AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 From now ◭ ft. Maxine

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Clarence F. Bannerman

avatar
- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Miroir :
❧ Missives : 414
❧ Yeux de verre : 86
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: From now ◭ ft. Maxine   Mar 6 Juin - 18:30


From now
Maxine & Clarence

      Il avait ramené avec lui l’humidité matinale de Londres, enveloppé de fraîcheur comme ses rues au petit matin. Son manteau était froid, le cuir de ses chaussures ciré par la rosée. En milliers de perles elle remontait le bout de ses souliers pour s’arrêter à l’extrémité de leurs empeignes, teintant leur surface de deux tâches brunes. Une course folle et futile. Le jour en devenir s’apprêtait à les sécher, alors que la nuit déjà reviendrait les chercher.
     Clarence avait disparu dans Londres bien avant le renouvellement de la boucle, fuyant 9h00 comme s’il eut à contrarier le fantôme des femmes levées à l’aurore. Il respirait une dernière fois la poussière des décombres, écoutait les flammes crépiter plus loin comme des papier que l’on froisse. Ses pas s’étaient faits lents, perdus entre la brume et les bénédictions des Londoniens. La nuit avait été rude, longue et sombre comme à chaque fois. L’aube leur faisait miroiter un espoir, et ils ne purent jamais y goûter plus d’un moment. Bien vite les prémices de cette journée macabre s’effacèrent, remontées comme une horloge jusqu’à leur ignorance. Le jour commença à l’heure même du précédent, peu après le lever du soleil et longtemps avant. Clarence eut chaque fois le réflexe de s’arrêter, par peur d’interrompre le cheminement arrière de tous ces évènements. Le ciel se distordait, les bombes rendues à lui-même, la journée revint, la pluie aussi. Trop rapidement pour la saisir, et elle semblait chaque fois l’effleurer de trop près. Le présent fuyait, ou fût-il le futur, familier et embrasé pour récupérer le calme d’une autre matinée. Les corps faisaient marche arrière, les syllabes remises à l’envers dans des phrases qu’il leur faudrait à nouveau prononcer. Jusqu’à cette heure identique, revenue très vite après si peu de temps. Voilà une chose dont il ne se lassait pas. Un cinéma arrière si rapide qu’il lui fallut chaque fois capturer ses images. A un endroit puis à un autre, et la vérité était qu’il avait depuis peu cessé de se lever pour le voir. Il s’était donné l’ordre d’une course ce matin-là, reprenant le pas une fois la magie terminée, le jour redevenu banal. L’homme de son passé avait encore des connaissances sur Londres, un concierge à qui il put chaque fois demander un service. Ce vieux voisin finissait par accepter, trop généreux et aveugle de toutes les demandes auxquelles il avait répondu en soixante-dix ans. Cette fois-ci dû-t-il prêter sa voiture. Une journée seulement, et il serait grassement payé contre son aide.

     Clarence revint aux Quartiers des Portes un sourire imbécile aux lèvres. Heureux depuis peu, depuis son retour. Depuis plus longtemps peut-être, mais il eut encore manqué une présence pour le satisfaire. Si convoitée et vite oubliée à l’orée de cette journée. Car celle-ci ne lui appartenait pas, se dédiait à une autre amie l’ayant encombré de promesses. Il avait laissé Maxine trop brutalement derrière lui lorsqu'il était parti pour 2016, faible des pulsions l’y ayant mené. Il espérait faire vite mais Daphné eut toujours su accaparer son temps. A son retour il pensa Maxine déjà partie, ne lui en aurait pas même voulu de ne pas avoir attendu. Plus encore alors que quelques jours étaient devenus des semaines, et qu’il l’avait sans considération laissée seule au seuil d’une boucle étrangère. Les histoires se répétaient comme ses mauvaises habitudes, sans jamais le ramener à l’évidence qu’il put mal s’y prendre.
     Il sut seulement se planter devant sa porte, y frapper avec conviction pour acheter son pardon. Le bruit des coups rompit le calme des couloirs, aussi tranchant que les bombes fendaient leurs nuits. Il était enjoué, aussi impatient qu'un enfant. Il n'avait jamais su tenir ses promesses, et aussi futile puisse être celle à tenir aujourd’hui, il se sentit fier de pouvoir la soustraire à sa liste de tâches à remplir. Un poids de moins faisant étalage des nombreuses promesses accumulées au long de toutes ces années.
     Il se redressa lorsque la porte s’ouvrit, couvert d’une courtoisie qu’il se connaissait mal, et tout à la fois dispensé d’un « bonjour ».
« J’ai une surprise pour toi », sut-il simplement dire.

     La voiture les attendait dehors, la carrosserie soufflée de poussière.
« Une Ford modèle C. »
     Si elle put comprendre de quoi il parlait.
« Je pensais t’emmener conduire plus loin, à quelques kilomètres. En campagne tu auras moins de risque de… renverser quelqu’un. » Même s’il s'inquiéta bien plus de sa propre survie que de celle d’un inconnu qui ne pourrait rester mort bien longtemps. Au moins aurait-elle peu de murs et de trottoirs contre lesquels se heurter.




TROUBLED PLAYER - “A desk is a dangerous place from which to view the world.” John Le Carré.
Revenir en haut Aller en bas
Maxine Thackeray

avatar
- Inventeuse Bavarde -
❧ Boucle Temporelle : Edimbourgh, 1873
❧ Particularité : Clairsentance
❧ Occupations : Inventeure et infirmière par intérim
❧ Miroir :
❧ Missives : 84
❧ Yeux de verre : 32
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Dim 25 Juin - 9:41

From now
1941 n’est…Pas exactement ce que j’imaginais. Je savais que c’était une boucle bien plus difficile à vivre que la mienne, hormis question climat, par la date qu’elle détenait. En pleine guerre mondiale, la seconde pour être précise. Dire que je n’aurais jamais pensé que des choses pareilles puissent avoir lieu. J’ai traversé des époques de guerres, sans pour autant y participer activement, le fait d’être une femme et relativement jeune avec cela à l’époque jouant en ma défaveur. Mais pour être honnête, je ne sais pas si j’aurais pu avancer dans ce genre de situations. Probablement pas, pas avec ma sensibilité accrue. Ici, ce n’est qu’un simulacre de guerre, un souvenir bloqué dans le temps réalisé dans l’urgence d’aider les Syndrigastis. Un souvenir dans lequel ses habitants ont appris à vivre.

J’espérais que Clarence me montrerais comment m’adapter à cet univers radicalement différent de celui que je connais, me donnant des trucs et astuces, à l’instar de ce que j’ai pu faire quand je l’ai rencontré pour la première fois en 1873. Le destin en décida autrement puisque, après quelques jours seulement de ma présence ici, le voilà qui disparaissait pour une autre boucle. J’aurais pu le suivre, aller découvrir cette boucle d’autant plus avancée technologiquement…Je n’en fis rien. Il ne me l’a pas proposé, certainement a-t-il des choses à régler là-bas qui ne nécessite pas qu’il s’encombre d’une inventeuse trop avide de nouveauté en plus. Cependant, qu’il ne laisse même pas de mot d’explication, de date de retour ou ce genre de chose me reste un peu en travers de la gorge. Malgré tout, je ne suis pas du genre rancunier, alors je doute que je puisse réellement lui en vouloir longtemps.

Alors, attendant son retour (et refusant de repartir dans ma boucle par pure fierté et surtout parce que j’avais encore tant à découvrir ici, je n’allais pas partir ainsi), j’ai navigué dans les livres divers et variés que je pouvais trouver, cherchant à en savoir plus sur cette époque, sur cette guerre qui a titillée ma curiosité depuis que Clarence m’a fait lire cette radio. Cette émotion mutante mais d’une force difficilement comparable à d’autres. Je voulais en savoir plus, comprendre un peu mieux ce qui pouvait provoque cela chez les gens, dans ces cœurs meurtris par les combats et les pertes. Peut-être aurai-je du m’en abstenir. Plus mes yeux avalaient les lignes des livres d’Histoire, plus ils s’embuaient de larmes. Comment pouvait-on en être arrivé là ? Comment ? Je comprenais mieux la réticence de mon ami à parler de son époque d’origine, de cette guerre. Je me suis vite penchée sur d’autres ouvrages, plus dans mes cordes, sur les avancées et l’ingénierie dont cette époque a fait preuve. Quelques ouvrages de médecine aussi, mon idée de pouvoir servir d’infirmière voir de médecin n’e m’ayant pas quittée depuis toutes ces années.

Ce fut durant la lecture d’un de ces ouvrages, un carnet de note ouvert à côté de moi, que j’entendis des coups sur la porte. Intriguée (qui pouvait bien venir me voir moi ?), je marquais la page avec mon crayon à papier et alla ouvrir la porte. Quelle ne fut pas surprise, et ma joie, de voir Clarence de l’autre côté. Je n’eus pas le temps de dire un mot qu’il m’attirait déjà dehors avec un mot tout simple : surprise. Je n’ai jamais pu résister à l’idée de découvrir quelque chose jamais. Alors forcément, je l’ai suivi. Ce que je vis me fit faire un arrêt net et ouvrir de grands yeux. Une auto ! Une véritable auto ! Mon esprit bouillonnait déjà de pouvoir étudier ce petit bijou de modernité. Certes, nous avions quelques autos à mon époque, mais rien à voir avec celle que j’avais devant les yeux. Je m’approche, en faisant le tour pour l’observer sous toutes les coutures. Clarence parle et je l’écoute d’une oreille distraite, d’où le fait qu’il me faut plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il vient de dire et je me redresse alors, les yeux ronds, mon sourire se faisant immense sur mon visage alors que je reviens vers lui.

"Tu m’apprendrais à conduire ? Vraiment ?" je ne peux m’en empêcher, bien que sachant qu’il n’est pas un grand amateur de contact physique, mais je ne peux pas contenir mon allégresse en cet instant, qu’il m’excuse, je le prends dans mes bras "Merci Clarence !"

Je le lâche assez vite cependant, et vais vers la porte côté passager de la voiture. Je me doute bien que ce n’est pas moi qui vais nous conduire sur le lieu de l’entraînement, après tout.
avengedinchains


Revenir en haut Aller en bas
Clarence F. Bannerman

avatar
- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Miroir :
❧ Missives : 414
❧ Yeux de verre : 86
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Ven 30 Juin - 0:56


From now
Maxine & Clarence

« Je te l’ai promis, non ? »
     Il en était fier de cette promesse, souriant comme un enfant dont on avait flatté l’égo, l’échine dressée en attendant sa récompense. Il la réalisait pour elle et semblait l’avoir fait pour lui, avide pourtant, de la joie qui put illuminer le visage de Maxine ; dévoiler ses dents d’un sourire qu’il adorait contempler. Il n’expliquait jamais s’ils furent offert en remerciements, ou simplement déliés par l’euphorie qu’elle avait à découvrir de nouveaux jouets. Une fois dans son atelier, affairée à l’autopsie de ces corps faits de boulons et d’huile, il n’y eut rien capable de la ramener à lui. Elle oubliait ses mots, les entendait lorsqu’ils gagnèrent son intérêt, et l’idée de disparaître aussi simplement devant elle amusait Clarence. Lui plaisait, car il put l’observer travailler et chaque fois s’étonner du monde dans lequel elle se laissait happer. Il l’écoutait parler, et le flux de ses mots sembla parfois être adressé à quelqu’un d’autre. Il hochait la tête lorsqu’il fut nécessaire, et gagnait dans cette conversation sourde, le calme d’une pièce dans laquelle il se laissait bercer par ses mots. Il l’achetait, sans moins de remords que lorsqu’il l’avait laissée seule dans boucle à l’intérieur de laquelle il l’avait entraînée. Peut-être l’appréciait-elle vraiment, ou fût-elle assez stupide pour attendre le retour qu’il lui avait promis. Ils n’eurent jamais assez d’intimité pour qu’elle comprenne que ses promesses furent chaque fois difficiles à tenir. Jamais assez de conversations, pour espérer se connaître vraiment. Il pensait que ce fût là les fondements de leur amitié, se satisfaire de ce qu’ils eurent à échanger. Elle le surprenait chaque fois, bien qu’il douta pouvoir faire aussi bien. Certainement ce matin-là, en accueillant docilement son étreinte. Il s’était attendu à ses excès de joie, les avait si avidement cherchés que chacun d’eux réconfortèrent l’égo de l’enfant. Il avait même hésité à lui offrir un bras, si violemment attrapé et délaissé qu’il s’était contenté de froncer les sourcils en l’observant disparaître. Il la rejoint dans l’habitacle un sourire amusé aux lèvres. La porte avait claqué et il avait simplement déclaré :
« Je vois que tu sais déjà où t’asseoir. »
     La remarque idiote, et elle s’était installée si rapidement à son siège qu’il n’avait pu s’en empêcher.
« Je vais te montrer les commandes en même temps qu'on roule. »
     S’il s’en souvenait. Il craint soudain de ne plus se rappeler de chacune d’entre elles, déjà fébrile lorsqu’il avait dû traverser Londres pour lui ramener la Ford. Il n’avait plus touché le cuir d’un volant depuis des dizaines d’années, et la pression nouvelle d’un regard impatient n'arrangea rien. Il glissa une main sur sa cuisse, levant un doigt sur chaque pédale sans savoir ce qu’elle eut déjà appris. Il insistait sur la pédale de frein, presque ridicule à force de lui rappeler. La voiture se mit alors à gronder sous leurs pieds, signant d’un ronronnement le début de cette virée.

     Il n’était plus allé hors de Londres depuis bien longtemps. Il haïssait la campagne depuis qu’il était jeune, depuis toujours bancal dans ces horizons vides et silencieuses. Ses parents l’y emmenaient comme l’on promène son chien, traînant derrière eux un enfant muni d’un bâton avec lequel il grattait frénétiquement la terre. Il creusait ses tranchées dans le sillage de leurs balades, les pieds frottés au sol comme s’il voulut faire exprès de tomber, se trouver quelques maux pour rentrer. Londres était déjà devenue une femme à qui jurer fidélité, une maîtresse dont il n’eut pas l’âge, mais les voyages l’intéressaient peu. Il y emmenait Maxine avec plus d’entrain qu’il n’en avait montré jusque-là, convoitant presque ces routes escarpées comme les chemins d’un grand voyage. Il savait que les terres labourées lui déplairaient, tout autant que la nudité d’un lieu que l’homme avait laissé vierge. Son idée s’était nourrie de sa peur, sa conviction que Maxine put être dangereuse au volant, et plus profondément d’un sentiment de honte face au Londres qu’il lui avait vendu dans la plus belle de ses formes. Il avait caché certains de ses aspects à Maxine, par peur que les détails de son monde ne lui fassent peur. Il ne mentionnait pas la Guerre par omission, et pour un homme qui ne sut parler autrement qu’à travers elle, l’on crut presque en l’entendant raconter son époque à Maxine, qu’elle n’était qu’une infime partie de ce que 1941 avait à offrir. Si elle n’en avait pas parlé, certainement l’avait elle fait par pudeur. Il fût impossible de ne pas sentir cette guerre en plus de la voir. Elle s’accrochait aux chevilles et aux gorges de ceux qui la côtoyaient, cette vile amante tourmentée, implorant une étreinte qui puisse l’apaiser. Elle rognait les bordures de Londres mais ne s’en éloignait jamais, presque inexistante là où Clarence les emmenait. Là-bas les ruines disparaissaient, l’air encore pur et sans poussière. Il n’y eut rien que les missiles purent grignoter en campagnes – pas assez de chaire, ni assez de béton ; alors se contentaient-ils de bouder les vastes prés sur lesquels s’étendaient de jeunes pousses. Vertes et dérobées par milliers aux confins de l’horizon, elles se faisaient avaler à mesure que de grands nuages sombres déteignaient sur le ciel. Clarence s’arrêta avant de les atteindre, redoutant leur arrivée depuis qu’il s’était levé, et ils le narguèrent déjà au loin en battant l’air.

« Bien, tu te sens prête ? »
     Il n’avait pas attendu sa réponse et avait ouvert la portière du côté conducteur. La chaleur humide s’engouffra d’une moiteur trouble à l’intérieur du véhicule, guidée par un faible vent faisant danser les pans de son manteau.
« Maxine, cela m’embête de te poser la question mais te sens-tu vraiment capable de conduire avec ta prothèse ? »
     Sa question trancha l’air d’une humeur glaciale. Il s’était pincé les lèvres après l’avoir prononcée, presque gêné et il ne put s’empêcher d’en être inquiet. Certainement aurait-elle préférée avoir gardé ce secret, et combien de temps espérait-elle vraiment le lui cacher ? S’il ne lui avait posé aucune question, c’est parce qu’il ne supporta jamais entendre celles concernant l'intérieur de ses mains. Comme s’il fût un problème semblable, il demeura placide et rassurant, à l’image d’une réaction qu’il préférait recevoir, et s’était gardé pour lui seul le frisson de cette découverte. Le temps avait ensuite manqué, la conversation éteinte dans l’œuf par d’autres sujets et enfin son départ, et qu’aurait-il finalement su dire à ça ?
« Je préférerais que tu appuies sur mon pied comme tu le ferais sur la pédale, juste pour m’assurer que tu en es capable. »
     Il aurait souri, cela aurait sonné faux. Il préféra dès lors prendre les devants et s’approcher près d’elle pour qu’elle exécute sa demande.




TROUBLED PLAYER - “A desk is a dangerous place from which to view the world.” John Le Carré.
Revenir en haut Aller en bas
Maxine Thackeray

avatar
- Inventeuse Bavarde -
❧ Boucle Temporelle : Edimbourgh, 1873
❧ Particularité : Clairsentance
❧ Occupations : Inventeure et infirmière par intérim
❧ Miroir :
❧ Missives : 84
❧ Yeux de verre : 32
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Mer 2 Aoû - 10:18

From now
Un éclat de rire quitte ma gorge alors qu’il commente. Que croit-il au juste, que je ne sais pas ce qu’est une auto ? Ou bien que la connaissance théorique de fait pas la pratique. Ce dernier point, il n’aurait pas faux et je suis particulièrement bien placée pour savoir que la théorie connue ne veut pas dire une pratique réussie.

"Tu sais, j’ai déjà vu des autos, pas aussi sophistiquées, certes, mais je sais encore comprendre où doit se trouver le passager." Dis-je, ma bonne humeur incapable de me quitter en cet instant.

Je hoche la tête et observe alors les commandes, ses oreilles et sa mémoire sont grandes ouvertes pour recevoir toutes ces informations qu’il lui fournit. Pourtant, plus d’une fois, mon regard se perd à travers les vitres, pour observer le paysage qui défile sous mes yeux, se transformant de la terre désolée et brûlée, à vif, qu’est la grand Londre à ces paysages presque paisibles de la campagne anglaise. Ce contraste me laisse une impression de faux, comme s’il était difficile de croire que pendant cette horrible, horrible guerre il put y avoir un quelconque espace de paix. Comme si j’avais débarqué dans un décor factice, pour le cinéma très probablement (il faudrait que j’étudie un peu plus cette histoire d’ailleurs, ça a l’air fascinant), ou le théâtre en plein air. Pourtant, je ne peux nier apprécier de voir quelque chose qui ressemble un peu plus à ce que je connais, bien loin des combats et des bombes. Néanmoins, le bruit des avions passant au-dessus de nos têtes est difficilement oubliable, même si ce ne sont probablement que des avions de reconnaissance, là pour observer la situation et donner les prochains endroits à bombarder. Certes, ça ne changera rien pour les Syndrgastis et les Ymbrynes de cette boucle, puisque tout se renouvelle à l’heure donnée.

Bien assez vite, nous arrivons à l’endroit où Clarence compte me faire conduire, m’apprendre, vraiment et je ne peux contenir mon excitation à cette nouvelle découverte. Sa question me tire un rire entre nervosité et excitation. Bien sûr que je suis prête ! Je lui transmets cependant mon affirmative d’un mouvement de tête enthousiaste quand je retrouve son regard, une fois sortie du véhicule. Mon sourire se figea, crispé, à sa question et mon regard se fait plus dur. Je sais que, quelque part, je ne peux pas lui en vouloir de me poser une telle question, mais je ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise à cette notion. Le premier mot qui me vient en pensant à cette question est « goujat », mais il est en droit de faire une telle demande et c’est pour cette raison que, en silence, je m’exécute, appuyant avec peut-être un peu plus de force que strictement nécessaire sur son pied, par vengeance puérile. Si je pensais, au départ, ne pas faire de commentaire, je ne pus me résoudre à garder le silence, finalement.

"La prochaine fois, je te demanderais de ne pas questionner mes capacités quant à ma jambe. Je connais mes limites, et si je n’avais pas pu faire le nécessaire pour conduire, je te l’aurais dit dès que tu as commencé à parler des pédales. Je suis certes une enthousiaste érudite, mais pas folle pour autant. Tâche de t’en souvenir."

Sur ces quelques mots peut-être non nécessaires mais qui permettaient de poser des bases entre nous à propos de ce secret, si bien gardé jusque-là, je remonte dans la voiture côté conducteur. Je sais encore faire la différence entre ce que je peux ou ne peux pas faire. Certes, je ne suis pas aussi agile que d’autres avec ma jambe de bois, mais pour appuyer sur une pédale, tout va bien. J’utilise une machine à coudre régulièrement, par ailleurs, chose compliqué si je ne pouvais pas appuyer sur une pédale, n’est-ce pas ?

"Bien, j’ai une question…J’ai bien compris le principe des trois pédales mais…pourquoi s’être embêté de trois pédales ? Je veux dire, déjà nous n’avons que deux pieds, mais en plus, une fois que nous avons l’accélérateur et le frein, pourquoi avoir rajouté une pédale en plus ?"

Peut-être qu’après dissection de cet engin je comprendrais mieux, mais s’il pouvait déjà m’apporter un début de réponse, je n’en serais que plus heureuse. L’incident d’il y a un instant déjà oublié.
avengedinchains


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   

Revenir en haut Aller en bas
 
From now ◭ ft. Maxine
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Maxine Waters kont eleksyon yo.
» Maxine Waters ap mande kongrè meriken pou efase dèt Ayiti yo.
» No Place For Losers IV
» Alexandra Maxine Shepherd ► Pixie Lott
» Une copine, tu te fou de moi ? ♠ Maxine&Olympe

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Ailleurs-