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 Ossements ❧ August & Gustave

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Le Corbeau

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- Oiseau Suprême -
❧ Boucle Temporelle : Toutes, un battement d'aile et me voilà dans une autre boucle.
❧ Particularité : Maître du destin, l'univers entier me sert de marionnettes
❧ Occupations : Entretenir le monde, le faire tourner.
❧ Miroir :
❧ Missives : 228
❧ Yeux de verre : 274
❧ Crédits : Mad Hattress


MessageSujet: Ossements ❧ August & Gustave   Lun 10 Juil - 3:56

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- August & Gustave -

Corbeau qui croasse, bruissement des feuilles alors que la nuit tombe. La fraîcheur du soir est mordante et la terre est humide. August, tu flânes, oublie les disparitions et autres tracas qui te passent un peu au dessus de la tête, une journée banale en apparence. Gustave, voilà plusieurs heures que tu enquêtes, mais quelque chose semble clocher, probablement ce regard qui t'épies avec intensité et que tu ne parviens à dénicher. Vos routes s'arrêtent brusquement, emportés dans un flou vaporeux. Voilà que vous trouvez refuge au fin fond d'un caveau inconnu et apparemment scellé, perdu dans une obscurité profonde. Vous n'avez pour seule compagnie que quelques squelettes enfermés dans leurs cercueils de bois vernis. Il va falloir sortir avant qu'on ne vienne vous chercher pour vous embarquer comme tout les autres.
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http://songofthegears.forumactif.com
August Hastings

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- Illusionniste mythomane -
Le gros Gus
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941
❧ Particularité : Insuffle des images mentales à tout un chacun, distord la réalité dans la tête d'un individu
❧ Occupations : Expérimentateur chevronné
❧ Miroir : Va cliquer ailleurs :(
❧ Missives : 175
❧ Yeux de verre : 50
❧ Crédits : Lux Aeterna, Musset, Poe


MessageSujet: Re: Ossements ❧ August & Gustave   Mer 19 Juil - 23:41

Ossements

- Gustave & August -

Le feu crépitait dans l'âtre. Seul le bruit des pages tournées accompagnait son doux murmure. L'atmosphère de décembre était chaleureuse, douce et bienveillante, tandis qu'August se coulait dans un grand fauteuil. Il s'adonnait à Steinbeck, dont l'exactitude des écrits lui évoquait irrésistiblement Hemingway et ses bateaux, ses portraits et ses hommes. De son siège, Hastings se projetait en plein cœur des États-Unis, dans quelques états où le Soleil se fondait éternellement sur les hommes et leurs peaux brunes. August, un fusil à la main et un chien à ses pieds, se tenait au côté des moissonneurs, saisonniers, vagabonds, épuisés des récoltes et saouls dans les ranchs, piétinant la poussière et haletant sous la chaleur.

Un coup de feu, et voilà qu'on assassine un tel ou un tel ; un berger, un homme, une souris, August n'en savait plus rien. Il s'entourait volontiers d'illusions dans ses lectures, et projetait dans son esprit en images les mots consignés sur les manuscrits. Pourtant, il ne lui semblait guère que Steinbeck évoquât une buée sombre et visqueuse, parmi la sueur et le travail des bêtes. Mais tout autour de lui, l'obscurité s'immisçait, ténèbres oppressantes qui l'enveloppaient peu à peu – et August sut qu'il ne s'agissait nullement d'illusions. Un vertige l'accabla tandis que ses forces s'évanouirent, et il perdit connaissance avant de pouvoir s'inquiéter.

August ouvrit les yeux. Du moins, il lui sembla les ouvrir ; mais il ne distinguait guère que la pénombre. Sa conscience s'éveilla en sursaut, alarmée par la pensée qu'on lui avait peut-être ôté la vue. Mais quelques minuscules rais de lumière au ras du sol, imperceptibles, l'informèrent qu'il se trompait.
Saisi d'une panique grandissante, car il ignorait tout de sa situation, August amorça un élan vers la lumière faiblarde, ô combien ténue ; Steinbeck glissa de ses genoux et s'écrasa sur le sol dur, rêche, inhospitalier. Et August se heurta à un obstacle dont il n'identifiait pas la nature, imposant, creux. Hastings était en proie à l'effroi le plus indescriptible, alors qu'il cherchait son livre à tâtons dans les ténèbres épaisses. La plus sainte horreur lui transperçait les boyaux tandis que, une fois le livre récupéré (car il était l'élément le plus rassurant, et surtout, le seul auquel il pouvait se raccrocher), il s'élançait à nouveau à quatre pattes vers les rais de lumière grisâtre qui s'acheminaient avec difficulté jusque dans cette prison macabre.

August cogna la paroi glacée, avec un poing, puis les deux. Il apposa tout son poids sur ce mur infranchissable, et s'acharna de la sorte quelques bonnes minutes avant de renoncer, quand la cloison ne bougea pas d'un pouce.
Il s'affala contre le mur de la cellule, Steinbeck serré contre son cœur, comme s'il le préserverait des forces infernales, et inventoria les poches de sa veste ; rien, il ne disposait de rien permettant d'émettre le moindre photon de lumière. Aucun briquet, aucune allumette, aucune torche ne lui offrirait le salut. Tout à l'inverse, l'obscurité l'enserrait et le broyait et l'étouffait. Elle semblait grandir davantage, et ce mince espoir, cet ultime rai de lumière, s'estompait peu à peu à la faveur de la nuit noire.

Hastings n'avait nullement l'intention de parcourir toute la pièce à tâtons. Ce qu'il pourrait y trouver l'effrayait trop. Le bruit de sa respiration affolée qui se répercutait sur les parois l'informait qu'il était dans une pièce close, assez restreinte et encombrée – il n'y décelait guère d'écho important.
August ployait sous la terreur. La fente qui dispensait les quelques faisceaux morbides laissait passer un courant d'air froid en provenance de l'extérieur. La délivrance était à quelques centimètres à peine de lui ! Dans un acte désespéré, il se mit à gratter le sol de ses ongles, près de l'excavation abhorrée ; comme un dément, il raclait l'entrée du caveau infernal, escomptant se frayer un passage sous le mur, dans un tunnel creusé par lui. Et il geignait, presque pleurnichant, alors que ses ongles s'éclataient en vaines tentatives contre le sol d'acier.



I became insane with long intervals of horrible sanity.


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