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 From now ◭ ft. Maxine

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Clarence F. Bannerman

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- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
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❧ Missives : 428
❧ Yeux de verre : 91
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: From now ◭ ft. Maxine   Mar 6 Juin - 18:30


From now
Maxine & Clarence

      Il avait ramené avec lui l’humidité matinale de Londres, enveloppé de fraîcheur comme ses rues au petit matin. Son manteau était froid, le cuir de ses chaussures ciré par la rosée. En milliers de perles elle remontait le bout de ses souliers pour s’arrêter à l’extrémité de leurs empeignes, teintant leur surface de deux tâches brunes. Une course folle et futile. Le jour en devenir s’apprêtait à les sécher, alors que la nuit déjà reviendrait les chercher.
     Clarence avait disparu dans Londres bien avant le renouvellement de la boucle, fuyant 9h00 comme s’il eut à contrarier le fantôme des femmes levées à l’aurore. Il respirait une dernière fois la poussière des décombres, écoutait les flammes crépiter plus loin comme des papier que l’on froisse. Ses pas s’étaient faits lents, perdus entre la brume et les bénédictions des Londoniens. La nuit avait été rude, longue et sombre comme à chaque fois. L’aube leur faisait miroiter un espoir, et ils ne purent jamais y goûter plus d’un moment. Bien vite les prémices de cette journée macabre s’effacèrent, remontées comme une horloge jusqu’à leur ignorance. Le jour commença à l’heure même du précédent, peu après le lever du soleil et longtemps avant. Clarence eut chaque fois le réflexe de s’arrêter, par peur d’interrompre le cheminement arrière de tous ces évènements. Le ciel se distordait, les bombes rendues à lui-même, la journée revint, la pluie aussi. Trop rapidement pour la saisir, et elle semblait chaque fois l’effleurer de trop près. Le présent fuyait, ou fût-il le futur, familier et embrasé pour récupérer le calme d’une autre matinée. Les corps faisaient marche arrière, les syllabes remises à l’envers dans des phrases qu’il leur faudrait à nouveau prononcer. Jusqu’à cette heure identique, revenue très vite après si peu de temps. Voilà une chose dont il ne se lassait pas. Un cinéma arrière si rapide qu’il lui fallut chaque fois capturer ses images. A un endroit puis à un autre, et la vérité était qu’il avait depuis peu cessé de se lever pour le voir. Il s’était donné l’ordre d’une course ce matin-là, reprenant le pas une fois la magie terminée, le jour redevenu banal. L’homme de son passé avait encore des connaissances sur Londres, un concierge à qui il put chaque fois demander un service. Ce vieux voisin finissait par accepter, trop généreux et aveugle de toutes les demandes auxquelles il avait répondu en soixante-dix ans. Cette fois-ci dû-t-il prêter sa voiture. Une journée seulement, et il serait grassement payé contre son aide.

     Clarence revint aux Quartiers des Portes un sourire imbécile aux lèvres. Heureux depuis peu, depuis son retour. Depuis plus longtemps peut-être, mais il eut encore manqué une présence pour le satisfaire. Si convoitée et vite oubliée à l’orée de cette journée. Car celle-ci ne lui appartenait pas, se dédiait à une autre amie l’ayant encombré de promesses. Il avait laissé Maxine trop brutalement derrière lui lorsqu'il était parti pour 2016, faible des pulsions l’y ayant mené. Il espérait faire vite mais Daphné eut toujours su accaparer son temps. A son retour il pensa Maxine déjà partie, ne lui en aurait pas même voulu de ne pas avoir attendu. Plus encore alors que quelques jours étaient devenus des semaines, et qu’il l’avait sans considération laissée seule au seuil d’une boucle étrangère. Les histoires se répétaient comme ses mauvaises habitudes, sans jamais le ramener à l’évidence qu’il put mal s’y prendre.
     Il sut seulement se planter devant sa porte, y frapper avec conviction pour acheter son pardon. Le bruit des coups rompit le calme des couloirs, aussi tranchant que les bombes fendaient leurs nuits. Il était enjoué, aussi impatient qu'un enfant. Il n'avait jamais su tenir ses promesses, et aussi futile puisse être celle à tenir aujourd’hui, il se sentit fier de pouvoir la soustraire à sa liste de tâches à remplir. Un poids de moins faisant étalage des nombreuses promesses accumulées au long de toutes ces années.
     Il se redressa lorsque la porte s’ouvrit, couvert d’une courtoisie qu’il se connaissait mal, et tout à la fois dispensé d’un « bonjour ».
« J’ai une surprise pour toi », sut-il simplement dire.

     La voiture les attendait dehors, la carrosserie soufflée de poussière.
« Une Ford modèle C. »
     Si elle put comprendre de quoi il parlait.
« Je pensais t’emmener conduire plus loin, à quelques kilomètres. En campagne tu auras moins de risque de… renverser quelqu’un. » Même s’il s'inquiéta bien plus de sa propre survie que de celle d’un inconnu qui ne pourrait rester mort bien longtemps. Au moins aurait-elle peu de murs et de trottoirs contre lesquels se heurter.




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Maxine Thackeray

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❧ Boucle Temporelle : Edimbourgh, 1873
❧ Particularité : Clairsentance
❧ Occupations : Inventeure et infirmière par intérim
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MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Dim 25 Juin - 9:41

From now
1941 n’est…Pas exactement ce que j’imaginais. Je savais que c’était une boucle bien plus difficile à vivre que la mienne, hormis question climat, par la date qu’elle détenait. En pleine guerre mondiale, la seconde pour être précise. Dire que je n’aurais jamais pensé que des choses pareilles puissent avoir lieu. J’ai traversé des époques de guerres, sans pour autant y participer activement, le fait d’être une femme et relativement jeune avec cela à l’époque jouant en ma défaveur. Mais pour être honnête, je ne sais pas si j’aurais pu avancer dans ce genre de situations. Probablement pas, pas avec ma sensibilité accrue. Ici, ce n’est qu’un simulacre de guerre, un souvenir bloqué dans le temps réalisé dans l’urgence d’aider les Syndrigastis. Un souvenir dans lequel ses habitants ont appris à vivre.

J’espérais que Clarence me montrerais comment m’adapter à cet univers radicalement différent de celui que je connais, me donnant des trucs et astuces, à l’instar de ce que j’ai pu faire quand je l’ai rencontré pour la première fois en 1873. Le destin en décida autrement puisque, après quelques jours seulement de ma présence ici, le voilà qui disparaissait pour une autre boucle. J’aurais pu le suivre, aller découvrir cette boucle d’autant plus avancée technologiquement…Je n’en fis rien. Il ne me l’a pas proposé, certainement a-t-il des choses à régler là-bas qui ne nécessite pas qu’il s’encombre d’une inventeuse trop avide de nouveauté en plus. Cependant, qu’il ne laisse même pas de mot d’explication, de date de retour ou ce genre de chose me reste un peu en travers de la gorge. Malgré tout, je ne suis pas du genre rancunier, alors je doute que je puisse réellement lui en vouloir longtemps.

Alors, attendant son retour (et refusant de repartir dans ma boucle par pure fierté et surtout parce que j’avais encore tant à découvrir ici, je n’allais pas partir ainsi), j’ai navigué dans les livres divers et variés que je pouvais trouver, cherchant à en savoir plus sur cette époque, sur cette guerre qui a titillée ma curiosité depuis que Clarence m’a fait lire cette radio. Cette émotion mutante mais d’une force difficilement comparable à d’autres. Je voulais en savoir plus, comprendre un peu mieux ce qui pouvait provoque cela chez les gens, dans ces cœurs meurtris par les combats et les pertes. Peut-être aurai-je du m’en abstenir. Plus mes yeux avalaient les lignes des livres d’Histoire, plus ils s’embuaient de larmes. Comment pouvait-on en être arrivé là ? Comment ? Je comprenais mieux la réticence de mon ami à parler de son époque d’origine, de cette guerre. Je me suis vite penchée sur d’autres ouvrages, plus dans mes cordes, sur les avancées et l’ingénierie dont cette époque a fait preuve. Quelques ouvrages de médecine aussi, mon idée de pouvoir servir d’infirmière voir de médecin n’e m’ayant pas quittée depuis toutes ces années.

Ce fut durant la lecture d’un de ces ouvrages, un carnet de note ouvert à côté de moi, que j’entendis des coups sur la porte. Intriguée (qui pouvait bien venir me voir moi ?), je marquais la page avec mon crayon à papier et alla ouvrir la porte. Quelle ne fut pas surprise, et ma joie, de voir Clarence de l’autre côté. Je n’eus pas le temps de dire un mot qu’il m’attirait déjà dehors avec un mot tout simple : surprise. Je n’ai jamais pu résister à l’idée de découvrir quelque chose jamais. Alors forcément, je l’ai suivi. Ce que je vis me fit faire un arrêt net et ouvrir de grands yeux. Une auto ! Une véritable auto ! Mon esprit bouillonnait déjà de pouvoir étudier ce petit bijou de modernité. Certes, nous avions quelques autos à mon époque, mais rien à voir avec celle que j’avais devant les yeux. Je m’approche, en faisant le tour pour l’observer sous toutes les coutures. Clarence parle et je l’écoute d’une oreille distraite, d’où le fait qu’il me faut plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il vient de dire et je me redresse alors, les yeux ronds, mon sourire se faisant immense sur mon visage alors que je reviens vers lui.

"Tu m’apprendrais à conduire ? Vraiment ?" je ne peux m’en empêcher, bien que sachant qu’il n’est pas un grand amateur de contact physique, mais je ne peux pas contenir mon allégresse en cet instant, qu’il m’excuse, je le prends dans mes bras "Merci Clarence !"

Je le lâche assez vite cependant, et vais vers la porte côté passager de la voiture. Je me doute bien que ce n’est pas moi qui vais nous conduire sur le lieu de l’entraînement, après tout.
avengedinchains


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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Ven 30 Juin - 0:56


From now
Maxine & Clarence

« Je te l’ai promis, non ? »
     Il en était fier de cette promesse, souriant comme un enfant dont on avait flatté l’égo, l’échine dressée en attendant sa récompense. Il la réalisait pour elle et semblait l’avoir fait pour lui, avide pourtant, de la joie qui put illuminer le visage de Maxine ; dévoiler ses dents d’un sourire qu’il adorait contempler. Il n’expliquait jamais s’ils furent offert en remerciements, ou simplement déliés par l’euphorie qu’elle avait à découvrir de nouveaux jouets. Une fois dans son atelier, affairée à l’autopsie de ces corps faits de boulons et d’huile, il n’y eut rien capable de la ramener à lui. Elle oubliait ses mots, les entendait lorsqu’ils gagnèrent son intérêt, et l’idée de disparaître aussi simplement devant elle amusait Clarence. Lui plaisait, car il put l’observer travailler et chaque fois s’étonner du monde dans lequel elle se laissait happer. Il l’écoutait parler, et le flux de ses mots sembla parfois être adressé à quelqu’un d’autre. Il hochait la tête lorsqu’il fut nécessaire, et gagnait dans cette conversation sourde, le calme d’une pièce dans laquelle il se laissait bercer par ses mots. Il l’achetait, sans moins de remords que lorsqu’il l’avait laissée seule dans boucle à l’intérieur de laquelle il l’avait entraînée. Peut-être l’appréciait-elle vraiment, ou fût-elle assez stupide pour attendre le retour qu’il lui avait promis. Ils n’eurent jamais assez d’intimité pour qu’elle comprenne que ses promesses furent chaque fois difficiles à tenir. Jamais assez de conversations, pour espérer se connaître vraiment. Il pensait que ce fût là les fondements de leur amitié, se satisfaire de ce qu’ils eurent à échanger. Elle le surprenait chaque fois, bien qu’il douta pouvoir faire aussi bien. Certainement ce matin-là, en accueillant docilement son étreinte. Il s’était attendu à ses excès de joie, les avait si avidement cherchés que chacun d’eux réconfortèrent l’égo de l’enfant. Il avait même hésité à lui offrir un bras, si violemment attrapé et délaissé qu’il s’était contenté de froncer les sourcils en l’observant disparaître. Il la rejoint dans l’habitacle un sourire amusé aux lèvres. La porte avait claqué et il avait simplement déclaré :
« Je vois que tu sais déjà où t’asseoir. »
     La remarque idiote, et elle s’était installée si rapidement à son siège qu’il n’avait pu s’en empêcher.
« Je vais te montrer les commandes en même temps qu'on roule. »
     S’il s’en souvenait. Il craint soudain de ne plus se rappeler de chacune d’entre elles, déjà fébrile lorsqu’il avait dû traverser Londres pour lui ramener la Ford. Il n’avait plus touché le cuir d’un volant depuis des dizaines d’années, et la pression nouvelle d’un regard impatient n'arrangea rien. Il glissa une main sur sa cuisse, levant un doigt sur chaque pédale sans savoir ce qu’elle eut déjà appris. Il insistait sur la pédale de frein, presque ridicule à force de lui rappeler. La voiture se mit alors à gronder sous leurs pieds, signant d’un ronronnement le début de cette virée.

     Il n’était plus allé hors de Londres depuis bien longtemps. Il haïssait la campagne depuis qu’il était jeune, depuis toujours bancal dans ces horizons vides et silencieuses. Ses parents l’y emmenaient comme l’on promène son chien, traînant derrière eux un enfant muni d’un bâton avec lequel il grattait frénétiquement la terre. Il creusait ses tranchées dans le sillage de leurs balades, les pieds frottés au sol comme s’il voulut faire exprès de tomber, se trouver quelques maux pour rentrer. Londres était déjà devenue une femme à qui jurer fidélité, une maîtresse dont il n’eut pas l’âge, mais les voyages l’intéressaient peu. Il y emmenait Maxine avec plus d’entrain qu’il n’en avait montré jusque-là, convoitant presque ces routes escarpées comme les chemins d’un grand voyage. Il savait que les terres labourées lui déplairaient, tout autant que la nudité d’un lieu que l’homme avait laissé vierge. Son idée s’était nourrie de sa peur, sa conviction que Maxine put être dangereuse au volant, et plus profondément d’un sentiment de honte face au Londres qu’il lui avait vendu dans la plus belle de ses formes. Il avait caché certains de ses aspects à Maxine, par peur que les détails de son monde ne lui fassent peur. Il ne mentionnait pas la Guerre par omission, et pour un homme qui ne sut parler autrement qu’à travers elle, l’on crut presque en l’entendant raconter son époque à Maxine, qu’elle n’était qu’une infime partie de ce que 1941 avait à offrir. Si elle n’en avait pas parlé, certainement l’avait elle fait par pudeur. Il fût impossible de ne pas sentir cette guerre en plus de la voir. Elle s’accrochait aux chevilles et aux gorges de ceux qui la côtoyaient, cette vile amante tourmentée, implorant une étreinte qui puisse l’apaiser. Elle rognait les bordures de Londres mais ne s’en éloignait jamais, presque inexistante là où Clarence les emmenait. Là-bas les ruines disparaissaient, l’air encore pur et sans poussière. Il n’y eut rien que les missiles purent grignoter en campagnes – pas assez de chaire, ni assez de béton ; alors se contentaient-ils de bouder les vastes prés sur lesquels s’étendaient de jeunes pousses. Vertes et dérobées par milliers aux confins de l’horizon, elles se faisaient avaler à mesure que de grands nuages sombres déteignaient sur le ciel. Clarence s’arrêta avant de les atteindre, redoutant leur arrivée depuis qu’il s’était levé, et ils le narguèrent déjà au loin en battant l’air.

« Bien, tu te sens prête ? »
     Il n’avait pas attendu sa réponse et avait ouvert la portière du côté conducteur. La chaleur humide s’engouffra d’une moiteur trouble à l’intérieur du véhicule, guidée par un faible vent faisant danser les pans de son manteau.
« Maxine, cela m’embête de te poser la question mais te sens-tu vraiment capable de conduire avec ta prothèse ? »
     Sa question trancha l’air d’une humeur glaciale. Il s’était pincé les lèvres après l’avoir prononcée, presque gêné et il ne put s’empêcher d’en être inquiet. Certainement aurait-elle préférée avoir gardé ce secret, et combien de temps espérait-elle vraiment le lui cacher ? S’il ne lui avait posé aucune question, c’est parce qu’il ne supporta jamais entendre celles concernant l'intérieur de ses mains. Comme s’il fût un problème semblable, il demeura placide et rassurant, à l’image d’une réaction qu’il préférait recevoir, et s’était gardé pour lui seul le frisson de cette découverte. Le temps avait ensuite manqué, la conversation éteinte dans l’œuf par d’autres sujets et enfin son départ, et qu’aurait-il finalement su dire à ça ?
« Je préférerais que tu appuies sur mon pied comme tu le ferais sur la pédale, juste pour m’assurer que tu en es capable. »
     Il aurait souri, cela aurait sonné faux. Il préféra dès lors prendre les devants et s’approcher près d’elle pour qu’elle exécute sa demande.




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Maxine Thackeray

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MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Mer 2 Aoû - 10:18

From now
Un éclat de rire quitte ma gorge alors qu’il commente. Que croit-il au juste, que je ne sais pas ce qu’est une auto ? Ou bien que la connaissance théorique de fait pas la pratique. Ce dernier point, il n’aurait pas faux et je suis particulièrement bien placée pour savoir que la théorie connue ne veut pas dire une pratique réussie.

"Tu sais, j’ai déjà vu des autos, pas aussi sophistiquées, certes, mais je sais encore comprendre où doit se trouver le passager." Dis-je, ma bonne humeur incapable de me quitter en cet instant.

Je hoche la tête et observe alors les commandes, ses oreilles et sa mémoire sont grandes ouvertes pour recevoir toutes ces informations qu’il lui fournit. Pourtant, plus d’une fois, mon regard se perd à travers les vitres, pour observer le paysage qui défile sous mes yeux, se transformant de la terre désolée et brûlée, à vif, qu’est la grand Londre à ces paysages presque paisibles de la campagne anglaise. Ce contraste me laisse une impression de faux, comme s’il était difficile de croire que pendant cette horrible, horrible guerre il put y avoir un quelconque espace de paix. Comme si j’avais débarqué dans un décor factice, pour le cinéma très probablement (il faudrait que j’étudie un peu plus cette histoire d’ailleurs, ça a l’air fascinant), ou le théâtre en plein air. Pourtant, je ne peux nier apprécier de voir quelque chose qui ressemble un peu plus à ce que je connais, bien loin des combats et des bombes. Néanmoins, le bruit des avions passant au-dessus de nos têtes est difficilement oubliable, même si ce ne sont probablement que des avions de reconnaissance, là pour observer la situation et donner les prochains endroits à bombarder. Certes, ça ne changera rien pour les Syndrgastis et les Ymbrynes de cette boucle, puisque tout se renouvelle à l’heure donnée.

Bien assez vite, nous arrivons à l’endroit où Clarence compte me faire conduire, m’apprendre, vraiment et je ne peux contenir mon excitation à cette nouvelle découverte. Sa question me tire un rire entre nervosité et excitation. Bien sûr que je suis prête ! Je lui transmets cependant mon affirmative d’un mouvement de tête enthousiaste quand je retrouve son regard, une fois sortie du véhicule. Mon sourire se figea, crispé, à sa question et mon regard se fait plus dur. Je sais que, quelque part, je ne peux pas lui en vouloir de me poser une telle question, mais je ne peux m’empêcher de me sentir mal à l’aise à cette notion. Le premier mot qui me vient en pensant à cette question est « goujat », mais il est en droit de faire une telle demande et c’est pour cette raison que, en silence, je m’exécute, appuyant avec peut-être un peu plus de force que strictement nécessaire sur son pied, par vengeance puérile. Si je pensais, au départ, ne pas faire de commentaire, je ne pus me résoudre à garder le silence, finalement.

"La prochaine fois, je te demanderais de ne pas questionner mes capacités quant à ma jambe. Je connais mes limites, et si je n’avais pas pu faire le nécessaire pour conduire, je te l’aurais dit dès que tu as commencé à parler des pédales. Je suis certes une enthousiaste érudite, mais pas folle pour autant. Tâche de t’en souvenir."

Sur ces quelques mots peut-être non nécessaires mais qui permettaient de poser des bases entre nous à propos de ce secret, si bien gardé jusque-là, je remonte dans la voiture côté conducteur. Je sais encore faire la différence entre ce que je peux ou ne peux pas faire. Certes, je ne suis pas aussi agile que d’autres avec ma jambe de bois, mais pour appuyer sur une pédale, tout va bien. J’utilise une machine à coudre régulièrement, par ailleurs, chose compliqué si je ne pouvais pas appuyer sur une pédale, n’est-ce pas ?

"Bien, j’ai une question…J’ai bien compris le principe des trois pédales mais…pourquoi s’être embêté de trois pédales ? Je veux dire, déjà nous n’avons que deux pieds, mais en plus, une fois que nous avons l’accélérateur et le frein, pourquoi avoir rajouté une pédale en plus ?"

Peut-être qu’après dissection de cet engin je comprendrais mieux, mais s’il pouvait déjà m’apporter un début de réponse, je n’en serais que plus heureuse. L’incident d’il y a un instant déjà oublié.
avengedinchains


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MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Mar 29 Aoû - 14:51


From now
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     Il s’était attendu à voir s'éteindre son sourire, devinait presque l’instant où son regard s’assombrirait. Tel qu’elle le lui offrit, et dans ses variantes les moins clémentes. Il fût un silence qui annonça le pire, le pied de Maxine douloureusement appuyé contre le sien. Clarence s’était retint de sourire, conscient que son amusement ne ferait qu’enclencher la colère qu'elle réprimait avec docilité. Il fût presque soulagé d’y échapper, avant qu’elle n’entrouvre finalement la bouche pour lui jeter ses mots.
Il écouta ses réprimandes, les accepta avec autant de panache qu’un adolescent ; Les lèvres fermées et les sourcils froncés. Dédaigneux et presque fier de l’avoir mise dans ses états. Comme s’il lui plaisait d’être désagréable, d’entendre Maxine lui faire la leçon. Elle disparut avant qu’il ne lui serve son discours, celui voulant la mettre en torts. Se justifier de ses mots, car ils furent toujours déclarés légitimes. A défaut il se retrouva seul sur la route, invité à reprendre le rôle qu’il était venu jouer. Le silence devenu pesant, fragilisé sous le grondement du ciel. Les étendues désertes semblèrent menaçantes, avares de ce corps tenu seul contre le vent. Il rejoint l'habitacle, assigné au rôle qu'il se devait de jouer.

     Presque nerveux cette fois, en regardant Maxine analyser le véhicule. « Bien, ». La commissure de ses lèvres se fendit un instant.
« L’embrayage est une liaison entre le moteur et les roues. Il se présente sous la forme d'un disque et se situe entre le moteur et la boite de vitesses, reliée elle-même aux roues. Si le moteur était directement lié aux roues, il s’arrêterait dés que les roues cesseraient de tourner. Lorsque tu embrayes, le disque d’embrayage se sépare du moteur et rompt ce lien, ce qui te permet d’arrêter le véhicule sans que le moteur ne s’éteigne. Il est également utile lorsque tu changes de vitesse, le temps que le rapport se fasse. »
     Il passa le bras au dessus d’elle, désigna la pédale d’un geste.
« Embrayes au maximum pour démarrer en première, puis maintiens la force de la pédale pour laisser avancer le véhicule sur les premiers mètres. »

     Les indications se répétèrent, enchaînées au rythme d’un disque rayé. La peur de n’avoir pas été compris, ou celle de la savoir incapable de conduire. Il garda le dos appuyé contre son dossier, moins inquiet que son insistance put le faire paraître.
« Et ne fait pas des menaces de mes questions. Il y a des gestes que j’ai dû apprendre à faire différemment avec ma particularité. Ce n’est pas ici que tu devrais avoir à te cacher de n’avoir qu’une seule jambe. » Il sourit. « Il est si banal d’en avoir deux. »
     Peut-être eut-il pris l’habitude de ces tares. Loin des fronts et pourtant si près de la Guerre. Les mutilations étaient devenues choses courantes à son époque, bien qu’il ne fût encore le cas pour celle de Maxine, protégée à jamais des batailles - et il l'y avait entraînée. Clarence ne connu ni les raisons de sa prothèse ; ni même celles l’ayant poussée à garder ce secret aussi longtemps. Il choisit d’ignorer qu’elle lui eut caché, comprenant que rien n’aurait put l’y pousser.
« Cela ne change rien. »
     Il se souvenait à peine la signification de ses mots. Elle avait changée, différente pour des raisons loin de cette simple vérité. Parce qu’elle était ici et non à Edimbourg, qu’elle y était restée jusqu’à son retour. Le temps de leurs absences ne l’eut jamais autant changée qu’à ces dernières retrouvailles.
     Clarence baissa les yeux sur elle. Ses doigts couverts de cuir s’étaient déposés sur la cuisse de son amie, descendant avec imprudence en direction de son genou. Ils s’appuyaient délicatement sur sa chaire, sentaient la ligne de sa jambe à travers le tissus de leur gant, de sa jupe ; cherchaient l’orée de sa prothèse, là où les rouages coupaient la tendresse.
     Elle lui avait caressé la main des mois plus tôt. Les gestes sans mots, teints dans leur silence d’insouciance. Il pensait pouvoir faire de même, attraper la proximité qu’il lui avait offerte ; rendre le passage de ses doigts agréables, comme le geste de son souvenir l’avait été. Sans mots, un seul devenu de trop.




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MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Jeu 7 Sep - 11:18

From now
Il a au moins le bon sens de ne pas chercher à se justifier à me faire passer pour celle qui se vexe trop vite, à trouver la faille dans mes mots pour les retourner contre moi, comme il l’avait déjà fait par le passé, notamment lors de notre dernière discussion en 1873, avant qu’il ne reparte pour 1941. Il faut dire que je ne lui en ai pas vraiment laissé l’occasion, repartant vers le côté conducteur sans un mot de plus, sans attendre une possible réponse. Il aurait pu essayer, malgré mes pas s’éloignant de lui, malgré mon refus clair et net d’entendre ses arguments en cet instant, mais il se serait heurter à un mur. Aussi enthousiaste et gentille puis-je être, il y a des sujets qu’il ne faut pas trop titiller. Ma jambe en faisait, malheureusement pour lui, partie de ces derniers. Il ne pouvait pas le savoir à l’avance, il est vrai. Cependant, vu la reluctance que j’ai pu démontrer lors de la découverte de cette boucle et la nécessité de changer de tenue est devenue vivante, il aurait pu se douter qu’il valait mieux ne pas trop aborder le sujet. Ses doutes étaient fondés en un sens, et c’est bien cela qui m’agace le plus, ça ou le fait qu’il me pense assez folle pour nous mettre tous les deux en danger en voulant braver mes capacités physique. Je ne suis pas de celle qui cherche à tout prix à se dépasser, autrement que dans le cadre des connaissances.

Je m’assois devant le volant, observant tout autour de moi, prenant une grande inspiration pour calmer mes pensées tumultueuses, mes nerfs, alors que j’attends qu’il me rejoigne, ce qu’il fait sans plus de délai. Je lui pose tout de suite une question, essayant de mettre cet incident derrière nous, afin de pouvoir avancer, au sens propre comme au figuré. Les conflits ne sont pas ma tasse de thé, bien que sachant très bien me défendre si je devais en venir à cela. Je reste quelque peu tendue tant qu’il ne me répond pas, attendant toujours qu’il revienne sur ce qu’il vient de se passer, mais il n’en fait rien et mes épaules se font plus souples, et je les roule un peu avant de retourner mes mains sur le volant, tentant de calmer mon excitation à cette nouvelle expérience, alors qu’un immense sourire prend place sur mon visage. J’écoute ses indications avec attention, préférant ralentir voire m’arrêter quand je ne trouve pas la commande rapidement. En fait, il faut être honnête, nous avancions au pas d’un escargot neurasthénique, mais la route est déserte, et il faut apprendre à marcher avant d’apprendre à courir et j’ai la sensation que pour conduire c’est la même chose.

Je prends confiance en moi à mesure que cet engin me devient familier par la répétition des indications de Clarence et je ne peux empêcher un petit rire excité de sortir d’entre mes lèvres. Oh, comme il faudra que je raconte tout cela aux autres de 73 quand je rentrerai…Rentrer, oui, mais quand ? Je suis venue ici, mais je ne sais pas quand je rentrerais. Peut-être jamais ? Non, ils avaient encore besoin de moi là-bas, je ne pouvais pas me permettre de rester ici indéfiniment. Les mots de Clarence me crispent. Le fourbe, il a attendu que ma méfiance soit endormie pour repartir sur le sujet, bien qu’il me surprenne, une nouvelle fois, comme plus d’une fois déjà. Plutôt que d’essayer de me faire voir les failles dans mes arguments il essayait de me rassurer sur ma condition, et quelque part, je l’en remerciais, mais ce n’était pas aussi simple…

"La différence, ici, est que tu a toujours vécu avec cette particularité, moi j’ai dû réapprendre à vivre avec. Comme si être une femme à mon époque ne suffisait pas à me discréditer aux yeux de la plupart des gens, de la communauté masculine ne particulier, le fait de n’avoir qu’une seule jambe valide est d’autant plus difficile à vivre. Je suis en paix avec ce qu’il s’est passé et cette jambe n’est plus un fardeau au quotidien, mais elle n’en reste pas moins quelque chose qui me gêne, qui me donne l’impression d’avoir été réduite, malgré tout."

Je me tais alors, le laissant appréhender ce que je venais de dire. Ma voix de détenait aucun venin, en revanche, elle sonnait lasse de reparler de tout cela, lasse de ce sujet que je n’aime pas aborder dans les meilleurs conditions alors ici et maintenant…

Cependant mon esprit est vite ramené au présent quand Clarence pose sa main sur ma cuisse. Ce n’est pas un geste dont j’ai l’habitude, de la part d’un quelconque homme et encore moins de sa part. Ce geste qui était tout sauf convenable à mon époque, même entre époux, alors entre deux amis comme lui et moi, c’était tout bonnement impensable. Mais je ne suis plus dans mon époque, est-ce que les mœurs ont évoluées ? Si oui, à quel point ? Je ne vais pas mentir, ce geste m’embarrasse, par ce qu’il peut vouloir dire.

"Est-ce commun à ton époque de toucher ainsi une femme, hors des liens conjugaux ?"

Mon ton tente vers l’amusé, essayant de l’amener avec moi dans ce léger embarras qui colore mes joues de rose, mais ma voix n’est aussi assurée que je l’aurais aimée. Je rate totalement ce qu’il cherche en réalité, encore troublée par ce geste auquel je ne suis pas familière.
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Clarence F. Bannerman

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❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
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❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Sam 16 Sep - 18:26


From now
Maxine & Clarence

      Il ne pouvait changer ce qu’elle pensait d’elle. Pas après tant d’années. Impuissant, à l’intérieur d’opinions qu’elle n’écouterait pas. Il détestait son entêtement, l’adorait en un sens ; mais cela ne l’empêcha pas de se retrouver exclu d’un débat qu’elle lui refusait. Il écoutait les fondements de ses maux mais eut peine à les comprendre. Pas aujourd’hui, alors que leurs époques n’eurent été qu’une toile de fond pour se rappeler ce qu’ils avaient été. Plus lucide du passé qu’il ne l’avait été jusqu’à présent, et l’idée même de l’accepter arracha un frisson à Clarence.
Il vint à perdre Maxine dans l’idée qu’il s’était faite d’elle, alors qu’elle se mit à souffrir d’une différence qu’elle entretenait pourtant. Les vêtements et les attitudes dérangeantes, comme elle fût la première à l’étreindre un jour sans raison. Les remarques s’étiolaient sous la crainte de la perdre ; de briser une paix retenue par les silences, et elle jugea sans délicatesse l’empathie que Clarence eut pour elle, rendant illégitime que son propre passé put lui permettre de la comprendre. Il n’ait rien qui fût plus difficile pour lui que l’intérieur de ses mains. Il apprit peut-être plus qu’elle ne réapprit, sentant l’importance que cette différence fût dans la bouche de Maxine. Il ne semblait plus question d’handicap physiques mais d’intégration sociale, et elle ne savait combien il fût isolé avant de rencontrer Daphné.

Ses doigts s’arrêtèrent, la main arrachée sur le fait d’une question qu’elle lui avait posé, et où pour toute réponse, il s’acquitta d’un « Pas vraiment. »
Un sourire eut à faire de l’excuser, l’homme devenu stupide devant un geste ayant été mal interprété. Il connaissait pourtant l’innocence de Maxine ; si elle ne fût pas de l’indifférence. Il eut une fois cru pouvoir s’octroyer de nouvelles libertés, et cette idée avait été rendue abstraite par le temps.
« Mais je ne l’aurais pas fait sans autre signification. »
Elle dû le connaître depuis assez longtemps pour le comprendre, bien qu’il resta étranger à l’Edimbourg dans lequel ils prirent l’habitude de se voir ; bien qu’ils restèrent sous d’autres aspects, de parfaits inconnus. Le temps eut à cette réflexion une valeur différente, car aucuns époux, aucuns amants ne se côtoieraient aussi longtemps qu’eux.
« Je voulais t'empêcher de te sentir "réduite".» Gêné lui même, bientôt. « Et ne pensais pas faire rougir Maxine Thackery. »
Il y’eut bien trop de tissus entre ce contact pour ça, et il se souvint avoir été un parfait modèle d’intégrité une fois avec elle. Il resterait un homme marié, dans la satisfaction qu’il eut de l’être, ou parce qu’il fût habitué à rester fidèle au passé. Le corps et l’esprit bridés par la condition qu’il avait acceptée. Opprimés, lorsque cette condition lui parut devenir lointaine. Il fût dès lors gêné de voir les joues de Maxine se teindre en rouge ; comme si elle eut démasqué ce qu’il avait imaginé une fois, ramené un regard qu’il s’empêchait d’avoir.
« Tu vois les choses avec beaucoup de simplicité, ou de recul, je ne saurais choisir. »
Un reproche ou une déception. Le chemin devint long. Tous deux avançaient au rythme d’une route trop droite et plane pour que la lenteur du véhicule ne rende sa nature au mouvement. Il la connaissait mal, une fois encore, alors qu’il l’imaginait déjà pousser les limites de la voiture avant même de lui avoir donné le volant.
« Aurais-tu voulu être mariée ? »
Ses indiscrétions avaient foi à exister dans l’intérêt qu’il semblait porter à leurs sujets. Les questions indélicates et posées sans subtilités, bien qu’une ingrate voulu en cacher d’autres moins autorisées. Le dossier de Maxine n’était criblé que de quelques pages, son amitié devenue plus importante que quelques écrits. Beaucoup la connaissaient, et peu la voyaient différemment de lui. Les mots faciles et l’attitude allant avec, elle ne sembla jamais le priver d’aucun secret. Il découvrit celui d’une jambe bien trop tard, et contempla à cet instant les fêlures dessinées sur cette femme à laquelle fussent accordées trop de considérations. Il décelait sous un jour différent ce qu’elle voulait montrer : L’indépendance rendue factice par le rôle qu’elle tenait à avoir auprès des autres. Il l’analysait, comme il n’avait jamais eu besoin de le faire. La confiance brisée peut être, ou l’intérêt devenu différent. Courir après Daphné lui avait rappelé en rentrant les raisons l’ayant poussé à chercher l’amitié de Maxine ; et tout autant l’importance qu’elle dû avoir aujourd’hui. Car il avait désormais retrouvé l'amie qui lui manquait. La seule jugée sincère.
« Tu sembles te plaire ici, et je me demande parfois comment. »
Il lui sourit ; rien ne dû être plus léger que cette simple pensée. Il espérait depuis longtemps qu’elle puisse le formater à sa doctrine, et lui demandait maintenant si elle put conduire un peu plus vite. « La route ne va pas se jeter sur toi. »




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MessageSujet: Re: From now ◭ ft. Maxine   Lun 25 Sep - 14:13

From now
Le rose s’accrochait un peu plus à mes joues à ses paroles. Mentalité à la fois encore ancrée dans une époque semblant lointaine et voulant s’en extirper à tout prix. Paradoxe qui rend mes souhaits difficiles à envisager, même pour moi. On a beau vouloir se démarquer en ayant une activité ou des pensées en avance sur son époque, il est difficile de vraiment laisser tomber l’éducation que l’on a reçu toute sa vie ou presque, surtout quand vous vivez dans une boucle si proche de votre époque d’origine comme je peux le faire. Pas en ce moment, puisque j’ai quitté la sécurité et les repères de 1873 pour retrouver Clarence dans cette époque futuriste, 1941. Futuriste et en guerre mais qu’y peuvent-ils ? Ce ne sont pas eux qui ont réellement décidé de cette date, malheureusement, les circonstances sont ce qu’elles sont et il faut faire avec. Mais le fait est que je suis souvent indécise quand on sort du domaine des inventions et autres prouesses technologiques (et encore, parfois je peux aussi partir un peu dans tous les sens sur ce sujet-là), et surtout, je ne sais pas exactement ce que l’on peut attendre de moi ; quelqu’un de mon époque d’origine, je le sais, mais Clarence…il est différent. Ce n’est pas une mauvaise chose, je suis moi-même bien différente de la femme classique de mon époque, mais ça me donne l’impression de marché sur un terrain glissant, ne sachant pas exactement quel type de pas faire pour ne pas finir au sol. Alors pour toute réponse, je hausse une épaule avec un sourire amusé.

Le fait qu’il ait eu pour considération de ne pas vouloir me réduire comme d’autres auraient pu le faire lui met du baume au cœur. Il est parfois maladroit avec sa façon de présenter les choses, ou juste un peu indélicat par moment, mais rare sont les fois où il cherche vraiment à être blessant et c’est aussi cela qui me trouble, cette dualité étrange et bordant sur le paradoxal qu’il put me présenter. Mais si je tente de le comprendre, je tente de le faire avec les quelques informations qu’il me donne et quelque part, me retrouver ici, avec lui, dans cette époque qui a aidé à le construire me donne une vue sur lui différente de celle qu’il a pu me montrer lors de ses visites en 1873. La guerre omniprésente doit expliquer certaines attitudes de cet ami cher. Mais les mœurs qui se trouvent être différentes aussi, en tout cas, j’en apprends tous les jours ici et pas seulement en termes de technologie. Sa question me surprend, mais contrairement à son geste ne me met pas mal à l’aise. Au contraire. C’est le genre de question à laquelle j’ai eu le temps de réfléchir et de prévoir des réponses. A trente ans, ne pas être mariée à mon époque est une anomalie et je m’étais attendue à devoir y répondre bien avant.

"Peut-être un jour. Je sais que mes parents auraient probablement voulu me voir mariée assez tôt, avec un bon parti, ma mère surtout. Mon père savait très bien que vu comment j’ai été éduquée, personne ne me considèrerait comme un ‘bon parti’." Un rire amusé s’échappe de ma gorge à cette idée "J’avais cette chance que n’ont pas eue toutes les jeunes femmes de mon âge : pouvoir choisir qui je voudrais épouser. Mais mon esprit a toujours été bien trop encombré par mes inventions, mes voyages et mes découvertes, malgré avoir passé des heures dans les trains à lire les romans de Jane Austen et des sœurs Brontë, je ne peux pas dire m’être vraiment penchée vers ce genre d’idées."

J’espère avoir répondu à sa question avec les informations qu’il souhaitait. Je ne quittais pas la route des yeux pour autant, bien qu’étant une ligne droite, je ne sais pas comment réagirait ce genre d’engin malgré tout, alors autant resté prudente.

"Tu plaisantes ? Je suis littéralement dans le futur, où je découvre que certains principes qui n’étaient que de vagues théories à mon époque sont devenus réalité ! Tu m’apprends à conduire une voiture ! Pourquoi je ne m’y plairais pas ? Et puis, ta présence n’est pas pour rien dans cette histoire non plus."

Oui, j’évitais de faire mention de l’environnement général de cette époque, me focalisant sur les points qui font vraiment partie de ce qui m’attirait en premier lieu dans les boucles plus avancée dans le temps que la mienne. Je me tourne vers lui, et un sourire défiant s’installe sur mon visage.

"Je voulais te ménager, mais à tes risques et périls Clarence."

Dis-je d’un ton joyeux et mon pied vint appuyer sur l’accélérateur, et lorsque le moteur sembla peiner, je changeai de vitesse. Cette explication du départ ainsi que ma connaissance des moteurs en général (bien que pas les mêmes, il faut l’avouer), aidant à ma compréhension de la chose. La route restait une belle ligne droite, ce qui m’arrangeait, car vu notre vitesse, je préférais ne pas penser à ce que la force centrifuge ferait si nous devions prendre un virage.
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