu'autre chose. Satisfait, il remit ce dernier de côté et porta enfin son verre à ses lèvres en fermant les yeux avec un petit sourire de plaisir. Même coupé à l'eau, ce whisky était quand même meilleur que sa bière qui avait un relent de mauvais houblon.

- Merci pour le verre, cela dit. Finit-il par lâcher. Parle moi un peu de ta boucle, tu veux ? Ça m'intéresse.

Ça y était, le reporter en lui revenait faire des siennes, et il s'intéressait à cette époque nouvelle comme s'il s'était agit d'un pays encore inexploré par qui que ce soit. Il était très loin de se douter de toutes les évolutions que le monde avait fait, en si peu de temps... Mais il essayait de se figurer ce qui avait pu être fait. Il restait cependant très loin de la réalité...

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MessageSujet: Re: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Dim 9 Avr - 20:32

Into the blackest night, blackest night of all

- Say goodbye, as we dance with the devil tonight -

Contrairement à Vincent, Morgan enviait les humains, et les avait toujours enviés. Pas ceux qui étaient piégés dans les boucles, comme la foule qui les entourait actuellement, et répétaient les mêmes gestes encore, et encore sans s'en rendre compte, non, les autres, ceux qui étaient libres, ceux qui n'avaient pas à se cacher, ceux qui étaient les prédateurs et non les proies. Eux, qui n'étaient pas handicapés par des particularités ou des responsabilités qu'ils devaient assumer et porter toute leur vie, qui avaient, certes, d'autres contraintes, mais qui, par des choix, des chemins, des décisions importantes, pouvaient changer le cours de leur existence. Lorsqu'on cherchait à leur imposer des choses qu'ils ne voulaient pas faire, ils pouvaient, comme lui, préférer l'insoumission, et s'en sortir d'une manière ou d'une autre. Du moins, c'était ainsi que, du haut de sa jalousie, Morgan voyait ces autres, ceux qui n'étaient pas esclaves des Ymbrynes et des boucles qui s'enroulaient autour de sa gorge à la manière d'un nœud coulant dès lors qu'il se retrouvait piégé en elles. Le pire étant bien évidemment la sienne... Sa maison, s'il pouvait vraiment l'appeler ainsi. Oh, en parler à Vincent ne serait pas un souci. Loin de là. Il était heureux de savoir que 2016 pouvait encore intriguer et intéresser, et il savait parce qu'il passait son temps à voyager que certains auraient apprécié pouvoir y venir en visite, mais lorsqu'il devait y habiter, lorsqu'il lui fallait rentrer, parce qu'il avait des obligations, ou parce qu'il commençait à être trop fatigué de courir de droite et de gauche, il avait toujours l'impression de partir les pieds devant. Les épaules basses, le cœur lourd, il retournait à ses habitudes d'adolescent, évitait sa mère comme la peste, et fuyait le regard des membres de sa communauté, de sa « famille » comme d'aucun aurait aimé l'appeler, c'est à dire des autres Syndrigastis qui vivaient là-bas. La seule lumière de ses ténèbres prenait la forme d'un minuscule groupe de personnes différentes des autres, qui savaient l'apprécier malgré ses vices et ses vertus, les premiers bien visibles, et les secondes trop bien cachées. Il y en avait dans d'autres boucles, aussi, et peut-être que Vincent pourrait devenir l'un d'eux. Un jour...

L'appareil en main, Morgan se sentit redoubler d'attention, et il esquissa un sourire en coin aux mots de Vincent. Il ne savait pas non plus comment il pourrait se débrouiller pour le casser, à moins de le balancer contre un mur ou par terre comme un imbécile, et surtout, il était trop intrigué pour ne pas l'examiner sous toutes les coutures, en le faisant tourner du bout des doigts. Ce fut donc ce qu'il fit. Précautionneusement, il tourna doucement les bagues pour la mise au point, l'appareil rivé sur le bel homme qui lui faisait face. Finalement, ce n'était pas si éloigné d'un appareil photo numérique sur lequel les réglages seraient manuels, et il trouva bientôt ses marques. « Dis cheese. » Sourit-il en appuyant sur le déclencheur avant même que Vincent n'ait pu réagir. Il lui rendit ensuite l'appareil, et hocha doucement la tête, comme s'il commençait à comprendre – c'était le cas.

« C'est pas si éloigné des appareils que je connais, en fait. Et je crois que des gens se servent encore d'appareils comme celui-là, là d'où je viens. Un peu par nostalgie, sûrement. Cela dit, j'ai pas de piles sur moi, non, désolé. En 2016 maintenant on a un truc qui s'appelle une batterie rechargeable, qui nous évite d'utiliser des piles en règle générale. Mais je dois pouvoir te trouver ça. Si tu peux attendre que je passe chez moi et que je revienne, je t'en ramènerai plusieurs, comme ça t'en auras d'avance. On peut se donner rendez-vous ici... dans un mois, par exemple ? Ça éviterait que ton appareil continue à prendre la poussière. Si t'avais de la thune, je pourrais même te ramener un appareil plus récent. Je sais pas si ça pourrait t'intéresser. »

Il se proposait de le faire parce qu'il savait qu'à un moment ou à un autre, il allait finir par revenir. Ça ne l'engageait pas à grand-chose, que de promettre à Vincent qu'il lui ramènerait des piles, ou de lui donner rendez-vous quelque-part, il savait qu'il pourrait tenir cet engagement, et bien d'autres, sans doute. Il passait plus de temps à vagabonder que chez lui, après tout, ça ne changeait pas. Rien ne le passionnait vraiment, à part de découvrir de nouvelles choses, et la piètre excuse qu'il avait trouvée pour sa mère était donc qu'il souhaitait apprendre à connaître les Syndrigastis de toutes les boucles, pour pouvoir mieux les aider. Elle n'y croyait pas une seconde, bien évidemment. Pour sa part, elle blâmait parfois les gênes, ceux de son père, bien sûr, celui qui les avait quittés des années auparavant pour des voyages sans fin. Vidant d'un trait son verre de whisky sans goût, Morgan eut une grimace, et il secoua légèrement la tête. L'alcool commençait à monter, mais pas assez vite pour lui, et s'il avait eu une flasque, plus discrète que la grande bouteille de verre cachée dans son sac à dos, il aurait sans doute versé de son propre cru dans leurs verres pour qu'ils échappent à cette piquette coupée à l'eau. Sa mère allait d'ailleurs piquer une crise quand elle allait s'apercevoir qu'en même temps que son rejeton, des bouteilles avaient encore disparu. Pourtant, elle allait encore les racheter, permettant sans y songer à Morgan de partir avec lorsqu'il reviendrait pour un temps plus ou moins court. Il n'allait pas se gêner, c'était la seule chose qui lui plaisait encore, chez lui. Miss Rubecula et lui avaient beau être très différents, ils avaient les mêmes goûts en boissons...

« Que te dire de ma boucle... Il y fait beau. Tout le temps. On est sur une île, donc le paysage est magnifique, et on a une plage superbe, vue sur la mer grise et verte. » ''Comme mes yeux'', se garda-t-il de préciser. Il avait peur de paraître présomptueux. « Il y a la technologie que tu ne connais pas, je pourrais te montrer des trucs que j'ai avec moi par habitude, mais j'ai peur d'alerter les humains qui sont autour de nous. Je te les montrerai plus tard, si ça t'intéresse. Sinon... on a une variété d'alcools complètement dingue, la production est réglementée mais il y a des tas de marques différentes qui en font, et contrairement à ici, on n'est pas en pénurie, donc le whisky n'est pas coupé à l'eau et à je ne sais pas quoi d'autre. » Il eut un sourire en coin. « Je dois t'avouer qu'à part ces choses-là... globalement, on s'ennuie, chez moi. Enfin, moi je m'ennuie, en tout cas. Alors je vole des bateaux avec des amis, et je traîne avec des personnes pas très fréquentables. »

Aucune raison de mentir, Vincent ne connaissait pas sa mère, il le jugerait peut-être, mais ça ne le dérangeait pas. Il avait l'habitude. Et dans le pire des cas, il aurait bien son cher et tendre whisky dans son sac pour oublier. Il lui suffirait de trouver un autre abri pour la nuit...


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MessageSujet: Re: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Dim 23 Avr - 19:46

Into the blackest night, blackest night of all. - Morgan



Vincent avait seulement haussé un sourcil, lorsque Morgan avait braqué l'appareil photo sur lui, et n'avait même pas daigné sourire, comme le lui demandait le jeune homme. Il n'était pas du genre à aimer être prit en photographie, il préférait largement être de l'autre côté de l'objectif. Il considérait presque que le rouge-gorge avait gâché un morceau de la pellicule pour ce faire.. Il sembla néanmoins presque déçu, lorsque Morgan lui annonça que ce n'était pas si différent, au niveau des appareils photographiques modernes. Il s'était attendu à de grande évolutions, à des choses magnifiques, et non, certains se servaient même encore des appareils comme lui pouvait avoir ? A quoi bon évoluer, si ce n'était pas pour utiliser la nouvelle technologie ? Il fronça alors un peu les sourcils, lorsqu'on lui parla de batterie. Pour lui, les batteries n'avaient jamais été assez petites pour tenir dans un appareil photo, donc il ne s'était même pas penché sur le sujet. Morgan avait clairement piqué sa curiosité, et il venait de river ses grands yeux bleus dans les siens. Le jeune homme lui faisait des propositions plus qu'alléchantes, mais malheureusement, il ne savait pas réellement de combien d'argent aurait besoin cet autre pour lui ramener un nouvel appareil, plus récent. Il utiliserait sa technique de toujours, si on lui posait une question à propos de l'appareil en question. Quelque chose comme. « Oh, vous n'en avez jamais vu ? C'est un modèle récent américain, un ami me l'a ramené après son dernier voyage. » La puissance des états unis aidant, les gens ne cherchaient généralement pas plus loin, surtout qu'il n'avait encore croisé personne passionné de photographie, donc les badauds ne s'y connaissaient même pas. Il passait tranquillement le temps avec ses appareils anachroniques grâce à cela, il espérait juste que la modernité dont parlait Morgan ne serait pas trop flagrante.

- Vraiment ? Dit-il alors, curieux. Je pensais qu'il y aurait eu plus d'évolution, je dois m'avouer un peu déçu. Mais enfin, j'ai connu les années quatre-vingt dix, il n'y a pas tant d'écart, je dois être un peu trop exigeant. Mais ok, dans un mois, ici. Il inclina un peu la tête. Et pour le nouvel appareil, c'est adorable, mais est-ce que tu penses que je pourrais m'en servir longtemps ? Je ne sais pas si je pourrais recharger ladite batterie ici, et je ne veux pas qu'il prenne la poussière. Hormis si vous avez encore des appareils modernes marchant aux piles ? Est-ce que tu pourrais aussi, me ramener des pellicules qui iraient avec ? De combien tu aurais besoin ?

Vincent sourit en coin, il attendait un prix. Si cela s'avérait trop élevé, il refuserait. De toute manière, il ne connaissait pas Morgan, et il était possible que le jeune homme veuille juste fuir avec son argent, et il se serait simplement fait avoir comme un bon pigeon, à cause de l'intérêt qu'il portait à la photographie. Il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même d'avoir été aussi stupide. Il n'avait pas réellement besoin de cet argent ici, il faisait attention à ses affaires, et mettait facilement de côté. Il n'avait pas besoin d'énormément manger, il avait prit l'habitude de se satisfaire du strict minimum, alors il n'était pas dans le besoin. De plus, il vendait quelques photographies parfois, et mettait l'argent obtenu de côté ne s'en servant que pour les excès, comme ce soir.

Il écouta ensuite Morgan parler de sa boucle, en imaginant déjà les photographies qu'il pourrait y faire, et quel bonheur ce serait de revoir un peu le soleil. Cela lui manquait terriblement, il aimait le soleil comme personne d'autre, même s'il n'en était pas bronzé pour autant, il adorait se prélasser durant des heures, et avait même, à l'occasion de quelques journées d'été, déjà prit des coups de soleils dignes d'être photographiés. Il fut néanmoins très intéressé par l'alcool, et par les appareils que Morgan faisaient miroiter, juste par les mots. Il regarda donc un peu autour de lui et finit son verre d'un trait.

- Que dirais-tu d'aller chez moi dans ce cas ? Il n'y aurai pas de yeux indiscrets pour venir regarder tes affaires. Il eut un léger sourire en coin. Je te souhaite bon courage pour voler des bateaux ici, à moins que tu ne saches comment manipuler un porte avion ? Il rit et récupéra ses affaires, vissant son chapeau sur sa tête, et remettant son appareil dans sa pochette. Tu t'ennuies chez toi parce que tu y es habitué, je m'ennuie ici, mais je sais que je pourrais te montrer quelques choses bien intéressantes, qui pour moi sont devenues banales.

Il essaya de lui offrir un sourire un peu plus avenant, il ne voulait ni paraître rustre, ni se faire détester tout de suite, il saurait bien le faire plus tard, lorsqu'il perdrait de son intérêt pour les choses nouvelles, et qu'il reviendrait à parler de ce dont il parlait le mieux : lui-même.


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MessageSujet: Re: Into the blackest night, blackest night of all. ᛄ [Vincent | Morgan]   Hier à 23:49

Into the blackest night, blackest night of all

- Say goodbye, as we dance with the devil tonight -



Morgan ne sut vraiment que répondre aux mots de Vincent. Peut-être les appareils photo avaient-ils énormément évolué depuis les années 1990, peut-être n'était-il tout simplement pas au courant, mais ce dont il était certain, c'était qu'il voyait encore des hipsters utiliser des argentiques et autres dont ils devaient ensuite développer les clichés. Apparemment, il y avait là une qualité d'image que nul cliché numérique n'aurait su égaler, pour lui qui avait l'oeil de l'ignare, ce n'était pas forcément si visible que cela, mais il ne pouvait pas vraiment se prononcer. Il avait connu l'évolution de la photographie, peut-être même d'encore plus près que Vincent, puisqu'il était né dans une boucle située au dix-neuvième siècle, avant que celle-ci ne soit déplacée par sa mère et par d'autres jusqu'en 2016. Mais comme il ne s'y était jamais vraiment intéressé, comme il n'avait jamais vraiment pris le temps, il ne pourrait lui donner aucun détails, et se contenta donc d'hausser les épaules, assez vague. Sorti de son Instax mini, qu'il n'utilisait que lorsqu'il était chez lui de peur d'alerter d'autres badauds, il était dans le noir. Mais il supposait que ce devait être comme pour la musique : elle avait connu de grands changements, passant du tourne-disque, qu'il connaissait bien, aux chaînes Hi-Fi, puis au mp3, et finalement, certains fans absolus de son avaient préféré revenir aux sources et se rapatrier vers d'anciennes platines vinyles, qui avaient ainsi repris de la valeur, et qui réapparaissaient sur le marché à des prix défiant tout bon sens, soi disant parce que les platines en question, ainsi que les larges disques que l'on faisait tourner dessus, avaient une qualité de son jamais égalée depuis. Pour la photo, peut-être en allait-il de même ? Peut-être l'argentique avait-il une qualité de photographie qu'aucun autre appareil après lui n'avait su approcher ou égaler, une netteté et une clarté qui faisaient pâlir d'envie tous les Lumix et consorts, jusqu'aux modèles les plus récents à quelques milliards de mégapixels, quoi que cela puisse vouloir dire.

« En fait, j'en sais trop rien. Je n'y connais pas grand-chose en photo, contrairement à ce que j'aimerais faire croire. » Il eut un sourire mutin, en coin, comme il savait si bien les faire. « Je vais devoir me renseigner avant de pouvoir t'en dire plus, mais dans ma boucle on a un truc assez génial qui s'appelle internet, et que je t'expliquerai une autre fois, tu as dû vaguement en entendre parler si tu as connu les années 1990 parce que ça commençait tout juste à apparaître il me semble. Putain, les souvenirs se troublent quand le temps passe... » Il secoua un peu la tête. Soudain, il avait le sentiment de courber l'échine sous le poids des années. Lui qui avait toujours l'impression d'être mille fois plus jeune que ce qu'il était en réalité, sentait soudain la centaine peser sur ses épaules comme une chape de plomb. « Mais bref. Internet marche mal sur l'île mais je devrais quand-même pouvoir m'en servir pour chercher quels appareils photo je pourrais te ramener. Quant au prix, du coup, pour l'instant, je pourrais pas vraiment te dire... Mais ça peut taper haut. En soi, la qualité de l'appareil que tu auras dépend un peu du prix que tu es prêt à mettre. Je crois que celui de ma mère lui a coûté près de cinq-cent euros... je sais pas combien ça fait ici, mais ça fait sûrement beaucoup. »

Puis, Vincent parla de quitter le bar, de lui faire découvrir des choses qu'il n'avait sans doutes jamais vues, et qu'ils boivent autre chose que cette piquette infâme, et Morgan se sentit gonfler d'une bouffée d'excitation qu'il aurait difficilement pu contenir. Il voyageait très souvent, mais toujours seul, et rares étaient ceux qui partageaient un moment avec lui, ou prenaient le temps de lui montrer de quoi leur quotidien était fait. Vincent pourrait-il être un de ceux-ci ? Il adorerait cela, en réalité. Décidé, il enfila une veste par-dessus sa tenue de voyageur rapiécée, passa une main dans ses boucles blondes, et se leva. Le temps de jeter un petit billet et quelques pièces de monnaie sur le bar, le tenancier de l'établissement lui décocha un sourire tordu, et il prit congé, par la porte principale, suivi bien sûr par Vincent. Ils traversèrent sans un mot plusieurs rues et ruelles, l'oisillon laissa bientôt la tête du cortège, il doutait que l'autre ait envie de finir là où lui allait toujours, à savoir dans un bâtiment à moitié en ruines, un squat, pour ainsi dire. Le dernier étage, une vieille chambre de bonne, était toujours inoccupé. Rares étaient ceux qui avaient la motivation nécessaire pour monter toutes les volées d'escaliers qui séparaient le hall d'entrée de l'appartement en question. Mais le plus vieux connaissait sans doute un meilleur endroit. En marchant, Morgan alluma une cigarette et tendit son paquet ouvert à Vincent pour qu'il se serve à son tour. Après tout, il pouvait bien partager ses cigarettes de 2016 et son alcool raffiné, pour une fois qu'il avait un compagnon de route, il n'allait pas se plaindre.

« J'aimerais bien savoir piloter un porte-avion. » Avoua-t-il après un silence, dans un petit rire. « J'aurais autrement plus la classe que sur un bateau de pêche à moitié en ruines, tu crois pas ? Mais bon, je suis à peu près sûr qu'on s'emmerde moins ici que chez moi. Déjà parce que vous n'êtes pas en prison, vous pouvez sortir de la boucle et explorer alentour, et ensuite parce qu'il y a toujours de l'activité, même si l'activité en question ce sont des bombes qui tombent du ciel. » Il haussa les épaules et leva le nez vers les étoiles. « C'est paisible, en 2016. Il fait beau, commme je te disais, la mer est calme, y a pas de vent... Bon, ok, ça m'arrange, ça. Mais on est dans un tout petit village, tout le monde connaît tout le monde, tu passes d'auberge nulle en bar dans lequel tu connais déjà tous ceux qui le fréquentent, les mêmes vieux marins qui chantent des chansons paillardes accoudés au bar en descendant des pintes, les mêmes filles plus ou moins jolies, les mêmes regards de rejet. » Il baissa un instant les yeux vers le trottoir et soupira. Non, il n'aimait pas sa boucle, mais une partie de lui était tout à fait consciente que c'était parce qu'on ne l'y acceptait pas vraiment, qu'il essayait si régulièrement d'en partir. « Mais je veux bien croire que pour quelqu'un qui n'y est pas habitué, c'est le paradis. Et j'avoue qu'on est plutôt bien lotis avec la plage à perte de vue et le soleil tous les jours de l'année. Ici... les bombes me terrifient toujours. Pourtant, c'est pas la première fois que je viens, mais putain, je m'y habitue pas. »

Il secoua la tête et posa un instant son sac sur une caisse qui traînait dans la rue, pour en sortir une bouteille enveloppée dans du papier. D'apparence misérable, elle contenait pourtant un des whiskys rares et vieux que sa mère gardait précieusement, de ceux qu'il s'amusait toujours à voler lorsqu'il partait de chez lui. Il en prit une longue gorgée, grimaça à la brûlure qui roula dans son œsophage – ça, c'était de l'alcool, du vrai... – et la passa à Vincent sans plus de cérémonies. « Du coup, c'est où chez toi ? » Il ne risquait pas de sortir son portable dans la rue, les passants ne réagiraient certainement pas très bien...


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