AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  




Partagez | 
 

 Joy Division † PV

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Amos Vaughan

avatar
❧ Boucle Temporelle : Un temps en 2016, avant d'être envoyé en 1873.
❧ Particularité : Technopathe
❧ Occupations : Il apporte son futur au passé, enseignant moeurs et progrès aux oreilles attentives.
❧ Miroir :
❧ Missives : 19
❧ Yeux de verre : 3
❧ Crédits : ©Kidd (avatar)


MessageSujet: Joy Division † PV   Mer 30 Aoû - 23:39

JoyDivision


     Tu dois le voir comme je l’ai imaginé.
     Il dessine à l’encre noire – le passé n’offre que peu de libertés. Le papier est plus épais ; il arrache l’encre à la mine, s’en rassasie jusqu’à l’ivresse. Le flanc gauche de sa main tremble, épouse d’un frisson la courbe de ses doigts. Il doit s’écraser contre le papier et le tenir contre la porte. Fébrile sous l’effort, mais la main droite s’est saisie du stylo. Elle y dessine un plan.
     Le chemin se tisse sur les grains du papier. Les lignes sont fines, encourues de bavures là où la mine a heurté les reliefs du bois. Une croix se griffonne près de quelques sapins distordus. Amos y grave encore quelques mots ; Peu, il ne les a jamais aimés comme il l'aurait dû.
Rejoins-y-moi à 00h15.
     Il aime les quarts, les chiffres, ne se serait satisfait de simples zéros. Les heures tardives sont mal vues ici, plus encore lorsqu’on y retrouve une femme. Mais s’ils ont encore peur du noir, c'est qu’ils ne connaissent pas le monde que l’on a créé à l’intérieur. L’idée de les corrompre lui semble poétique.
     Il finit par signer d’un A majuscule, suivi d’une mer de vagues italiques. Le papier glisse sous la porte, écorchant la poussière au sol. Amos lui tourne le dos, s’éloigne. Une tâche d’encre sur le pouce droit, lorsqu’il l’avait écrasé sur la feuille avant qu’elle ne lui échappe.


     Le temps s’était arrêté quelque part entre le refuge et les bois. L’hiver faisait tomber l’obscurité à peine la soirée entamée, habillant les chemins de noir, comme les dangers le furent parfois. Amos tendait la paume vers le ciel pour récolter la neige, les cheveux et les cils clairsemés de flocons, sans qu’aucun ne le fascine plus que ceux fondant sur le tissu de sa main.
Il dût s’éloigner du village pour que les Ymbrynes ne le voient pas – s’il ne fût pas assez bête pour penser leur échapper. Elles eurent après tout su le retrouver dans des contrées bien plus éloignées. Mais aucun pas ne précédait les siens sur ce chemin. Personne n’eut d’intérêt à se retrouver là. Peut-être les solitaires, et la forêt dessinait assez de chemins pour qu’ils n’aient jamais à se rencontrer.
Amos avait trouvé une vieille maison dans laquelle laisser libre court à ses idées les plus folles. A ses souvenirs, comme les bribes d’un passé retrouvé à l’aide de quelques guirlandes. Les pins s’appuyaient contre les murs et les fenêtres de l’extérieur, couverts de neige, laquelle s’appuyait d’une branche aux volets. Il y entra, constatant que le froid avait traversé les entrailles de la vieille maison. Dehors la dernière lueur du village s’éteignit, le rendant libre de mettre en route le petit générateur qu’il avait traîné jusque-là. Un vent chaud souffla d’un radiateur, retroussant la fourrure de quelques couvertures abandonnées sur un grand canapé. Enseignes de pubs et guirlandes s’allumèrent ensemble, recouvrant d’un halo la scène aménagée au milieu de la pièce. Les vestiges d’un lit condamné par des planches de bois. Un rideau de guirlandes le baignait de lumières, des piments en plastique rouge emmêlés entre les ampoules.
     Il était fier, debout devant ce débarras d’objets assemblés, comme un enfant le serait à Noël. La foule manquait à ce spectacle, le silence fait d’accrocs et de solitude. La pièce se réchauffa et lui fit quitter son manteau. Il ne le reprit pas lorsqu’il ouvrit la porte, le sourire étiré devant son invitée. Le froid se jetait sur eux, sur lui, happé par son monde et glaçant jusqu’à son nombril.
« Entre ! »
     Il était heureux de la voir ; doutant jusqu’à ce qu’elle ne le rejoigne, qu’elle put accepter de le voir à ces heures loin des mœurs.
« Je ne t’aurais pas fait veiller aussi tard si les meilleurs voyages ne se faisaient pas de nuit. »
     A l’orée de deux jours, contre des heures filant bien trop vite. Ils eurent le temps une fois la nuit tombée, capturés ensemble dans une tranche du temps jugée sans incidence. Là où les erreurs se commettaient, et à la fois se pardonnaient. Amos crut un jour que la nuit rendait éternel, voyant à peine les rides se dessiner à la commissure de ses lèvres, les cernes creuser le visage de l’adolescent qu’il avait été. Vieux sans le savoir, et le temps était resté clément avec lui.
« Tu as les yeux de ceux qui voyagent, mais peu ont été jusque-là. »
     Il rit de sa philosophie, de la solennité de ses phrases. Il trouvait son œuvre magnifique, bien qu’elle ne puisse égaler ce qu’elle dût reproduire. Il y manquait les autres, une seule présence ayant la charge de les remplacer. Un tableau triste dans un souvenir peint de mélancolie. Loin de chez lui, et il s'y sentit proche dans cette mise en scène idyllique. Il se frotta les mains, s’affala dans le vieux canapé. Les néons éclairaient leurs deux visages, mais il ne put voir le sien. Ils étaient dans un film de Danny Boyle, l’un des plus sombres, et tout autant le plus heureux.







芝居  † « Enjoy your new mates and your recreational drugs and the rest of it while you can. God knows it can all turn into blood in a blink of an eye. »
Revenir en haut Aller en bas
Aisling I. Fitzgerald

avatar
- Image en mouvement -
❧ Boucle Temporelle : 19 décembre 1873
❧ Particularité : pygmalion de la feuille et du crayon
❧ Occupations : s'occupe des plus jeunes, fascinés par sa particularité
❧ Miroir :
❧ Missives : 39
❧ Yeux de verre : 19
❧ Crédits : (c)Mad Hattress ♥♥♥


MessageSujet: Re: Joy Division † PV   Mar 5 Sep - 15:03

JOY DIVISION
Amos et Aisling


Aisling tient dans ses doigts fins la frêle lettre. L’odeur puissante d’un parfum masculin émane du blanc papier, à peine tâché par l’épaisse écriture. Ici et là, l’encre de la plume a bavé, et les veines du papier en sont gorgées. Ce A, lettre commune à la jeune demoiselle et à l’expéditeur, laisse planer sur les lignes un certain mystère. Aisling ne saurait pourtant ignorer l’identité de son correspondant. Amos. Âme fascinante, insaisissable. Adversaire d’un jeu invisible, indicible mais bien présent. Reliée à lui par ce rendez-vous secret, à l’heure où toute forme de vie s’endort. Aisling ne craint rien, elle ne ressent rien d’autre qu’une profonde excitation enfantine. Tant de mystères ! La jeune fille se croirait plongée dans un œuvre romanesque policière. Elle sent la tension énigmatique de ce message. Elle ne peut s’empêcher de laisser des prunelles étonnées se balader sur les lettres tracées à la main. Elle en caresse les imperfections et les déformations du papier. Elle a le coeur qui bat, qui s’emballe. Jamais elle n’aurait cru, au sein de la boucle de son enfance, découvrir quoi que ce soit, elle qui était si persuadée de connaître dans les moindres recoins les imperfections de cette période temporelle. Mais c’était sans compter l’imprévisible, caractéristique principale de la race humaine. Aisling était fascinée par la complexité des Hommes. Elle s’ennuyait de la routine des boucles, mais restait émerveillée face aux possibles de l’humanité.

La lettre indiquait une heure précise mais Aisling, gonflée par la fierté et la curiosité, était arrivée en avance et observait, de loin, le lieu du rendez-vous. La forêt était calme, silencieuse, effrayante. Les chouettes hurlaient à la lune, et le souffle du vent faisait danser les branches des fiers arbres. Il n’y avait que cette maison vétuste, éloignée du refuge, qui diffusait au sein de la noirceur nocturne, une douce et chaude lumière. La fraîcheur de la nuit faisait trembler la jeune rousse, qui, appuyée contre un arbre, cherchait Amos du regard. Mais, hormis les traces de pieds dans la neige, Amos semblait n’avoir jamais arpenter ses bois. Pourtant, cette maison qui paraissait abandonnée, été emplie de vie, et s’agiter au coeur d’elle, un spectre venue d’une autre époque. Quelle absurdité que de s’isoler dans un tel lieu ! Aisling hésita un instant. La bienséance n’autorisait que très peu ce genre de rendez-vous nocturne. Elle se glissa un instant dans la peau d’un Roméo, cherchant à cueillir à la fenêtre sa chère et tendre.

Surprise. Le coeur s’emballe, les yeux doivent s’habituer à l’étrange luminosité. Rien dans cette étrange demeure n’est d’époque. Aisling ne peut s’empêcher de regarder derrière elle, alors même que le propriétaire des lieux l’invite à pénétrer au sein de son logis. Au loin, derrière elle, la sombre forêt paraît bien étrange. Elle n’est pas en accord avec ce qu’elle a fait à elle, ce qu’elle abrite en son sein. Bien mieux qu’une intrigue romanesque, Aisling expérimente un saut dans le temps. Elle est subjuguée. La curiosité avait eu raison des valeurs de la jeune rousse, mais elle ne regrettait pas d’avoir franchit le seuil de la porte. Elle aimait cette ambiance étrangement moderne, contemporaine. Les néons colorés projetaient sur elle et Amos leurs douces lueurs venues d’un autre temps. Sourire. Deux voyageurs embrassés par la nuit.  

« Ne t’en fais pas voyons. Je n’aurais pu dormir sachant que j’allais être face à quelque chose d’aussi… Exceptionnel. »

Refermant son épais manteau contre elle, elle s’avança un peu plus dans la demeure. Elle eut l’impression de revenir en 2016, ou tout du moins, elle avait dans le bouche cet étrange goût de déjà-vu. Ce n’était surement pas dans sa propre boucle qu’elle put apercevoir de telles choses. Amos était un alien, au sein de cette boucle. Il avait fait échouer son vaisseau au coeur de l’épaisse forêt, au plus loin, là où nulle âme n’osait mettre les pieds.

« Serais-je donc privilégiée ? Et en quel honneur ? »

Aisling restait méfiante. Elle connaissait Amos, mais n’avait jamais percé à jour sa particularité. Elle était intriguée par ce jeune homme, et cette bulle d’extravagance piquait à vif sa curiosité. Elle n’osait croire à ce qu’elle voyait. Alors qu’Amos se dirigea vers le canapé, elle fit le tour de la pièce, observant en détails le moindre bibelot. Les néons plongeaient la pièce dans une atmosphère d’irréel. Tout paraissait inventé. Aisling elle-même, si elle en avait eu l’idée, aurait pu concevoir une telle pièce. Elle aurait disposé bien des objets différemment mais elle aurait prit plaisir à croquer l’essence d’une époque qui n’était pas la sienne.

« Serais-tu un extraterrestre, Amos ? Pas que je ne sois très friande de ce type de théorie du complot, mais voyons, c’est impossible de trouver de tels objets dans notre boucle ! »

Aisling avait toujours été très terre à terre. Les boucles, les particularités, avaient été pour elle un grand bouleversement, puisqu’il s’agissait de quelque chose de profondément naturel et pourtant si déroutant. Jamais un enfant aurait pu apprendre de telles choses à l’école. Et une jeune fille de bonne famille était encore plus tenue éloignée de tels enseignements. Son intérêt pour la science s’était développé le temps de ses voyages. Elle n’y connaissait pas grand-chose, mais elle était devenue étrangement logique. Et rien de ce qui l’entourait ne faisait sens. Amos lui-même était lové dans un épais voile de mystère.

Mais Aisling était d’humeur joueuse, et elle interpréterait avec joie le rôle du détective.
Made by Neon Demon


MONSTERS UNDER YOUR BED


Your heart hits like a drum, the chase has just begun, and I'm feeling like a villain got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming gonna eat you alive. | ©️ FRIMELDA

Revenir en haut Aller en bas
 
Joy Division † PV
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Division dans le camp Martelli « Repons Peyizan » eclate
» Mais où est le capitaine de la 10ème division ?!
» [BlitzKrieg] 2ème SS Panzer Division "Das Reich"
» Football Cadet Division 2 Sag-Lac-St-Jean
» [Saison-15 Epsilon]Division 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Song of the Gears ::  :: Le Refuge :: La Forêt-