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 « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy

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MessageSujet: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Jeu 3 Nov - 0:11

Do I wanna know ?

- Back to the future -

Douce chaleur du mois de juin, du soleil qui chauffe doucement sur les plumes dans une sensation des plus délicieuse. C'était étrange, retrouver des températures positives, un sol dépourvu de neige immaculée, une lueur propre à la matinée estivale. Le souffle du vent provenant de la mer est parfait pour se laisser planer, reposer un instant les membres endoloris par le voyage, se laisser glisser vers la ville, tenter d'enregistrer, capturer le moindre détail, tenter de les comprendre. Cette époque m'était inconnue, éloignée, floue et presque incompréhensible. Le plus loin qui m'ait été donné de voir était la boucle de 1941 que j'avais fini par apprivoiser au fil de mes nombreuses allées et venues.

Il fallait que je suive le blond et son appareil étrange qui capturait des images comme les appareils photo de 1941, loin de la chambre technique qui m'est contemporaine, seul individu qui m'avait remarqué, ne serait-ce que brièvement, en dirigeant son mécanisme en ma direction. Son visage était vaguement familier, sans pour autant le remettre sur un quelconque nom ou souvenir, étrange.
J'étais un brin réticent à entrer en ville, lieu bien trop inconnu pour que je m'y sente à l'aise, me contentant avant tout de suivre l'individu visé du haut des toits, cherchant un moyen de paraître plus présentable, le problème de la nudité venant instantanément s'installer en cas de tentative de contact de vives voix belles et bien humaines.

La boutique de vêtements, illuminée de toute part, semblait être tombée du ciel, étrange musique s'échappant de ses entrailles. Pourquoi mettre de la musique aussi forte dans un commerce ? Dansait-on pour faire des essayages et retouches de vêtements ? Qu'importe, il fallait faire vite avant de perdre le jeune blond platine. Éviter les regards, voler discrètement, se dissimuler derrière un rayon vide, changer de forme, grandir, corps s'étirant et perdant ses plumes, ne laissant qu'une peau pâle et salie par le voyage et des cheveux en bataille. Mes doigts sairent les premiers morceaux de tissus venus, chemise beaucoup trop grande, boutonnée tellement à la hâte que la boutonnière est mal coordonnée, pantalon qui paraît beaucoup trop serrant, peu importe la mode à adopter pour l'instant, le but est avant tout de se couvrir au mieux. Maintenant que c'était fait, il valait mieux s'éclipser, pieds maladroits enchainant des pas difficilement, comme toujours après un long temps passé sous mon autre forme, tenant à peine debout. C'était sans compter sur l'alarme, hurlant dans mon dos à peine le pied mis dehors, ne comprenant pas dans un premier temps jusqu'à voir un vigile commencer à me courir après. Un système ingénieux, mais terriblement embêtant.

S'en suivit donc de grandes enjambées acrobatiques, manquant de trébucher tous les trois pas, grimaçant lorsque la plante des pieds se heurtait à une pierre ou un quelconque objet. Et là, voilà qu'il fut de retour au beau milieu du trottoir ; le blond à l'appareil photo. Pas une seconde à perdre, je saisis son poignet dans ma course, l'entrainant à travers les ruelles totalement à l'aveugle, tournant ainsi durant une bonne dizaine de minutes avant de ralentir, définitivement épuisé et totalement essoufflé par tous ses efforts enchainés. « Votre.. » Reprise de souffle, respire Aloysius, respire, on reprend. « Votre appareil, comment fonctionne-t-il ? Enfin, je vous ai aperçu tout à l'heure près des falaises, ça m'a intrigué. » Je n'avais pas pu m'empêcher de prendre l'objet en main, le lui dérobant un instant pour le retourner dans tous les sens, ne trouvant aucune entrée pour y inclure une pellicule ou même une quelconque plaque recouverte d'émulsion. Un bel objet, étrange cela dit.
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Jeu 3 Nov - 15:27

Do I wanna know ?

- help me polarize -

Y'a des jours comme ça où y'a rien à faire et tu t'emmerdes à mourir. Bah Romy, il est tous les jours dans un jour comme ça. C'est dit un peu bizarrement, mais quand on a compris le système des boucles, on voit parfaitement ce que ça signifie. On pense généralement que les îles sont des havres de paix, synonymes de vacances, d'activités en tout genre... C'est un peu comme ça qu'on a pu lui vendre Castletown au début, ben c'est carrément de la mauvaise pub. Y'a rien à faire. A part peut-être si on a envie de se geler les miches dans la mer d'Irlande, de se promener sur les falaises, sur la plage (venteuse, d'ailleurs), ou en "ville" entre les quelques boutiques qui se battent. Nan, en vrai c'est sympa comme environnement ; Romy est juste de très, très mauvaise foi.

Mais bon, pour combler son ennui, le londonien d'origine a choisi de se mettre à la photographie. A vrai dire, il n'a jamais été très doué avec les images, c'est surtout la qualité de l'appareil qui fait tout le travail. Tant que ça l'occupe, c'est le principal. Et si ça peut être utile, c'est encore mieux ! Ça tombe bien, parce que Romy tient un album photo très particulier : chaque jour, il suit - dans la mesure du possible - les habitants du coin dans leurs tâches quotidiennes. Il immortalise chaque événement, important ou totalement nul (comme cet homme qui se cure le nez chaque après-midi à 13h44), pour se donner l'impression de faire quelque chose de sa vie.

Aujourd'hui, c'est le troisième jour à la falaise. C'est vaste, c'est vide, mais il y a quand même quelques habitants ou touristes qui les parcourent sous le soleil de juin, des animaux aussi, parfois, surtout des mouettes et autres piafs de malheur. Du coup, là, ça fait deux jours qu'il est sur les oiseaux. Il les suit doucement dans leurs déplacements, photographie les groupes qui se posent, s'assoit dans un coin où il peut observer ces gros oiseaux facilement... Mais c'est vachement ennuyant. Alors il soupire, regarde ailleurs, sors son téléphone par réflexe pour regarder l'heure et maudire l'absence de réseau. Il tourne un instant le dos au groupe d'oiseaux terriblement bruyant pour regarder autour de lui : rien que de l'herbe, de la terre, quelques arbres penchés par-ci par-là, du vent fort, les cris des mouettes et le bruit assourdissant des vagues contre la falaise. Romy se laisse tomber en arrière, couché dans l'herbe, balayé par le vent salé et les yeux rivés sur cet éternel ciel bleu. C'est apaisant, dans un sens, même s'il n'a jamais vraiment apprécié la solitude. Il allait fermer les yeux un instant, faillant à sa promesse de photographe, quand un élément inconnu traverse son champ de vision : le blond en est sûr, ce point tournoyant dans le ciel n'était pas là ni la veille, ni le jour précédant. Il se lève précipitamment à s'en faire tourner la tête, en serrant bien son précieux appareil pourtant accroché à son cou par un cordon. Il le tire devant ses yeux, visant l'oiseau en plein vol, à la recherche d'un meilleur plan pour la lumière. En pressant le déclencheur, le photographe en herbe baisse l'appareil pour analyser sa nouvelle photo, zoomer et regarder l'étrange animal qui, encore une fois, ne devrait pas être là. Pour sûr, ce n'est ni Miss Rubecula, ni Miss Zosterops, et encore moins Miss Scandiacus. Romy n'est pas spécialement calé en espèces d'oiseaux (et c'est pas comme s'il comptait vraiment s'y intéresser un jour, honnêtement), mais il a assez vu les oiseaux de cette boucle pour les reconnaître - même s'il serait incapable de les nommer. Quand il relève la tête pour suivre l'oiseau, il se rend compte qu'il est parti... ou qu'il l'a juste perdu des yeux. Oh, dommage. Après tout, ce n'est peut-être qu'une erreur, une négligence de la veille. En tout cas, les piafs commencent à sérieusement lui sortir par les oreilles, alors il décide d'arrêter de suivre des piafs pour la journée.

Toujours d'aussi mauvaise foi, Romy trouve la ville moche, triste, ennuyante, sans intérêt. Sans doute plus "vivante" que les falaises vierges, les 3000 habitants de Castletown restent bien loin de son London natal. Encore une bonne raison pour râler. Il marche sur le trottoir étroit, son appareil autour du cou, une main dans la poche et l'autre qui tient son téléphone portable sous ses yeux. Un réflexe encore une fois, hein. Parce qu'on est toujours à la recherche du réseau dans la boucle. Il a tout juste le temps de ranger son téléphone et de relever les yeux, qu'il voit un détraqué défagoté courir vers lui pour, semble-t-il, échapper à un homme en noir visiblement très en colère. Une vision vraiment terrifiante sur le coup. Surtout quand le détraqué en question lui attrape le poignet et le kidnappe délibérément en pleine rue. « Non !! » Romy a beau crier, l'insulter, tirer son bras ou tenter de le ralentir, rien n'y fait. Quelle poigne. Quand il s'arrête enfin de courir, ils sont tous les deux à bout de souffle. S'il ne s'était pas époumoné à lâcher toute sorte d'insulte, le blond aurait peut-être pu repartir en courant...

« Votre appareil, comment fonctionne-t-il ? Enfin, je vous ai aperçu tout à l'heure près des falaises, ça m'a intrigué. » Hein ? L'homme lui a arraché l'appareil photo pour on ne sait trop quelle raison, puisque s'il avait vraiment voulu le lui voler, il ne se serait certainement pas emmerdé à se trimbaler le propriétaire avec. « Je euh... » Romy est très déboussolé et se demande s'il doit abandonner l'appareil pour sauver sa peau ou se battre pour sa propriété au risque d'énerver un dérangé. « Rends-moi ça ! » Ah, peut-être un peu trop violent. L'adolescent est totalement essoufflé, à la fois par la course et la forte dose d'adrénaline de cette rencontre beaucoup trop inhabituelle... Mais bien sûr ! Ça doit forcément être un particulier, certainement un voyageur inconnu à la boucle ! Il aurait sans doute dû faire le rapprochement plus tôt, au lieu de s'emballer sans réfléchir. Enfin, c'est pas comme si les circonstances lui en avaient vraiment laissé le temps. « D'où tu sors ? De quelle boucle, je veux dire... » Il a toujours cet accent londonien quand il ouvre la bouche, avec ses manières de jeune de la rue bien loin des accents d'ici, et son langage déplacé. Après tout, cet homme étrange habillé de travers l'a bien trop mal abordé pour qu'il fasse des efforts de langue et de politesse. D'où le fait qu'il ne réponde d'abord pas à sa question.


Dernière édition par Romy Cunningham le Lun 14 Nov - 18:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Sam 5 Nov - 12:16

Do I wanna know ?

- Back to the future -

La course poursuite avait fait oublier certains détails, rappelés brièvement par la crasse qui s'était logée dans les ongles et la peau qui avait changé de couleur par endroit. Probablement un air de clochard détraqué, peu ragoûtant, sans oublier la chemise trop large mal boutonnée qui pendait un peu trop d'un côté. On était loin des conventions et des normes imposées par mon époque d'origine. D'ailleurs quelles étaient les conventions ici ? Le mot qui me vint à l'esprit fut... court. Horriblement et terriblement court, de quoi mettre mal à l'aise, vouloir détourner le regard de tout individu qui avait osé sortir dehors vêtu de la sorte. Certes il faisait bon, mais tout de même, c'était gênant. Le contraste entre ces individus provenant d'un futur que je ne vivrai jamais et moi était frappant. Techniquement, ici, je devrais être mort depuis bien longtemps, pensée qui provoqua un arrière goût amer. D'un autre côté, c'était excitant, plonger dans l'inconnu, en connaître d'avantage.

Le ton du jeune blond me fit instantanément revenir à la réalité, mots un peu trop familiers qui me firent ouvrir la bouche, indigné. D'un autre côté, je l'avais probablement cherché, me faisant retirer un peu trop violemment l'objet que je tentais de comprendre. Je ne pouvais m'empêcher d'observer ses cheveux, d'une couleur plutôt étrange, fascinante même, retenant tant bien que mal mes doigts de s'y glisser pour en sentir leur consistance. Il valait mieux rester calme, ne pas contrarier encore plus mon interlocuteur, d'autant plus que ses derniers mots, bien qu'encore trop familiers à mon goût, provoquèrent un maigre sourire satisfait d'avoir bel et bien déniché un Syndrigasti.

« Dites donc, c'est votre mère qui vous as appris à parler de la sorte ? A moins que ce ne soit les conventions sociales de cette époque. Étrange. Je dois avouer être un peu perdu, je n'ai jamais été aussi loin dans... l'avenir. Enfin avenir, tout est une question de point de vue bien entendu, techniquement c'est plutôt moi qui vient du passé. Enfin soit. C'est naturel vos cheveux ? Ils ont une couleur pour le moins déroutante. Je viens de 1873, c'est sacrément lointain dit de la sorte, même si la boucle la plus lointaine que j'ai visitée date de 1941, au moins cette guerre n'a pas aboutie sur une fin du monde à ce que je vois, même si transformer vos commerces en lieux de fêtes est terriblement étrange. Oh d'ailleurs, je suis navré pour tout ça, je dois avoir l'air d'un véritable dégénéré, longue histoire et j'ai grand besoin d'un bain et de vêtements à ma taille. Aloysius, Aloysius Mathghamain. Savez-vous où se trouvent les Ymbrynes de cette boucle ? »

Le débit était rapide, mots s'enchainant les uns après les autres comme les piaillements d'un oiseau. Tout allait toujours très vite après un long voyage, comme si ma langue voulait compenser, relâcher les syllabes que j'étais incapable de prononcer sous mon autre forme et qu'il lui fallait également un temps d'adaptation pour le débit, tout comme pour mes pieds maladroits et endoloris par leur course en contact direct avec le sol.

« Dites, quel est l'intérêt de photographier des oiseaux ? Enfin non pas qu'ils ne sont pas intéressants, mais a quoi bon gaspiller de la pellicule ? » Faire une photographie était en général cher et n'était certainement pas donné à tout le monde là d'où je venais, même si les choses étaient beaucoup plus laxistes en 1941, bien que tout de même limité. A quoi bon vouloir photographier le ciel donc, n'était-il pas plus intéressant de capturer les souvenirs précieux ? Au final la question me rendait excité comme une puce, à deux doigts de courir parcourir les ruelles de cette boucle afin de découvrir autrement que poursuivit par un individu qui faisait deux fois ma taille pour mon vol de vêtements. « Je pourrai les voir ? Enfin une fois développées bien entendu. Je compte rester quelques temps, histoire de savoir ce que l'avenir réserve, même si je suis supposé être mort depuis longtemps. Pas vraiment joyeux comme optique d'ailleurs. »  
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Dim 13 Nov - 16:01

Do I wanna know ?

- help me polarize -

Quoi ?

On sait bien que Romy a du mal à rester concentré, de base. Il se disperse facilement, bien vite plus intéressé par le vol d'un papillon à sa droite que par ce qui demandait son attention à l'origine. Mais alors si on l'oblige à écouter le monologue beaucoup trop long d'un homme beaucoup trop bizarre et beaucoup trop vieux pour espérer une conversation un tant soit peu normale... Le blond n'a pas tout retenu parce qu'il n'a à vrai dire pas vraiment écouté la réponse à la question qu'il venait pourtant de poser, mais il en a perçu assez pour comprendre que la plupart lui serait de toute façon désagréable : "mère", "conventions sociales", "cheveux"... S'il ne s'était pas à ce point renfermé dans son air blasé dès les premiers mots, il aurait pu répondre pour la énième fois que ses cheveux sont bel et bien naturels (du moins autant que sa pigmentation puisse l'être en réalité), qu'il n'en a rien à battre des "conventions sociales" et qu'il n'obéit – presque – plus qu'aux siennes. Finalement, c'est beaucoup mieux qu'il n'ait pas eu le temps ou l'envie de répondre...

Il sort de son état d'ennui quand il réalise que la dernière question que cet Aloysius lui pose attend cette fois-ci vraiment une réponse. Ou en tout cas, qu'il est plus important d'y réagir : « Euh, j'en sais rien, sûrement au village comme d'hab... -itude. » Il faut penser à prononcer les mots entièrement, Romy. Articule et prononce correctement pour ne pas avoir à répéter chaque phrase. Un peu comme avec les vieux, en fait. Eux aussi, ils ont besoin qu'on répète les choses plusieurs fois ; pour qu'ils entendent, pour qu'ils comprennent et pour qu'ils s'en souviennent. Il se demande, par hasard, quel âge peut avoir son interlocuteur. Un chiffre sans doute beaucoup trop effrayant, quand on sait que les boucles permettent une certaine forme d'immortalité. Imaginez avoir 10 ans éternellement... Un cauchemar.

« Dites, quel est l'intérêt de photographier des oiseaux ? Enfin non pas qu'ils ne sont pas intéressants, mais a quoi bon gaspiller de la pellicule ? » Le fixant droit dans les yeux – ce qui doit déjà être perçu comme très indécent –, Romy hausse un sourcil en se demandant quand l'homme a-t-il pu le voir photographier ces piafs de malheur sur la falaise ; sans faire aucun rapprochement. C'est vrai que, dit comme ça, cette activité semble encore plus ridicule. Il baisse les yeux vers l'appareil et en regarde l'écran noir. « Je prends pas que les oiseaux en général... Aussi des gens ou des voitures, un peu tout ce qui se passe en ville, au village et aux alentours. Je fais un album de la boucle, pour répertorier le comportement de chaque personne et de chaque animal prisonniers. C'est que le début, y'a encore beaucoup de choses à voir et j'avoue que c'est parfois très ennuyant, mais ça m'aide à passer le temps et à ne pas péter un câble... » En effectuant une petite pression sur une petite encoche, il y montre du bout du doigt la petite carte mémoire apparue. « Y'a pas de pellicule dans ce genre d'appareils, toutes les photos sont là-dedans pour les numériser ou les développer... » Tout en parlant, Romy relève la tête et se rend compte que ces informations ne trouvent pas forcément un sens dans l'esprit d'un homme du XIXe siècle ; il soupire et lui fait comprendre d'un signe de la main qu'il ne doit pas chercher à comprendre, parce qu'il aurait de toute façon trop la flemme d'expliquer plus clairement.

« Pas besoin de les développer pour voir ce que ça donne, je peux vous- te- les montrer si tu veux... Mais fais attention. » Le blond lui met directement l'appareil dans les mains – en prenant soin de l'allumer au préalable. « Tu appuies sur ce bouton-là pour passer à la photo suivante... Tiens bien l'appareil ! » Étrangement, Romy a un peu l'impression d'expliquer la technologie à un grand-père. Et s'il ne montrait d'abord pas vraiment d'entrain à cet échange avec Aloysius, il finit par l'apprécier... Un peu... Parce qu'il a su montrer de l'intérêt à son activité.

« Euh... Fais pas attention à certaines photos là-dedans...»
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Mar 15 Nov - 15:13

Do I wanna know ?

- Back to the future -

Le blondinet semblait perdu ou distrait. Il faut dire que le débit peut paraître impressionnant, effrayant même pour un non initié. Un parfait débit d'hirondelle bavarde. Ce ne serait donc pas un aussi bon interlocuteur de Maxine ou Elvire, à dialoguer, exposer des théories, décortiquer, donner des arguments en tout genre. Dommage, un individu capable d'expliquer de fond en comble les fondamentaux de cette boucle aurait été un plus, enfin il devait bien en avoir quelque part. Il faut dire que la situation n'était pas non plus des plus... normale, l'écart du temps se faisant clairement sentir, me sentant comme une vieille antiquité qu'on aurait mise dans un grenier et qui n'aurait pas vu le temps passé avant qu'on ne la ressorte dehors.

Au moins l'anglais était toujours de mise, la langue semblait certes avoir évolué, mais elle n'était pas inconnue. Je n'aurai certainement pas beaucoup plus d'informations, notant de trouver ce village donc.  « Ce village, il est loin ? » Maitrise ta langue, mieux vaut ne pas le perdre une seconde fois. C'était sans compter sur les nouvelles explications, tentant de comprendre ce qu'il baratinait. Omis une histoire d'album de boucle, il m'avait perdu, regard l'observant, pataugeant dans les divers mots qui creusaient encore plus l'écart. « Nu-mer-i-quoi ? Comment tant d'images peuvent tenir dans cette si petite chose ? C'est de la magie ? »

L'engin se retrouve une fois de plus entre mes doigts, suivant les instructions avec précaution, ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre avec cette histoire de visualisation. Ne risquait-il pas d'exposer une nouvelle fois ses images ? De détruire ses clichés ? Les sourcils se froncent, ne comprenant pas cette plaque de verre qui s'illuminait.  « Il y a une ampoule à l'intérieur ? Mais ? Comment ? Faire attention à quoi ? Elles peuvent devenir vivantes ? Elles ne se sur-exposent pas comme ça à la lumière ? » Les premières interrogations visaient le fonctionnement, retournant une nouvelle fois l'appareil dans tous les sens avant de s'attarder sur le contenu en lui même, il en dirait probablement plus sur cette époque après tout.

Mauvaise idée, si les quelques clichés d'oiseaux furent pour le moins sages, il n'en était rien du reste. Est-ce que ce jeune individu allait bien psychologiquement ? Est-ce que c'était un détraqué ? Des photos pour le moins honteuses, personnages laissant apparaître beaucoup trop de peau pour que je ne me mette pas à rougir, honteux. Trop peu de tissus, puisqu'on ne pouvait même plus appeler ça "vêtements" ou même "sous-vêtements". Les yeux se détournent instantanément de l'engin qui avait tant attiré ma curiosité, le rendant maladroitement à son propriétaire et ne voulant certainement pas en voir d'avantage. C'était à retourner illico dans une boucle plus connue et rassurante, loin ce toutes ces modernités étranges. Le monde avait bien changé, c'était certain. Ou alors j'avais à faire à un parfait voyeur peu équilibré.  

« Que c'est... indécent. Personne ne vous dit rien à prendre des photos pareilles ? Ou bien ce sont les jeunes filles qui n'ont plus aucune pudeur et éducation ? Même les hommes d'ailleurs. Est-ce que c'est quelque chose dans l'oxygène ? Le tissus est-il devenu excessivement cher ? Tout ça me met terriblement... mal à l'aise. Y a-t-il d'autres choses de cet acabit ? Qui ne tournent plus rond ? Il faut absolument que je sache. »  
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Mer 16 Nov - 15:43

Do I wanna know ?

- help me polarize -

C'est assez amusant, au fond, de voir l'énorme fossé qu'il peut y avoir entre plusieurs générations. Pour Aloysius, tout ce qui ne lui est pas contemporain est certainement magique. Romy voit le futur - qu'il ne pourra d'ailleurs jamais vivre directement - comme ces récits de science-fiction qui l'ont bercé. Aloysius et ses camarades du XIXe siècle avaient-ils aussi ce genre de récits ? Ce genre de rêveries et d'imaginaires sur le futur qu'ils ne sont pas supposés connaître ? Inconsciemment, le blond se perd à imaginer comment il réagirait en rencontrant les technologies du siècle prochain, à la fois intimidé et très excité par cette idée. « C'est dans Harry Potter que les portraits sont vivants... Fais juste attention à l'appareil, je veux pas que tu effaces les photos en te trompant de bouton. »

Romy voit bien la gêne de l'autre et ça le met presque aussi mal à l'aise. Pourtant, il ne voit pas ce qu'il peut y avoir de dérangeant dans ses photos. « Elles sont très bien mes photos... » Même s'il n'est pas forcément très légal de prendre des photos à l'insu des gens, ceux-là ne le sauront jamais ; et l'oublieraient de toute façon. Et puis quelques shorts et maillots de bain, des amoureux qui se bécotent ou qui se tiennent la main, en quoi cela est-il si indécent ? Ce n'est pas le seul à faire des photos du genre. Ça peut faire très "tumblr" et ça n'a rien de pervers. Les remarques d'Aloysius le vexent un peu, sur le coup. Puis il s'en amuse, quand il se rend compte que le Syndrigastis bien plus âgé est déboussolé par tout ce changement... De quand a-t-il dit qu'il venait, déjà ?

« On est presque en été, c'est normal de porter des shorts ou des mini-jupes... Et puis t'es pas forcément le mieux placé pour parler fringues, t'as vu comment t'es habillé ? » C'est sûr que les cheveux en bataille et une chemise boutonnée lundi avec mardi, c'est pas vraiment l'idée qu'on peut se faire du style vestimentaire d'un homme de l'ère victorienne. « J'aurais plutôt imaginé un grand manteau bien classe, comme on voit à la télé... » Romy récupère son appareil, toujours un poil vexé par les remarques de l'autre, et le remet autour de son cou. Il sort furtivement son téléphone pour regarder l'heure et le range immédiatement pour évité les longues explications sur l'objet. Le temps n'a pas vraiment avancé et lui semble toujours aussi long à passer... Mais finalement, c'est peut-être une bonne chose qu'il soit tombé sur Aloysius pour finir la journée. Le blond regarde derrière lui, comme pour s'assurer très inutilement qu'ils aient bien semé l'homme qui les poursuivait ; il a peut-être une idée.

« Si tu veux, je peux t'expliquer tout ce qui se passe dans le monde en 2016. Je sais pas tout, mais avec Internet et la télévision on est facilement informés ici : rien à voir avec vos vieux journaux... Vous aviez- avez la radio, au fait ? » Il n'a jamais été très intéressé par les détails de l'histoire, et même s'il est certain d'avoir pu écouter la radio en 1941, il n'est vraiment sûr de rien pour la fin des annés 1800. « Tu veux voir les voyages sur la Lune ? On est même pas loin d'aller sur Mars, t'sais. » C'est un peu gros comme accroche, mais ce genre d'histoires qui font rêver n'importe quel gosse du XXIe ne laisserait sûrement pas un homme du XIXe de marbre. Le visage de Romy s'illumine d'un sourire impatient, très enfantin. En plus de pouvoir raconter l'évolution (ou la dégradation, ça dépend du point de vue) de l'humanité de ce siècle, Romy va pouvoir s'amuser un peu : qu'est-ce qui l'empêche d'embellir sa réalité et de raconter des bobards ? Ce n'est pas comme si Aloysius pouvait vérifier...

« Tu veux pas aller en ville pour discuter ? On peut aller boire un verre ou marcher vers le village, c'est comme tu préfères. » En réalité, le plus jeune ne lui laisse pas vraiment le choix ; il a déjà entamé sa route vers le centre-ville. Hors de question de rentrer maintenant. S'ils venaient à rencontrer une Ymbryne ou un autre particulier de la boucle, ils gâcheraient son amusement. De toute façon, Aloysius n'a à priori pas d'autre choix que de le suivre.
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Ven 18 Nov - 19:16

Do I wanna know ?

- Back to the future -

Il valait mieux être prévenu, savoir à quoi s'attendre, potentiellement préparer un retour aussi furtif que l'arrivée. Ce serait tout de même dommage de ne pas vouloir combler la curiosité, mais il fallait peut-être encore quelques temps avant de faire face à cet avenir. En y repensant, le premier voyage dans la boucle de 1941 avait été assez similaire, déroutant, faire face à ce conflit et l'aéronautique. L'homme dans des avions, de véritables dangers publiques qui feraient mieux d'apprendre à voler correctement et ne pas occuper le ciel de façon totalement désorganisée. Enfin peut être qu'ils s'en sortaient mieux dans cette époque. Tout ça pour dire qu'il faudrait certainement un peu de temps. Ou beaucoup de temps à bien y réfléchir, repensant aux clichés honteux.

Plus le blond parlait et moins je le comprenais, oubliant certains mots alors qu'ils venaient d'être prononcés, n'en saisissant pas le sens. Harry Potter ? Peut-être un personnage historique, un véritable génie qui aurait inventé des choses merveilleuses, voir un héros de guerre reconnu ? Dans tous les cas le jeune photographe semblait véritablement vexé par cette histoire, n'appréciant pas vraiment le talent de ses modèles, mais il fallait surement mettre ça sur le compte de l'écart générationnel. Il faudrait probablement beaucoup de temps pour assimiler ce genre de... tenues ? vêtements ? Morceaux de tissus réduits ? Voilà maintenant qu'il entamait des attaques personnelles, n'ayant pour réponse qu'un air indigné.

« Mais je ne vous permet pas, mes jambes sont parfaitement couvertes ! Certes, c'est loin d'être à ma taille et je ne suis pas très frais, mais je n'ai pas vraiment eu le temps de les faire réajuster par la couturière ou même de prendre un bain. Il faut dire qu'on ne sait pas vraiment où on est lorsqu'on entre dans vos boutiques. C'est compliqué, mais j'ai du laisser le "grand manteaux" comme vous dites, derrière. Et pour votre information on nomme ça une "redingote". Et ne me parlez pas d'une queue de pie, ça n'a rien d'une pie. Celui qui lui a donné ce nom n'avait pas les yeux en face des trous, c'est tout de même un comble de confondre une pie avec une hirondelle. Sérieusement est-ce que vous avez déjà rencontré une pie avec des filets sur la queue ? Enfin soit. »  

Nouvelles informations. Sur la ? Et sur ? Le regard d'incompréhension s'installe, à la fois perdu et presque excité d'en savoir plus. Tout compte fait ils volaient peut-être mieux. Pas le temps de répondre à son interrogation que des centaines de questions voient le jour, brûlant la langue et forçant mes lèvres à extérioriser à la manière d'un mioche qui tenterait d'apprendre quelque chose.

« Sur la lune ? Vraiment ? Ça ressemble à quoi vu de près ? C'est mou ? dur ? froid ? chaud ? Vous y avez rencontré des Luniens ? Enfin je suppose que ça se dit luniens, même si je doute qu'ils se fasse appeler de la sorte. Vivent-il sous terre ? Enfin sous lune ? Pouvons-nous y aller ? Comment vous êtes parvenus à monter si haut sans geler ? Ou même manque d'air ? Qui est internet ? Une sorte de grand sage qui sait tout ? Un parfait informateur ? Une Ymbryne ? Même si ce nom est étrange, y a-t-il de nouvelles espèces d'oiseaux inconnues ? Et puisqu'on y est, quel est donc ce fameux Harry Porteur ? Un homme respectable je présume. Je connais la radio, même le cinéma. A vrai dire je me suis arrêté à la technologie des années quarante. »

Le débit était une nouvelle fois rapide, mots sortant et remplaçant les précédents sans même une pause pour reprendre de l'oxygène. D'ailleurs ce fut le manque de ce dernier qui me fit arrêter, observant le blond avec curiosité, bondissant presque sur place. Peut-être que boire un verre ferait du bien, réhydraterait la gorge, bien que ce ne serait certainement pas discret dans cet état et accoutrement. D'un autre côté il était hors de question de lâcher le syndrigasti avant de lui avoir tirer les vers du nez.  
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Lun 5 Déc - 16:40

Do I wanna know ?

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« Non mais moi j'y suis pas allé, j'en sais rien de comment c'est sur la lune... Ça coûte cher d'aller dans l'espace, hein. Et puis les Luniens n'acceptent pas forcément beaucoup d'intrusions sur leur territoire. » Il relève un regard rieur vers Aloysius, le sourire trop peu innocent. Il se dit que cette dernière bêtise serait beaucoup trop grosse pour n'importe qui. Doutant de la crédibilité de ces "luniens", Romy affiche ce grand sourire amusé pour se protéger, au cas où l'ancien le remettrait en question ; il pourrait se cacher derrière une plaisanterie. Mais ça a bien l'air de prendre. « On utilise des fusées pour y aller... Tu sais, ça ressemble à un suppositoire géant... avec de très gros propulseurs au bout. » Il mime le décollage avec ses mains et imite les sons avec sa bouche, comme un enfant. « Et les astronautes – c'est comme ça qu'on appelle ceux qui vont dans l'espace – sont dans des combinaisons spéciales pour respirer, avec une espèce de bocal sur la tête. J'crois qu'ils avaient des trucs à peu près pareil pour aller sous l'eau avant... Dans l'espace, ils sont en apesanteur puisqu'il n'y a plus de gravité, un peu comme s'ils volaient, ça doit être vachement cool ! » Ce petit éclat dans ses yeux trahit toute sa fascination. Il a ce petit sourire, ni moqueur ni amusé, juste enjoué – qui finalement s'efface pour laisser place à un air blasé et désespéré quand Aloysius demande "qui est internet". Il est vrai que si pour lui, Internet est comme une religion et qu'il est souvent bien difficile de vivre avec les réseaux capricieux de la boucle, il doit être assez délicat pour quelqu'un de si éloigné de toutes ces technologies, de comprendre que le monde entier d'aujourd'hui tourne autour d'un monde virtuel. Romy le regarde sans vraiment le regarder, le laissant déblatérer ses bêtises sur ce grand sage nommé Internet et sur un certain Harry Porteur. « Harry POTTER. C'est un sor-... cier... » Peut-être pas la meilleure façon de le présenter ici... Mais puisqu'Aloysius ne pourra a priori de toute façon pas le contredire... « Anglais, de Londres, comme moi. Très connu, c'est sûr. Il a sauvé le monde, une fois. Y'a des livres et même des films sur lui... Et un autre qui doit sortir au cinéma en fin d'année, mais on est coincés ici, on pourra jamais le voir. » Il ne ment pas, dans le fond ; il omet juste de préciser qu'Harry Potter n'est qu'un personnage fictif.

Il s'installe à une table de la terrasse d'un café étonnement bien français, en plein soleil et près des passages de la rue, mais pourtant isolé des autres consommateurs. Avec Aloysius qui le suit, il se sent encore mal à l'aise ; sans doute à cause de la précipitation de leur rencontre. Romy craint peut-être aussi le regard des autres sur leur duo, il est vrai que l'étranger peut avoir un comportement étrange, en plus d'être fagoté comme l'as de pique. Le blond garde son appareil photo autour du cou, de peur qu'il tombe ou qu'on le lui vole. « En fait... tu ne t'es absolument pas renseigné avant de venir ici ? J'veux dire, vous savez rien de cette boucle dans la vôtre ? » Il parle moins fort, pour éviter les oreilles trop curieuses. « C'était une autre boucle ici avant, de ton époque, je crois. Tu la connaissais ? » Même s'il ne se sentira certainement jamais chez lui ici et que de nombreux mystères y planent, Romy est néanmoins bien content qu'une boucle ait été créée en 2016. Il n'aurait sans doute pas supporté un nouveau changement d'époque. Un serveur sauvage apparaît un peu après leur arrivée et le plus jeune commande simplement un Ice Tea, péché mignon bourré de sucre et dont, il en est sûr, le nom interpellera forcément l'ancien. « Tu prends quoi ? » Il pensait d'abord commander pour lui, prendre quelque chose comme un diabolo menthe ou un coca pour rire un peu à la réaction d'Aloysius ; mais le laisser commander seul serait peut-être finalement une meilleure idée. Risquerait-il d'ailleurs de le prendre comme un manque d'éducation si Romy prenait l'initiative de commander pour lui ? Il finit par se demander ce qui est bien et ce qui est mal.

Sans aucune délicatesse et bien loin de la classe qu'on pourrait attendre, Romy tient sa tête dans la paume de sa main, le coude sur la table et la paille dans la bouche, sirotant bruyamment son Ice Tea. Il regarde les passants, ceux qu'il a l'habitude de voir passer, et observe un groupe de jeunes se retrouver. Puis son regard se pose à nouveau sur Aloysius et il se redresse un peu, relâchant la paille rouge bien abîmée. « Tu sais comment on se dit bonjour ici ? » Il reprend un grand sourire, amusé par sa propre bêtise et impatient de lui apprendre un check ou à sortir quelques basses expressions de la rue.
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Mar 13 Déc - 11:41

Do I wanna know ?

- Back to the future -

Les sourcils se froncent, écoutant le blond en essayant d'assimiler les choses, alarme interne m’ordonnant tout de même de rester méfiant, se rappelant soudainement que les plus jeunes sont du genre plaisantins et celui là ne faisait clairement pas partie de l'ancienne boucle qui précédait celle-ci dans un tout autre temps. Ne jamais faire totalement confiance à un sombre inconnu, peu importe comment il se présentait, règle d'or peut-être un brin oubliée par l'excitation et l'envie d'en savoir plus, de vouloir maîtriser les engrenages de cette boucle tout de suite. Si de mon temps le respect envers tout ainé était primordial, il n'en était peut-être rien d'ici. La proximité et le "tu" se répétant sur les lèvres du jeune homme commencèrent à donner quelques doutes.

De toute manière, la curiosité de vérifier, d'en apprendre plus sur chaque chose était grandissante, prévoyant déjà quelques nuits plongé dans les antres de nombreux ouvrages. Le jour quand à lui serait plus que probablement réservé au vol, grandes étendues chaudes au vent maritime appelant déjà l'instinct de mon autre forme, contraste absolu avec la boucle plongée dans un hiver éternel et qui ne m'était en rien naturel. Peut-être que je pourrai voler parmi les hirondelles, me fondre dans des jeux acrobatiques en tout genre. Instinctivement mon regard se lève en direction du ciel sans nuages, cherchant tout en sombrant un instant dans l’inattention avant d'en revenir au blond.

« En apesanteur ? Comme cela doit être amusant. » Je n'avais rien compris au reste de toute manière, pointe de déception alors que nous ne pouvions y aller (prévisible), me perdant plus dans une image de flottement, comme l'une des syndrigasti que j'avais croisé une fois, ne subissant pas les effets de la gravité terrestre comme elle aurait du. C'était beau à voir, sauts permettant de "voler" sans le moindre effort. L'information suivante me fait une nouvelle fois froncer les sourcil, définitivement perdu. « Un sorcier ? Vous voulez dire Syndrigasti ? Quelqu'un s'est exposé ? Il n'y a pas eu de catastrophe ? D'émeute ? De guerre ? De destruction et génocide en masse ? Est-ce que nous pouvons enfin vivre normalement dehors ? » Enfin c'était beaucoup trop tard pour moi de toute manière, je ne pouvais même plus espérer de sortir un jour de la routine des boucles.

Je prends place à mon tour après avoir scruté les alentours comme un être atterrit sur une tout autre planète, de toute manières les hommes auront oublié demain, comme ils oublient chaque jour. Long soupir à la question, baissant un instant les yeux tout en croisant les doigts sur la table.
« Cela fait bien longtemps que je n'ai pas mis les pieds hors d'une boucle pour quelques heures en effet, peut-être par peur de cet avenir que je ne suis pas censé connaître, je suis un peu comme un fantôme qui n'est pas censé s'aventurer aussi loin. La curiosité a été plus forte que la raison. J'ai connu la boucle précédente en effet, je voyages beaucoup. C'est entre autre ce qui m'a poussé à venir, quelques visages connus qui sont parvenu à s'adapter. »

Je sursaute un brin lorsque le serveur apparait, certainement pas prêt au niveau des commandes. Mes yeux se posent sur la carte en cherchant au moins quelque chose de connu, supposant qu'il serait tout de même triste de s'arrêter à l'eau, bien que trop tôt pour l'alcool. Le premier et seul mot connu retrouvé dans la liste et qui sortit de mes lèvres fut "coca". Ça impressionnerait peut-être le blond, connaissant la boisson des années quarante, bien que je la trouvais ignoblement sucrée, dose de sucre qui me rendrait probablement encore plus agité. Peut-être qu'ils avaient changé la recette depuis le temps. Mystère, appréhendant un peu la chose lorsqu'elle fut posée sous mes yeux. Les manières de mon interlocuteur me mirent un bref instant mal à l'aise, préférant rester dans une position droite et utiliser le verre, contraste générationnel jusqu'au bout des simples gestes. Un regard empli d'interrogation se pose sur le syndrigasti tout en faisant un bref signe négatif de la tête, curieux d'en apprendre plus.
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MessageSujet: Re: « Do I wanna know? » FLASHBACK ❧ Ft. Romy   Mer 4 Jan - 13:56

Do I wanna know ?

- help me polarize -

Romy imagine un instant ce que seraient leur vie si les Syndrigastis pouvaient en effet enfin vivre normalement hors des boucles. Il se perd dans ses pensées, le coude sur la table et la tête dans la main, les yeux dans le vide. S'ils n'avaient plus à se cacher dans les boucles temporelles, ils pourraient vivre comme les autres Hommes sans craindre leurs regards ou leurs menaces. Ils seraient libres, au final. Romy serait libre de sortir, même la nuit, de vieillir comme tout le monde, libre de ne plus respecter les règles des Ymbrynes trop strictes qui les enferment ici – pour leur bien, qu'elles disent. « Ça serait bien, hein ? Mais non, on est toujours coincés ici. Sinon je serais pas là à te parler, t'imagine. » On peut sentir l'amertume dans la voix du blond même si, au fond, ça n'a peut-être pas lieu d'être. Romy n'a jamais vécu de discrimination directe. Il a eu la chance d'éviter les harcèlements de la médecine, il a relativement bien su cacher sa particularité... Mais il a vécu un deuxième abandon, celui de son père après sa mère, quand celui-ci l'a laissé aux Ymbrynes. Pour sa sécurité ou par lâcheté de sa part, il ne le saura jamais puisqu'il n'a jamais plus eu aucun contact avec lui et aurait même fini par l'oublier ou ne plus vraiment y penser. Il a fait la bêtise de quitter la boucle de 1941 neuf ans après son entrée malgré les mises en garde des gardiennes et il en a payé le prix. C'est sans doute de tout cela que vient cette amertume quotidienne et sa mauvaise humeur revendiquée au sein de la boucle de Castletown.

Il hoche faiblement la tête, la paille de son IceTea toujours entre les dents. Pour une fois, il l'a vraiment écouté jusqu'au bout. Aloysius aurait aimé retrouver des connaissances de l'ancienne boucle de 1892. C'est plutôt sur l'un d'entre eux qu'il aurait dû tomber, pas sur Romy. Surtout pas sur Romy, qui ne lui est d'aucune aide, bien au contraire. Il en connait quelques uns, de ces anciens particuliers. Même si la différence générationnelle se fait bien ressentir et empêche certains rapprochements – comme cette difficulté de communication qu'il peut aussi avoir avec Aloysius. Le blond soupire un peu en se faisant à l'idée que son attraction de la journée serait bientôt écourtée. Dommage. Il aurait pu s'amuser encore un peu à lui raconter des bêtises sur l'époque actuelle. En espérant qu'il n'en parle pas trop et que le nom de son informateur ne vienne jamais aux Ymbrynes. En temps normal, on préfère éviter de parler du futur aux Syndrigastis des anciennes boucles parce qu'ils ne sont pas censé le connaître et que certains risqueraient d'en être attirés, ce qui représente un gros danger pour eux ; surtout pour les boucles antérieures au XXe siècle. Mais Romy s'en fiche – ou plutôt, il n'y voit pas vraiment le danger. Parce que, lui, il se dit que s'il pouvait avoir la chance de voir les années 2100, voire 2200, il en serait sans doute plus émerveillé qu'intimidé. Au final, les boucles c'est un peu une chance de voir les récits de science-fiction se réaliser ; même si lui n'avouera jamais trouver un point positif aux boucles – d'autant plus que les sorties sont extrêmement limitées.

Aloysius a l'air curieux des habitudes du XXIe siècle autant qu'il semble s'en méfier. « Donne-moi ta main, j'vais te montrer. » Romy se redresse donc et attrape la main de l'ancien pour le guider, contact sans doute très mal venu mais qui ne lui pose, à lui, aucun problème. Il imite la poignée de main la plus connue chez les jeunes ; frappe dans la paume puis sur le dos de la main, poings serrés et recul en ouverture accompagné d'un sifflement totalement ridicule qui le fait sourire lui-même. Il voit le regard perdu du plus vieux qui l'amuse davantage encore. « On dit que c'est un check. C'est comme ça qu'on se dit bonjour ici, mais t'inquiète pas, c'est facile à apprendre. » Il rit encore de sa propre bêtise en imaginant simplement des hommes d'autrefois se saluer ainsi avec tout leur sérieux. Peut-être cela deviendra-t-il même une pratique célèbre dans la boucle de 1873. Romy se mord l'intérieur des joues pour ne pas rire et se trahir. Pourvu que son nom ne vienne jamais aux oreilles des Ymbrynes quand il raccompagnera Aloysius au village et quand il rentrera dans sa boucle d'origine !
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