Clarence ◭ And we have escaped myopia (again)
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Clarence F. Bannerman
mirettes omniscientes

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☾☾ Particularité :
Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
☾☾ Bizarrerie :
Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
Responsable du Musée des Horreurs Passées.
☾☾ Myocarde :
Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
☾☾ Missives :
705
☾☾ Trogne & crédit :
Matthew Goode


MessageSujet: Clarence ◭ And we have escaped myopia (again)   Mer 13 Déc - 18:51

Clarence Fergus Bannerman

Bandez-lui les yeux, mais prévoyez trois foulards


☾☾ passeport

☾☾ Nom : Bannerman ☾☾ Prénoms : Clarence Fergus ☾☾ Surnom(s) : Seules les affections peuvent les justifier. A l'époque on l'appelait par son nom, et cela suffisait. ☾☾ Âge : 108 ans, à jamais 36. ☾☾ date de naissance : 19 septembre 1909. ☾☾ nationalité : Britannique et fils de Londres. ☾☾ statut civil : Marié ; Elle appartenait à la réalité. ☾☾ orientation : Hétérosexuel. ☾☾ occupation : L’on murmurait que Clarence Bannerman montait des dossiers sur les occupants des boucles ; que chaque nom y était soigneusement annoté avec ses tares et secrets. Soixante-dix années de registres se sont dévoilées au public, avec moins de valeur peut-être, que celle qui leur était accordée. Abandonnés derrière lui au nom d’un plus grand dessein ; Il a rassemblé photographies volées et empruntées, a réajusté les noms écrits à l’encre sur le kraft. Mauvais conteur et bien trop attaché à ce qu’il eut construit pour tout détruire. Son travail repose dans un musée ouvert dans le parc. Il y rassemble des histoires anonymes, des vécus que tout le monde oubli. De vieilles photographies, des monstruosités découvertes. Avec l’accord des Ymbrynes il récupère de vieux souvenirs, instruments de tortures et autres objets pour enrichir les seuls restes de leurs existences. Les plus sombres, comme cadeau aux mémoires, mais surtout comme occupation. ☾☾ Affiliation : Spécimen naturalisé. Il a rejoint les boucles, y est resté pour ses raisons. Elles restent pour lui une utopie. Des enfants auraient pu grandir et fonder des familles. L'éternité ne devrait pas exister, et tout à la fois il lui ait impossible de croire que tous aient leur place auprès des humains.


particularité

Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Lobes, rétines, pupilles et cils ; ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose. Un ticket d’entrée à la foire aux monstres peut-être. Il les ouvre et les originaux se ferment. Difficile alors de marcher, de tenir l’équilibre. Il aurait pu s’y entraîner mais la nécessité était de les cacher ; Simplement, il ne les aime pas. Ils lui permettent seulement de voir dans le noir, car bien trop habitués à y être condamnés.
bizarrerie

Il n'eut jamais demandé de second regard. Lorsque ce dernier s'est substitué au sien, choisissant de s'ouvrir à la place du premier, il fût contraint de lui obéir. Les paupières ouvertes, son visage devient aveugle. Il les condamne pour ne pas devenir le monstre bancal qu'elles l'obligent à devenir. Seules à voir dans l'obscurité, elles lui font perdre l'équilibre lorsqu'il marche, l'oblige à avancer bras devant lui. Il sait à peine les utiliser ; Son corps se désordonne, son esprit s'épuise.

petits secrets

I. Les mains bandées. Chaque jour depuis que les paupières sont apparues. Habituées à l'éternelle obscurité, elles en sont venues à craindre la lumière du jour. II. Le café est amer dans sa gorge, agressif à l'odeur. Il préfère le thé, et cette addiction vaut toujours mieux qu'une autre. III. Son père appréciait les bons whiskys ; Lui perd ses repères après une pinte de bière.  IV. Il a cessé de porter son alliance une fois entré dans les boucles. Il voulait se réserver le droit à son ancienne vie, mais son annuaire en a gardé la trace. V. Il fumait, avant que la cigarette ne lui rappelle celle qu'il aimait. VI. Il craint le froid. Déjà à Édimbourg ses souliers prenaient l'eau. Jamais assez couvert pour la neige, bien qu'il aime la regarder tomber, ses doigts et orteils finissent le plus souvent gelés. VII. Trop ordonné et rassuré par son époque, il se perd parfois à l'intérieur de ce monde d'anachronismes. Il ne comprend pas les musiques, les jeans et les baskets, se tait mais désespère de ne plus en être protégé dans la nouvelle boucle. VIII. Rasoir, il chérit néanmoins quelques blagues rarement entendues. Il sera peut-être seul à en rire, mais elles justifient à ses yeux son sens de l'humour. IX. L'on voulut lui offrir un vélo à l'âge de neuf ans, mais le premier essai fût un si bel échec qu'il se retrouva joue et mains écorchées, et ne monta plus jamais sur une selle. X. Il essaye, de toutes ses forces, de croire qu'il n'est pas trop tard, qu'il n'est pas trop vieux.
mentalité

Sa mère clamait le silence et l’ordre, prônait l’ennui mais dénonçait son existence. Il est devenu aussi ennuyeux qu’un enfant trop bien élevé aurait pu l’être. La faute d’une éducation, puis d’une particularité l’ayant isolé. Il consacra son existence à ses études, son travail ; ne crut jamais réellement pouvoir être marié. Il souriait car il était heureux, et calculait tout à la fois ce qui put trahir son secret. L’ennui est resté, à l’intérieur de gestes contrôlés, d’années trop longues. Il voulait plus que tout contredire le monde qu’il avait rejoint, enfreindre avant les autres ce qui serait de toute façon enfreint. Mais le désordre qu’il laisse n'est jamais aussi grand que celui qu’il pense pouvoir semer. Il aime au fond de lui vivre dans un monde structuré.
Il déteste l’ignorance, les secrets ; entretient ses propres mensonges avec ironie, mais s’éloigne depuis peu de ce qu’il est. La curiosité des autres lui ait passé, l’envie éteinte temporairement. Ne pas comprendre ce monde après 70 ans l'a blessé, alors il tente de l'oublier et de tourner le dos aux questions qu'il s'est posé.
Il a de nombreuses fois menti, entretenu des amitiés car il connait le risque d'avoir des ennemis. Patient depuis toujours, pour accepter ce qu'ils eurent tous à dire et garder pour lui ses contradictions. Hypocrite peut-être, ou simplement méfiant. La bienséance eut toujours servi à sa réussite. Les sourires sont lointains, grimacent à certains instants ; Il sait les offrir car beaucoup trop confiant. Orgueilleux pourtant, au plus profond de lui. Il hait être poussé dans ses retranchements. Il se sort plutôt bien de ces situations, mais met en péril ses propres sentiments. Lorsqu'il aime l'amitié devient maladresse, la gentillesse artificielle mais plus sincère.
identité secrète

☾☾ Pseudo : Donna ☾☾ Âge : 23 ans ☾☾ Localisation : Toulouse ; On m'a arrachée à la neige. ☾☾ Type de perso : Recyclé ☾☾ Avatar : Matthew Goode ☾☾ Crédits : Niet ☾☾ Comment as-tu trouvé le forum : En ayant passé trop de temps sur la V1. ☾☾ Le mot de la fin : Vous avez officiellement lu toute la fiche.

aventures


PARTIE I - VIOLENCES
Manchester, été 1940

On ne pût reprocher à Clarence d’avoir tout donné à Annabeth. Il l’aimait, et sa fidélité pour elle ne fût jamais ébranlée. Nombreux étaient ceux s’étant laissés séduire par l’adultère ; plus encore depuis que la guerre avait été déclarée. La sauvagerie du monde les excusait et, las de se loger aux creux des mêmes cuisses depuis des années, elle était pour eux une occasion d’en changer. Quant à Clarence, s’il y’eut une chose qu’il finit par haïr chez Annabeth, ce ne fût jamais l’intérieur de ses cuisses. Il l’aimait, à quelque chose près bien trop. Il négligeait sa vie pour la sienne, lui accordait l’indépendance qu’une femme n’aurait jamais dû avoir. Avec recul il aurait aimé lui offrir un enfant, mais les tentatives infructueuses qui avaient alimenté leurs déceptions, devinrent une bénédiction alors que le bruit des chars traversait terres et mers pour alimenter leurs craintes. Annabeth eut si peur de tomber enceinte, persuadée que l’ironie lui offrirait un enfant à naître dans l’effroi de la guerre, qu’elle avait fini par se refuser à lui.

Cet été 1940 pourtant, elle attendit son retour boutons défaits sur la poitrine et jupe remontée sur le genou. Elle voulut attraper les bandages à ses mains tandis qu’il l’embrassait, mais elle parvint à peine à les défaire que son corps fût arraché au sien. Un revers de main vint claquer contre sa joue ; le seul coup donné en retour des siens. Il était difficile à croire qu’elle ait pu connaître chaque parcelle de son corps, aussi intimes puissent-elles être, sans que jamais elle n’ait pu découvrir ce que renfermaient les mains de son mari. Elle avait accepté ce secret trop facilement, car avant lui les hommes étaient moins tendres. Mais si elle avait été un peu plus jolie, moins drainée par ses émotions, elle se serait accordé une plus grande exigence quant à l’homme qu’elle épouserait. Les hommes biens ne se bousculaient pas, et Clarence lui avait apporté tout ce dont elle avait besoin. Il l’avait attendrit, parce qu’il était tombé amoureux d’elle sans même la connaître. Il riait parce qu’elle injuriait la foule ; et lui avait tendu la main lorsqu’en courant elle avait trébuché. Elle s’en était éprise aussi, avec le temps. Elle avait laissé à ce dernier l'occasion d’adoucir son jugement, puis renforcer son affection. Mais les secrets deviennent si lourds une fois ensembles.



PARTIE II - SURNUMERAIRES
Londres, hiver 1925

Clarence eut une verrue sur le pied à l’âge de 12 ans, et sa mère faillit en avoir une attaque. Il n’y eut rien pour elle, de plus déroutant et écœurant, que les infections et gangrènes s’attaquant aux chairs ; plus encore lorsqu’elles eurent été contagieuses. Lorsque Clarence lui demanda ce qui avait poussé sur son orteil, elle le supplia – pour l’amour du ciel – de voir ça avec son père. Rejet et dégoût eurent affaires à le persuader qu’il allait perdre son pied. A juste titre, lorsque deux protubérances apparurent dans les paumes de ses mains à 16 ans, il n’en parla cette fois qu’à son père, et lui fit promettre de ne rien révéler au reste de la famille. Clint Bannerman avait hoché la tête, emmené son fils au médecin pour que celui-ci ne leur offre qu’un froncement de sourcils. « Des kystes. »
Sans douleur, il n’y eut rien d’autre à faire que de les laisser là où ils étaient. « Peut-être disparaîtront-ils, peut-être pas. Des gens vivent avec bien plus grave que ça. » Il avait vu les ravages d’une première guerre, et se fichait peu des malformations congénitales d’un gosse baigné d’innocence.

L’on cacha les kystes, à jamais. Pour le bien de sa mère, pour le sien. Clarence passa des heures entières à observer les deux bosses aux creux de ses mains. Il appuyait longuement dessus, et les doigts au fil des jours s’enfonçaient dans la matière molle. Les paupières s’entrouvraient, piquées de cils à peine sortis. Il eut peur de les voir, d’en parler ; enfonça une aiguille entre les deux pellicules frêles qui se déliaient. La douleur fut insupportable. Il la retint deux jours avant d’en parler à son père. Il l’avait encore supplié de garder son secret ; et l’homme âgé avait accepté. Mais ce qu’il voyait lui faisait peur, et il craint bientôt lui aussi de briser sa promesse. L’estomac retourné et le cœur lourd il protégea son fils du reste du monde. « Des kystes. Ce ne sera jamais que des kystes. »
Il rêvait de ces yeux, entamait des recherches. Le troisième tétons de sa tante et le bec de lièvre de son cousin n’eurent jamais été aussi effrayant que la tare de son fils. Il devint le seul à ne pas rire de ses mains bandées ; le seul à comprendre pourquoi son plus jeune enfant s’isolait un peu plus du monde en grandissant. Il travaillait beaucoup, lisait des livres et parlait à quelques amis. Mais Clint Bannerman crut tristement qu’il ne pourrait jamais avoir une famille. Son frère était plus vieux, mais courrait les jupons depuis déjà longtemps. Le gamin et lui n'en parleraient pas, mais Clarence le crut aussi ; avant Annabeth.



PARTIE III - L'OURAGAN
MI6, hiver 1941

Annabeth lui manquait, mais rester loin d’elle leur laissait encore une chance de s’aimer. Elle ne lui en voulait plus seulement pour son secret, mais aussi pour la guerre. Il était le seul resté au pays. Pères, frères et fils s’en allaient perdre leurs vies, alors que lui restait assis à un bureau. Qu’il fût celui qui dirigea les armées, ou le facteur personnel du roi, peu lui importait. La guerre était ailleurs et elle voulut qu’il ait les entrailles chaudes des soldats sous ses yeux pour justifier ses silences et absences. Elle accusait tous ceux restés en Angleterre d’avoir envoyé les autres dans les tranchées ; sans comprendre qu’ils purent être les seuls à ramener la paix.
Clarence s’imaginait qu’une fois la guerre terminée, tout redeviendrait comme ils l’avaient laissé. Il croyait en leur victoire, en leur futur, comme un bon soldat dont l’uniforme ne serait pas sali par le front. Il avait envoyé Annabeth dans les campagnes de Manchester avant que les bombes ne détruisent leur appartement ; et retournait parfois seul à Londres car il eut peur de la rejoindre. Étonnamment, aucune bombe n’avait détruit ce qui restait de leurs souvenirs.

Les bureaux de la MI6 avaient été déplacés loin de la capitale. Là-bas l’on échappait à l’aviation Allemande ; l'on cherchait à les voir arriver en vain. Clarence avait appris à utiliser une arme, et tout ce qu’il faisait était de servir la paperasse britannique. L’on avait décortiqué sa vie, posé des questions auxquelles il dû savoir répondre. Ils ne mentionnaient pas avoir enquêté sur sa femme, son père ou son frère – siégeant tous deux au gouvernement ; mais s’il lui était demandé de le faire pour tous les noms apparus sur son bureau, il y’eut peu de chance pour qu’on lui ait accordé cette clémence.


PARTIE IV - FRACTURES
Manchester, Automne 1945

Annabeth lui avait pardonné après la guerre. « C’est terminé. Terminé. », Avait-elle répété à son oreille. Ses bras l’étreignaient et dehors l’on fêtait une victoire. Les soldats n’étaient pas encore rentrés, et pour certains ne rentreraient pas ; Mais la haine d’Anna c’était envolée, et cela fût bientôt tout ce qui compta. Une journée ; Ils ne purent réellement tout reprendre comme ils l’avaient laissé.
Clint Bannerman avait envoyé à son fils les résultats de plusieurs années de recherches, et avait résolu l’énigme d’une utopie auquel son fils n’avait jamais cru. Ils ne se parlaient pas, et tout ce que reçu Clarence fût un colis dans lequel son père eut écrit une lettre. Un endroit où aller s’il le voulait ; et retrouver Annabeth l’obligea bientôt à vouloir fuir à nouveau.



PARTIE V - RESTANTS
Boucles temporelles, éternité

Les boucles devaient lui offrir une meilleure existence. Mais il avait été construit, et ne fût jamais en soixante-dix ans que la continuité de ce qu’il avait appris à devenir. Il écrivit des registres en secret, se plongea à cette tâche comme seule capable de définir qui il était. Les bruits se murmurèrent qu’il arrachait aux autres leurs secrets, les annotait dans des pages auxquelles personnes n’avait accès. Il ne trouva réellement de place, y perdit jusqu’à son plaisir de savoir. Il accordait des services contre des informations, mimait pathétiquement ce qu’il s’était employé à faire à la MI6. Il s’est inventé ses propres histoires, les a offertes aux autres comme des vérités. Il a perdu son honnêteté à l’intérieur des vies qu’il s’est accordé. Un jour soldat, un jour veuf. Prendre les gens pour des cons fût un plaisir bien plus grand que ce à quoi il s’était attendu. Mais les mensonges se trahissent, et sont avec le temps plus difficiles à entretenir.
Annabeth sembla avoir été effacée ; omniprésente dans ses regrets et sa nostalgie. Il craint le futur de lui rappeler qu’il était trop tard pour la rejoindre, et qu’elle put avoir continué sa vie sans lui. Il jugea qu’il n’y eut pas sa place. Puis celui-ci devint une forme de rédemption ; aussi difficile puisse-t-il croire de vouloir ouvrir les portes de la réalité à tout le monde.




DEFINATE SOMEONE
There was something comforting and liberating about being an actual definite someone, rather than a collection of contradictory potential someones. J. Franzen
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