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 Upside Down ◭ ft. Galahad

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Clarence F. Bannerman

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- Garde tout le monde à l'oeil -
❧ Boucle Temporelle : 22 mars 1941, retourné à une Guerre qu'il crut avoir un jour classé dans son passé.
❧ Particularité : Les paumes de ses mains se sont un jour courbées de deux yeux supplémentaires. Deux paupières qu'il condamne depuis à l'obscurité.
❧ Occupations : Curiosité ou intentions cachées, il remplit les pages de ses dossiers aux couvertures criblées des noms des syndrigastis qu'il rencontre.
❧ Miroir :
❧ Missives : 428
❧ Yeux de verre : 91
❧ Crédits : © Mad Hattress | Ananas de mes nuits et de mes jours


MessageSujet: Upside Down ◭ ft. Galahad   Mer 19 Juil - 0:15


Upside Down
Galahad & Clarence

     Elles avaient disparues. Bel et bien, entre deux gorgées de thé comme s’il fût dès l’instant absous de ses pêchers. Le soulagement n’exista d’abord pas, écrasé par la différence d’un corps devenu normalité. Il sembla les sentir disparaître, lorsque la brise caressa une peau neuve sous les bandages détendus. Il avait glissé ses doigts contre les bandes de tissus, appuyé au centre de ses mains sans en reconnaître les courbes. Étranger à lui-même, bizarrement, parce qu’il eut été habitué à être différent. La tasse de thé avait subitement été reposée, éclaboussant la table et brûlant quelques doigts. Un juron siffla entre ses dents, ses doigts afférés à dénouer les bandages retenus autour de ses mains. Leur intérieur devenu vide, il se sentit bien plus triste qu’il pensait un jour l’être si elles disparaissaient. Sans raison, comme s'il leur avait fallu attendre de gâcher sa vie, se lasser du plaisir de voir leur hôte se plaindre de leur présence. Il n’eut plus aucun mot mais personne également à qui les dire, seul dans une pièce sans comprendre – méfiant d’une nouvelle supercherie. Dans les jardins déjà, elles avaient partagées leurs caprices, demandant la lumière d’un jour interdit ; et les voir à présent absentes vint à la rendre fou. Il osa à peine poser ses doigts sur les surfaces des meubles, levé sans bras comme si ses mains ne lui appartenaient pas. S’il y avait cru, certainement aurait-il pleuré, laissé le soulagement baigner ses faux espoirs ; mais son esprit étriqué demandait ses explications, méfiant de nouveautés comme de soudaines illusions. Il ferma les yeux et ordonna aux paupières de s’ouvrir, se sentant désormais piégé dans le seul regard qu’il eut accepté. Les paumes étaient dénudées, et toutefois bien plus solides qu’elles ne l’eurent jamais été. Prêtes à se saisir et à empoigner, comme ses doigts longtemps ne furent autorisés. Mais leurs bouts effleuraient à peine la chaire, levés devant lui tandis qu’il se précipitait dans le couloir, oubliant sur une chaise la veste dont il n’osa pas se saisir.

« Excusez-moi ? »
     Une silhouette ronde se dessinait au fond du couloir. Elle fuyait sa présence d’un pas tambourinant. L’ombre s’était étirée à mesure que Clarence la rattrapait, arrêtée dans sa marche pour dévoiler l’impatience d’un homme ralenti par son embonpoint. Plus petit qu’imaginé une fois arrivé à sa hauteur, il levait les yeux sur Clarence sourcils mi- haussés mi- froncés.
« Qu’est-ce que vous voyez ? »
     L’homme observa les paumes vides, les lèvres boudeuses sur le vide de paumes nues – croyant soudain être pris pour un imbécile.
« Rien ? »
     Il attendait la suite de cette histoire, yeux levés sur Clarence, mais l’étranger restait lèvres et mains ouvertes dans le silence. Le petit homme fronça les sourcils, déçu peut-être, du tour de magie qui ne viendrait pas, ou bien inquiet de cette folie décelée dans le regard du l'autre. Il recula d’un pas, tourna les talons avec hésitation, et fût très vite rattrapé par la main nue ayant saisit son poignet.
« Attendez. »
     Clarence sentit son corps se boursoufler, s’alourdir sous le poids d’un ventre bedonnant. Il avait retrouvé la taille du petit homme, et s’horrifiait déjà des petits doigts boudinés ne lui appartenant pas. L’homme eut son tour de magie, bouche entrouverte alors que son sosie rebroussait chemin dans le couloir. Clarence courut, difficilement avec de nouvelles jambes. Les pans de son pantalon tombaient sur le cuir de ses chaussures, piétinés par leurs talons. Le ventre retenait au moins la ceinture, même si bientôt serrée sur trop de chaire accumulée.
« Nom de … ! » C’était quoi ça ?
     Ses mots ne lui appartenaient plus, mais pire encore, son corps avait disparu. Il se demanda avec stupidité où purent bien avoir fui les paupières, trouvant pour seul remède à ce mal de les retrouver, mais Galahad lui apparut bien avant.
« Toi ! »
     Son compagnon était bien haut pour une fois, grand sans qu’il n’ait jamais à lever les yeux, et il dû pour la première fois lever la tête. Les colères s’apaisaient avec le temps, Clarence depuis toujours bien trop las pour savoir les entretenir, et l’amertume d’un dernier échange l’avait pourtant fermé à toute discussion. Devenus étrangers, parce qu’ils l’eurent certainement voulu ensemble. Clarence gardait encore l'amertume d'avoir dû rencontrer Vultur avec lui, et tout autant satisfait de voir une querelle lui rendre la liberté d’une absence. Il le retrouvait et l’accusait déjà d’être celui qu’il n’était pas, car il fût son rôle à lui d’avoir cet état.
« J'espère que tu n'y ai pour rien. »
     Il se souvint qu’il n’était plus lui, dans cette façon qu’avait ses lèvres de se heurter, sa langue de claquer contre ses dents. L’idée soumise à son propre esprit lui arracha un frisson, mais conscient de ne pouvoir l’expliquer autrement, il glissa un indexe bouloté sur le dos de la main de Galahad. Les doigts ronds de chaire s’affinèrent, le corps dérangé par ses nouvelles identités.
« C’est Clarence, explique moi pourquoi je me retrouve avec TA particularité ? »
     Il était lui, dans cette façon qu'avait la peur de le submerger, de contrôler ses gestes et son impulsivité. Les battements de son coeur lui appartenaient, et non l'outil duquel ils provenaient. Ridiculement lui-même, alors qu'il se reconnaissait à peine.




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Galahad L. Ednyfed

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❧ Boucle Temporelle : Grondements infernaux qui déchirent les cieux, l'apocalypse journalière de quarante-et-un.
❧ Particularité : Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui copie et imite l'être effleuré. Il s'implante jusque dans l'esprit qui s'efface, fardeau que de ne jamais être soi.
❧ Occupations : Projectionniste, pour le plaisir des regards avides de curiosités. Voyeur et récolteur d'informations qui se joue de ses habits de chair. La médecine et l'anatomie n'ont également plus aucun secret, avenir brillant dérobé.
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MessageSujet: Re: Upside Down ◭ ft. Galahad   Mer 19 Juil - 3:18


« Cause I really hate being safe. The normals, they make me afraid. The crazies, they make me feel sane. »

Sommeil. Ombre d'une bibliothèque silencieuse, loin de l'agitation et des pas extérieurs, tranquillité douçâtre qui avait fini par prendre le dessus, paupière alourdies qui s'étaient closent d'elles-même, joue trouvant les pages d'un ouvrage de médecine en guise d'oreiller relativement confortable. Nuit courte, nez fourré dans une pile étudiée de fond en comble, connaissances futuristes qui n'auraient pourtant jamais dues être effleurées, emmagasinées au détriment d'heures de sommeil réparateur. Vapeurs d'un réveil provoqué par cette brève épine glissé au creux des paumes, n'y prêtant pas plus attention, écho surréaliste d'un songe imprégnant encore mon être. Immerger en douceur, pourtant avec cette amère sensation d'insatisfaction, quelque chose d'anormal se profilant, échine assez accoutumée aux changements que pour en percevoir les moindres variations infimes.

Nausée soudaine, vision incompréhensible alors que le regard s'ouvre, point de vue pour le moins déroutant, sans dessus dessous, esprit peinant à y remettre de l'ordre, commençant à me demander s'il n'y avait pas eu quelques litres d'alcool dans le lot. Sursaut, pic d'adrénaline qui secoue le reste de la carcasse encore affalée. Comprendre avec effroi que ce ne furent pas les bons yeux d'ouverts. Les paumes s'enserrent, douloureuses, forçant la chose à prendre fin, globes d'origines reprenant leur fonction. Grimace, relents enserrant la gorge, alors que les paluches sont rouvertes avec horreur, gonflées comme elles le furent lorsque le seul individu possédant cette acuité visuelle fut emprunté. Être capable de décomposer une carcasse, en nommer le moindre vaisseaux et muscle, connaître les gestes et manipulations par cœur et paradoxalement être répugné par la chair en elle-même à force d'avoir endossé les costumes, estomac peinant à suivre, bouffée de chaleur, bile ravalée, alors que cette fois les globes furent réels, roulaient sous leurs paupières closes.

Profonde inspiration, tâchant d'abord de ne pas céder à la panique. Réflexe et premier gestes de survie entamé, portant l'attention sur la boite métallique contenant le Graal abandonnée entre deux ouvrages. Précaution de mise, gestes entravés par ce qui fut désormais gravé dans la carne. Si saisir une cigarette et la coincer entre les dents fut enfantin, y mettre le feu fut plus délicat, manquant d'enfoncer l'argent dans l'un des globes oculaires. « Et merde ! » Agacement qui s'échappe de lui-même, alors que les doigts peinent à faire jaillir la flamme du zippo maintenu tant bien que mal, grimace, plusieurs tentatives sont nécessaires avant de pouvoir inspirer une première bouffée salvatrice et très certainement méritées.

Les lieux furent abandonnés tels quels, quête sans réel but qui commença, espérant secrètement tomber sur l'individu coupable de cette nouvelle farce, boucle capricieuse et définitivement étrange, ou d'une quelconque autre réponse à cette mascarade. Sursaut alors que le premier individu trouvé s'exclamait soudainement, en ayant visiblement après mon être. Accusations infondées et aux premiers abords insaisissables, espoir temporaire d'avoir une explication s'envolant lorsque qu'un doigt grassouillet effleura mon épiderme. Si ce dernier resta étonnamment silencieux, calme plat presque réconfortant, malédiction envolée au détriment du second regard, ce ne fut visiblement pas le cas de l'autre, reconnaissant la réorganisation des courbes dont il fut la victime. Être rondouillard faisant place au jumeau parfait, dérobant mon échine désormais confrontée à elle-même. Étrangeté toujours aussi déroutante, presque irritante que d'être une nouvelle fois face à la chose, à ce qui est imposé à autrui, commençant pourtant à y être accoutumé lorsque l'ancêtre, Siarl, est dans les parages, me doutant que ce fut lui dissimulé sous cette coque. Malaise soudainement perceptible et lisible sur les traits, en oubliant presque mon propre problème de particularité. 

Mots qui s'extirpent du miroir, apportant un semblant d'explication alors que le regard s'arrondit, peinant à dénicher l'être qui se dissimulait derrière les traits et qui fut désormais affublé d'un nom qui n'avait rien à voir avec celui imaginé. « Pas encore ! » Pensée qui s'échappe au même titre qu'une nouvelle bouffée de fumée immaculée. Écho d'un souvenir similaire, échange douteux opéré le temps d'un après-midi. Voilà que la chose se réitérait, ironie que d'avoir formé un tel duo, forçant l'ignorance des derniers jours à être rompue. « Je crois que ça t'appartient. » Paumes exposées, dévoilant les mirettes clauses qui semblent vouloir s'ouvrir, à défaut de pouvoir fournir une explication nette et précise. Bref coup d’œil aux mains qu'il venait de me dérober, supposant qu'elles devaient y être, aveugles, nettement plus rassurantes que la bizarrerie dont je fus désormais affublé.

« Bouge pas, j'ai ce qu'il te faut. » Nouveau bâtonnet extirpé tant bien que mal du bout des doigts, geste moins précipité qui valut une réussite du premier coup. Accessoire faisant écho à celle maintenue entre mes propres lèvres, les originales, y trônant. Elle est enfourné entre les babines de l'autre, Galahad factice, après avoir été allumée tant bien que mal, ne doutant pas que la chose apporterait une once de soulagement. Fardeau soudainement partagé qui ne faisait qu'apporter cette once de compassion, costume de chair entravant l'amertume et la rancune pour l'homme qui fut prisonnier à l'intérieur, y apposant un voile. « Quand je disais que je ne la sentais pas cette boucle. » Soupir. Impression de m’adresser à moi même, irritabilité palpable dans le ton.




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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: Upside Down ◭ ft. Galahad   Jeu 20 Juil - 0:11


Upside Down
Galahad & Clarence

     Il les lui avait prises, ou eurent-elles fui d’elles-mêmes vers lui ? Les théories fumeuses se faisaient leur place dans un esprit dérouté, la logique oubliée depuis longtemps. Clarence observait les paupières devenues par de longs cils celles de Galahad, perplexe au point de n’avoir aucun mot à leur dire. Il avait ouvert ses nouvelles mains et retrouvé l’illusion des siennes. Incapables d’être ouvertes, elles trônaient là comme deux cadavres à moitié recouverts. Un corps étranger auquel il ne put accéder, plus perturbant dans sa nouveauté que de devoir cohabiter avec. Une fine sueur perlait sur son front, à l’orée capillaire de son visage. Il tentait de comprendre ce qui put arriver, calmé d’une panique maintenant qu’il n’eut plus les doigts boudinés. Mais habiter le corps de Galahad devenait désagréable ; Il réajustait maladroitement sa veste, osant à peine toucher la chair de l’homme ayant trop souvent pris la sienne. Il contrôlait un corps bien différent du sien, usurpant son modelage en ayant toutefois l’impression d’en toucher un autre. Une intimité répréhensible, jugée par le dégoût profond qu’il eut à pouvoir caresser le corps d’un autre. L’idée lui arracha un frisson. Savoir Galahad affublé des paupières finit par le rassurer. Au moins furent-ils deux à porter ce fardeau. Un échange de particularité, banalement, alors que la panique ne lui avait pas même fait entrevoir ce simple fait avant de croiser son pair. Si ses doigts continuaient de trembler, il eut vite fait de s’immobiliser à la demande de Galahad. L’espoir vain d’une solution alors que l’homme lui fourrait la chique roulée dans la bouche. Les lèvres de Clarence s’affaissèrent, paupières retombées de moitié sous des sourcils devenus trop lourds. Il le laissa allumer l'objet, espérant presque avoir rêvé d’un tel geste. Ses poumons durent inspirer à un moment, acceptant par mécanisme les vapeurs du tabac tandis que Galahad pointait du doigt la boucle. Bien joué Sherlock.
« Tu as de l’instinct. »
     Les syllabes neutres et il se moqua bel et bien de lui. Il ne lui aurait sinon flatté le flanc gratuitement. Galahad put bien se vanter de savoir se méfier d’une boucle apparue aussi soudainement – comme s’ils furent tous trop aveugles pour comprendre que rien ne bon n’arrivait lorsqu’ils étaient ici - , il finissait comme chacun baigné d’ignorance, nourri d’une méfiance qui ne le fit apparemment pas enquêter plus vite. Clarence leva la main sur la cigarette, trouvant peu d’intérêt à la fumer sinon se rappeler qu’il eut un jour aimé ça. Encore peut-être, si ce ne fût pas ce corps.
« Évite de me toucher, j’aimerais pouvoir récupérer mon corps assez vite. »
     Trop à l’étroit dans celui-ci, alors que Galahad semblait dans ses libertés le voir comme une extension au sien, il lui sembla sage d’éviter tout contact. Ces derniers n’eurent jamais réellement été dans ses bonnes grâces, et se voir allumer sa cigarette comme s’il fût une femme le froissa presque. Au fond de lui il trouva ça facile. D’attendre simplement car il jugea n’aimer aucune étreinte. Il raillait dans cette facilité les difficultés qu’eut Galahad à maintenir ses distances, se trouver sans cesse dans le corps d’un autre parce qu'il n'y faisait pas attention. Il ne put comprendre combien les étreintes lui auraient manqué à lui aussi, même si conscient du handicape d’un tel don. Jaloux parfois de n’avoir mieux que sa propre particularité, et tout autant avait-il pu partager le lit d’une femme. Le savoir ne l’empêcha pas d’opérer cette dualité ; celle de se savoir capable de ne pas se re-transformer. Quand il aurait retrouvé ses traits, même s’il espérait pouvoir retrouver avec eux les paupières.
« Attends, tu m’as bien mentionné que ta particularité avait été "effacée" ? Combien de temps cela a-t-il pris pour la retrouver ? »
     S’il put faire une moyenne de leurs deux incidents, peut-être saurait il à quelle heure ils redeviendraient eux-mêmes. Seule piste d’une chasse aux sorcières, alors qu’il eut omis bêtement d’expliquer comment tout cela put chaque fois arriver. Il glissa une dernière fois la cigarette entre ses lèvres, aspirant un Adieu au mégot qui tomberait par terre. A moitié consumé seulement, et son pieds vint l’écraser sur le sol du manoir. Au diable la civilité. Les cigarettes auraient dû lui rappeler le bureau, mais ses souvenirs choisissaient de se remémorer toute autre chose.
« Tu parlais de cette boucle mais voilà bien la raison pour laquelle je ne souhaite pas m’y intéresser. Non par peur, mais parce que ce jeu commence à m’agacer. »
     Il avait murmuré sa dernière phrase, sifflé presque tel un serpent, en ayant à chaque pas ici l’impression d’être écouté. Que se fusse par Vultur ou l’un de ces murs ornementés de trop de détails, il ne s’en trouva pas moins lassé d’être sur le terrain de jeu d’une force s’étant auto proclamée supérieure à eux.




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Galahad L. Ednyfed

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MessageSujet: Re: Upside Down ◭ ft. Galahad   Ven 21 Juil - 23:56


« Cause I really hate being safe. The normals, they make me afraid. The crazies, they make me feel sane. »

Percevoir. Verbe qui devenait confus, peinant à y voir autre chose qu'un miroir, reflet identique. Irritable que de savoir Clarence sous cette échine dérobée, impression désagréable qu'il venait de franchir un peu trop mon intimité, qu'il fut coincé au plus profond de l'être que le faciès reflétait. Détester ça. De bonne guerre quand on y songeait, punition que pour avoir crocheté cette maudite serrure qui n'aurait jamais du l'être, source d'une tornade aboutissant sur un silence pesant, sans parler des quelques fois où son derme fut emprunté. Il avait fallut que ce genre d'incident arrive avec le dernier individu que je voulait savoir avec ma carne sur le dos.

« Ne pense pas que ça me plait de te voir vêtu de la sorte. » Malaise qui ne fut pas voilé, allant au delà du simple fait de n'être qu'une fois de plus un vulgaire jouet dans cette boucle. Elle fut pourtant arpentée depuis des semaines, jouissant d'un été et de quelques rayons chaleureux qui n'avaient plus été vu depuis trop longtemps. Décennies enfermé dans une seule et même boucle finissant pas rendre dingue, guerre sans nom pesante et cauchemardesque, écho perpétuel de souvenirs qu'il aurait mieux valu occulter. Les escapades vagabondes dans la New York délicieuse furent pourtant remplacées pour des aller et venue dans la bibliothèque bien fournie, esprit focalisé sur des lubies obsessionnelles qui ne semblaient soudainement plus justifié en cet instant même, malédiction à domptée à tout prix qui s'était envolée. « Plutôt que du corps, tu devrais te soucier du reste et rester concentré. » Maigre once de compassion perceptible, alors qu'il devrait garder le fil, rationaliser, ne pas se retrouver empêtrer dans ce qu'il venait de dérober.

Souvenir remontant à son évocation, journée qui fut plutôt vue comme un cadeau et non un odieux jeu, ayant espéré qu'il ne cesse et soir réitéré au renouveau du lendemain. Délicieux que d'avoir pu en jouir, bien que la chose ne serait certainement pas vanté. Il fut pourtant douloureux, devenu images déjà lointaines, au même titre qu'une existence oubliée, un "avant" vaporeux qui semble ne jamais avoir existé. « Ça a duré une bonne demi-journée. » Ne pas avoir compté les heures exactes, au final qu'est-ce que cela importait ? Égoïsme que de penser à la liberté à nouveau retrouvée pour quelques heures, bien que les paumes entravées par de nouveaux organes. Nouvelle journée offerte loin des chaines habituelles. Le raisonnable pris cependant le pas, impression qu'il serait déraisonnable de laisser Clarence seul et affublé d'une telle catastrophe, ne souhaitant la chose à personne, peu importe la rancune concernée envers des remarques qui furent blessantes. « Je suppose que nous n'avons plus qu'à attendre. » Soupir, fumée immaculée marquant le souffle qui s'envolait. « Peut-être que les choses redeviendront normales si nous retournons en quarante-et-un. » Normalité restant un bien grand mot dans notre cas. Pourtant la réflexion ne fut pas bête, la chose avait peut-être un périmètre déterminé, changer d'époque et de lieu pourrait potentiellement l'annihiler. Ce qui ne coûtait probablement rien d'essayer.

Pourtant l'idée stupide s'imposait. Quitte à être coincé de la sorte durant plusieurs heures, autant passer le temps. Les doigts se glissent dans la poche arrière de mon pantalon avec précaution, toujours pas accoutumé aux globes qui roulaient sous leurs paupières clauses, ravivant la nausée qui fut contenue tant bien que mal depuis plusieurs longues minutes. Mouchoir en tissus qui fut soigneusement déplié, gestes méticuleux guidé par l'habitude, dévoilant quelques fils organiques dérobés. L'un d'eux, d'une longueur qui en disait long, fut exposé à ce Clarence devenu miroir, rictus s'esquissant sur le visage. « Ne me dis pas que ça ne te tente pas d'essayer ou que tu ne t'es jamais posé la question. » Questionnement que d'être dans une échine d'un sexe différent, vouloir comprendre, essayant d’appâter la curiosité inné et emprunté qui le contenait.




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Clarence F. Bannerman

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MessageSujet: Re: Upside Down ◭ ft. Galahad   Mar 29 Aoû - 11:30


Upside Down
Galahad & Clarence

     Il se soucia peu de ses recommandations, persuadé de pouvoir faire mieux. Il n’y eut de meilleure place pour un jugement que celle qu’il eut occupée en se tenant toutes ces années devant lui. Il se persuadait d'avoir un meilleur contrôle sur cette particularité ne lui appartenant pas, se donnait l’ordre de l'avoir lorsque son corps trahissait sa fébrilité.  
« Une demi-journée ? », se répétait-il, étranglé par ses propres mots.
     Il fût encore bien trop tôt pour espérer voir la fin de ce cauchemar arriver. Son espoir lui fût brutalement arraché, l’abandonnant à sa seule impuissance. Il avait jusqu’alors su maîtriser ce qu’il était, et la torture d’un corps remodelé sous les traits d’un autre lui fit bientôt perdre pieds. Il refusait de devoir adopter ces tailles, ces poids, ces yeux bruns trop différents des siens. Dans un miroir ils révéleraient certainement l’homme y étant piégé. Il refusait par fierté d’avoir à utiliser cette particularité ; pas quand il l’eut montrée du doigt la dernière fois qu’ils eurent été ensemble. A croire que cette altercation s’estompait, aussi étranges furent les instants qui la suivirent. Inutile d’entretenir une querelle, lorsqu’il y’eut de meilleure façon de lui faire payer ses gestes.
     Galahad suggéra de rentrer.
« Bonne idée. »
     L’index se pointa vers lui, une nouvelle lueur dans les yeux. Mais les phalanges se replièrent rapidement, écrasées contre la paupière invalide de sa paume. La peur de le toucher, encore, même si le mal fût déjà fait. Galahad semblait s’en amuser, moins affecté de quelques yeux supplémentaires bien que ses gestes manquèrent depuis de précision.
     Clarence observa le mouchoir, sceptique avant même de découvrir ce qu’il recouvrait.
« N’était-ce pas là l’un des sujets te rendant irritable ? »
     La remarque lancée avec fierté, même s’il parut être exaspéré. Impossible d’ignorer plus longtemps la gifle, aussi futile put-il trouver d’en reparler. Jamais jugé en torts, rassasié par la confiance qu’il eut en lui-même. Il regrettait pourtant avec honte ce qu’il avait jugé être de la sympathie dans les questions que Galahad eut mal accueillies.
« Et non, pas vraiment. »
     Il haussa les épaules, lui tourna le dos pour s’en aller rejoindre leur boucle ; la familiarité d’une époque qu’il s’imaginait peu à peu quitter. Sans savoir réellement où aller. Ailleurs, un temps, comme il aimait le faire parfois. Trop rapidement après le retour de Daphné.
« Raconte moi donc ce que cela fait d’être une femme. Un récit suffira. » Ils suffirent tous depuis peu.
Fatigué d’expériences et d’actions, comme s’il fût l’heure pour lui de prendre sa retraite. L’éternité lui vaudrait de pouvoir revenir un jour. Si le monde tel qu’il l’eut connu loin de la réalité n’eut pas trop changé. Il fût déjà si différent.
« Sont-elles aussi mystérieuses qu’on le prétend ? Ou est-ce seulement une expérience physique ? »
Il ne crut jamais à la première hypothèse, bien qu’il fût une rumeur lancée par les hommes ; une fierté revendiquée par les femmes. Il n’y eut aucun mystère à l’Homme, l’humanité si l’on voulu faire abstraction d’un genre. Le revers d’une attraction peut-être, et l’on finit selon lui par connaître quiconque trop facilement. Il crut peut être à la seconde, mais avoir accès à cette vérité l’aurait par delà trop gêné.
     Qu’elles furent différentes ou non de ce qu’un corps put faire d’elles, il ne fût lui-même pas aussi curieux qu’il aurait dû l’être ; qu’il l’eut été au centre de tous ces secrets. Le temps devenait long.
« Un verre serait plus efficace qu’une cigarette. »
     L’alcool pour oublier combien il fût étriqué dans ce corps. Alors qu’il acceptait de quitter les paupières temporairement, il eut le fardeau d’une nouvelle particularité l’empêchant de savourer leur absence. Mauvais buveur pourtant, mais il estima pouvoir changer avec le monde.




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