AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 From now ◭ ft. Maxine

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Clarence F. Bannerman

avatar
- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Missives : 385
❧ Yeux de verre : 75
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: From now ◭ ft. Maxine   Mar 6 Juin - 18:30


From now
Maxine & Clarence

      Il avait ramené avec lui l’humidité matinale de Londres, enveloppé de fraîcheur comme ses rues au petit matin. Son manteau était froid, le cuir de ses chaussures ciré par la rosée. En milliers de perles elle remontait le bout de ses souliers pour s’arrêter à l’extrémité de leurs empeignes, teintant leur surface de deux tâches brunes. Une course folle et futile. Le jour en devenir s’apprêtait à les sécher, alors que la nuit déjà reviendrait les chercher.
     Clarence avait disparu dans Londres bien avant le renouvellement de la boucle, fuyant 9h00 comme s’il eut à contrarier le fantôme des femmes levées à l’aurore. Il respirait une dernière fois la poussière des décombres, écoutait les flammes crépiter plus loin comme des papier que l’on froisse. Ses pas s’étaient faits lents, perdus entre la brume et les bénédictions des Londoniens. La nuit avait été rude, longue et sombre comme à chaque fois. L’aube leur faisait miroiter un espoir, et ils ne purent jamais y goûter plus d’un moment. Bien vite les prémices de cette journée macabre s’effacèrent, remontées comme une horloge jusqu’à leur ignorance. Le jour commença à l’heure même du précédent, peu après le lever du soleil et longtemps avant. Clarence eut chaque fois le réflexe de s’arrêter, par peur d’interrompre le cheminement arrière de tous ces évènements. Le ciel se distordait, les bombes rendues à lui-même, la journée revint, la pluie aussi. Trop rapidement pour la saisir, et elle semblait chaque fois l’effleurer de trop près. Le présent fuyait, ou fût-il le futur, familier et embrasé pour récupérer le calme d’une autre matinée. Les corps faisaient marche arrière, les syllabes remises à l’envers dans des phrases qu’il leur faudrait à nouveau prononcer. Jusqu’à cette heure identique, revenue très vite après si peu de temps. Voilà une chose dont il ne se lassait pas. Un cinéma arrière si rapide qu’il lui fallut chaque fois capturer ses images. A un endroit puis à un autre, et la vérité était qu’il avait depuis peu cessé de se lever pour le voir. Il s’était donné l’ordre d’une course ce matin-là, reprenant le pas une fois la magie terminée, le jour redevenu banal. L’homme de son passé avait encore des connaissances sur Londres, un concierge à qui il put chaque fois demander un service. Ce vieux voisin finissait par accepter, trop généreux et aveugle de toutes les demandes auxquelles il avait répondu en soixante-dix ans. Cette fois-ci dû-t-il prêter sa voiture. Une journée seulement, et il serait grassement payé contre son aide.

     Clarence revint aux Quartiers des Portes un sourire imbécile aux lèvres. Heureux depuis peu, depuis son retour. Depuis plus longtemps peut-être, mais il eut encore manqué une présence pour le satisfaire. Si convoitée et vite oubliée à l’orée de cette journée. Car celle-ci ne lui appartenait pas, se dédiait à une autre amie l’ayant encombré de promesses. Il avait laissé Maxine trop brutalement derrière lui lorsqu'il était parti pour 2016, faible des pulsions l’y ayant mené. Il espérait faire vite mais Daphné eut toujours su accaparer son temps. A son retour il pensa Maxine déjà partie, ne lui en aurait pas même voulu de ne pas avoir attendu. Plus encore alors que quelques jours étaient devenus des semaines, et qu’il l’avait sans considération laissée seule au seuil d’une boucle étrangère. Les histoires se répétaient comme ses mauvaises habitudes, sans jamais le ramener à l’évidence qu’il put mal s’y prendre.
     Il sut seulement se planter devant sa porte, y frapper avec conviction pour acheter son pardon. Le bruit des coups rompit le calme des couloirs, aussi tranchant que les bombes fendaient leurs nuits. Il était enjoué, aussi impatient qu'un enfant. Il n'avait jamais su tenir ses promesses, et aussi futile puisse être celle à tenir aujourd’hui, il se sentit fier de pouvoir la soustraire à sa liste de tâches à remplir. Un poids de moins faisant étalage des nombreuses promesses accumulées au long de toutes ces années.
     Il se redressa lorsque la porte s’ouvrit, couvert d’une courtoisie qu’il se connaissait mal, et tout à la fois dispensé d’un « bonjour ».
« J’ai une surprise pour toi », sut-il simplement dire.

     La voiture les attendait dehors, la carrosserie soufflée de poussière.
« Une Ford modèle C. »
     Si elle put comprendre de quoi il parlait.
« Je pensais t’emmener conduire plus loin, à quelques kilomètres. En campagne tu auras moins de risque de… renverser quelqu’un. » Même s’il s'inquiéta bien plus de sa propre survie que de celle d’un inconnu qui ne pourrait rester mort bien longtemps. Au moins aurait-elle peu de murs et de trottoirs contre lesquels se heurter.




TROUBLED PLAYER - “A desk is a dangerous place from which to view the world.” John Le Carré.
Revenir en haut Aller en bas
Maxine Thackeray

avatar
- Inventeuse Bavarde -
❧ Boucle Temporelle : Edimbourgh, 1873
❧ Particularité : Clairsentance
❧ Occupations : Inventeure et infirmière par intérim
❧ Miroir :
❧ Missives : 80
❧ Yeux de verre : 31
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Dim 25 Juin - 9:41

From now
1941 n’est…Pas exactement ce que j’imaginais. Je savais que c’était une boucle bien plus difficile à vivre que la mienne, hormis question climat, par la date qu’elle détenait. En pleine guerre mondiale, la seconde pour être précise. Dire que je n’aurais jamais pensé que des choses pareilles puissent avoir lieu. J’ai traversé des époques de guerres, sans pour autant y participer activement, le fait d’être une femme et relativement jeune avec cela à l’époque jouant en ma défaveur. Mais pour être honnête, je ne sais pas si j’aurais pu avancer dans ce genre de situations. Probablement pas, pas avec ma sensibilité accrue. Ici, ce n’est qu’un simulacre de guerre, un souvenir bloqué dans le temps réalisé dans l’urgence d’aider les Syndrigastis. Un souvenir dans lequel ses habitants ont appris à vivre.

J’espérais que Clarence me montrerais comment m’adapter à cet univers radicalement différent de celui que je connais, me donnant des trucs et astuces, à l’instar de ce que j’ai pu faire quand je l’ai rencontré pour la première fois en 1873. Le destin en décida autrement puisque, après quelques jours seulement de ma présence ici, le voilà qui disparaissait pour une autre boucle. J’aurais pu le suivre, aller découvrir cette boucle d’autant plus avancée technologiquement…Je n’en fis rien. Il ne me l’a pas proposé, certainement a-t-il des choses à régler là-bas qui ne nécessite pas qu’il s’encombre d’une inventeuse trop avide de nouveauté en plus. Cependant, qu’il ne laisse même pas de mot d’explication, de date de retour ou ce genre de chose me reste un peu en travers de la gorge. Malgré tout, je ne suis pas du genre rancunier, alors je doute que je puisse réellement lui en vouloir longtemps.

Alors, attendant son retour (et refusant de repartir dans ma boucle par pure fierté et surtout parce que j’avais encore tant à découvrir ici, je n’allais pas partir ainsi), j’ai navigué dans les livres divers et variés que je pouvais trouver, cherchant à en savoir plus sur cette époque, sur cette guerre qui a titillée ma curiosité depuis que Clarence m’a fait lire cette radio. Cette émotion mutante mais d’une force difficilement comparable à d’autres. Je voulais en savoir plus, comprendre un peu mieux ce qui pouvait provoque cela chez les gens, dans ces cœurs meurtris par les combats et les pertes. Peut-être aurai-je du m’en abstenir. Plus mes yeux avalaient les lignes des livres d’Histoire, plus ils s’embuaient de larmes. Comment pouvait-on en être arrivé là ? Comment ? Je comprenais mieux la réticence de mon ami à parler de son époque d’origine, de cette guerre. Je me suis vite penchée sur d’autres ouvrages, plus dans mes cordes, sur les avancées et l’ingénierie dont cette époque a fait preuve. Quelques ouvrages de médecine aussi, mon idée de pouvoir servir d’infirmière voir de médecin n’e m’ayant pas quittée depuis toutes ces années.

Ce fut durant la lecture d’un de ces ouvrages, un carnet de note ouvert à côté de moi, que j’entendis des coups sur la porte. Intriguée (qui pouvait bien venir me voir moi ?), je marquais la page avec mon crayon à papier et alla ouvrir la porte. Quelle ne fut pas surprise, et ma joie, de voir Clarence de l’autre côté. Je n’eus pas le temps de dire un mot qu’il m’attirait déjà dehors avec un mot tout simple : surprise. Je n’ai jamais pu résister à l’idée de découvrir quelque chose jamais. Alors forcément, je l’ai suivi. Ce que je vis me fit faire un arrêt net et ouvrir de grands yeux. Une auto ! Une véritable auto ! Mon esprit bouillonnait déjà de pouvoir étudier ce petit bijou de modernité. Certes, nous avions quelques autos à mon époque, mais rien à voir avec celle que j’avais devant les yeux. Je m’approche, en faisant le tour pour l’observer sous toutes les coutures. Clarence parle et je l’écoute d’une oreille distraite, d’où le fait qu’il me faut plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il vient de dire et je me redresse alors, les yeux ronds, mon sourire se faisant immense sur mon visage alors que je reviens vers lui.

"Tu m’apprendrais à conduire ? Vraiment ?" je ne peux m’en empêcher, bien que sachant qu’il n’est pas un grand amateur de contact physique, mais je ne peux pas contenir mon allégresse en cet instant, qu’il m’excuse, je le prends dans mes bras "Merci Clarence !"

Je le lâche assez vite cependant, et vais vers la porte côté passager de la voiture. Je me doute bien que ce n’est pas moi qui vais nous conduire sur le lieu de l’entraînement, après tout.
avengedinchains


Revenir en haut Aller en bas
 
From now ◭ ft. Maxine
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Maxine Waters kont eleksyon yo.
» Maxine Waters ap mande kongrè meriken pou efase dèt Ayiti yo.
» valerie maxine zahra watson ► sierra kusterbeck
» No Place For Losers IV
» Alexandra Maxine Shepherd ► Pixie Lott

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Ailleurs-