Réalités ◭ MAX
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Clarence F. Bannerman
mirettes omniscientes

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☾☾ Particularité :
Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
☾☾ Bizarrerie :
Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre, et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
Responsable du Musée des Horreurs Passées.
☾☾ Myocarde :
Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
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☾☾ Trogne & crédit :
Matthew Goode


MessageSujet: Réalités ◭ MAX   Sam 30 Déc - 16:24



RÉALITÉS
Décembre 2017

      Il avait mis deux paires de chaussettes cette fois. Il sentait le cuir de ses souliers serrer ses pieds trop emmitouflés, mais pensait avec fierté avoir trouvé la solution à son mal. Plus de laine, de coton, pour empêcher le froid de geler ses orteils. Maxine lui en voudrait d’avoir égaré ses bottes. Il les avait laissées à Édimbourg car il n’y eut alors de neige qu’à cet endroit. S’il voulut voir l’hiver ces dernières décennies, il n’eut qu’à mettre les pieds là-bas ; Mais ils n’eurent ni l’un ni l’autre le temps d’y retourner. Voir aujourd’hui tomber d’autres flocons sur une nouvelle destination, lui rappelait les changements auxquels ils durent faire face. Le grand manoir n’était plus qu’un chapiteau fait de toiles et de plastique, les murs de pierres des tentes aux couleurs criardes. Le vide du blanc lui manquait, la neige immaculée avec. Elle était piétinée ici, faite en grandes lignes de boue et d’eau. Mais entre Tenterden et Edimbourg, sous les différences de villages aux antipodes l’un de l’autre, il se sentait retourner quelque part.
Les chemins qui menaient à Maxine se ressemblaient. Faits de neige, mais aussi d’attente. Parce qu’il souriait encore à l’idée de la voir, fouettait du pied les flaques mouillant ses bas, et qu’il appréhendait tout autant de n’avoir plus rien à offrir contre sa présence. Son époque était une monnaie d’échange qui n’eut plus de valeur face à des temps plus avancés que le sien, et il n’eut jamais assez de connaissances et d’intérêt en ce qu’elle aimait pour lui offrir son aide autrement. Cela ressemblait plus à une farce, de s’isoler avec Galahad plutôt que de s’évader avec elle. Il feignait son travail, mais finissait au final toujours par la rejoindre. A l’intérieur d’une affection sans but, elle continuait de le faire sourire. Il craignait que cela passe, mais peut-être était-il trop attaché à elle pour que ce soit le cas.

« Maxine ? »
La maintenance des manèges vomissait écrous et clés à molette ; Des morceaux de travail que personne ne saurait résoudre. Il craignait le désordre, et se noyait chaque fois à l’intérieur du sien, perdu dans un monde qu’il aimait rejoindre.  Il avança jusqu’à la retrouver, avait déjà eut du mal à savoir où aller. Ses mains brûlaient sur leurs gobelets, mais il avait encore oublié ses gants.
« Je t’ai… »
Ses mots s’étaient ravalés le temps que les rides de son front ne se creusent. « … rapporté du lait de poule. Ils en servaient plus loin. »
S’il oublia de lui tendre son gobelet, c’est que son offrande n’avait plus grand intérêt. Maxine était différente, et cette idée l’effrayait.
« Tu sembles t’être bien adaptée au 21ème Siècle. »
Son progressisme ne l’avait jamais menacé avant aujourd’hui. Il ne souhaitait pas la juger, et ne lui demanderait jamais depuis quand elle avait adopté ces vêtements. Il se sentit seulement étranglé par les siens, mis à l’écart d’un concept qu’il ne rejoignait pas. Être en colère valait mieux qu’être consterné, alors il en voulut seulement au temps d’avoir changé trop vite.

Il faisait encore froid, à l’image d’Edimbourg, et les souvenirs se mêlèrent à la réalité avec un peu trop de cruauté. Il avait craint que sa boucle ne manque à Maxine. Il avait tenté de nombreuse fois de l’y arracher et de lui faire aimer la sienne, sans réellement avoir eu l'impression d'y parvenir entièrement. Ses réticentes perçues comme une forme de fragilité, il n’avait au moins plus à s’inquiéter de la voir s’adapter.
« C’est vrai que cela change des objets que je te ramenais. »
Il sourit yeux posés sur les multiples carcasses de ferraille, l’imposteur de ses propres batailles, et ses deux gobelets se posèrent sur l’une d'elle, abandonnés à son propre déni. Cela lui aurait facilité la tâche de pouvoir apprendre à haïr chaque parcelle de Maxine, mais il aima ses cheveux laissés détachés et toutes ses convictions volèrent en éclat. « Certaines choses me manquent. » Et il voulut qu'elle n'en fasse pas parti.



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This wasn't the person he'd thought he was, or would have chosen to be if he'd been free to choose, but there was something comforting and liberating about being an actual definite someone, rather than a collection of contradictory potential someones. J. Franzen
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Maxine Thackeray
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MessageSujet: Re: Réalités ◭ MAX   Mar 2 Jan - 19:17



RÉALITÉS
Décembre 2017

      Les changements ne m’avaient pas semblé si pharamineux quand les Ymbrynes nous ont expliqué ce qui allait se passer. D’accord, le déménagement massif allait faire mal, du genre à laisser les trois quart des Syndrigastis épuisés pour au moins trois jours, moi compris (si, si, je vous jure). Mais le reste ? Bizarrement, ça ne m’a pas paru si énorme quand on m’a parlé de créer des attractions. J’avais déjà le cerveau bouillonnant d’idées avant même qu’elle n’ait finie sa phrase. Sauf que ce que mon cerveau avait très gentiment occulté dans ce moment d’ivresse inventive, c’est que pour les construire ces attractions, eh bien il allait falloir que je m’en charge aussi, en grande partie. Evidemment, je me faisais aider par quelques âmes charitables qui pouvaient m’aider notamment pour positionner certaines pièces ou pour soutenir quelque chose le temps que je boulonne et visse les éléments ensembles, mais grosso modo, le chantier…C’est pour bibi.

Je ne vais pas me plaindre, honnêtement. Au contraire même, je suis extatique. Je passe mes journées à faire ce qui me passionne et ce pourquoi je suis douée. Je me sens intrinsèquement utile à cette société qui est la nôtre. La société Particulière on devrait la surnommer entre nous. Bon par contre je gère aussi la maintenance, évidemment ; peut-être qu’il serait temps d’avoir un ou une apprentie, de façon à pouvoir déléguer un peu la charge de travail. J’aime mon travail, mais quand ce dernier me laisse à peine le temps de voir mes amis, ça devient embêtant…En parlant d’amis, voilà Clarence qui venait d’arriver. C’est plus souvent lui qui vient à ma rencontre dans mon atelier ou, comme en ce moment, alors que j’étais en pleine réparation d’un manège. Mon corps quasi-entièrement plongé dans la machine, je l’ai entendu, de loin, et profité de cette interruption plus que bienvenue. Finissant de serrer un boulon dans les entrailles de la bête, je ressors de suite après, faisant face à Clarence, visiblement…surpris ? Soucieux ? J’ai peine à définir.

"Oh super ! Merci beaucoup Clarence."

Son commentaire en revanche me fait ouvrir les yeux un peu plus grands de surprise et je baisse la tête vers mon apparence, sur la combinaison d’une couleur qui dut autrefois être bleu mais qui avait clairement connu de meilleurs jours, aujourd’hui tâchée d’innombrables traces d’huiles de moteur, graisses diverses, et même de la peinture, sans compter la décoloration due aux nombreux lavages en machine…Bref. Mes chaussures qui me furent presque imposées, des chaussures dîtes « de sécurité » renforcée pur éviter des blessures trop graves si jamais je me prenais un bout d’attraction sur les pieds visiblement. Et évidemment, mes cheveux lâchés. Ca me rappelait mon enfance, quand je n’avais pas encore à me soucier de paraître jolie et propre sur moi parce que j’étais sensée être une « lady » britannique. Finissant mon observation je haussais les épaules.

"Meh. Ca dépend de quoi on parle, c’est plus du pragmatisme qu’une réelle adaptation." Mon sourire taquin revint en force alors que j’attrapai le gobelet abandonné un peu plus loin, en prenant une gorgée "J’aimerais t’y voir, toi, à crapahuter dans ces machines en robes et, par tous les saints, un corset."

Mon ton est joueur, mais je ne peux que remarquer le changement d’ambiance dès que Clarence a posé les yeux sur moi.

"C’est différent, c’est vrai, mais ça ne remplacera pas ce que tu m’as montré." Je finis mon gobelet rapidement, grimaçant rapidement en sentant l’alcool descendre dans ma gorge "Eh bah, ils l’ont chargé le lait de poule. Sans rapport, mais tu dois toujours finir de m’apprendre à conduire" mon sourire se fade un peu à sa dernière phrase et je me rapproche de Clarence, cherchant son regard "Comme quoi, par exemple ?"



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MessageSujet: Re: Réalités ◭ MAX   Jeu 4 Jan - 1:16



RÉALITÉS
Décembre 2017

     Maxine lui arrachait ses sourires avec trop de facilité. De l’un des siens, elle entonnait à ses lèvres de se fendre contre sa joue, et déchirer un peu de sa mauvaise foi. Il roulait des yeux parce qu’il ne le supportait pas, mais aimait tout autant la savoir capable de faire partir quelques-unes de ses ombres. Il craignait de le lui demander trop souvent, lorsqu’il ne put s’empêcher d’en dire trop, de lui partager sa souffrance car elle savait la rendre futile dans cette façon de ne pas la comprendre. Il était tout autant stupide de croire qu’elle pouvait être capable de trouver à sa place les solutions à ses maux, lorsqu’elle comprit à peine ce qu’il cherchait parfois à lui dire. Vulnérable devant sa candeur, il s’en voulait de devoir chaque fois la mettre face à de nouvelles obscurités. Il préféra s’attendrir d’elle, oublier qu’il allait la perdre sans en connaître les raisons. Trop différente, trop heureuse ; Comme s’il viendrait un jour où la regarder sourire ne suffirait plus. Le flatter de quelques souvenirs marchait à peine, mais il voulait s’en rapporter aux siens pour retourner à son avantage une phrase qui n’aurait jamais dut être prononcée.
« Ton thé, ton temps me manquent. »
Les hivers froids d’Edimbourg l’enveloppaient à nouveau. Le dernier passé là-bas, bien qu’il y’en eut peu. Subtilement avare de sa présence, il voulut pourtant être apte à s’en détacher. L’habitude était une addiction à laquelle il fût toujours difficile de réchapper. Non plus parce qu’elle le rassurait, mais parce qu’elle lui faisait convoiter un monde déjà acquis ; Pour lequel il n’eut plus aucun effort à fournir et dans lequel Maxine continuerait de l’abriter des chutes de neige avec du thé et des biscuits.
« Tu connais les bases à présent, tu peux t’entraîner à conduire seule. Jouer les pilotes te changerait du cambouis. »
Il balaya ses doutes de quelques brides d’humour. Répondre à un jeu valait mieux que d’être mauvais joueur, et il se sentait malgré lui en compétition avec ce monde, avec elle, lorsqu’elle apprenait plus facilement à s’y sentir bien que lui. Il glissa les lèvres dans le gobelet resté seul et sentit l’épais mélange brûler ses amygdales. Maxine l'avait bu comme du petit lait, et il se demanda s'il eut bien fait de chaque fois lui proposer de l'alcool. Bu trop vite, même s'il fût coupé dans de la crème innocemment sucrée.
Il croyait qu’il allait aimer ça parce qu’ils se ruaient tous devant la marmite fumante et que les vapeur sentaient la cannelle ; Parce que la louche lui rappelait celle utilisée pour la soupe lorsqu'il faisait froid, et qu’il eut toujours entendu la légende du Eggnog sans toutefois y avoir goûté. Les fins d’années de son époque n’étaient pas aussi festives qu’elles l’auraient dû, et des plats et décoctions traditionnelles ne restait que quelques fades denrées alimentaires. Les épices lui rappelaient les thés importés d’Inde, l’alcool cet infâme poison que son père se versait dans un dé à coudre et lui mettait dans la bouche sur un sucre.
« Tu m’accordes ta soirée ? Si un manège peut attendre. »
Il gagnait du temps sans jamais en manquer. Son plus grand regret fût d’en avoir autant. Une inlassable éternité dans laquelle éviter de chavirer ; Dans laquelle oublier combien d'années s'étaient accumulées.
« Tu ne seras pas contrainte de porter cette "aberration" que sont les corsets. Passé l’effet de surprise, je commence à croire que le vieux bleu tâché d’huile te sciait au teint. »
Il grimaça derrière son verre, impatient d’en finir le lait avant d’être écœuré. Il se demandait tout autant pourquoi elle gardait ses cheveux détachés, et dans son "pragmatisme" ce qui les empêcherait de s’accrocher dans les rouages d’un quelconque moteur. Il prit une inspiration, contraint à ce rôle lui demandant de simplement sourire ; alors que ses yeux voulurent attraper chaque seconde dérapant sur sa montre cassée.
« Y'a t-il une chose que tu aimerais faire ? »



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MessageSujet: Re: Réalités ◭ MAX   Dim 7 Jan - 22:10



RÉALITÉS
Décembre 2017

      Sa réponse me prend un peu par surprise, mais c’est l’attendrissement qui prend le dessus dans ce que je ressens dans ces mots. Pour être tout à fait honnête, je me suis attendue à entendre quelque chose dans le style « mes dossiers », ou…je ne sais pas trop mais je ne pensais pas à ces moments passés ensembles dans le froid d’Edimbourg à une époque si antérieure à la sienne. Une de mes mains se tend vers son bras, pour le gratifier d’une pression rassurante, mais en voyant ses mains avec plus d’huile que de peau visible, je retiens mon geste et vais promptement m’essuyer les mains. Lui qui est toujours si bien habillé, il serait dommage d’apposer des traces de mains graisseuses sur sa veste ou pire ! Sa chemise. Mais ce n’est pas parce que je n’ai pas pu faire ce que je voulais que je reste sans lui répondre. Au contraire.

"Qui aurait cru que les hivers d’Edimbourg te manqueraient ? Toi qui grommelais contre la neige qui s’infiltre partout."

On entend ce que je ressens dans ma voix. Oui, il y a de la taquinerie, mais aussi et surtout toute la tendresse que je détiens pour lui, pour cette relation aussi étrange que nous sommes opposés. Déposant le chiffon, irrécupérable à présent, sur la boite à outils sur roulettes que je traine derrière moi à chaque fois que je vais m’occuper d’une attraction et reviens vers Clarence. Mon sourire refusera de quitter mes lèvres pour un long moment maintenant je pense. Ce qui a tendance à réduire l’effet dramatique de certaines de mes réponses ; comme lorsque je fais claquer ma langue contre mon palais pour signifier ma déception envers l’homme en face de moi, mais avec le sourire toujours en place, difficile de prendre au sérieux la dite déception.

"Essayerez-vous de vous débiner de vos devoirs Mr Bannerman ?" finis-je, plantant mes poings sur mes hanches, avant de parcourir les deux pas qui me séparent de Clarence et de poser mes mains sur ses poignets "Allez, s’il te plaît ? Je suis sûre qu’il y a pleins de petites astuces que tu peux me montrer encore. Et puis c’est plus agréable quand tu es là…"

Ca, il n’y avait pas à dire. Si j’ai intégré le principe de la conduite, il m’est encore difficile d’apprécier la chose quand il n’est pas là, avec moi, aussi agaçant à commenter ma conduite qu’une aide précieuse quand je ne suis pas sûre de ce que je dois faire. Il est Clarence. Cet homme qui a capté mon attention par ses contes du futur qui ont réveillé mon envie de voyager. Elle qui s’était endormie sans que je ne m’en rende compte, trop absorbée par mes inventions et mon travail dans la boucle, m’encroûtant dans cette routine qui n’avait pas l’air d’en être une grâce à de menus détails qui changent chaque jour malgré la boucle. C’est grâce à lui que j’ai finalement pris mon courage à deux mains et que j’ai fait le voyage dans une autre boucle.

Et le voilà que me surprend une fois de plus à quémander de mon temps et ça me rappelle à quel point je l’ai négligé ces derniers temps. Je relâche ses poignets et me tourne vers le chantier que sont les entrailles de l’attraction du moment avant de soupirer et de me retourner vers Clarence.

"Avec grand plaisir !" je commence à ranger mes outils et à remettre grossièrement les pièces dans l’espace ouvert pour finalement refermer le tout "Ce n’est pas ce soir que je vais réussir à changer quoi que ce soit dans cette capricieuse de toute façon." Le rose colore mes joues soudain et je fais mine d’être embarrassée "Vile flatteur va. Mais si je peux me passer d’un corset que tu te fais à mon bleu de travail, j’aimerais quand même aller me changer rapidement avant que nous entamions notre soirée, tu veux bien m’accompagner ? Quant à avoir des idées, je vais te répondre tout de suite : des tas !"

Sur ces bons mots, je ferme définitivement ma caisse à outils et la tire derrière moi, ouvrant la voix dans l’hiver pour aller chez moi. Une fois là-bas, je laisse Clarence faire comme chez lui pendant que dans ma chambre, je fais un brin de toilette et me change. Un ensemble simple, jupe longue à fleur, petite souvenir d’un Syndrigatri venant des années 70, et une chemise de mon époque en revanche. Mes cheveux se retrouvent attachés dans un chignon lâche. Au bout de quelques minutes seulement, je ressors et rejoins mon ami dans ce qui fait office de salon, plus ou moins.

"Voilà, je mets mon manteau et on peut y aller."

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le chemin vers la fête foraine est calme, on échange parfois quelques banalités, alors que mon regard se perd sur le décor qui nous entoure. Les quelques humains qui se baladent, innocents dans leur ignorance de ce que nous sommes, les bâtiments alentour, très différents de ce que l’on a connu, Clarence et moi. La neige qui a recommencée à tomber en de légers flocons et je tends une main pour en attraper quelques-uns. Evidemment, ils fondent instantanément, mais ils me donnent une idée. Je profite d’une distraction impromptue attirant l’attention de Clarence pour prendre un peu de neige au sol, former une boule et…La lancer droit dans le dos de l’homme m’accompagnant. J’attends sa réaction avec anticipation, l’impression de retomber en enfance m’étreignant la poitrine tandis que je patiente pour savoir si j’ai bien fait ou si je devrais m’excuser de mon geste infantile.



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MessageSujet: Re: Réalités ◭ MAX   Ven 12 Jan - 0:54



RÉALITÉS
Décembre 2017

     Maxine ne sut jamais tenir en place, mains et bras agités alors qu’elle s’approchait de lui, se reculait finalement. Il allait la retenir, un jour lui attraper le bras et l’empêcher de s’échapper. Mais comme certaines choses durent rester libres, elle était l’une de celles dont il n’osa pas toucher au risque qu’elle ne s’éteigne. Elle le gênait, lorsqu’elle attrapait ses poignets, demandait sa présence, ou qu’elle retournait les mots qu’il choisissait pour elle contre lui. Elle lui rappelait qu’il fût engourdi de reproches, calme à l’intérieur de ses gestes contrôlés, et tout à la fois triste de la savoir capable de se souvenir tout ce dont il s’était plaint. Il lui aurait rappelé qu’il aimait assez Edimbourg pour y revenir, mais aussi que ce ne fût pas seulement pour la neige qu’il remontait chaque fois en Ecosse, s’il n’avait pas eu peur des débats à découvert.

« Très bien, nous verrons », répondit-il simplement à sa demande.
Il la fuyait, incapable de savoir ce qui avait changé. Il était heureux de l’emmener conduire le matin où il se leva dans la brume pour trouver une voiture. Une surprise millimétrée qui devait faire oublier à Maxine ses absences, et tout autant lui rappeler qu’elle put se plaire en 1941. Il pensait qu’elle disparaitrait, et lui offrait maladivement sa bienveillance pour retarder l’échéance de son départ. Il n’avait pas assez profité d’elle lorsqu’elle était arrivée, la brèche rapidement ouverte sur New York, et de nouvelles secousses parvenues à distordre ses dernières convictions. Il pensait que sa présence à Londres serait une solution à ce qu’il allait chercher à Edimbourg, et qu’il n’aurait plus l’impression de n’avoir comme ami que ces Ecossais gardés trop loin de chez lui. Elle ne partit jamais.
Ils furent rattrapés par le temps et par des décisions qu’ils n’eurent même pas à prendre. Imposés à rester ensemble, oublier leurs barrières bien qu’il aurait dû être heureux de n’avoir plus à remonter le Nord pour la rejoindre. Il ne sut plus comment ni quand, mais certaines envies lui étaient passées. Il voulut des moments avec elle, mais ne sut même plus lesquels, s’en remettait à ce qu’elle eut envie de faire, car elle était plus heureuse que tous ici-bas.
Il lui sourit, le gobelet glissé dans celui qu’elle avait laissé vide.
« Quel dommage. »
A peine déçu de la savoir aller se changer - Il acceptait de la suivre mais trouvait le chemin à nouveau long. La neige devenue pluie, puis la pluie à nouveau neige. Il l’attendait dans sa chambre et cherchait du regard des biscuits, quelque chose à tenir entre ses doigts en attendant qu’elle termine de se préparer. Il eut soudain l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. A la façon dont il fût immobile entre le mobilier, creux des silences et du tissu qui se froissait de l’autre côté des murs. Il voulut reculer et sortir l’attendre dans le couloir, abandonner l’idée d’être avec elle s’il fallut perdre son amitié. Il était prêt à ravaler son offre et feindre être fatigué ; n’importe quelle histoire qui le sauverait de ce qui eut presque l’air d’un rendez-vous ; avant qu’elle ne réapparaisse. Il lui sourit, incapable en d’autres mots de lui dire qu’elle fut belle. Il voulait seulement retrouver la neige.

Il l’aimait, cette autre femme tombée en morceaux par le ciel. Réellement, autant qu’il puisse s’en plaindre à Edimbourg. Orgueilleux au fond, que la neige ne puisse être clémente avec lui alors qu’il l’appréciait. Là elle fût encore différente, nourrie d’imprévisible comme tout ce qui les enveloppait. L’adrénaline d’un risque qui ne survenait jamais, et celle de ne pouvoir contrôler tout ce qu’il adviendrait. Le monde avait recommencé à tourner.
« Hé… Que fais-tu ? »
Elle était immobile sous un rideau de flocons lorsqu’il fit volte-face, lui la main dans le dos pour rattraper ce qui n’existait plus, seuls restaient quelques fragments de neige imprimés sur son manteau.
« Tu n’es qu’une enfant. » Il avait oublié ses gants et la neige était froide. « Inutile de faire l’innocente, il n’y a rien de moins naturel que Maxine Thackeray restée fixe dans un monde en mouvement. »
Il avait l’air peiné, la moue aux lèvres et les gestes incertains. Lui et son frères furent interdits de boue et d’enfantillages ; jusqu’à ne plus savoir comment répondre à une boule de neige des années plus tard. Les doigts de Clarence étaient trop rouges pour creuser et modeler la poudreuse. Il refusait de riposter, aussi parce que les bandages seraient mouillés, et que ces jeux n’eurent rien de naturel. Il glissa ses mains à l’intérieur de son manteau, les épaules étriquées pour ramener les deux paumes à l’intérieur. Ses doigts s’accrochèrent à leurs extrémités et refermèrent le tissu sur les bandages. Une part de lui voulut se décider. Il rejoint Maxine où elle s’était arrêtée, son seul soupire pour s’avouer vaincu. Il s’en voulait, réellement, de la savoir coiffée – Aussi simple fut le tortillon dans ses cheveux, il n’en restait pas moins qu’il n’osait la toucher. Il se saisit de ses poignets, les doigts d’une main assez longs pour se saisir des deux, et l’obligea à reculer. Fermement, tendrement, jusqu’à la bordure d’une tente. Son bras libre se souleva pour balayer la neige restée inerte sur la toile au-dessus-d-elle, la laissant pleuvoir par paquets sur sa tête.
« Tu l’as cherché. »
Il avait souri, rit, le faisait encore en se détachant d’elle. Parce qu’une partie de son enfance interdite refaisait surface, et qu’un frisson agréable lui parcourut l’échine lorsqu’il prit conscience de ce qu’il avait fait.



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MessageSujet: Re: Réalités ◭ MAX   Lun 15 Jan - 13:09



RÉALITÉS
Décembre 2017

     Ce n’était peut-être pas un oui clair et net, mais son « Je verrais » était tout ce que je demandais. Une possibilité. Un espoir. Car s’il y a un espoir, il suffisait de se montrer persistant et constant dans ses efforts et en général cet espoir finissait par se muer en une certitude, et je savais qu’avec les bons mots, aux bons moments et avec le bon regard, il finirait par céder et je pourrais reprendre la conduite à ses côtés, une activité qui me plaisait bien plus que je ne voulais le laisser paraître, toute enthousiaste érudite que je sois. Mais pour le moment, je me contentais avec plaisir de cette possibilité encore pleine d’inconnu. Je relâche ses poignets et commence à marcher vers chez moi, me changeant rapidement.

Puis nous sommes à nouveau dehors, la neige tombant sur nos têtes comme un rideau blanc qui souhaiterait étouffer les sons de nos voix. Je ne résiste pas à l’envie de lui lancer une boule de neige et je fais mouche. Ah ça, j’ai appris à viser durant la longue journée d’hiver avec mes frères, eux tout aussi impitoyable que moi dans le domaine de la bataille de boules de neige. Le pire de tous ? Mon père. Un vrai guerrier de la neige quand il s’y mettait. Pendant ce temps ma mère nous regardait avec un regard à la fois attendri et désespéré de voir son mari ne pas valoir mieux que leurs enfants dès qu’il y avait plus de cinq centimètres de neige au sol. L’adrénaline parcourt mon corps alors que j’observe Clarence un peu plus loin, une main bandée allant toucher la neige qui font déjà, comprenant ce qu’il vient de lui arriver et je retiens mon souffle. Ce n’est que lorsqu’il prononce quelques mots exaspéré mais sans venin que je ris. Un son désinhibé, comme confirmant les dires de mon ami. Oui, je ne suis qu’une enfant en cet instant et le fait qu’il réfute ma possible innocence accroît un peu plus ce rire qui est le mien. Je finis par calmer ce rire et garde les yeux sur lui alors.

"Je n’ai pas pu m’en empêcher, c’était beaucoup trop tentant."

Ce n’est même pas une excuse, à peine une explication, mais ça ne semble pas dérangé plus que cela, car le voilà qui s’approche de moi, sans parler, sans me donner une réelle indication de ses intentions. A l’instar de ce que j’ai pu faire plus tôt, il saisit mes poignets, d’abord de ses deux mains, puis d’une seule et il avance, me forçant à reculer. Si mon sourire est toujours là, il est comme figé dans l’interrogation qui nage dans mes yeux. Je m’attendais à une riposte, pas vraiment à cela. Le fait de très vite sentir la toile d’une tente dans mon dos affadit un peu mon sourire, mais ce n’est que parce que la curiosité occupe la majorité de mon esprit, mon cerveau oublie momentanément de conserver mon sourire. Je ne sais pas ce qu’il compte faire, mais il est là, si proche, plus proche qu’on ne l’a jamais été malgré toutes ces années d’amitié, et quelque part, ça me perturbe…

Puis la neige tombe sur moi en paquets et je sursaute avant de me crisper quand le froid de la neige touche mes cheveux, ma peau, et un son d’outrage et de surprise mêlés s’échappe de ma gorge, alors qu’un rire s’échappe de la sienne. Je finis par me secouer pour faire tomber la neige de mes cheveux et mes épaules, les détachant même pour finir de les déneiger puis me penche pour faire une nouvelle boule de neige.

"Tu veux la guerre ? Tu l’auras !" je m’apprête à lancer la boule quand je vois les bandages dépasser des manches de son manteau. Mais oui…Je peux faire la part belle à un génie mécanique, mais des fois je peux être si stupide. Je laisse la boule de neige retombée au sol et m’approche un peu vers lui les poings sur les hanches "Hm…Ca ne va pas être pratique si tu dois aller chercher une tente pour riposter…" j’observe ses mains et mon cerveau se met en marche "Il faudrait que je te fasse un dispositif de protection, histoire que tu puisses utiliser tes mains de manière normale. Ou autant que faire se peut du moins…" je relève la tête vers lui, un sourire encourageant au visage "Tu en penses quoi ?"



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Clarence F. Bannerman
mirettes omniscientes

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☾☾ Particularité :
Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
☾☾ Bizarrerie :
Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre, et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
Responsable du Musée des Horreurs Passées.
☾☾ Myocarde :
Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
☾☾ Missives :
608
☾☾ Trogne & crédit :
Matthew Goode


MessageSujet: Re: Réalités ◭ MAX   Aujourd'hui à 16:51



RÉALITÉS
Décembre 2017

     Il n’avait plus ri depuis longtemps. Si les sourires fendaient facilement la chair de ses joues, peints avec l’espoir d’un jour retrouver l’aube, ils n’eurent depuis plusieurs années plu lacérer son estomac comme aujourd’hui, étés douloureux entre ses entrailles pour lui rappeler qu’il put encore être heureux. Sa poitrine elle aussi faisait mal, la culpabilité à vif parce qu’il riait pour Maxine et qu’une part de son deuil dû voler en éclats. Elle allait répliquer, bien qu’il crut avoir gagné cette bataille, et ne se sentait bientôt plus près à la faire durer. La spontanéité éphémère et avec elle les restes de son enfance. Il allait seulement battre en retraite en reculant, mais Maxine brandit un drapeau blanc avant lui. Soudain lasse de ce jeu, comme il la connaissait à peine. Il crut, sut bientôt qu’elle s’était éteinte par sa faute, calme et bienséante comme s’il pourrait lui reprocher d'être elle-même.

« Je te remercie, mais non. »
Il liait ses doigts sur ses paumes comme si elle s’apprêtait à les lui arracher. Tout était à nouveau froid, calme et silencieux entre quelques tirades. Il lui interdit bientôt de poser les yeux sur ses bandages en les dissimulant à l’intérieur des poches de son manteau.
« J’ai seulement oublié mes gants. Tu sais toi-même que je n’ai jamais su appréhender la neige. »
Elle était toujours bien trop rude avec lui, glaçant ses os et rougissant ses doigts. Les paupières elles, avaient comme toujours été là. Il fronça les sourcils, prêt à ravaler de nouveaux mots pour ne pas s’étancher. Il tenait à son sourire, aussi mal venu était-il à présent. Il en avait besoin, comme chaque parcelle du bonheur de Maxine pour nourrir le sien. Elle devait avoir ce rôle-là ; et il fût tout à la fois difficile d’accorder ses maux à sa joie, ne pas la brider dans ses excès pour encore les alimenter. Les mots maladroits et les gestes déplacés, il avait souhaité la voir accepter sa prothèse ; et cela parût si différent pour ses propres malformations. Les protubérances de ses paumes ne l’avaient pas privé de gestes usuels mais d’une vie toute entière. Celle qu’il voulait vivre et qu’il avait fui en pointant du doigt les paupières comme seules coupables. Il pensait les rancœurs enfouies lorsqu’il se remettait à rire, parlait d’espoir aux côtés de Thaddeus. Puis toutes ces rédemptions vinrent apparaître comme celles d’un autre, prononcées par l’homme qu’il aurait aimé être et non celui qu’il fût réellement. Celui brandissant une arme pendant la guerre, heureux d’être là parce que telle fût sa place. Mais dans sa réalité, aucune femme ne leur pardonnerait.
Il dégagea un peu de neige des cheveux de Maxine, abandonnant l'idée de finalement se refermer.
Il craint alors que ce ne soit pas la boucle qui l’ait changée mais lui seul. Trop froissé et ennuyeux pour laisser libre la femme qu’elle était ; Il baissait les yeux sur elle et prenait conscience de combien elle put être frêle sous ses doigts. Non parce qu’elle lui arrivait à peine aux épaules, mais parce qu’elle dû lutter contre son pessimisme et ses colères enfouies, sans jamais répondre des siennes.
« Tu n’as pas à te contrôler pour moi, ni à te conformer à ce que tu imagines attendu de ma part. J'apprécie ta compagnie. »
Il sourit car il ne voulut jamais que cette conversation reste formelle. Il cherchait à son tour des réponses auxquelles il n’avait que les questions, et qui le confinaient à l’intérieur de cette relation devenue bien trop complexe.
« Mais ne juge pas mes mains, elles ne me contraignent plus ici. Après cent ans je sais comment vivre avec. Au final tu as reçu plus de neige que moi, tu n'es peut être seulement qu'une mauvaise perdante. »
La neige fondait un peu dans ses cheveux et il s’en voulut presque de la lui avoir fait tomber sur la tête.
« Une mauvaise perdante qui va prendre froid. »
Ils finiraient malades ensemble s’ils restaient immobiles ici. Les flocons eurent l’air de danser autour d’eux dans un voile d’innocence mais se déposaient en secret sur leur peau comme du gel. Clarence les craignait autant qu’il se fascinait à les regarder une fois à l'abri ; mais pour autant il resta immobile. Comme s’il eut peur de quitter cet endroit, de piétiner la neige qui pansait déjà les crevasses de leurs pas. Il eut envie d’y attraper un instant avant qu’il ne lui échappe, malade à l’idée de pouvoir s'égarer.
Il avait glissé sa main contre les lignes du visage de Maxine, le pouce sous sa mâchoire pour lui faire relever la tête ; l’avait délicatement embrassée sur la joue avant de venir récupérer ses lèvres. Il lui parût alors que ce moment puisse-t-être le gouffre de son éternité. Il s'y était perdu, après toutes ses réticences pour ne jamais franchir cette limite imposée. Mais le baiser lui tordit bientôt l’estomac. Il finit par s'en dégager, arraché à l’agréable sensation de pouvoir à nouveau embrasser une femme, et tout à la fois en colère de pouvoir oublier la sienne. Parce qu'il la crut seule à pouvoir être l'objet de son affection, et qu'il lui brûlait désormais de finir ce baiser avorté. Il ne sut pas même quelle explication donner à Maxine, à lui même. Au commencement d’une fin qui affectait pour lui leur amitié, il oublia peut-être qu’il ne put pas l’aimer.
« Excuse-moi. »
Il crut bon d’accorder une trêve à cette guerre qu’il menait contre les excuses, déviantes pour lui comme les hypocrisies de gestes et mots que tous eurent calculés ; et aujourd’hui baignées d’une sincérité en demi-teinte.



DEFINATE SOMEONE
This wasn't the person he'd thought he was, or would have chosen to be if he'd been free to choose, but there was something comforting and liberating about being an actual definite someone, rather than a collection of contradictory potential someones. J. Franzen
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