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 mistaken ※ gustave

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AuteurMessage
Daphné Iversen

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- Sirène collectionneuse -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941
❧ Particularité : elle envoûte les hommes d'une seule chanson susurée. pratique pour qu'ils lui offrent un verre, beaucoup moins agréable quand ils deviennent insistants.
❧ Occupations : si voler les secrets des uns et des autres ne suffit pas à occuper son temps, elle le passe à chercher et collectionner tout et n'importe quoi.
❧ Miroir :
❧ Missives : 46
❧ Yeux de verre : 12
❧ Crédits : POLARIZE (av.)


MessageSujet: mistaken ※ gustave   Ven 14 Avr - 3:00


gustave, daphné ◊ ”I know you, that look in your eyes is so familiar a gleam; and I know it's true that visions are seldom all they seem; but if I know you, I know what you'll do.”

Les différents visages s'effaçaient, se floutaient dans ses mémoires. Ç'avait toujours été l'une de ses plus grandes peurs – l'oubli, l'abandon. Les gens réduisaient souvent ce genre de choses à eux-même, à un égocentrisme et un besoin d'attention.
Daphné savait parfaitement où trouver l'attention dont elle avait besoin; elle n'avait pas de mal à aller se perdre dans les bras d'un homme ou deux, quand le besoin s'en faisait sentir; elle savait comment faire en sorte que les regards s'attardent sur sa silhouette et sa démarche féline.
L'oubli qui lui faisait peur était plus général que ça. C'était l'oubli de qui elle avait été, l'oubli de ce qui avait été. De sa vie en Norvège, de sa mère qui passerait peut-être trois éternités à la chercher en vain, de son père qui se demanderait pour toujours et même après si elle était plus heureuse là où elle était. C'était l'oubli d'un souvenir plus précis, de l'odeur sucrée des pâtisseries de la boulangerie française au coin de sa rue, à Londres, ou du nombre de bougies qu'elle avait arrêté de souffler. C'était l'oubli des visages, du sourire d'une amie et du regard d'un amant. C'était la peur, presque panique, que ces visages s'effacent dans le palais de ses mémoires. La peur que son esprit, sans savoir, remplace le brun éclatant des yeux rieurs de sa cousine par un bleu fade, et la constellation qui courait sur la peau de son amour pour une autre qui lui était inconnue. Elle avait peur – non, elle était terrifiée – de n'avoir qu'un visage générique en mémoire quand elle pense à quelqu'un dont elle devrait se souvenir. Lui était-il déjà arrivé de se tromper? De substituer à un faciès oublié celui qu'elle aurait aperçu à un endroit ou un autre? À la télévision, ou dans un journal?

Le pas lourd, Daphné chassait ces pensées de son esprit. Les boucles et les sauts dans le temps lui offraient une infinité de possibilités qui lui plaisaient et l'excitaient, mais renforçaient ses craintes. Elle n'avait pas croisé de visage d'autres temps depuis une éternité. Lui manquaient ces figures connues, qu'elle avait étudié sous les soleils de 1873 ou 1941. lui manquaient ceux qu'elle aurait reconnus les yeux fermés, aidée de ses mains simplement.
Relevant les yeux du trottoir sur lequel elle marchait depuis un moment, elle apercevait les vagues, au loin, qui s'écrasaient faiblement dans un silence pesant. Le décor était toujours fade, quand de telles pensées lui avaient occupé l'esprit. Quelques silhouettes se croisaient dans les rues étroites, mais elle n'arrivait à en différencier aucune. C'était comme dans l'une de ces séries télévisées qu'elle avait vues, où les personnages sans importance pour le développement narratif n'étaient que de vulgaires silhouettes noires, sans yeux et sans nom. Ils étaient plus ou moins comme ça, tous. Un amas d'ombres mouvantes qui l'entouraient et l'étouffaient.

Mais un sortait du lot. Il sortait du lot parce qu'elle le connaissait. Parce qu'elle avait suffisamment vu et analysé ce visage, cette silhouette, pour les reconnaître. Il avait l'air plus supportable, au vingt-et-unième siècle. Moins amer.
Elle se stoppa net en l'apercevant, en voyant un vrai visage parmi ces ectoplasmes génériques, mais ses pas s'accélérèrent l'instant d'après pour bondir vers celui qu'elle reconnaissait sans mal, ne s'arrêtant qu'à quelques centimètres à peine de le toucher. Elle en aurait presque oublié que le moindre contact pouvait être mortel pour elle. Prenant toutes les précautions du monde, elle se permit néanmoins de le serrer dans ses bras, soupirant de soulagement et de joie à l'idée de retrouver un visage connu. Oh crois-moi, Barthélemy, je n'aurais jamais cru être si heureuse de te revoir. C'était étrange, de l'appeler par son nom de famille. Elle ne faisait généralement ça qu'avec Clarence, mais l'habitude lui était restée en 2016.
Elle fronçait les sourcils en ne reconnaissant pas tant qu'elle l'aurait cru ce vieil ami. Il avait toujours eu le chic pour être piquant et sarcastique au moment-même où son regard tombait sur Daphné, mais son silence cette fois-ci était étrangement agréable. Eh bien, Camille? Le simple fait de me voir te laisse-t-il en choc au point de ne rien avoir à me dire? Je serais déçue que tu n'aies même pas une remarque à me faire.


burn ◊ ”You and your words flooded my senses, your sentences left me defenseless; you built me palaces out of paragraphs, you built cathedrals.”
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Gustave Barthélemy

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- antipoison débauché -
❧ Boucle Temporelle : 2016
❧ Particularité : Peut aspirer le venin d'une plaie, ou d'une personne empoisonnée.
❧ Occupations : Infirmier
❧ Miroir :
❧ Missives : 80
❧ Yeux de verre : 27
❧ Crédits : UC


MessageSujet: Re: mistaken ※ gustave   Dim 7 Mai - 19:25

Mistaken
Daphné & Gustave


La musique. Putain la musique. Bien sûr il y en avait déjà à mon époque, loin, très loin de maintenant. Bien sûr cette musique était belle et grandiose à sa façon et je ne dis pas que je n'ai jamais eu la chair de poule, assis sur le velours rouge du Royal Albert Hall, Camille à côté de moi, nos doigts entrelacés, sagement installés entre nos parents tirés à quatre épingles. Je ne dis pas que je n'ai pas déjà versé une larme ou eu le souffle coupé en entendant une aria prenantes ou des choeurs de Verdi entonner tous ensemble un air connu, mais ça n'avait rien à voir avec ce qui s'est fait par la suite. Déjà, le fait qu'elle soit mobile, de nos jours. Un petit rectangle bourré de technologie, voire même son portable, si on a assez de place, et c'est parti. Des écouteurs, ou un casque, et la musique ne nous quitte pas, quoi qu'on fasse, ou qu'on aille. Elle est là, compagne invisible et pourtant tellement importante, comme une muse chantant en permanence à nos oreilles, assise sur nos épaules, alors que personne d'autre ne la voit ni ne l'entend. Adieu l'orchestre symphonique, et la salle de concert, vive une simple petite boite, ou une platine vinyle quand je veux vraiment écouter de la musique et en profiter. C'est ce que j'aime, la musique, l'information, prendre des nouvelles de quelqu'un, lui écrire ou lui parler, tout ça n'est qu'à une portée de touches d'un téléphone portable ou d'un ordinateur. Toutes ces choses qui prenaient tellement de place et tellement de temps, sont maintenant rapides, miniatures et transportables.

Et puis toujours en matière de musique... bon sang qu'est-ce que c'est bon. Dans cette époque, j'ai découvert une musique qui jetait aux orties toutes les règles et tous les codes. Une musique qui s'en foutait des harmonies et des instruments classiques. Une musique qui arrivait à construire des hymnes qui me touchaient mille fois plus que des orchestres à vingt ou trente instruments, avec seulement une guitare, une basse et une batterie. L'art d'utiliser le bruit et les dissonances comme un instrument à part entière, ne plus chercher le beau et l'harmonie à tout prix, mais surtout l'émotion, l'énergie, le désespoir, la rage. Toucher droit au coeur la personne qui écoute, c'est ça le but. Moins d'intellect, plus d'immédiateté, même si certains groupes comme Led Zeppelin étaient des génies en matière de composition et d'écriture, ou d'autres comme AC/DC arrivaient à composer des chansons géniales avec tout juste trois accords. Tout ça je l'ai découvert, apprécié, aimé et même vénéré depuis que je suis là. C'est devenue une partie de ma vie, de mes journées. Si je quitte la maison seul, c'est toujours avec un casque sur les oreilles, et dès que je rentre, je combats le silence que je déteste à coups de diamant sur un disque.

Et là c'est pareil, j'arpente les rues avec mon arme favorite sur les oreilles, un casque hors de prix qui me donne l'impression d'être au beau milieu d'une salle de concert, avec les artistes à un mètre de moi, et moi planté en plein milieu du couloir des basses, où les vibrations sont si fortes qu'elles aident presque ton coeur à battre, et te font trembler des pieds à la tête. Surtout que la nuit a été longue, et j'ai perdu quelqu'un pendant ma garde. Et même si je sais que je ne pouvais rien faire, que c'était un passage obligé, et autres trucs du genre, je peux pas m'empêcher de culpabiliser. D'être touché par cette mort, par cette vie qui est partie, et du vide qu'elle laisse, même si c'est un vide infime quand on le compare au nombre de gens sur notre planète et à la taille de notre univers. Clope au bec, je marche sans vraiment faire attention, dans mon monde, playlist choisir avec soin pour me faire garder un pied devant l'autre et me faire tenir le coup, même si c'est pas facile. Les rues sont animées et je me glisse au milieu des promeneurs, des gens insouciants parce qu'ils ne cotoient pas la mort et la maladie tous les jours, comme moi. Bien sûr que j'ai choisi cette vois mais ça m'empêche pas d'être touché. C'est humain après tout.

Un pied devant l'autre, une bouffée de nicotine après l'autre, et mon esprit qui divague, jusqu'au moment où je vois enfin la mer. Elle aussi est devenue un élément indispensable de mes journées... et alors que je me demande si je vais aller piquer une tête ou rentrer directement chez moi, perdu dans mes pensées, voilà que quelque chose m'attrape. J'ai une seconde de blanc, sans trop réaliser ce qui se passe. On n'est pas en train de me tirer mon portefeuille. On veut pas me tuer. C'est juste un...câlin. Un peu paumé, beaucoup surpris, je fais glisser le casque de mes oreilles pour contempler la petite rouquine qui a passé ses bras autour de ma taille, et j'ai tout juste le temps d'entendre mon nom de famille prononcé par ses lèvres. Alors elle me connaît.

Je... je suis désolé mais on se...

Elle continue, elle ne me laisse pas en placer une avant de reculer et me regarder, comme si elle s'était plantée, ou qu'elle voulait vérifier que j'étais celui à qui elle voulait parler. Non. Je ne la connais vraiment pas. Je ne l'ai jamais vue. Ou alors... ou alors c'est une des nombreuses conquêtes d'une nuit que j'ai ramenées chez moi et si j'avais beaucoup bu ce soir là, c'est pas impossible que...enfin que je m'en rappelle plus. Merde. Comment gérer la situation en douceur? Je suis déjà en train de chercher mes mots quand les siens me font tiquer. Camille. C'est bien ce qu'elle a dit? Camille? On dirait. Et là je comprends. Elle me prend pour lui. Je hausse un sourcil et penche légèrement la tête.

Pardon je... vous connaissez mon frère? Je... je ne suis pas Camille je suis Gustave, son frère jumeau. Vous... vous le connaissez? Vous savez où il est? Il va bien?

Brutalement, j'ai un million de questions à lui poser alors que mon coeur s'emballe.


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mistaken ※ gustave
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