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 What's in a book when it's closed? - Galahad

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MessageSujet: What's in a book when it's closed? - Galahad   Sam 22 Avr - 16:35

When a book is closed...

- You must let what happens happen. Everything must be equal in your eyes, good and evil, beautiful and ugly, foolish and wise.-

Cachée de tous, cachée des autres, cela faisait presque deux jours qu'Etain avait réussi à éviter toute compagnie. Le challenge n'avait rien d'impressionnant, si on ne la détestait pas, on recherchait peu sa compagnie pour autant et, lorsque la jeune femme n'était pas là, on l'oubliait tout simplement. Parfois, elle s'oubliait elle aussi, obligée de murmurer son propre nom pour se rappeler que oui, elle existait. Un peu.
Deux jours, était-ce long? Il y avait les livres bien sûr, ceux qu'elle emportait dans chacune des cachettes qu'elle se trouvait, et lorsqu'on lisait c'était mieux que de parler aux gens, non? Etain avait entendu des gens le dire déjà, elle n'avait donc pas le droit de se plaindre de sa solitude. Et puis il y avait de belles histoires dans les quelques romans qu'elle avait dévoré ces presque quarante huit heures. Des qui faisaient croire aux sentiments même lorsque l'on en éprouvait trop peu. Idiot, n'est-ce pas? Presque croire en l'amour et en la beauté des choses lorsque l'éternité ressemblait à un ciel de suie et la triste rumeur d'une des guerres les plus horribles au monde.  Il fallait croire qu'Etain était idiote, réellement, du moins le pensait-elle.
Lorsque l'on a personne à qui parler, il ne reste qu'une seule solution: s'insulter.
Elle ne s'insultait pas en cet instant, mais elle aurait pu, recroquevillée sur elle-même, le dos au mur, les bras autour des genoux et la tête baissée. Cacher son visage, cacher son chagrin.
Elle pleurait.
A ses pieds, un livre. Un qu'elle avait trouvé au hasard des ballades -des fuites-, un qu'elle avait commencé, l'appréciant petit à petit...
Un qu'elle voulait terminer;
Qu'elle ne terminerait pas.
Quelqu'un en avait arraché les cent dernières pages. Bien sûr, Etain aurait pu simplement hausser les épaules, passer à autre chose, mais...
Mais que possédait-elle, sinon les livres?  La jeune femme ne savait pas aller vers les autres, s'immiscer dans les conversations, avoir ce que le commun des mortels appelait des “amis”. Elle n'avait jamais su, jamais pu, dans le monde réel, comme ici.... Elle avait des colères en elle bien sûr, des haines parfois, des passions pour sentiments mais les exprimait peu, estimait ne pas en avoir le droit.
Cela était pour les gens normaux.
Les livres devenaient un exutoire pour elle, la différente jusqu'au bout. Un exutoire qui disparaissait, là qu'elle ne pouvait terminer son roman. Et elle ne pouvait rien exiger d'autrui évidemment, Etain, pas assez belle pour cela, pas assez humaine. Comme les autres.
Que restait-il alors, tristesse et désarroi?
On pleurait pour des choses importantes dans la vie et elle, pauvre idiote -puisqu'elle s'insultait malgré tout-, ne parvenait à pleurer que pour cela.
Son esprit vacillait, privé d'une simple route à suivre. Cela n'était pas de la folie, simplement une tristesse trop amère, trop profonde, portée depuis les premiers souffles de sa vie peut-être.
Cela était ainsi..
Elle pouvait choisir de retourner aux autres, Etain, pourtant. Cela voudrait dire se faire regarder comme une bête curieuse, car rien ne justifiait les frontières la séparant de tout. Pas même son pouvoir...
Quelque chose de pas normal en elle, de contre-nature. Une erreur, une erreur jusqu'au bout, même chez les gens différents, voilà ce qu'était la jeune femme, voilà ce qu'elle ressentait.
Ce n'était pas de l'apitoiement, elle ne criait pas après des amis, une compagnie, elle se savait simplement incapable de correspondre à ce que l'on attendait d'elle. Un jour cela la tuerait peut-être, mais personne ne le remarquerait.
Puisqu'Etain apprenait aux autres à l'oublier.
Une ombre prenant garde à ne point causer de joie ou de souffrance. Alors elle pleurait en silence, là où nul ne serait tenté de la consoler.
Elle ne le mériterait pas, et surtout elle ne saurait rendre la pareille, inutile de perdre du temps en cela.

Un brusque bruit, et dans un bond souple, la jeune femme fut debout sur ses jambes. Elle essuya son visage, et la suie et la poussière masquèrent les traces de larmes, avant de prendre sa voix la plus ferme, jouant une énième fois le rôle de ce qu'elle n'était pas.
Quelqu'un de normal.

Qui va là?!
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Galahad L. Ednyfed

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- Imitateur excentrique -
administrateur
❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
❧ Miroir :
❧ Missives : 665
❧ Yeux de verre : 184
❧ Crédits : kidd (ava) / DΛNDELION (gifs)


MessageSujet: Re: What's in a book when it's closed? - Galahad   Dim 23 Avr - 19:47

Déchiffrage

- what's in a book when it's closed ? -

Baragouin indéchiffrable, incompréhensible, flou, juste des murmures imperceptibles, hors d'atteinte. Nouvelle longue bouffée qui s'élèvent dans l'air, occultant quelques peu la lueur projetée. La pellicule est soigneusement extraite pour être rendue à sa boite d'origine d'un geste las, la dernière du lot. Toutes. Elles étaient toutes imprégnées d'un autre langage, d'une autre culture, loin d'un anglais clair, net et précis. Même les quelques pellicules muettes n'abritaient que des phrases gravées dans un autre langage incompréhensible pour l’autochtone que j'étais. Frustration qui monte, irrite la gorge apaisée quelques secondes plus tard par une nouvelle bouffée provenant de la cigarette. Quitte à rapporter des nouveautés, bien que tout était relatif lorsque le temps continuait de filer hors des boucles, maigre projecteur probablement dépassés depuis des décennies, autant le faire correctement. Comme si l'image seule suffirait à la compréhension, voyant déjà une armée de mioches agacés au bout de trois centièmes de seconde, perdus loin des quelques cartoons qui m'irritaient les rétines à force de les voir défiler encore et toujours. Long soupir, rangeant la boite qui finirait probablement par amasser la poussière.

Etain. Le nom vint comme une évidence, s'imposant à l'esprit, réalisant soudainement que tout n'était soudainement pas perdu, que certains talents pouvaient régler le problème. A condition qu'on parvienne à la dénicher, le genre à se dissimuler dans un trou et y rester durant des jours, loin de tout être susceptible de troubler la solitude, sans parler qu'il faudrait probablement la convaincre, loin d'être gagné, certainement pas comme les gosses appâtés par quelques friandises. Elle avait déjà surement lues toutes les histoires fantasmagoriques des ouvrages posés soigneusement sur mon étagère, bien que probablement moins le genre à dévorer des encyclopédies anatomiques et autres répertoires médicaux qui y trônaient majoritairement, peut-être un brin trop ennuyeux pour l'imagination.

Se couvrir, les mains dans les poches, gants de cuir enfouis non loin en cas de problèmes, de manière à contrer le moindre incident fâcheux, préférant éviter au possible d'enclencher les rouage de ma terrible malédiction personnelle pour aujourd'hui, chose qui réussissait plutôt bien jusqu'à présent, ayant évité au possible les lieux grouillant de vie et de peaux un tant soi peu dénudées. Il ne restait plus qu'à fouiller, dénicher, débusquer, suivre une quelconque piste,  retourner la moindre parcelle de notre immense refuges. L'art de la dissimulation, de se fondre, soupçonnant la blonde solitaire d'avoir en réalité un don de camouflage qui la rend de la même couleur que son environnement. Des livres, chercher une pile d'ouvrages en priorité, ils mèneraient probablement à elle, duo indissociable. Longues heures à tourner en rond, à devenir chèvre, à éviter les silhouettes dans les couloirs, à éteindre probablement trois ou quatre mégots de cigarettes. Parvenir enfin à débusquer une piste concrète avec l'amère sensation d'avoir été tourné en bourrique et perdu un temps infini. Il n'est de toute façon qu'une notion abstraite en ces lieux.

La porte s'ouvre dans un maigre espoir qui commence à s'envoler, laissant échapper un soupire de soulagement à la vue de la jeune femme qui bondit sur ses pieds, troublée dans son intimité par l'intrus que j'étais. « Bon sang ça doit faire des heures que je te cherche ! » Impression d'être essoufflé, esquissant un semi sourire qui finit par s'effacer alors que l'expression de la concernée est analysée. Le visage encrassé, les yeux rouges, gonflés, dernière traces de quelques larmes, l'expérience des nombreux jeux d'acteurs un brin trop naturels qui s’immisce ressort, soudainement mal à l'aise de l'avoir interrompue dans son tourment. « Je suis désolé, je... j'aurai probablement du frapper. » Gants enfilés en une seconde, extirpant un mouchoir immaculé d'une poche avant de lui tendre, retrouvant un sourire encourageant. « Tout va bien ? » Murmure suave, préférant repousser un brin le sujet des nombreuses bobines qui attendent sagement une traductrice de choix. S'inquiéter, quelques secondes, chercher à comprendre ce qui lui arrive, à cet être mystérieux comparable à un mollusque effrayé dans sa coquille, un autre faciès dont le nom restait définitivement accompagné d'un point d'interrogation.



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MessageSujet: Re: What's in a book when it's closed? - Galahad   Ven 28 Avr - 21:25

When a book is closed...

- You must let what happens happen. Everything must be equal in your eyes, good and evil, beautiful and ugly, foolish and wise.-

Elle le regarda sans le comprendre, presque. C'était idiot, on ne la cherchait pas. Ca ne se faisait pas. Pas pour elle, tout du moins, il y avait des gens bien plus intéressants pour lesquels dépenser de l'énergie.
Tout le monde en fait, tout le monde sauf elle.
Curieuse, Etain croisa les bras. La jeune femme attendait peu de choses de Galahad quant à sa curiosité, sûrement un service à rendre, une action à mener.
Elle balaya sa question d'un simple signe de la main, le regard soudain plus étranger. Cela ne dura qu'un moment, qu'un instant. Elle avait de la peine, Etain, elle avait de la douleur, mais pour des choses futiles et le savaient, inutile donc de s'attarder. Comme toujours.

Alors, c'est pour quoi?

L'homme face à elle, un inconnu. Un des seuls qui lui parlaient pourtant, et comment différencier l'ami de l'étranger? Il savait prendre des apparences, des visages. Parfois, Etain se demandait ce que cela serait de se voir soudain, elle. Serait-elle aussi moche, aussi détestable à ses propres yeux? La réponse l'effrayait, comme chacune des choses en ce monde.

Dépêche toi, j'ai encore plein de livres à ...

A lire? Mensonges. La jeune femme ne pu aller au bout de sa phrase. Elle revoyait les pages arrachées, l'histoire terminée mais qu'elle ne lirait pourtant jamais. Une douleur. Dans son monde, rien d'autre ne semblait exister. Alors, comme une souffrance de plus, Etain secoua la tête.
Il y avait de la grâce dans ses gestes, celle d'une femme en dehors du monde. Un monde déjà en dehors d'un univers, étranger en lui-même, et pourtant elle n'arrivait pas à en faire partie.
Pitoyable.

Non, en fait rien ne m'attend. Alors?

Une mèche de cheveux lui courait le long de la joue, presque avec dégout -Dieu, ce qu'elle se détestait- Etain la remit en place, bien sagement, bien strictement derrière l'oreille.
Elle restait debout, droite, pas vraiment fière, non, droite simplement, immobile en dehors de la respiration pour lui soulever la poitrine, et après?
Il n'avait pas envie de la voir, cet homme, une évidence. Parce que nul ne le voulait. Il était là pourtant, se forçant, s'obligeant, et pour cela Etain avait pitié de lui.
Elle ne savait comment s'excuser d'exister, en vérité elle ne savait pas grand chose tout court. Alors elle secoua la tête un peu. Elle l'aiderait, une évidence, elle faisait cela lorsqu'on lui demandait.
Lorsqu'on lui ordonnait aussi.
Sa volonté propre existait peut être mais n'avait aucune raison de s'exprimer. Se forçait-elle? Pas vraiment, simplement que les choses étaient...différentes.

Tu connais le principe...tu auras une phrase écrite à me présenter?

Il ne pouvait s'agir que de traduction, elle ne savait faire que cela. Ca et les manucures. Mais... Hé bien un projectionniste n'avait pas forcément une occupation permettant des ongles longs après tout.

....Si tu as de quoi manger aussi, je peux en avoir besoin

Et de ce fait, sa tête commença à lui tourner un peu. Elle avait bu, elle avait au moins pensé à cela dans son exil volontaire entre deux livres, entre deux chapitres, mais après.
Et ses jambes soudain vacillèrent, comme un signal. Le signal qu'elle s'en demandait trop pour pas grand chose. Pour des idioties.
Il y eut un début de nausée, des points noirs devant ses yeux. Etain se força à rester debout pourtant, elle pâlit mais ne voulu en montrer davantage, renfermant le malaise en elle autant qu'elle le pouvait.
Marcher serait s'évanouir pourtant...
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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: What's in a book when it's closed? - Galahad   Lun 1 Mai - 12:59

Déchiffrage

- what's in a book when it's closed ? -

Question éludée par un geste, interlocutrice se refermant, préférant visiblement garder ses tourments pour elle-même. Baisser le regard une seconde, navré, culpabilité de l'avoir ainsi sortie de cette intimité qu'elle semble préserver au mieux montant. Hésiter une seconde, le temps de s'assurer de ne pas la troubler d'avantage dans sa bulle, cocon parfait. Comment parvenait-elle à rester dans ce genre de trou aussi longtemps ? Loin de toute agitation, dans son propre monde. Pensée idiote, alors que la question est soudainement retournée, imitateur fuyant les peaux comme la peste, évité de par les plus réticents qui ne préfèrent pas s'affronter du regard, crainte que l'on s'incruste également dans leur esprit, qu'on en décortique les rouages en les emmagasinant. Petits mondes au final pas si éloignés, longues pellicules et odeurs âcres des chimies d'un laboratoire argentique préférées aux mots gravés dans l'encre.

« On m'a rapporté quelques bobines d'un voyage, du pure baragouin incompréhensible. Quelques unes sont sous-titrées, ce serait dommage de les jeter. » Dévoiler l'objet de la recherche face à son insistance, toujours aussi mal à l'aise. Connaître sur le bout des doigts le moindre vaisseau sanguin qui compose un corps et être parfaitement incapable de parler une autre langue en dehors de quelques mots honteusement basiques, malgré le temps qui file. « Mais ça peut attendre si tu veux. » Esquisser un sourire encourageant, ne préférant pas la forcer.

Son teint est un brin trop blafard, les sourcils se froncent, comprennent à ses mots qu'elle était tout simplement en train de se laisser mourir de faim à défaut de dévorer les mots imprimés dans les ouvrages présents. « C'est pas vrai, depuis combien de temps tu n'as rien avalé ? » Remontrance qui s'élève, impression soudaine de prendre les traits d'un adulte s'inquiétant pour un enfant incapable de survivre seul. S'approcher, tout de même en évitant les gestes brusques, décortiquer son teint, ses yeux, ausculter en silence, réflexe d'analyse de presque médecin qui n'aura jamais son diplôme, entre-coupé par l'abominable guerre absurde. « Tu ne devrais pas te laisser mourir de faim comme ça. Viens, on va te dégoter quelque chose. » Soupirer, prendre les devants avant même qu'elle ne puisse contester, lui tendre une épaule en guise de béquille forcée tout en évitant avec soin d'entrer en contact direct avec le moindre cheveux.

Préférer l'amener directement dans mes appartements, plus tranquilles et proches, caverne aux merveilles comparable aux coulisses silencieuses d'un plateau de tournage, partagé entre bobines et autre costumes en tout genre, bien forcé de les accumuler pour endosser les rôles de façon sérieuses, ne doutant pas qu'elle serait certainement plus intéressée par les ouvrages de mon étagère que le reste. L'installer sur le lit avec précaution, dégoter une boite à biscuits dissimulée avec soin sous une pile de vêtements, dérobée quelques jours plus tôt dans la réserve des Ymbrynes, relativement fier de mon coup. « Je peux te ramener quelque chose de plus consistant si tu préfères. » Oublier la mission initiale, préférant de loin m'assurer qu'elle ne tourne pas de l’œil plutôt que de lui faire faire un quelconque effort. De toute manière, elle serait plus que tranquille dans ce lieux, à part quelques visages récurrents qui se glissent de temps à autre, peu se risquaient d'investir mon antre.



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MessageSujet: Re: What's in a book when it's closed? - Galahad   Jeu 18 Mai - 21:29

When a book is closed...

- You must let what happens happen. Everything must be equal in your eyes, good and evil, beautiful and ugly, foolish and wise.-

Il parvint à l'entraîner dans un autre pièce, faisant se succéder leurs pas dans un ballet incongru. Qu'importe... Elle tremblait un peu, Etain, mais les frissons avaient toujours fait partie intégrantes de son corps. Un fantôme tremblotant, incapable de s'accrocher aux bords de la réalité, presque semblable aux actrices d'ombres et de lumières des films qu'affectionnaient Galahad.
Par réflexe, la jeune femme dégagea ses cheveux. Elle connaissait la règle implicite avec lui : ne pas le toucher, et cela lui allait évidemment, elle-aussi détestait les contacts.
Parfois, quelqu'un pensait qu'une légère tape sur la joue, amicale, paternelle, autre, la ferait sourire. Elle ne souriait jamais, au contraire plus distante, fermée...
Lady Silence, lady Secret, lady Disdain...
La jeune femme ferma les yeux un court instant, lorsqu'elle les rouvrit, ils étaient dans la chambre de l'homme. Un endroit secret lui aussi, et pour ce simple point commun, elle en aima un peu les murs, l'espace.

Deux...jours... Ca aurait pu priver quelqu'un, que je prenne à manger.

Elle n'existait pas jusque dans sa propre tête, mais les autres, si. Cela était ainsi... quelque chose de trop ancré dans cette cervelle rêveuse, quelque chose qui ne partait pas. Les gâteaux lui faisaient envie, elle tendit le bra sun peu, se retint, hésita. Comme un animal. Et quelque chose dans son regard mourait presque, l'idée d'être déçue, d'être trahie, de quoi enlever le peu de lumière qu'elle posédait. Et d'où tenait-elle cela, Etain, dont on connaissait si peu la vie finalement?
Lentement, la blonde porta un biscuit à ses lèvres, le croqua d'une toute petite bouchée. Mais Galahad ne faisait pas signe de le lui retirer, alors elle en mangea un peu plus.
De quoi lui redonner une illusion de couleurs aux joues. Ce n'était pas assez, juste mieux que rien.

Je te rembourserai....

Et quelque chose dans le corps soudain tendu refusait l'idée de la moindre dette. L'homme n'était pas un ami après tout, ici Etain n'en possédait pas, il n'avait aucun devoir quant à l'aider mais venait de le faire pourtant. Cela se payait.
Alors, pour ne pas penser aux prix des choses, Etain essaya de se concentrer sur les bobines dont Galahad avait parlé.
De nouveaux films? Un événement dans la boucle, une illusion de normalité, de temps capable de s'écouler. Les choses n'étaient plus seulement “que” vieilles, elles pouvaient être nouvelles, inédites...

Et...pour les livres, il n'y a rien de neuf?

Un vain espoir qu'elle formulait quand même. Galahad en possédait, des livres, il devait comprendre.
Comme une petite fille, Etain ramena ses jambes sous elle, s'asseyant en tailleur afin de mieux appréhender la pièce. Par un geste vif, beaucoup trop, elle reprit un second gâteau tout en en rougissant de honte.
Honte d'avoir faim, d'exister, de parler.
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MessageSujet: Re: What's in a book when it's closed? - Galahad   

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