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 Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]

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Darren Flanagan

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❧ Boucle Temporelle : 19 Décembre 1873
❧ Particularité : Champ de Force
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MessageSujet: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Mar 4 Avr - 12:09

Just let me have my fun tonight  - Morgan



Darren releva des yeux presque inquiets vers la foule autour de lui, personne ne semblait daigner porter attention à ce qu'il pouvait être, ce qu'il pouvait avoir envie de faire, à savoir danser sans contraintes, à ne pas faire attention aux qu'en dira-t-on. Il avait prit goût à la liberté que lui offrait deux mille seize, même s'il n'était pas encore prêt mentalement à passer certains pas. Ce n'était pas la première fois qu'il venait dans ce bar qui se transformait en boîte à la nuit tombée, Gustave l'y avait déjà traîné par le passé, et ils avaient passé une très bonne soirée. Cependant, Darren avait tellement craint d'être ridicule qu'il n'avait pas osé poser un pied sur la piste. Il revenait seul, pour essayer de se donner du courage pour cette fois. S'il n'y avait pas quelqu'un dont il était proche pour constater qu'il n'avait rien d'amusant, peut-être aurait-il le courage de tenter ? Darren avait tendance à beaucoup trop réfléchir, d'autant plus qu'il pouvait repérer dans la foule, des personnes dont il n'égalerait sans doute jamais le ridicule tant c'était poussé. De plus, il était né dans un cirque, et s'il ne faisait plus d'exercices dangereux comme il avait pu le faire, il conservait une souplesse surprenante, et pouvait se mouvoir comme un serpent, ce qui aurait donné une fluidité sans bornes à quelques pas de danse, cependant, il n'y pensait pas. Il se disait seulement que toutes ces danses qu'il constatait n'avait aucune forme de logique, et ne comprenait pas qu'on puisse être autorisé à faire ce que bon nous semblait. En soit, Darren était quelqu'un qui avait rarement eu l'occasion de s'amuser, et qui avait été élevé dans un univers où son libre arbitre avait été mit à mal. Du coin de l'oeil, il repéra un petit couple discret de deux hommes qui se tenaient la main, et qui venaient de s'embrasser sans que cela ne dérange qui que ce soit, et il eut un long frisson. Cette époque n'avait de cesse de le surprendre, et de la meilleure manière qu'il soit. A son époque, le moindre geste affectif aurait été jugé comme déplacé, alors un baiser ? Entre deux hommes, de surcroît ? S'il avait tenté une chose pareille, il aurait sans doute été envoyé dans un asile pour soigner sa « maladie »  Sa mère l'avait d'ailleurs de nombreuses fois menacé de le faire interner, s'il n'arrêtait pas, il apportait la honte sur le cirque, et la raison pour laquelle il était moins fréquenté était sans nulle doute cela. Darren lui avait de nombreuses fois craché au visage en retour, lui disant que cela n'avait rien à voir, et que si le spectacle se mourrait, c'était parce qu'ils étaient tous plus mauvais les uns que les autres et qu'ils ne se renouvelaient pas. Lui avait des idées, il avait proposé. Trop dangereux, trop peu intéressant, trop immature. Il en avait eu des refus variés, jamais de bonne raison.

Soupirant, Darren passa une main dans ses cheveux, qu'il laissait sagement pousser depuis qu'il était dans cette boucle. Cela lui allait bien mieux que ses cheveux courts, qui avaient terriblement tendance à boucler lorsqu'ils étaient raccourcis... En soit, les amis qu'il s'était fait ici l'avaient beaucoup aidé, lui qui avait toujours eu tendance à se trouver laid, parfois même à la limite du repoussant, commençait presque à se trouver juste banal. Daphné l'avait aidé à plus prendre soin de lui en lui montrant que ce n'était pas une honte pour un homme de parfois passer un peu de temps dans la salle de bains pour autre chose que simplement un rasage, et qu'il pouvait le faire sans avoir peur d'être jugé, qu'au final, c'était même plutôt conseillé dans cette époque moderne. Gustave, de son côté, lui avait apprit à ne plus être engoncé dans ses vieux vêtements inconfortables, et à préférer des vêtements plus adaptés. Pour preuve, il portait actuellement un Jeans légèrement moulant, qui passait sous des Rangers qu'il n'avait pas totalement fermées, et en haut, il avait un simple t-shirt noir à manches courtes, sous une chemise à carreaux rouge, ouverte. Il n'allait pas mentir, même s'il avait chaud, il se sentait quand même mille fois plus à l'aise. La seule chose qui avait le don de le mettre hors de lui dans cette époque était cette interdiction de fumer dans les espaces publics, il ne comprenait pas comment il était possible de autant vouloir brimer le plaisir de certaines personnes. Il aurait comprit s'il y avait eu des endroits autorisés, et d'autres non, mais partout ? Cela lui semblait presque contre nature. Bientôt ils n'auraient plus le droit de fumer dans la rue ! Pourquoi avoir inventé quelque chose d'aussi merveilleux que la cigarette si on ne pouvait pas en allumer une quand bon nous semblait, quel que soit l'endroit ? Cela le révoltait, et s'il n'avait pas envie d'aller contre la loi, il ne la trouvait pas moins complètement stupide. Il alla donc rapidement à l'extérieur, fumer tranquillement en regardant autour de lui, cette époque lui plaisait, ne plus voir des personnes engoncées dans leurs principes, cette liberté.. C'était beau, et il voulait bien se raisonner quant à la cigarette.

Lorsqu'il l'eut terminée, il jeta sa cigarette et retourna à l'intérieur, allant vers le bar pour demander un cocktail qu'il sélectionna presque au hasard. Il fut surprit de se retrouver avec un verre empli d'un liquide bleuté mais cela ne l'empêcha pas d'en être amusé, et de le porter à ses lèvres. Il se décala ensuite un peu, pour ne plus être au milieu, et se retrancha dans une partie du bar où il serait un peu plus tranquille. Ce n'était pas son premier verre, et l'alcool lui montait légèrement à la tête, il préférait s'isoler un peu plutôt que de se mettre à danser comme un idiot, seul, même s'il en mourait d'envie. Si bien, que seul dans son angle, il observait certaines personnes danser, et il se mit même à onduler légèrement, ne faisant pas attention au jeune homme près de lui, dans cette société, il pouvait faire ce qu'il voulait sans que quiconque ne vienne poser un regard inquisiteur sur lui. Il finit néanmoins par se rendre compte qu'il bougeait un peu et s'arrêta instantanément, jetant un petit regard à cet autre qu'il venait de surprendre en train de le regarder. Il lui fit un sourire totalement gêné et baissa un peu la tête pour plonger son nez dans son verre. Même s'il en avait envie, il se sentait totalement ridicule.


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Morgan Dawkins

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- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Mer 5 Avr - 17:14

Just let me have my fun tonight

- I'm not as think as you drunk I am -

Des bars, des boîtes, de l'alcool, et de la solitude. Tel était le destin de Morgan dès lors qu'il était chez lui, en 2016, et que ses amis manquaient étonnamment à l'appel. Sans réseau ni nouvelles de personnes comme Gustave ou Helena, en perdition, à vau-l'eau, l'oisillon devenait chaton perdu, recherchait les ténèbres dans lesquelles il allait se lover, à l'abri des regards de potentiels détracteurs. Là, il faisait ce qu'il pouvait pour se faire oublier. Ses responsabilités se retrouvaient personnifiées et le poursuivaient dans chaque recoin, même les plus obscurs ou les mieux cachés, alors finalement, il n'y avait que dans la foule qu'il se sentait à l'aise. Au milieu de visages qui ne lui évoquaient rien, sous tous ces regards qui ne faisaient que le frôler, il baissait prudemment les yeux et se focalisait sur ce verre de whisky éternellement plein dans sa main gauche, il priait pour un miracle. Une distraction. N'importe quoi, qui aurait pu lui faire oublier ce pourquoi il était revenu. Des responsabilités comme des démons qui le poursuivaient partout, où qu'il aille, quoi qu'il fasse, quelle que soit sa boucle d'accueil. Des restrictions qu'il s'imposait parce qu'il n'avait plus d'autre choix disponible, quand il rentrait, comme par exemple de se tenir éloigné, quelques temps, de ceux qui pouvaient l'amener à se rebeller encore et encore, de ses mentors, de ces visages familiers qui savaient si bien l'apaiser. Ou se maintenir à un état d'ébriété supportable mais suffisamment avancé pour pouvoir accepter les regards déçus de sa mère, qui le poursuivaient dans les couloirs de leur immense maison. Se réfugier dans sa chambre d'adolescent de quinze ou seize ans, ou en tout cas, qui n'avait pas changé depuis, avec les mêmes posters, les mêmes affiches, les mêmes articles accrochés çà et là, qui relataient sans fin les événements survenus dans d'autres boucles en d'autres temps. Retourner dans les bars qu'il connaissait. Ce soir-là, il y faisait chaud... Il pensait n'avoir jamais vu l'endroit aussi plein d'activité. Il y avait des danseurs, des dragueurs, des fêtards invétérés qui riaient trop fort à un trop grand nombre de verres, des dizaines de jolies jeunes femmes, et des dizaines de jolis jeunes hommes. Dont certains très... tactiles, les uns avec les autres.

Morgan n'avait jamais été homophobe, bien au contraire. Il avait été élevé par une femme forte d'esprit et très intelligente, qui l'avait dès son plus jeune âge habitué à ce que tous ne soient pas égaux dans l'amour, à ce qu'il n'y ait pas une seule norme mais plusieurs, dont une qui ne serait forcément pas la sienne. Elle lui avait expliqué que quels que soient ses choix, et quelles que soient ses inclinations, ça n'aurait aucune importance d'aucune sorte, et il avait appliqué cette philosophie aux autres en grandissant : ils faisaient ce qu'ils voulaient, ça ne le regardait en aucun cas, et il ne faisait strictement aucune différence entre un couple de deux personnes du même sexe et un de deux personnes du sexe opposé. Lorsque ça touchait à lui, cependant... c'était une autre histoire. Depuis le début de son adolescence, comme tout gamin de son âge, Morgan s'était intéressé d'abord aux filles. Après des années à les trouver complètement nulles, il avait réfléchi et s'était épris de leur parfum sucré, de leur goût floral et de leur caractère parfois difficile. Il avait connu ses premières expériences, premier baiser, premiers ébats, et là, il s'était questionné pour la toute première fois : était-ce supposé être si peu amusant ? Se disant que ce n'était que parce qu'ils étaient tous les deux novices, il avait réessayé, une fois, deux fois, plusieurs fois, suffisamment de fois pour se rendre compte que non, ce n'était pas la question. Il n'avait pas l'impression d'être un mauvais amant, et les quelques retours qu'il avait eus avaient confirmé cela, les filles à qui il avait eu affaire ne disaient que du bien de lui, le souci ne venait donc pas de lui, et il était certain qu'il ne venait pas d'elles non plus. Il venait donc d'ailleurs. Là, sa curiosité naturelle avait repris le dessus, mais elle ne s'était pas propagée et n'avait pas encore touché son goût du risque, pas encore. S'imaginer avec un autre homme continuait à avoir quelque-chose de... dérangeant. Il ne savait même pas pourquoi. Pourquoi s'imaginer avec une femme était si naturel, et pourquoi il restait tellement sûr de son hétérosexualité, alors que toutes ses expériences passées tendaient à prouver qu'il ne l'était sans doute pas autant qu'il l'aurait souhaité ? De quoi, finalement, avait-il peur ? D'une nouvelle particularité aussi difficile à assumer que la première, ou presque ?

Perdu dans ses pensées, il s'était retrouvé encore une fois, comme souvent, à fixer un point dans l'espace sans faire attention à ce qui se trouvait réellement à cet endroit-là. Or, à cet endroit-là, il y avait Darren. Dans son cas, l'orientation sexuelle potentielle de Morgan n'entrait même pas en ligne de questionnement, il suffisait d'être pourvu de deux yeux en fonctionnement pour se rendre compte qu'il était absolument sublime, et que ses vêtements confortables cachaient un corps de rêve. Aussi, le rouge-gorge se surprit à avoir un bref regard appréciateur, le menton légèrement relevé, lorsqu'il s'aperçut que ce qu'il regardait était très loin d'être désagréable pour l’œil. Il se reprit cependant suffisamment vite pour ne pas passer pour le dernier des gros dégueulasses, et un fin sourire étira ses lèvres. Darren était gêné, c'était visible, et il ne savait pas pourquoi, mais il lui semblait le comprendre. Il lui faisait l'effet de quelqu'un qui se serait retrouvé à un endroit trop peu connu, à un moment trop peu confortable. De quelques pas, il se rapprocha, tentant de mettre dans son attitude toute sa gentillesse, il voulait avoir l'air amical. Il l'était, en réalité. Ce n'était pas parce qu'il était un incorrigible sale gosse qu'il faisait preuve de méchanceté, ou même se rendait désagréable sans raison. C'était sa faute, cette fois, si Darren était mal à l'aise. Et il comptait bien réparer son erreur. « Hey, tu sais... » Murmura-t-il en se retrouvant presque coude à coude avec le jeune homme. « Tu fais ce que tu veux, ici. Personne va venir t'emmerder parce que tu danses tranquillement tout seul sans emmerder personne. » Le regard de Darren était d'une autre époque, ses gestes aussi, Morgan soupçonnait qu'il ne soit pas de cette boucle. L'autre raison pour laquelle il pensait cela, c'était que s'il l'avait été, il l'aurait remarqué avant... « Désolé si je t'ai mis mal à l'aise. Moi c'est Morgan. Et toi ? » Une approche presque enfantine, et une manière détournée de cacher son attirance, celle que même lui n'avait pas encore discernée...


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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Ven 7 Avr - 12:41

Just let me have my fun tonight  - Morgan



La gêne, c'était tout ce qui passait par l'esprit de Darren en cet instant. Il n'avait pas pensé que qui que ce soit puisse être en train de l'observer, ni même qu'il allait se mettre à onduler sur la musique comme par réflexe. Il ne regardait donc même pas Morgan, se contentant de regarder le liquide bleuté tourner dans son verre comme si cela avait été la chose la plus passionnante de l'univers. Il était très peu à l'aise en société, ce n'était un secret pour personne, et s'il soulignait ce fait, on lui avait déjà répondu que c'était évident, que l'on pouvait voir cela sur son visage. Il n'allait pas blâmer qui que ce soit de constater simplement qu'il était socialement inadapté, il le savait déjà. Il ne l'avait jamais été, et si la culpabilité liée au Freak Show n'avait pas arrangé les choses, il se devait d'avouer que avant, les choses n'avaient pas été des plus belles non plus. Dans le cirque, il restait rarement assez longtemps quelque part pour se créer des liens, et la seule fois où cela était arrivé, cela avait très mal fini. Les choses étaient pires encore dans ce nouvel univers, où tous semblaient être ouverts, où le contact avec les autres ne semblait pas être un problème, et où il devait clairement sembler un peu sociopathe sur les bords. Certaines personnes lui avaient lancé des regards un peu intrigués dans la boite, et il les comprenait. Il était seul, à observer les gens, à boire en silence dans un coin... Il devait avoir l'air de quelqu'un qui préparait quelque chose de mal. Il eut un profond soupir, essayant de chasser la gêne occasionnée par le regard de Morgan, cependant, ce dernier en avait visiblement décidé autrement.

Darren sursauta un peu en entendant la voix du rouge-gorge venir à ses oreilles, et il le détailla un instant du regard en fronçant les sourcils. Ce jeune homme était loin d'être désagréable à regarder, et s'il n'allait rien tenter, il n'allait quand même pas s'empêcher de jeter un coup d’œil. Peut-être était-il un peu trop maigre ? Il n'aurait su dire, ses vêtements le cachaient bien, et Darren n'avait jamais été reconnu pour ses talents d'observateur. Il écouta ensuite ce que le jeune homme disait et haussa les épaules. Il avait conscience qu'il pouvait faire ce qu'il voulait ici, ce n'était pas le problème. Il défiait d'ailleurs qui que ce soit de venir lui chercher des noises, Darren n'était pas patient, et n'était pas le dernier pour se battre. Il devait d'ailleurs admettre, avec plus ou moins de honte, qu'il était très fort à ce jeu là, et qu'il avait rarement été celui qui finissait le plus en sang. Cela dit, il ne s'était pas battu depuis très longtemps, et s'il doutait fortement d'avoir totalement perdu la main, il savait qu'il devait être quelque peu rouillé. Il n'en gardait pas moins la souplesse qu'il avait acquise au sein du cirque, chose qu'il entretenait régulièrement, et cela avait pu se constater dans le seul léger mouvement de bassin qu'il avait eu un peu plus tôt. Cela dit, il voyait bien que Morgan ne venait pas dans le but de l'embêter, mais seulement pour faire en sorte qu'il se sente un peu mieux, et s'il n'allait pas le lui dire, du moins pas tout de suite, il lui en était reconnaissant.

- Darren. Dit-il alors pour répondre à sa question. Je n'ai pas envie de danser seul, si je dois être honnête. Je ne pense pas être très doué, et si le ridicule ne tue pas, j'aimerais autant ne pas me jeter dans la gueule du loup. Il eut un petit sourire en coin. Tu m'as surpris en train de me dandiner comme un idiot, évidemment que je suis mal à l'aise.

Il porta de nouveau son regard vers la foule et repéra un garçon à son goût, auquel il offrit un regard appréciateur contre un sourire, avant de tourner de nouveau la tête vers Morgan. Cette société lui plaisait décidément, et il espérait réellement finir par réussir à passer outre son éducation arriérée et ses principes d'un autre temps pour enfin se sentir un peu plus libre. Il se sentait déjà bien gaillard, d'avoir osé regarder un homme de la sorte. Chez lui, s'il avait eu le malheur de faire cela, il se serait sans doute retrouvé dans un asile, comme s'il avait été fou. Il avait très longtemps cru que c'était le cas, et c'était les années passant qu'il avait réalisé que contrairement à ce que sa mère lui avait toujours dit, il n'était atteint d'aucune déficience mentale. La boucle de deux mille seize en était bien la preuve, les gens ici avaient évolué, et les personnes comme lui n'étaient plus considérées comme des monstres. Bien sur, il n'était pas dupe, il se doutait qu'il devait bien rester quelques fermés d'esprit qui continuaient à penser selon des doctrines d'un autre temps mais enfin... La majorité s'en fichait proprement, quelques merveilleuses personnes défendaient même les homosexuels sans l'être eux-même... Autant le dire, Darren éprouvait une affection toute particulière pour cette boucle, et si c'était un attrait nouveau, il n'en était pas moins fasciné.

- Et toi, tu sais danser ? Tu m'apprendrais ? Demanda-t-il finalement en regardant Morgan. Je connais quelques pas, mais je pense que ce n'est pas des danses convenables pour un tel endroit. Il soupira. Je dois te paraître pompeux. Il sembla réfléchir. Wesh.

C'était cela, qu'il avait entendu dans une des rues n'est-ce pas ? Oui, quelque chose du genre, et s'il ne mesurait pas à quel point le ton était décalé, il fallait quand même souligner l'effort qu'il avait fait en voulant utiliser un trait de langage qui lui était pourtant inconnu. Il apprenait peu à peu, et il lui faudrait quand même bien plus de temps pour réussir à utiliser un langage commun ici. Il avait déjà fait quelques progrès, il se forçait à ne pas utiliser les négations parfois, même s'il lui semblait utiliser un dialecte barbare lorsqu'il faisait cela. Son avantage était quand même d'être originaire d'une famille pauvre, et quelque peu rebut de la société, il n'avait donc pas les manières et les tics de langage des bonnes familles, c'était un plus, et il savait se relâcher plus facilement... Bref, il avait de plus en plus envie de danser, et si Morgan, dans sa gentillesse apparente, décidait de le traîner sur la piste de danse pour le détendre un peu, ce serait avec plaisir qu'il le suivrait.

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Dim 9 Avr - 22:25

Just let me have my fun tonight

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Le petit oiseau n'avait jamais vraiment été mal à l'aise dans son corps. Naturellement mince et bien fait, bâti avec des épaules larges et des hanches étroites qui donnaient envie d'y poser les mains, avec un joli petit cul ferme et de grandes mains aux doigts longs et bien dessinés. Sa mâchoire carrée et ses beaux yeux clairs donnaient envie de regarder son visage, mais la grâce presque aérienne avec laquelle sa condition de rouge-gorge lui permettait de bouger rappelaient le regard vers son corps tonique. Ses passe-temps, la marche notamment, dans les autres boucles, surtout, pour échapper à un regard, à un sourire ou à une responsabilité, et ses longs bras qui soulevaient parfois de lourdes charges avaient sculpté son torse et ses jambes, et le rendaient aussi étonnamment viril que juvénile. Il n'avait jamais eu à avoir honte de ce à quoi il ressemblait. En outre, sa mère était une femme magnifique et d'une rare intelligence, qui l'avait soutenu, en grandissant, et poussé à s'aimer autant qu'elle l'aimait alors... souvent sans succès. Il restait gauche, dans ses gestes, mais c'était le mental, qui faisait cela, non le physique. C'était une profonde insécurité, et toutes les difficultés qu'il pouvait avoir à assumer ce qu'il était, la personne qu'il était, ce en quoi il se transformait, qui le rendaient hésitant. S'il avait dû danser, il aurait surpris par son aisance. Les regards auraient coulé sur lui, appréciateurs, c'était déjà arrivé, cela arriverait sans doute encore. C'était même pour cela qu'il n'avait jamais eu besoin de savoir draguer : sans qu'il comprenne bien pourquoi, les femmes venaient à lui, avec leur propre caractère, leur propre aisance, et il n'avait qu'à se laisser porter par leurs délicates vagues. Rien ne l'effrayait vraiment dans un exercice qui demandait d'être physique. Cependant, face à Darren, il se sentait relativement diminué...

Il ne lui semblait pas avoir déjà vu un corps aussi attirant que celui de l'homme qui lui faisait face. Et c'était sans mentionner son visage, sans doute également un peu juvénile, mais pas autant que le sien, ou ses cheveux de feu et de rouille. Nier qu'il l'attirait aurait été se mentir à lui-même, et Morgan était tout à fait prêt à cela, bien entendu, ça ne serait ni la première ni la dernière fois qu'il se raconterait des craques pour se sentir mieux.

« J'ai pas trouvé que tu te dandinais. Au contraire, je trouvais que tu t'en sortais super bien, c'est d'ailleurs pour ça que je te regardais. Après, j'étais surtout perdu dans mes pensées, je t'assure, c'était pas du tout pour te mettre mal à l'aise, je te regardais mais j'aurais aussi bien pu être en train de regarder le vide. »

Réalisant que ce qu'il venait de dire pouvait être vexant ou porter à confusion, l'oisillon piqua un fard et baissa les yeux vers son verre. « Pardon... J'ai dit ça de manière pas franchement sympathique... » Souffla-t-il, avant de relever les yeux pour écouter la réponse de Darren... et se fendre d'un immense sourire. Il se retenait pour ne pas éclater de rire, car il lui semblait que ce serait mal venu de ce faire alors que visiblement, l'autre faisait des efforts pour essayer de s'adapter à une boucle de laquelle il ne venait pas. Il avait déjà pu déterminer ça, par ailleurs. Rien qu'en le regardant. Les manières, les gestes, la façon de bouger du jeune homme étaient d'un autre temps, et c'était peut-être aussi ce qui le rendait si séduisant, ce qui attirait tant l’œil de Morgan. Il aurait d'ailleurs aimé pouvoir lui expliquer que garder ces manières et ces traits distinctifs ne le desservirait en aucun cas, pas dans la boucle. Au pire, les humains à l'extérieur pourraient le trouver vaguement étrange, vaguement suranné, mais ce n'était pas grand-chose, il valait mieux qu'il soit lui-même plutôt que de chercher à être différent juste pour se fondre dans la masse. Cela dit, après tout, peut-être que ce n'était pas quelque-chose de négatif, pour lui, de devenir quelqu'un d'autre... Peut-être qu'il préférait être différent de ce dont il avait l'habitude, que ça lui faisait même du bien. Sans se retenir de pouffer, le plus discrètement possible, Morgan eut un regard qui débordait de tendresse et d'amitié, qu'il ne pouvait vraiment pas contrôler.  

« Je ne danse pas mieux que toi. » Avoua-t-il en levant légèrement le menton. « J'ai rien à t'apprendre. Mais si tu veux, on peut danser ensemble. Je peux te montrer un peu comment on bouge en 2016. Cela dit, tu avais l'air de très bien t'en sortir tout seul. Et... wesh... » Il eut un petit rire qui le força à baisser les yeux. « T'es pas obligé, Darren. Dis que ce que tu te sens de dire, ok ? C'est super que tu fasses des efforts pour t'intégrer ici. J'aimerais bien être capable d'autant de rigueur que toi quand je visite les autres boucles. Mais honnêtement, si tu te sens pas bien dans ce que tu dis, ou que tu hésites, ça donne des trucs bizarres. Eh, et si je t'offrais un verre avant toute autre chose?  »

Sans hésitation, il héla le barman, pour lui, ce serait la même chose, et il attendait encore la réponse de Darren. Lorsque son attention revint à la piste de danse, il eut un léger coup au cœur. Comme c'était déjà arrivé, il y avait là un fort bel homme, et celui-ci le fixait. Leurs regards s'entrechoquèrent, et l'inconnu eut un sourire séducteur qui fit remonter le rouge aux joues de Morgan. Il se fendit néanmoins d'un petit sourire gêné, et leva son verre nouvellement rempli dans sa direction. L'autre parut satisfait, son regard alla à Darren, s'assombrit. Il pensait sans doute que Morgan était pris, et ce dernier n'avait absolument pas le courage (ni l'envie) d'aller le contredire...


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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Jeu 13 Avr - 10:31

Just let me have my fun tonight  - Morgan



Darren haussa un sourcil presque surpris à ce que venait de dire Morgan. Il ne trouvait pas qu'il se dandinait ? Il fallait qu'il lui donne sa propre définition de ce mot dans ce cas. Il avait eu l'impression d'avoir eu la grâce d'une oie essayant de courir sur un terrain couvert de cailloux... Et puis en ce qui concernait ce qui était sympathique ou pas.... Darren aurait été bien hypocrite de lui en tenir rigueur, il fallait dire qu'il n'était pas réputé pour son amabilité, ni sa capacité à s'adresser aux autres. Certes, il avait fait des progrès depuis qu'il était ici, il se forçait à retenir les sarcasmes, se mordait la langue lorsqu'un trait de cynisme venait se glisser sur le bout de cette dernière, mais il lui restait quelques réminiscences parfois. Il secoua donc lentement la main pour lui signifier qu'il ne lui en tenait pas rigueur et qu'il n'était plus mal à l'aise. Quoi qu'il en soit, il n'était pas assez porté sur l'amour personnel pour se sentir vexé par ce genre de choses. Il aurait même eu tendance à dire que le vide était plus intéressant que lui, donc il comprenait très bien Morgan. Il lui arrivait d'ailleurs à lui-même beaucoup trop régulièrement de se perdre dans ses propres pensées en fixant un point inexistant, il savait ce que cela faisait. Il n'aurait, lui, pas été capable de se rendre compte que quelqu'un était au milieu, contrairement à Morgan. Il se serait contenté de continuer à fixer ladite personne jusqu'à ce que cette dernière s'en aille, ou qu'elle vienne lui demander s'il avait besoin de quelque chose.

- Je suis souple. Répondit-il presque pour lui-même en haussant les épaules. J'ai grandi dans un cirque, je dois avoir des restes.

Darren ne l'aurait jamais avoué, aussi parce qu'il n'en avait pas lui-même conscience, mais il lui restait une certaine fierté étrange de forain. Il était tellement persuadé de honnir tout ce qui s'approchait de près ou de loin aux cirques, qu'il ne s'en rendait même pas compte. Il ramenait pourtant cela beaucoup trop souvent sur le tapis pour que ce ne soit pas le cas. Il le savait pourtant, que les forains avaient cette sorte de fierté qu'ont ces gens talentueux, se plaisant à se mettre sur le devant de la scène. Il avait été élevé dans cet environnement, et il en gardait forcément quelques marques, bien qu'il aurait rejeté ce fait en bloc si on le lui avait annoncé. Darren eut un soupir quelque peu mélancolique, sans savoir d'où cela venait. Son esprit vivait beaucoup trop dans le passé, et il n'était pas encore apte à se laisser aller, à laisser le passé derrière lui, et à se dire que les choses avaient changé. Il vivait depuis plus d'une centaine d'années, et enviait tellement les personnes capables de ne pas regarder en arrière. Il en avait rencontré, mais lui, pauvre idiot qu'il était, restait enfermé dans une case qu'il s'était lui-même imposé sans en avoir conscience. Il avait la honte et la colère, et il avait la hargne des animaux blessés. Il était comme un loup lors d'une battue, qui croit fuir mais qui fait exactement ce que les hommes attendaient de lui, se jetant dans le piège de son propre chef, et bientôt, il serait pris, dans le meilleur des cas. Mort, dans le pire des cas, et encore, il se demandait parfois si cela n'aurait pas été mieux. Il s'était plusieurs fois demandé s'il n'aurait pas été mieux pour lui de sortir de sa boucle, de rejoindre les hommes, et de laisser le temps le rattraper, il n'en aurait pas eu pour très longtemps. Cependant, une fois encore le courage lui manquait. Cela dit, il était maintenant heureux de n'en avoir rien fait. Il n'avait jamais été aussi bien que depuis qu'il était en deux mille seize, et la preuve en était qu'il voulait s'adapter, aller plus loin. Il allait de l'avant pour la première fois depuis presque cent ans... Et cela lui faisait du bien. Aussi, il jeta un regard légèrement noir à Morgan, qui devenait rouge tant il se retenait de rire de lui. Avait-il dit quelque chose de si ridicule ? Il écouta donc ce qu'il avait à dire et roula des yeux. Morgan ne comprenait pas à quel point cela était important pour lui, mais il ne pouvait clairement pas l'en blâmer.

- Je suis obligé, au contraire. Dit-il d'une manière un peu froide. Ce n'est pas de la rigueur, c'est de l’adaptation pure et simple. Comme la danse, je dirais. Je veux apprendre pour pouvoir rester ici. Je ne veux pas qu'on me regarde comme.... Comme un Freak. Il serra un peu les dents. Donc oui, un verre. Il eut un sourire presque dérangeant. J'en ai besoin. Prends moi quelque chose de fort.

Darren eut cette fois un sourire légèrement amusé. Il ne fallait pas qu'il sape le moral de Morgan, qui était adorable avec lui et essayait de l'aider. Il n'allait pas repenser au Freak Show maintenant, il était venu ici pour s'amuser, et rien d'autre. Il n'allait pas embarquer quelqu'un avec lui dans les ténèbres, il n'allait pas faire preuve de cet égoïsme profond.

Cela dit, le petit manège avec l'inconnu un peu plus loin dans le bar ne lui échappa pas, et son propre regard s’assombrit, d'une teinte mêlée d'amusement un peu malsain et de curiosité. Oh, il comprenait. Les choses étaient ainsi n'est-ce pas ? Morgan se refusait à lui-même, il avait été comme lui passé un moment, et il comprenait ce qui pouvait se passer dans l'esprit du rouge-gorge. Lorsqu'il revint vers lui, il prit donc son verre et ramena Morgan contre lui comme s'il avait été effectivement sien, la main posée sur sa hanche. Il se pencha ensuite à son oreille avec un petit sourire amusé.

- Besoin d'aide pour quelque chose ? Murmura-t-il à cette dernière. Besoin d'une excuse... ?

Il eut un léger rire, avant d'incliner un peu plus la tête pour aller poser un baiser dans le cou de Morgan. Le message semblait clair pour l'autre, et Darren, lui, s'amusait tout son saoul. Il avait le droit de se laisser aller ici, et plus encore, il n'était pas contre avoir les mains posées sur un aussi joli spécimen que Morgan. Il avait tout d'abord cru que rien ne serait possible et n'avait rien tenté, même pas le fait d'être aimable. Mais le rouge sur les joues de ce tout nouvel ami lui avait donné l'indication dont il avait besoin pour commencer à être quelque peu taquin. Il fallait aussi avouer que ce petit jeu l'amusait, et qu'il n'allait pas se priver. Deux mille seize était un monde fantastique...

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Morgan Dawkins

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Dim 25 Juin - 18:15

Just let me have my fun tonight

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Ainsi, Darren avait grandi dans un cirque. Quelque-chose que Morgan n'aurait jamais pu deviner, souplesse ou pas. Son compagnon de la soirée semblait d'ailleurs éprouver des sentiments mitigés vis-à-vis de son enfance. Il en parlait comme avec fierté, mais ses gestes, son langage corporel, ne coïncidaient pas toujours avec ses paroles. D'abord cette indifférence feinte, à cette manière qu'il avait eue d'hausser les épaules, presque avec dédain, et puis, ce soupir emprunt de mélancolie... A cela, Morgan ne sut comment réagir. Si Darren avait parlé du cirque avec entrain et un large sourire, il n'aurait pas hésité à lui poser des questions. Mais là... Il ne pouvait s'empêcher de craindre de faire une de ses inénarrables bourdes, de celles qui lui valaient parfois de perdre une amitié. Or, celle-ci n'avait même pas encore véritablement commencé, il s'en voudrait terriblement si, de quelques paroles seulement, il venait à la tuer dans l'œuf. Il acquiesça cependant, d'une certaine manière, admiratif. Il n'avait jamais vraiment aimé les cirques, quand il était petit et qu'il y en avait un quelque-part non loin de la boucle, sa mère l'amenait parfois, et la vue de tous ces animaux en cage, sous-nourris et malheureux faisait toujours résonner en lui quelque-chose de terriblement morbide. Il supposait que c'était parce que l'oiseau en lui s'imaginait dans une cage, aussi, et que rien que l'idée était proprement insoutenable, bien que ce ne soit jamais arrivé. Sa maison ressemblait parfois à une cage. Sa mère, à une geôlière impitoyable. Ses amis, à de maigres graines de tournesol jetés contre ses barreaux. Son île, à un purgatoire duquel il ne réchapperait pas...
Il s'extirpa de ses mauvaises pensées et secoua un peu la tête pour revenir au moment présent, à l'extérieur, à la musique et à l'alcool. Une longue gorgée de son verre lui permit de reprendre contact avec la réalité, bon Dieu, cela brûlait toujours autant, il ne s'habituerait jamais. Sobrement, il offrit à Darren un petit sourire et un hochement de tête. « Oui, c'est sans doute ça, ça doit aider. » Répondit-il, en perdant une fois de plus son regard sur la piste de danse. Il n'osa pas aller plus loin, ou le questionner plus que cela, il était bien placé pour savoir que certaines choses devaient rester cachées, qu'il valait mieux ne pas les développer. Il se disait que si Darren voulait donner des détails sur son expérience dans le cirque, ou sur son enfance, il pourrait tout à fait le faire. Mais ce n'était pas à Morgan de venir lui tirer les vers du nez. Pas encore, pas alors qu'ils se connaissaient à peine, notamment.

Le ton froid employé par le jeune homme par la suite lui hérissa les cheveux dans la nuque, et il s'entendit soupirer en comprenant qu'il aurait mieux fait de se retenir plus que cela. Pourtant, loin de lui l'idée de se moquer ! Il savait mieux que personne comme il pouvait être difficile de s'adapter à un siècle qui n'était pas le sien, comme on tâtonnait, au début, comme on trébuchait sur les mots lorsqu'on croyait utiliser les bons, et qu'on pataugeait lamentablement avec des expressions qui n'étaient pas celles dont on avait l'habitude. Il s'était retrouvé dans cette situation un nombre incalculable de fois, et toutes ces fois, il aurait apprécié que quelqu'un, comme il venait de le faire, lui dise qu'il pouvait être lui-même et qu'il n'avait pas à s'inquiéter de convenances dont il ne connaissait pas tous les tenants et les aboutissants. Il n'en voudrait pas à Darren pour sa soudaine froideur, cependant. De son discours, ressortait quelque-chose qui résonnait désagréablement en Morgan, et s'il ignorait tout de ce que pouvait être un freakshow, il était loin d'ignorer ce que c'était de ne pas se sentir à sa place quelque-part, et de tout faire pour se sentir moins déplacé, moins mis à l'écart. Il savait ce que cela faisait, de ne pas être accepté. Pour preuve, il était chez lui, et c'était sans doute l'endroit où il se sentait le moins à sa place, de tous ceux qu'il fréquentait. Pas dans un bar, à danser avec un inconnu, non, ça c'était plutôt habituel, et de tous temps, dans tous ses voyages, ce qu'il avait le plus vu, c'était sans doute ce genre d'endroit. Non, le problème était, encore et toujours, 2016. Darren s'inquiétait d'entraîner quelqu'un dans les ténèbres avec lui, eh ! Bien. Morgan était déjà dans les ténèbres, la plupart du temps. Sa solitude lui pesait, sa chambre d'adolescent attardé lui pesait, le regard réprobateur de sa mère lui pesait, et il n'arrivait toujours pas à cesser de se rebeller comme un idiot, à cesser d'essayer de s'extirper de ses responsabilités comme d'une chrysalide qui lui collerait les ailes entre elles. 2016 était une épreuve, un calvaire. Et il voulait absolument passer une soirée moins désagréable que les autres, ce qui le retint, bien sûr, de faire une réflexion désagréable à Darren, ou de lui demander quelle mouche l'avait piqué. Il se radoucit, d'ailleurs, et eut un sourire plus avenant, ce qui amena le plus vieux à sourire lui aussi. Il secoua doucement la tête.

« Tu n'as pas l'air d'un freak, ne t'en fais pas pour ça. En fait, la plupart des gens, en 2016, sont trop occupés à se regarder le nombril pour te remarquer. Les gens passent leurs journées à se demander s'ils sont assez grands, assez minces, assez beaux, assez intelligents, assez riches... Ils sont trop occupés à se demander tout ça pour tiquer parce que tu as utilisé une expression dont il n'ont pas l'habitude. Mais bon, wesh, alors, si tu veux, ma foi. » Il eut un sourire en coin et prit le verre que le barman venait de déposer auprès d'eux pour le tendre à Darren, et qu'ainsi ils puissent trinquer. « A ton arrivée en 2016, et à ton adaptation, qu'elle soit rapide et sans douleur. » Il eut un petit rire et fit cogner son verre contre celui de son camarade. Du whisky, évidemment, il ne savait même pas s'il aurait été capable de commander autre chose, même si ce n'était pas pour lui. Comme à son habitude, il avait choisi un des meilleurs que la carte proposait, un différent du sien, plus sec, avec des notes de noix qui restaient longtemps sur la langue après le passage de la boisson. Et la brûlure, le long de l'œsophage, comme la lente caresse d'une main puissante sur sa poitrine, par une chaude journée d'été... délicieux. « Hey, Darren, tu danses déjà comme quelqu'un de 2016. Et même mieux. J'ai jamais vu quelqu'un danser comme toi, c'est même plus de la souplesse, c'est de la grâce. Si quelqu'un te regarde, ici, crois-moi, il ou elle ne pense pas que tu es un freak. Il ou elle se demande s'il peut rentrer avec toi dans ton pantalon, pour voir s'il y fait meilleur qu'en ce bas monde. »

Ses propres paroles l'amusèrent, jusqu'à ce que les choses se corsent. Ce simple baiser dans son cou lui arracha un frisson qu'il n'avait pas vu venir, et le rouge sur ses joues se poursuivit jusqu'à sa gorge et en haut de sa poitrine, visible par l'encolure de son tee-shirt déformé. Quand il était gêné, il pouvait virer à l'écarlate presque sur tout le corps, s'il n'y prenait pas garde. « Hey... » Souffla-t-il, en tournant le regard vers la chevelure de feu qui dansait en rafales près de son visage. « Je suis pas... » Il ne termina pas sa phrase, car il ne savait pas où elle devait aller. Il n'était pas quoi ? Attiré par les hommes ? Son corps, qui se tendait à l'approche de celui de Darren, était en train de lui dire le contraire. Et il savait bien que c'était visible, que les signaux qu'il envoyait étaient clairs. Il n'était pas hostile à cela, par ailleurs, tout juste... effrayé ? Non, décontenancé, surtout. C'est-à-dire qu'il se mentait si bien à lui-même qu'il n'avait jamais pensé qu'il pourrait en avoir envie. Et l'alcool, qui lui montait à la tête... « J'ai l'habitude, pourtant... Qu'on me regarde, je veux dire... des hommes... » Murmura-t-il encore, en fermant doucement les yeux, et en esquissant un sourire. Où voulait-il en venir ? Nul ne le savait. Lui, encore moins.


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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Lun 26 Juin - 13:37

Just let me have my fun tonight  - Morgan



Le silence qui s'en était suivi après qu'il ait parlé de son enfance dans le cirque fit comprendre à Darren qu'il avait probablement eu une attitude pouvait révéler il ne savait quoi, peut-être une bribe de pensée morne, qui avait dû filtrer dans ses gestes ou son regard. Il avait glissé un petit coup d'oeil à Morgan, se demandant si ce dernier allait lui en tenir rigueur, ou si le silence allait se prolonger, auquel cas il aurait bien été contraint d'ouvrir la bouche pour essayer de relancer la conversation, bien qu'il n'ait aucune forme d'idée de ce qu'il aurait pu dire pour ne pas laisser la gène s'installer. Bien heureusement, le jeune homme ouvrit finalement les lèvres, certes pour ne rien dire, sans doute car il avait pensé comme lui, que le silence se faisait pesant, et qu'il fallait dire quelque chose, pour ne pas laisser le temps devenir une prison à leurs paroles. Cela dit, Darren restait reconnaissant en quelque sorte, simplement car Morgan avait su tenir sa langue là où lui n'avait pas été capable de le faire. Il parlait régulièrement de son passé sans en avoir réellement conscience, et n'avait pas envie qu'on le relance sur le sujet. Il avait mentionné le cirque, d'une phrase sans appel, qui ne demandait pas à ce qu'on cherche à en savoir plus, et le jeune homme l'avait bien comprit. Cela dit, s'il se laissait aller à la psychologie de comptoir, qui aurait été d'occasion vu les circonstances, il aurait admit que s'il lui arrivait régulièrement de parler du passé, c'était tout simplement car il avait effectivement envie qu'on le relance sur le sujet. Tout cela était bien trop lourd pour lui, et il était bien trop seul pour pouvoir en parler à qui que ce soit. Il aurait pu expier, ne serait-ce qu'un peu, en en parlant, simplement. Il aurait pu ne pas parler du meurtre de son père, de la cruauté dont sa mère avait fait preuve avec lui, mais simplement des bons moments, des choses qui auraient pu lui permettre de relativiser, et de se dire qu'au final, même si les circonstances étaient noires, il n'avait pas non plus été des plus malheureux. Il n'avait manqué physiquement de rien, il n'avait qu'un manque affectif, tout aussi destructeur, et irremplaçable, quand bien même aurait-il eu des amis à foison, aucun d'entre eux n'aurait été capable de remplacer une mère, ni un père pour ce que cela valait. Il avait néanmoins conscience que le seul fait de parler pouvait libérer d'un poids, même s'il n'était pas fervent utilisateur de cette pratique, autant par contrainte que par choix. Il n'était pas stupide au point de penser que le monde entier lui tournait le dos, il savait qu'il en était le responsable, que s'il n'avait pas les amitiés qu'il recherchait dans ses rêves, c'était uniquement car il ne les déclenchait pas. Il agissait avec tout un chacun comme il le faisait actuellement avec Morgan. Il n'était que froid, et peu avenant. Supposons, qu'une fois encore, il se soit laissé allé à la psychologie de comptoir, il aurait dit qu'il avait peur de l'abandon, encore une fois. Les choses étaient néanmoins bien plus compliquées que cela, en revanche, il n'avait pas conscience de ce point là...

Darren, une fois encore, remercia silencieusement Morgan de ne pas lui tenir rigueur de son mauvais caractère, se disant que décidément, ce jeune homme avait une patience à toute épreuve. Objectivement, il avait conscience que s'il lui arrivait, par erreur ou par malchance, de tomber sur quelqu'un ayant le même caractère que lui, ils auraient sans doute fini dans le sang à se battre, ou alors, dans le meilleur des cas, à s'insulter froidement jusqu'à s'ignorer. Morgan, donc, était patient, et calme, ce qui poussa Darren à se détendre du mieux qu'il le pouvait, pour ne pas laisser passer cette chance d'une main tendue, sur laquelle il venait néanmoins de cracher en répondant de la sorte. Il lui offrit alors un petit sourire, écoutant ce qu'il avait à lui dire en prenant son verre, le buvant sans même une grimace. Il aimait bien cet alcool, il changeait de ce qu'il avait l'habitude de boire, à savoir du mauvais alcool, ce qu'il trouvait de moins cher à son époque, et qui brûlait la gorge par son aigreur de mauvaise piquette plutôt que par la teneur en alcool venant plus caresser sa langue qu'autre chose. Il trinqua donc avec Morgan, avant de rester un peu bête devant ce qu'il venait de dire. Un rire clair lui échappa néanmoins, tant l'image que venait de lui insuffler le rouge-gorge par ses paroles était hilarante.

- Oh, crois moi, il fait meilleur dans mon pantalon qu'en ce bas monde. Dit-il, amusé, avant de reprendre une gorgée de son verre. Mais tu vois Morgan, ce que tu me dis... Il n'y a aucune différence entre les époques, content de voir que rien n'a changé, que les gens sont toujours aussi égoïstes. Il sourit en coin. Je ne me juge pas mieux qu'un autre cela dit, je passe aussi mon temps à contempler mon nombril, et ma foi, il est plutôt joli. Il rit, mettant une petite pichenette dans une des mèches du jeune homme. Mais merci pour le compliment, qui sait, peut-être que ce sera toi, qui entrera dans mon pantalon ce soir.

Amusé, il lui avait fait un clin d’œil, et la suite des événements n'avait fait que le surprendre agréablement. Il n'allait pas rire, se retenait de toutes ses forces, mais la gêne presque palpable de Morgan réveillait en lui un amusement coupable, qu'il allait bien entendu, entretenir. Il haussa un sourcil intrigué lorsque le rouge-gorge laissa sa phrase en suspend. Il n'était pas quoi ? A qui essayait-il de mentir, à part à lui-même. Il avait une attirance tellement visible pour les hommes qu'il en irradiait presque, et il essayait de lui faire croire que ce n'était pas le cas. Darren aurait été très mal placé pour lui en vouloir, il savait que cela faisait peur, et que les questions que l'on pouvait se poser venait pratiquement nous hanter par leur incertitude, et par la diabolisation que l'on s'imposait à soi-même de la chose. Il n'allait donc pas le brusquer, au moins pas autant qu'il avait l'habitude de le faire.


- Tiens donc... Dit-il doucement, le tirant un peu avec lui sur la piste de danse. Ce n'est pas surprenant.

Il sourit en coin, alors qu'il se mettait face à lui. La soirée promettait d'être amusante, s'ils continuaient ainsi, et Darren n'allait pas passer à côté d'une telle occasion de s'amuser et de, en même temps, potentiellement faire découvrir à un jeune homme aussi séduisant qu'il n'avait pas la capacité d'être honnête avec lui-même sur certains points... Lui, n'avait pas conscience qu'il était au milieu d'une piste de danse, en train d’ostensiblement draguer le fils de l'Ymbryne principale de cette boucle, et quand bien même l'aurait-il su... Sans contre-indication de l'Ymbryne elle-même, il ne se serait pas gêné, il se demandait simplement ce qui pouvait pousser certaines personnes à les regarder de la sorte, sans bien sur, pouvoir imaginer que certains d'entre eux devaient se dire que Morgan renvoyait là une image bien pathétique de sa mère. Darren connaissait ce genre de regards, heureusement très peu présents, qu'il s'attachait clairement à bafouer, et à accentuer même, et une fois n'est pas coutume, il allait en mettre plein les yeux à ces quelques idiots, et par la même occasion, essayer de pousser Morgan à clarifier sa propre pensée. Venant d'une époque bien trop coincée sur ce genre de sujets, Darren n'allait pas se priver, ici, pour se laisser aller à être taquin, et à pousser le rouge-gorge dans ses derniers retranchements. Gardant son verre dans une main, il posa l'autre sur la hanche de Morgan, et d'un mouvement de doigts, releva un peu son t-shirt, pour que sa peau vienne effleurer la sienne, un sourire aux lèvres. Il voulait réveiller l'envie qu'il voyait se cacher dans les yeux bleus du jeune homme, le forcer à se laisser aller, et surtout, à ne plus s'empêtrer dans des explications vides de sens, sans réelle finalité.

- Tu n'es pas quoi, dis moi ? Demanda-t-il, amusé.

Sur ces mots, il avait légèrement relevé la tête, juste pour que Morgan puisse avoir une vue imprenable sur ses lèvres étirées dans un léger sourire.

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Ven 28 Juil - 0:49

Just let me have my fun tonight

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La conversation avait définitivement pris une tournure qui éveillait en Morgan des sentiments contraires. Il aurait aimé pouvoir simplement plaisanter en posant gentiment une main sur l'épaule de Darren pour le repousser, en lâchant un « Non non mon gars, ça ne sera pas moi » gentil mais ferme qui aurait sans doute suffi à lui faire comprendre qu'il n'était pas... comment dire... eh bien, gay, voilà tout. Mais d'un autre côté, il ne se trouvait pas le cœur à nier. Il ne parvenait pas à se remettre convenablement dans ses baskets et à simplement lâcher cette petite bombe, coupant ainsi court à cette vague tension sexuelle qu'il sentait s'installer. D'une part, parce qu'en féru de découvertes, en grand curieux et en voyageur, il avait envie de voir jusqu'où tout cela allait. Il avait beau être excellent dans le domaine du mensonge, surtout quand il s'agissait de lui, il ne parvenait pas à se cacher à lui-même que les hommes, leurs corps, leurs baisers, leurs caresses, tout cela l'intriguait. Est-ce que cela ressemblait à ce qu'il faisait lorsqu'il était seul ? Est-ce que c'était comme un corps féminin, mais en plus dur, en plus ferme, en plus affirmé, presque, contre le sien ? Lorsqu'il venait à penser ainsi, il s'apercevait qu'il était pétri de généralités et de clichés. Quelque-chose aux confins de son cerveau, bien loin de toutes ses pensées conscientes, pensait toujours que tous les gays étaient vêtus de rose, pourvus d'eau de cologne hors de prix, maniérés et hautains, et discuteraient sans nul doute possible ses choix vestimentaires plus qu'hasardeux. Et ce alors même qu'il savait pertinemment que ce n'était pas le cas, puisqu'il surprenait régulièrement les regards de jeunes – et de moins jeunes – hommes glissant sur son corps d'oisillon, suffisamment viril et suffisamment juvénile pour éveiller curiosités et désirs. L'homme qui l'observait depuis la piste et qui lui avait levé son verre n'avait d'ailleurs détourné le regard qu'un court instant. Ses yeux glissaient sur Darren et sur lui, comme satisfaits de se trouver observateurs de ce petit manège sur lequel il semblait qu'ils avaient grimpé, sans que Morgan eut bouclé sa ceinture. Et il doutait que ce soit la queue du Mickey, la récompense, à la clé. Une queue, peut-être, mais en peluche, sans doute pas...

« C'est un peu ce que j'ai constaté en voyageant. Que les gens ne changeaient pas. On s'occupe toujours d'abord de soi-même, on envie son voisin chez qui l'herbe est toujours plus verte, on veut se mettre en valeur avec sa beauté, son intelligence, sa richesse, sa célébrité, et on en oublie les choses importantes, le partage, les rencontres, les découvertes, les voyages, l'intérêt tout désintéressé qu'on peut trouver dans le regard d'un autre. » Bien malgré lui, il plongea dans les yeux de Darren, juste à temps pour entendre la suite de sa phrase, à savoir, que ce serait peut-être lui qui entrerait dans son pantalon, ce soir-là. Et cela le fit rougir, bien sûr. Morgan se retrouvait comme un adolescent aux premiers émois, sans voix face à cet homme qui semblait si bien interpréter chacun de ses gestes. « J'ai toujours aimé... ne pas savoir où je terminerai mes soirées. » Avoua-t-il alors, armé de son sourire évasif et quelque peu angélique, celui qu'il n'avait que dans ce genre de situation, celles où il était gêné, mais conquis, d'une certaine manière, séduit. Celui que, d'habitude, il gardait pour les femmes qui le charmaient...

La mère de Morgan n'en aurait bien eu que faire de savoir que son fils se faisait draguer par un homme. Dans un bar ou dans la rue, le rouge-gorge était majeur et vacciné, et il faisait bien ce qu'il voulait, il l'avait toujours fait. Ce n'était pas cela qui la gênerait, si à côté, Morgan avait su prendre ses responsabilités et occuper le poste qu'elle avait toujours voulu lui confier, suivi la formation qu'elle avait toujours voulu qu'il suive. S'il avait simplement arrêté de lui glisser entre les doigts comme un petit poisson sauvage, là, elle aurait sans doute pu lui pardonner n'importe quoi. Il avait beau l'agacer, c'était son fils, elle l'aimait, et elle voulait son bien. Et lui, il était trop immature pour vraiment s'en rendre compte, et ne voyait que la honte qu'il pouvait lui inspirer lorsqu'il se comportait mal, en société. Pas comme ce soir, mais comme tous les autres, comme tous ces soirs où il avait fait étalage de sa grande immaturité en refusant de se montrer alors qu'ils avaient des invités prestigieux, en étant ivre au dîner, ou en restant cloîtré dans sa chambre avec de la musique trop forte et un nuage de nicotine que l'on sentait jusque dans le couloir. Là, sur la piste, auprès de Darren, il était calme. Les regards ne le gênaient plus, et les autres pouvaient bien le reconnaître, quelque-chose en lui avait cédé, comme un barrage sous le poids d'une rivière, et soudain, il s'en foutait. Il n'y avait plus que cette étrange conversation, si tant était que l'on pouvait l'appeler ainsi, cette tension presque palpable dans l'air, entre Darren et lui, et les brumes de l'alcool qui obscurcissaient son cerveau, son jugement, et ses inhibitions, qui s'en trouvaient brouillées, comme intangibles. Il n'était pas non plus assez ivre pour oublier, ou pour entièrement blâmer l'alcool pour ce qui se passerait par la suite, quoi qu'il se passe. Et il se rappelait d'Oliver, la manière dont ils avaient flirté, comment il s'était laissé aller aux mots et aux sourires de celui qui était depuis devenu un ami très cher à son cœur. Qu'adviendrait-il de lui, avec Darren, et la manière dont celui-ci le regardait ? Ainsi, savoir que d'autres hommes l'avaient regardé eux aussi n'était même pas surprenant. Morgan se sentit hausser un sourcil. Avait-il une tête de gay – pour autant que ça puisse exister – qui les attirait ? Ou n'était-ce qu'un concours de circonstances qui avait voulu cela ? Ondulant légèrement des hanches pour suivre le rythme de son partenaire de danse, il leva vers lui un regard d'incompréhension, puis... rougit encore. Il n'allait pas tarder à prendre la couleur de son poitrail lorsqu'il était transformé, si cela continuait ainsi.

« J'allais dire... attiré par les hommes. » Murmura-t-il, sachant que Darren l'entendrait, malgré la musique. Ils n'étaient pas dans une boîte de nuit, le volume n'était pas poussé au maximum, la piste de danse baignait dans une ambiance sensuelle et voluptueuse qui faisait se rapprocher et se réchauffer les corps alanguis, dans un rythme doux, presque contemplatif. Il ferma les yeux. La sensation des doigts de Darren sur sa hanche lui arracha un long frémissement, qui partit de ce simple toucher, et remonta tout le long de son échine. Sans réfléchir, il se rapprocha un peu, comme il l'aurait fait avec une femme, et apprécia le contact chaud de la paume lorsqu'elle s'échoua sur sa peau qui lui semblait soudain glacée, en comparaison avec celle de l'autre, qui lui faisait face. « Mais j'ai l'impression que mon corps et mes mots ne sont pas trop en accord. » Lâcha-t-il pour tenter de tourner la situation en dérision, comme il le faisait d'habitude. Il avait chaud, une lourde perle de sueur dévala lentement le côté de son visage, depuis ses cheveux jusqu'au pourtour de son lobe, et enfin sur sa mâchoire dessinée, qui se crispait à ses propres mots. Il s'entendait, et il savait aux accents de sa voix grave qu'il n'était même pas crédible. Il rouvrit les yeux, frôla de son regard les lèvres de Darren, détourna un peu le menton, serra les dents sur sa langue pour retenir un commentaire, un juron, quelque-chose qui aurait pu dénoncer son état. Ce n'était peut-être que de la taquinerie, mais cela faisait monter en lui une chaleur inattendue. Lui qui s'était lassé du sexe, qui trouvait même la drague sans intérêt, parce qu'il n'avait jamais de difficultés et que rien ne présentait jamais un réel défi, parce qu'il était suffisamment flemmard pour laisser les femmes venir à lui et faire de lui son jouet, se retrouvait incroyablement étonné de sentir son corps se tendre, et de songer « je le veux, je veux sa main sur moi, pas juste sur ma hanche, je veux qu'il me touche... ». « A quoi tu joues ? » Chuchota-t-il, son souffle frôlant presque les lèvres de Darren. Son cœur battait à vive allure, éternel oisillon dont les ailes se cognaient contre les barreaux de sa cage thoracique. Darren gagnait du terrain, Morgan sentait l'envie en lui se réveiller et, pas à pas, percer lentement les couches de mensonges. Il avait beau la repousser... bientôt, cela ne suffirait plus.


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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Dim 30 Juil - 18:30

Just let me have my fun tonight  - Morgan



Les choses importantes ? Ces choses là étaient bien malheureusement toutes relatives, pour certains, la célébrité était la chose la plus importante au monde, et le partage n'était que sans intérêt. Darren faisait partie de ces personnes qui n'étaient pas le moins du monde intéressé par les voyages, et qui considérait cela comme une information toute abstraite, qui ne lui faisait ni chaud ni froid. Il concevait cependant l'attrait que certains pouvaient avoir pour le fait de partir, peut-être le goût de l'aventure ? Lui ne l'avait pas, il était bien trop terrifié par tout ce qui n'était pas prévu, et pour être honnête, il avait connu son lot de voyages au sein du cirque, et il en avait développé une crainte certaine. Peut-être que Morgan ne voyait pas les choses de la sorte, mais pour lui, le voyage, c'était les adieux, c'était l'impossibilité d'avoir des amis, de se rapprocher de qui que ce soit. C'était comme une secte forçant ses membres à n'être proches que des autres. Le voyage, en somme, était l'inverse du partage, des rencontres, et des découvertes en ce qui le concernait. Il avait une vision des choses bien biaisée par son passé, mais c'était une partie de lui, sur laquelle il s'était construit, et qui était ancré dans son esprit, qui n'était pas prêt de partir.

- Le regard d'un autre n'est pourtant jamais totalement désintéressé. Dit-il alors avec un léger sourire en coin. Sans parler de tout ce qui peut être sexuel, tout le monde chercher quelque chose en la personne en face de lui. Il haussa les épaules. Mais est-ce bien nécessaire de philosopher sur ces choses... ? Il avait eut un léger sourire, plongeant son regard émeraude dans celui de Morgan. Peut-être que tu finiras chez moi, qui sait ?

Darren avait eut un petit sourire en coin, il était rarement aussi aventureux sur le sujet, et ce genre de réflexions ne lui ressemblaient pas vraiment, mais Morgan le mettait à l'aise, aussi étrange que cela puisse paraître puisque lui-même avait l'air d'avoir envie d'être partout sauf où il était actuellement. Il voyait presque un reflet de sa propre réaction la première fois qu'il s'était laissé séduire par un homme. Il n'était pas stupide, il s'était régulièrement posé des questions à ce sujet, cependant se poser des questions et arriver sur le fait accompli étaient deux choses fondamentalement différentes. Il avait été autant terrifié que exalté, et il espérait en un sens, que Morgan pourrait se laisser aller, même s'ils n'allaient pas au bout d'une nuit, peut-être que juste un baiser saurait faite battre son cœur dans une direction qui lui correspondait plus ? Darren n'aurait su le dire, et s'il avait bien conscience que tout le monde ne fonctionnait pas de la même manière, et que le jeune homme en face de lui pourrait tout aussi bien finir par réagir de manière violente. Pire encore, il aurait pu très mal interpréter les mouvements que le jeune homme avait, mais il se disait quand même qu'il aurait été bien stupide si cela avait été le cas. Mal interpréter de manière aussi violente aurait été assez honteux au final, et il serait passé pour un imbécile ne cherchant qu'à rabattre ses déviances sexuelles sur quelqu'un, car bien qu'il soit plus ouvert sur le sujet depuis qu'il était en deux mille seize, une petite voix continuait à souffler dans son esprit des moqueries et réflexions acerbes, d'un autre temps, du sien, où l'homosexualité était considérée comme une maladie mentale.

En un sens, il pouvait remercier les voyages autant que ce qu'il les haïssait, s'il n'avait pas fait partie de ce cirque itinérant, il aurait sans doute finit dans un asile, où ils auraient essayé de lui rendre son esprit, avec des méthodes qu'il ne préférait pas imaginer. Dans le cirque, on l'avait juste mit de côté, les quelques jours avant que cela ne vienne aux oreilles de son père. La suite avait été presque pire qu'un asile au final. Depuis qu'il était dans cette époque moderne, il se rendait compte d'à quel point les gens chez lui pouvaient être arriérés, peut-être parce que cela allait dans son sens ? Il avait passé des heures à y songer, dans son lit, en écoutant le bruit des vagues. Aurait-il considéré deux mille seize comme un monde aussi merveilleux s'il n'avait pas vécu le freak show ? S'il n'avait pas été gay ? Sans doute pas, il se serait seulement dit qu'ils avaient finit à embrasser les hérétiques et serait retourné en mille huit cent soixante treize aussi rapidement que ce qu'il avait quitté la boucle de mille neuf cent quarante et un.

La voix de Morgan rappela cependant la réalité, et Darren le regarda avec ce même sourire amusé qu'il ne quittait plus depuis quelques minutes. Oh, bien, il allait dire cela ? Et comme ce dernier venait de le confirmer, ses actes n'étaient pas en accord avec ses paroles. Darren chassa l'idée idiote qu'il avait eue un peu plus tôt d'une mauvaise interprétation et eut un rire presque cynique lorsque Morgan lui demanda à quoi il jouait. N'était-ce pas clair ?

- Moi ? C'est un jeu qui se joue à deux mon cher. Dit-il avec un sourire en coin. Et je crois que tu es déjà dans la partie... Il serra un peu ses doigts sur sa hanche. Tu aimes bien ? Il se pencha à son oreille. Si ça peut te rassurer, dis toi simplement que je suis l'exception qui confirme la règle, ça ne veut rien dire.

Cela l'avait rassuré, lui, au début, de se dire que ce n'était qu'une exception, que cela n'arriverait plus, qu'il n'allait pas tomber dans les bras de plusieurs hommes, mais il avait été obligé de se rendre à l'évidence plus tard. Peut-être que cette idée d'exception serait vraie pour Morgan ? Il n'en savait rien, cependant, il allait attendre un peu, essayer de forcer le jeune homme à venir de plus en plus vers lui, de le demander pleinement. Il ne voulait pas se sortir de là avec des histoires, il ne voulait pas se poser d'éternelles questions comme il était capable de le faire, à se demander s'il ne l'avait pas forcé, s'il n'avait pas exagéré. Il voulait avoir une certitude, même si présentement, les choses lui semblaient assez claires, il voulait une formulation orale de cela. Il allait certes aider, en se montrant plus ouvert que jamais il ne l'avait été par le passé, cependant, le premier geste ne serait pas de sa part. Il se montrait volontiers tentateur, mais bien que le souffle de Morgan vienne effleurer ses lèvres, il n'allait pas l'embrasser non, et certainement pas sur une piste de danse qui lui, lui semblait bruyante.

- Tu veux qu'on aille marcher un peu... ? Il sourit en coin. Peut-être que ce n'est pas l'endroit idéal...

lumos maxima


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
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Morgan Dawkins

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MessageSujet: Re: Just let me have my fun tonight [Morgan - Flashback]   Lun 31 Juil - 2:03

Just let me have my fun tonight

- I'm not as think as you drunk I am -

Morgan ne parvenait jamais vraiment à comprendre ces gens, qui rendaient prioritaires des choses futiles, sans importance, des choses matérielles dont ils n'auraient dû se soucier que par confort. Et il était conscient que cette manière de penser découlait sûrement de son enfance aisée, des moyens mis à sa disposition par sa mère, du simple fait qu'il n'avait jamais manqué de rien. Est-ce que ça avait fait de lui un homme heureux ? Non. Ce qui le rendait heureux, c'était de rencontrer de nouvelles personnes, de voir de nouvelles choses, d'effleurer du doigt de nouveaux horizons. Ca, ça faisait battre son cœur. Ce genre de soirée, comme celle qu'il était justement en train de passer, ça, c'était important pour lui. Et il se foutait bien qu'ils boivent, il se foutait bien qu'ils dansent, ils auraient pu être assis sur la plage à parler de tout et de rien – ou à se toucher... – et il aurait trouvé cela tout aussi magnifique. Il ne connaissait pas Darren, mais il aspirait désormais à apprendre à comprendre et à cerner ce nouvel être qui avait fait son apparition dans sa vie par la grande porte. Bien sûr, il aurait plus de mal à lui faire totalement confiance. Il était adorable, certes, et enfantin, clairement, mais il ne cédait pas les clés de son être et de son cœur aussi facilement qu'auparavant. Quelques déceptions l'avaient guéri de cette trop grande confiance en l'être humain, il avait appris à se méfier de ceux qui l'entouraient. Se méfiait-il de Darren ? Hm. Lorsqu'il serait moins alcoolisé, il serait sans doute plus précautionneux. Pour le moment, bien sûr, le whisky persistait à se dresser entre ses inhibitions et lui-même, rendant les choses plus difficiles à comprendre, à envisager sous un autre angle. Il se contentait donc de prendre les choses comme elles venaient, en savourant la légéreté de sa tête, la douceur de la main de Darren sur sa hanche, le sourire qui vibrait sur ses propres lèvres à chacun de leurs échanges. Il aimait que l'autre ne veuille plus philosopher pour le moment. Lorsqu'il commençait à être ivre, il disait beaucoup de conneries, et préférait donc que cela n'arrive pas dès leur toute première rencontre.

« Peut-être. » Murmura-t-il, mystérieusement, mais sans un début d'hésitation. Il avait déjà passé la nuit chez un autre homme, Gustave notamment, sans qu'il ne se passe jamais rien. Pourtant, Gus était séduisant, sans doute autant que Darren malgré son embonpoint. Pourquoi serait-ce différent cette fois ? « Peut-être que c'est toi qui finiras chez moi... » L'idée de ramener quelqu'un chez sa mère l'amusa un instant et lui fit ouvrir de grands yeux pétillants de malice. Les yeux du sale gosse qui s'apprêtait à faire une bêtise... Cependant, il n'arrêta pas de danser. Loin d'être maladroit malgré son grand corps sec, il suivait la langueur du rythme imposé par Darren et la musique, qui les entourait comme un voile velouté. Encore une fois, il ignorait tout des pensées les plus sombres de son nouveau compagnon, puisqu'il était plongé dans ses propres pensées, toutes brumeuses qu'elles soient. Avait-il déjà été attiré par un homme auparavant ? Non, pas qu'il s'en souvienne. Il n'avait jamais senti au creux de ses hanches cette douce chaleur qu'il connaissait bien, celle qui l'habitait lorsqu'une femme parvenait à éveiller l'étincelle de son désir, celle-là même qui s'éteignait trop vite, sans jamais devenir brasier. Se pouvait-il qu'il se soit trompé de cible, toutes ces années ? Il était pourtant certain de n'avoir aucune envie de se faire sodomiser, pour parler crûment – et il le pouvait bien, puisqu'il était dans ses pensées. Il n'avait même jamais eu envie de se toucher lui-même de cette manière, et l'homme qu'il connaissait le mieux, Gustave, ne lui avait jamais donné envie de s'essayer à quelques jeux d'enfants, quelques baisers humides, pas en quarante ans de leur fraternelle amitié. Peut-être le problème était-il bien là, d'ailleurs : peut-être Morgan considérait-il Gustave comme un frère, et de ce fait, peut-être ne se sentait-il pas capable d'éprouver autre chose pour lui que la chaleur de l'amour presque familial. Comme avec Marie. Il avait conscience qu'elle était une femme magnifique, il l'avait observée, de son œil tendre et patient, celui qu'il n'avait que pour elle, et il n'avait jamais ressenti ni envie ni besoin de la faire sienne autrement qu'en entrelaçant leurs âmes, comme ils savaient si bien le faire. Comme deux amis, comme un frère et une sœur qui s'enlaceraient dans les ténèbres pour chacun réconforter l'autre sans avoir besoin de mots. Darren... Darren était différent. Et oui, il pouvait encore se dire qu'il était l'exception qui confirmait la règle, mais une petite voix murmurait dans son esprit qu'il avait déjà songé la même chose d'Oliver, et que deux exceptions, cela commençait à devenir une règle, déjà...

« Alors, à quoi on joue ? » Sourit Morgan en refermant les yeux, juste un court instant. « Je me suis lancé dans la partie, mais je ne connais pas les règles... » Il posa une main douce mais ferme sur l'avant-bras de Darren, celui au bout duquel se trouvait la main qui pressait sa hanche. Loin de lui l'idée de le repousser, au contraire, il souhaitait prolonger le contact, et montrer son approbation. Et oui, l'alcool qui lui montait à la tête l'aidait beaucoup dans ses mouvements. Il saurait sans doute bien le blâmer plus tard lorsqu'il lui faudrait se remettre à se mentir à lui-même, pour l'heure... ses barrières commençaient à tomber, lentement, mais sûrement. Il acquiesça donc lorsque Darren proposa qu'ils quittent le bar, et sans réfléchir, ni lâcher son avant-bras, il prit la porte la plus proche. L'air odorant et maritime qui planait toujours sur l'île envahit aussitôt ses narines et rafraîchit son esprit, il relâcha l'autre jeune homme, inspira profondément, et enfonça les mains dans ses poches. « Où va-t-on, Darren ? » Demanda-t-il doucement, en commençant à marcher dans la nuit brillante et silencieuse. Outre le bruissement des insectes et le clapotis de la mer, c'était comme s'ils étaient seuls dans l'univers. Il glissa une cigarette entre ses lèvres et tourna la tête vers Darren... Oh, merde... Un souffle d'air frais venait agiter les mèches cuivrées qui se paraient de reflets multicolores aux néons du bar. Le visage de Darren était éclairé de biais, sa peau prenait des teintes bleutées, violacées par endroits, les ombres soulignaient les angles de son visage, ses pommettes et sa mâchoire apparaissaient plus dessinées encore que dans la pénombre du bar envahi par la foule dense. Morgan sentit son souffle se couper un instant, et il blâma aussitôt le whisky. En plein jour, il ne se serait jamais retrouvé sans voix devant un autre homme... ou du moins, il tentait encore de s'en persuader.

« Tu veux marcher un peu, tu disais ? On peut... se vautrer sur la plage, sinon. Ou ailleurs. On s'entendra mieux, en tout cas, si on veut parler. » Il tentait (vainement) de reprendre une contenance, mais ses joues écarlates le trahissaient sans la moindre difficulté. Il détourna le regard. Dans ses cheveux blonds, les néons jetaient des éclats verts et bleus, et l'on s'attendait presque à entendre une vague parcourir le sommet de son crâne pour aller jeter de l'écume dans ses yeux. Il ne savait pas ce qu'il faisait, ni vraiment où il allait, mais... l'aventure l'attendait. Et cela, il ne s'y refusait jamais.


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