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 Maybe I'm too busy being yours to fall for somebody new | August

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Eustache W. Heddington

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- Husky Docile -
❧ Boucle Temporelle : Londres 1941
❧ Particularité : Se métamorphose en toutou bienveillant aux yeux verrons
❧ Occupations : Horizontale à la nuit tombée
❧ Miroir :
❧ Missives : 127
❧ Yeux de verre : 48
❧ Crédits : (c) mad hattress ♥♥


MessageSujet: Maybe I'm too busy being yours to fall for somebody new | August    Dim 9 Juil - 22:53

Do i wanna know?
If this feeling flows both ways
Sad to see you go
I’ve started hoping that you’d stay
Now that we both know
That the nights were mainly made for saying things that you can’t say tomorrow day
August & Eustache


Reprendre vie. Engoncé dans des vêtements étriqués, une chemise blanche, surmontée d'un veston orné d'une montre à gousset logée dans une poche à l'avant de celle-ci, ainsi que d'une veste cintrée, vivant. Un pas après l'autre, le rythme est encore hésitant. Ton regard inquiet scrute les alentours. Personne ne semble guère prêter attention à un jeune homme boiteux. Tu passes machinalement une main dans ta chevelure en bataille, avant de saisir un paquet de cigarettes de la poche de ton épais manteau. Rapidement, une d'elle se coince entre deux lèvres pincées, elles aussi hésitantes. Une main peu habile saisit le briquet, qu'elle manque une, deux fois, d'échapper au sol. Maladroit comme un nouveau né, évoluant dans un corps d'adulte. Pinçant la cigarette, tu en tires une longue inspiration, tu te plais à observer la fumée s'échapper dans les cieux. Danse aérienne exceptionnellement captivante. Tu redécouvres la sensation de la nicotine dans l'organisme. Elle brûle la gorge, cette première cigarette depuis plusieurs semaines. Elle aussi, elle t'aide à te sentir vivant, à te sentir humain. Car voilà plusieurs semaines que ton enveloppe charnelle humaine n'avait pas refait surface. Les vêtements démangent, tu regrettes amèrement la couverture des poils du chien. Tu regrettes d'être là, bien droit, évoluant dans les rues du New York des années vingt. Tu ne parviens pas à comprendre le moindre signe envoyé par les pulsations de la ville. Ton regard, effrayé, fuit le moindre contact oculaire, et le moindre bruit sourd fait remonter un grondement sourd du fond de ta gorge, vestige d'une animalité embrassée pendant plusieurs jours.

Tu regrettes le calme de l'enveloppe canine. Tu aimerais, là, en plein milieu de la rue, retourner sous cette forme. Ton enveloppe charnelle te gêne, tu t'y sens enfermé, sans la moindre possibilité de salut. Tu es condamné à vivre avec ses sentiments si fondamentalement humains. L'amour. La colère. La honte. Le désespoir. Ceux-ci remontent à la surface à la mesure de vieux compagnons, poussiéreux mais pourtant encore présents, prêts à surgir à tout moment, si la barrière animale s'abaisse. Ton besoin d'affection, lui, se dissipe, laissant place à un infini sentiment de solitude, injustement ressentie. Le remord, déchirant pour l'homme, n'existait pas pour le chien.

New York s'avérait être le refuge idéal pour fuir ce que les boucles étaient entrain de subir. A nouveau, tu étais en fuite, incapable de trouver un foyer sûr. Ton seul havre de paix était compromis depuis longtemps, et le seul nom de l'individu qui en était à l'origine continuait à brûler tes lèvres, incapable de laisser échapper le nom interdit. Et quel nom. Le nom d'une condamnation, d'une damnation. Tu secoues la tête, les pensées se bousculent, incapable d'y faire face tu te contentes de clore les yeux, de prendre une grande inspiration. La foule d'anonymes semble si heureuse. La ville est agitée, et tu t'y perds, caché derrière un écran de fumée. Il te faut parfois réfléchir aux gestes qu'il t'est donné de faire. Un pas, puis l'autre, faire attention à l'équilibre. La marche elle-même est un exercice complexe, bien différent que celle enclenchée par le canidé. De même que la respiration, bien plus saccadée que celle du canidé, doit retrouver un rythme habituel. Tout semble si différent, à hauteur d'homme. Il te faut réapprendre à être humain. Expérience étrange, déroutante, que d'expérimenter le fonctionnement d'un corps que l'on a quitté durant un certain temps. Délaissée l'enveloppe charnelle humaine synonyme de douleurs incandescentes, au profit du calme cocon canin.

Un klaxon de voiture suffit à te dérouter et à te faire perdre l'équilibre. La grande ville s'avale tout d'un coup. Les habitants sur le trottoir te bousculent et te voilà à genoux, au sol, tremblant, n'osant plus relever la tête, de peur de croiser un regard inquisiteur, de peur de découvrir face à toi le visage oublié. Un grondement surgit sans prévenir et te pousse à te remettre debout, et dans un excès de rage, tu bouscules à ton tour les habitants de la boucle, figés dans leur constante valse. Leurs regards te scindent mais tu poursuis, tête baissée, mains tendues, à fendre la foule. S'échapper. Le souffle est coupé. Pris de panique, tu te réfugies dans une ruelle plus petite, où la circulation se fait rare, et appuyé contre un mur plein d'urines, tu laisses tranquillement ta poitrine se soulever au rythme d'une respiration perdue. La tentation grandissante d'ôter ce déguisement, pour reprendre une forme véritable. La nécessité de retrouver le calme d'un esprit pur. Coinçant à nouveau ta cigarette entre tes lèvres, tu saisis ta tête, cherches à faire le vide, à mettre de l'ordre au sein de pensées confuses, mais impossible. Bien trop d'informations pour un nouveau né dans un corps d'adulte. Quelques minutes furent nécessaires à calmer ton esprit engourdit. Tu ne remarquas que tard que la nuit commençait à ensevelir la ville, et le mystère, et l'inconnu, que représentait cette absence de lumière, te saisit d'une panique nouvelle qui t'obligea à quitter ton refuge pour rejoindre à nouveau la foule agitée.

C'est l'odeur qui le trahit, tout d'abord. Par la légère brise, elle te parvint. Elle te figea sur place. Elle était si forte, si envoûtante… Porteuse de souvenirs, dissimulée derrière un voile iodé, rythmé par la brise marine et le clapotait de l'eau sur le bois. Ton corps entier fut saisit d'un frisson violent, qui te paralysa. Ton regard scrutait les centaines d'inconnus, riant aux éclats. Et parmi eux devait nécessairement se trouver son visage joyeux. Il était là. Paniqué, incapable de bouger, tétanisé. Tes jambes se refusaient à leur mission originaire et chancelant, tu te raccrochais aux bras des passants. Un couinement s'échappa de tes lèvres bien trop humaines. Ces lèvres… Ces lèvres qui n'auraient jamais du en rencontrer d'autres, ces lèvres interdites. Une main tremblante se pose sur celles-ci, l'autre étant occupée à éloigner la cigarette éteinte. Le chien veut reprendre sa place et si tu ne ressentais pas sa présence, tu lui aurais laissé le champ libre. Mais il te fallait le voir, à nouveau. Apercevoir son rictus enfantin. Ressentir sa chaleur. Te voilà jappant à ton amant, appelant celui qui fait battre ce coeur humain pourtant brisé. Le chien recherche lui aussi son affection, il la ressent à travers ton esprit embrumé. Et c'est dans un aboiement mêlé à une voix bien trop grave pour être humaine que s'échappe le nom imprononçable « August... ». Il est là, parmi les passants. Un autre grondement s'empare de ta gorge tremblante et tu te lances à sa recherche. Ton corps entier tend à le retrouver, et tu poursuis avidement son odeur, enivré par sa seule présence, là, anonyme, au milieu de tous. A nouveau déboussolé, tu loupes un pas et tes jambes, si longues, si humaines, s'emmêlent et entraînent à nouveau ta chute. Désespéré, poussant un nouveau jappement effrayé, tu sais la première jambe qui passe. Pendant plusieurs secondes tu restes au sol, pleurant, couinant tel le canidé que tu préférerais être. Il est là… Il est là… Alors même que tu le fuis, tu le fuyais si loin… Le canidé est là, prêt à surgir, mais ton corps entier, saisit dans un frisson constant, n'obéit plus à rien. Ton esprit embrumé balaye le souvenir de son visage, baigné dans la lumière, rayonnant. Non, ne pas y penser. Un aboiement, encore, alors qu'une main semble saisir ton bras. Incapable de lever le regard, tu subis le geste. L'odeur est plus forte. Il est là, August. Celui que depuis des semaines tu te contente de fuir. Il est là. Tu fermes les yeux, chasses sa voix dans ta tête, son visage… Je te retiendrai…
Made by Neon Demon


Au clair de la lune,mon ami Pierrot,filons, en costume présider là-haut ! Ma cervelle est morte. Que le Christ l'emporte ! Béons à la lune, la bouche en zéro.

woufwouf

♡ ♡ ♡
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August Hastings

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- Illusionniste mythomane -
Le gros Gus
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941
❧ Particularité : Insuffle des images mentales à tout un chacun, distord la réalité dans la tête d'un individu
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MessageSujet: Re: Maybe I'm too busy being yours to fall for somebody new | August    Dim 16 Juil - 1:03

i'm to busy being yours

Eustache & August

Le ciel crépusculaire de New-York s'épanchait sur la ville incandescente. Les passants déambulaient depuis des décennies dans ces mêmes avenues illuminées, enfermés dans leur rengaine infernale. Quant à lui, August s'y promenait allègrement. Il parcourait la ville depuis plusieurs jours déjà, attaché à ses flâneries solitaires, douces échappées qui le soustrayaient à la mélancolie.
La boucle l'éprouvait. Elle jouait avec ses nerfs depuis qu'il y avait posé un pied, le ballottait et le tordait et s'amusait de son malheur, et August ne savait plus qu'en penser. Pour autant, il estimait que cette insécurité permanente valait mieux que le confort de 1941 : il aurait laissé les beaux jours de juillet le griser pour l'éternité, perdu entre les colonnes d'acier aux mille fenêtres, parce qu'il est des démons qu'il vaut mieux tenir à distance.

August se sentait parfaitement new-yorkais à présent. Sa Londres lui manquait, mais n'était plus qu'un lointain souvenir grisâtre. Comment avait-il pu rester si longtemps dans la poussière, quand le spectre chromé de New-York s'offrait à lui ? Des restrictions, il ne découlait plus qu'abondance ; des bombardements ne subsistaient que les danses, et loin devant, la sublime Amérique surplombait l'austère Angleterre. Même son accent avait mué, légèrement, et de lointains échos étasuniens modulaient ses inflexions britanniques. Il s'imaginait déjà, maître incontesté de la Big Apple, salué par les riverains sur la Cinquième Avenue, ou Broadway, ou Times Square, ou du côté de Harlem – cette ville était si grande qu'on n'en finissait jamais d'en faire le tour ! Sur terre, en l'air, dans les vitrines, dans les rues, de jour, de nuit, il y avait tout à voir, tout à contempler. Et August, comme un enfant dans un magasin de jouets, attrapait tout ce qu'on son regard pouvait saisir – et il s'enivrait des curiosités, lumières, couleurs, vêtements, peintures, pâtisseries, livres, musiciens, restaurants, et soudain, un corps.

Étendu sur la chaussée, à l'heure où il est trop tôt pour l'ivresse, la douleur qui en émanait était si profonde qu'August manqua de hurler sur les passants alentours ; pourquoi ne s'occupait-on pas de lui, son pauvre Eustache, pourquoi l'évitait-on comme s'il s'était malade ou contagieux, pourquoi se voilait-on les yeux si aisément devant la détresse ? Le monde le dégoûtait d'un coup, il le reniait dans sa dimension bêtement « normale », et il devint fade et répugnant, alors que ses habitants tout aussi fades et répugnants, et médiocres et égoïstes, lui broyaient les hanches et lui pulvérisaient la cage thoracique. Son cœur, emporté par la houle de la hargne et du dédain et du plus violent désespoir, se retourna devant le spectacle désolant d'Eustache.
- Relève-toi, ordonna-t-il.
Un peu de courage, manqua-t-il de brailler. Sois un homme ! On ne se laissait pas aller à ses états d'âme en public, en plein New-York, non, on ne faiblissait pas de la sorte à la vue de tous ; on prenait ses cliques et ses claques, son courage, sa dignité, et on respirait un grand coup, on affrontait la face du monde, on bravait le dégoût et la solitude, on avançait, fier et souverain des autres, maître de soi, dominé par soi et soi-même, et jamais on ne s'abandonnait de la sorte, par respect, dignité, volonté, courage ; et il pourrait bien aller crever, le premier qui voudrait marcher sur August abattu dans la foule. Pourquoi se laissait-il mourir ainsi, sous les projecteurs du théâtre du monde ?

Devant le peu de résultat provoqué par son invective, et devant la pitié comme la colère que lui inspirait Eustache, Hastings ne lui fit pas l'affront de lui ordonner une nouvelle fois de se ressaisir. Le mourant lui saisit le bras et l'attira vers lui. Et alors qu'August s'agenouillait à ses côtés, le regard fiché sur le désespoir de son voyageur, la haine s'estompa, peu à peu. Cette vision apocalyptique lui tordait l'âme si fort qu'il se surprit à souhaiter que tout cela ne fût pas réel ; et il refusa de songer qu'il aurait pu être la cause de ces terribles maux.
Une main calme et obséquieuse saisit celle qui l'avait attrapé. L'autre s'apposa sans bruit sur la poitrine, réconfortante et chaude, alors que tout autour d'eux, la foule disparaissait, emportée dans une illusion désertique où seul s'accrochaient le décor de la rue, et eux.
- Redresse-toi, souffla-t-il au creux de son oreille, pour être sûr d'être entendu, et parce que sa voix tremblante devenait comme du velours pour le rassurer. Il faut y aller. Suis-moi.

Dans la ville onirique où toute présence humaine s'était évaporée, où August en oubliait qu'elle eût même pu exister un jour, il saisit Eustache, doucement, avec toute la patience et la délicatesse que lui incombait une telle mission. Il guida le garçon à travers la ville fantomatique, l'aidant à marcher quand il fallait. Il l'amena non loin de là, dans un coin peu fréquenté du quartier, une ruelle oubliée doublée d'une placette où un banc semblait attendre depuis des siècles la venue de visiteurs d'un temps passé. Il y faisait frais, sous les feuilles du marronnier surplombant l'assise de bois. La petite place avait belle allure, les commerces colorés somnolaient sous la chaleur de l'après-midi, l'étroitesse des lieux rappelait le Sud de l'Europe, et on ne se serait guère étonné de voir ce même endroit en Italie ou en Espagne, au sommet de rues tortueuses et pavées ; une étrange poésie planait sur la place, parmi les pétales de fleurs et les lampions, et les devantures des magasins.

August assit son ami sur le banc et arpenta l'espace devant lui. Cette rencontre inattendue le chamboulait, lui empêchait de penser correctement. La crainte, la tristesse, et la joie, aussi, de retrouver Eustache dans ses bras, emmêlaient ses esprits en un complexe et inextricable réseau noir d'encre. Il ne savait trop dire quelle émotion l'emportait sur les autres, et résolut finalement de n'en ressentir plus une seule ; Hastings marchait sans plus pouvoir s'arrêter, fulminant, bouillonnant d'une rage sourde, soucieux de céder un instant à la colère, puis à l'adoration, puis à la terreur ; et comme il martelait le sol comme un dément, il se ficha d'un coup en face du banc – ses yeux plein phare sur ceux d'Eustache.
- Tu m'as abandonné.
La voix était morne, détachée ; froide. Nulle trace de reproche ne vint pourtant ponctuer celle-ci. Il s'agissait du constat le plus évident, le plus honnête – comme il aurait pu lui dire qu'ils se trouvaient à New-York. Aucune émotion ne semblait plus transiter par l'intérieur d'August, car il les réprimait toutes à la fois. Il ne savait guère gérer cet entrelacs de messages contradictoires qui s'agitaient en lui. Ils lui parasitaient le cerveau, l'empêchaient de réfléchir, le portaient aux nues et l’assassinaient en retour. Il ne serait plus qu'une coquille vide le temps que passent la stupeur et la haine et le regret et l'amertume ; il se taperait la tête contre les murs pour qu'ils se dissipent et ne reviennent jamais.

Alors, August avait réfléchi, puis parlé, parce qu'il s'agissait de la décision la plus rationnelle.
En premier lieu, Eustache l'avait abonné. Il avait cédé à la honte, ou la tristesse, ou autre chose qu'August ne comprenait pas. Il lui avait dit, pourtant, qu'il ne voulait pas voyager seul, et pire, même ; il lui avait dit avoir besoin de lui. Mais Eustache avait eu peur et était parti sans préavis.
En second lieu, sa présence provoquait en lui le plus grand soulagement, en même temps qu'elle lui remémorait des souvenirs qu'il s'efforçait de reléguer aux tréfonds de son âme. Pourtant, une inexorable sensation de bien-être s'assortissait de la présence d'Eustache ; et August avait eu tellement peur, coincé dans les méandres terrifiants de cette boucle ténébreuse, acculé par bien des péripéties, que la vue de son ami, face à lui, écartait tout à la fois la rancune et la colère et l'orgueil.

Alors, sur la placette, sur le banc, sous le grand marronnier, à l'abri du monde, transi et meurtri, August s'approcha, doucement, s'assit à ses côtés, et s'effondra dans les bras d'Eustache.



I became insane with long intervals of horrible sanity.


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