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 Repartir sur de bonnes bases - Mabel

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Anton Carter

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- Immortel Amnésique -
❧ Boucle Temporelle : Mon choix s'est porté involontairement sur mars 1941
❧ Particularité : Neuf-vie : incapacité à mourir jusqu'à présent, ce qui est bien plus dérangeant qu'on ne le pense.
❧ Occupations : Boulanger de la boucle en quelques sortes et raconteur d'histoires totalement loufoques
❧ Miroir :
❧ Missives : 26
❧ Yeux de verre : 1
❧ Crédits : uc


MessageSujet: Repartir sur de bonnes bases - Mabel   Mar 27 Juin - 11:33

Un long soupire émana d’Anton alors qu’il attrapait sa veste. Il n’était pas un grand fan des voyages à travers les boucles, préférant se contenter de la sienne et de son éternel recommencement. La routine était pour lui quelque chose de rassurant et d’apaisant. Quitter la boucle était source de problèmes, et de mort dans son cas. Pourtant il n’avait pas hésité un seul instant à se proposer, affichant à nouveau un courage qu’il dissimulait très souvent sous son aspect grognon. Il était celui qui était le moins en danger lors de ces changements : incapable de mourir, il ne risquait pas grand-chose, si ce n’est une amnésie incontrôlée. Il porta machinalement sa main sur le petit carnet qu’il portait en permanence dans ses vêtements, son unique source d’information en cas de « reset » involontaire. Il ne conservait que les principales informations dans celui-ci, le reste de son histoire – sans réel début – était dans d’autres volumes plus impressionnants dissimulés dans une malle sous son lit. C’était le meilleur moyen qu’il avait trouvé pour ne pas devoir toujours faire appel à quelqu’un pour le « retrouver » et aussi pour éviter les mauvaises surprises. Cette fois, ce n’était pas lui, l’enfant perdu – un grand changement – mais il allait faire de son mieux pour lui venir en aide. Après tout, qui mieux que lui connaitrait les cachettes, les endroits où l’on peut disparaître, lorsque le monde semble s’être écroulé. Il jeta un dernier regard dans le miroir, remettant ses cheveux en place. Il espérait être rentré le plus rapidement possible.

La boucle de 1928 était à la fois très différente et très semblable à celle de 1941. Anton se sentait parfaitement à l’aise dans chacune d’elle, comme si ces époques n’étaient pas loin de la sienne. Le manoir de 1928 lui semblait être l’incarnation même de l’opulence avec son nombre incalculable de pièces et son allure de palais. Nous étions très loin des quartiers vides désertés par les hommes fuyant la guerre. Dans l’air ambiant, il avait l’impression qu’il y flottait une certaine légèreté d’avant guerre. Une légèreté suffisante pour faire esquisser un sourire au jeune homme, le déridant un peu. Il prit d’abord, quelques secondes pour observer les jardins et les alentours. Il y avait de nombreux syndrigastis qui ne semblaient pas lui prêter la moindre attention. Il n’allait pas s’en plaindre. La priorité était de rencontrer l’Ymbrime de cette boucle et de l’informer de la situation, voir si elle était en capacité de l’aider dans sa quête. Un enfant de 8 ans ce n’était pas si difficile à trouver n’est-ce pas ? Sauf qu’avec le jeu des boucles, personne ne savait réellement quel âge ce gosse pouvait avoir… Il n’en restait pas moins aux yeux d’Anton, un gamin apeuré comme il l’était à son tour après chaque accident.

Anton gravit les quelques marches l’amenant au manoir avec une infime précaution. Ce n’était pas le moment de faire preuve de maladresse et se blesser. De faire du Anton Carter en quelques sortes. Il resta quelques instants sur le pas de la porte, s’imprégnant des lieux. Il était aussi – il faut le dire – légèrement émerveillé parce qu’il voyait. Curieux, il avait envie de toucher à chacun des objets présents. Il s’intéressa d’ailleurs à la représentation d’un cerf dans une matière froide, le frôlant du bout des doigts. Il finit par perdre le fil de ses pensées, jusqu’à ce qu’un enfant le bouscule, apparemment trop pris dans sa course poursuite pour lui prêter la moindre attention. Il se retourna, reprenant pied avec la réalité et se retrouva face à face avec une jeune femme… Par pitié. Pas elle.
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Mabel P. Herrera

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- carte du Maraudeur -
❧ Boucle Temporelle : 20 juin 2016 désormais. Elle vécut un temps en 1941, mais les moteurs des avions ronronnaient trop fort à son oreille.
❧ Particularité : Géolocalisation
❧ Occupations : Géotraceuse aux projets bien trop nombreux.
❧ Miroir :
❧ Missives : 139
❧ Yeux de verre : 34
❧ Crédits : © Paon


MessageSujet: Re: Repartir sur de bonnes bases - Mabel   Mer 5 Juil - 18:24


     Elle les voyait courir jusqu’à cette boucle, disparaître de sa carte comme s’ils eurent été balayés. Elle s’était mise à leur en vouloir, ignorant l’attrait de ce nouveau monde tout autant que les raisons qui les poussaient à se presser en son centre chaud. Une porte s’était ouverte et les rumeurs allaient bon train, polluant l’atmosphère comme une contagion lui rappelant que 1941 n’était plus si loin. Elle avait boudé cette boucle inconnue comme chaque nouveauté menaçant ses habitudes, éprise d’un monde déjà bien rempli et tout autant accrochée à ceux qui se mirent à le fuir. Mais ce dernier changeait, plus sombre et fébrile qu’avant, ou fût-il sa propre faiblesse ? De nouveaux visages, des noms qu’elle n’eut encore jamais entendu, bien trop nombreux pour en tenir le compte. Elle était restée un moment contre la porte, les pieds en équilibre sur le portail de 1928. Elle craignait le passé, jugeait New York et ce monde bien trop durement. Une parcelle d’un continent qu’elle avait quitté, et ce ne fût ni cette ville ni cette époque qui lui manquèrent. Ses pieds finirent par trébucher, piétiner les limites qu’elle s’était donnée. Elle avait traversé le portail, une fois, puis une autre, se perdant un peu plus à chaque visite dans cette époque folle et rétro.
     Les franges découpaient les robes et ces dernières furent tartinées de satin. Un monde de strass bien trop propre avec lequel elle avait une nouvelle fois du mal à se familiariser. Ils prônaient la folie et le firent avec mesure, fiers d’une extravagance qui ne fût rien d’autre qu’une parade. Mabel s’y aventurait le cœur lourd, munie d’une robe d’été jaune froissée à la ceinture, et d’un sifflet anti agression qu’elle avait pris l’habitude de glisser dans son sac. Elle sentait les regards se tourner vers elle, aussi grande que ces dames qui en levant les yeux sur elle lui rendaient l’impression de n’être qu’une enfant. Leurs yeux sauvages la dénudaient, arrachaient son bomber de ses épaules pour y déposer une caresse froide. 1928 toute entière l’intimidait, l’obligeant à croiser les bras sur sa poitrine et à longer les murs. Elle tenait droite lorsqu’elle marchait, immobile comme un i lorsqu’il lui fallait choisir un chemin, mais se perdait à chaque embranchement de couloirs et de rues car elle n’eut aucune destination à rejoindre. Elle reprenait le fil de ses pas, préférant les couloirs déjà traversés comme lieu de jeu et de promenades. Elle aurait aimé peindre ces papiers peints trop sombres, creuser les murs pour y ouvrir des fenêtres et sentir autre chose que le talc et les parfums ; Voir des visages qu’elle connaissait et elle eut tout d’abord du mal à reconnaître celui d’Anton.

     Des mois étaient passés depuis que Mabel avait quitté 1941, oubliant ce Londres froid et mortuaire, autant que les visages s’y rattachant. Anton semblait ramener avec lui la Guerre, son regard obscurci par un ciel qui jamais ne se dégagerait. Le voir la fit sourire, toutes dents sorties comme l’animal convoite la chaire tendre. Il lui rappelait les conséquences de ses jeux, et tout du moins la folie gangrenant en elle. Elle espérait chaque fois qu’il puisse lui aussi lui sourire, répondre à la gentillesse qu’elle essayait de lui offrir, et bien sûr ça il ne le mit jamais dans son carnet. Chaque nouveau départ était l’objet d’une nouvelle tentative, et tout autant le fruit d’une méfiance encore à vif. Elle ne désespérait pas de lui faire changer d’avis sur elle, avec le temps, car elle donna depuis longtemps trop d’importance à cette idée. Elle s’approcha de lui, s’interdisant le dernier pas qui les séparait, le cœur battant car il fût chaque fois difficile de savoir à quelle version de lui elle s’adressait.
« Je vois que tu te souviens de moi. »
     Elle voyait depuis longtemps son visage se refléter dans ses grimaces, tics imperceptibles de quelques rides creusées son encontre. Ils la blessaient parfois, tranchant d’une blessure les efforts dont elle voulut faire preuve pour être dans ses bons papiers. Certainement que l’impatience qu’elle finissait par montrer ne l’avait pas aidé à adoucir ses traits.
« Qu'est ce que tu fais ici ? »
     Tout fût banalité et méfiance, Mabel postée devant lui le dos arrondi. Elle souriait pourtant, calme et soutenue comme il lui ressemblait peu. Faire bonne figure devant un homme à qui elle souhaitait vendre ses excuses, et elle ne put s'empêcher de plaisanter.
« T'as l'air perdu. »




Cercle Polaire.
I'm the girl who is lost in space, the girl who is disappearing always, forever fading away and receding farther and farther into the background. E.W
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Repartir sur de bonnes bases - Mabel
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