AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Morgan Dawkins

avatar
- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
❧ Miroir : don't forget me, i beg
❧ Missives : 67
❧ Yeux de verre : 24
❧ Crédits : crazyninjadreamer sur tumblr, et tumblr pour les gifs


MessageSujet: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Mer 5 Avr - 13:07

Please don't let them look through the curtains

- Remember that I'm gonna follow through, all the way -

1941 n'avait jamais été une boucle facile pour Morgan. Il ne s'y était jamais trouvé très à l'aise. C'était bien simple, il souffrait des ténèbres environnantes, et les éclairs traversant le ciel, de métal, de rouille et de chair, heurtaient ses tympans à des intervalles qu'il n'avait pas encore réussi à comprendre, à étudier, à calculer. Il recherchait toujours la paix. Il se mouvait encore en les lieux qu'il visitait en les rangeant par l'esprit sur une échelle du silence, de la protection qu'ils pouvaient lui offrir, comme un fugitif se serait caché de ses bourreaux. Et ce, alors même qu'il savait pertinemment qu'il ne risquait rien. Il lui suffisait de rester dans la boucle, il pourrait ainsi regarder s'égrener inlassablement les mêmes minutes des mêmes vingt-quatre heures, sans heurt, sans peine, sans le moindre danger. Oh, il avait le goût du risque ! Là n'était pas l'ennui, il pouvait s'offrir aux ténèbres si, et seulement si, l'adrénaline l'envahissait alors et venait faire chanter ses veines, ce que les bombes sifflant au-dessus de sa tête n'offraient malheureusement pas. Elles, n'étaient que des futurs au-revoir, des absences de lendemain. Elles, n'évoquaient pour Morgan que la nuit, que la fin, que cette foule dans ce bar qu'il fréquentait régulièrement, cette foule qui venait là pour, une dernière fois, fuir la mort et lui lever son majeur, ignorant qu'elle était piégée dans une boucle qui la ferait inlassablement revivre cette nuit encore et encore jusqu'à la dernière fois, jusqu'à ce que le charme soit rompu et que le temps rattrape tout. Alors, 1941 retournerait là où elle devait être, au passé. Alors, Morgan n'aurait plus à se soucier des bombes qui l'empêchaient de voler, des putes décharnées, des hommes dont les rires sonnaient faux, des tutoiements de fin du monde, des derniers élans de courage. Blotti au creux d'une ruelle devant ces bâtiments qui ne seraient jamais abattus, qui abritaient tant de Syndrigastis comme lui dans des suites d'appartements semblables, il y pensait, il réfléchissait, et revoyait ce soldat qui, à la fin de la nuit éternelle qui se répétait sans cesse, franchissait chaque fois la porte de la taverne, d'un pas incertain qui n'était dû qu'à l'alcool, avec sur le visage l'expression du plus pur courage. Et quelque-chose en l'oisillon enviait cette capacité à prendre ses responsabilités à bras le corps. S'il en avait été capable, s'il avait pu les accepter, jamais sa mère n'aurait eu à le détester comme elle le faisait. Ou le faisait-elle ? Obsédée par le temps qui filait et celui qui recommençait, entourée d'aiguilles qui fouillaient la chair de son fils depuis ce qui lui semblait être une éternité, était-elle capable de comprendre qu'il manquait de courage, que sa faiblesse le paralysait ? Que ses peurs prenaient le pas, encore plus quand il était chez lui, en 2016, là où son avenir était supposé se trouver ? Il s'y refusait. Personne n'avait le droit de décider pour lui. Lui, il volait des bateaux et partait en mer pour boire au creux des vagues, lui, il sautait de boucle en boucle et cherchait le fonctionnement des autres, la compagnie de ceux qui ne le jugeraient pas, lui, il prenait des rendez-vous avec des gens qui l'appréciaient et lui, il savait les attendre, se faire patient bien qu'impatient, se faire calme bien qu'en ébullition. C'était Marie qu'il attendait, en cet instant, et elle était en retard. Suffisamment pour qu'il ait tout le temps du monde et observe la nuit, la mort et la vie, le cœur blessé de cette ville qu'il voulait apprendre à connaître.

Cela faisait désormais un moment qu'il connaissait la jeune femme, physiquement plus jeune que lui, et plus jeune aussi en années totales, mais plus mature, sans aucun doute possible. Il l'avait d'abord vue comme une proie potentielle, comme toutes les femmes sur lesquelles il avait un jour posé les yeux, puis il s'était rendu compte qu'il n'était qu'un abruti, et leur relation avait migré tout naturellement vers une franche camaraderie, puis vers une amitié à laquelle il tenait maintenant énormément. Mine de rien, sans en avoir l'air, elle l'avait fait réfléchir, et reconsidérer sa manière d'interpréter les signes des autres qui l'entouraient, surtout des femmes, en réalité. Il avait toujours été conscient que ses aptitudes à draguer étaient inférieures ou égales à zéro, mais l'idée qui ne l'avait jamais frappé avant que leur relation se développe, c'était qu'il n'était peut-être pas obligé de s'essayer à la séduction à chaque fois qu'il se retrouvait face au sexe opposé. Il n'avait rien à prouver, ni rien à se prouver. Ça n'avait même pas de sens ! Ensemble, ils étaient plus forts, et c'était à peu près tout ce qui lui importait désormais. Il voulait pouvoir être là quand Marie en avait besoin, et qu'elle puisse le soutenir quand il se faisait trop mauvais pour lui-même. Il n'avait pas encore idée d'à quel point ce serait vrai, dans son avenir. Il ne savait pas encore à quel point il lui fallait des amis, dans cette boucle peut-être encore plus que dans toutes les autres réunies. Ce soir-là, Marie et lui s'étaient dit qu'ils se verraient. En 1941, les moyens de communication étaient réduits – pas qu'ils soient très utilisables en 2016, d'ailleurs, où le réseau était une denrée plus que précieuse qui se faisait désirer la plupart du temps. Ils avaient donc décidé longtemps auparavant qu'ils se retrouveraient ce soir-là à cet endroit précis, et Morgan attendait, mais il commençait à s'inquiéter. Ce n'était pas le genre de son amie, d'être en retard. Habituellement, ils arrivaient l'un après l'autre avec à peine quelques minutes d'écart, et ils filaient bras dessus bras dessous accomplir quelque méfait dont ils avaient le secret, avec une Marie qui rabrouait parfois Morgan pour ses idées plus rocambolesques et stupides que ce que le bon-sens permettait. Lorsque Marie pointa enfin le bout de son nez, Morgan se rapprocha rapidement d'elle, assez vite pour que les bribes d'éclairage public et les éclats venus des fenêtres et des portes frôlent ses yeux rouges, son nez retroussé, ses joues sillonnées, creusées par des larmes qui avaient séché entre temps, mais qui s'étaient sans doute manifestées juste avant qu'elle ne quitte l'endroit d'où elle venait. « Marie ! Hey... » Sans réfléchir, le rouge-gorge se rapprocha encore, en de grandes enjambées, et il referma ses longs bras autour de la jeune femme pour l'attirer tout contre lui, contre son torse large et musclé bien que finement dessiné. « Hey, hey, qu'est-ce qui s'est passé ? On va où ? Qui t'a fait du mal ? Faut que je casse une gueule ? » Il fit la moue, et quelque-part, il était sérieux. Tout jeune, fin et gracile qu'il pouvait être, il n'hésitait absolument pas quand il fallait jouer des poings quelque-part ou avec quelqu'un. Il tenait trop à Marie pour laisser pareil crime impuni. Car oui, faire pleurer Marie n'était rien de moins qu'un crime, à ses yeux. La jeune femme avait un visage fait pour le rire, pour la lumière. Elle ne méritait pas qu'on la blesse. Doucement, il la guida vers un ailleurs, qu'ils ne restent pas dans la rue, avec un regard mauvais pour les bombes qui passaient dans le ciel. Il leur fallait du silence, un verre de vin (ou de whisky pour lui), et de la tranquillité.


don't open before 8:30:
 
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Copie de mémoire
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 551
❧ Yeux de verre : 60
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Jeu 20 Avr - 12:46


La vision du malheur est propre à chacun. Certains le définissent comme un échec professionnel, d’autres le reconnaissent dans le visage du mendiant qui ne rêve que de sécurité et d’un peu de pain. Il y a aussi une partie qui ne se sent infortunée qu’émotionnellement, sans jamais accorder d’importance aux biens matériels. Et il y a une minorité, ces gens simples, de ceux qui vivent heureux et que l’on jalouse. Ces gens qui ne sont faits que d’amour et de partage, qui donnent sans recevoir, qui apportent chaque jour un peu de chaleur dans nos coeurs blessés. Ces gens avec qui nous nous sentons gênés de nous focaliser sur de faux problèmes, avec qui il est impossible de ne pas décrocher un sourire. Ces gens, avec qui tout devient possible, qui rient aux éclats sans raison, qui se divertissent avec un rien et qui ne se plaignent pour rien au monde. Ces gens qui ont l’âme pure et a qui tout réussit. Mais je ne suis rien de tout cela. Je ne suis ni faite de bonheur, ni de malheur. Je suis un être vidée de toute humanité, qui ère sans but et qui ne sait plus reconnaitre les belles opportunités qui se présentent à moi. J’ai loupé le dernier train qui m’aurait mené à un semblant de légèreté, ce fameux bonheur que tout le monde convoite. Je suis perdue dans le temps, sans passé et sans futur, sans même de présent. Et lorsque je me regarde dans un miroir, je ne vois qu’un morceau de chair dépourvu d’esprit. Cela fait de longues années que je ne suis plus rien. Je suis une étoile éteinte, parmi les autres qui brillent encore. Et la seule personne qui me donne encore la sensation que je n’ai pas explosé, que je suis pas un amas de poussière qui s’éparpille dans l’univers, c’est Morgan. Dans ses prunelles, je vois le reflet d’une personne encore entière, pour qui tout est encore possible. Quand je me perd dans son regard, je sais et je ressens que je n’ai pas encore éclaté, que moi aussi, je peux encore briller et même me faire plus étincelante que les milliards d’autres. Me détacher de la voie lactée et aux yeux du monde, être une étoile solitaire et forte, qui sait se guider et guider les autres. Oui, dans son regard je me vois jeune et pleine d’espoir comme autrefois. D’un geste rapide et machinal, j’essuie les larmes qui ont coulé sur mes joues. Pourtant, elles ont déjà séché pour la plupart, et laissent une trainée de grisaille sur mon visage. Invisible pour les autres, mais visibles pour lui. Je sais mon visage plus pâle qu’à l’ordinaire, certainement à cause des nausées qui me lacèrent l’estomac depuis ce matin. J’ai le ventre noué, la gorge sèche et je m’étouffe plusieurs fois lorsque je tente de déglutir. Je n’avais pas pressé le pas lorsque j’avais vu l’heure, car mes jambes refusaient d’avancer, et que je n’avais pas le coeur à penser aux secondes qui passent. Je ne voulais plus penser à l’horloge, je ne voulais plus dépendre d’elle. Le temps n’a de toute façon aucune signification en ces lieux, il n’a plus de valeur au quotidien et aujourd’hui encore moins. J’attrape une cigarette dans ma poche, et me repris à plusieurs fois avant de réussir à l’allumer. J’étais là, dans ces rues que je connaissais si bien, à écouter au loin le son des avions qui se faisait plus lourd et plus menaçant à chaque minute qui s’ajoutait à ce 22 mars 1941. Les éclairages m’indiquaient le chemin à suivre pour trouver Morgan, mais la carte de la ville était déjà imprimée dans ma mémoire, si bien que je n’avais pas à m’en préoccuper. Et il était là, dans la pénombre, il m’attendait. Son simple visage me réchauffait déjà le coeur, glacé par les évènements du début de cette journée. Je ravalais quelques pleures, qui même si je n’avais pas eu de honte à laisser couler, me faisaient à chaque fois plus mal à la tête.

Je le sens qui m’inspecte le visage et qui comprend aussitôt qu’un mal s’était abattu sur moi, et dans une dynamique bien plus élevée que la mienne, se rapproche vers moi et m’enlace de ses bras chauds et apaisants. Je ne pense pas aux risques que ce proche contact pouvait engendrer, et à vrai dire je n’y pense jamais en sa présence. Ce gars là, il ne réfléchit pas au danger, ou à l’inverse, il le prend comme un défis amusant à relever. J’avais finis par m’y habituer, et même à prendre plaisir à retrouver une intimité si banale pour le commun des autres, mais singulière pour ma personne. Je ressers mes bras autour de sa taille, souhaitant à jamais plus le lâcher et rester en sa présence pour l’éternité. Je me suis un jour perdue dans un recueil de croyances venue tout droit d'Orient, comme quoi le monde spirituel et matériel est dystopique, qu’il y a un bien et un mal. Ce livre proclamait que l’humain devait mener un combat sans fin pour chasser le mal, et ne garder que des ondes positives autour de lui. En la personne de Morgan, je retrouvais ce sentiment, bien qu’en l’instant, je ne ressentais pas cette dualité. J’étais perdue entre les deux, neutre, mais à tendance à broyer du noir, il fallait l’avouer. J’entend quelques bribes de ses paroles, et malgré moi je lâche un rire nerveux et discret. « Morgan… » Et voici les fameuses larmes qui déferlent à nouveau sur mes joues, empruntants le même chemin que les nombreuses autres. Abandonnant notre étreinte, trouvant un intérêt soudain pour le vide derrière lui, je tente de faire vibrer mes cordes vocales sur le bon octave, faisant le tri dans mes pensées et cherchant les mots justes. Mais rien ne vint, tout était flou et brouillé. « Les gens sont méchants. » J’aurais aimé affirmer que tout était de la faute de Lloyd, que c’était de sa faute si j’avais ce gout amer sur la langue, cette rancune et cette tristesse qui m’empêchaient de respirer. Je voulais qu’il soit le fautif de ce coeur qui saignait, de ces milles couteaux qui me tailladaient les veines. Il y avait cette partie de moi, sûrement plus raisonnée que l’autre, qui me jugeait coupable de mon propre mal. Je laisse Morgan me faire avancer, gardant ma main dans le creux de son dos, tant par besoin d’aide pour marcher à cause de mes articulations qui criaient à la douleur, mais aussi par besoin de ce réconfort que lui seul saurait m’apporter, je le ressentais. Il me fallait cette tendresse et cette lueur dans son regard, candide et sincère, manquante de sagesse et de recul. Je voulais retrouver cette âme d’enfant, l’âme qui ferait de mon monde un endroit moins austère et dans lequel je trouverais une harmonie viable. « Où allons nous? » Demande exécutée entre deux reniflements. Au fond de moi, j’entendais cette petite voix qui me rassurait, me murmurant qu’il userait de quelques moyens prévisibles pour sa personne, afin de faire voltiger mon esprit et de détendre mon corps. J’avais besoin d’alcool, de musique, et de nos voix entrelacées jusqu’au bout de la nuit.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Morgan Dawkins

avatar
- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
❧ Miroir : don't forget me, i beg
❧ Missives : 67
❧ Yeux de verre : 24
❧ Crédits : crazyninjadreamer sur tumblr, et tumblr pour les gifs


MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Dim 25 Juin - 23:42

Please don't let them look through the curtains

- Remember that I'm gonna follow through, all the way -

Tétanisé par la peine, par les larmes de son amie si chère, Morgan eut une sorte de hoquet et, sans qu'il puisse s'en empêcher, il fronça vivement les sourcils. Non, rien de tout cela n'était acceptable, il continuait à le penser, personne n'avait le droit de faire du mal à Marie comme cela, impunément, il ne l'accepterait pas, c'était hors de question, et qui que soit cette personne, elle allait bientôt comprendre de quel bois il se chauffait. Il serra les dents un instant, retint ses larmes, en pure empathie de la toute jeune femme qui venait de s'échapper de ses bras, et il entoura tendrement ses épaules pour se mettre à marcher. Il ne savait pas où il voulait aller, mais il y allait. Oh, si, en fait, il savait exactement...
Il y avait une chambre minuscule, sous les toits, au-dessus des autres appartements de l'immeuble en face duquel il se trouvait. De là, on avait accès au toit, ainsi qu'à un grand balcon à moitié détruit par un quelconque combat – et que plus rien, ni personne, jamais ne pourrait heurter. Il voulait, pour Marie, le même sort que pour ces quelques maigres pierres. Une tranquillité bien méritée, après un combat qu'il n'y avait pas lieu de mener. C'était là-bas qu'ils iraient. Ils n'avaient besoin que d'un endroit où s'asseoir, d'un vieux tourne-disque et des bouteilles qu'il avait dans son sac. Pour seule autre compagnie, le silence, lorsqu'ils tomberaient au creux de leurs pensées et que la fumée de ses cigarettes mentholées ondulerait paresseusement jusqu'au plafond décrépit. Ce serait parfait. Il n'hésita plus, et prit donc la direction de ce refuge qu'il connaissait, entraînant avec lui sa pauvre amie. « Qui t'a fait ça ? Qui a été méchant ? » Demanda-t-il dans un murmure, en la serrant contre lui, tendrement. Il connaissait l'existence de Lloyd, mais il était loin d'avoir tous les détails dont, peut-être, il aurait eu besoin pour comprendre sans avoir à poser la question que c'était de lui qu'il s'agissait, cette fois-là. Que c'était lui qui avait blessé sa pauvre Marie, sa sœur de cœur et, sans doute, d'âme. « Marie, je vais vriller, je vais aller le défoncer, qui que ce soit, ça pourrait être Barack Obama j'en aurais rien à foutre, personne peut te faire du mal comme ça. » Gronda-t-il en montant les escaliers, avec une innocence très adolescente. Voyant que Marie peinait à suivre son pas anxieux et agacé, il la souleva finalement et la prit sur son dos pour finir leur ascension. Ils allèrent plus vite, il s'essouffla, mais il n'en eut rien à faire. L'important, c'était de la mettre en sécurité.

Arrivé dans la chambre de bonne, il la déposa sur un des matelas défoncés qui constituaient le mobilier de la petite pièce, posa un disque sur le tourne-disque, et bloqua la porte avec une vieille chaise boîteuse qui avait vu des jours meilleurs. Ainsi, personne ne pourrait venir les déranger, de la nuit. Il repoussa ensuite la porte-fenêtre, qui ne tenait sur ses gonds que par un miracle, et une fois de plus, comme toutes les fois précédentes, s'étonna que tout le verre n'ait pas été soufflé par une quelconque déflagration avant que le quartier ne soit fait prisonnier de la boucle. Il finit évidemment par s'asseoir, et par soupirer, doucement, longuement, évacuant ainsi la peine, la hargne, rappelant à lui tout ce calme, toute cette douceur qui lui avaient manqué durant ces quelques dernières minutes. Auprès de Marie, il posa tendrement une main sur son genou et le pressa de ses longs doigts, pour la rassurer, pour lui montrer qu'il était là. Puis, il sortit de son sac une bouteille de whisky et une bouteille de vin, et deux gobelets de carton ramenés de son époque. Son paquet de cigarettes, la petite boîte d'allumettes qu'il avait toujours sur lui, ils étaient fin prêts. Au dehors, le ciel était presque rouge, traversé par des éclairs, des étincelles et des glapissements de métal tordu. Anxiogène... Il avait horreur de ça. Mais comme il n'était pas mieux chez lui, en 2016, il n'avait pas grand-chose à redire et assumait sa décision de revenir une fois de plus en 1941. Vincent s'y trouvait, Marie aussi... c'était toujours ça de pris. « J'espère que je t'ai pas fait peur. » Murmura-t-il, désolé, en lui pressant une fois encore le genou. « Est-ce que tu as mal quelque-part ? Ou juste... là ? » Il posa une main au côté gauche de Marie, au niveau des côtes, là où battait son cœur. « Si tu veux, tu peux venir là. » Il ouvrit les bras, pour qu'elle comprenne qu'elle pouvait venir contre lui. Il craignait qu'elle ait froid, l'air qui entrait par le carreau cassé était loin d'être agréable, mais s'il voulait fumer, il n'avait pas d'autre choix que de ne pas l'obstruer. Il soupira doucement et s'alluma une cigarette, justement, histoire d'occuper une de ses mains. De l'autre, il était appuyé sur le matelas défoncé. Il espérait pouvoir être utile. Au moins un peu...


don't open before 8:30:
 
Revenir en haut Aller en bas
Marie Balmain

avatar
- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Copie de mémoire
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
❧ Miroir :
❧ Missives : 551
❧ Yeux de verre : 60
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Jeu 27 Juil - 22:36


Guidée par son bras posé sur ses épaules, Marie suivait Morgan vers un immeuble voisin aux appartement reliés des Syndrigastis. Elle allait rarement trainer autre part que là où elle connaissait, et jamais elle ne s’était aventurée seule dans des lieux au sol branlant. C’était plus le truc de son ami, de partir à la recherche de « squatts », comme il appelle si communément. Il emploi aussi le terme « urbex » dont Marie semble avoir finit par saisir le sens au bout d’un long moment d’explication. Ce n’est pas dans ses habitudes, à la rousse, de se risquer à pénétrer dans des lieux insalubres. Et si la mort l’attendait au tournant d’une exploration? Ça jamais ! Pas comme ça, pas si bêtement. Nul besoin de tels dangers pour animer son coeur, pour la faire se sentir vivante.
Les escaliers sont sans fin, Marie monte douloureusement chaque marche, prenant son temps, oubliant Morgan et ses dizaines de questions accompagnées de câlins affectueux. Visiblement résigné à l’idée de la voir monter les marches à son rythme - et il avait bien raison, peine aurait été perdue -, le voilà attraper la petite Marie, la scellant à son dos, et reprendre la montée vers la plus haute marche de cet escalier sans fin. Mais elle ne voulait pas. Elle voulait gire par terre, ça ou là, peu importe, rester et fixer d’un oeil las la mort qui viendrait l’embrasser. Un désir bien excessif en comparaison à une si futile petite peine de coeur irait-on lui dire. Bien sûr, car selon les autres rien ne justifie la tristesse, ils sont seuls détenteurs et seuls à juger si tu peux l’acquérir l’espace d’un instant. Tout est ridicule lorsqu’on pleure, il parait. Mais ils ne connaissent pas Marie. Ils ne savent pas qu’elle est plus placide qu’un arbre mort, que rien ne l’atteint jamais, qu’elle se fiche du peuple lambda. Lorsque l’on ne la connait pas, on pourrait penser qu’elle est dépourvue d’empathie, que son coeur est cristal. Rien est de tel, car Marie est dystopique : soit elle est indifférente, soit elle aime sans condition. Et combien ont eu un jour le droit de connaitre cette partie d’elle; combien ont percé la chair pour se loger dans son coeur ! Oh, si peu ! Qui, à part Marcus, Lloyd, et Morgan?

Les voilà pénétrer dans une pièce si petite, une chambre de bonne. Son tendre Morgan la dépose sur un matelas abîmé, inutilisable pour remplir sa fonction première si l’on a le goût du confort, mais parfaitement utile en l’instant. Marie se redresse, adossant son dos au mur, joignant ses genou à sa poitrine, tout en enlaçant ses jambes. Elle se sent mal, nauséeuse, faible, culpabilise même de l’alerte dans laquelle elle a mis Morgan. C’est une gamine sans lendemain, qui n’a jamais vécu, qui ne vivra jamais, enclin au spleen et à la mélancolie. Il ne doit pas se soucier d’elle, il doit la laisser pourrir dans ce coin là, sans honte. Au lieu de ça, la musique commence à s’élever dans la pièce, faisant relever sa tête pour comprendre d’où venait une si belle mélodie. Le tourne-disque avait capté l’attention de Marie, car toute musique l’interpelle en son sens.
La frêle demoiselle regarde son meilleur ami, sa moitié pour ainsi dire, s’agiter ça et là en bloquant la porte, puis ouvrant la fenêtre, pour terminer les mains dans son sac. Il aurait été étonnant que ce ne soit pas de l’alcool qui en sorte, mais Marie n’en était pas décontenancée. Au contraire, elle avait besoin de déshiniber ses sens, de se laisser aller à la beuverie jusqu’à sa limite habituelle.

Il s’assoit près d’elle, et commence à nouveau à la noyer dans les mots. Lorsqu’il touche l’endroit où plus profondément se situe son coeur, Marie ressent un pincement fort, lui faisant l’effet d’un coup de couteau pile au bon endroit - ou au mauvais, pour ainsi dire.
« Oh, Morgan, j’ai si mal ! » 
Quelques larmes coulent le long de ses joues, une énième fois. La rousse les sèche à nouveau rapidement, ne voulant pas faire plus de peine à son ami au coeur déjà si affligé de la voir ainsi. Son âme est biaisée, penchant pour la tristesse. Comme cette émotion lui est si peu familière, quelle disgrâce pour le corps et l’esprit.
Elle s’approche de Morgan, attrapant sa nuque de ses doigts enveloppés dans le gant de cuir. Et c’est ainsi que la pauvre Marie se glisse dans les bras réconfortant de son ami. Lorsqu’il la voit allumer une cigarette, elle saisit son sac pour le mimer.

Il restèrent là, en silence, un long moment. Et cette période de latence, Marie en avait besoin. Il fallait clarifier ses idées, ne plus penser, puis à nouveau se pencher sur les récents événements, en passant par un petit réchauffement de coeur lorsqu’elle pensait qu’elle ne pouvait pas être mieux qu’en présence de Morgan en l’instant. Elle fit joindre les mots, formants des phrases, puis une tirade.
« C’est Lloyd. »
Marie se redresse, se dégageant des bras au doux toucher de Morgan, pour saisir les deux verres et les servir. Elle regardait dans le vague, comme perdue. Elle avait tant ressenti que maintenant, c’était comme si elle était vidée de tout.
« Il m’a forcé à lui avouer mes sentiments, puis m’a rejeté. »
Elle ne comprenait pas, malgré ses nombreux efforts, qu’il ait eu une telle réaction. Après tout, s’il cherchait l’amour, pourquoi le décliner une fois fait !
« Mais c’est ma faute. »
C’était sa faute, lorsque Marie avait eu peur, lorsqu’elle l’avait repoussé, repensant à son précédant drame avec Marcus. L’amour avait été douloureux, la séparation pire encore.

Elle renifle un coup, puis amène son verre à ses lèvre, se délectant du goût de la boisson alcoolisée. Le simple fait de se savoir boire du whisky peut apporter un peu de contentement, et c’était ce qu’il se produisait dans le corps de Marie.
« Tu connais ce passage, dans Roméo et Juliette de Shakespeare? Ces joies violentes ont des fins violentes. C’est exactement ce qu’il s’est produit avec Marcus, puis avec Lloyd. »
Marie pince l’arrête de son nez.
« Allons bon, la vie est trop courte pour se laisser aller à ce genre de peine. L’humain ne mérite pas tant d’attention. »
Elle se mentait à elle-même. Lloyd était différent, Lloyd fallait le détour plus que n’importe quel homme. Marie avale son verre d’une traite, et secoue sa tête lorsque l’alcool vient lui piquer les narines. Revenant près de son âme soeur, l’enlaçant tout en se sachant dangereuse pour lui, elle berce son oreille dans la musique qui lui fait tant de bien. Elle n’avait besoin de rien de plus ; de la musique, un sol, et Morgan. Le petit plus, le bonus, aurait été qu’elle puisse se détacher de ses appréhensions vis à vis de sa particularité, mais il ne fallait pas trop en demander au destin.

Mais une envie soudaine lui prend, bête et stupide, et se redresse énergiquement - ce qui était impressionnant à voir lorsqu’on se remet en mémoire l’épisode de l’escargot dans les escaliers. Attrapant le whisky, se servant l’équivalent d’un shoot, qu’elle but d’une traite sans réfléchir, elle se redresse et tend la main vers Morgan.
« Fais-moi danser ! »
Qu’importe la rythmique, qu’importe le flow. Marie veut virevolter, sourire à son ami qui méritait de voir la lumière s’éveiller dans ses yeux. Marie n’est pas faite pour pleurer, Marie doit « être ».



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
Revenir en haut Aller en bas
Morgan Dawkins

avatar
- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
❧ Miroir : don't forget me, i beg
❧ Missives : 67
❧ Yeux de verre : 24
❧ Crédits : crazyninjadreamer sur tumblr, et tumblr pour les gifs


MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Dim 30 Juil - 22:35

Please don't let them look through the curtains

- Remember that I'm gonna follow through, all the way -

Effectivement, Marie, et son visage, n'étaient pas faits pour les ténèbres ou la tristesse, et Morgan souffrait de tout son corps et de tout son cœur de la voir ainsi. Malheureusement, il n'avait pas la réponse à cette tristesse, il n'avait pas la solution miracle ou la bonne idée qui la sauverait de son mal. Il ne pouvait qu'être là, comme il le serait toujours, il ne pouvait que la serrer contre lui au mépris même du danger qu'elle pouvait représenter. Morgan n'avait pas peur, il n'avait peur de rien, surtout pas de la mort ni de sa propre disparition. Quel changement notable pourrait-ce provoquer dans l'univers si grand, que la perte d'un cœur si vide ? D'une enveloppe si heurtée, si mille fois détériorée, et la plupart du temps par sa faute ? Le danger n'était pour Morgan qu'il flot d'adrénaline parcourant son corps de part en part, et l'éveillant soudain avec une vivacité presque effrayante à tout ce qui l'entourait, et Marie faisait partie de cela, de ce qui savait l'éveiller. L'intrépide et immature rouge-gorge la serrait contre lui, et il l'écoutait chanter cette douleur qui lui brûlait l'âme, et il sentait la sienne se fendre à l'impact du fer rouge de ses mots, de ce nom... Lloyd. Il ne le connaissait pas. Il ne l'avait jamais vu, et ne savait de lui que ce que son amie lui en avait dit, c'est-à-dire pas grand-chose. Et pourtant, il avait osé. Il avait osé user de ses mots le cœur de sa Marie, de sa sœur, de cette frêle, minuscule et pourtant immense jeune femme au creux de ses bras, les mains gantées dans sa nuque, des larmes, encore humides, sur ses joues de porcelaine. Alors, Morgan sentit une haine farouche lui embraser les veines. Et peu comptaient les explications, ou que Marie rejette la faute sur elle-même, tout, absolument tout était la faute de Lloyd. Ces joies violentes ont des fins violentes... Morgan se sentit serrer les poings. Toute joie violente ne devait pas forcément connaître de fin violente. Il aimait à croire qu'il existait ce qu'on appelait communément « bonheur », quelque-chose qu'il n'avait jamais vraiment connu. Quelque-chose que l'on pouvait donner et partager, et qui aurait pu être l'alternative à ce désastre, Lloyd eût-il essayé, eût-il pris le risque d'accueillir Marie en son cœur lui aussi. Une rage sourde dans le regard, Morgan frôla les cheveux de son amie du bout des doigts pour les repousser de devant son visage.

« Marie, tu mérites des joies violentes et sans fin... » Murmura-t-il tendrement, en fermant un instant les yeux. Un soupir. « Les fins violentes devraient être réservées à ceux qui les recherchent. Lloyd... n'aurait pas dû agir comme ça. Je sais pas pourquoi tu dis que c'est ta faute, mais Marie, te forcer à lui avouer ce que tu ressentais pour lui, puis te rejeter, c'est de la pure et simple cruauté, et tu ne mérites pas ça. Personne ne mérite ça. » Oh, Morgan, adorable petit oisillon, si seulement tu savais comme tu changeras d'avis, comme tu penseras mériter toute la cruauté du monde, et sous quelle délicieuse apparence elle prendra forme. Si seulement tu savais, comme c'est proche de toi... « Il aurait pu... il aurait prendre le risque, et faire ce qu'il fallait pour te rassurer si tu avais peur. Il a mal agi, Marie, et ça n'a rien à voir avec toi. Je ne vois pas où serait ta faute là-dedans... »


Il eut un long soupir et se redressa quelque peu sur leur canapé de fortune en la voyant se lever, sembler reprendre courage. « Marie... » Murmura-t-il. Il voulait lui dire qu'elle avait le droit de se laisser aller à la tristesse, de simplement la laisser venir puis partir une fois qu'elle se serait pleinement consumée, comme on laissait se consumer entièrement un bâton d'encens purificateur. Ravaler ses ressentis et ses sentiments ne pouvait pas être bon pour elle, et il ne pouvait cautionner cela. Mais elle n'avait pas tort, l'humain ne méritait pas tant d'attention, il ne méritait pas qu'on se fasse tant de mal pour lui. Il esquissa un sourire en demi-teinte, se leva à sa suite. La musique se prêtait à la valse. Morgan aurait aimé pouvoir dire qu'il se rappelait des quelques leçons de danse qu'il avait subies étant enfant, mais c'était plus de cent ans auparavant et il ne lui restait plus rien que des ondulations, des rythmes, une aisance qui lui était naturelle. Comme s'il était capable de voler les pieds sur terre. « Tu veux danser ? » Il eut un sourire en coin. « Madame... me feriez-vous l'honneur ? » Il s'inclina profondément comme seul un gentleman d'un autre temps aurait su le faire, foutrement élégant dans ses fripes des années quarante, avec sa barbe de trois jours et ses yeux pétillants d'écume. Ses doigts se refermèrent autour du gant de cuir, il porta le dos de sa main à ses lèvres en un élégant baisemain, et l'attira contre lui pour la faire virevolter au milieu de la pièce, au milieu des décombres, en plein dans le courant d'air. Comme un grand-frère avec une petite sœur, il la souleva de terre et la porta haut pour qu'elle se sente voler, exister pleinement, le vent dans ses cheveux, les mains fortes et chaudes de Morgan sur ses hanches. Lorsqu'il la posa au sol, ce fut pour l'attirer dans ses bras et les nouer autour d'elle, étroitement, presque poser la joue contre ses cheveux. Leur danse devint un slow. Le disque tournait toujours.

« Si tu as besoin de parler... » Il ferma doucement les yeux. « … Je suis là. » Il serait toujours là. Aussi longtemps que Marie pourrait en avoir besoin, il serait là pour sécher ses larmes, la fournir en alcool et en rires. Il garderait bien au chaud cette place qu'elle avait accepté de lui accorder, dans son cœur, et Dieux, tant qu'il aurait un souffle de vie en lui, il la protégerait, coûte que coûte. S'il avait été capable de voir en lui, il aurait vu le leader né, l'Ymbryne qu'il devrait être, s'exprimer en cet instant, étendre ses ailes autour de ce petit bout de femme forte et douce, pleine de vie et de chagrin. Il aurait été capable de s'imaginer aider d'autres amis, puis des inconnus, et il se serait sans doute aperçu que la maturité dont il pensait cruellement manquer était juste au bout de ses doigts. Mais il ne le voyait pas. Car celui qui se connaissait le moins bien, celui qui se mentait le mieux n'était autre que... lui-même. D'un geste, il récupéra son verre de whisky, le descendit d'une gorgée, sans lâcher Marie de l'autre bras. Puis, en quelques enjambées, il rejoignit la fenêtre, l'entraînant avec lui. Il regardait les bombes. Elles l'effrayaient toujours, et pourtant, il revenait chaque fois dans cette boucle, au mépris du danger. « De quoi as-tu envie maintenant ? » Demanda-t-il avec tendresse, en tournant la tête vers son amie. La musique tournait toujours. Il devait bien avoir un autre vieux disque quelque-part dans son barda...


don't open before 8:30:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pages d'histoire des hommes et des femmes d'Haiti et leurs épisodes
» A titre indicatif, çà existe !
» Katastrof, Frans an ranfo: Preval chita relasks gade an fas operayon sekou yo
» Ile-à-Vache, ilôt de fraicheur subit des dégâts après Fay, Gustav, Hanna et Ike
» Demande de mariage de Paquerette et Philipaurus

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Le Quartier des Portes-