I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)
 ::  :: Tenterden :: St Mildred's Church

Bartholomew L. Hodgkin
ombre vagabonde

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le corps n 'a pas d'ombre, elle n'est pas rattachée à celui-ci, indépendante.
☾☾ Bizarrerie :
chasseur d'ombres, armé d'un appareil photo, mitraillant tout reflet, s'appropriant toute reproduction d'un corps, emprisonnant l'image des autres
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âgé en apparence d'une vingtaine d'années, en réalité approximativement sur terre depuis une centaine d'années
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antiquaire, collectionneur des vieilles babioles et de celles du futur
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MessageSujet: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Lun 1 Jan - 22:13

I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines
Bartholomew &
Galahad

Tonitruants combats. Le son et l’odeur de la mort. Eveillé, tu te t’extirpes péniblement du matelas. Le corps frêle est en sueur. Un soupir, agacé de voir qu’une fois de plus tu t’éveilles seul dans cette triste chambre. L’ombre est encore en vadrouille. Elle semble s’épanouir depuis toutes ses années en ces lieux étrangers. Tu parlerais bien français aujourd’hui. La langage française te manque, c’est un creux dans l’estomac, constant, accompagné de l’irrésistible sentiment de non-appartenance. Tu es vivant. Un rapide coup d’oeil dans le miroir te donne l’occasion d’apercevoir le reflet d’un jeune homme à la chevelure longue ébouriffée, les traits tirés par le sommeil. Machinalement se place une main tremblante sur la joue creusée, caresse la barbe naissante. Se raser. Grognement. Tu te relèves, manques de tomber sur l’appareil, précieux appareil, posé au sol. Enfoiré ! Le juron raisonne. Il tourbillonne dans ton esprit, se décompose, adopte plusieurs accents, s’évapore selon différentes saveurs. L’ombre apparaît, dans le coin de la chambre, elle te salut, vaguement. Ouais, c’est ça salut. La main se lance en l’air, ultime signe adressé à l’insaisissable. Bonne journée à toi aussi. Elle ne répond pas, disparaît, avalée par la porte. Sale ingrate. La langue claque, la main recoiffe la chevelure indomptable. Au moins l’ombre n’a pas à subir cette terrible injure d’une coiffure instable. Etrange quand on vit dans un espace temps plus que stable. A toute heure se retrouve un évènement singulier. Aucune mésaventure. Dieu n’aurait surement jamais voulu d’une telle chose. A-t-il fondé la temporalité ? Vit-il seulement dans la vôtre ? Est-il exclu du temps ? Terrible malédiction ! Et toi qui trouves encore de quoi ruminer sur ta propre condition.

Le regard se croise dans le reflet. Un léger sourire et te voilà vêtu. Le sol est jonché de clichés. Enquête en cours. Cible identifiée. Un autre particulier. Nom d’usage inconnu. Originalité certaine. Âge inconnu. Sexe douteux. Etrange valse entre lui et toi. Intérêt partagé, tu n’en doutes pas. Tu as souvent perçu une présence, à tes côtés, ses derniers temps. Tu te sens observé. Mis à nu. Tu devrais ne ressentir qu’une immense colère à l’égard de cet être intrusif, mais comment pourrais-tu ? Tu agis de manière semblable. Savoir qui attrapera l’autre, qui saisira l’autre. Incapable de comprendre à quel point ce jeu t’amuse. Te rend vivant. Avoir le sentiment que ton destin peut basculer d’un instant à l’autre, cette impression dévorante de simplement attendre d’être cueillit par l’autre. C’est donc ça se sentir vivant ? Ce besoin sourd d’être reconnu par les semblables. L’enquête est pauvre, les sources rares. Il est bien trop rapide. Il agit dans l’ombre. Paradoxal. Impossible de saisir l’ironie de la chose. L’esprit embrumé, le regard se croise, encore. Tu as l’air épuisé, comme toujours. Puis se dessine un sourire. Complicité avec le reflet. Sentiment d’appartenance, de maîtrise. Si tu bouges, il bouge. Si tu disparais, il s’évapore. L’ombre elle, demeure. Mais lui, l’inconnu, possède un corps qui ne saurait demeurer. Il n’égale aucun métamorphe connu à ce jour. L’ombre capturée par les pellicules argentiques révèlent tantôt des courbes masculines et tantôt féminines. Aucun doute sur la similarité. Même individu photographié à divers instants. Aussi instable que cette satanée ombre, aussi insaisissable. Comment le genre est-il définit ? Est-il aussi indissociable de l’être que peut l’être l’ombre d’un corps ? Si oui, l’Inconnu fait office de semblable. Troubler la nature brute des choses. Rompre les croyances.

Le ventre gronde. Les yeux se délestent des images fugitives et balayent la pièce pour y substituer la vision d’une quelconque nourriture. La garce a surement tout volé. La voix raisonne. L’ombre n’est plus là, depuis longtemps. Elle est capable du pire. Tu secoues vigoureusement la tête. Impossible de partir à sa recherche pour la sermonner. Il faut piéger l’insaisissable, le changement, l’entraîner ailleurs, l’interroger, le comprendre. Le manoir est un lieu bien trop sur. Il faut du danger. Mettre en place une atmosphère. Se la jouer comme dans ses vieux films ! Un rire déchire le silence. Dieu en est témoin, tu les aimes ces films ! Une attention particulière pour ces films en noir et blanc silencieux. Qu’ils étaient hilarants ! On en fait plus des comme ça. La tête se secoue, pour appuyer les paroles.

Le temps file. Il s’échappe. Bientôt extirpé de ton terrier, le vent froid britannique vient mordre ton visage. Une grimace. Comment ces anglais peuvent-ils tolérer un tel climat ? La France possédait bien peu d’avantages, si l’on songe à l’état dans lequel tu l’as quitté, mais enfin, il y faisait parfois un temps radieux ! Et ici, uniquement de la grisaille, une éclaircie, parfois. Les Ymbrines auraient pu élire un lieu plus adéquat à une vie éternelle. Qui souhaiterait d’un tel Paradis ? Seriez-vous plus proche de l’Enfer que de l’éternel jardin d’Eden ? Un chapeau coincé sur la tête, tu t’élances dans les rues. L’appareil est resté dans la chambre et pendant quelques secondes tournent un certain nombre d’insulte qui te sont personnellement adressées. Incapable. Tu n’auras qu’à te contenter de ta mémoire. Autant la faire travailler. Les seules images qui y sont encore conservées ne sont rien d’autres que la reproduction d’une quelconque tranchée.

Les cloches sonnent, tintent. Il ne reste qu’un compte réduit d’heures avant le début de la fin. Que leur doux chant est agréable ! Ton corps entier est entraîné vers l’église, l’appel du divin, constamment. Détourné pourtant du droit chemin, bien incapable d’y tirer un trait, tu ne cesses d’en apprécier les rameaux complexes. Tu ne saurais pourquoi, mais l’Église s’annonce comme un refuge. Oubliant toute forme de temporalité, c’est assit sur le perron de celle-ci que tu observes les passants. Tu détailles les mouvements de leurs ombres, étrange ballets d’âme entremêlées. Elles possèdent toute une histoire, informent le monde entier de l’identité de leur propriétaire, en dessinent les grossiers contours, pour n’en offrir qu’un vague aperçu. Attiser le désir, la curiosité, l’envie de connaître.

Mais parmi la foule d’inconnus, s’en distingue un en particulier. Le corps se redresse d’un bond et le regard, hagard, scinde les êtres profondément dissemblables. Il est là. « Eh ! Toi! », s’échappent de tes lèvres. Une seconde passe. Tu réalises qu’une telle interpellation n’était certainement pas la meilleure idée. Tu baisses le regard, la lèvre est mordue. Finalement tu déboules en sa direction, te glisses à ses côtés parmi les passants. « Vous êtes le changeur de peau !  » Les mots s’échappent avec bien trop d’empressement, synonymes d’une certaine curiosité faussement dissimulée. Tu as gâché l'effet de surprise. Tu aurais préféré le surprendre d'une autre façon. Ou qu'il te surprenne. Tu n'es pas très agile pour surprendre les gens. Les sourcils froncés, le regard flanqué droit dans le sien, tu attends non sans une pointe d'impatience.  


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Galahad L. Ednyfed
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☾☾ Particularité :
Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui imite en tout point l'être effleuré. Jumeau factice qui se perd dans l'illusion.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante et imprévisibilité. L'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gobés à la manière d'une éponge. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-cinq automnes.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant esseulé et répugné par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Jeu 4 Jan - 1:15

smoking mirrors game
Bartholomew & Galahad

« I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines »
Vagabonderie. Échine qui se perd précautionneusement entre les badauds. Odieux derme pernicieux enrobé dans des couches salvatrices jusqu'au col soigneusement fermé. Personne ne fut assez stupide pour effleurer le faciès inconnu d'un quidam égaré après tout. Doigts moites peinant à supporter le cuir ô combien détesté, excentrique serrant les dents en un effort surhumain. Ce ne fut le temps que de quelques dizaines de renouvèlements, afin d'ingurgiter les tracés prédéfinis des silhouettes figurantes, d'assimiler les manœuvres d'évitement qui furent bien différentes du chaos Londonnien. Tenterden eut l'avantage d'être plus paisible, tranquillité dominante qui n'eut rien de l'éventration éternelle des immeuble dégueulant sur les voies publiques. Le murmure et chuchotement des bombardement nocturne fut désormais lointain, en partie éteint par la distance, sommeil paisible retrouvé après plusieurs décennies au cœur des berceuses apocalyptiques.

La curiosité fut de nouveau naissante. Carcasse volatile quémandant de trouver de nouveaux repères, de s’acclimater aux airs campagnards de la nouvelle demeure, de récolter sur les nouveaux intrus. Dépaysement moindre comparé aux égarés d'autres temps dont les boucles furent désormais souvenir, volatilisées pour une raison qui fut abstraite, haussant les épaules sans le moindre avis pré-construit. Les passants sont observés, étudiés. Un appareil, dont la bandoulière fut fièrement installée sur une épaule, se glisse entre les phalanges qui déclenchent le doux cliquetis d'un obturateur avisé. Le bromure d'argent fut troqué pour le plomb d'un crayon, notant au possible dans un carnet les détails avoisinants en même temps que de reluquer les aiguilles d'une montre trônant fièrement sur le poignet droit. Analyser, décortiquer, enregistrer. Bagatelle qui perdure, glanant les informations comme ce fut toujours le cas, bien que cette fois pour mieux appréhender les lieux et ses actions quotidiennes.

Ce fut les abords du clocher qui furent dénichés, s'élevant dans les airs tel un phare en bordure de mer. Drôle de songer aux croyances, à ce qui fut oublié, perdant le fil de la chasse aux secrets. Famille anglicane, murmurant des prières le soir venu agenouillé devant les draps. Il fut bien loin ce temps, avant que la foi ne s'évapore au détriment d'une légère amertume face à un être tout puissant qui eut détourné le regard. Théories futiles de croire que ce même Dieu l'eut bien rendu, ce karma, môme sur le front puni des quelques carcasses tombées sous les coups d'un canon effrayé, affublé de sa malédiction. La rationalité de la science avait pris le pas sur les fantaisies divinisées, songeries et autres lubies imaginatives relevant de la mythologie, rien de plus.

Sursaut. L'interpellation interrompt brusquement les pensées vagabondes, ramenant à la réalité des échines et de la dangerosité de l'exposition. Froncement de sourcils immédiat alors que l'autre fonce tête baissée. Quidam curieux qui eut la parfaite tendance d'agacer, persuadé qu'il suivait et cherchait à dénicher quelques brides. L'enquête fut devenue double, cherchant à le prendre à son propre piège pour mettre au jour la manigance. Il en eut visiblement assez, tandis que les syllabes tombent, affirmatives, dévoilant certainement avec fierté une trouvaille de particularité qui mit mal à l'aise, mirettes balayant les carnes voisines pour s'assurer qu'elles n'aient rien entendu. « Et vous l'homme sans ombre. » Ne rien avoir de mieux à rétorquer. S'il voulut jouer à ce jeu, il venait de trouver parfait adversaire. Méfiance de mise, n'appréciant guère l’intérêt qu'il semblait porter à l'odieuse malédiction. « La pêche a été bonne ? » Question qui s'extirpe non sans une pointe d'amertume, empêtrant directement les pieds dans le plat, alors qu'il vint de capituler définitivement pour s'exposer. Semi-rictus aux lippes, les doigts dénichent une cigarette qui fut allumée pour une bouffée de récompense salvatrice.
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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Sam 6 Jan - 23:41

I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines
Bartholomew &
Galahad

Pourrait-on seulement continuer à vivre si il était impossible à notre corps de se refléter sur quelque surface que ce soit ? Impossible aux appareils de figer les figures évanescentes, les flaques d’eau ne prennent plus le visage des passants, les miroirs restent vides. Comment les hommes pourraient-ils prendre conscience de leur existence, si ils n’ont aucun moyen de se prouver à eux-même qu’ils sont en vie, qu’un corps les constituent, différent de l’esprit vaporeux qui forme leur conscience. Que les humains sont idiots, ignorant le malaise d’une vie sans reflet. L’ombre, indépendante, est un étrange reflet. Un pas en avant, apprivoisant seule la vie, évoluant avec plus d’assurance jamais mobilisée dans le corps originel. Trop faible, trop froussard. Trop mort, peut-être, pour s’avancer fier dans la vie. Compliqué. Insolvable. Persuadé qu’un autre, ne pourrait prendre ta place. Qui supporterait un tel fardeau que celui qui t’incombe ? N’avoir qu’une preuve dans le reflet d’un miroir de la présence du corps. Et quel corps ! Cette chose informe, longiligne. Ces longues jambes, ce torse soulevé aisément par les battements du coeur, façonné par une cage thoracique apparente. Et ses cheveux en bataille, difficilement égalés par ceux de l’ombre. Identité visuelle particulière, reconnaissable, d’un corps invisible au soleil.

Le besoin de savoir. Savoir ce que cela fait de vivre dans le corps d’un autre, d’un autre qui lui, se reflète, se donne à voir. Curiosité maladive dirigée vers les particularités d’autrui. Nécessité grandissante, avec l’âge, devenue une véritable occupation après les guerres. Un moyen de détourner les questionnements de son propre esprit, en prendre possession. Diriger ses pensées en direction d’enquêtes. Véritables montagnes russes mentales, échauffement constants de la réflexion fatiguée par les années. L’âge fait des ravages dans les esprits les plus agités. Le brouhaha s’intensifie, s’agrandit. Bientôt il n’y a plus qu’un sifflement constant, un bourdonnement sourd qui recouvre tout autre son. Il n’existe plus que cette valse dissonante. Les informations se croisent, s’embrassent, se brisent. Disparaissent, apparaissent avec plus d’intensité. Brûlent les parois de la boite crânienne. Les sons de la guerre tambourinent encore parfois, mêlés aux échos de certaines voix. Tout ceci n’est qu’un étrange chaos, peu harmonieux. Dieu merci, personne n’y a accès. Ce chaos est tien. Intense bordel sonore, visuel. Le monde vacille quand ce dernier s’affaiblit et laisse place à de nouvelles réflexions. L’esprit est incapable d’assimiler de nombreuses informations, de les distinguer les unes des autres. Incapacité congénitale à distinguer les entrelacs.

L'homme sans ombre. Un sourire s’affiche sur ton visage. Bien sûr que la chasse était partagée. La partie aurait été moins intéressante si il n’y avait qu’un seul joueur. Echec et mat. La partie débute. Les joueurs se saluent, dans la marée humaine. Le temps s’est interrompu, s’est incliné pour laisser aux adversaires tout le temps de prendre la température. Ils se sentent, s’inspectent. Se tournent autour. Animaux sous les traits d’humains, trompant leur monde sur leur identité. Tu lui ressembles. Tu t’affiches sous les traits d’un être normal mais l’imperfection est vite repérée. Il y a un défaut. Un défaut que l’on ne perçoit pas, au début, car invisible, vicieux. Mais il participe à la tromperie. Il joue le jeu de la normalité. C’est comme tomber dans le piège d’un trompe l’oeil. Il faut s’y reprendre à plusieurs reprises pour saisir les différences, dévoiler l’illusion. Et c’est le cas pour l’inconnu d’en face. A le croiser dans la rue, on le perçoit seulement comme un jeune homme charmant. Elégance lisible dans les traits. Douceur dans le regard, adoubée par un soupçon de mystère. Figure éphémère dans le flot des piétons. Pourtant dissimulée, la particularité trahit le caractère changeant, instable. La façade donne à voir le calme, digne de la surface calme d’une mer endormie. Mais à tout moment celle-ci peut se déchirer, se déchaîner. S’éveillait derrière le masque de l’anonymat le tonitruant ravage de vagues colériques. Semblable. Le mot coule sur la langue, voudrait franchir la barrière des lèvres fermées, interdites à une telle supposition. Est-il à même de comprendre la situation dans laquelle tu étais ? Aviez-vous été forger dans le même bloc de marbre ? Noble, malléable. Fragile.

La main plonge dans la poche, en tire une cigarette qu’elle vient coincer entre les lèvres. Un sourire se dessine sur le visage, réponse à l’interrogation de l’inconnu. Ironie imperceptible à ton esprit simple. Humour ? Incapable à déterminer. « Comment pourrais-je pêcher ? Je n’ai pas de canne à pêche. » La mine est sérieuse, rehaussée par les sourcils froncés. Les épaules se soulèvent. Tu tires sur la gauloise, avant de laisser échapper une épaisse fumée. Tu poses à nouveau ton regard sur l’Inconnu. Le voile mit en place dans le théâtre qu’est la vie, est abaissé. L’homme derrière le corps est à portée de main. Valable pour toi aussi. A la merci, l’un de l’autre. « Suis-je vôtre prise du jour ? » La question se lance, vole accompagnée de la fumée du bâton se consumant. Autour de vous, personne. L’église elle-même s’est retirée. Dieu seul est témoin de la scène, spectateur éternel, curiosité dévorante du vieil homme. Il a fabriqué les hommes à sa mesure, consumés par une attraction spontanée de la nouveauté. Le bruit de la petite ville s’est étouffé. « Je suis ravi d’enfin vous rencontrer. Je dois reconnaître que vous provoquer chez moi une profonde fascination. » Laissez moi comprendre ce qui vous maintien en vie, quand votre corps n’est plus le vôtre, quand votre âme laisse place à une autre. Laissez moi percer le mystère de votre existence. « Bartholomew. » La main libre se tend, alors que l’autre porte la cigarette aux lèvres. Que la partie continue. Le prochain mouvement sera réalisé par l’adverse. Aucune limite, aucune règle.


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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Mar 9 Jan - 1:13

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Bartholomew & Galahad

« I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines »
Albâtre vaporeuse qui s'échappe des lèvres, tabac d'une nocivité qui fut continuellement réfuté avec dédain et haussement d'épaules. Le geste fit écho au quidam glanant sa nicotine au même instant. Similarité somme toute infime, se mêlant aux jeu des recherches et autres cachoteries pour grappiller quelques brides d'informations, qui eut le don de provoquer un bien maigre rictus sur le bord des lippes, à peine perceptible. Œillades, les deux partis se saluent à peine en un ballet de fumée, raisonne comme le salut noble de deux adversaires palliant un premier coup en s'exposant dans leur duel, prenant le péril de faire cesser le jeu qui perdurait depuis déjà quelques jours. Déception que de n'avoir récolté que peu de choses, préférant par prudence assurer les arrière plutôt que de tenter une attaque pernicieuse en usant des atouts donnés. Malédiction alliée et fort utile en ce genre de bagatelle, rares avantages. Méfiance au paroxysme, l'ombre vagabondant semblait dissimuler ses secrets pour la journée, les emportant très certainement en ce pays imaginaire dont parlait les histoires enfantines de mioches qui ne voulurent pas grandir.

La réplique tombe, inattendue. Le sarcasme n'étant visiblement pas le langage à employer, incapable d'en saisir la couleur et les notes. La langue marque pourtant le coup, le renvoyant. Un bref ricanement s'extirpe, accompagne l'opacité blanchâtre régie par une énième bouffée, se mêle à la sienne. Un sourcil se hausse, cherchant à dénicher d'un coup d’œil les quelques mystères qu'il contint. Prise qui venait de se faire prendre d'elle même, se livre, tandis que la vagabonderie initiale eut un tout autre objectif. Qu'importe, le coin de la boucle analysé attendrait la fin de l'interlude, sacoche se refermant sur le carnet et l'appareil qui y fut enfuit, marquant définitivement l'arrêt de la mission en court. « Probablement. » Le mot sort en un souffle, pensée vagabonde à peine audible qui se marque dans l'environnement qui parût soudainement trop silencieux. Peu coutumier de la sérénité des lieux et l'isolement qu'il eut tendance à occasionner.

« Ça n'a pourtant rien de bien fascinant. » Prudence. Modestie glissée entre deux bouffées. Fascination ne fut certainement pas le mot qui fut adéquat et aimé, bien que probablement impressionnant pour autrui, les dérobés, qui furent arrachés à leur individualité. Effrayant serait certainement plus convenu, frisson soufflé aux trop nombreux regards similaires qui se croisaient, perdition terrorisante de l'autre côté, ne parvenant plus à discerner la duperie du véridique durant de trop nombreux instants, capable de provoquer le pire dans quelques égarement qui pouvaient sembler futiles d'un point de vue extérieur. Juste un tour de passe passe avec un mécanisme désuet et trop lourd. Où l'originalité et l'individualité ne fut qu'abstraction et néant. « Ni même d'original. » Ricanement bref et teinté d'une ironie amère, marquant le dédain immédiat pour ce qui fut accordé d'avantage comme une épée de Damoclès qu'un don, le mégot tombe sur le sol après une dernière bouffée, réduit en charpie par la semelle d'une chaussure au lacet las et laissant bailler le nœud.

Patronyme enregistré, laissant les babines rétorquer. « Galahad. » Les doigts ornés d'un cuir nocturne se tendent, font écho, empoigne la jumelle qui fut tendue, arme redoutable à manier avec précaution, évitant habilement que ses phalanges n'effleurent le derme capricieux à la jonction des gants. Il en crevait certainement d'envie,  le curieux, n'appréciant guère l'idée, bien que la chose eut paradoxalement l'avantage de faciliter l'intrusion. Devenir un individu permettait de mieux l'appréhender, comprendre le mécanisme, les gouts dissimulés dans la carnes avec honte, les relents caractériels odieux qu'on dissimulait sous le faciès. Ignorant en réalité qui serait le véritable gagnant si la chose arrivait. « C'est à croire que vous sortez d'un roman de J.M. Barrie. » Remarque soufflée tandis que la paluche est reprise, s'enfuit avec sa sœur dans les poches d'un pantalon, embrayant pour renvoyer la balle.
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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Mar 16 Jan - 21:12

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Bartholomew &
Galahad

Que le jeu était excitant. Le coeur tambourine dans la poitrine et les volutes de fumée nocive rejoignent dans les airs les tintements de l’église. La première manche était lancée et le temps semblait filer à vive allure. Attente. Coeur qui s’emballe et sourire qui se dessine sur les lèvres pincées sur le bâton toxique. Le regard cherche à attraper à la volée quelques indices, quelques signes. Mais le visage de l’Inconnu est fermé, clos, impassible. Frustration la plus grande mais plaisir assouvit dans le jeu. Oh lui aussi, cet être étrange et fascinant, profite de la partie. Il avance ses coups avec grâce et assurance. Silhouette familière et pourtant totalement inconnue. Les traits lui sont personnels mais ils sont instables. La fantaisie des visages multiples. L’Inconnu est une pièce de théâtre, un monologue dont il est le dépositaire. S’est déroulé devant toi de nombreuses scènes. Et les personnages s’étaient enchaînés avec un naturel déconcertant. Une seconde suffit à chausser le masque. Les entrailles se tordent de jalousie. Le rictus sur ton visage devint grimace, dissimulée derrière une volute de fumée. Une main timide vient caresser les lèvres resserrées sur la gauloise. Réflexion. Prunelles ne quittent pas l’Inconnu qui répond avec nonchalance. Légère déception qui lui est adressée. Le voile de mystère est levé et pourtant… Pourtant tout semble encore insaisissable.

Les mots brisent les entrailles. Oh si lui n’était pas fascinant, ou original, qu’étais-tu ? Pouvais-tu seulement prétendre posséder une particularité intéressante? Et ce rire. Ce rire qui déchire, lui aussi, qui brise les aprioris, qui blesse un orgueil. La main tremble, passe dans les cheveux. La cigarette est éteinte, jetée au sol, écrasée. Déception. Le mot tambourine dans l’esprit. Le corps semble tout à coup sevrer d’une attente singulière. Mais la baisse de la pression n’engendre qu’une plus grande tension. « Si je vous le dis ! » La voix se brise. L’envie roule au sein des syllabes, ponctue la phrase. « Je ne serais pas là si vous n’éveillez pas chez moi une quelconque curiosité mal placée. Je comprend que ce n’est pas … Ordinaire. » Incapacité à parler avec aisance. Les paroles se heurtent aux lèvres, gênées, intimidées. Volonté discrète d’être comme lui, de posséder son don, qui ne pourrait être rien d’autre qu’une malédiction. Le lot de chacun. La possibilité d’une trahison de son propre corps. Faire de soi son ennemi. Le conflit est interne. Refuser le combat contre l’autre, se concentrer sur le duel intérieur. La partie est perdue d’avance. Vieux démons agités, constamment animés.

Le nom s’échappe. Un sourire remplace la grimace de dépit, laisse place à un sourire. Doux nom. Les sonorités sont agréables à entendre, laissent apercevoir une forte personnalité. L’âge se devine ou s’insinue. Néanmoins le visage est figé derrière le masque d’une apparente jeunesse. La maturité a commencé à entamer les traits du visage, les poches se sont formées sous les yeux, les ridules sont apparues. Le visage a perdu l’innocence de la jeunesse et s’est vu influencé par les effets du temps. La main gantée est saisie et secouée avec vigueur. La curiosité font glisser les doigts en une caresse. Ils saisissent le rugueux du cuir, terrible barrière entre deux peaux. Seule défense entre deux âmes. Oh, tu ne doutes pas de l’effet que produirait un simple contact entre vos deux mains. Tu serais surement instantanément projeté face à toi-même. Un grain d’excitation saisit la nuque. Besoin de se voir projeté, s’observer de l’extérieur. La tête est secouée, la pensée s’échappe. « Oui j’ai eu vent de cet étrange personnage. » Un léger sourire sur le visage. « Je ne suis malheureusement pas un enfant. Et mon nom n’est pas Peter Pan ». Etre étrangement rationnel. Besoin de se justifier, trouver les mots justes. Révélateurs. Oui, ce fameux Peter Pan, auquel tu fus si souvent comparé. Cet enfant éternel. Mais Peter était ami avec son ombre, compères fascinants. L’un ne va pas sans l’autre. « Je n’ai pas la chance de voler, je dois bien le reconnaître. » Les épaules se haussent de dépit.

« Vous, au contraire, vous innovez, au coeur de l’étroit univers mystérieux de nos sociétés. Vous êtes un personnage romanesque à vous seul. » Et quelles aventures avait-du-t-il vivre ! Oh, elles étaient visibles dans les pupilles agitées du changeur de peau. Animé par les histoires qu’il avait vécu, celles qu’il avait emprunté. Oh il était à lui-seul une nouvelle exceptionnelle, dont la lecture était en constant changement, suivant les aléas des éléments perturbateurs d’une vie instable. « Comment m’avez vous trouvé ? » La question est imprécise. Là, Galahad avait été victime de ton caractère impulsif. Mais comment celui-ci était parvenu à retourner ton enquête contre toi ? Comment avait-il pu te saisir au vol alors que toi-même cherchait à le capturer ? Mais tu avais eu son ombre, tu avais saisi son image, bien plus qu’il ne devait s’en douter. Son âme avait été approchée et tu l’avais scindée, avec la plus grande attention qui soit. « Nous sommes de terribles chasseurs. Nous nous acoquinons avec la proie. »


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Galahad L. Ednyfed
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Échine capricieuse qui prend le code soufflé, carcasse qui imite en tout point l'être effleuré. Jumeau factice qui se perd dans l'illusion.
☾☾ Bizarrerie :
Versatilité constante et imprévisibilité. L'imitation s'infiltre, se glisse, caractères et manies gobés à la manière d'une éponge. Excentricités d'un égaré qui finit par ignorer ce qu'est d'être lui-même.
☾☾ Années :
Frustration éternelle, carcasse figée quelques jours avant la trentaine qui ne sera jamais atteinte, traits mensongers, censés afficher nonante-cinq automnes.
☾☾ Occupation :
Anatomie adulée et répugnée, médecine opérée lorsque nécessaire bien que l'épiderme demeure problématique, brillant avenir dérobé. Parfois projectionniste pour le plaisir des regards avides de curiosités.
☾☾ Myocarde :
Palpitant esseulé et répugné par les chairs. Interrogation demeurant, de qui voudrait d'un être devenant soi-même. Odieuse fatalité.
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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Dim 21 Jan - 11:57

smoking mirrors game
Bartholomew & Galahad

« I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines »
Nervosité étrangère perceptible. Réplique qui ne plut guère à l'autre, enregistrant la façon dont ses traits se déformèrent. Avantage procuré par les trop nombreux faciès arborés, connaissant les changements infimes nés d'émotions vagabondes, que l'échine trahit inconsciemment, subtilités coutumières pourtant détails insignifiants pour beaucoup. Les muscles et leurs noms sont passés en revue au fur et à mesure de l'expression qui change en face, énuméré en quelques secondes, habitude étrange et méconnue, besoin constant de décomposer l'anatomie, faisant office de post-it.  

Les mots n'aidèrent pourtant guère à passer la pommade, avis fermement ancré dans la carne en ce qui concernait la malédiction pernicieuse qui fut d'avantage détestée qu'adorée. Que restait-il de la singularité lorsque cette dernière fut arrachée à autrui, reproduite à l'identique, plagiat odieux et poussés jusqu'aux détails les plus minimaliste. Excentrique qui peine à saisir une seconde, fronçant les sourcils, pourtant esquisse l'ébauche d'un sourire, amusé par la curiosité avide qui fit incontestablement écho. Similarité. Manie de toujours tout vouloir comprendre au point de commencer à vouloir lui donner ce dont il crevait d'envie, palpable jusque dans la poignée de main entravée par le cuir.

« Flatteries. » Le mot s'extirpe des lippes, est apposé au même titre qu'un maigre rire succinct. Les pomettes en rougiraient presque sous les syllabes caressant l'égo. « Oh les aventures sont loin d'être aussi rocambolesques. Je n'emprunte pas les mémoires et leurs histoires. » Et heureusement d'ailleurs. La chose fut déjà bien assez compliquée sans en rajouter une couche, bien que les récits d'origines, qui perdurent, n'eurent véritablement rien de glorieux ou fantasmagoriques. « J'ai du flair pour dénicher les voyeurs. » Connaître les trucs, les astuces, voyeur est un terme collant à l'échine, en témoigne la paperasse qui dégueule sous les lattes du plancher. Pourtant le jeu eut moins d'attrait, commençait à devenir lassant, alors que l'adversaire de taille eut laissé tomber la partie après des décennies par envie de passer à autre chose. L'intérêt de vanter les trouvailles sous le nez de Clarence fut arraché. Pourtant nouvelle partie, bien que différente, qui semblait désormais s'entamer avec le quidam sans ombre.

Œillade aux alentours, mirettes étrangères trop nombreuses. Bref mouvement de main, l'invitant à emboiter le pas. Silence de mise, pourtant la suite semblait presque trop prévisible, excentrique cédant au caprice, se projetant, serait éprit d'une déception sans nom si l'objet des convoitises fut purement et simplement refusé, inaccessible. Besoin idiot de faire disparaître l'amère déception des traits de l'interlocuteur, y voyant là une occasion d'intrusion dans son intimité profonde pour mieux glaner.

Les lourdes portes de l'église s'ouvrent en un grincement purement abominable. Voilà des décennies qu'un lieu saint ne fut plus trouvé, oubliant les us et coutumes d'un temps lointain et qui fut révolu, prêt à profaner avec de quelconques excentricités l'antre d'un Dieu qui eut détourné le regard, provocation. Un escalier est emprunté, ne sachant pas d'avance où il menait, esquivant quelques âmes en quête de recueillement, fuyant leurs regards. Étage au balcon que peu observaient, où trônait un orgue monumentale et à la consonance qui serait très certainement d'outre-tombe. Le dédale s'arrête, la carcasse se fige, fait volte face vers Bartholomew. Une paume fut libérée, dévoilant les phalanges au derme capricieux. Elle se tend à peine en une invitation qui ne fut qu'à moitié franche, en réalité d'avantage régie par le besoin d'emprunter pour mieux en saisir les ficelles et le fonctionnement plutôt que de satisfaire son égo.
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Bartholomew L. Hodgkin
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le corps n 'a pas d'ombre, elle n'est pas rattachée à celui-ci, indépendante.
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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Sam 10 Fév - 14:20

I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines
Bartholomew &
Galahad

Être mystérieux et orageux. Les mains sont gantées, le contact avec le cuir laisse une impression d’inachevé. Rapport fébrile, rapide. Les peaux se rencontrent par la médiation d’une autre. Curieuse envie de découvrir qui était le propriétaire de cette peau-ci. Le processus de création des gants se présente à toi et t’arrache un profond râle de dégoût, accompagné d’un frisson intense le long de l’épine dorsale. Se voir défait de sa propre enveloppe charnelle. Est-ce le sentiment éprouvé par celui qui brave la barrière de cuir pour empoigner le défi tendu ? Se sent-on dépossédé ? Curiosité mal placée, dont l’opposant semble avec conscience. Son regard posé sur toi cherche sans doute à saisir cette envie brûlante.

Déception. La langue claque. La peau, seule, est ôtée à son propriétaire. Rien d’autre n’est distillé. « Qu’empruntez-vous, hormis la peau de l’être choisi ? » Oh curiosité dévorante. Bien sûr, tu avais eu vent des exploits du jeune homme mais tu n’avais guère eu l’occasion de t’adresser à lui aussi directement, de frôler de si prêt cet étrange don que tu ne parvenais pas à saisir les enjeux. Il était juste profondément fascinant. Peut-être enviais-tu cette capacité à enfiler la peau d’un autre, pour se dissimuler derrière les traits de cet inconnu, de ce tout Autre. Emprunter temporairement l’existence d’un autre, pour ne plus être soi. Le visage se tord. Déception. « Enfin, nous sommes doté d’yeux, comment pourrions-nous ne pas s’en servir ? » Un hochement de tête vient appuyer les propos. Tout être doué de vision peut à tout moment être considéré comme tel, un voyeur. L’appétence pour les choses étranges, singulières ou exceptionnelles n’est qu’une simple greffe sur une injonction à l’utilisation de la vue, présente dans la nature humaine. « L’hypothèse selon laquelle vous en seriez un aussi, ne me semble pas si absurde. » Un autre hochement de tête alors que le regard, amusé, toise l’adversaire. Les coups s’enchainent, valse désaccordée entre deux individus pourtant si identiques. Voilà peut-être pourquoi les mouvements sont si clairs, si affinés. L’adversaire connait les points faibles et vient à charger ces zones sensibles. Tactique efficace. Un genou à terre, surement déçu par le discours de l’inconnu.

Un hoquet de surprise s’échappe de tes lèvres. Le corps suit le mouvement induit par le changeur de peau. Suivre, sans se poser de question. Oh tu n’étais pas en danger. Pourquoi l’aurais-tu été ? Incapable de comprendre ce qui est entrain d’avoir lieu, mais impossible de fuir un tel individu. Désormais harponné, la proie ne devait s’échapper. Tant d’efforts n’allaient certainement pas se réduire à une simple échappée. Tu aurais pu rester là, au milieu de la circulation urbaine, sans pour autant suivre un inconnu. Mais l’appétit généré par la curiosité faisait bouger ton corps avant même que ton esprit ne le décide.

Envahi par l’atmosphère syncrétique de l’église, tu te glisses derrière les épaisses portes. Un instant. Les poumons sont emplis de l’air miraculeux du lieu. Bien sûr, les croyances en une force omnipotente se sont atténuées, mais la sensation de rentrer en contact avec le tout autre demeure à l’entrée d’une église. Perdu du regard pendant une seconde, tu rejoins bien vite l’inconnu, désormais perché sur un des balcons. Les regards des fidèles sont tournés vers Dieu. Le tien les rejoints, parfois. Quelques secondes suffisent à faire renaître le doute. Les paroles bibliques se déversent dans l’esprit. Le coeur se serre mais le corps, lui, fond sur Galahad. Surpris par son arrêt soudain, tes lèvres s’entrouvrent pour laisser échapper n’importe quelle remarque concernant l’altitude atteinte au sein d’un tel édifice. Plus proche de Dieu. L’inconnu dévoile sa paluche. Le cuir laisse apparaître une paume étrangement accueillante, surement froide. « Serait-ce faire un pacte avec le Diable? » Léger sourire. Mais la main est saisie, puisque la curiosité est trop forte. Etrangement sentiment de satisfaction que de sentir la peau moite de l’autre, interdite. « Suis-je censé me sentir différent? » Question stupide, lâchée à voix haute.


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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    Dim 11 Fév - 18:44

smoking mirrors game
Bartholomew & Galahad

« I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines »
« Mystère. » Mot unique qui s'appose, laisse planer les doutes vaporeux, titille l'imagination fertile et autres images abstraites. Rare d'en jouer, n'assumant guère les fils résidus et autres effets secondaires détestables. Pourtant l'attrait fut incontestablement alléchant. Rictus ornant les lippes, il eut presque un ton provocateur, invitation à dénicher les méandres de la malédiction, éclat malicieux ancré aux mirettes. Besoin viscéral de ne pas jouer la totalité des cartes, parcimonie délicieuse, certainement capable de rendre fou l'adversaire qui s'imposait.

Et il frappe, saluant le renvoi d'une inclinaison de chef succincte. Voyeur et fouineur repéré, preuve en fut le matériel gisant dans une sacoche précieusement conservée. « Une évidence même. » Honnêteté, ne pas nier, il le sut déjà. Pris de toute manière sur le fait, bagatelle repérée, à l'image d'un jeu d'ombre absurde où l'un des protagoniste en fut dépourvut.

Poursuite dans les dédales pieux. Il suivit le curieux, probablement appâté par le gain qui fut glissé en une promesse muette, loin des mirettes silencieuses égarées plus bas. Échines aux murmures qui furent continuellement les mêmes, prières tues de fidèles, majoritairement pour de quelconques proches égarés dans les tranchées et autres horreurs d'une guerre détestable. Il y eut quelque chose de triste en cette figuration, prier inlassablement chaque jour durant des heures pour un temps qui ne fut plus depuis trop longtemps. Absurde. Quel Dieu récolterait leurs complaintes égarées ? Figées ?

Syllabes qui provoquèrent un bref ricanement lorsque Bartholomew reprit. Excentrique qui n'eut rien d'un démon tentateur, à provoquer les cieux en leur sein pour afficher l'anomalie et malédiction octroyée. Si divinité suprême il y eut, aussi moqueuse soit-elle, elle ne serait certainement pas le regard rivé sur un jour sans fin qui serait effacé le lendemain même. Phalanges étrangères au derme dangereux. L'approche est appréhendée une seconde, tandis qu'il ose, appose sa paume. Frisson détestable, devenu peu coutumier des contacts délibérés avec un épiderme étranger qui fut consentant, préférant la discrétion d'un cheveux ou quelconque autre élément qui fut organique. « C'est plutôt l'inverse. » Rire léger en réponse à son interrogation, tandis que la carcasse suit se qui lui fut soufflée, réorganisant les angles et détails. Jumeau parfait qui s'esquisse, s'impose, reflet enserrant les doigts de l'original, l'affronte. Détail pourtant perceptible pour quiconque voulut dénicher la supercherie, voleur paré d'une ombre incapable de s'évaporer comme celle de l'original. Faille dans l’imitation.

Le tout est de ne pas se perdre d'avantage qu'il ne fallut, maintenir les fils internes à l'image d'un marionnettiste habile. Vol parcimonieux. Paluche récupérée, retrouvant son cuir qui ne fut plus si bien ajusté, d'avantage par réflexe. Silence, préférant quêter l'esquisse d'une quelconque réaction, méfiant. Besoin inexplicable que de prendre place pour siéger devant les touches interdites d'un instrument qui ne fut pas là pour le bon plaisir, effleurant la poussière demeurant sur les touches sans pour autant les actionner dans un premier temps. L'autre fut oublié, relégué au second plan l'espace d'un instant d'égarement qu'il eut généré malgré lui. Les acquis personnels s'en mêlent, prennent le pas sur un savoir qu'il n'eut visiblement pas, alors qu'une matriarche à la fibre rêveuse et artistique eut soufflé les leçons à son cadet distrait. Notes lugubres qui s'échappent sous les phalanges, sonorités qui finirent par se faire mélodieuses, doigts habiles, provoquant un relevé de faciès chez les figurants.
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MessageSujet: Re: I wear my sunglasses at night so I can watch you weave then breathe your story lines (Galahad)    

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