Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]
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Darren Flanagan
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MessageSujet: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Lun 1 Jan - 14:22

Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]



Darren s'étira dans un bâillement témoins de sa fatigue. Il évoluait lentement dans les couloirs séparant la chambre de Thaddeus de la sienne, ils avaient tout deux passé une journée monotone comme les autres, plongés dans les livres qui jonchaient le sol des appartements du l'autour. Une fois de plus, le temps d'un ouvrage, il s'était échappé de la boucle maudite dans laquelle ils étaient, de cette prison bien trop grande, mais qui restait néanmoins un cage. Il n'y avait que des barreaux à tous les angles, il n'y avait que des chaînes et de la désolation, et Thaddeus comme lui, s'enfuyaient vers un monde plus beau en parcourant les lettres noires sur les pages jaunies par le temps de autant d'ouvrages qu'il en fallait pour une vie. Ils ne parlaient pas, ils n'en avaient pas besoin pour se comprendre, et ils pouvaient passer des heures ainsi, sans un mot, sans un geste vers l'autre, la simple compagnie de la présence d'une âme vivante près de la leur leur suffisant à assouvir leur besoin primaire de socialisation.

Il porta une cigarette à ses lèvres, craquant habilement une allumette qu'il éteignit d'un mouvement souple du poignet, avant de la jeter en l'air, la propulsant au dehors par une fenêtre ouverte, à l'aide d'une petite quantité de son pouvoir. Il se congratula intérieurement comme un enfant fier de ses capacités, bien qu'il eut conscience que si témoins il y avait eu de cette action enfantine, il aurait sans nul doute détourné honteusement les yeux. Il fronça néanmoins les sourcils en entendant un bruissement non loin de lui, et se tourna d'un bel ensemble pour essayer de surprendre l'intrus. Il était tard, les couloirs étaient mal éclairés, et il n'aurait pas été d'humeur à apprécier un quelconque plaisantin désireux de l'effrayer. Il l'était bien assez, dans cette boucle qu'il honnissait de tout son être. Cette boucle ravagée par la guerre, par la désolation, par la peur à l'état pur. Il avait tout perdu, et cela le rendait plus aigri encore que tout ce qu'il avait pu l'être par le passé. Il avait constaté chez lui, une capacité certaine à régresser, autant sur le plan physique que émotionnel. Il ne faisait plus autant d'exercice que ce qu'il avait pu faire pour simplement se garder en forme, il n'osait plus regarder d'homme dans la rue, alors qu'il avait souvenir de quelques fois où il n'avait pas eu de gêne à cet égard. De bonnes âmes l'y avaient aidé, et ces dernières disparues, leurs bienfaits s'en étaient aussi dissipés. Il n'avait plus les mains tendues qu'il convoitait tant lorsque son monde s'écroulait, il n'avait plus la chaleur certaine d'une étreinte maternelle que certaines avaient pu avoir pour lui, il n'avait plus le réconfort d'un sourire dissimulé derrière quelques mèches rousses comme les siennes... Comme pour se rassurer, il mit la main dans sa poche, tapotant son porte feuille dans lequel il avait jalousement conservé le dessin d'un petit lapin, et ce fut dans un réflexe un peu stupide qu'il parcourut le sol du regard, s'attendant à voir la petite boule de poils blanc détaler depuis un recoin d'ombre. Il secoua la tête en soupirant. S'il n'avait pas eu ce dessin, il se serait cru fou, il aurait pensé avoir tout inventé, imaginé que quelqu'un avec un caractère tel que le sien ait pu se faire un ami quelconque. Il serra les dents, maudissant les Ymbrynes et leur idée saugrenue de ne conserver qu'une boucle. Les disparitions étaient trop dures, il ne faisait que tomber en miettes, un peu plus chaque jour. Pour quid qui comme lui, ne faisait que ressasser le passé, se montrant incapable d'évolution, la perte était la pire chose qui puis lui arriver.

Un nouveau bruissement dans son dos, et il se retourna cette fois pour sonder l'obscurité ambiante, son poing serré plaqué contre son corps. Il n'était d'humeur à aucune plaisanterie, et le sifflement d'une bombe au loin provoqua en lui un frisson qui parcouru insidieusement son échine. Faisant quelques pas en arrière, il se tint dans le halo de lumière prodigué par une lampe posée tantôt. Il n'était pas sans savoir, d'expérience, que certains particuliers ici avaient des pouvoirs pouvant être dévastateurs, et s'il doutait un jour revoir un monstre issu d'un cauchemar, il se demandait s'il n'y avait pas pire se profilant dans l'ombre. Du coin de l’œil, un mouvement attira finalement son attention, et se fut bien sans qu'il ne se contrôla que son pouvoir, exacerbé par la peur, se déclancha pour aller violemment heurter ce qui se tenait hors de son champ de vision. Darren resta un instant interdit. Une... Une ombre ? Était-ce vraiment une ombre, qui, indépendante de son porteur, se tenait la tête dans des mouvements de balancement dus au choc ? Venait-il vraiment d'assommer... une ombre ? Il secoua légèrement la tête, incrédule avant que ne se rapporte à souvenir une conversation qu'il avait entendue dans les couloirs du manoir. Il y avait parmi eux, un particulier dont l'ombre se déplaçait volontiers seule. Quel était son nom ? Il n'était pas capable de s'en souvenir, pourtant, il se rappelait aisément que cette conversation était porté sur une certaine chambre, dont un des badaud avait vu une ombre seule s'échapper, déplorant que son propriétaire ne soit pas en mesure de la conserver avec lui. Il reporta un instant son regard sur l'ombre, qui semblait plus mal en point que ce qu'elle aurait dû l'être.

- Désolé, je ne voulais pas taper si fort. Dit-il en se demandant si elle l'entendait. Suis moi, on va te ramener à ton propriétaire, hm ? Cela te fera sans doute du bien...

Darren fit un pas, et à sa grande surprise, l'ombre chancelante le lui emboita, il avait réellement songé que cela serait plus compliqué. Il haussa ainsi les épaules, il n'y avait, dans ce monde, plus aucune surprise capable de le déstabiliser longtemps, ainsi, il rebroussa chemin, afin de se rendre jusqu'à cette chambre dont il avait entendu parler. Frappant à la porte de cette dernière, il attendit en silence, jetant quelques coups d'oeil à l'ombre dans l'inquiétude que cette dernière ne décide de filer. Lorsque la porte s'ouvrit, il regretta instantanément ses pensées précédentes. Plus aucune surprise n'était capable de le déstabiliser sur le long terme n'est-ce pas ? Cette apparition dans le cadre de la porte venait prouver le contraire, et s'il n'avait su se tenir, il aurait probablement imité ces gens étranges sifflant qu'il avait pu croiser en deux mille seize. C'était que le garçon devant lui réunissait tout ce qui lui plaisait chez un homme. Des cheveux foncés, une mâchoire saillante, un corps fin mais bien fait, rien que cette ombre n'aurait présagé, la maudite.

- Je... Excusez-moi, il est tard mais.. Il me semble que j'ai trouvé quelque chose vous appartenant, si je ne m'abuse. Il désigna l'ombre toujours chancelante. Pardonnez moi, je crains ne l'avoir légèrement amochée, elle m'a surpris, je l'ai frappée je... Excusez.

La deuxième demande de pardon avait été formulée précipitamment, après qu'il se soit surpris à regarder le jeune homme (qui n'était peut-être pas si jeune) avec une insistance déplacée, et une légère teinte rouge s'était installée sur ses joues d'ivoire...



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Bartholomew L. Hodgkin
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MessageSujet: Re: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Mar 2 Jan - 18:15

Never taken one, but I'm taking my last chance
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Portée disparue depuis une semaine, à nouveau. Les cents pas. Tu tournes et retournes dans l’étroite chambre peu éclairée. Tu te fais un sang d’encre. Elle est inconsciente. Elle ne pense pas à toi. Elle n’a pas idée de ce que tu peux ressentir. Les pas s’arrêtent. As-tu seulement la moindre idée de ce que tu peux en effet ressentir ? Quelque chose qui s’apparente à de la… Crainte, peut-être, rehaussée par ce qui semble être de la… Colère ? Le corps s’arrête, l’esprit s’agite. Comment mettre les mots sur ces picotements dans tous les membres ? Impossible de se calmer, le corps entier est projeté par les émotions innommables. Elles sont trop nombreuses. L’âge ne t’a enseigner le moindre moyen de définir les sentiments. Ils restent de mystérieuses vagues qui envahissent l’enveloppe charnelle, qui lui donnent vie. Elle te manquerait presque, cette ombre, qui n’a jamais été rattachée à toi d’une quelconque façon qui soit. Elle t’a toujours surpassée. Elle a toujours vécu indépendamment. Tu n’étais que l’esquisse d’un chef-d’oeuvre en négatif. Oh non, toi tu n’as aucun mérite. La foule ne saurait t’applaudir, tu refuses poliment leurs félicitations. Non, tu n’y es pour rien. L’ombre elle seule a su se forger, tandis que toi, corps humain trop frêle, façonné par les années qui ne s’écoulent plus. Etrange que l’ombre n’ait pas perdu de son intensité au fil du temps. Elle aurait pu, au rythme des années, perdre de sa couleur, se vêtir d’un camaïeu de gris plus clairs. Elle a préféré conserver cette robe d’un noir de jais, qui la rend attrayante, reflet abyssal d’une figure éphémère. Conservera-t-elle sa vigueur une fois l’hôte éteint ? Parviendra-t-elle encore dans l’obscurité a conservé sa lumière ?

Etrange chose que de vivre sans projection de soi à offrir au monde. Tu oublies parfois que tu es en réalité un être de chair et d’os et non pas une simple hallucination, non pas une simple voix qui s’auto-alimente et qui happe parfois autrui. Bonsoir ! La voix résonne. As-tu rêvé ou as-tu véritablement ouvert la bouche pour laisser s’échapper ce mot ? L’esprit est embrouillé. La fatigue empêche la raison d’agir. Lointaine, elle laisse au corps le soin d’appréhender le réel. L’ouï est peu efficace, bien trop habituée aux vibrations du silence. Bonsoir, bonsoir, bonjooooour !La voix résonne dans l’espace. Les mots s’échappent des lèvres et viennent frapper les tympans. S’entendre parler n’est malheureusement pas un privilège octroyés aux hommes. Parait-il que le futur a déterminé que la voix que l’on entend dans sa tête n’est pas celle qui est reçue par les autres. Etude intéressante à mener, plus tard. L’esprit s’assombrit, s’embrume. Incapable de se concentrer sur quelque chose. Il faut la retrouver, elle doit te revenir. Elle n’a pas le droit de fuir à jamais.

Les cents pas, les gauloises s’enfilent. La fatigue s’empare des membres. Le temps ne passe pas. Pourquoi n’avance-t-il pas ? Pourquoi ne défile-t-il pas ? Le ciel ne change pas, lui non plus. Toujours cette grisaille. Allongé désormais sur le lit, inerte, tu te contentes de fixer le plafond, observant les courbes de la fumée s’élever. Au moins quelque chose d’animé. Tu en viens à douter de ta propre existence, à nouveau. Le corps entier est plongé dans une profonde léthargie. Les bras, les jambes sont lourdes et s’enfoncent dans le matelas. A tout instant, ils brisent le lit et dévalent les étages, enclumes possiblement responsables du naufrage du navire. Les paupières combattent la fatigue. L’ombre est touchée. La sentence tombe. Elle achève le poids du corps et l’entraîne jusqu’aux abysses. L’esprit, délirant, abandonne le navire. Vague idée de ce qui se passe, mais les pensées sont embrumées. Impossible de se concentrer. La clope glisse des doigts et vient s’échouer au sol. Le feu. La chambre va-t-elle partir en fumée ? Quel autodafé spectaculaire serait-ce ! Tu apprécierais un tel spectacle. Tu ne doutes pas de ton rôle de spectateur et de participant actif. Tu imagines la chaleur du feu mordre la peau et l’odeur qui s’élève du bois qui brûle. L’Enfer sur Terre. Analogie étrange. Tu secoues la tête.

T’as l’impression que ton corps entier est cloué à ce lit bien trop étroit. Les draps sont blancs et froissés, rapidement jetés sur le lit et écrasés sous le poids du corps échoué. La nuit a été longue, pleine de rêves étranges aux acteurs divers et tout aussi peu ordinaires. Peut-être l’un d’eux va-t-il passer le pas de la porte. Le regard se pose sur celle-ci et commence le compte à rebours. Dix...Neuf...Huit….Voudrais-tu seulement en voir un ? Ils t’ont pourchassé en rêve, munis de drôles de fusils… Sept… Six… Cinq… L’estomac gronde. Il réclame son café du matin. L’esprit en aurait tout aussi besoin. Quatre...Trois… Deux… Le souffle se coupe, les yeux se ferment, passifs dans l’attente des coups fatidiques. Ils vont arriver. Te bondir dessus, arracher ta poitrine, dévorer ton coeur. Et tu serais bien incapable de te défendre. Ton corps t’as lâché. La garce, quand elle va rentrer, elle va m’entendre ! Un… Mais rien. L’étonnement général te saisit. Tu étais si… Si certain. Si sûr de toi. Tu sentais pourtant que quelque chose allait arriver. Mais rien. Le manoir tout entier est enveloppé d’un voile silencieux et il n’y a que la douce brise dansant avec l’ancienne battisse qui trouble l’harmonie du soir. Tu aurais aimé profiter de la tendre chaleur du matin mais tu ne saurais bouger. Les membres sont lourds, le moindre mouvement pénible, épuisant. Mais c’est surtout par peur. Oui, pourquoi tu bougerais de cette entre protectrice alors que tu l’attends ? Elle doit rentrer. C’est surement la peur, qui te cloue au lit. C’est surement elle qui s’éveille lorsque s’éloigne le reflet négatif. Un grognement s’échappe de tes lèvres serrées. La frustration. Ne ressentir qu’une immense vague de déception à son égard. Si seulement elle faisait attention…

Une voix, lointaine. Et soudain le sentiment d’être à nouveau doué d’un corps habile. Le torse nu se détache lentement des draps tièdes. Il se tourne en direction de la porte et tu retiens ton souffle. La garce est de retour. Un bon t’extirpe du lit et l’on toque à la porte. D’un geste vif, tu ouvres celle-ci, qui dévoile un jeune homme aux cheveux de feu, accompagné de l’Affreuse.

«  Je... Excusez-moi, il est tard mais.. Il me semble que j'ai trouvé quelque chose vous appartenant, si je ne m'abuse. Pardonnez moi, je crains ne l'avoir légèrement amochée, elle m'a surpris, je l'ai frappée je... Excusez. »

Tu gratifies le bellâtre d’un immense sourire avant de te tourner en direction de l’ombre. La pointant du doigt puis l’intérieur de la chambre, tu la fixes et lui hurles : « Plus jamais tu vas bouger de cette chambre ! Je me suis inquiété et là ! Là je pouvais plus bouger ! Et toi tu te barres en balade ! » La voix se fait menaçante. Tu reviens enfin à toi. Tu secoues la tête, et la langue se claque en désapprobation alors que, tête baissée, l’insaisissable pénètre chez vous. Ayant oublié pendant quelques secondes la présence de ton sauveur, tu poses à nouveau sur lui un regard curieux. Tu ne peux t’empêcher de détailler les traits de son visage. Être enfantin, terriblement adorable, maculé de taches de rousseur, dégageant une aura incroyablement chaleureuse. Tout ce feu. Un sourire dessiné sur les lèvres, tu laisses au jeune homme la possibilité de rentrer dans la chambre. « Venez, entrez, je vais vous offrir une tasse de … Thé ? Je suppose que c’est ce qu’aiment les … Britanniques ? Ma foi, je suis bien peu habitué aux codes de cette sotte époque » Un rire accompagne ses tendres paroles alors que, laissant derrière toi le jeune homme, tu vas t’afférer pour préparer cette fameuse tasse de thé. « Peut-être voudriez-vous un verre de vin, plutôt ? Ou une cigarette ? » L’ombre est tapie dans un coin, honteuse. Un regard désapprobateur. A peine revenue que sa seule présence, détachée de ton corps, t’es insupportable. Tu pourrais pas disparaître ?

« Excusez-moi, je n’ai même pas demandé votre nom. Je vous ai déjà vu. Enfin, je ne suis plus très sur, mais enfin, il me semble »,
mais cette chevelure de feu t’était familière. Un tel être ne pouvait décemment pas passer inaperçu. « Installez vous, prenez une chaise, asseyez vous sur le lit, je ne sais pas, faites comme chez vous ! Je vous dois bien ça. Elle fait n’importe quoi. Après je m’étonne d’être épuisé. Si elle n’allait pas traîner Dieu sait où ! » Mais seulement, Dieu lui-même pouvait-il être capable de la garder à l’oeil ? Surement, Dieu est très certainement doué d’une vue perçante. « J’espère qu’elle ne vous a pas causé trop d’ennuis », lances-tu à l’intention du jeune homme à l’air étrangement décontenancé. Tu es bien incapable de saisir l’étrangeté de ton comportement. En quelques instants, s’est déversé sur le pauvre inconnu un flot ininterrompus de paroles étranges, à l’anglais peu certain, appuyé par un fort accent étranger. Tu aurais presque honte de te présenter de la sorte, mais cette image est balayé d’un hochement de tête déterminé alors que tu te saisis de deux verres, une bouteille de vin sous le bras. « Merci, à nouveau. Vous êtes ce qu’on pourrait appeler, je crois, mon sauveur ! »  


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MessageSujet: Re: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Mar 2 Jan - 21:11

Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]



Dans un mouvement de recul presque animal, Darren fuit d'un pas mal assuré la soudaine ire de cet homme devant lui. Que n'avait-il pas fait, que de se constituer bon samaritain ? Lui, pourtant habitué à fuir tout contact, dans un esprit chevaleresque déplacé n'avait eu mieux à faire que de décider de traîner derrière lui cette ombre qu'il avait assommée sans le vouloir. Avait-il seulement réellement fait cela ? Il avait certes pour habitude de ne se surprendre de rien, cependant la réaction de cet autre était sans nul doute la plus étrange qu'il lui ait été donné de constater depuis son entrée dans la boucle. L'espace d'un instant, il avait songé à tort que ce dernier levait la voix sur lui, et son corps s'était tendu dans une pulsion de pouvoir qu'il avait eu grand peine à retenir. Il n'autorisait rien ni personne à le traiter de la sorte, et encore moins un ingrat qui ne trouvait de mieux à faire que de lui reprocher d'avoir voulu se rendre utile. Cependant bientôt, la haine se précisa, et Darren se surprit à songer qu'il n'aurait que très peu apprécié être à la place de cette masse noire indisciplinée, pourtant maintenant prostrée devant son propriétaire. Il observa silencieusement la manège de l'ombre se glissant dans la chambre, tel un petit animal que l'on aurait puni. Il y avait là le reflet d'un enfant surpris à faire l'interdit, tête basse et cœur las. Il s'était alors curieusement redressé pour essayer de la suivre des yeux, elle lui faisait de la peine... Il fronça légèrement les sourcils pour lui-même. Que lui prenait-il à se montrer si sentimental pour un être qui n'avait rien de... Conscient ? Il pinça légèrement les lèvres, plongé dans des pensées obscures. Avait-elle une conscience? Il lui avait semblé que ce fut le cas, lorsque la pauvre s'était glissée dans la pièce qui l'avait absorbée de son obscurité. Mais se devait-il vraiment de la prendre en pitié ? Il n'avait en aucune façon conscience de ce que le jeune homme devant lui pouvait vivre en la compagnie d'une telle... chose ? Était-ce son ombre seulement ? Un instant, il scruta les alentours des pieds de cet autre, constatant l'absence de ce miroir obscur. Il lui prit une peur idiote que la sienne n'ait décidé d'aller faire un tour et il se retourna, et fut bien plus soulagé que ce qu'il aurait dû l'être en constatant que la sienne était toujours solidement rattaché à son corps. Reportant son attention sur l'autre, qu'il avait eu le malheur de trouver séduisant l'espace d'un instant, avant que ce dernier n'entre dans une colère dont il n'était pas en mesure de saisir la source exacte. Entrer ? Il eut un léger mouvement d'hésitation, lançant un regard inquiet alentours. N'était-il pas en train de se jeter dans une aventure dans laquelle il allait sans doute perdre pieds.

Certainement.

Il eut alors un léger sourire en retour, bien que légèrement gêné. Il trouvait dans cette voix au fort accent, quelque chose de familier. Il y avait là, cet air mélodieux des enfants de familles perdues, ces enfants abandonnés par le luxe et le bienêtre. Ils avaient, vraisemblablement, des origines similaires. Il n'aurait jugé cet autre provenant de la même époque que la sienne, cependant, il devinait une âme errante, peut-être l'était-elle seulement par force de la vie, par la force des boucles et de leur constant ennui. Peut-être bien oui, mais quand bien même, il n'en avait réellement cure. Il désirait, pour une fois, tromper l'ennui d'une manière différente. Il voulait parler, même à un inconnu, surtout à un inconnu à vrai dire. Il voulait quelqu'un de plus dans sa vie, pour combler le vide profond qu'avaient laissé toutes ces âmes errantes qui n'étaient plus que de vastes souvenirs. De ses aimés ne restaient que l'ombre, un reflet flou dont il ne pouvait dessiner les contours, qui lui glissaient entre les doigts sans qu'il ne puisse rien y faire. Alors pourquoi pas un thé ? Britannique oui, il l'était, et pour compléter les clichés qu'il entendait depuis plus d'un siècle maintenant, oui, il était friand de thé. De thés en toutes sortes, bien entendu mais surtout de thé vert bien trop infusé. Il aimait le goût âpre, la sensation sur la langue, la... oh, proposait-il maintenant de l'alcool ? Darren se fit la réflexion stupide qu'ils allaient sans doute s'entendre, si l'ivresse prenait le dessus, et sans doute se rendrait-il ridicule comme il avait si bien su le faire par le passé, et ce à de nombreuses reprises.

Il ne fit néanmoins pas de pas dans la chambre de l'inconnu, préférant y jeter un regard intrigué. Cette dernière était semblable à la sienne, obscure, et envahie par la fumée, l'air n'y était probablement plus respirable pour tout non fumeur, lui, il sentait ici l'essence même de la vie, bien que cela empestât la mort selon le point de vue selon lequel on se plaçait. Il porta un instant son attention sur ses mains quelque peu tremblantes, il aurait dû, pourtant, à son âge avancé malgré les apparences, être libéré de ces craintes étranges qu'il pouvait ressentir en présence d'un inconnu. Sa manière de parler, désirant correspondre à des codes ne lui appartenant visiblement pas, le mettait plus mal à l'aise encore. Il aurait préféré qu'ils se rencontrent dans un monde plus moderne, peut-être aurait-il eu le courage de se montrer avenant comme il savait l'être lorsqu'il était détendu. Il était, ici comme partout ailleurs qu'en deux mille seize, beaucoup trop préoccupé par le moindre de ses geste, habitude qu'il avait prise en tâchant encore et encore de toujours répondre aux attentes des Ymbrynes de son ancienne boucle. Ces mêmes qui avaient récompensé ses efforts, leurs efforts conjugués, en les poignardant dans le dos. Dans un haussement d'épaules, il passa donc la porte, refermant cette dernière après son passage.

- Je prendrais volontiers un verre, même si j'aime le thé, en effet. Il sourit en coin, bien trop timide qu'il était devant la beauté de cet homme qu'il jalousait déjà en secret. Qu'était-il permit d'être si beau sans rien faire pour ? Avez-vous... quelque chose de plus fort ? Il haussa les épaules. Si vous n'êtes pas habitué aux codes, alors laissons les de côté, voulez-vous ? Il sortit ses cigarettes de sa poche. Et ne vous faites pas de souci pour ça, j'ai ce qu'il me faut. Il s'en alluma une, recrachant un nuage opaque de fumée.

Il écouta ensuite ce que cet autre avait à dire, profitant de la pénombre pour le détailler un peu mieux, honteux qu'il était que son regard soit surpris, il avait un semblant de réconfort dans l'obscurité, bien qu'il eut conscience qu'il n'y avait nulle différence. Il fronça les sourcils en entendant cette voix percer le silence de la salle. S'étaient-ils déjà vus quelque part ? Il n'en avait le souvenir, et un tel visage n'aurait su sortir de son esprit, il en avait la certitude la plus profonde. Il regarda ensuite l'ombre en inclinant légèrement la tête sur le côté. Cette dernière n'avait de cesse de lui faire de la peine, bien qu'elle soit visiblement fautive de ce qui lui arrivait. Ainsi, plutôt que d'aller s'asseoir comme son hôte l'invitait à le faire, il alla s'accroupir devant la tâche noire, qu'il observa avec une tendresse dont seul lui était capable, la tendresse d'un enfant découvrant.

- Darren. Répondit-il sobrement. Je préfère qu'on n'utilise pas mon nom de famille. Je le tiens de quelqu'un peu recommandable. Il tendit la main, comme s'il avait cherché à apprivoiser cette ombre. Et toi ? Le tutoiement lui avait échappé, et il ne prit même pas la peine de s'en formaliser. Leurs cœurs étaient proches, il en était maintenant persuadé. Elle ne m'a pas causé beaucoup d'ennuis, je crains lui en avoir causé bien plus. Est-ce qu'elle ressent la douleur ? Il releva les yeux vers l'inconnu, un air coupable au fond des yeux. Tu ne la contrôles pas du tout ? Il semblait pour le moins perplexe. Ce doit être... Perturbant.

Il essaya, l'espace d'un instant de se figurer ce que cela pouvait faire, de ne pas avoir d'ombre. Il se souvenait des heures admiratives qu'il avait passées à observer l'ombre d'une mère qu'il détestait pourtant, simplement car cette dernière évoluait dans plusieurs dimensions, se déployant sur la toile du chapiteau, alors que sa génitrice, l'ingrate, n'évoluait que dans les airs en se prenant pour un ange qu'elle n'aurait jamais pu être. Son âme aurait été trop noire. Son attention se reporta sur l'ombre, pour que cet autre n'ait pas à voir les fantômes de son passé danser dans ses yeux verts, virevolter au rythme des tambours, n'ayant pour eux que la beauté de leur talent, car leur bonté, elle n'était qu'absence.

Il ne put néanmoins retenir un rire presque vain lorsque le jeune homme reprit la parole. Un sauveur ? Il se serait définit par tous les noms bien volontiers, sauf ce dernier. Il n'avait rien de cela, ce n'était pas car il avait eu un instant de bonté qu'il devait accepter des louanges qu'il ne méritait aucunement. Il n'avait été que victime, ou bourreau selon les moments de sa vie, il n'allait certainement pas prendre un tel compliment pour acquis.

- Je t'en prie. Je n'ai rien d'un sauveur, c'était un moment de faiblesse voilà tout. Dit-il avec un léger sourire en coin sarcastique. J'aurais aimé l'être mais enfin, ça ne me va pas du tout. Il soupira en se relevant, allant cette fois prendre place sur une chaise, croisant les jambes dans une élégance qu'il tenait du cirque. Du coup... Elle s'enfuit souvent comme ça on dirait ? Il désigna l'ombre du menton. Est-ce qu'elle a une capacité autre que celle d'être pénible ? Ou est-ce qu'elle me ressemble plus que ce que je voudrais ?

Il eut un léger rire, s'il voulait se montrer sociable, il ne connaissait qu'une manière, et c'était avec de l'humour, qui pourtant, lui faisait cruellement défaut depuis des lustres. Il touchait parfois certains publiques, de sa langue acerbe qui n'avait de honte quelle que soit la situation. Il était doté d'un humour grinçant, dont il ne connaissait même pas la source, ne se souvenant même pas avoir entendu une seule fois le rire de sa mère. Ou si, bien sur, il l'avait entendu, ce rire faux qu'elle servait à de potentiels prétendants dans le but de leur faire plaisir, en vue de se faire plaisir. Il ferma les yeux un instant seulement, essayant tant bien que mal de chasser de son esprit ces pensées qui n'avaient de cesse de venir le hanter. Il releva les yeux vers son hôte, et eut bien malgré lui un léger sourire. Il avait lui aussi dans les yeux ce quelque chose trop blessé, ce quelque chose trop brisé qu'il avait pu voir chez certains, qu'il avait pu observer à de nombreuses reprises, dans le reflet de son miroir. Ils avaient sans doute beaucoup à partager, et partageraient sans nulle doute tellement peu...


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MessageSujet: Re: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Jeu 4 Jan - 23:07

Never taken one, but I'm taking my last chance
Bartholomew & Darren

Cette rencontre surprenante eut pour effet immédiat un regain d’énergie. Le corps frêle qui était le tien était désormais revigoré, fort d’une vigueur retrouvée. L’ombre était de retour à tes côtés, il n’y avait plus rien à craindre de ce côté là. La fuyarde était recroquevillée dans le coin de la chambre, tête baissée, ratatinée sur elle-même, tel un enfant prit sur le fait. Elle n’osait déplacer sa sombre carcasse d’un centimètre, et si elle s’y risquait, lui était adressé un regard accusateur, dont tu te vantais d’avoir le secret. Punie, l’insaisissable faisait bande à part, te laissant le loisir d’accueillir le sauveteur. Elle n’aurait osé s’interpeler, bien qu’elle semblait tendre en direction du jeune homme roux. Elle semblait attirée par celui-ci, cherchant refuge dans son regard attendrit. Mais tu n’y prêtais pas attention, fasciné par le visage angélique de l’inconnu. Oh bien sûr, on pouvait aisément lire la surprise sur les traits de celui-ci, et peut-être même une once d’intérêt revendiqué. Non, il avait quelque chose dans le regard qui te décontenançait. S’harmonisait dans les yeux du rouquin différentes émotions, que tu étais bien incapable de saisir, d’entendre. Elles étaient si nombreuses, si entremêlées, qu’elles ne te laissaient qu’une vague impression de vie. Le regard de l’Inconnu promettait un amoncellement de mystères, vers lesquels tu tendais, ouvrant ton antre à l’individu et dont l’élucidation se rapprochait, la bouteille de vin flanquée sous le bras.

Il était délicieux. Tant au regard, que tu laissais danser sur la moindre parcelle de son corps que dans ses paroles. Oh, monsieur prendrait volontiers du thé. La chose que l’on nomme cliché était donc vérifiée. Ton sourire fit échos au sien alors qu’il fit la demande d’un alcool plus fort. Une grimace sur le visage, le corps s’ouvre en direction d’un petit meuble en bois, dont la porte avait été négligemment refermée. S’y alignaient derrière quelques bouteilles, de vin, en grande partie, mais aussi de rhum, ou encore de whisky. Ces dernières étaient loin d’êtres tes favorites. Non, trop amères, peu sucrées, mais promesses d’une ivresse immédiate. La main se tend, saisit la bouteille de whisky et l’agite devant le jeune homme. « Soyons fous ! Personne ne viendra nous demander des comptes si nous nous enivrons quelque peu ! » Mais la mesure n’était pas de mise, et ne l’avait jamais été chez toi. Incapable de poser des limites, ou sans cesse repoussées. L’inconnu n’en souhaitait guère. Il voulait envoyer valser les codes nécessaires à la bonne vie en société. Le pauvre ne risquait pas d’être déçu. Cette réflexion t’arracha un rire, camouflé derrière les verres tenus dans la main. « Très bien, soyons ivres, oublions les bienséances, elles nous font du tord, vous ne trouvez pas ? Toutes ses… Ses règles à comprendre, à prendre en compte lorsqu’on est entouré... » La tête se secoue, désapprobatrice, la langue, elle, claque. L’esprit est envahi d’un sentiment étrange de confort. Il n’y a plus le voile habituel, enfilé en société, le charme de l’illusion.

Mais cet homme, ce Darren, ne souhaitait tout simplement pas être confronté à cet étrange manège. Sa main se tend et d’un geste maladroit, tu manques de faire tomber un verre pour t’en saisir. « Bartholomew, enchanté, Darren... » Le nom glisse sur la langue, s’échappe des lèvres dans un murmure. Le nom est tout aussi savoureux que le propriétaire. Tu poses les verres sur une petite table, y verse le précieux liquide et en tend un à l’invité. « Non, elle, elle ne ressent rien. Enfin, je n’en sais rien à vrai dire, je ne lui ai jamais posé la question. » Le regard se porte sur l’ombre qui, soudain au centre de l’attention, s’est avancée, ses contours plus saillants à la lumière. Tu lui esquisses un sourire, mais elle détourne le regard, boudeuse. C’est ça, fais donc la gueule, ça te vas bien. « C’est moi qui prend les coups pour elle. Et si elle s’éloigne et qu’il lui arrive quelque chose… Enfin, je suis encore en vie, je crois. » Un léger rire s’évapore des lèvres resserrées autour du verre. Le précieux alcool glisse dans la gorge et réchauffe doucement le corps mince. « Elle est très indépendante. Elle est née avant moi, parait-il », lâches-tu en haussant les épaules. « C’est assez courant dans ma famille. C’est une sorte de… Malédiction ? (Les mots se cherchent, une main se porte à la tête, aide peu utile pour faire échapper quelques mots) Mais nous y sommes accoutumés. Nous continuons à agir en prenant en compte ces étrangetés. » Tu étais quelque peu déçu que le jeune Darren fut plus intéressé par l’ombre que par toi, son propriétaire. Mais il en était souvent ainsi. Tu vivais dans l’ombre de ton propre reflet. Elle évinçait chez tout-un-chacun l’intérêt qui pourrait t’être adressé. Soudain recroquevillé, le corps s’enveloppe autour du verre. Une once de courage, enfin ! La vie n’est pas un fardeau, pour chaque être vivant. Et pourtant, respirer devient ici pénible, le souffle est coupé. L’ombre, l’insaisissable, n’est autre que ce qui t’assure ton identité, ta particularité. Sans elle, tu n’es rien, avec elle, c’est indivisible que tu évolues sur terre.

Un léger sourire. Un moment de faiblesse. Qu’entendait-il par là ? Pouvait-on être faible de façon éphémère ? Etait-ce seulement possible ? Dieu avait-il déjà été faible ? L’esprit divague, le regard plongé en direction de la surface plane du liquide brunâtre. Tu étais bien incapable d’y apercevoir ton reflet. Existes-tu ? La tête se secoue à nouveau, surpris dans tes propres réflexions par la voix de Darren.  « Ne sois pas humble. Tu l’as ramené à moi, ce n’est pas une mince affaire. Et tu t’y es intéressé, ça non plus ce n’est pas évident. » Et tu étais bien placé pour le savoir. Tu ne t’y intéressais que très peu. Elle vivait sa vie, indépendante de la tienne, et rien ne pouvait te convenir mieux que cela. Tu l’observes, se lever avec une certaine élégance, s’installer sur une chaise, croiser les jambes. Tu l’envies à nouveau. Il contrôle son corps et les mouvements de celui-ci. Il en joue, même si ceci n’est qu’une simple sensation, qui vient à caresser l’échine du cou. Tu ne saisis pas l’ironie dont il fait preuve, mais tu devines l’humour derrière ses paroles et y répond par un rire sonore. « Oh elle a cette fâcheuse tendance à disparaître. Elle est très têtue et refuse souvent de revenir lorsque je le lui demande. » L’ombre s’agite. « Elle ne peut pas faire plus qu’une simple ombre. Elle possède juste son propre caractère, et lequel ! » Ton regard se pose à nouveau sur celle-ci et tu lui accordes un léger sourire. « Mais je suis sur que tu es bien plus agréable qu’elle. Elle est farceuse. Mais je pense qu’au fond, elle m’apprécie. » L’ombre ne réagit pas, surement trop timide pour gratifier son propriétaire d’un geste positif. Non, elle se contentait de se tenir là, dans un coin de la pièce, trépignant d’impatience. « Allez, vas-y, repars, je vois bien que tu t’ennuies. » L’ombre fit un pas en avant et fila à travers la porte, te laissant seul avec le sauveur, dont l’objet secouru venait de prendre la fuite. « Elle reviendra. Elle sait que si elle ne le fait pas, elle passera un sale moment. »

Le regard se détourne à nouveau sur le verre, qui petit à petit, se vide. La main libre vient saisir une cigarette dans la poche. Coincée entre les lèvres, tu viens l’allumer d’un geste rapide. « Alors, en quoi es-tu différent de cette vieille ombre ? » Tu étais curieux de savoir qui il était, de comprendre ces sentiments contraires qui s’ébattaient dans son regard. Peut-être pouvait-il te donner les clés pour le saisir. « Et je suis certain que tu es un ange, comparé à elle. » Il fallait manier les compliments avec précautions, car enfin, tu n’étais pas très doué pour ceux-ci. Tu n’en saisissais pas la complexité, l’étendue, le pouvoir qu’ils pouvaient avoir. Tu sentais glisser sur les lèvres la douceur qu’ils inspirent. « Quel est ta particularité? Qu'est ce qui te rend vivant ? » La question était radicale, lancée avec impatience et curiosité. La particularité des autres étaient l’assurance de leur vie. Et c’est ce que tu voulais retrouver chez ceux qui croisaient to chemin. Ce qui était à l’essence même de leur vie, ce qui les animait. Et Darren semblait être un individu à l’intérieur duquel se cachait un orage, grondant, vrombissant, tonitruant. Son visage était le théâtre de tant d’émotions, et celles-ci prenaient vie devant ton regard curieux.  


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Darren Flanagan
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MessageSujet: Re: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Sam 6 Jan - 11:55

Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]



Darren eut un léger sourire pour le jeune homme lorsque ce dernier lui dit que personne ne viendrait leur demander des comptes s'ils s’enivraient quelque peu, retenant de justesse sa langue de formuler une phrase comme il savait si bien le faire, quelque chose sonnant comme un reproche à lui-même. Son esprit avait écrit quelques lignes disant que les seules personnes pouvant leur demander des comptes serait leurs consciences respectives, cependant il trouvait cela déplacé, un peu trop philosophique aussi, et quelque peu ennuyeux. Il ne put néanmoins pas retenir un léger rire lorsque le jeune homme continua son dialogue. Envoyer valser les règles et la bienséance n'est-ce pas ? Il était bien évident qu'ils ne se connaissaient pas en cet instant, car quiconque connaissait ne serait-ce qu'un peu Darren savait qu'il n'avait réellement cure de ce que les autres nommaient la bienséance. Il n'avait eu de respect que pour les Ymbrynes, auxquelles il n'épargnait cependant rien, et certainement pas son mauvais caractère et sa capacité à se montrer indomptable. Il était dans sa nature de ne pas se conformer à ce que l'on attendait de lui, et il trouvait en réalité plutôt amusant de voir la mine surprise se peindre sur le visage d'un inconnu qui l'entendait jurer comme un charretier en présence de Irinna ou d'autres plus puissants. Il n'avait pas été éduqué de la sorte, il fallait bien le dire. Comment l'aurait-il été, lorsque l'on savait qu'il s'était pour grande partie éduqué seul ? Sa mère n'avait jamais été présente dans ce qui l'avait constitué, outre pour l'entraînement. Elle n'avait rien de la mère aimante que d'aucun aimait imaginer, elle n'avait été qu'un échec, et elle avait fait un échec de plus en le mettant au monde. Darren n'inventait rien en se répétant ces mots, il les avait saisis, sans qu'elle ne le sache, au détour d'une conversation qu'elle avait eue avec le marionnettiste. Il s'en souvenait comme si cela avait été la veille, bien que cela soit survenu plus de cent ans dans le passé.

Cela dit, il n'était nul temps à la contemplation d'un passé révolu depuis plus d'un siècle, bientôt deux s'il ne s'abusait. Que le temps passait vite, et dans quel ennui. Il se demandait régulièrement ce qui le poussait à tenir, ce qui faisait qu'il se levait le matin. Cent ans de vie, c'était bien assez, bien trop, pour être honnête. Il était cependant attaché à ce simulacre de vie que les boucles offrait, bien qu'il déversât sa haine sur ces dernières tout son saoul. Il se demandait s'il n'allait pas, tôt ou tard, simplement sortir de la boucle, sortir de ses environs et s'asseoir dans un coin l'espace d'un instant, juste le temps que les années ne le rattrapent et que son corps ne se fasse poussière. Il était fatigué, un vieillard dans un corps jeune qui ne désirait plus grand chose, puisqu'il n'avait plus rien à espérer. La perte était trop grande, et s'il devait s'enivrer pour l'oublier, alors soit. Le nom parvint à ses oreilles. En était-ce un ?! Bartholomew, un prénom presque trop long pour ne pas être barbare, et certainement pas aussi aristocratique que ce qu'il pouvait sonner, au vue de l'attitude de son porteur. Darren récupéra sa main, puis un des verres qu'il leva légèrement avant de porter à ses lèvres. L'amertume du whisky vint caresser sa langue dans un léger tique des sourcils. Il aimait cette morsure, il ne lui fallait cependant qu'une gorgée pour la faire disparaître, il buvait ensuite le breuvage comme s'il s'était agit d'eau. Il écouta avec trop peu d'attention visible ce que le jeune homme lui disait, du moins, dans l'attitude, son attention portée sur l'ombre donnait l'impression que les mots ne parvenaient pas à son esprit. Il n'en était rien cependant, et il se raidit un peu, en comprenant que le champ de force qu'il avait généré contre l'ombre avait en réalité atteint son propriétaire. Un vent de culpabilité vint se faire hérisser les poils de sa nuque, dans un long frisson parcourant son échine. Non, il n'avait jamais voulu cela, et il comprenait un peu mieux maintenant, l'ire de Bartholomew pour cette dernière, lorsqu'elle était revenue, honteuse, à lui. La maudite pouvait se sentir coupable, et bouder tout son saoul, Darren n'avait pour elle plus qu'une pitié toute relative. Il s'était ainsi redressé, pour ausculter de son regard intrigué l'autre à ses côtés. Avait-il réellement prit ce coup qui était allé jusqu'à sonner une ombre ? Il n'en avait pourtant pas les séquelles, ni les traces sur le corps, du moins, pour le moment. Peut-être cela serait-il visible plus tard ? Peut-être jamais cela dit, Darren ne comprenait pas cette particularité, encore eut-il fallu qu'il ait plus d'informations sur cette dernière. Sur cette... malédiction ? Il reporta un instant son regard sur l'ombre qui semblait toujours boudeuse. Il lui trouvait bien trop de conscience, pour un être inconsistant, et cela l'intriguait tout autant que cela l'angoissait. Elle était donc héréditaire, il semblait, comme lui avait eu ses pouvoirs de parents qu'il n'avait jamais connus. Il aurait aimé, à n'en pas douter, probablement l'un d'entre eux l'aurait-il prit sous son aile ? L'Homme n'était pas si cruel que ce qu'il voulait bien le croire, et s'il se devait d'être honnête, il admettait que certains avaient bonne âme, cela ne l'empêchant pas de les haïr tous un peu plus chaque instant.

- Ce que tu ressens comme une malédiction n'en est peut-être pas tant une. Dit-il néanmoins en scrutant l'ombre. Peut-être a-t-elle une particularité que tu ne connais pas encore ? Vous avez l'air opposés... Avez-vous déjà essayé d'être alliés ? Il se racla soudainement la gorge. Pardon, je parle sans doute de choses qui ne me regardent pas. Il regarda de nouveau le jeune homme. Il paraît que mon don aussi est héréditaire, mais je n'ai jamais connu ma famille, je ne sais pas s'ils avaient exactement le même que le mien, ou un dérivé quelconque... Je n'ai connu que ma mère de ce côté de la famille, dépourvue de pouvoir. Elle imaginait sans doute ça comme un don inestimable. Il haussa les épaules. Elle m'en a voulu pour ce que j'étais, comme si j'avais demandé quoi que ce soit. Il eut un haussement d'épaules. J'ai finit à me faire à l'idée qu'elle était jalouse.

Il eut un léger sourire, portant une fois de plus son verre à ses lèvres, alors qu'il se rapprochait de cet autre qu'il devinait mal à l'aise. Avait-il fait quelque chose pour provoquer cela ? Il ne se rendait pas compte que l'attention qu'il portait à l'ombre pouvait peser sur les épaules de son propriétaire, il ne le connaissait pas encore assez pour le deviner. Il n'était non plus pas assez proches pour qu'il ose lui demander ce qui n'allait pas.

Il eut néanmoins un nouveau rire en prenant place non loin. Humble ? Non, il ne l'était pas, il était seulement honnête avec lui-même et avait conscience qu'il n'était pas ce qu'il aurait voulu être. Oh, qu'il aurait aimé être ce sauveur dont Bartholomew parlait, il aurait alors eu plus de courage, il se serait rebellé des années plus tôt, il n'aurait pas servi au Freak Show comme le lâche qu'il était. On le lui avait assez répété pour qu'il finisse par y croire. Il n'avait pas eu le choix, certes, cependant se rebeller était à la portée de toute âme forte, ce dont il était visiblement dépourvu. Il s'y était intéressé oui, mais c'était une curiosité malsaine plus que la réelle volonté d'aider, mêlée à l'envie de tromper l'ennui. Écoutant l'autre parler de l'ombre, il se fit néanmoins la réflexion qu'ils étaient plus proches que ce qu'il ne voulait avouer. Elle avait la fâcheuse tendance à disparaître, point commun qu'ils avaient. Elle refusait également de faire ce qu'on lui indiquait, chose qui lui ressemblait bien. Il eut un léger sourire en coin. Il se disait que le propriétaire de la maudite devait y être pour quelque chose, ne le connaissant pas, il avait déjà remarqué que ce dernier n'était pas de ceux qui se rendaient dociles sur demande. En somme, Darren se faisait la réflexion que l'ombre et Bartholomew devaient avoir bien plus de similitudes que ce que dernier n'aurait bien voulu l'avouer. Ils se ressemblaient un peu tous les trois, et l'avenir confirmeraient peut-être cette pensée qui venait d'effleurer son esprit.

- Je ne pense pas être quelqu'un de très agréable, mais je peux faire un effort, parfois. Il sourit, s'amusant lui-même avant de regarder l'ombre. Je suis certain qu'elle t'apprécie. Si ce n'était pas le cas, elle ne bouderait pas quand tu la rabroues, elle n'en aurait rien à faire. Elle a mauvais caractère comme moi, je pense que je peux comprendre en partie ce qu'il se passe dans sa tête, enfin... Il sembla réfléchir. Sa manière de réagir, même si elle n'est pas totalement consciente.

Darren regarda ensuite l'ombre s'enfuir par la porte, fronçant les sourcils. S'était-il donné tant de mal pour la ramener, qu'elle obtint le droit de fuir de nouveau. Alors ils restaient seuls tous les deux maintenant ? Cela n'était pas réellement pour lui déplaire, il avait conscience que l'ombre accaparait son attention, et maintenant qu'il reportait le regard sur Bartholomew, il se fit de nouveau la réflexion qu'il était dans l'antre d'un adonis. Un magnifique jeune homme, qui ne manquait pas de lui plaire, et qui ne manquait pas non plus de se tromper tout du long. Darren eut un long soupir, alors qu'il vidait son verre d'un trait, reprenant la bouteille sans demander l'avis de l'autre, se servant un verre bien trop chargé. Sa particularité était en effet ce qui le tenait en vie, mais quelle vie. Il vivotait, il n'appréciait rien, rien d'autre que les moments à lire qu'il passait avec Thaddeus, qui étaient bien trop peu courants à son goût. Mais aussi, il craignait d'ennuyer l'autour, que ce dernier finisse par se lasser de lui. Il était tout ce qui lui restait, il ne pouvait pas se permettre de le laisser se détourner de lui, non, il n'aurait pas le courage de continuer ce simulacre de vie si cela advenait.

- Je suis loin d'être un ange. Dit-il cependant pour répondre à sa réflexion. Je suis pas très différent, je crois que je le suis seulement physiquement, parce que j'ai plus de consistance mais enfin... Il soupira en se passant une main dans les cheveux. Je suis pas très intéressant, je pense que la seule chose que j'ai réellement en plus, c'est la parole, et encore, il faudrait que j'apprenne à me taire, le plus possible, j'ai la fâcheuse tendance à réussir à mettre les gens mal à l'aise, parce que je fais jamais attention à rien. Il haussa les épaules. Mais tu sais... Il regarda son verre, faisant un peu tourner le liquide dedans. Ma particularité est pas aussi intéressante que la tienne, loin de là. Il but une gorgée de whisky. Je fais des champs de force. Pour illustrer son propos, il en créa un minuscule pour doucement pousser son verre sur la table. Je peux aussi en faire des plus gros mais ça me fatigue. Et ça fait mal, je crois avoir compris que tu en avais fait les frais ? Il baissa un peu les yeux. Excuse moi.

Il porta un regard un peu timide sur Bartholomew, s'empêchant d'être trop insistant en prenant une nouvelle gorgée de son verre. Il se sentait comme un intrus dans l'antre d'une bête. Il se sentait minuscule, devant la beauté démoniaque de cet autre qu'il venait de rencontrer. Il ne le connaissait pas, et pourtant, il le jalousait déjà. Qu'avaient donc ces autres, à tous avoir la particularité d'être parfaits de naissance, alors que lui n'avait rien de tout cela ? Il retint un soupir de dédain envers lui-même. Il se négligeait depuis des dizaines d'années maintenant, et il n'était pas encore rendu à s'arrêter.  

- Je parle trop... Dit-il finalement. Parle moi de toi, je t'écoute... Ce sera sans doute plus intéressant de toute manière...

Il haussa les épaules, essayant de plonger son regard dans celui de Bartholomew sans paraître trop admiratif devant ce dernier, il ne pouvait pas se permettre de une fois de plus, le mettre mal à l'aise. Il n'avait rien à dire lui, rien qui puisse être exprimé à quelqu'un qu'il connaissait à peine, ou du moins, pas tant que l'alcool n'avait pas eu sur lui, son effet libérateur.


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Bartholomew L. Hodgkin
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MessageSujet: Re: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Lun 8 Jan - 12:37

Never taken one, but I'm taking my last chance
Bartholomew & Darren

Les volutes de la gauloise s’évaporent. Le pouce est appuyé contre les lèvres et le regard détaille le jeune homme aux cheveux de feu. Il observe le moindre mouvement, n’en perd pas une miette. Refuse de le quitter des yeux. Cligner des yeux, impossible. Crainte de le voir s’évaporer, lui aussi. Crainte de se retrouver seul à nouveau. La gauloise se coince entre les lèvres et tu y tires longuement dessus avant de passer ta main libre dans les cheveux. Il semble attiré par l’ombre. Qui ne le serait pas ? Un tel phénomène est toujours surprenant, incroyable, même au coeur des boucles et des êtres particuliers. L’insolente était ce qu’il y avait de mieux en toi. Elle était ce qui te définissait, bien plus que ta propre personnalité. Derrière l’emprunte en négatif des traits de ton corps, se cachait certainement le reflet de ton identité. Mis à nu. Rendu visible aux yeux des autres. Darren lui-même semblait happé par celui-ci. Etait-il capable de lire les traits de l’ombre et d’en saisir les complexités, d’en déceler les secrets.

Elle ne serait pas une malédiction ? Le visage s’éclaire d’un sourire. L’inconnu était optimiste. Ses paroles sonnaient pourtant étrangement faux. Il ne savait pas. Il n’avait pas idée. Il n’avait pas vécu sans son ombre. Elle était encore fidèlement rattachée à lui, elle suivait ses mouvements, obéissait à ses ordres. Les sourcils se froncent. Le jeune homme essaye. Il tente de trouver des solutions, d’évaluer ta situation, d’en tirer des hypothèses. Douce attention. Légèrement irritante. Le corps se referme sur lui-même, la main porte le verre aux lèvres et laisse glisser le liquide brun dans la bouche. « Elle a toujours un train d’avance sur moi. C’est surement ça sa particularité. » Le regard se relève, une boule dans le ventre. La sensation d’avoir répondu trop vite. La tête se secoue, l’esprit se confond en excuses mais aucune ne traverse la barrière des lèvres. « Ma famille n’est jamais parvenue à trouver un lien harmonieux avec ses reflets. C’est une chose complexe que de vivre sans reflet. On a parfois l’impression de ne pas posséder de corps. Certains de mes semblables ne possèdent aucun reflet, qu’il s’agisse du retour donné par le miroir ou la surface de l’eau. De quoi rendre fou l’homme le plus sain d’esprit. » Un sourire derrière le verre porté à nouveau aux lèvres. Oh non, tu n’étais pas mieux que tous ses hurluberlus. Toi aussi, tu avais perdu l’esprit. Tu doutes l’avoir un jour possédé. Né sans esprit. Peut-être que l’ombre le possède. Peut-être n’existe pas d’autre esprit que celui du Saint patron des hommes. Mais l’animosité mobilisée par la particularité enviée, étudiée, s’estompe. Le regard de Darren est sombre, emplit d’une profonde tristesse. L’âme est tourmentée. Enfance difficile. L’envie soudaine de le protéger. De disparaître autour de lui. « Regrettes-tu d’être né avec une particularité ? » Le tact n’est pas ton fort. Les mots peuvent être tranchants, tu en conscience. Mais les paroles se déversent aisément et l’esprit accuse souvent le coup, associant les informations portées par les syllabes tricotées entre elles. « Excuses moi. C’était déplacé. » La tête se secoue. Pas doué pour les interactions sociales. Le mégot écrasé, le verre terminé, tu viens t’assoir sur une chaise, tirée doucement, sans quitter Darren des yeux.

Faire des efforts. Le sourire accompagne le rire fulgurant du jeune homme. Mèche de cheveux cachant le visage, repoussée derrière l’oreille. L’ombre t’appréciait. Tu en doutais. S’était installée depuis toujours une relation instable. Incertitudes partagées. Défis constant. Mas attachement certain. Incapable de résister au charme de l’informe. « Oh elle est consciente ! » Affirmation lancée avec plus d’entrain que souhaité. « On se comprend beaucoup. Elle est mon reflet, en négatif. » Le sourire aux lèvres. « J’ai conscience de partager bien plus avec elle qu’une simple forme physique. Elle le sait elle aussi. Je pense que c’est pour ça qu’elle cherche à me fuir. » Idées trop complexes à saisir, les yeux sont froncés, tu cherches à rassembler les divers concepts mobilisés. Introspection épuisante, mais nécessaire. Comprendre ce qui vous rapproche et ce qui vous éloigne. Les paroles se déversent des lèvres du jeune homme. Pendu à celles-ci, tu les accueilles, les analyses. « Tu ne m’as pas encore mis mal à l’aise. Et je doute que tu y parviennes. » Un léger sourire, le regard complice. Celui qui parviendrait à te mettre mal à l’aise n’était certainement pas né. Ou du moins, tu ne l’avais pas encore rencontré. Le jeune rouquin semblait plus proche de toi que tu ne l’aurais cru. Ses paroles faisaient échos à ta propre expérience, c’était certain. Mais tu avais la capacité de te taire, aussi aisément que pouvaient s’échapper un flot continu de paroles incompréhensibles. Tu n’avais pas envie qu’il cesse de s’exprimer à voix haute. Le son de sa voix était agréable et portait en elle une aussi grande chaleur que les cheveux du jeune homme. Il brûlait, âme incandescente.

Les lèvres s’ouvrent pour répondre mais se referment avec stupéfaction en voyant le verre bouger par la seule volonté de Darren. Ainsi il pouvait modifier les corps, les faire bouger ! Pouvait-il te déplacer avec une aussi grande facilité ? Fasciné, tu te rapproches, ne quittant désormais plus des yeux le verre enchanté. « C’est exceptionnel ! Tu ne t’en rends pas compte ! Tu peux influencer ce qui vit ! » Oh sa particularité s’avérait être bien plus fascinante que ta pauvre ombre ! Bien fait pour elle. Il fallait qu’elle arrête de se croire si importante. Blesser les autres ? Les paroles cheminent dans l’esprit. Il faut bien quelques minutes pour que tu en saisisses le sens. Le regard se relève en direction de Darren. « Oh non non ! Ne t’excuses pas ! Elle était déjà loin, j’étais déjà épuisé, je n’ai pas senti grand-chose. » L’éloignement avait atténué le choc. Les membres étaient encore engourdis mais un sourire flatta le jeune homme. « Ta particularité est captivante. J’aimerais pouvoir faire de telles choses ! » La main se tend et caresse rapidement la sienne, geste affectif, qui se veut rassurant. Les yeux de Darren sont encore pleins de cette tristesse latente, dissimulée derrière une attitude de marbre. Détourner l’attention. Le corps pivote, saisit la bouteille, verse une nouvelle dose dans le verre vide. Et d’une traite, est ingéré le liquide alcoolisé. La gorge brûle, et le visage est déformé par une grimace. Trop rapide. Mais ce regard se plonge dans le tien. Soudain saisit, incapable du moindre mouvement. Parler de toi. Sourire soudain timide . Que pouvais-tu bien dire qui pourrait être intéressant ? « Je … Je ne saurais quoi dire. » La lèvre est mordue, mal à l’aise. « Je ne suis pas si intéressant. L’ombre est surement ce qu’il existe de plus intéressant chez moi. » Nouveau sourire gêné, effacé par une gorgée d’alcool sifflée en quelques secondes. Il commence à faire effet. Les membres se dégourdissent, le chaos de l’esprit s’aligne peu à peu. Les mots sont frôlés du bout de la langue. Leur sens est encore incertain. « Je suis français, à l’origine. » Information simple mais clé pour saisir cet accent lascif qui traine sur la langue et caresse les lèvres. « Je viens de la boucle de 1914, en France. Je vis ici depuis que la boucle s’est formée. » La tête se hoche. Continuer à donner des détails. « Rien d’important. » Secousse de la tête, à nouveau. Le regard se baisse. L’esprit peine à rassembler les informations. La conversation se complexifie. « Je suis désolé, je ne suis pas très doué pour parler de moi. » Parler de toi reviendrait à avancer le doute d’une existence. Reconnaître la crainte de la vie et l’étreinte de la mort. La sensation de vivre dans un entre deux. Et la guerre. Les oreilles sifflent encore des coups de fusils, des hurlements. Un long soupir. Le corps s’enfonce dans la chaise. « Je suis surement mort à l’heure qu’il est. » Réflexion à voix haute, en français. Soufflée. Une seconde passe. Tu n’aurais surement pas du dire ça. La lèvre est à nouveau mordue. L’ombre est loin, tu ne peux t’y dissimuler derrière.


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MessageSujet: Re: Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]   Sam 13 Jan - 19:52

Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]



Darren leva un sourcil intrigué à ce que venait de dire le jeune homme près de lui. Aurait-il été plus sage de se taire? A n'en pas douter, il était vrai qu'il n'avait pas idée de ce que cela pouvait être, de ne pas avoir d'ombre, et sans le savoir, il ne pouvait s'en faire qu'une vague idée, sans doute fausse. Pourquoi avait-il fallu qu'il ouvre la bouche? Une fois encore, il aurait mieux fait de se terrer dans le mutisme qu'il exerçait habituellement, et qui lui allait si bien lorsqu'il lui arrivait de rencontrer une nouvelle personne. Que lui avait-il prit que d'essayer de réconforter cet autre qu'il ne connaissait même pas! Il était pourtant plus qu'évident qu'il allait faire une erreur, au moins un faux pas, quelque chose qui allait le mettre mal à l'aise tout en exerçant le même effet sur son hôte. Il plongea alors le regard dans son verre, se sentant presque coupable d'y voir se refleter furtivement un morceau de son visage. Il n'appréciait guère son reflet, cependant il ne s'imaginait pas vivre sans, bien qu'il eut connaissance de personnes qui auraient préféré ne pas le savoir. Il ne se considérait pas comme séduisant non, cependant, il appréciait le fait de savoir ce à quoi il ressemblait. Il comprenait mieux les regards des autres, grâce à ce fait... Il comprenait aussi d'ailleurs, pourquoi certains aimaient tout particulièrement s'auto-congratuler devant le miroir, reflet de la beauté qu'il avaient, comme d'autres les fuyaient farouchement. Il était plus proche de ces derniers, sans se penser repoussant pour autant, il n'était pas à l'aise avec sa propre apparence, et il fallait aussi dire que ses fréquentations ne l'y aidaient pas. Thaddeus était objectivement beau, il n'y avait pas d'autre mot pour le décrire. Un instant, son esprit vagabonda pour revoir les visages connus. Même ces fantômes qui poluaient son esprit étaient beaux, tous bien plus que lui. Un instant, il songea que même Twice avaient le mérite, tous deux, d'être plus beaux que lui, bien que leur condition physique ne soit pas réellement à leur avantage... Il les aimait comme ils étaient et cela n'était plus un problème pour lui depuis bien longtemps. Il se racla la gorge pour se ramener à la réalité, il s'en voulait d'être envieux, en plus de quoi, il savait bien que la plus part des personnes auxquelles il pensait auraient rit en lui disant qu'il était idiot... Sauf Roxoan, qui aurait sans doute fait le paon en acquiscant sur à quel point il pouvait être beau. Il leva les yeux vers son hôte et eut un léger soupir. Lui aussi, était d'une beauté rare, il se fit la réflexion stupide qu'il devait avoir un talent inné en ce qui concernait le fait de toujours adresser la parole à des êtres d'une beautré suppérieure, comme s'il était conçu de manière à toujours se sentir rabaissé, un peu plus encore à chaque fois. 

- J'aurais mieux fait de me taire. Dit-il finalement, peu habitué aux excuses, cela en était pourtant une. Je parle de ce que je ne connais pas. Il haussa les épaules. Disons que je mettrais ça sur le compte de l'alcool.

Sur ces mots, il but une nouvelle gorgée de son verre, tout en s'intimant de cesser. Il n'était pas réputé pour sa résistance à l'alcool, et s'il désirait s'enivrer au moins un peu pour briser ses barrières, il n'était pas non plus désireux de se montrer dans tout ce qu'il pouvait avoir de pathétique. Puis, cette question de Bartholomew vint heurter ses oreilles, et il fronça légèrement les sourcils. Est-ce qu'il regrettait d'être né avec sa particularité? En un sens, oui, car elle était la cause de presque tout ce qui lui était arrivé de mauvais dans sa vie... Cependant, d'un autre côté, sa particularité était aussi la responsable de tout ce qui lui était arrivé de bien. En somme, elle jouait admirablement bien la balance, et il n'aurait su tout lui reprocher, bien qu'il y eut beaucoup à dire. Il haussa néanmoins les épaules lorsque le jeune homme s'excusa, il n'aurait pu lui en tenir rigueur, ayant lui-même fait preuve de peu de tact peu avant. Il secoua alors la tête, comme en écho du mouvement de Bartholomew, et fit un peu tourner le liquide dans son verre, avant d'étirer légèrement ses jambes, qu'il replia abruptement lorsque son pied entra en contact avec la jambe de son hôte, un vive couleur rouge venant orner ses joues.

- Je... Non, pas vraiment. Dit-il pour répondre à sa question et pour détourner son attention de l'incident. Elle m'a apporté des ennuis, mais plein de bonnes choses aussi... Il sourit en coin. De belles rencontres aussi.

Il manqua de se frapper le front pour se punir, voilà que l'alcool le rendait légèrement plus ouvert, et il n'avait plus autant honte de dire que Bartholomew lui plaisait. Bien heureusement, ce dernier avait eu la bonne idée, à son insu, de lui demander quelle était sa particularité. Il inclina néanmoins la tête sur le côté, un sourcil levé. Il pouvait certes influencer sur ce qui vivait, cependant cela était de manière plutôt définitive. Il se posa un instant la question de la santé mentale de son interlocuteur, personne n'avait jamais désiré avoir sa particularité, du moins, pas quelqu'un qui n'avait pas de bonnes raisons de le faire. Cela dit, une fois encore, il ne savait pas encore assez au sujet de Bartholomew pour se permettre ce genre de réflexions, qu'il regretta instantanément. Il n'était pas en mesure de savoir à quel point l'ombre de ce dernier pouvait être un fardeau pour lui, et s'il comptait bien le découvrir, il n'en avait pour le moment, eu qu'un vague aperçu, peut-être trop même. Il secoua alors lentement la tête, pour répondre silencieusement à sa tirade. Non, sa particularité n'avait rien de fascinant, bien au contraire. Elle était simple à comprendre, simple à contourner aussi, il n'y avait aucun mystère dans cette dernière. Il générait des champs de force, voilà tout. Personne ne s'était jamais interrogé sur le sujet, pas qu'il le sache. Il n'avait pas des capacités intrigantes comme celle de Bartholomew, ni intéressante comme celle de Thaddeus, qui lui permettait de voler au dessus des hommes, ni comme Roxoan, qui se faufilait facilement grâce à cette dernière, ni comme Twice, qui leur permettait de toucher du doigt la normalité dont il étaient naturellement dépourvus. Où était la normalité cependant...? Darren secoua la tête. Voilà qu'il se mettait à philosopher, comme il avait pu le faire des heures durant, par le passé, en songeant à Aisling et sa prétendue monstruosité liée à son pouvoir incontrôlable. Ils avaient tous des pouvoirs plus intéressants, et une fois du plus, il n'était bon qu'à se comparer aux autres... Il préférait donc ne pas s'étendre sur le sujet, il n'avait ni le courage ni l'envie d'étaler ses états d'âme. 

Il préféra donc se concentrer sur ce que le jeune homme lui disait, et il fit une mine renfrognée lorsqu'il lui indiqua que son ombre était ce qu'il y avait de plus intéressant chez lui. Darren passait le plus clair de son temps à se rabaisser, sans même en avoir conscience, cependant il n'aimait pas lorsque les autres en faisaient de même, quand bien même il ne soit pas proche de la personne en question. Il mit ensuite un nom sur cet accent qu'il entendait, sa bouche formant un “oh” admiratif, comme si cela l'avait fait rêver. Il avait songé, à un moment, aller dans la boucle de Paris, cependant, il avait jugé ne pas avoir sa place dans la ville des amoureux, bien qu'il aurait pu sans doute, s'il en avait eu le courage, demander à Aisling de l'y accompagner, juste pour le simple plaisir de voir ses yeux s'illuminer et le sourire sur ses lèvres. Il s’efforça d'avaler la boule qui s'était formée dans sa gorge à l'image imposée à son esprit de la jeune femme. Mais enfin, la dernière phrase, qui fit monter le silence dans la pièce. Il n'avait pas compris ce que le jeune homme venait de dire, cependant, il n'en éprouvait pas le besoin, simplement parce que la position de son corps, ainsi que le soupir dans lequel ces mots avaient été prononcés lui suffisaient à comprendre qu'il n'y avait rien de joyeux là dedans. Il but alors un petite gorgée timide de son verre, essayant de se donner un semblant de contenance. Il convenait qu'il ouvrit la bouche n'est-ce pas? Il secoua un peu la tête pour dégager quelques mèches indisciplinées venues se coller à son front, près de ses yeux.

- Français, hm? Il sourit gentiment. J'avais pensé à aller en France, mais j'ai changé d'avis parce que je n'avais pas envie d'y être seul. Dit-il doucement. Je vois que c'est quand même quelque chose qui te pèse, de parler d'avant, tu sais, je suis comme toi... Il haussa les épaules. Mille neuf cent quatorze... Même moi qui suis un vieil ermite aigri, je sais ce que ça veut dire. Il sourit en coin, essayant de le faire sourire. Je ne te forcerais jamais à parler, mais tu sais, si jamais y a besoin... Il haussa les épaules, l'alcool avait un peu embrumé son esprit. Et tu as dit quoi? C'était plutôt joli. Il sembla réfléchir. Hey, tu m'apprendrais quelques mots de français? Il lui sourit de nouveau. J'aime bien savoir dire quelques mots dans d'autres langues... parfois. Il marqua une pause. Et en ce qui concerne ton ombre... Je ne te connais pas bien, mais je peux déjà te dire que tu es bien plus intéressant qu'elle pour deux raisons fondamentales : Tu parles, et tu es bien plus agréable à regarder.

Il essayait au moins. Oui, il essayait de faire en sorte que le jeune homme se sente mieux, que leur conversation ne tourne pas à la dépression, chose dans laquelle il se complaisait depuis bien trop longtemps pour que Bartholomew puisse être gagnant dans cette histoire.

- Je parle le vieil écossais... Je t'apprendrais si tu veux. Il lui jeta un petit coup d’œil, il essayait d'être encourageant. 
lumos maxima


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
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Never taken one, but I'm taking my last chance [Bartholomew]
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