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 ONE SHOT ◭ Clarence

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Clarence F. Bannerman

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- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Miroir :
❧ Missives : 426
❧ Yeux de verre : 91
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: ONE SHOT ◭ Clarence   Lun 10 Juil - 23:57

Spoiler:
 

100 réponses rp ça se fête !

     Le futur était effrayant. Dans ses uses et coutumes, tiré d’une bride pour le faire fonctionner.
     Clarence s’était méfié de lui et plus encore de cette femme aux grandes lunettes - Deux grosses loupes circulaires engloutissant yeux paupières et sourcils. Elle marchait le menton creusé, la mine déconfite de vingt années de sexualité en jachère. Un sourire carnassier lorsqu’elle écoutait en boucle les mêmes requêtes déposées au guichet de la mairie ; le même qui s’était étiré sur ses lèvres lorsqu’elle avait surpris ce pauvre homme fouiller dans les tiroirs de l’administration une nuit. Surprise, agacée, puis délicieusement excitée par ce qui venait animer la monotonie d’un quotidien. Elle n’aurait pu mieux le savoir, depuis longtemps acculée aux tâches d’une même journée. Comment aurait-il pu savoir qu’un système de surveillance se déclencherait ? Il n’avait jusqu’alors jamais connu de tels outils, sa sécurité satisfaite d’une nuit à vérifier les allers et venues des employés. Elle avait rebroussé chemin, courant sur la pointe des pieds jusqu’à sa voiture. Une main contre sa bouche pour éteindre ses murmures inaudibles, amusée d’une situation au point de sentir sa vessie se contracter. Le téléphone raccroché, elle avait serré les cuisses en attendant que les deux hommes arrivent ; pointé un doigt vers la fenêtre des archives où le faisceau d’une lampe torche fût aperçu, et admiré l’arrestation avant de courir aux toilettes.

Commissariat – 22h37

« Vous voyagez sans papiers d’identité, monsieur ?
- Bannerman. »
     Sans identité serait plus exact. Qu’il s’amuse à chercher, se dévoiler fantôme serait un meilleur jeu que de mentir sur son nom. Comme s’il ne fût pas assez difficile de se retrouver dans cette situation. Il en oubliait que la vérité allait de pair avec celles qu’il redoutait de connaître, et que seule cette époque détenait. Peu importait, la prochaine nuit tomberait bien assez tôt pour effacer cet incident, s’il fût capable de s’en sortir avant.
« J’ai vécu 12 ans avec elle... Vous pensez connaître une personne et elle fuit un jour sans rien d’autre qu’une lettre. Ce que j’en pense, cette lettre n’était qu’un ramassis de mensonges. Personne ne court après quelqu’un qui cherche à fuir sa vie et elle l'avait compris. J'ai appris qu'elle avait un vieil oncle ici, et je ne sais pas, j'ai voulu retrouver sa trace. L'amour rend stupide. »
     Clarence avait figé son regard sur un cadre photo accroché au mur, les yeux ouverts depuis plusieurs secondes pour faire naître quelques larmes pudiquement retenues. Il écrasait ses doigts dans la chaire de ses joues, masquant sa bouche d’une main toujours bandée.
« Une belle histoire, mais vous comprendrez que cela n’excuse pas de contourner la loi. »
     Un emmerdeur, bien plus fier de rendre son calme à Castletown que d’aider un anglais. Il allait « faire tout mon possible pour boucler cette histoire au plus vite », mais ne pouvait consciemment pas se baser sur les dires d'un étranger et laisser une faute impunie.

Prison annexe – 23h03

     Un joueur de balalaïka entonnait une chanson dans la cellule voisine, criant sans mélodie l’histoire d’un homme ayant bu la tasse en traversant la mer pour rejoindre l’Irlande et boire une bière. « Il a eu le droit de garder son banjo ? » « C’est un balaïlatruc, pas un banjo. » Les deux prisonniers s’étaient tassés contre le mur de la cellule, échangeant depuis peu des mots comme deux étrangers deviennent amis en roulant la même chique. Ils ignorèrent leur troisième compagnon jusqu’à épuiser toute conversation. Les raisons de leurs venues ici, enjolivées en héroïsme pour la beauté du récit, puis l’éternel menace du système, comme si l’autorité gouvernementale fût un problème à tout.
« Et toi t’es là pour quoi ? »
     Clarence tenu droit contre la porte de la cellule, attendait patiemment de voir réapparaître son commissaire avec les clés de sa liberté. Nulle confiance, il était par-delà trop angoissé, mais sut à peine le reconnaître dans un corps voulant tenir droit. Il soupira, le front creusé de vagues.  
« Cambriolage.
- T’as fait quoi, t’as volé des petites culottes chez les bourgeoises ? »
     L’homme rit à sa propre blague, cherchant le regard de son voisin pour qu’il l’accompagne. Peine perdue, le rire de son  allié était forcé et étranglé sous une nouvelle lueur de culpabilité.
« Une épicerie. Cela reste moins impressionnant qu'une banque.
- Avec ta tenue du dimanche ? »
     Clarence avait baissé les yeux sur ses vêtements, trois pièces portées par 108 années d’habitude, et voilà que les regards qu’ils suscitaient contribuèrent à lui faire détester 2016. S’il n’avait pas accepté d’aider Archibald à retrouver sa grand-mère, pour une raison devenue floue à mesure du temps, - et qui se souciait de ses grands parents ? - certainement ne se serait-il pas retrouvé en prison. Bien sûr le garçon ne l’avait pas envoyé chercher dans les registres de la mairie, mais cela n’empêcha pas qu’il fût rendu coupable du crime d’un autre. Parce qu’il eut été commis pour lui rendre service. Imbécile.
     Clarence haussa les épaules, assumant d’apparaître un peu cinglé si cela lui permettait d’obtenir sa tranquillité. Mais les minutes de silence à écouter la langue vernaculaire du monde carcéral, comme si ces cellules de détention provisoires contribuaient à forger un caractère de prisonnier, finirent bien vite par ennuyer les deux hommes tenus sur la banquette.
« C’est quoi ces bandages ?
- Je me suis brûlé les mains en récupérant des toasts au four. Les toasts brulés deviennent verts à la lueur d’une bougie. »
     « Tu te fous de ma gueule le dandy ? » L’homme n’avait pas bougé mais ses pieds frottaient le sol frénétiquement. Clarence sentit son cœur s’accélérer, caressant le rythme de ses respirations en espérant bientôt sortir de cette cage. Il s’en serait satisfait, s’il n’avait pas été contraint de l’occuper avec un tiers. Une intimidation de plus à se retrouver au milieu d’autres hommes, rabattus dans leurs clos comme s’ils furent le bétail soumis à l’abigéat. Le prisonnier le fixait, récupéré ivre sur une route à casser du verre. Ses pupilles se dilataient comme deux sombres ellipses sous ses longs cils. Il attendait une raison valable pour envoyer son poing dans l’ossature d’un compagnon, écrasé par le poids d’une vie bien plus qu’une incarcération. Alors Clarence se proposa-t-il de lui montrer l’intérieur de ses mains. Il tenta de ne pas trembler, les paupières apeurées au point de secouer ses doigts, rendant ses gestes imprécis alors qu’il lui fût par habitude si facile de faire et défaire ses bandages. Il dégagea les deux, offrant le dos de ses mains pour garder la surprise de leurs envers, puis attendit d'être près de la banquette pour leur offrir ses paumes.
« Que crois-tu que je peux faire avec ça ? »
     La lèvre du prisonnier s’était relevée sur ses gencives, exprimant le dégoût d’un homme avant sa peur. Furtivement, avant qu’il ne se lève et se mette à hurler les gardiens – crier au monstre. L’agitation s’empara des cellules bien avant que tous comprennent les raisons de ses cris. La chanson avait cessée, les fesses relevées des banquettes et des sols pour s’approcher des barreaux et comprendre ce qui rendait fou les trois prisonniers de la cellule du fond. Le deuxième s’agrippa bientôt au bras de Clarence, la sueur perlant sur son front tandis que l’autre hurlait visage et bras extirpés des barreaux. L'assaillant hurla à son tour. « Il faut lui couper ! » Une prière s’élevait doucereuse dans le vacarme, accompagnée de larmes qui durent pardonner ses pêchers à l’un des prisonniers venu se recroqueviller dans un coin. « Penses-tu que ça les arrêtera ? » Clarence luttait pour lui faire lâcher prise, fermant les yeux pour ouvrir les deux autres, et ses gestes devinrent bancales sous l’autorité de mains ayant pris vie. Les policiers arrivèrent devant la cellule, matraques et clés sorties pour intervenir. Clarence replia ses doigts sur ses paumes, attendant que son adversaire fût maîtrisé et lui-même attrapé pour souffler.

Commissariat – 00h24

« On le laisse là ? » « Où veux-tu qu’il aille ? »
     Ses doigts se serraient dans ses poings, interminable torture que de les garder pliés sur sa paume. Les paupières devenaient douloureuses sous leurs pressions, souhaitant par-dessus retrouver la douceur de bandages trop serrés. On l’avait ramené au bureau du commissaire, attaché à une chaise en attendant que les deux autres poivrots soient maîtrisés. Il s’était laissé faire, priant pour que les mots d’un homme imbibé ne soient pas pris au sérieux, et la violence de ce dernier avait malheur pour lui, attiré toutes les attentions. Ils s’afféraient en sous nombre à le calmer, tenait d’un autre bras leur deuxième cinglé.
     Clarence resta quelques instants sur sa chaise, tournant son regard vers la scène d’un couloir transformé en zoo, et même le policier tenu devant la porte du bureau dû finalement intervenir. Ils reviendraient, découvriraient, et les menottes ne pourraient certainement être brisées avec autant de facilité. Il se saisit de la chaise, profitant d’une dernière vague de folie pour rejoindre la fenêtre. « MAIS BORDEL REGARDEZ ! REGARDEZ ! » Le poivrot criait, serrait les doigts sur les poignets des hommes comme s’ils furent des goulots de bière à briser. Clarence ouvrit la fenêtre, le cœur battant dans ses tempes jusqu’à l’empêcher d’entendre leurs mots. La chaise passait mal, accrochée d’un pied puis de l’autre, retombant finalement sur le parterre de fleurs en entraînant son bras. Les deux jambes dehors et il se mit à courir, la chaise tenue à deux mains s’il voulut fuir assez vite. « MERDE. » Le goudron, la plage, le port. Un silence que les sirènes menaçaient de rompre, et une journée annoncée qu’il lui faudrait passer reclus jusqu’à la soirée. Plus jamais, non, plus jamais. Cette époque n’était pas sienne et elle lui fit comprendre d’une façon des moins tendres. Le dos de la chaise s’écrasa sur la porte de Daphné, le cœur haletant alors qu’il lui fallut quelques secondes pour reprendre son souffle - avant de rire.




TROUBLED PLAYER - “A desk is a dangerous place from which to view the world.” John Le Carré.
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