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 Souvenirs d'ailleurs (Felicia)

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Marie Balmain

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MessageSujet: Souvenirs d'ailleurs (Felicia)   Mer 10 Mai - 12:49

Souvenirs d'ailleurs

- New York, 1928. 9h15 -



« Je n’avais jamais vu une telle vie ! » Yeux écarquillés, bras qui embrassent le ciel, pas qui sautillent malgré mon désir de me fondre dans la masse. En état total de béatitude, tête en l’air à chercher le sommet de ces hauts bâtiments que Felicia appelle des buildings, tournant sur moi-même pour admirer l’immensité des constructions, ne prenant presque pas la peine de faire attention aux New-Yorkais qui manquaient de me foncer dessus. Le sol était foulé par mille paires de chaussures différentes, vêtements et coupes de cheveux au carré comme j’avais pu connaître autrefois. J’allume une cigarette, replaçant mon briquet dans mon sac, prenant une pause au milieu de l’immense trottoir. C’est donc ici que l’univers des années vingts avait naquit, mais je reconnaissais la mode à la française, celle que les hommes et femmes enviaient à mes origines. J’attend que Felicia me rejoigne, l’ayant devancé tant la frénésie du lieu m’avait emporté. Regardant les voitures défiler sur la chaussée, les humains s’affairants à leur occupation de matinales. Je lisais sur leur visage l’excitation de la soirée qui viendrait pour eux, désireux de fêter le jour de l’indépendance qui arrivait le lendemain. Ils n’avaient pas le temps de s’arrêter, de profiter de cette journée-ci qui leur était pourtant perpétuelle - bien qu’ils n’en soient pas au courant. Je lance un regard satisfait à ma compagne de visite, qui elle semblait bien connaître cet univers.

C’était d’ailleurs cela qui nous avait spontanément reprochés. Avoir connu cette période de vices et de fêtes, toujours dans l’excès et l’allégresse. Mélancolie qui s’acharnait sur nous, cette envie profonde d’y retourner terminer nos jours. Lorsqu’on a vécu dans un monde tel que celui-ci, pourtant si proche des années victoriennes, il est difficile de retourner à une forme de normalité. Je repense chaque jour à ces merveilleuses nuits et journées, à rire et à goûter des dizaines de vins similaires que l’on s’essayait à juger alors que notre langue avait perdu le sens du goût à force de cigarettes et d’alcools. Je soupire de joie, encore, et attend de Felicia un signe qui ne vient pas. « Allons par ici? » J’indiquais une rue perpendiculaire au boulevard, où siégeait des bars à la filée. Une envie de boire un thé dans un lieu où l’habitude n’était pas de mise. Peu m’importait, je voulais inspirer l’air nouveau, quoique plus ou moins connu, l’ambiance similaire à mes souvenirs bien qu’un peu différente. Dans ces différences je trouvais une manière de me rapprocher encore plus de cette habituée, qui elle saurait me conter les récit de New-York, ses aventures et ses maux, les quelques expériences sous la couette que je n’avais su connaître et les coeurs qu’elle avait certainement brisé. C’est une belle femme, qui ne faisait pas son âge. Ses cheveux colorés, son charisme, ses vêtements de l’époque qu’elle ne pouvait pas quitter, ses yeux de chats maquillés toujours en alerte. Tout cela la rajeunissait et j’enviais sa beauté. C’est une belle femme, Felicia, et elle a du faire tomber bien des hommes.

Je décide d’entrer dans un bar, sortant de mes pensées, et m’assis devant une table à la terrasse. Il fait si chaud en juillet, et cela faisait des dizaines d’années que je n’étais plus accoutumée à la chaleur. D’abord la fraicheur de mars 1941, puis le froid glacial de décembre 1973. Je devais malgré tout me vêtir que de tissus qui recouvraient la totalité de mon corps, et c’était une charge bien malheureuse pour la température qui avoisinait certainement les 77 degrès Farenheit. Je dévisage Felicia, rictus qui se dessine en même temps sur mes lèvres. « Tu as vécu longtemps, à cette période? » Je me demande aussitôt si ma question n’est pas trop intrusive, il faut se méfier avec cette dame. « Ça m’apaise en quelque sorte, de voir à nouveau ce monde qui a été le mien autrefois. » Un serveur s’arrête à notre table, et jetant mon mégot dans le cendrier, je laisse Felicia commander en première.



evanescence

Viens, tu verras la route est longue. Parfois le ciel devient sombre, mais les nuages sont encore loin. Et même si de fatigue tu tombes dans ta course vagabonde, ai le courage de continuer ton chemin. Dis-toi que rien est écrit, l'avenir se construit.

Coucou :/ :
 
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Felicia Crane

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'ailleurs (Felicia)   Mar 6 Juin - 13:35

Souvenirs d'ailleurs
Retrouver mon époque, mon pays natal, a quelque chose de grisant. Après la fête et l’indécence omniprésente de la réception tenue par Mr Gryphus, une visite de la ville s’impose. Si au départ je pense partir seule en vadrouille dans la Grosse Pomme, je me souviens très vite de Marie et du fait que c’est son époque, à elle aussi. Les années 20, les années folles. D’autant plus qu’elle ne connaît pas cette ville immense et démesurée, comparée au Paris qu’elle a connu. Ni une, ni deux, je m’habille, me maquille et vais chercher la jeune femme, lui proposant une petite visite de la ville rien que toutes les deux, entre filles. Elle ne se fait pas prier et je l’aide à trouver des vêtements à sa taille dans cette vaste demeure, les miens étant restés en 1873, et étant probablement trop longs pour elle de toute façon. Or, je ne veux pas perdre de temps avec de la couture maintenant. Cela faisait bien trop longtemps que je me languissais de mon époque pour retarder plus que nécessaire notre visite. Finalement, on arrive à trouver de quoi l’habiller et la maquiller ; chose qui me donne un plaisir fou, elle est si jolie, si elle avait pu avancer un peu plus en âge, très certainement serait-elle devenue une magnifique femme, prête à faire tomber les hommes et briser de nombreux cœur. Quelque part, bien que nous ne nous ressemblons pas physiquement, elle me rappelle un peu moi à son âge.

Les rues de New-York sont agitées par le flot matinal des gens allant travailler dans les innombrables buildings environnant, se diriger vers Wall Street pour les hommes et la 5ème avenue pour les femmes qui souhaitent faire les boutiques avec l’argent durement gagné de leur mari ou amant qui les entretient. Nous, nous sommes dans Brooklyn, et nous avançons à notre allure, évitant par pure habitude la foule pressée dans laquelle nous avançons à contresens. Mais qu’importe ? Quand bien nous bousculerions quelques personnes, ces dernières ne s’en souviendront pas une fois la nuit passée. Le 4 Juillet n’arrive jamais et pourtant tous s’y préparent. Un grand sourire est peint sur mes lèvres, mes yeux brillants de cet éclat de joie propre à cette époque que j’aime, bien que caché derrière de larges lunettes noires et rondes. C’est que j’ai les yeux sensibles, que voulez-vous. Je suis Marie, sans pour autant me presser à la rattraper. Je sais parfaitement qu’elle n’osera pas aller trop loin et je garde de toute façon la jeune femme dans ma ligne de vision. C’est terrible, moi qui n’ai jamais songé à avoir des enfants, j’ai l’impression de comprendre doucement ce qu’est la maternité en présence de Marie. Je me garde bien de le lui dire cependant. Elle a probablement eu une famille, une mère, un père et mon but n’est pas de faire substitut à ce qu’elle a perdu en entrant dans une boucle pour la première fois.

Je la rejoins finalement, et nous avançons, côtes à côtes, dans les rues. Je la laisse suivre ses envies, prenant garde à où elle va, pour l’inciter à changer d’avis si la rue ou le quartier qu’elle souhaite visiter n’est pas recommandable. J’ai certes mon révolver avec moi, mais si je pouvais ne pas avoir à le sortir devant elle…Ce ne serait que mieux. Elle finit par choisir un café avec terrasse et s’y arrête, je l’imite, et attend sagement que le serveur ne vienne prendre notre commande. Ce sera un café noir pour moi, sans lait et deux sucres. Une fois nos commandes prises le serveur repart et je tourne mon attention sur Marie, qui me pose une question. Mon sourire s’agrandit.

"Environ 10 ans. Je suis née en 1888, mais ces années ont été les meilleures de ma vie…Malheureusement, j’avais déjà quitté les USA quand ces belles années sont arrivée. L’Europe et notamment le Royaume-Uni fut ma nouvelle patrie. Pourtant ce que les USA m’ont manqué, j’aimerais tant rester dans cette boucle pour toujours…" je l’écoute et pose une main sur son bras couvert, lui apportant ce que j’espérais être perçu comme du réconfort "Moi aussi. Je me sens enfin chez moi."

Le serveur revient et je pioche un billet de quelques dollars dans mon soutien-gorge que je lui tends avec un clin d’œil charmeur. Les habitudes ont la vie dure, que voulez-vous ?

"Est-ce que tu sais ce que tu voudrais voir ici ? Ou bien je te fais la surprise ?"
avengedinchains



A good excuse to be a bad influence on you
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Marie Balmain

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'ailleurs (Felicia)   Lun 24 Juil - 15:08


Je commande à mon tour un café avec une pointe de cognac, et Felicia me conte son expérience au travers des années folles. Je l’écoute avec sérieux, buvant chacune de ses paroles. Il m’est difficile d’ordinaire de me concentrer sur une discussion, mais force est de constater que ce sujet retient toute mon attention. Quelque part aussi, au delà de cette conversation, Felicia a un certain charisme. Lorsqu’elle parle, on veut l’écouter, on veut en connaitre plus à propos de sa personne, on veut être bercé par le son de sa voix, se perdre dans ses yeux, toucher ses cheveux noirs, et même la complimenter sur ses beaux vêtements. Elle a de l’allure et s’en est presque malsain, voire gênant, de se rendre compte que l’on puisse admirer si facilement un personnage tel qu’elle. Un culte comme on pourrait le retrouver pour une célébrité en fin de compte.
Elle pose sa main sur mon bras, et j’empêche un mouvement de recul. Réflexe depuis de nombreuses année dont j’éprouve encore beaucoup de difficulté à me détacher. Les gens savent, ils sont conscients du danger qu’un contact avec ma peau pourrait engendrer, et je ne suis pas capable de m’en défaire. Ils savent, mais ils n’ont pas pour habitude d’éviter de toucher quelqu’un dans leur entourage. En un sens, c’est agréable, car je ne me sens pas considérée comme une pestiférée, mais d’un autre côté règne la crainte de faire du mal à autrui.
Bref, je ne la repousse pas, et j’accepte sa petite marque d’attention avec beaucoup de gratitude. Je ne l’avais pas imaginée si douce et soucieuse du bonheur de son prochain. Je pense que c’est une femme froide, mais que son coeur n’est pas cristal. Elle ressent, elle aime, elle en pâti. Mais il faut parvenir jusqu’à ce muscle et peu ont la chance d’être considérés à ses yeux. Une chose est certaine, si elle considère quelqu’un, c’est sérieux.

Felicia est métamorphe, et les chats sont dystopiques. Ils peuvent tant être indifférents à quelqu’un, et en aimer un autre de façon inconditionnelle. Il n’y a pas d’entre deux. Ils aiment ou ils n’aiment pas, et je pense que l’on peut retrouver ces attraits chez la belle Felicia.
Le serveur arrive, et mon guide New-yorkais paye le jeune homme sans oublier de lui lancer un petit regard charmeur. Elle ne perd pas le nord, celle là ! S’adressant ensuite à moi, je réfléchis l’espace d’une seconde avant de réaliser que je n’ai jamais connu l’Amérique.
« Je n’ai pas la moindre idée de ce que l’on peut voir à New-York, j’ai envie de te laisser me guider, qu’en pense-tu? »
Je pose mon menton sur ma main, un rictus se dessinant sur mes lèvres.
« Surprends moi. »
Je prends enfin une gorgée de café alcoolisé, léchant mes lèvres trempées dans la boisson chaude et délicieuse qui me donne un coup de chaud. Les températures estivales étant déjà si élevées qu’il est difficile de ne pas suer, réchauffer son organisme n’est pas la meilleure des idées.
Prenant appuie sur le dossier de la chaise, je m’affale tout en tentant de garder de l’allure. Felicia est classe, et j’ai été bien élevée, alors je me dois de garder une certaine prestance, même assise.
Les passants vont et viennent dans la rue; des touristes, des habitants, des pauvres, des riches, autant de femmes que d’hommes. Toute cette diversité me fait chaud au coeur.
« Tu sais de quoi j’ai envie? De danser le charleston. Tu crois que l’on pourra? »
Mon coeur s’emballe à cette idée. Ô, comme cette danse décadente m’amusait et me faisait swinger l’âme.
« Et qu’est-ce que l’on a pour habitude de manger, à New-York? »
Tout à chaque fois se rapporte à la nourriture, mais quitte à être là, autant goûter de nouveaux mets dont seuls les américains avaient le secret. Je n'avais jusque là goûté que les amuses-bouches qu'il y avait eu à la fête au manoir.



evanescence

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MessageSujet: Re: Souvenirs d'ailleurs (Felicia)   Sam 5 Aoû - 11:34

Souvenirs d'ailleurs
Toute réservée qu’elle apparaît dans les boucles, il est amusant de voir combien elle peut se laisser aller et montrer sa vraie joie de vivre quand l’environnement le lui permet. J’aime voir Marie ainsi, charmante, joyeuse et curieuse. Oh, elle l’est en dehors, mais c’est plus…Diffus, caché. Peut-être est-ce le simple fait de retrouver son époque d’origine, ou bien est-ce le fait de se retrouver dans un pays qu’elle ne connaît pas, ou les deux, mais ça me faisait grandement plaisir. Sa commande me tira un sourire amusé, mais rien de moqueur, plus que je ne m’y attendais pas. Elle est pourtant adulte, même sans compter les années passées dans une boucle, et il est logique qu’elle aime boire un peu, surtout venant de France où le vin est tout simplement divin. Mais pour quelqu’un comme moi, c’est une autre histoire. La prohibition pointait le bout de son nez depuis quelques temps déjà, pas encore officielle, mais déjà dans le cœur de bons nombre de politiciens et de « bien-pensants » à qui j’aurais bien mis mon pied talonné au derrière tiens…Ce qui ne m’aurait, personnellement, jamais empêché de boire de l’alcool, il suffit de savoir à qui demander.

Sa proposition me fait sourire, un sourire prédateur, dévoilant à peine mes dents.

"Fais attention à ce que tu souhaites, ma chérie. New-York est peut-être une ville d’opportunités, mais aussi de choses qu’il vaut mieux taire."

Suite à ces quelques mots semblant bien sombres, j’explose de rire, attirant l’attention de quelques autres patrons du café où nous étions attablées et me tourne de nouveau vers Marie.

"Pardon, c’était trop tentant. Mais bien évidemment que je vais te faire découvrir les meilleurs endroits de la ville !"

C’était chez moi, ou presque, et je n’allais pas risquer de lui présenter les aspects peu ragoûtant de cette ville, bien que si nous le souhaitions vraiment, nous serions bien obligé d’aller dans un speakeasy pour profiter d’un peu plus d’alcool…Mais cela n’est pas encore à l’ordre du jour, pour le moment nous profitions un peu plus de ce soleil clément et de nos breuvage chauds.

Soudain, elle me fit part de son envie de danser le Charleston. Un immense sourire illumina mon visage.

"Quelle excellente idée ! Il faut que l’on se renseigne sur les clubs dans le coin, je ne les connais pas tous et ceux que je connais, je ne sais même pas s’ils existent encore, mais ceci est une des meilleures idées pour cet endroit !"

C’est un enthousiasme non feint que rencontra Marie de ma part. Danser. Combien de soirées avais-je passée à danser le swing et le charleston dans les pubs irlandais ? Combien d’hommes avais-je ensorcelés grâce à la danse ? Oh, quelle merveilleuse idée avait-elle eue !

"Oh, la spécialité ?" je pris le temps de réfléchir quelques secondes, puis lui annonça, tout sourire "Le hot-dog. Ce n’est peut-être pas raffiné, mais c’est le plat de chez nous. Ou presque, mais un match de baseball n’a jamais lieu sans son vendeur de hot-dog." Je fais une légère pause avant de me redresser dans ma chaise "Ce que je te propose, puisqu’il est encore tôt, c’est que nous allions sur la cinquième avenue, faire un peu de lèche vitrine, puis je te fais découvrir les Hot-Dogs, et enfin, nous allons danser jusqu’à ne plus pouvoir tenir debout dans la soirée. Qu’en penses-tu, Marie ?"
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