Nouvel ordre ◭ GALANANAS
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Clarence F. Bannerman
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☾☾ Particularité :
Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
☾☾ Bizarrerie :
Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
Responsable du Musée des Horreurs Passées.
☾☾ Myocarde :
Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
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705
☾☾ Trogne & crédit :
Matthew Goode


MessageSujet: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Jeu 28 Déc - 21:17



NOUVEL ORDRE
Ananas Touch

      Il était insensé de croire que les changements eurent effet à améliorer leur monde ; qu’il suffisait de les expatrier pour leur offrir un meilleur avenir. Ce ne furent jamais les hommes d’Etat en cause du bouleversement d’un pays ; Hitler et Mussolini n’eurent de pouvoir qu’à l’intérieur d’espoirs gangrénés. Il était question des hommes, et non de ceux qu’ils désignèrent comme souverains. Il était question de leurs propres décisions, prises dans la hâte par déraison. Clarence jugeait les foules venues se rassembler dans ce qu’il pouvait encore désigner comme sa boucle. Londres lui manquait, mais quelque chose dans la guerre avait fini par le rassurer, lui donner l’impression qu’il put être chez lui. Elle était son époque et il fût tout autant balloté comme les autres. Russes, français, américains à la langue sèche. Les accents se mêlaient et avec eux se construisait une masse faite d’usages et coutumes aux antipodes les unes des autres. Il pouvait imaginer New York sous les vagues d’immigrations ; se rassurer en sachant qu’il était en Angleterre dans son propre pays ; Mais l’idée de cette restructuration le prenait à la gorge comme un canif tenu par le temps. S’accrocher à Maxine ou à de bonnes résolutions ne l’empêchait jamais de s’y perdre. Pire que tout, il était agacé d’être enrôlé par ses propres doctrines.
Tous ne parlaient que de la réalité linéaire, de ce qu’ils y découvraient et des tours qu’ils montaient. Si Clarence ne voulut croire à de la jalousie, il n’en était pas moins qu’il grimaçait dès qu’il les entendait. Il s’était encombré des dossiers dont plus personne ne se souciait à présent – Peut-être aimait-il au final être le sujet de toutes leurs remontrances. Il allait s’en débarrasser, il le savait. Symboliquement, en le leur rendant. Les rouvrir faisait mal ; autant qu’il fût une quête vaine pour ne plus en dépendre. Ses phalanges prenaient la forme du stylo qu’elles tenaient, sujettes à l’italique pendant que l’extrémité de sa main se lissait sur le papier. L’encre avait bavé pour lui rappeler que l’objet put encore s’user ; et comme son pouce le tenait un peu plus mal chaque jour, il sentit la plume déborder contre ses doigts et venir imbiber son bandage. Les gestes trop précipités pour le retirer, il ne sut plus s’il fallut d’abord éponger le bureau ou sa main. Les cils d’un œil piqué au vif dans sa paume, il ouvrit par réflexe la paupière libre et laissa l’encre y entrer. Rincer à l’eau ne suffit pas à la soigner. Des chemins écarlates se traçaient autour de sa pupille, bêtement regardée seule dans un miroir. L’œil pleurait, le chagrin feint d’une douleur irritante. Il fût séché et rhabillé d’un bandage, mais les picotements persistaient même après l’avoir condamné. Parce qu’il ne connut que Galahad pour lui rendre ce service, et bien qu’il se sentit désespéré de devoir le lui demander, il vint à sa porte avec toute la mauvaise foi dont il était capable. L’échine raide et les mains dans les poches, il mordait l’intérieur de sa joue pour ne pas sentir l’amertume de sa vulnérabilité descendre dans sa gorge.

« Je peux entrer ? »
Son sourire bombait ses joues d’une bonhomie feinte. Il tenait sa main droite contre sa hanche, les doigts appuyés contre pour arrêter la démangeaison. L’humidité saline était désagréable, mais coincée derrière le pansement, elle n’eut d’autre choix que d’y rester. Il avait l’impression d’être à nouveau l’enfant s’étant planté une aiguille dans la main ; sauf que ce n’était plus son père à qui il dû rendre des comptes, mais lui.
« J’ai besoin d’un remède. » Il désignait son visage d’une main. « Lire de nuit m’a certainement irrité l’œil ; il est par moment rouge et me démange. Si tu as quelque chose à me donner, je suppose qu’on pourra s’arranger. »
Il évitait de croiser son regard, s’échappait vers les bibelots filtrant de l’intérieur. Il se souvenait à peine être venu le voir depuis qu’ils furent là, et peut-être ne l’avait-il pas fait. Il n’eut plus su un jour comment l’aborder, ni même comment vouloir de sa présence seule. Il devait appartenir à un duo dont il ne voulait plus. Non contre lui, bien qu’il ne le comprit entre temps plus.
« Comment se fait-il que tu ne sois pas en train d’enquêter de l’autre côté ? »
Là-bas.



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There was something comforting and liberating about being an actual definite someone, rather than a collection of contradictory potential someones. J. Franzen
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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Miroir. Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui imite en tout point l'être effleuré. Jumeau factice qui se perd dans l'illusion. L'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gobés à la manière d'une éponge. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six automnes.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant esseulé et répugné par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
☾☾ Missives :
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Ven 29 Déc - 1:44

Nouvel ordre
Clarence & Galahad

« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Vapeur nicotiane blanchâtre, à la fragrance imprégnant les phalanges. Elle s’effiloche, au fil que le bâtonnet se perd, porté machinalement aux lippes quémandant leur addiction délétère. Tabac dérobé dans les poches d'un compère revenant d'une réalité linéaire crainte, il parut fade, différent. Geste coutumier, devenu réflexe, cigarette prolongement des doigts avant qu'elle ne vienne s'écraser lamentablement dans le verre grisâtre et poussiéreux d'un cendrier gisant sur le maigre appui de fenêtre d'une vitre entre-ouverte. Fraîcheur extérieure qui s'infiltre quelques instants, emporte les traces olfactive du méfait, vice assumé. Songeries vagabondes proliférant tandis que le paysage est une nouvelle fois étudié, attention portée sur les quelques détails qui s'y tapissent. Soupir.

Elle fut manquée, la capitale. Étonnant de songer que l'attachement fut profond alors que les éventrations de Londres et grondements monstrueux murmurant dans l'obscurité sortirent par les pores au bout de décennies infernales tapis dans le même lieu. Repères floutés, paumés, les échines qui déambulaient dans les ruelles et qui furent connues de manière à les esquiver au millimètre près n'étaient plus, laissant la place au désordre de l'inconnu insuflant le risque d'un quelconque effleurement. Paranoïa intrusive rendant l'excentrique irritable, sentiment qu'il valut mieux étudier avant d'agir et tenter l'expédition. Fatigue certaine des jeux de carnes et autres costumes, foutue particularité poison qui refusait de se laisser dompter convenablement, bien qu'il y eut du progrès.  

Sursaut. Interruption immédiate en un retour brut à la réalité. Syllabes sorties de nulle part durant l'égarement, reconnaissant le timbre grave de l'intrus quémandant à entrer. Il n'eut en réponse à son rictus, transpirant très certainement d'une jovialité factice, qu'un regard emprunt d'interrogations. Froncement de sourcils qui en suivit, délaissant la fenêtre en une approche se voulant tout de même parcimonieuse. Clarence ne fut guère aperçu depuis des jours, croisé tout au plus au détour d'un quelconque couloir lors des quelques rares aller-et-venues, esquivant les mioches de trop nombreuses boucles pullulant, trop curieux de vouloir faire face à un jumeau trop parfait et miroir.

Il eut besoin d'aide. Inévitablement. Pour une quelconque broutille, doutant qu'il s'agisse d'une simple visite de courtoisie venant de lui, dénichant quelque chose qui parût faux en ce sourire de bienséance qu'il semblait vouloir arborer. Raison qui s'extirpe enfin de ses lèvres, désignant un œil qui, à première vue, semblait très bien se porter. « Fais voir. » Monotonie du ton qui s’essouffle, prenant tout de même soin d'esquisser l'ébauche d'un bien maigre rictus qui se voulu rassurant au possible. Gants de cuir qui furent sortis d'une poche, enfilés soigneusement pour lui assurer qu'il n'y eut aucun risque de contact cutané avant d'approcher de quelques pas afin de mieux observer l'objet de ses tourments. « Je ne vois rien. » Constat sans appel, ne comprenant guère pourquoi il voulu quémander quelques goûtes appaisantes. Probablement une quelconque magouille dont il ne voulu pas réellement parler. Curiosité d'ordinaire au bord des lippes ravalée tandis que l'échine se perd, trouvant le tiroir d'un meuble.

Question enregistrée au vol, haussant d'abord les épaules avant d'ajouter quelques syllabes qui furent marmonnées en guise d'excuses. « Pourquoi faire ? Tenter de m'y fondre ? Je n'ai pas envie d'en jouer. » L'exposition ne fut pas partie du vocabulaire, peinant à assumer ce qui aurait pu captiver, devenir jeu, malédiction à grand potentiel pour quelques farces habiles. Quelques idées futiles de mises en scènes furent soufflées, certaines eurent même provoqué un sourire, sans pour autant parvenir à convaincre. La réalité fut terrifiante, présent éloigné qui n'eut rien du monde délaissé à l'aube des années cinquante, voyages et périples purement et simplement inconnus. Par dessus tout crainte pullulant au fond des tripes de donner naissance à une quelconque émeute au moindre contact accidentel avec le premier élément organique venu, souvenirs de crises qui eurent presque menées dans une demeure de fous. Le tout alors que les repères furent déjà bien assez égarés au beau milieu de la vallée anglaise, loin des habitudes fermement ancrées, où la médecine fut une occupation d'avantage utile en ce lieux que les précédentes lubies, excentrique s'y réfugiant, dépoussiérant de trop nombreux ouvrages d'anatomie une fois la nuit tombée. « Ça devrait faire l'affaire. » Fiole de verre récoltée, tendue en direction de Clarence sans même tenter de glaner une information supplémentaire.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Ven 29 Déc - 22:07



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Ananas Touch

     S’il le fuyait encore à cet instant, ce ne fût plus pour un quelconque contact, mais protéger son mensonge de la proximité qui menaçait de le compromettre. Il ne lui coûtait rien de désigner un œil ou l’autre, sinon de subir une auscultation sur ceux qui le dérangeaient ; d’avoir l’air bête comme il détestait l’être. Fier et bien trop droit devant Galahad, en espérant pouvoir le tenir loin de lui. Il craignait l’homme instable pour celui qu’il n’était pas, et désirait tout autant le voir revenir à la place du fantôme qui le remplaçait. Le mur derrière lui était bien trop proche pour éviter l’analyse à la loupe qui lui était imposée. Il leva un sourcil, immobile et coincé.
« Je te l’ai dit, c’est aléatoire. »
Il voulait seulement la lotion, n’importe quelle flasque qui tuerait ses démangeaisons. Il lui importait peu d’être crédible ; Ils ne furent pas assez baignés par la réalité pour se plier à toutes les ordonnances. Jusqu’à leurs exigences, il leur fallut parfois une trêve. Tout autant les complaintes entonnaient à Clarence de tourner les talons et de s'extirper d'ici.

Il ne le reconnaissait pas, et ce ne fût plus le village qui fût en cause. L’agencement de la pièce put être différent, il voulait reconnaître chaque objet comme ceux siégeant à Londres. Galahad aurait dû sourire. Tenterden put être triste, le ciel y était plus clair et la pluie tombait avec moins de suie. Ils n’avaient pas à craindre les bombes, et les entendaient encore ronronner au loin pour ceux à qui elles manquaient. Ses mots l’irritèrent, parce qu’il préférait par habitude pouvoir les ignorer. Il n’était pas son rôle de l’écouter se plaindre ; Bien que cette peine qu'il vomissait réconfortait la sienne. Il se rappelait qu’il fût plus tôt celui qui ne souhaitait plus jouer ; Lorsque Londres l’avait étouffé, et cela ne l’empêchait pas de lui manquer. Il n’oserait jamais demander à Galahad ce qui avait changé depuis qu’ils avaient cessé de se voir. Des mois passaient avant qu’ils ne reviennent l’un avec l’autre, sans toutefois que le temps n’altère quelque chose. S’ils se disputèrent trop souvent avant l’ultime départ, Clarence sut quelque part qu’il n’était pas celui à qui Galahad tournait le dos.
Il récupéra la fiole, les mots perdus près des lèvres. Ils voulaient prendre le pas sur un simple « Merci », mais il fût bel et bien le seul à sortir. Il préférait fuir que de sombrer avec lui dans l’un de ses états, plus encore lorsqu’il fût lui-même perdu. Il se détourna de lui et rebroussa chemin jusqu'au couloir, se déresponsabilisant plus qu’il n’abandonnait. Les pensées noires leur passeraient ; Elles n’avaient que faire de les plaindre éternellement.

« J’aimerais que cela reste entre nous. »
Serré les doigts contre le cadre de la porte n’avait pas suffi ; Il l’avait entrouverte pour s’y glisser et l’avait au final refermée. Les dents limées les unes contre les autres, il sentait au fond de lui la stupidité de flancher au nom d’une culpabilité qui ne dût jamais exister. Il dénoua le nœud du bandage et vint s’asseoir sur une chaise pour lui tendre sa main. Les doigts se repliaient pour atteindre brièvement la paupière, exercer une pression assez grande qui apaiserait un peu les démangeaisons. Ses phalanges étaient teintes en bleu, les lignes engorgées d’encre comme de fines rizières. Il avait retroussé sa chemise sous sa veste, mais quelques tâches s’étaient également étendues en cercle.
« Mon stylo a fui. »
Il ferma les yeux pour ouvrir la paupière, mais elle se mit à papillonner comme un voile au vent, les cils brillant de quelques larmes impossible à retenir. Le dos de son autre main vint épouser la courbe de l’œil pour le cacher et l’essuyer.
« Un jour Lavrenti Béria a convoqué des candidats pour rejoindre le KGB. Il a demandé à l’un d’eux combien font 2 et 2. Le candidat lui a répondu "3, Camarade Béria". Béria a pris son révolver et l’a abattu d’une balle dans la tête. "Il en savait trop" a-t-il dit en voyant la mine effrayée des autres candidats. »
Il sourit malgré lui. Il avait ces visages en mémoire et se rappelait combien le monde put être sombre ici. Combien ils purent être bêtes en voulant s'y accrocher.
« C'était une blague. »



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Galahad L. Ednyfed
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Lun 1 Jan - 11:02

Nouvel ordre
Clarence & Galahad

« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Cordialité. Banalité sans nom qui s'échappe des lèvres de Clarence. Il fut gratifié en retour d'un bref signe désintéressé du chef avant qu'il ne fit volte-face pour s'en retourner à ses occupations comme si de rien n'était. Il fut en quelque sorte regrettable que l'attrait des jeux d'autrefois, et d'une dualité sommes toute puérile, se soit envolé avec les renouvèlements trop nombreux s'évaporant dans les affres du temps. Duo bancal qui n'eut plus lieu d'être et d'exister dans les intérêts divergents, bien que l'attrait de la curiosité malsaine envers les récents arrivants fut tout de même démangeant. Tenterden avait changé beaucoup de choses, incontestablement, apportant le chaos dans une organisation qui, avec un peu de recul, semblait millimétrée.

Changement d'avis à l'instant même où le cuir fut ôté des doigts en un geste libérateur, ne supportant guère leur étreinte étouffante malgré l'habitude. Œillade dubitative en le voyant faire et s'installer, tandis qu'il eut des airs de mioche dévoilant une bêtise qu'il eut dissimulé probablement par orgueil et crainte du ridicule. Pauvre globe oculaire victime d'un incident domestique qui fut tendu, soupirant à l'idée qu'il voulut risquer l'infection pour ne pas avoir à le mettre sous le nez de l'excentrique afin d'éviter de faiblir dans son égo. « Merde Clarence, tu aurais du le montrer directement. » Remontrance soufflée mollement, tandis que l'échine cherche, glane le nécessaire avant de trouver la chaise voisine. « Ce n'est pas joli. » Bref constat alors que les doigts se glissent dans le silicone immaculé. Avantage d'une médecine moderne, les quelques avancées furent assimilées à l'aide d'ouvrages, ayant pris soin de quémander quelques accessoires purement anachroniques aux bonnes âmes chargées de ravitailler la boucle.

Avoir à peine le temps d'analyser la chose en détail que de nouvelles syllabes s'extirpèrent, ne saisissant pas de suite où il voulut en venir dans un premier temps avant de comprendre qu'il s'aventurait sur le terrain glissant d'un humour qui visait très certainement à détendre l'atmosphère. A se demander s'il ne fut pas en réalité fiévreux tant la chose parût surréaliste. Un maigre rire s'échappe de lui-même, ignorant si ce fut d'avantage la faute à la situation et le fait de le voir lui tenter une blague avec fierté ou cette dernière qui fut pour le moins douteuse et à peine saisie. « Les vapeurs d'encre ne te réussissent pas. » Boutade renvoyée aussitôt, maigre rictus qui finit par s'effacer trop rapidement au profit d'une concentration pour le moins professionnelle. Au moins il put se vanter quelques secondes d'avoir réussi son coup.

« Essaie de le garder ouvert. » Il n’apprécierait certainement pas les minutes suivantes s'apparentant à de la torture, paluche saisie et conduite au dessus d'une maigre bassine, maintenant la pauvre paupière ouverte entre le pouce et l'index pour y déverser abondamment un sérum physiologique. Il s'agissait d'un œil, avec le fonctionnement qui en découlait, comprenant d'avantage les ficelles organiques de cette particularité curieuse et parfois enviée pour sa simplicité depuis qu'elle fut testée amèrement un beau matin. « Tu y es allé ? A l'extérieur. » La question précédente est renvoyée sans même lever les mirettes vers son faciès, égaré dans la concentration, il eut de toute façon ces yeux là clos. Interrogation d'avantage régie par besoin de combler un silence qui semblait pesant que par curiosité, bien que l'envie de savoir à quoi il pouvait désormais consacrer ses journées, maintenant que sa quête d'informations fut closes, démangeait.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Lun 1 Jan - 20:32



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« Elles ont subi bien pire, cela va passer. »
La cornée gauche avait été éraflée par une aiguille, les deux ensembles soulevées de souffrances accumulées au fil des ans. Il s’était soigné seul, sur de maigres ressources, et les douleurs passaient aussi vite que les blessures cicatrisaient. S’il lui offrait sa main, ce fût par simple considération. Il n’eut ni l’air de vouloir son aide, ni celui de vouloir entendre ses mots siffler comme des remontrances. Se départir d’une blague n’avait pas eu effet à détourner l’attention de Galahad, ni lui rappeler qu’il ne lui offrit pas toutes ses libertés. Les gants en latex avaient froncés ses sourcils, désagréablement appuyés contre les contours de ses yeux. Il se sentait insignifiant à l’intérieur d’un seul œil, vulnérable lorsque le visage de Galahad dû couvrir le plafond. Il haussa les épaules à sa remarque, presque déçu d’avoir gagné un si pauvre rire. La première fois qu’il entendit cette histoire, tous les autres avaient ri. Ses collègues de travail la racontaient peut-être mieux que lui.

« Cela fait déjà un moment qu’il est ouvert. »
L’impatience griffait, l’ignorance avec. D’une seule pupille il ne voyait que l’envers d’une pièce bien trop vide et la concentration de Galahad ignorer jusqu’à la conscience qui baignait son regard. L’air devenait irritant et l’œil voulut s’humidifier pour noyer sa brûlure ; Seulement les doigts de Galahad l’en empêchèrent, écartelant leurs fins rideaux. S’il ne vit ni la bassine sur laquelle il dirigea sa main, ni même le flacon de sérum qu’il avait saisi, Clarence sut s’inquiéter de la silhouette trahie derrière les larmes déposée sur son iris. Le sérum condamna définitivement sa vue. Il le sentit engorger les cavités de son œil, froid sur la paume de sa main tâchée. La paupière voulait se fermer et lui aussi. Il y’eut quelque chose de rassurant à savoir qu’après ça tout irait mieux. Comme l’on avale une pilule de couleur blanche en croyant la disparition du mal inéluctable. Mais s'il était encore là, il disparaîtrait, et ce ne fût pas moins le sérum que Clarence ne supporta plus mais le geste en lui-même ; Le fait de se savoir impuissant entre les mains de Galahad. Il arracha son bras à son emprise, ignora sa question.
« J’apprécie ton aide, mais tu devrais te contenter de me donner le nécessaire pour soigner ça et me laisser faire. Inutile de jouer les infirmières, ce n’est pas ce que je demandais. »
L’acariâtre reprenait avec lui tous les efforts accomplis pour offrir à ce vieil adversaire un peu de confiance. Il se demandait même, comment il put lui avoir accordé une alliance, un droit de regard sur ce qu’il arrachait aux autres, sans devenir plus proche de lui. Il se demandait s’ils l’étaient, et comment tout à la fois l’accepter si tel était le cas. Cette main il lui avait offerte bien trop facilement, laissée entre ses doigts alors qu’il sut que cela ne tiendrait pas longtemps. Pas s’il lui accaparait, la rendait douloureuse et vulnérable. Il avait fermé la paupière et l’avait cachée sous ses doigts, réaccordant son visage à l’homme qu’il dû être.
Peut-être avait-il réussi au fond, à gagner sa curiosité comme remède au désintérêt. Pour qu’il ait moins l’air d’un fantôme qu’un de ces restes perdus restant reclus au manoir ; et lui aussi en fit en quelques sortes parti. Pour autant qu’il puisse le feindre, Galahad ouvrait une brèche à son empathie.
« On devrait y aller, à l'extérieur. Il n’y a personne à cette heure, et t’y accompagner vaut certainement mieux que te le décrire. »
Personne n’eut à faire d’écouter ses brimades contre le monde ; et encore pouvait-il un jour vanter les mérites d’une époque bâtie sur les fractures de deux guerres à Maxine, autant le faire sur une réalité qu’il niait lui était encore difficile. Ses critiques dévoilaient ce qu’il y eut de plus gangrené en lui ; De ces failles qu’il voulut garder pour ne pas simplement mériter un regard abondant de pitié.
« Je devrais récupérer ça avant. »
Il désigna d'un regard le sérum ; Conscient de se comporter comme un enfant, mais cela lui coûtait de devoir en être autrement.



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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Mar 2 Jan - 1:30

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« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Gestes précautionneux entravés par la récupération d'une main à presque trop vive allure. Il n'eut droit qu'à un soupir en réponse à son air de mioche refusant de se faire aider en plus de son impatience précédente, replongeant dans ses habitudes et sa distance légendaire. Soit. Il venait de faire quelques secondes d'efforts après tout, ravalant son orgueil quelques instants, peinant à le reconnaître dans cette confiance qu'il accordait si ouvertement. Il ne fallut certainement pas lui en demander de trop, les phalanges se contentant d'ôter l'odieux plastique à l'intérieur parsemé de talc, signe qu'il n'y aurait aucune forme d'insistance.

Réplique à une question précédente qui fut perdue et déjà presque oubliée, provoquant instantanément un froncement de sourcils ô combien dubitatif par la proposition qui s'échappe des lèvres de Clarence. « Tu es certain que ... ? » C'est une bonne idée ? Guère la peine de continuer la question, laissant entre-voir toutes sortes de scénarios catastrophes éventuels qui furent écho de quelques bourdes passées dans des aventures qui semblaient déjà lointaines, désignant les paumes qui parurent aux premiers abords innocentes et d'une normalité sans faille. Si elles furent capables de provoquer des désastres par inadvertance au sein même d'une boucle, qu'en était-il du "véritable" monde et de ses humains qui n'oublieraient pas le lendemain matin les visions horrifiques de la veille.

Profond soupir, le souffle s’échappe, tandis que les iris se détournent pour se perdre dans les stries linéaires du plancher. « Ça ne sort pas de ces murs. » Quitte à être dans les instants peu glorieux, autant que ce soit réciproque et puisque Clarence semblait vouloir tant bien que mal tenter une approche quelque peu hasardeuse et maladroite en générant un effort, autant lui glisser une information qui ne fut pas plus présomptueuse que de se mettre de l'encre dans l’œil. « Je n'ai pas mis les pieds hors d'une boucle depuis mille-neuf-cent-cinquante-et-un. » Ils furent marmonnés les mots, peinant à sortir et à siffler entre les dents. Certes, il y eu vingt-huit et ses quelques escapades sous le bon temps, bien que les expériences qui y furent menées à contre gré furent plutôt regrettables.  « Et crois moi que le souvenir que j'en garde est quelque peu amer et terriblement déplaisant. » Frisson qui en parcourrait l'échine, dissimulé au possible en un geste visant à chercher quelques comprimés dans le fond d'un nouveau tiroir. Mémoire intacte, mots terribles qui raisonnent encore, les tons employés, les fourmis dans les doigts et le malaise qui en découlait. Monstruosité rescapée de l'antre des fous, ayant échappé de peu aux abominations, Syndrigasti incompris.  

« Des antalgiques. » Tourner court l'ébauche d'une confidence qui demeurerait abstraite à la manière d'une huître, ignorant si au final il eut trouvé les informations d'un passé pré-boucle peu glorieux conservées avec soin. Les gélules furent posées au côté de la bouteille, de quoi apaiser si l'irritation devint trop insoutenable. Ce furent ensuite les couches qui furent trouvées, capitulant en quelque sorte tout en glissant dans un impair fermé jusqu'au col qui serait sans aucun doute démodé depuis trop longtemps, enfermant la moindre parcelle de derme qui fut jugée trop exposée.
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Clarence F. Bannerman
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Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
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Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre et déteste le savoir.
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108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
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Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Mer 3 Jan - 21:39



NOUVEL ORDRE
Ananas Touch

     Il aurait voulu balayer ses hésitations et avec elles toute trace du fantôme se tenant à la place de Galahad ; Récupérer le vieux souvenir de l’homme qu’il avait côtoyé et s’en tenir à lui pour se rassurer. Ce n’était pas d’un pouvoir dont Clarence avait peur, mais des gestes imprévisibles qu’il jugeait être le fruit de celui qui ne les contrôlait pas. Il le craint ainsi, lorsqu’il fût lui-même trop épuisé pour savoir accepter ses humeurs, agacé de devoir faire face une nouvelle fois à son propre reflet. Alors à sa question il haussa les épaules, incapable à son tour de choisir les mots justes ; d’inventer des réponses pour simplement faire taire ses doutes. L’honnêteté d’un silence put au moins faire entendre qu’il ne lui mentirait pas. Au fond, il ne se souvenait pas l’avoir déjà fait, ou mentait-t-il par omission, comme une part de lui le lui permettait. Mais s’il fut question d’un nouveau pas à faire ensemble, tout ce qu’il répondrait serait « Je ne sais pas » ; Parce qu’il se refusait aujourd’hui à avoir toutes les réponses.

« Si nous n’apprenons pas à nous départir du passé, nous n’avancerons jamais. »
Et l’Eternité fût encore longue pour vivre avec. Il n’était pas si sage pour employer de tels adages et les appliquer pour lui. Il était comme tout à chacun partagé entre la raison qui les lui soufflait et sa réticence à un monde meilleur jugé comme leur hypocrisie. Les mots étaient des mots ; Il se gardait le droit de les employer lorsqu’il se mit à y croire, et tout à la fois de les oublier lorsque ses ressentiments eurent raison de lui. Il ne pouvait nier, pourtant, qu’ils se glissaient contre ses lèvres avec la volonté de s’imprimer dans ses convictions. Parce que Galahad ne fût pas le seul à convaincre que la réalité put être leur rédemption, il se joignait au "nous", et conscient de le faire, l’oublia instantanément.
«Le début du 20ème Siècle n’a été clément pour personne, profite de pouvoir te rendre ailleurs. Certains ne devraient même pas avoir la liberté de retrouver le monde réel, mais tu n’es pas assez dangereux pour t’en priver.  »
Il récupéra les antalgiques, les glissa dans sa poche.
« Tu finiras étouffé ici si tu ne sors pas. »
Le monde extérieur n’était pas meilleur, il était un changement que lui-même pointait du doigt, et où marcher tête baissée lui permettait d’oublier qu’il fût ramené à la réalité. S’il redouta toujours le futur et les jours égrainés qui l’en séparaient, ce fût par peur d’avoir définitivement été arraché à son existence ; Et s’il craint de revenir à leur réalité, c’est en sachant qu’il ne supporterait pas de pouvoir regarder derrière lui. Il se courbait alors sous l’aléatoire de 2017, s’incombait d’un travail qui l’empêchait de réellement tourner la tête. Il y allait encore pour lui, bien qu’un peu pour Maxine ; Par curiosité si elle fût encore là, et parce qu’il retrouva l’espoir d’aller mieux lorsqu’ils eurent tous peur d’aller plus mal.

« J’aurais quelque chose à te montrer une fois là-bas. »
Il fuyait cet accord avant qu’il ne soit déchiré, le sourire aux lèvres à l’idée de ne pas être seul à y retourner. Bien sûr il prenait l’habitude de ce trajet, entre ses idées et l’ignorance qu’il préservait, sans toutefois pouvoir se raccrocher à une personne aussi déroutée qu’il pouvait l’être. Il s’était levé de sa chaise pour tourner le dos à Galahad, prêt à quitter cette pièce aux allures de prison.
« Je vais chercher des gants et un manteau. Cacher ce bleu. »



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Miroir. Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui imite en tout point l'être effleuré. Jumeau factice qui se perd dans l'illusion. L'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gobés à la manière d'une éponge. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six automnes.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant esseulé et répugné par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Jeu 4 Jan - 23:45

Nouvel ordre
Clarence & Galahad

« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Méditation silencieuse. Syllabes tournant un instant à l'esprit. Peut-être un peu trop justes, amertume de savoir qu'il eut parfaitement raison, qu'il y eut une trop nette ressemblance avec une pièce de musée qui se perdait au beau milieu de ses accumulations, y étouffant. Handicap malencontreux qui ne fut pas fondamentalement impossible à faire disparaître, à dissimuler. Pas aussi hostile qu'un poison cutané ou même d'un épiderme aux mille degrés. « Tu as probablement raison. » Soupir, soufflant l'affirmation avec des airs de mioche qu'on eut réprimandé pour sa bêtise, incapable de vouloir saisir les brides d'une opportunité qui lui fut offerte sur un plateau d'argent par caprice et crainte infondée.

« Allons-y. » Note de départ glissée tandis qu'un chapeau est ajusté, oubliant le fait que le tout aurait très certainement un air douteux et moyenâgeux une fois de l'autre côté. Peut-être qu'un fin fond de curiosité s'en mêlait, appâté par une ultime phrase désignant un quelconque trésors qu'il voulut bien exposer, connaissant les mots qui provoquèrent l'attrait.

Porte fatidique qui s'esquisse dans les tréfonds d'un sous-sol, stries de bois analysées dans les moindres détails au fil de l'approche, s'imprégnant de la tinte sanguine qu'elle exposait avec fierté. Plantes de pieds peinant à ne guère faire volte-face et retrouver l'antre des combles en moins de deux. Les pas assurés se font soudainement parcimonieux, hésitants. Tu es ridicules Galahad. Pensée somme toute futile qui résonne dans un succinct balayement du coin de l’œil en direction de Clarence qui se retrouvait une énième fois complice, bien qu'il fut l'investigateur de l'escapade. Il dut probablement trouver ce cirque d'un ridicule sans nom.

Les phalanges gantées trouvent la poignées, résistantes à l'envie d'y glisser un brin de nicotine rassurante et salvatrice. Profonde inspiration dissimulée au possible. Animal paumé en terre inconnue, tatillonnant dans l'obscurité de cet autre côté qui fut jusqu'alors abstrait. Excentrique à l'image d'un chat errant cherchant à apprivoiser le visuel et l'environnement avant d'oser entamer quelques pas supplémentaires. Le premier élément, frappant, fut incontestablement la température. Froid glacial, regrettant le maigre impair qui suffit aux brises légères du printemps perpétuel de quarante-et-un. Frisson qui remonte l'échine en une chair de poule, condensation s'extirpant des lippes qui émettent une vibration au même instant qu'une crispation des membres. Saisons et autres changement de temps n'étant plus que détail abstrait, notion purement et simplement insaisissable, ne connaissant que la grisaille, les faibles averses de l'après-midi et l'éclaircie qui en suivit entre les flaques d'eau. C'était l'hiver. Ou peut-être la fin de l'automne.

Une chaussure peu habile enjambe des rails qui n'eurent rien à faire là, écho lointain de la bâtisse refuge qui fut changée en temple des frayeurs et autres cris. Les histoires de la fête foraine avoisinante furent déjà connue et maitrisée sans pour autant y avoir mis les pieds. Enfin, la lueur extérieure est visible, donnant naissance à une nouvelle pointe d'hésitation dévorant les tripes, peu certain de parvenir à engloutir les avancées de septante années en une seule traite. La carcasse se fige, les mirettes s'écarquillent au même titres qu'une exclamation s'extirpe de lèvres, partagée entre les fils d'émotions diverses. « Clarence ! » Il neigeait.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Dim 7 Jan - 3:24



NOUVEL ORDRE
Ananas Touch

     Ses doigts se crispaient, frénétiques. Il sentait l’encre irriter encore un peu de son œil, mais avait tout à la fois l’impression qu’elle s’imbibait sur sa peau comme sur le pan d’un tissu blanc. Il vérifiait, revérifiait que le bleu était couvert, qu’il n’avait pas débordé, ajustant les manches d’une nouvelle chemise à l’intérieur de ses gants, et les gants eux même sous les manches de son manteau. Les points de plumes entrées par inadvertance en contact avec sa peau étaient de banales cicatrices devant une main repeinte des doigts à la racine. Sur son bureau la mare s’était elle aussi étendue, mais à cette stupidité il n’accorda que son ignorance. Il n’avait plus de mal à tout laisser, depuis bien longtemps. Les stylos à l’air libre, les feuillets convoités de quelques notes vieilles de plusieurs années. Qu’elles disparaissent en son absence, il n’eut plus grand intérêt à les garder. S’il fut encore lié à elles, c’est parce qu’elles occupaient chaque placard de la pièce, l’embourbait dans un monde de lettres sentant la poussière et le papier jauni. Peut-être que Galahad lui aussi, l’empêcherait ce jour-là de boire la tasse entre ces quatre murs.

Il voulut le guider dehors, mais le réfractaire l’avait finalement devancé. La main avant lui sur la poignée, il se laissait happer seul vers l’extérieur, oubliant presque qu’il fût accompagné par celui qui ne cessait de gratter la paume de sa main. Clarence se demanda s’il s’était refusé à y aller jusqu’à aujourd’hui, non parce qu'il n'en eut pas envie, mais parce que personne n'eut été là pour lui tenir la main. Il s'était tant de fois accroché à la sienne, piégé à l'intérieur de ses états, que cette vérité ne l'aurait pas même étonné. Peu lui importait au final les réponses ; Être là eut quelque chose de normal, comme écrit quelque part pour arriver, et cela suffisait à lui faire croire qu’il n’avait pas fait une erreur en se proposant de l’emmener. Décembre gonflait les poumons et insufflait à leurs corps défraîchis un peu d’entrain. Pour autant le froid restait glacial, et il maudit encore et toujours les chaussures qu’il portait aux pieds. Mains dans les poches du manteau, pour les couvrir d’un nouveau voile, il glissa un pied avant l’autre et baigna dans l’hiver avant Galahad.  Son nom le brusqua, lui fit relever la tête. Il tentait de le voir mais les flocons s’accrochaient à ses cils, fondaient sur son nez en fines pastilles de gel. Il vit l’enfant se dessiner, perché quelque part vers le ciel ou l’horizon. Ses yeux hagards attrapaient des souvenirs que lui ne voyait pas, et il semblait être le seul à avoir froid en restant planté là.
« Tu crains d’être enseveli pour rester immobile sur le bord ? »
Galahad aurait dû partir bien avant. En Ecosse, là où ils allèrent tous pour se changer de Londres, la quitter définitivement pour certains. Clarence avait aimé y aller, aussi rares furent les fois où il sut s’extirper de sa ville natale. De son époque tout autant, lorsque 1873 lui rappelait les souvenirs obsolètes d'hommes âgés. Mais la neige était reposante, moins sombres et sale que la pluie urbaine ; Édimbourg moins creuse que leur cocon anglais.
« Je ne comprends pas que tu ne sois jamais allé à Édimbourg. » Il sentit un frisson remonter dans son dos. « Pour l’amour du ciel, allons chercher quelque chose à boire. »
De quoi réchauffer les gosiers une fois avoir été acérés par l’hiver ; Tout ce qui obligerait Galahad à avancer sous la neige. Les flocons légers s’emballaient et grandissaient les uns contre les autres, coiffant leurs cheveux et fouettant bientôt leurs visages. Une nouvelle couche de neige à poser sur le sol, alors que Clarence n’avait quant à lui mis aucun chapeau, et se gratifiait maintenant de cheveux blancs.
« Peut-être que l’on va finalement être ensevelis. »



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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Jeu 11 Jan - 2:35

Nouvel ordre
Clarence & Galahad

« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Blancheur cotonneuse. La douceur immaculée enrobe le monde d'une couverture douçâtre. L'échine se fige, aux aguets, iris glanant la moindre parcelle qui fut offerte sous leur regard. Lippes béantes qui peinent à se refermer, laissant s'échapper un élan de vapeur chaleureuse. L'amertume et autres humeurs maussades furent soudainement ravalées pour quelques instants, laissant place à cet air de gosse que Clarence dut regretter d'avoir trainé hors de sa bulle. Fascination lisible, les phalanges sont dégagées du cuir nocturne après une œillade envers les alentours déserts, paume cherchant la fraîcheur des flocons qui se déversent, donnant naissance à un rictus médusé. Neige manquée, synonyme de quelques souvenirs perdus dans les fils d'une mémoire trop bien garnie, d'un temps où le printemps ne fut pas unique réalité, de douceur au coin du feu à regarder l'ouate se déverser dans la grisaille externe, chocolat entre les doigts.

Le nombre d'années parut soudainement astronomique, cherchant un âge véritable qui parut trop honteux à murmurer. Vieillard croulant censé être sur son lit de mort, la carcasse pourtant figé au dernier jour d'une existence qui n'eut rien d'une routine réitérée à l'infini par un oiseau habile, aube d'une trentaine arrachée à son triste monde. Pourtant d'avantage proche d'un mioche, vision se troublant tandis que le regard se baisse, cils papillonnant pour faire disparaître le surplus d'humidité qui afflue de glandes lacrymales vicieuses. « Flocons dans l’œil, ne t'y méprends pas. » Comme s'il allait croire une telle ânerie. Les paluches frottent les traces du crime aux paupières, avant de se perdre à nouveau dans leurs gants ô combien détestables.

Haussement d'épaules justifiant la paranoïa, la crainte d'être perdu en route, déclencher une quelconque émeute qui perdurerait jusqu'au lendemain, d'être saisit d'une envie casanière par une quelconque absorption, peut-être provoquer les chuchotements et murmures d'autres particuliers aux faciès inconnus qui ne purent comprendre la versatilité d'un voyageur. Le sujet est éludé habilement, paumes récoltant la fraîcheur tapissant un muret pour l'enrouler fermement en une sphère. « Cesse donc de jouer les rabats-joie. » La cible fut lamentablement manquée, boule échouant à un bon mètre de là. Champion du lancé lorsqu'il fut mioche désormais rouillé, n'affichant qu'une seconde moue de déception.

L'engouement et l'excitation passée, les désavantages de l'hiver revinrent. Chaussures peu perméables et adaptées permettant aux chaussettes dépareillées de s'engorger d'humidité, brise givrée et vicieuse caressant les joues à la manière d'un millier d'aiguilles. Sensations oubliées. Intérêts soudainement convergents avec ceux de Clarence. « Où allons-nous ? » Haussement de sourcil, guettant les alentours sans oser s'y aventurer, par crainte de tomber nez à nez avec un quelconque engin démoniaque et inconnu. Terrain hostile. « Ça ne me semble pas si... différent. » Il y eut des divergences, incontestablement, dissimulées sous la couche épaisse de flocons. Nombreuses furent les rêveries et autres utopies futuristes, inventions imaginées au fil des récits que contaient les plus jeunes mettant le museau dans la boucle, extrapolées et fantaisistes. Il n'eut pas l'air si terrible que ça le futur, bien que conscient que ce fut la cambrousse reculée, les décors factices et intemporels d'une fête foraine vendant rêves et frissons. Bulle de sécurité avant le véritable monde hostile et linéaire qui serait fatal au bout de quelques heures.  
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Dim 21 Jan - 23:42



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Ananas Touch

     Il n’avait pas vu ses larmes avant qu’il ne batte des cils, étranger à ses émotions. Lui n’eut jamais réellement quitté l’hiver. Il attendait d’autres saisons. Des printemps frais et des étés chauds, pour lui rappeler qu’il put avoir les pieds autrement mouillés que dans la neige et les flaques d’eau. Il eut du mal à regarder Galahad, à l’intérieur d’un voyeurisme qui l’arracherait à son monde merveilleux. Le voir dans ses états le fit pourtant sourire, nourrit ses souvenirs à défaut de pouvoir les revivre. Les premières neiges, premiers hivers ; Lorsqu’il ne s’en plaignait pas et se satisfaisait du froid. Le temps avait rendu à cette saison tristement dénudée un peu de sa fadeur ; habituelle dans ses derniers voyages, et devenue dans son quotidien bien moins merveilleuse qu’à ses prémices.
« Si tu regardais devant toi tu n’en recevrais pas dans l’œil. »
Il sourit au secret de vraies larmes, prêt à jouer le jeu au prix d’une remarque. La boule de neige qui suivit reçue sa chute un peu plus loin. La ponctuation maladroite d’une phrase voulant encore le faire vieillir, le rendre ennuyeux comme il craignait l’être. Il allait se faire sa place dans cette brèche ouverte et lui renvoyer au visage qu’il fût un mauvais tireur ; Quelques mots dans ce goût-là qui ne virent au final jamais le jour. Fatigué, las, pris de pitié ou redoutant simplement d’en recevoir une qui ne manquerait cette fois pas sa cible.

« Je pensais trouver de quoi nous réchauffer près des stands. Ils y servent des boissons chaudes. »
Il avançait d’un pas dans l’allée, incontestablement perdu dans ce qui ne fût jamais son monde. Il savait que cela dû leur appartenir, et qu’on leur demandait de s’y sentir chez eux – Comme s’il fût possible de faire d’une fête foraine un lieu de vie. Elles durent être éphémères, portées par des hommes et des femmes de voyage dont il ne fit jamais partie. Il espérait pourtant savoir où aller lorsqu’il franchissait les portes de la boucle. Attiré par une dernière forme de curiosité, et tout autant devenu qu’une simple silhouette en errance.
« A quoi t’attendais-tu ? »
Il cherchait les différences et similitudes, perdu à l’intérieur des réflexions de Galahad, sans toutefois savoir s’il eut juste. Cela lui paraissait différent à lui, et tout autant ressemblant à Édimbourg ; seulement Galahad n’y fût jamais allé. Mais s’il ne fût pas question de paysages, peut-être eut-t-il surestimé ce qu’il s’attendait à voir.
« La différence c'est que nous ne devrions pas exister ici. Nous voilà officiellement devenus des fantômes. » Ils n’eurent plus aucunes racines, et leurs existences devenues passées furent ici balayées. Quelques mémoires à sa mort présumée et à celle de ses proches, et il voulut s’extirper de cette réalité. Attaché à son ignorance, aussi tenace fut son besoin de savoir ce qu'il s’était passé après qu'il eut rejoint les boucles.

« C'est ici. »
Il leva les yeux sur un stand de chocolats et autres boissons chaudes. Les vapeurs brûlantes s’élevaient sous la toile comme les volutes d’un hammam ; le petit centre chaud autour duquel se pressait toute la vie de ce monde. Comme ils ne furent pas seuls à vouloir s’acquitter d’un peu de chaleur, toute une foule se brassait autour sous le mouvement d’une vague désordonnée.
« Suis moi, j'ai une solution pour gagner du temps. »
Il évitait un bain de foule, non par considération pour Galahad, mais pour lui-même. Se faire bousculer pour un simple gobelet en carton n’était pas un assez bon rendement. Il entraîna son compagnon dans la réserve, premier méfait à décompter dans la réalité, bien que les stocks ne comprennent apparemment que des bouteilles d’alcool, le chocolat sans dilution et du lait froid. Il savait combien la terre pouvait tourner après seulement un verre, envieux de ceux pouvant en tenir cinq à la suite sans flancher. Il se dit pourtant qu’un fond les réchaufferait, et leur donnerait l’entrain qui leur manquait.
« Je crains que nous n'ayons pas le choix. »
Il extirpa deux gobelets de leur emballage et ouvrit ce qui ressemblait dans l’ombre à du whisky, ou autre bourbon portant le nom d'un explorateur. Il se servit le fond d’un verre, un doigt comme sifflait son père, et en déversa un peu plus dans celui de Galahad. La bouteille serait quoi qu’il en soit gardée. Il lui fallut juste assez de chaleur pour lui faire oublier le froid, les démangeaisons dans sa main, et il se sentit exempté des aléas de l'alcool s'il s'en tenait à quelques gorgées timidement avalées.
« Tu ne devrais pas appréhender ce côté. Tout est plus calme qu'il n'y parait, et tu y trouveras de meilleures informations qu'à l'intérieur des boucles. »



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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Sam 27 Jan - 13:49

Nouvel ordre
Clarence & Galahad

« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Remarque qui trouva une réponse muette, remerciement invisible de jouer le jeu, oubliant l'expression d'une émotion prenant aux tripes. Foutue sensibilité qui eut parfois trop tendance à courir sous l'épiderme, prenant ses aises face à l'apparente simplicité de quelques flocons virevoltant dans les airs. Sujet clos, humidité lacrymale ravalée, les pas s'emboitent après un acquiescement, curieux de voir si le goût de certaines choses eurent changés, à l'image de cigarettes rapportées et qui semblèrent fades. Regard attentif, continuant de scanner les alentours, enregistrant l'ébauche de quelques nouveautés qui furent incomprises, ressentant soudainement l'anachronisme lorsque quelques échines étrangères et contemporaines apparurent.

« Oh je ne sais pas, quelque chose dans le genre voitures volantes, robots dominant le monde et une mode du chrome. » Haussement d'épaules accompagnant la réponse, tachant de trouver quelques maigres similitudes aux utopies qui furent fantasmées. « J'ai du lire et voir trop de films traitant du vingt-et-unième siècle comme un futur extravagant et radicalement divergent. » Maigre rire qui s'échappe, doigts gantés trouvant l'antre de poches obscures et plus chaleureuses. Rictus qui s'efface rapidement, régit par un constat que Clarence eut amèrement pointé du doigt, officialisant le nombre de renouvellement qui parut trouble une fois à l'intérieur des boucles, rattrapé par de trop nombreuses années et décennies qui furent passées sans réellement les percevoir.

Grimace face à la foule qui fut heureusement esquivée, trouvant l'antre ornée de bouteilles en tout genre qui furent relativement le bienvenue. « J'apprécie ta manière d'introduire la réalité linéaire. » Boutade lancée, balayant les doutes et autres pensées parasites tant bien que mal. Le tout en installant deux caisses qui serviraient de trônes tandis que l'acolyte s'affaire, trouvant en cette intrusion collective un vague air d'une alliance hasardeuse d'un jeu qui semblait s'être terminé depuis un moment déjà. « Comptes-tu me rendre ivre pour que je me confie un peu trop ou est-ce plutôt l'inverse qui te fait peur ? » Phrase régie par le constat de deux verres emplis de manière radicalement différente, lui renvoyant un rictus presque amusé en désignant l'ambre contenu dans les gobelets.  

« Tu parles comme si tu tentais toi-même de te rassurer. » Syllabes au ton presque désintéressée, entravée par une cigarette qui fut coincée entre les lèvres, doigts cherchant la flamme chaleureuse d'un zippo. Bouffée bienfaitrice allant incontestablement de paire avec la chaleur de l'alcool. « Regarde nous, deux vieillards peinant à appréhender l'avenir qu'ils ne sont pas censé avoir à force d'être coincé dans une même journée en continu. » Murmure. Soupir, pensée vagabonde qui s'échappe en une condensation vaporeuse. Nul doute qu'il tomberait en poussière l'excentrique, voir serti de ridules abimant la peau en une fin redoutable. Détestable constat. « Nous avons l'air ridicules à ne pas vouloir voir ça comme une chance. » L'ambre est avalée d'une traite, cul-sec, faisant signe à Clarence de donner la bouteille entamée, jugée nécessaire. Avantage d'avoir un organisme qui put en général bien supporter l'alcool, lorsqu'il n'était pas influencé par une quelconque copie, bien qu'un abord d'ivresse bienheureuse serait certainement le bienvenue.
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Clarence F. Bannerman
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☾☾ Particularité :
Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
☾☾ Bizarrerie :
Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
Responsable du Musée des Horreurs Passées.
☾☾ Myocarde :
Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
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☾☾ Trogne & crédit :
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Dim 28 Jan - 17:36



NOUVEL ORDRE
Ananas Touch

     L’alcool ne réconfortait pas. Il était l’arrière-goût d’un bureau plongé dans le noir, le cocktail de son père sans l’odeur du cigare ou les lèvres de sa femme lorsqu’elle peinait à dormir. Une saveur du passé qu’il ne sut jamais apprécier glisser contre sa propre gorge. Trop d’amertume et de chaleur, de regrets lorsqu’il fût le seul dont la tête tournait. L’expérience eut bon de lui servir le fond d’un verre, et lui faire miroiter qu’il était maintenant assez grand pour le boire.
« Une règle veut que le verre de son adversaire soit toujours plus rempli que le sien. »
Il lui sourit, lèvres pincées sous une rétention vaine. Cela avait l’air d’une trêve, mais il dût encore entretenir quelques souvenirs du passé, seul connu pour définir leurs arrangements.
« Mais ma retraite est toujours d’actualité, tes secrets n’ont rien à craindre. Je t’offre seulement la possibilité de voir tes voitures volantes. »
Il s’inquiétait de lui faire imprimer cette vérité, s’arrachant à la complicité de brèves alliances, sans toutefois savoir comment combler le vide qu’il laissait après ça. Le temps dû trouver des réponses à sa place, le changement avec. Mais tandis qu’il était perdu, Galahad l’était lui aussi. Ses remarques l’avaient contrarié, façonné une grimace sur son visage qui ne venait pas du bourbon. Ils n’étaient pas nous, ni ne furent collés à ces vérités. Les entendre de la bouche de Galahad dû ordonner à sa conscience d’en réchapper, mais ce ne fût pas comme s’il eut tout à fait tort de scander leur vieillesse.
« Seulement, si je ne me trompe pas, tu es celui qui refusait de venir jusqu’ici il y a seulement une heure. »
Il frotta le cuir de sa main contre sa cuisse, le pantalon pincé aux genoux pour s’asseoir sur l’un des sièges de fortune. Il faisait pratiquement aussi froid dans le cagibi qu’à l’extérieur. Le maigre voile des tentes ne suffisait pas à refuser son accès à l’hiver. Il le sentait glisser sous les bâches, remonter sur ses chevilles comme des griffes grappillant sa chair. Ses épaules remontèrent sous la pression d’un frisson et une autre gorgée de bourbon dû le faire partir.
« Celui également qui semble déterminé à boire à l’excès. »
Il observait son verre se vider et se remplir, tenait le sien entre ses doigts couverts pour qu’il ne subisse pas le même sort. A la fois il n’eut plus rien à tenir entre ses dents. L’odeur du tabac lui rappelait d’autres temps, omniprésent pourtant dans sa boucle, il cessa un jour de l’aspirer dans ses propres poumons. L’habitude perdue, ou l’envie. Finalement sa main se saisit du bourbon et en remplit un autre fond.
« J’essaye vraiment de le voir comme une chance. Sincèrement. »
Il n’eut plus rien d’autre à faire que de se tourner vers l’avenir. Il trichait en un sens, en croyant l’avoir décidé de sa propre volonté. Il y’avait été poussé, par elle, et peinait encore à ouvrir les yeux sur les vérités auxquelles il devait croire. Il se contentait d’être là, un pied seulement de ce côté. Il pensait le connaître assez pour y entraîner Galahad mais savait au final à peine quel chemin prendre pour le guider.
« Je me débarrasse des dossiers que j’ai accumulés. Ils sont réécris et exposés au public, mais tu peux en récupérer. J’avais mon ancien appartement à Londres, mais ici nulle part où les entreposer. Alors sers-toi, s’ils peuvent définitivement cesser d’encombrer mes placards. »
Ses propres mots lui fendaient l’estomac. Le sevrage de ses occupations devenu trop brutal, il peinait à trouver ce qu’il pourrait faire après ça. Il déniait être vieux, mais employait des mots comme ‘retraite’, et se savait au fond marqué au fer par trop d’années.
Il baissa les yeux sur les verres, un instant projeté au-dessus de leurs deux silhouettes pour se rappeler qu’ils eurent l’air de deux juifs tentant d’échapper aux allemands.
« Je m’étais engagé à te faire faire le tour de la fête foraine avant que tu n'installes deux chaises. Le verre devait être une introduction. »
Il restait à ses mots assis bêtement sur sa caisse, le verre sifflé un peu plus vite que le précédent, et il s’en rendit compte lorsque ses yeux glissèrent dedans.
« Je pensais également davantage à un thé ou une boisson chaude. »



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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Miroir :

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Miroir. Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui imite en tout point l'être effleuré. Jumeau factice qui se perd dans l'illusion. L'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gobés à la manière d'une éponge. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante, imprévisibilité. Fascination des objectifs et pellicules. Voyeur inconditionnel qui fouine et récolte, collectionne les dossiers sur autrui, curiosité maladive qui ronge les tripes.
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Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-six automnes.
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Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
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Palpitant esseulé et répugné par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Mar 30 Jan - 14:11

Nouvel ordre
Clarence & Galahad

« The tax man's taken all my dough. And left me in my stately home, lazing on a sunny afternoon. He's taken everything I've got, all I've got's this sunny afternoon. »
Bien envoyé, saluant d'un geste succinct le camp adverse, mentionnant une rivalité qui semblait s'être ternie depuis la fin pur et simple de manigances envers les propriétés privés et autres chuchotements d'autrui, devenus proies alimentant la bagatelle puérile de deux fouineurs compulsifs malgré eux. Duo qui, sous une alliance bancale, fit trembler quelques échines, subissant les remontrances d'Ymbrynes agacées par deux mioches coincés sous leurs traits d'adultes. Maigre déception qu'il eut cessé, peinant à trouver nouvel adversaire de taille, bien que commençant à fatiguer malgré les nouveautés qui purent susciter la curiosité sans fond. Mirettes qui se lèvent à l'écho d'une utopie surréaliste qui fut mentionnée comme s'il voulut en jouer. « N'essaie pas de m’entourlouper en te jouant de ma naïveté. » Réplique amusée, bien capable de conter quelques absurdités sur ces temps inconnus, dissimulant bien l'humour dont il put faire parfois preuve.

Grimace digne de ce nom se dessinant sur le faciès adverse, supposant à la locution qu'il n'appréciait pas être pris dans une globalité tandis qu'il eut plus de cran, d'avantage apte à sortir plutôt qu'à se morfondre dans le fin fond d'un grenier aux poutre apparentes pour unique compagnie. « Vrai. » Le mot se mêle au fumet blafard d'une nouvelle bouffée de tabac, soufflé avec honnêteté, bien que ne pouvant guère laisser tomber la partie aussi facilement. « Et toi tu parlais de fantômes. » Ébauche d'un rictus qui fut presque trop victorieux. « Puis ce ne sont pas deux pauvres verres qui vont me rendre ivre. » Quatre ou cinq en revanche, c'est une autre histoire, entamant une gorgée nettement plus parcimonieuse que les précédentes.

« J'essaie. Mais je vais te dire, le problème c'est que nous n'avons pas eu le choix, tous autant que nous sommes, à subir ce trop plein de changements après trop de renouvèlements identiques. D'ailleurs nous devrions nous estimer heureux de ne pas avoir perdu notre boucle. » Bien que la guerre éternelle fut redondante, effleurant continuellement les plaies meurtries qu'elle eut déclenché de trop nombreuses années au par avant, quarante-et-un fut une ancre, un repère, trouvant d'une certaine manière du réconfort dans cette apocalypse perpétuelle. « Je crois que ça me terrifie et me perd. » Perspicace. Il n'eut certainement pas besoin de cette affirmation pour s'en rendre compte. Alcool chaleureux commençant à délier les langues, lui imposant des confidences qu'il ne dut pas avoir. « Il est trop tard pour que nous retrouvions un semblant de vie normale hors d'une boucle. »

Le sujet des informations mises sur la table fut nettement plus doux à l'oreille, bien qu'emprunt d'une nostalgie inédite. « Me les tendre de la sorte en ôte tout l'intérêt. » Sentiment de victoire inexistant, presque déçus de tels propos et d'un tel abandon, excentrique décrochant un trophée dont il ne voulut guère. « Seul le mien m'importe, à condition qu'il ne soit pas aussi vide que tu le prétends. Je suis curieux de connaître les théories farfelues à mon sujet que tu as pu trouver au fil du temps. » Maigre sourire sur le coin des lèvres, à peine perceptible, bien que la curiosité fut présente, besoin de savoir s'il fut proche d'une quelconque vérité où à des années lumière. « Que vas-tu faire pour combler l'ennui ? »

A croire que Clarence voulut se déculpabiliser de boire au fin fond d'un cagibi sans nom. « Nous pouvons y retourner. » Second verre terminé pour accueillir l'ébauche d'un troisième qui servit de dose potentielle de courage pour appréhender la suite, bien que l'idée même que la neige fut tombante et cotonneuse à l'extérieure fut terriblement plaisante, réalisant que le temps ne fut pas graver dans la pierre en ces lieux, ayant eut ouïe d'une zone neutre où l'horloge s'écoulait à échelle humaine pour les plus sensibles aux rattrapages assassins. Caresse de désirs révolus d'une humanité florissante, d'une banalité sans nom, d'utopies qui furent devenues cauchemars avant d'être placé dans une bulle protectrice à la manière d'une poupée qu'on put briser une fois à l'extérieure. L'image, bien que tragique, provoquait un maigre rire, idiot, incapable de cerner d'où il put venir alors que les lippes furent baignées dans l'ambre alcoolisée, explication sous le nez qui fut perdu dans les relents de vapeurs s'implantant à l'esprit. Peut-être qu'un verre ou deux furent perdu en route, dans le fil des décomptes.
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Clarence F. Bannerman
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Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
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Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
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Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
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MessageSujet: Re: Nouvel ordre ◭ GALANANAS   Mer 14 Fév - 8:49



NOUVEL ORDRE
Ananas Touch

     Et les idées noires lui trituraient l’esprit. Omniprésentes depuis des années, dans ses songes ou celui des autres. S’il ne pleurait pas ce fût eux, et s’il retenait ses plaintes, c’est à ses oreilles ou à celles du ciel que s’adressaient les restantes. Il croyait s’en sortir mais ses propres mots s’échappaient, entraînés par le mouvement d’autres âmes en peine, ou débordant après avoir été retenus trop longtemps ; trop nombreux. Ils auraient dû être entendus mais ne faisaient que se fondre à l’intérieur de cette chorale plaintive, et il eut peur à certains moments, de les réentendre et d’en être pointé l’auteur. Il croyait à ses fantômes et l’ironie d’y croire aurait dû le fermer à des conversations moroses. Parce que s’il put s’accommoder d’un sourire, ou en parler librement à l’intérieur d’une phrase anodine, ses craintes ne seraient jamais que des positions adoptées face à ce nouveau monde. Rien dont on peut s’intéresser, s’il ne fût pas jugé assez tendancieux pour l’accuser de quoi que ce soit. Comme beaucoup Galahad surenchérissait, exposait d’autres souffrances comme elles furent nombreuses, et lui rappelait alors qu’il fût bêtement aussi piégé qu’eux. Sans ou par choix, il ne sut plus. Il se rappelait seulement pourquoi il eut préféré exposer ses sarcasmes à Maxine plutôt qu’à eux. Elle eut cette façon de les contourner et d’y dire non ; étrangère à ce qui put tous les ronger lorsqu’elle se retrouvait à la lueur d’une bénédiction qui ne les avait pas touchés. Elle put bercer Clarence dans ses illusions et lui faire croire en l’avenir qu’il convoitait, aussi douloureuse fut la réalité, il préférait depuis peu l’ignorer. Être perdu valait mieux que de se savoir sombrer.

Le désintérêt de Galahad pour ses dossiers fût une désillusion de plus à ajouter à sa collection. L’idée d’être inutile lui serrait bientôt la gorge. Cela aurait pu signer une fin, ou un renouveau ; clore au moins quelque chose qui l’empêchait d’avancer.
« Quel vaniteux tu fais. »
Ce dossier à son nom, il ne sut même plus à l’intérieur de quels placards il l’eut entreposé. Il craignait d’en oublier en quittant Londres, et tout à la fois de les faire voyager jusque-là. Les papiers eurent été malmenés sur le trajet, forcés à être avalés par des tiroirs ne pouvant en contenir autant.
« Je te le remettrai, s’il n’y a que ça. »
Il lâcha son verre en équilibre contre sa cuisse, grattant frénétiquement l’intérieur de sa main. Ses tempes le brûlaient, presque autant que son œil, mais la démangeaison devint presque agréable lorsqu’il y appuya le doigt. L’alcool, encore l’alcool, maux et solution à beaucoup trop d’impasses, comme celle de ses mots, qui à mesure laissaient filer quelques orgueils jusqu’alors bien caché.
« Mon travail n’est pas d’élaborer des théories, mais de retranscrire des faits. » Il gagnait la bouteille d’une main, au refuge d’une alcoolémie déjà gangrenée en lui. « La vérité parle d’elle-même, et toutes ces recherches sont méthodiques, elles servent non à collecter des ragots sur qui partage son lit avec qui, mais à ordonner toute information bonne à prendre pour mieux comprendre ce qu’il se passe. Et si cela te permet de savoir à qui tu peux te fier, et bien tu ne vas pas fermer les yeux sur l’évidence. Plus encore lorsque tu dois t'entourer des mêmes personnes toute ta vie. »
Il y croyait, à son devoir, sa curiosité désintéressée. Parce qu’elle fût vraie au départ, puis à la fin, sujette d’un début et d’un abandon, alors qu’entre les deux subsistait un attrait nocif aux secrets. Il jugerait qu’il apparut après que les membres de la boucle eurent échos de ce qu’il écrivait sur eux, et qu’il ne fût à ce moment question que d’entretenir leurs haines dans ce qu’elles eurent de plus ridicule. Puis il lui vint à l’esprit que ses querelles n’eurent d’effet qu’à chasser l’ennui. Utiles avant de devenir ennuyantes elles aussi. Il allait aussi lui répondre qu’il ne s’ennuyait pas, mais ses poumons retinrent l’air qui dut servir pour ça.
« Je ne sais pas », soupira-t-il seulement, agacé ou fatigué, une chimère des deux. « Faire quelque chose ne te préserve pas de l’ennui. »

Il gagnait en s’étant levé trop vite, de sentir l’alcool lui monter à la tête.
« Sortons alors, bien qu’un verre semble toujours être un verre de trop. »
Il avait déposé le sien sur la caisse, l’objet triomphant sur son trône comme s’il put retenir avec lui ce qu’il avait déjà déversé. « Avant que tu ne te confies un peu trop. Tu voulais préserver tes secrets je crois. »
Cette idée l’arrangeait bien. Il était tout aussi perdu que lui et pleurer à deux n’aurait certainement servi à rien. Tout comme rester sous cette tente à employer de beaux mots pour remplacer ce qu’ils n’y voyaient pas. Clarence réalisa une fois à l’extérieur qu’il tenait encore la bouteille, et par réflexe, comme si s’en débarrasser le préserverait de ce qu’elle avait déjà causé, il la planta à ses pieds dans la neige et avança avec toute l’innocence d’un homme coupable.



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