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 Alcohol is for good folks (Galahad)

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August Hastings

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- Illusionniste mythomane -
Le gros Gus
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941
❧ Particularité : Insuffle des images mentales à tout un chacun, distord la réalité dans la tête d'un individu
❧ Occupations : Expérimentateur chevronné
❧ Miroir : Va cliquer ailleurs :(
❧ Missives : 201
❧ Yeux de verre : 53
❧ Crédits : Lux Aeterna, Musset, Poe


MessageSujet: Alcohol is for good folks (Galahad)   Mer 28 Juin - 23:21

Alcohol is for good folks

Galahad & August



Le soleil irradiait de carmin la ville d'acier. Une lueur rougeâtre émanait de la métropole, alors que les réverbères parsemaient d'or les rues encore pleines d'agitation fébrile. August s'y promenait avec délice, et coulait parmi la foule qui l'entraînait dans son cours ; il se laissait ballotter de tous côtés, et échouerait là où le mènerait la masse humaine.
Alors que le soleil éclatait en une supernova incandescente entre les buildings, et après quelques temps de sa promenade solitaire, Hastings trouva son point d'ancrage. Il s'agissait d'un petit restaurant, apparemment sans grande prétention, à la lisière des quartiers mal-famés. La devanture lui attira l’œil. August lui décelait un certain charme typiquement new-yorkais auquel il ne sut résister : et quand on avait le pouvoir de feindre quelques dollars en une petite supercherie mentale, il était bien ardu de résister à la duperie et ne pas dépenser ces quelques pièces fictives... Mais enfin, le tavernier n'y verrait que du feu demain matin, quand il se réveillerait sous son perpétuel 3 juillet...

La porte s'ouvrit sur un nuage de fumée. Quelques têtes avisèrent August de haut-en-bas. On lui trouva l'air un peu drôle, un peu décalé, comme si on sentait que le garçon n'avait rien à faire en pareil établissement. On s'enquit silencieusement de son âge, et on décida qu'il ne représentait pas grande menace. D'aucuns songèrent qu'il s'agissait d'un commis particulièrement bien habillé, d'autres imaginèrent en lui le fils d'un riche rentier, mais dès lors qu'August leur servit son plus beau sourire, on fut certain d'une chose ; ce gamin avait tout loisir de prendre la table qu'il lui siérait.

Hastings flaira lui aussi que ces gens louches, dont quelques uns seraient probablement prêts à le dépouiller à la nuit tombée, cachaient un secret au moins aussi gros que le sien. Et quand il demanda à s'installer à l'étage inférieur, d'où émanaient quelques notes d'un quintet de jazz, on fit de si gros yeux qu'August dût monnayer une certaine somme fictive afin de pouvoir accéder au sous-sol, dont l'entrée était protégée par une armoire à glace de vigile.

L'air y était plus irrespirable encore qu'au rez-de-chaussée. Mais ce qui frappait plus encore, passé le nuage quasi-opaque de fumée, c'était les consommations qu'on y servait - dont la plupart contenaient évidemment le précieux éthanol prohibé. Ces messieurs en guêtres portaient parfois un holster à la ceinture, les cigares répandaient leur parfum âcre dans l'atmosphère confinée, les verres s'entrechoquaient et les rires fusaient. On y lisait les journaux du sempiternel jour, on jouait aux cartes, on admirait la belle chanteuse Noire.
Les badauds dévisageait August, qui pour sa part, alla s'installer avec une royale assurance à une table isolée. Il ne craignait rien du tout, simple observateur de ce monde nocturne et effréné ; que risquait-il, quand d'une simple illusion, il pouvait tout à fait disparaître dans le décor, tout tapissé de velours rouge ?

Même s'il ne buvait pas en temps normal, Hastings se laissa griser par l'ambiance du lieu, et se fit servir un cognac. Il n'était jamais contre un remontant en de telles circonstances, et quel privilège de se sentir auprès des gangsters et autres malfrats en 1928 ! Il crut apercevoir Al Capone, dans son coin, cigare aux lèvres et liasses en poches...
Oh, August se moquait bien du grabuge. Il ne cherchait rien d'autre ici qu'une substance pour son imaginaire ; plus il admirait les époques, plus s'enrichissaient ses illusions des merveilles qu'il glanait çà et là. Et quel spectacle que celui qui s'offrait sous ses yeux...

Hastings se plaisait tout à fait dans ce sous-sol humide et moisi par endroits, et admirait avec ferveur la déchéance du monde new-yorkais. Il s'amusait follement, comme au théâtre, mais plus vivant, devant son verre de cognac. Et ses traits s'illuminèrent d'autant plus qu'il repéra un visage connu dans la foule... Galahad Ednyfed, un toqué de sa boucle, un curieux type tout à fait excentrique mais à la discussion tout à fait agréable. August s'assura de croiser son regard, et, de loin, lui leva son verre. Santé à 1928 !



I became insane with long intervals of horrible sanity.


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Galahad L. Ednyfed

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- Imitateur excentrique -
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❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
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MessageSujet: Re: Alcohol is for good folks (Galahad)   Jeu 29 Juin - 21:34


« But sometimes you even fool yourself a bit. It's like magic. But it's always been a smoking mirrors game, anyone would do the same. »

Goût du risque ridicule. Besoin de sentir l'adrénaline courir le long de l'épiderme sous forme de chair de poule, rester à nu au beau milieu des individus quelque peu douteux. Idiot. Profonde bouffée, tirant sur le maigre bâtonnet délétère qui sied entre les lèvres, manie exacerbée depuis déjà plusieurs jours, nervosité presque palpable alors que les pavés d'une ville grouillante et en pleine essor sont arpentés. Belle New York qui se dresse, majestueuse, à des années de l'enfer incessant  et insupportable qu'est devenu le Londres de quarante-et-un. Spectacle nocturne qui se faisait de plus en plus horripilant, fuit dès que les bombardement reprenaient, silhouette s'engouffrant dans cette autre époque, brin de fraîcheur, qui s'était invitée, peu importe les machinations de son maître mystérieux au possible.

Ombre qui se perd dans la masse, impair fermé jusqu'au col, classic trilby anthracite trônant sur le sommet du crâne, seul le minimum vital est à découvert, mesures nécessaire malgré la température d'un début d'été fleurissant. Contraintes habituelles et amères pour éviter tout incident fâcheux, de déclencher la malédiction au beau milieu d'une ruelle, d'affoler les foules au moindre changement. Refus pur et simple de se perdre, préférant garder les traits d'origine et la structure de base au possible, ne supportant définitivement plus les caprices de ma propre carne, dédain de la chair à son paroxysme, très loin de vouloir en jouer, craignant désormais la dégénérescence que la chose finirait par entrainer.

Les doigts, gantés d'un cuir insupportable, se glissent dans une poche étrangère au détour d'une ruelle, alors que la carcasse slalome habilement entre les terribles échines qui pullulent, emportant un porte-feuille en parfait chapardeur, habitué aux larcins de cet acabit, bien qu'en général pour quelques cigarettes, puisque l'argent ne fut qu'une denrée inutile dans nos bulles. Les dollars se glissent dans une poche, fumée qui s'extirpent des lèvres, recommencer l'action, jusqu'à parvenir à récolter une belle liasse qui suffirait à noyer les troubles et l'insomnie dans une bouteille d'alcool. Le lieu convoité est ensuite infiltré, m'imprégnant des douces effluves mêlant alcool et tabac, délicieux. Il empestait la crasse malgré cette classe apparente, de quoi passer inaperçue au milieu d'autres vagabonds.  

D'instinct, le bar est pris d'assaut, après avoir abandonné impair et couvre-chef, augmentant la prudence bien que les gants restèrent en place, quémandant un premier verre de scotch avant que les mirettes ne se posent sur un minois connu qui tente de capturer mon attention. Maigre rictus qui se fend alors que mon verre se lève, écho au geste de l'autre Syndrigasti. Oh et puis pourquoi pas ? Le plan de base est contourné, rejoignant Auguste à sa table, tirant la chaise d'en face pour y prendre place. « Ça fait un moment que je ne t'ai pas croisé dans notre boucle, j'ai bien cru que tu avais disparu. » Comme les autres, absences qui s'accumulent, probablement trop nombreuses, n'y prêtant pourtant pas plus attention que ça, esprit vagabondant sur bien d'autre choses, égoïsme prenant peu à peu le pas. « Alors, comment tu trouves mille-neuf-cent-vingt-huit ? » Cigarette extirpée entre deux doigts, de toute manière consumée, elle finit par s'écraser dans le cendrier qui trône, remplacé par l'alcool qui se porte aux lèvres. C'était drôle en un sens, côtoyer continuellement les mêmes individus au sein d'une communauté, les épier, graver leurs manies sur des pages dissimulées sous les lattes d'un plancher déjà bien rempli, mais pourtant ne pas véritablement les connaître plus que ça, à l'image du blond siégeant en face. Habitude que d'être évité de pas mes excentricités et le côté terriblement versatile de mon fardeau qui avait tendance à effrayer, ne jamais savoir à quel individu on avait à faire.  




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August Hastings

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MessageSujet: Re: Alcohol is for good folks (Galahad)   Jeu 29 Juin - 23:43

Alcohol is for good folks

Galahad & August

A l'autre bout du bar, le verre quitta le comptoir et rendit son salut à August. Hastings se serait fort bien accommodé de cette politesse seule, et aurait laissé son voisin s'occuper de ses affaires, sans se formaliser que Galahad ne vint pas à sa rencontre ; l'Amérique, ce pays libre ! Et contre toute attente, car ils n'avaient jamais été de grands amis, l'imitateur brava la cohue pour se joindre à lui – August n'y voyait aucun inconvénient non plus. Il était parfois agréable de saisir un visage connu au détour d'un bar illégal, et l'enjoindre de se mêler à nos méfaits...

A la simple évocation de sa boucle d'origine, la gorge d'August se resserra. La nostalgie de son époque l'étreignit d'un coup, comme on se prend une gifle en plein cœur ; Londres lui manquait, il ne l'avait jamais quittée si longtemps, cette amante de toujours, son terrain de prédilection. Le soir, il entendait siffler l'air et éclater au loin, il s'imaginait le bruit des bombes car son oreille s'était trop habituée à l'entendre. Il sursautait parfois, au moindre crissement de pneus de la dynamique New-York, comme s'il s'agissait de la dynamite de Londres... Mais soit ! Il la reverrait bientôt, flambante sous les décombres, éclatante sous la poussière... Le moment n'était pas encore venu, curieusement, mais il approchait, le temps où August rentrerait chez lui.
- J'étais parti en 1873. Comme un besoin de prendre l'air... Tu le sais bien, Londres peut s'avérer... (Il choisit ses mots avec soin.) ...anxiogène.
Il passa sous silence les raisons qui l'avaient poussé à quitter Édimbourg, la belle, la mystique Édimbourg... Autant qu'il évitait d'y penser lui-même.

En revanche, quel peps émanait de 1928 ! L'insouciance américaine dans toute sa splendeur, à mille lieues du vieux continent... Ici, on dansait toujours, on riait encore, et même les quartiers pauvres emplis des immigrés Irlandais ou Italiens semblaient bien colorés, en comparaison des quartiers détruits de Londres. Parce qu'ici, on avait encore l'espoir d'un monde meilleur. A Londres, on enchaînait les désillusions... Le rêve londonien, voilà bien une expression que l'on entendait jamais, à juste titre !
- Belle période, très vive. On n'a jamais rien fait de mieux en jazz, en swing, en alcool et en économie.
Dieu merci, les Ymbrynes de cette boucle avaient été assez inspirées pour éviter le Krach... L'Amérique était en phase avec Wall-Street, mais quand la bourse, l'année suivante, se révolterait, alors le jazz, le swing et l'alcool allaient en pâtir également, August en était certain.

Hastings leva son verre une fois de plus et trinqua avec son voisin. Les vapeurs d'alcool lui montaient doucement à la tête, doucereuses et alléchantes... Sa tête tournait quand il regardait à gauche, à droite, ou Galahad, et il ne pouvait à présent plus réprimer ce sourire de contentement. L'ivresse lui sembla infiniment délicate, alors qu'il réprimait un toussotement ; ce que l'alcool était fort, but ainsi pur, mais qu'il entraînait avec lui ces volutes de bonheur ! Bonheur qui, bien qu'il ne connut pas particulièrement Galahad, semblait  tout à fait échapper à ce dernier.
- Cher voisin, tu ne me sembles pas au mieux de ta forme. Un homme heureux ne se soûle pas seul dans un bar.
August réalisa ensuite qu'il était précisément un homme seul se soûlant dans un bar, quoique le terme put paraître excessif – disons qu'il était un homme seul se grisant dans un bar, et même s'il n'eut jamais prétendu être heureux, il n'était pas malheureux pour un sou. En fait, il se fichait du bonheur, et s'empressa d'ajouter, pour rectifier son adage :
- C'est différent pour moi, vois-tu. Je suis un homme de sciences. Je m'instruis. J'apprends de la Prohibition. Une petite expérience vaut tous les livres d'histoire...
Un sourire encourageant s'inscrivit sur son visage dont le nez et les pommettes s'empourpraient peu à peu. Dieu, qu'il aimait jouer les psychologues !

Et comme sa fameuse retenue habituelle se dissipait peu à peu, en même temps que son sang se liquéfiait sous l'alcool, il se laissa aller à quelque allègre illusion. Le contenu du verre de Galahad s'emplit de confettis d'or, de minuscules paillettes brillantes qui se fondaient à merveille avec l'ambre du whisky. Si, avec ce tour de passe-passe, le cœur de Galahad ne se réchauffait pas quelque peu, alors August était un incapable et ne pourrait rien faire de plus pour pallier cette mauvaise mine.



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Dernière édition par August Hastings le Jeu 20 Juil - 20:46, édité 1 fois
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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: Alcohol is for good folks (Galahad)   Mer 12 Juil - 17:20


« But sometimes you even fool yourself a bit. It's like magic. But it's always been a smoking mirrors game, anyone would do the same. »

Voyage. Mot qui roulait doucement, chatouillait l'oreille avec envie. Évocation d'un périple qui éveilla pourtant un soupçon de jalousie, puérilité amère laissée par le risque de l'aventure, de créer une quelconque émeute au moindre effleurement, enfermé dans une bulle temporelle bien souvent trop lourde, écho de souvenirs d'un temps où les tranchées étaient arpentées avec un canon entre les doigts, gamin paumé au milieu des boyaux infernaux quand il ne pansait pas les échines endommagées. Cause certaine de la malédiction, prix des âmes tombées et de cette participation à l'abomination, âme condamnée à en subir le prix pour une éternité faussée dans un jour qui n'en finirait pas, ironie qu'il fut à cette période apocalyptique.

« Je t'envie, la neige me manque. » Maigre sourire, sifflant une nouvelle gorgée. La dernière poudreuse avait été aperçue avec cette fête foraine excentrique, purement artificielle, effleurée durant des heures et gravée dans le bromure d'argent d'une pellicule. Peut-être faudrait-il profiter des portes qui s'enchainent, de la facilité de cette boucle pour accéder aux divers refuges en un clin d’œil, de jouer les aventuriers avides de nouveaux paysages. Vingt-huit fut le premier périple depuis bien trop longtemps, accessible via une porte chaleureuse malgré les mystères certainement trop gros qu'elle enfermait. Elle avait le don d'éveiller le mioche enfouit, d'écarquiller le regard face aux grandes avenues, de titiller les rêveries et l'imagination sans limite. « Je l'aime beaucoup aussi. Pas uniquement parce que je peux renflouer mon stock de cigarettes. » Réplique sincère alors que les mirettes se posent un instant vers la chanteuse, appréciant le timbre qui s'échappe de ses lèvres, embaumant la pièce au même titre que l'opacité qui s'émane des cigares. Drôle de songer que nous étions pourtant nés à cette même époque, arpentant le bitume à des milliers de kilomètres, enfants de ces temps florissant et glorieux.

Maigre soupir quasi imperceptible alors que la réflexion de mon comparse s'élève, visiblement déjà appâté par les vapeurs de l'alcool. Maigre contrariété que la chose, mon tourment, fut à se point visible, alors que les faiblesses furent toujours ravalés au possible. Pensées tumultueuses qui envahissaient l'esprit depuis des semaines déjà, elles avaient commencées par cette nuit avec la valseuse, goûtant aux joies d'une échine banale, sensation d'une simple caresse oubliée depuis bien longtemps déjà, maudissant l'épiderme retrouvé dès le lendemain, de la malédiction répugnante qui devenait insupportable, jeu des costumes de chairs ne m'amusant plus du tout. Maigre rire qui s'échappe alors que la justification d'August sort avant même d'avoir eu le temps de répliquer sur sa solitude faisant écho à la mienne, iris se levant en direction du plafond. « Je ne suis pas certain que tu apprennes quoi que ce soit si tu continues à siffler des verres, à part vivre l'expérience d'une gueule de bois monumentale. » Le sarcasme s'échappe de lui-même, bon enfant, éludant probablement le sujet. Il avait eu le mérite de provoquer un maigre ricanement, devenant une parfaite distraction à la beuverie initiale. « Qui te dis que je n'étudie pas le comportement des gangsters, histoire d'ajouter le rôle à mon arc. » Excuse bidon et factice, justification tentée tant bien que mal.

Sourcil qui se hausse, d'abord perplexe lorsque les mirettes se posent sur le contenu du verre entre mes doigts. Il est analysé avec fascination, tournant le cristal orné d'or durant de longues secondes. Le coupable fut rapidement identifié, sourire en coin, teinté d'une lueur enfantine faiblarde, fut porté au blond illusionniste, remerciement silencieux alors que l'alcool enjolivé est porté aux lèvres. « Je pourrais désormais me vanter d'avoir avalé des paillettes. » Capacité fascinante de mon voisin de chambre,  admirée et même parfois enviée. Beauté que de pouvoir façonner le monde à sa manière, en étirer la matière pour le plier à ses exigences, donner vie à son imagination. Don précieux qui avait très certainement ses fardeaux lui aussi. « La question va te paraître idiote et très certainement intrusive, mais est-ce que ça t'arrive de t'y perdre et ne plus distinguer le vrai du faux ? » Idiot que de vouloir savoir si nos fardeaux étaient similaires, bien d'adaptés à nos talents respectifs, m'en voulant déjà d'avoir posé une telle interrogation, baissant le regard. « C'est une très belle particularité. »




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August Hastings

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MessageSujet: Re: Alcohol is for good folks (Galahad)   Ven 21 Juil - 2:03

Alcohol is for good folks

Galahad & August

August jouissait de relations très saines avec l'alcool. Il ne buvait jamais que dans les grandes occasions, et encore. Il n'appréciait nullement le goût du breuvage, son arôme ou sa robe. Les effets lui semblaient tout aussi indésirables, pour lui qui se proclamait maître de lui-même, et il lui paraissait intolérable que les vapeurs d'éthanol en viennent à embrumer sa conscience. De quoi rendre zinzin la particularité, et d'un petit verre d'alcool tirer tous les effets d'une goutte de LSD. En somme, le garçon n'avait jamais bu à outrance et n'avait guère expérimenté le lendemain de cuite qu'en de rares et éparses circonstances. La perspective d'y goûter ce soir ne lui disait rien qui vaille. Mais August était vaillant, et si par le plus grand des hasards Galahad l'incitait à boire davantage, il ne se débinerait pas. De toute façon, il était déjà trop tard, et le garçon songeait avec amertume à son intégrité qui le quittait au fur et à mesure des gorgées.

Il ignorait si son voisin se jouait de lui, dans cette histoire de gangster. Venant des syndrigastis, on pouvait s'attendre à tout, et lui-même avait dû s'adonner à quelques excentricités plus louches encore. Galahad était un mime, il aurait été dans son bon droit de chercher à, disons, comprendre son ennemi afin de mieux pouvoir le vaincre. Et rien de plus amusant pour un beau jour de 1928 que de s'illustrer parmi les Al Capone ! Cette idée paraissait pertinente à August.
- Mais Galahad, c'est dangereux, s'empressa-t-il néanmoins d'ajouter. Lui-même répondait sur le ton de la plaisanterie, de façon à ce qu'on ne puisse déceler s'il était sérieux oui ou non – manière de procéder avec laquelle il était familier et qui lui garantissait une totale neutralité.

Non, rien ne paraissait étrange à August. Il baignait dans une irréalité constante ; pour lui, étrange et impossible ne signifiaient rien qu'il comprenne réellement. Il avait bien tenté, auparavant, d'encastrer une bonne fois pour toute dans sa tête le concept de réalité, mais il lui avait semblé alors qu'on lui arrachait un morceau de son être. August exécrait cette bride qu'on lui imposait, qui le restreignait et qui lui dictait depuis son enfance les éléments stricts auxquels s'en tenir, parce que personne n'était capable d'en percevoir d'autres. On l'empêchait d'être lui-même, oui, c'était bien ça – même si être lui-même exigeait qu'il s'entoure d'une réalité perceptible par lui seulement.

Le grand sourire arboré par August ne s'amenuisa pas d'un pouce. Il aimait qu'on s'intéresse à sa merveilleuse particularité, et songea ô combien celle de Galahad devait être un fardeau. Le pauvre garçon avait hérité d'une malédiction, de laquelle on pouvait tirer certes quelques avantages, qui s'avéraient toutefois bien négligeables en regard du prix à payer. Alors August rit à la question de Galahad.
- Eh bien, comment pourrais-je le savoir ? Si je confonds le vrai du faux, il m'est impossible de dire si je les confonds réellement. Puisque je les confonds...
August avait accentué le mot « faux », comme pour faire valoir au mime qu'il avait dénigré son monde en lui appliquant un tel qualificatif. Il était faux pour les autres, certainement pas pour lui. Son intonation demeurait toutefois joyeuse et pleine d'un entrain nourri par le whisky, et il s'autorisa même un nouvel éclat de rire. Et comme son verre le poussait à l'ivresse, que tout paraissait soudainement plus dérisoire, August décida, pour une fois, de jouer franc-jeu. Et parce qu'en terme de handicap, Galahad en connaissait une tripotée.
- ...mais je vois ce que tu veux dire. Et, oui, ça m'arrive tout le temps.
Il s'assura un instant d'avoir bien capté son auditoire, et rangea en ligne sur la table, entre lui et Galahad, les trois verres qui traînaient devant eux.
- Regarde. L'un des trois n'est pas réel, attesta-t-il. Saurais-tu déterminer lequel ? Comment veux-tu... ? (Pause, soupir) Évidemment. Ça m'arrive. Pas tout le temps. Quand je ne m'embête plus à tout démêler. Mais je sais ce que je fais maintenant, et je t'assure qu'un des trois n'est pas réel. Celui du milieu.

On s'y serait cru à merveille, avec ce verre de bourbon taillé comme les autres et empli du même liquide doré. Mais dommage à qui voudrait en absorber le contenu ; il constaterait non sans tristesse qu'aucun alcool ne coulerait dans sa gorge...
Passé ce tour de magie improvisé, August se pencha à son tour sur son interlocuteur.
- Et toi, que dis-tu de ta particularité ? Est-ce qu'il t'arrive de confondre ta personnalité avec celles que tu copies ?



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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: Alcohol is for good folks (Galahad)   Mar 22 Aoû - 17:55


« But sometimes you even fool yourself a bit. It's like magic. But it's always been a smoking mirrors game, anyone would do the same. »

Question qui brûlait les lèvres, pourtant regrettée à l'instant même où elle fut apposée, intrusive. August faisait partie de ces êtres croisés à de nombreuses reprises, accoutumé à sa présence dans l'antre protectrice qu'était notre boucle de quarante-et-un, pourtant paradoxalement inconnu. Il fut voisin d'étage, subissant malgré-lui les aléas de mes propres lubies passagères sur le plancher qui nous séparait. Bulles respectives accolées l'une à l'autre, bien que sa magie fut nettement plus impressionnante que celle dont ma carne fut affublée. Dossier glissé sous les lattes d'un planché qui soufflait qu'il avait à quelques maigres années près le même âge, malgré son minois juvénile trompeur, aléas que d'être figé dans nos carcasse. En un sens nous avions de la chance, loin d'être des gosses qui le resteraient indéfiniment. Bien entendu, étant donné mon cas, ce ne fut qu'un maigre détail accessoire.

Mirettes qui se perdent dans l'ambre aux éclats d'or qui y trônaient, illusoires. Apaisement lorsque le rictus du syndrigasti s'étira d'avantage, n'étant visiblement pas gêné par l'intrusion et le questionnement donné. Ses mots, au même titre que le ton employé, parvinrent à provoquer un maigre rire, visualisant à peu près la chose. Il ne dura cependant qu'une seconde, sérieux apposé alors que la confidence fut soufflée. Les gestes furent décortiqués avec précision, détaillant les trois contenants qui s'alignèrent sur le bois. Ils furent réels et en tout point semblables, du moins ce fut l'impression dégagée. La lumière ambiante et autres reflets étrangers s'y apposant avec une exactitude déconcertante, peinant à percevoir une quelconque différence, œil trompé à merveille. « Prodigieux. » Signe d'admiration qui s'extirpe lorsque le faux est dévoilé, bien que le revers de la médaille ne dût pas être tout aussi fabuleux, pauvre voisin qui devait en réalité décortiquer constamment pour ne pas sombrer dans ses propres jeux. Écho lointain qui fut connu, apposant un bien maigre rictus compatissant.

Visiblement l'heure fut aux confidences soufflées, terminant les dernières effluves d'alcool pour éviter de grimacer à la question retournée. « Que peut-on en dire franchement ? » Haussement d'épaules, n'ayant jamais réellement aimé apposer des mots sur la chose et les handicaps cuisants, introverti lorsqu'il s'agissait de faiblesses ou autres hantises personnelles, bien qu'oreille attentive qui se plaisait à soulager les maux des autres. « Presque constamment. » Soupir, laissant les syllabes filer à ses oreilles. « Je présume que ça fonctionne un peu comme tes illusions à échelle interne, des petites subtilités vicieuses qui se glissent comme si elles avaient toujours été là. Tu veux que je te dise ? Je ne sais même plus si quelque chose m'est encore propre. Va savoir, je n'avais peut-être même pas cette tête à l'origine. » Rictus amer qui se dessine, vérité pourtant dérangeante que de peiner à retrouver les fils originaux, même lorsque ce qui fut qualifié de "résidus" s’atténue, digéré au bout d'un temps, peut-être parce qu'il sont simplement oublié. Ne pas savoir si cette contrainte fut d'avantage odieuse que la privation au possible de tout contact épidermique.  

« On devrait probablement trouver une façon de nous amuser pour ce soir. » Déclaration soudaine, oubliant la morosité et autre solitude dans cette antre malfamée. Signe en direction d'un serveur qui vint déposer deux nouveaux verres sur la table. Doigts qui se saisissent de l'un d'eux, ne préférant pas songer à ce qui peut se produire lorsque l'alcool à tendance à couler à flot, mésaventures bien souvent chaotiques, surtout lorsqu'un défilé de copies en tout genre défile. « Je ne suis pas certain que ce soit une idée judicieuse, mais à notre perdition. » Il fut levé en direction d'August, devenu compagnon pour la soirée, avant d'être porté aux lippes.


HJ:
 



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Alcohol is for good folks (Galahad)
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