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 How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]

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Darren Flanagan

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MessageSujet: How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]   Sam 2 Sep - 16:51

How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]



Darren resserra les pans de sa veste autour de son corps, une volute de condensation d'eau s'échappant d'entre ses lèvres mi-closes. Il jeta un regard quelque peu las sur les ruelles mal éclairées, et sans qu'il ne puisse le retenir, un soupir lui échappa, alors qu'il secouait un peu la tête pour faire tomber les quelques flocons venus se coller à ses cheveux. Il était de retour à la maison oui, mais si loin des siens. Son chez lui n'était plus ces ruelles, plus ce temps froid et fade, il n'y avait ici qu'une amertume profonde, déguisée en âtre. Un rapide coup d’œil alentours lui permit de réaliser qu'il était seul, et il sortit distraitement une cigarette de son paquet, la dernière, il semblerait... Après celle là, ce serait de nouveau la pipe qui prendrait place au bord de ses lèvres, et cela ne l'enchantait guère, cependant, il était bien trop accroc à la nicotine pour s'arrêter. Tout ce qui lui venait actuellement à l'esprit était qu'il avait manqué de jugement, en n'en ramenant pas plus de son séjour en deux mille seize. Chez lui, il fumait toujours la pipe, pour ne pas en consommer plus que ce qu'il ne devait, vu la pénurie... En revanche, lui qui était adepte des balades nocturnes, il était bien plus pratique de consommer les cigarettes, il croisait peu de monde, et c'était un objet simple à dissimuler, il n'avait donc jamais eu d'ennuis, si ce n'était le mécontentement des Ymbrynes, qu'il boudait bien joyeusement.

Et une balade nocturne, c'en était une, des innombrables qu'il faisait. Il préférait le calme de la nuit au tumulte de la journée, même si l'époque dans laquelle ils étaient n'était pas aussi bruyante que celle dont il revenait. Ce n'était pas le même genre de bruit, il affectionnait l'un et haïssait l'autre. Il ne supportait plus les bruissements des robes des jeunes femmes trop bien élevées, ni l'air presque moqueur des hommes haut placés qui le regardaient comme s'il n'avait été qu'un moins que rien. Oh, il l'était, il n'allait pas le nier. Dans cette époque, il représentait presque tout ce que la société refusait. Il n'avait jamais eu sa langue dans sa poche, n'avait jamais vraiment eu quelque chose à faire des bonnes manières, n'hésitait pas à dire le fond de sa pensée, quand bien même puisse-t-elle être blessante. Il n'avait jamais eu de chez lui, et n'était, somme toute, rien de plus que ce que son métier représentait : un charlatan, sans réel talent. Ah, quelle ingratitude de leur part, eux, de bonnes familles, qui avaient tout ce qu'ils désiraient, et qui avaient passé de nombreuses heures, tous confondus, sur les banc se SON cirque, à regarder leur spectacle. Oh, oui, il les émerveillait, mais cela ne durait que le temps d'une soirée, le lendemain il n'était plus qu'un traîne misère, auquel ils auraient sans nul doute refusé l'asile, qui ne méritait que de mourir de l'épidémie de mildiou ayant dévasté leurs terres, eux, restaient toujours bien nourris, n'est-ce pas ? Il eut un rire presque déçu en jetant sa cigarette. Il avait conscience d'être trop aigri, il l'avait toujours été, et si son passage en deux mille seize l'avait fait évoluer, son retour ici le faisait régresser, comme si son mauvais caractère avait été du à l'époque, et non pas à lui-même, ce qu'il savait être faux. Il était tout simplement incapable de faire la part des choses, comme le grand enfant qu'il était, et il haïssait toute forme d'autorité ou de supériorité, quelle qu'elle soit.

Après un rapide coup d’œil, il s'engouffra dans une ruelle perpendiculaire, passant tête baissée devant les maisonnées, quelques tavernes ouvertes, quelques maisons de passe soigneusement ignorées plus tard, il se précipita presque en direction du refuge, où il savait qu'il n'y aurait plus que des particuliers comme lui. Il détestait les humains, tous autant qu'ils étaient, et il n'allait arpenter les ruelles d’Édimbourg que parce qu'il aimait cette ville, malgré sa population. Il se fraya un chemin jusqu'au Refuge, entre les arbres morts, faisant attention à ce que personne ne l'ait suivi, et là enfin, il se détendit un peu, laissant le vent faire claquer son manteau sur ses flancs. Il n'avait jamais été très frileux, ce qui était un avantage considérable, vu la période de l'année dans laquelle ils évoluaient et évolueraient pour le restant de leurs jours. Arrivant enfin devant le petit village autarcique il se permit d'enfin soupirer de contentement. Oui, il y avait ici une odeur de connue, et de réconfortante, ici, il savait qu'il pouvait vivre sa vie comme il l'entendait, et qu'il n'y aurait que les Ymbrynes pour venir lui reprocher son manque d'adaptation flagrant à une époque qui était pourtant la sienne. Il allait donc en direction de sa demeure, qui était hors du manoir, lui qui avait toujours détesté se mêler au monde, mais sur le chemin, quelque chose attira son attention. Il y avait sur un banc, un homme qu'il ne se souvenait pas avoir vu par le passé, et qui avait l'air étrangement perdu. Il regarda un peu autour de lui, essayant de trouver une âme assez aimable pour aller faire la discussion à cette autre âme seule. Ne repérant personne, il lâcha un profond soupir avant de s'approcher, prenant place sur le banc aux côtés de l'inconnu. Il se racla la gorge et fouilla quelques instants dans sa poche, en sortant une flasque de whisky, qu'il tendit à l'inconnu.

- Vous avez l'air perdu, tenez, ça va vous aider. Dit-il simplement, l'air un peu gêné. Vous venez d'arriver... ?

Il sortit ensuite sa pipe pour la préparer et l'allumer calmement. Il voulait bien être gentil, essayer d'aider, mais ce n'était clairement pas son fort... En revanche, il n'allait pas laisser quelqu'un seul, il pensait à ce que les autres avaient fait pour lui lorsqu'il était arrivé en deux mille seize, et combien il avait apprécié cette gentillesse...

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Amos Vaughan

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MessageSujet: Re: How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]   Mer 6 Sep - 0:28

How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone?


     Errer la nuit donnait l’impression de devenir un fantôme ; et il n’y eut de fantôme moins charismatique que celui que personne ne put voir. La peau pâle comme la neige et les vêtements fondus dans l’ombre. Le banc lui-même s’y accordait, le bois sombre et le duvet blanc. Mais les fantômes ne se pelaient pas les miches une fois assis dans le froid, ni se souciaient de là où commençait la brume.

Amos la sentait approcher, s’éloigner, ne sachant plus si l’arbre devant lui avait été vu. La neige brouillait les pistes, mais ses yeux surent depuis longtemps affronter l’obscurité. Moins la solitude, alors que cette époque lui fit choisir entre les deux ; et s’il y’eut bien un calme qui finit par l’apaiser, aucun réveil ne put jusqu’à lors contrer son sommeil. Il voulut se donner l’effort d’être calqué au rythme du 19ème Siècle, mais s’ennuyait au final des heures matinales qu’il put sécher. Son corps l’avait refusé bien avant lui, l’allure cadavérique lorsque les heures lui sciaient mal, et qu’il fût obligé de se lever à l’aube. Peu importait alors à Amos de se lever plus tard que les autres, s’il n’eut le poids de son propre corps à traîner derrière lui.
« Rendors-toi, Amos. » lui aurait-on dit.
Il s’arrachait volontairement à la chaleur du refuge et aux feux de cheminées que l’on eut laissés veiller pour la nuit. Le froid mordait dehors, comme il ne l’avait jamais fait en Asie. Les hivers étaient chauds dans ses souvenirs, parce qu’il trouva les corps contre lesquels se blottirent, ou les pièces éclairées aux entrées libres. Ici la nuit appartenait aux vices. Moins enfantins que les siens purent l’être ; moins réconfortants dans le dégoût qu’ils inspiraient. Mais les nuits furent des nuits, et il les aima qu’elles furent clémentes ou non avec lui. La lune était bien plus facile, dévoilant ses croûtes comme des auréoles intimes. Il la vit à peine derrière les nuages, mais la connue assez pour se rappeler ses tranches.

Il entendit bien l’homme s’approcher de lui, -  Le garçon, il ne sut jamais vraiment comment ils furent appelés ici – mais ne délogea une main des poches de son manteau qu’une fois la flasque tendue. Une seule, celle qui sut encore fonctionner. Les doigts de la droite se saisirent de l’objet, brûlants au froid car il ne jugeait toujours pas bon de porter des gants. Il sourit pour remercier l’autre, coinçant la flasque entre ses cuisses pour dévisser son bouchon. Il avait lui aussi l’allure d’un fantôme, alors peut-être le rêvait-il.
     Il hocha la tête d’un côté à l’autre, les yeux relevés quelques instants sur son bienfaiteur. « Je suis là depuis plusieurs semaines, mais je dois être seul à penser que c’est une éternité. »
Il avait penché la tête sur la flasque, reniflant son contenu avant d’y laisser les lèvres. L’alcool était brûlant. La grimace au visage, il regarda autour de lui.
« Je crois être là où j’avais envie d’être. Ou presque ; je vais finir par y perdre une fesse. »
Le froid glaçait ; chaque parcelle de corps restée en contact avec le sol, le bois. Les pieds répondaient encore, car il avait ramené des bottes de neige et qu’il se fichait qu’elles ne cadrent pas avec ce qu’il insultait comme ‘la mode’. Mais le pantalon n’était pas fourré, laissant le froid endolorir l’arrière train et l’arrière de ses cuisses. Il se releva, frictionnant ses deux mains sous son manteau après avoir rendu la flasque. « Merci. »
     Il ne le connaissait pas, et une partie de lui s’était accrochée à la compagnie d'un étranger. Comme s’il avait attendu toutes ces minutes qu’une ombre ne fende la brume, ne s’y échappe comme l’un de ces animaux égarés qu’il croisait parfois. Fascinant. Ce n’était pas dans les grandes villes qu’il lui avait été possible d’en voir.
« Amos. » Une main tendue, l’autre ballante contre sa cuisse.
« C’est plutôt vous qui avez l’air d’arriver quelque part. »
D’une maison interdite, à une contrée lointaine, il se serait souvenu l’avoir croisé, et pensait les avoir tous déjà rencontrés. La boucle était petite, et il apprenait depuis longtemps à mémoriser les visages. Non par curiosité, mais car il lui fallut se souvenir qui l’avait poignardé. Occidental stupide, il confondait les visages asiatiques, les langues parfois, lorsqu’il ne les connu pas encore. Ici tout était plat, les mêmes mots aux accents différents. Les visages bien complexes, et pour ces différences plus faciles à reconnaître.
« Quelqu’un qui fume la pipe aussi tard à toujours quelque chose à se reprocher. »
     Il lui sourit – toute personne levée à cette heure eut quelque chose à se reprocher. Il n’était pas convenable de se promener dans les bois une fois la nuit tombée. Mais depuis quand étaient-ils là à respecter ces règles ?






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Darren Flanagan

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MessageSujet: Re: How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]   Mer 6 Sep - 21:24

How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]



Darren observa l’homme prendre la flasque et l’ouvrir d’une main, la coinçant entre ses cuisses pour se permettre de l’ouvrir. N’avait-il donc pas l’usage de sa main gauche ? Ou se méfiait-il seulement du froid ? Il n’aurait su le dire, et même s’il n’avait pas sa langue dans sa poche, il n’allait pas se risquer à poser des questions sur un sujet qui pouvait facilement s’avérer épineux.  Tous deux devaient faire un incroyable tableau, qui aurait inspiré plus d’un impressionniste, dans toute la déviance d’esprit de ces artistes médiocres. Darren s’ordonna mentalement de se taire, lui qui était très peu sensible à l’art qu’était la peinture, avait tendance à être d’extrême mauvaise foi à leur sujet. Tout cela pour dire qu’ils devaient faire un bien drôle de tableau, entre cet inconnu qui semblait perdu au possible, et même frigorifié, à ses côtés, lui, qui n’avait de couleur éclatante que celle de ses cheveux, venant rompre le ton presque en noir et blanc de la scène.

Darren se redressa légèrement, lorsqu’il entendit la voix de l’homme à ses côtés, une voix somme toute agréable, dans le silence presque pesant qui régnait autour d’eux, chaque son étant étouffé par le manteau de neige s’étant déposé sur le sol. Un léger bruissement derrière eux le fit se retourner, pour constater qu’un chat était simplement en train de se frayer un chemin dans les ruelles, d’expérience, il se retenait de dire quoi que ce soit en présence d’animaux dans le refuge, car leurs petites oreilles étaient bien souvent humaines. Il reporta néanmoins son attention sur cet autre et haussa les épaules dans un soupir presque las. Une éternité en ce qui concernait ces quelques semaines ? Lui avait l’impression d’avoir passé plusieurs vies ici en l’espace de quelques heures seulement, il comprenait dont très bien que ce cet étranger voulait dire, et partageait presque douloureusement  la façon de penser de sa rencontre tardive.  Il trouvait sa manière de formuler les choses très intéressante, et il avait maintenant la certitude la plus profonde que cet homme ne venait pas de cette époque. Il aurait pu voyager dans une autre boucle avant de revenir, ce qui aurait expliqué ce décalage flagrant avec cette partie de la réalité qu’était mille huit cent soixante treize. Cependant, il n’était pas assez attentif, preuve en était cette réflexion sur l’idée de perdre une fesse qui ne manqua pas de faire rire Darren, un simple petit éclat cristallin, court, mais, même si l’autre ne pouvait pas le savoir de premier abord, traduisait une sympathie soudaine envers sa personne. Darren n’avait pas le rire facile, il était bien trop aigri pour cela, et s’il s’amusait facilement du malheur des autres, son rire faisant écho à une boutade était un spectacle que peu pouvaient se venter d’avoir contemplé. Excluant, bien évidement, ses soirées d’ivresse durant lesquelles il s’était découvert un talent certain pour rire à tout et n’importe quoi, et sans gêne aucune.

Darren haussa une épaule lorsque l’autre lui rendit sa flasque, en buvant une longue gorgée avant de faire claquer sa langue pour palier à l’âpreté du liquide. Il sentait sa brûlure s’étendre dans sa bouche, sur son palet, dans sa gorge, jusqu’à venir réchauffer même l’intérieur de son corps, et ma foi, il appréciait grandement cette sensation. Il regarda l’homme se secouer de la sorte, et finit par décider de rompre le silence qu’il imposait de son côté, trop concentré qu’il était à détailler le moindre mouvement, le moindre trait de cette rencontre tardive, pour n’avoir ne serait-ce que la bienséance de répondre à ses propos. Son observation l’avait mené à une simple et unique pensée, bien trop peu catholique pour l’époque… Il trouvait cet étranger fort à son goût, et il n’aurait pas refusé le fait de passer quelques heures avec lui, plongé dans son regard qui, à n’en pas douter, était hypnotique à la lumière du soleil.

- Ne vous en faites pas, j’ai l’impression d’être là depuis des siècles lorsque je passe seulement quelques heures ici. Il porta sa pipe à ses lèvres, laissant échapper autant de fumée que de condensation d’eau d’entre ses lèvres. Les jours se ressemblent ici, il devient presque difficile de les différencier les uns des autres. Ils sont ternes. Il récupéra de la neige sur le banc. Blancs, je dirais. Il eut un léger sourire en coin.

Darren hocha la tête à la présentation de Amos, répondant par son propre nom et eut un léger rire, une nouvelle fois, mais cette fois-ci, il semblait plus las, plus vain, juste après lui avoir fermement serré la main. Oui, il avait l’air d’arriver de quelque part, comme toujours, il n’avait jamais eu l’impression d’avoir réellement sa place. Et si, comme beaucoup d’autres avant lui, l’autre faisait référence au fait qu’il ne l’avait jamais vu, encore aurait-il fallu qu’il se mêle à la population pour cela, ce qui n’arrivait presque jamais. Il sortait de nuit, la plus part du temps, et lorsque ce n’était pas le cas, il allait simplement s’enfermer dans la bibliothèque offerte par le refuge, là, il trouvait un angle peu fréquenté, celui de l’archéologie, le plus souvent, seul les érudits y allaient, et ils ne se bousculaient pas ici bas, il semblerait. Cela dit, il n’avait pas non plus la prétention d’être érudit lui-même, la vérité était qu’il n’avait même jamais ouvert un desdits ouvrages, pas qu’il se souvienne. Il lisait extrêmement lentement, il avait apprit très tardivement, ce n’était pas dans le cirque qu’il avait eu ce genre de cours, alors fallait-il encore qu’il comprenne ce qui était inscrit sur les pages des livres entre ses mains. Il n’était pas non plus quelqu’un qui avait un vocabulaire très développé, une fois encore, ce n’était pas avec d’où il venait qu’il avait eu l’occasion d’être scolarisé. Déjà qu’à leur époque, cela se faisait rare, pour les classes sociales les plus basses, et même la classe moyenne, lui qui venait d’une classe encore plus basse n’aurait jamais pu espérer avoir le plaisir de se voir attribuer un tuteur pour lui enseigner des choses. Il tentait depuis des années de s’améliorer, mais refusant l’aide de personne extérieure, il était certain qu’il n’avait pas avancé très vite. Seule Pica avait réussit à le prendre sous son aile,  le temps de quelques leçons de lecture.

Il eut néanmoins un nouveau sourire pour Amos, qui venait une fois encore de lui arracher le léger rire si rare qu’il avait eu un peu plus tôt. Peut-être était-ce simplement car il le trouvait beau, et que, comme une adolescente, il se mettait à minauder de la manière la plus idiote qui soit devant lui. Oh, il allait bien se garder de lui montrer l’attrait qu’il avait pour lui, il n’avait pas envie de le faire fuir, et savait bien qu’il n’y avait ici, pas toutes les personnes tolérante, enfin plus ou moins, qu’il avait croisées en deux mille seize. Non pas que tout le monde soit tolérant dans l’univers moderne, mais il avait l’impression qu’ils étaient plus réguliers.

- Je ne pense pas avoir quelque chose à me reprocher. Mentit-il.  J’aime l’air nocturne, et voyez, cela permet de faire des rencontres inattendues.  Et vous, avez-vous quelque chose à vous reprocher, à être dehors aussi tard ?

La réalité était que Darren avait des tonnes de choses à se reprocher. Le freak show, son attitude, toujours plus exécrable avec le temps, sa haine générale pour tout autre être humain. Oh, cela s’était calmé avec le temps, et il était maintenant capable de faire la part des choses selon les personnes, selon si l’individu en face de lui lui inspirait plus ou moins confiance. Cependant, là était le problème, il faisait difficilement confiance, cela n’arrivait presque jamais, et si un jour, il lui arrivait d’être trahi, il se savait incapable de pardonner.  Tout cela, il ne pouvait que se le reprocher à lui-même, mais cela restait des reproches à faire. Amos ne pouvait sans doute même pas imaginer à quel point il avait touché juste, ni à quel point cette simple réalisation avait braqué Darren, qui faisait de son mieux pour le cacher, ayant bien conscience que ce n’était pas volontaire.

- Voulez-vous que nous allions vers le manoir pour vous réchauffer ? Demanda-t-il d’une voix qui se voulait agréable. Je pourrais aussi vous inviter à boire un thé, ma demeure n’est pas loin, si l’on peut appeler cela ainsi.

Il regardait l’homme presque pensivement, son passage en deux mille seize l’avait rendu plus ouvert, et il avait moins de mal à ouvrir sa porte, même à un étranger.  Il fallait aussi dire que sa particularité restait une arme redoutable, en cas de besoin, une arme qu’il aurait toujours sur lui, quoi qu’il essaie de faire… Une arme, qui lui valait des reproches, encore, qu’il n’avait pas su utiliser au bon moment, qu’il n’avait fait que contempler… Il ouvrit de nouveau la flasque et versa un peu du liquide dans sa bouche, il ne devait pas se laisser aller à ses pensées noires comme il avait l’habitude de le faire, et une fois encore, la morsure du whisky était salvatrice.

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Amos Vaughan

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MessageSujet: Re: How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]   Dim 17 Sep - 13:44

How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone?


« Blanc, exactement. Blanc et ennuyant. »
Une brume sifflait entre ses dents, échappée d’un sourire tenu dans le noir. Cette époque sut être détestable.

Amos tint du regard la pipe dans laquelle frémirent quelques braises. Les doigts les plus anciens surent se déposer avec délicatesse sur le bois, alors que les siens eurent toujours écrasés les filtres des mégots. Il n’était plus ici chez lui, et la simple vue d’une pipe le lui rappela. Le geste le fascina, la façon dont il devinait les lèvres de son compagnon se pincer sur le bec de son instrument. L’obscurité avait pris quelques contours à mesure de la nuit, lui octroyant ses subtilités comme de nouvelles vérités. Mais il se sentit en devenir un étranger, prenant la place de l’homme aux coutumes éloignées. L’exotisme eu d’intérêt que lorsqu’il fût du 21ème siècle ; et Amos eut toujours détesté regarder le passé. Ce jeu-ci ne l’amuserait qu’un temps, ils durent l’apprendre.

Il lia ses mains entre elles pour congédier le froid ayant endoloris ses doigts. La gauche fut étreinte par la droite, éclatée sous la caresse brulante de veines que l’on avait échauffées. Les mots de l’autre faisaient échos aux siens, et il lui fut évident désormais qu’il eut rêvé l’avoir connu – Qu’il fût un fantôme, car seuls les vieux hommes fumaient la pipe à son époque.
« On se rencontre tard dans ce cas. Je suis debout chaque nuit et n’y avait jamais rien vu d’inattendu avant ce soir. »
     Tout se jouait à la vitesse d’une hallucination. Seules la texture d’une autre main et la brûlure de l’alcool lui firent entrevoir l’autre réalité. Un prénom également, bien que tout fantôme en eut un avant.
« Peut-être qu’ils me reprocheraient de ne pas faire l’effort d’être levé à l’aube. »
Ils, ces autres. Ceux que l’on imagine nous juger, tirer les ficelles de nos existences. Une théorie du complot qu’Amos prit plaisir à détourner, parce qu’il lui fallut toujours une personne contre laquelle s’opposer.
Il avait récupéré ses mains et les avaient logées dans ses poches. « Mais ma question n’était qu’une plaisanterie », s’assura-t-il de faire entendre. Non parce qu’il devina que la question avait dérangée son fantôme, mais parce qu’il se rappela après que ce dernier lui ai répondu, qu’il n’en avait attendu aucune.

A sa proposition, il se sentit hésiter, sachant pourtant laquelle des deux il ne sut refuser.
« Je connais le manoir comme ma poche, autant aller chez vous. » Des milliers de maisons et de couches traversaient ses souvenirs, nuancées chacune par les visages qui les construisirent. « Chez toi ? », se proposa-t-il de dire, même s’il lui fallut à ce titre démystifier le spectre qu’il voulait voir en lui. L’intimité d’une maison valait pourtant un tutoiement. Comme s’il eut été toujours plus respectable d’ouvrir une porte plutôt qu’une paire de cuisses ; et en un sens la confidence d’un habitat valait certainement mieux que celle d’un état. Squatteur, Amos ne se sentit jamais autant chez lui que lorsqu’il fût question des chambres des autres. Parce qu’il ne sut décorer la sienne, la considérer comme telle, ou qu’il n’eut jamais réellement décidé d’y prendre racines. Il n’aimait pas spécialement le thé non plus, mais son goût était devenu réconfortant à l’intérieur des tasses des autres. Materné par ses amitiés, si elles purent être considérées ainsi.
     Il avança le premier sans même savoir où aller. Il n’était pas celui qu’il fallait suivre, mais la morsure du froid avait eu raison de lui et de sa logique. Ses pieds s’arrêtèrent à quelques pas, invitant son fantôme à lui montrer le chemin. L’air chaud glissant entre ses lèvres avait fendu la chaire de ses lèvres comme de la glace. Amos y passa un pouce, sentant la nécrose d’une gerçure niveler sa lèvre inférieure. Stupide avait été l’idée de sortir du manoir sans savoir résister au froid.
« On t’a obligé à être là toi aussi ? »
     Il voulut croire lui-même y avoir été contraint, bien que cette même contrainte ne se soit appuyée sur son consentement. L’adulte y avait consenti ; l’adolescent resté en lui ne put seulement qu’en éprouver du mépris, accuser les autres d’intenter à ses libertés.
« Poser la question devient rengaine, mais vu qu’on est là pour ça... c’est quoi ton truc ? Ta particularité, je veux dire. »






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MessageSujet: Re: How am I supposed to be everything they expect me to be when I feel so alone...? [Amos]   

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