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 Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]

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Morgan Dawkins

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- Immature Rouge-Gorge -
❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
❧ Particularité : Métamorphose en Rouge-Gorge, un oisillon immature qui n'assume pas sa transformation.
❧ Occupations : Supposé suivre une formation d'Ymbryne mais passe plus de temps à explorer les boucles qui ne sont pas les siennes.
❧ Miroir : don't forget me, i beg
❧ Missives : 59
❧ Yeux de verre : 19
❧ Crédits : crazyninjadreamer sur tumblr, et tumblr pour les gifs


MessageSujet: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Mer 5 Avr - 13:07

Please don't let them look through the curtains

- Remember that I'm gonna follow through, all the way -

1941 n'avait jamais été une boucle facile pour Morgan. Il ne s'y était jamais trouvé très à l'aise. C'était bien simple, il souffrait des ténèbres environnantes, et les éclairs traversant le ciel, de métal, de rouille et de chair, heurtaient ses tympans à des intervalles qu'il n'avait pas encore réussi à comprendre, à étudier, à calculer. Il recherchait toujours la paix. Il se mouvait encore en les lieux qu'il visitait en les rangeant par l'esprit sur une échelle du silence, de la protection qu'ils pouvaient lui offrir, comme un fugitif se serait caché de ses bourreaux. Et ce, alors même qu'il savait pertinemment qu'il ne risquait rien. Il lui suffisait de rester dans la boucle, il pourrait ainsi regarder s'égrener inlassablement les mêmes minutes des mêmes vingt-quatre heures, sans heurt, sans peine, sans le moindre danger. Oh, il avait le goût du risque ! Là n'était pas l'ennui, il pouvait s'offrir aux ténèbres si, et seulement si, l'adrénaline l'envahissait alors et venait faire chanter ses veines, ce que les bombes sifflant au-dessus de sa tête n'offraient malheureusement pas. Elles, n'étaient que des futurs au-revoir, des absences de lendemain. Elles, n'évoquaient pour Morgan que la nuit, que la fin, que cette foule dans ce bar qu'il fréquentait régulièrement, cette foule qui venait là pour, une dernière fois, fuir la mort et lui lever son majeur, ignorant qu'elle était piégée dans une boucle qui la ferait inlassablement revivre cette nuit encore et encore jusqu'à la dernière fois, jusqu'à ce que le charme soit rompu et que le temps rattrape tout. Alors, 1941 retournerait là où elle devait être, au passé. Alors, Morgan n'aurait plus à se soucier des bombes qui l'empêchaient de voler, des putes décharnées, des hommes dont les rires sonnaient faux, des tutoiements de fin du monde, des derniers élans de courage. Blotti au creux d'une ruelle devant ces bâtiments qui ne seraient jamais abattus, qui abritaient tant de Syndrigastis comme lui dans des suites d'appartements semblables, il y pensait, il réfléchissait, et revoyait ce soldat qui, à la fin de la nuit éternelle qui se répétait sans cesse, franchissait chaque fois la porte de la taverne, d'un pas incertain qui n'était dû qu'à l'alcool, avec sur le visage l'expression du plus pur courage. Et quelque-chose en l'oisillon enviait cette capacité à prendre ses responsabilités à bras le corps. S'il en avait été capable, s'il avait pu les accepter, jamais sa mère n'aurait eu à le détester comme elle le faisait. Ou le faisait-elle ? Obsédée par le temps qui filait et celui qui recommençait, entourée d'aiguilles qui fouillaient la chair de son fils depuis ce qui lui semblait être une éternité, était-elle capable de comprendre qu'il manquait de courage, que sa faiblesse le paralysait ? Que ses peurs prenaient le pas, encore plus quand il était chez lui, en 2016, là où son avenir était supposé se trouver ? Il s'y refusait. Personne n'avait le droit de décider pour lui. Lui, il volait des bateaux et partait en mer pour boire au creux des vagues, lui, il sautait de boucle en boucle et cherchait le fonctionnement des autres, la compagnie de ceux qui ne le jugeraient pas, lui, il prenait des rendez-vous avec des gens qui l'appréciaient et lui, il savait les attendre, se faire patient bien qu'impatient, se faire calme bien qu'en ébullition. C'était Marie qu'il attendait, en cet instant, et elle était en retard. Suffisamment pour qu'il ait tout le temps du monde et observe la nuit, la mort et la vie, le cœur blessé de cette ville qu'il voulait apprendre à connaître.

Cela faisait désormais un moment qu'il connaissait la jeune femme, physiquement plus jeune que lui, et plus jeune aussi en années totales, mais plus mature, sans aucun doute possible. Il l'avait d'abord vue comme une proie potentielle, comme toutes les femmes sur lesquelles il avait un jour posé les yeux, puis il s'était rendu compte qu'il n'était qu'un abruti, et leur relation avait migré tout naturellement vers une franche camaraderie, puis vers une amitié à laquelle il tenait maintenant énormément. Mine de rien, sans en avoir l'air, elle l'avait fait réfléchir, et reconsidérer sa manière d'interpréter les signes des autres qui l'entouraient, surtout des femmes, en réalité. Il avait toujours été conscient que ses aptitudes à draguer étaient inférieures ou égales à zéro, mais l'idée qui ne l'avait jamais frappé avant que leur relation se développe, c'était qu'il n'était peut-être pas obligé de s'essayer à la séduction à chaque fois qu'il se retrouvait face au sexe opposé. Il n'avait rien à prouver, ni rien à se prouver. Ça n'avait même pas de sens ! Ensemble, ils étaient plus forts, et c'était à peu près tout ce qui lui importait désormais. Il voulait pouvoir être là quand Marie en avait besoin, et qu'elle puisse le soutenir quand il se faisait trop mauvais pour lui-même. Il n'avait pas encore idée d'à quel point ce serait vrai, dans son avenir. Il ne savait pas encore à quel point il lui fallait des amis, dans cette boucle peut-être encore plus que dans toutes les autres réunies. Ce soir-là, Marie et lui s'étaient dit qu'ils se verraient. En 1941, les moyens de communication étaient réduits – pas qu'ils soient très utilisables en 2016, d'ailleurs, où le réseau était une denrée plus que précieuse qui se faisait désirer la plupart du temps. Ils avaient donc décidé longtemps auparavant qu'ils se retrouveraient ce soir-là à cet endroit précis, et Morgan attendait, mais il commençait à s'inquiéter. Ce n'était pas le genre de son amie, d'être en retard. Habituellement, ils arrivaient l'un après l'autre avec à peine quelques minutes d'écart, et ils filaient bras dessus bras dessous accomplir quelque méfait dont ils avaient le secret, avec une Marie qui rabrouait parfois Morgan pour ses idées plus rocambolesques et stupides que ce que le bon-sens permettait. Lorsque Marie pointa enfin le bout de son nez, Morgan se rapprocha rapidement d'elle, assez vite pour que les bribes d'éclairage public et les éclats venus des fenêtres et des portes frôlent ses yeux rouges, son nez retroussé, ses joues sillonnées, creusées par des larmes qui avaient séché entre temps, mais qui s'étaient sans doute manifestées juste avant qu'elle ne quitte l'endroit d'où elle venait. « Marie ! Hey... » Sans réfléchir, le rouge-gorge se rapprocha encore, en de grandes enjambées, et il referma ses longs bras autour de la jeune femme pour l'attirer tout contre lui, contre son torse large et musclé bien que finement dessiné. « Hey, hey, qu'est-ce qui s'est passé ? On va où ? Qui t'a fait du mal ? Faut que je casse une gueule ? » Il fit la moue, et quelque-part, il était sérieux. Tout jeune, fin et gracile qu'il pouvait être, il n'hésitait absolument pas quand il fallait jouer des poings quelque-part ou avec quelqu'un. Il tenait trop à Marie pour laisser pareil crime impuni. Car oui, faire pleurer Marie n'était rien de moins qu'un crime, à ses yeux. La jeune femme avait un visage fait pour le rire, pour la lumière. Elle ne méritait pas qu'on la blesse. Doucement, il la guida vers un ailleurs, qu'ils ne restent pas dans la rue, avec un regard mauvais pour les bombes qui passaient dans le ciel. Il leur fallait du silence, un verre de vin (ou de whisky pour lui), et de la tranquillité.


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Marie Balmain

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- Arrache coeur -
Modératrice
❧ Boucle Temporelle : 22.03.1941
❧ Particularité : Arrache-coeur
❧ Occupations : Le plus souvent, Marie s'assoit contre un mur et lit pendant des heures. Cela lui permet d'oublier pendant quelques temps ces jours, tous les mêmes, qui se répètent à l'infini
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❧ Missives : 499
❧ Yeux de verre : 50
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Jeu 20 Avr - 12:46


La vision du malheur est propre à chacun. Certains le définissent comme un échec professionnel, d’autres le reconnaissent dans le visage du mendiant qui ne rêve que de sécurité et d’un peu de pain. Il y a aussi une partie qui ne se sent infortunée qu’émotionnellement, sans jamais accorder d’importance aux biens matériels. Et il y a une minorité, ces gens simples, de ceux qui vivent heureux et que l’on jalouse. Ces gens qui ne sont faits que d’amour et de partage, qui donnent sans recevoir, qui apportent chaque jour un peu de chaleur dans nos coeurs blessés. Ces gens avec qui nous nous sentons gênés de nous focaliser sur de faux problèmes, avec qui il est impossible de ne pas décrocher un sourire. Ces gens, avec qui tout devient possible, qui rient aux éclats sans raison, qui se divertissent avec un rien et qui ne se plaignent pour rien au monde. Ces gens qui ont l’âme pure et a qui tout réussit. Mais je ne suis rien de tout cela. Je ne suis ni faite de bonheur, ni de malheur. Je suis un être vidée de toute humanité, qui ère sans but et qui ne sait plus reconnaitre les belles opportunités qui se présentent à moi. J’ai loupé le dernier train qui m’aurait mené à un semblant de légèreté, ce fameux bonheur que tout le monde convoite. Je suis perdue dans le temps, sans passé et sans futur, sans même de présent. Et lorsque je me regarde dans un miroir, je ne vois qu’un morceau de chair dépourvu d’esprit. Cela fait de longues années que je ne suis plus rien. Je suis une étoile éteinte, parmi les autres qui brillent encore. Et la seule personne qui me donne encore la sensation que je n’ai pas explosé, que je suis pas un amas de poussière qui s’éparpille dans l’univers, c’est Morgan. Dans ses prunelles, je vois le reflet d’une personne encore entière, pour qui tout est encore possible. Quand je me perd dans son regard, je sais et je ressens que je n’ai pas encore éclaté, que moi aussi, je peux encore briller et même me faire plus étincelante que les milliards d’autres. Me détacher de la voie lactée et aux yeux du monde, être une étoile solitaire et forte, qui sait se guider et guider les autres. Oui, dans son regard je me vois jeune et pleine d’espoir comme autrefois. D’un geste rapide et machinal, j’essuie les larmes qui ont coulé sur mes joues. Pourtant, elles ont déjà séché pour la plupart, et laissent une trainée de grisaille sur mon visage. Invisible pour les autres, mais visibles pour lui. Je sais mon visage plus pâle qu’à l’ordinaire, certainement à cause des nausées qui me lacèrent l’estomac depuis ce matin. J’ai le ventre noué, la gorge sèche et je m’étouffe plusieurs fois lorsque je tente de déglutir. Je n’avais pas pressé le pas lorsque j’avais vu l’heure, car mes jambes refusaient d’avancer, et que je n’avais pas le coeur à penser aux secondes qui passent. Je ne voulais plus penser à l’horloge, je ne voulais plus dépendre d’elle. Le temps n’a de toute façon aucune signification en ces lieux, il n’a plus de valeur au quotidien et aujourd’hui encore moins. J’attrape une cigarette dans ma poche, et me repris à plusieurs fois avant de réussir à l’allumer. J’étais là, dans ces rues que je connaissais si bien, à écouter au loin le son des avions qui se faisait plus lourd et plus menaçant à chaque minute qui s’ajoutait à ce 22 mars 1941. Les éclairages m’indiquaient le chemin à suivre pour trouver Morgan, mais la carte de la ville était déjà imprimée dans ma mémoire, si bien que je n’avais pas à m’en préoccuper. Et il était là, dans la pénombre, il m’attendait. Son simple visage me réchauffait déjà le coeur, glacé par les évènements du début de cette journée. Je ravalais quelques pleures, qui même si je n’avais pas eu de honte à laisser couler, me faisaient à chaque fois plus mal à la tête.

Je le sens qui m’inspecte le visage et qui comprend aussitôt qu’un mal s’était abattu sur moi, et dans une dynamique bien plus élevée que la mienne, se rapproche vers moi et m’enlace de ses bras chauds et apaisants. Je ne pense pas aux risques que ce proche contact pouvait engendrer, et à vrai dire je n’y pense jamais en sa présence. Ce gars là, il ne réfléchit pas au danger, ou à l’inverse, il le prend comme un défis amusant à relever. J’avais finis par m’y habituer, et même à prendre plaisir à retrouver une intimité si banale pour le commun des autres, mais singulière pour ma personne. Je ressers mes bras autour de sa taille, souhaitant à jamais plus le lâcher et rester en sa présence pour l’éternité. Je me suis un jour perdue dans un recueil de croyances venue tout droit d'Orient, comme quoi le monde spirituel et matériel est dystopique, qu’il y a un bien et un mal. Ce livre proclamait que l’humain devait mener un combat sans fin pour chasser le mal, et ne garder que des ondes positives autour de lui. En la personne de Morgan, je retrouvais ce sentiment, bien qu’en l’instant, je ne ressentais pas cette dualité. J’étais perdue entre les deux, neutre, mais à tendance à broyer du noir, il fallait l’avouer. J’entend quelques bribes de ses paroles, et malgré moi je lâche un rire nerveux et discret. « Morgan… » Et voici les fameuses larmes qui déferlent à nouveau sur mes joues, empruntants le même chemin que les nombreuses autres. Abandonnant notre étreinte, trouvant un intérêt soudain pour le vide derrière lui, je tente de faire vibrer mes cordes vocales sur le bon octave, faisant le tri dans mes pensées et cherchant les mots justes. Mais rien ne vint, tout était flou et brouillé. « Les gens sont méchants. » J’aurais aimé affirmer que tout était de la faute de Lloyd, que c’était de sa faute si j’avais ce gout amer sur la langue, cette rancune et cette tristesse qui m’empêchaient de respirer. Je voulais qu’il soit le fautif de ce coeur qui saignait, de ces milles couteaux qui me tailladaient les veines. Il y avait cette partie de moi, sûrement plus raisonnée que l’autre, qui me jugeait coupable de mon propre mal. Je laisse Morgan me faire avancer, gardant ma main dans le creux de son dos, tant par besoin d’aide pour marcher à cause de mes articulations qui criaient à la douleur, mais aussi par besoin de ce réconfort que lui seul saurait m’apporter, je le ressentais. Il me fallait cette tendresse et cette lueur dans son regard, candide et sincère, manquante de sagesse et de recul. Je voulais retrouver cette âme d’enfant, l’âme qui ferait de mon monde un endroit moins austère et dans lequel je trouverais une harmonie viable. « Où allons nous? » Demande exécutée entre deux reniflements. Au fond de moi, j’entendais cette petite voix qui me rassurait, me murmurant qu’il userait de quelques moyens prévisibles pour sa personne, afin de faire voltiger mon esprit et de détendre mon corps. J’avais besoin d’alcool, de musique, et de nos voix entrelacées jusqu’au bout de la nuit.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
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Morgan Dawkins

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❧ Boucle Temporelle : 20 Juin 2016, ma prison, mon tombeau sans doute.
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MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   Dim 25 Juin - 23:42

Please don't let them look through the curtains

- Remember that I'm gonna follow through, all the way -

Tétanisé par la peine, par les larmes de son amie si chère, Morgan eut une sorte de hoquet et, sans qu'il puisse s'en empêcher, il fronça vivement les sourcils. Non, rien de tout cela n'était acceptable, il continuait à le penser, personne n'avait le droit de faire du mal à Marie comme cela, impunément, il ne l'accepterait pas, c'était hors de question, et qui que soit cette personne, elle allait bientôt comprendre de quel bois il se chauffait. Il serra les dents un instant, retint ses larmes, en pure empathie de la toute jeune femme qui venait de s'échapper de ses bras, et il entoura tendrement ses épaules pour se mettre à marcher. Il ne savait pas où il voulait aller, mais il y allait. Oh, si, en fait, il savait exactement...
Il y avait une chambre minuscule, sous les toits, au-dessus des autres appartements de l'immeuble en face duquel il se trouvait. De là, on avait accès au toit, ainsi qu'à un grand balcon à moitié détruit par un quelconque combat – et que plus rien, ni personne, jamais ne pourrait heurter. Il voulait, pour Marie, le même sort que pour ces quelques maigres pierres. Une tranquillité bien méritée, après un combat qu'il n'y avait pas lieu de mener. C'était là-bas qu'ils iraient. Ils n'avaient besoin que d'un endroit où s'asseoir, d'un vieux tourne-disque et des bouteilles qu'il avait dans son sac. Pour seule autre compagnie, le silence, lorsqu'ils tomberaient au creux de leurs pensées et que la fumée de ses cigarettes mentholées ondulerait paresseusement jusqu'au plafond décrépit. Ce serait parfait. Il n'hésita plus, et prit donc la direction de ce refuge qu'il connaissait, entraînant avec lui sa pauvre amie. « Qui t'a fait ça ? Qui a été méchant ? » Demanda-t-il dans un murmure, en la serrant contre lui, tendrement. Il connaissait l'existence de Lloyd, mais il était loin d'avoir tous les détails dont, peut-être, il aurait eu besoin pour comprendre sans avoir à poser la question que c'était de lui qu'il s'agissait, cette fois-là. Que c'était lui qui avait blessé sa pauvre Marie, sa sœur de cœur et, sans doute, d'âme. « Marie, je vais vriller, je vais aller le défoncer, qui que ce soit, ça pourrait être Barack Obama j'en aurais rien à foutre, personne peut te faire du mal comme ça. » Gronda-t-il en montant les escaliers, avec une innocence très adolescente. Voyant que Marie peinait à suivre son pas anxieux et agacé, il la souleva finalement et la prit sur son dos pour finir leur ascension. Ils allèrent plus vite, il s'essouffla, mais il n'en eut rien à faire. L'important, c'était de la mettre en sécurité.

Arrivé dans la chambre de bonne, il la déposa sur un des matelas défoncés qui constituaient le mobilier de la petite pièce, posa un disque sur le tourne-disque, et bloqua la porte avec une vieille chaise boîteuse qui avait vu des jours meilleurs. Ainsi, personne ne pourrait venir les déranger, de la nuit. Il repoussa ensuite la porte-fenêtre, qui ne tenait sur ses gonds que par un miracle, et une fois de plus, comme toutes les fois précédentes, s'étonna que tout le verre n'ait pas été soufflé par une quelconque déflagration avant que le quartier ne soit fait prisonnier de la boucle. Il finit évidemment par s'asseoir, et par soupirer, doucement, longuement, évacuant ainsi la peine, la hargne, rappelant à lui tout ce calme, toute cette douceur qui lui avaient manqué durant ces quelques dernières minutes. Auprès de Marie, il posa tendrement une main sur son genou et le pressa de ses longs doigts, pour la rassurer, pour lui montrer qu'il était là. Puis, il sortit de son sac une bouteille de whisky et une bouteille de vin, et deux gobelets de carton ramenés de son époque. Son paquet de cigarettes, la petite boîte d'allumettes qu'il avait toujours sur lui, ils étaient fin prêts. Au dehors, le ciel était presque rouge, traversé par des éclairs, des étincelles et des glapissements de métal tordu. Anxiogène... Il avait horreur de ça. Mais comme il n'était pas mieux chez lui, en 2016, il n'avait pas grand-chose à redire et assumait sa décision de revenir une fois de plus en 1941. Vincent s'y trouvait, Marie aussi... c'était toujours ça de pris. « J'espère que je t'ai pas fait peur. » Murmura-t-il, désolé, en lui pressant une fois encore le genou. « Est-ce que tu as mal quelque-part ? Ou juste... là ? » Il posa une main au côté gauche de Marie, au niveau des côtes, là où battait son cœur. « Si tu veux, tu peux venir là. » Il ouvrit les bras, pour qu'elle comprenne qu'elle pouvait venir contre lui. Il craignait qu'elle ait froid, l'air qui entrait par le carreau cassé était loin d'être agréable, mais s'il voulait fumer, il n'avait pas d'autre choix que de ne pas l'obstruer. Il soupira doucement et s'alluma une cigarette, justement, histoire d'occuper une de ses mains. De l'autre, il était appuyé sur le matelas défoncé. Il espérait pouvoir être utile. Au moins un peu...


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MessageSujet: Re: Please don't let them look through the curtains. ᛄ [Marie | Morgan]   

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