(Bartholomew) - Enjoy the silence
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Thaddeus Gentilis
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Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
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30 ans, mais en réalité, c'est une énigme pour lui.
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Perdu dans les méandres de ses pensées, à regarder le monde tourner sans vouloir totalement y prendre part.
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MessageSujet: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Lun 1 Jan - 23:03

Enjoy the Silence
Bartholomew & Thaddeus
What have I become my sweetest friend. Everyone I know goes away in the end and you could have it all my empire of dirt. I will let you down. I will make you hurt

Je vogue entre les meubles comme si c'était des arbres, oubliant qu'en intérieur je me retrouve et que l'extérieur tant désiré n'est qu'à portée d'une fenêtre qu'il faudrait m'ouvrir. Entre les lustres, passants et armoires, je me fais insaisissable comme le vent seul peut l'être, glissant sans peine dans les recoins et le long des ombres de ce manoir, esquivant ainsi les convenances et le fardeau que sont les politesses que je devrais à d'autres, préférant me faire cet explorateur silencieux, qui entre les têtes et les silhouettes n'est rien de plus qu'une éphémère surprise. En ce jour qui n'a rien de plus morose que les autres, qui n'est pas plus sombre que les précédents, je décide de ne porter que mon plumage, n'ayant pas la force de jouer à l'être humain, trop fatigué ou trop las peut-être pour une raison qui loin de m'échapper, m'emplit plutôt d'une indifférence qui trahit mon accoutumance aux sombres habitudes qui sont les miennes. De cette journée que je passe à faire l'oiseau de proie entre le plafond et les murs de la demeure, on ne peut que voir et imaginer les tourments qui m'ont fatigués, les nuits que j'ai passé à ne rien faire, les crépuscules où j'ai pu angoisser des cauchemars à venir et les terreurs nocturnes qui furent les miennes. Voilà tout ce qui est observable dans mon silence et dans ce regard animal qui se fait fuyant quand on cherche à le croiser. En cet instant, je ne suis rien de plus que ça, une ombre fuyante, une bête qui se mêle à la civilisation et qui pourtant reste à distance, refusant les caresses, les attentions des curieux. Farouche et sauvage, je navigue ainsi dans les couloirs, dans les dédales de la demeure, glissant de pièce en pièce sans vouloir la sollicitude de qui que ce soit, appréciant étrangement qu'en ce jour, personne ne cherche à s'attirer mes faveurs, me donnant ainsi l'impression que tous ont fini par accepter mes manies et mes habitudes, se disant sûrement que rien ne peut être obtenu de ma personne et surtout pas une once de normalité.

Au détour d'un bureau pourtant, au travers d'un mur, un bruit arrive à capter mon attention à me faire changer de plan, me guidant ainsi dans un boudoir, au sein duquel se trouve la seule personne peut-être que je pouvais approcher en cet instant, une silhouette qui au lieu de me donner l'envie de fuir me fait plutôt entreprendre un vol circulaire autour de sa tête, me faisant alors projeter sur sa personne mon ombre délicatement découpé par la lumière qui filtre d'entre les fenêtres. Pendant quelques secondes, une minute peut-être, je me fais ce compagnon silencieux avant de lentement descendre vers lui, me posant alors sur le bras du fauteuil dans lequel il se trouve pour mieux observer de mon regard perçant ce profil que je connais pourtant déjà si bien. De mes prunelles, je dessine ainsi la courbe de son nez puis de ses lèvres alors qu'amical, j'enfonce mes serres dans le tissu moelleux du fauteuil piaillant doucement pour celui qui est devenu mon ami au fil des journées qui se sont écoulés et des instants que je lui ai accordé. Pour lui, Bartholomew, je me suis fait un compagnon agréable, un oiseau de compagnie qui l'écoute, s'abreuve de ses paroles et respecte son silence, me faisant ainsi un ami de toutes heures et de tout temps, un parfait réceptacle de sa confiance, qui jamais ne cherche son approbation ou ne le juge, mais qui se rassure simplement de sa présence. En lui, je ne sais pas encore ce que je trouve de si plaisant. Chez lui, je ne sais pas réellement ce que j'aime mais l'ensemble, le tout qu'il forme m'attire et me donne envie de me glisser à ses côtés et d'y rester afin d'oublier le monde qui tourne au dehors et le temps qui s'envole sans réellement nous affecter. Et en ce jour, en cet instant qui se refuse d'être plaisant, c'est ce que je viens chercher à ses côtés. Une excuse pour oublier, un moment de repos et d'abandon où rien ne me serait exigé. Rapidement, je ferme les yeux et me tourne vers lui, émettant un léger piaillement pour réclamer une tendre caresse sous le bec. Puis, porté par une allégresse que je ne connais qu'avec lui, je me penche pour mieux m'approcher de sa tasse de thé et des biscuits qui sur la table basse traînent et me font de l'oeil, me rappelant que depuis mon réveil, depuis la veille même, je n'ai rien avalé, préférant rester à jeun, non pas par envie de m'affamer mais par simple incapacité à remplir mon estomac à cause d'une nausée provoquée par les images de cauchemars aux chants répugnants. Ainsi poussé par la faim, j'abandonne mon perchoir pour aller me saisir d'un biscuit que je casse sans peine et que je viens ensuite tremper dans la tasse de Bartholomew pour mieux l'avaler d'un coup, l'éclat de sablé imbibé de thé glissant sans peine le long de ma trachée. Et ainsi repu, je reviens vers lui, me posant cette fois-ci sur son épaule afin d'être capable de saisir délicatement entre mon bec le bout de son nez, que je pince affectueusement, le gratifiant de ce fait d'un baiser d'autour, le genre que normalement je n'offrirais à personne, car trop intime, trop doux pour être fait de mes lèvres. Une attention qui se fait délicate et tendre, et que pourtant je n'aurais pas avec lui si j'étais Thad, mais que j'ai en cet instant, car porté par l'impression que tant que je serais dissimulé sous mes plumes, j'aurais le droit à ça, à la tendresse, à l'affection de quelqu'un. Que tant que je ne serais qu'un animal, j'aurais le droit à ce que ma propre psyché me refuse, que pour quelqu'un, juste une fois, juste une seconde, je sois autre chose que ce que j'ai toujours été et que l'on me considère comme quelque chose qui peut être. Voilà en vérité ce que je suis venu chercher chez lui. Un amour d'un temps. Un regard d'une seconde. Un sourire loin d'être illusoire. Une raison de revenir demain.
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Bartholomew L. Hodgkin
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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Mar 2 Jan - 22:05

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Bartholomew & Thaddeus

Régnait au manoir une atmosphère chaleureuse, alors même que la vieille battisse était secouée par une météorologie peu enviable. Mais ces lieux étaient envahis par les britanniques. Terrible malchance de la vie. L’anglais n’avait jamais été ton fort, mais une fois dans la boucle, il avait été nécessaire de s’adapter à la langue. Pendant une courte période, tu fus profondément déçu que ta particularité n’ait pas un rapport avec les langues. En réalité, ton ombre était très clairement inutile. Elle avait été déçue de quitter la France, alors qu’elle s’y épanouissait avec vigueur. L’Angleterre était un pays bien peu lumineux et elle apparaissait d’autant plus irréelle. Impossible de se fonder dans le décor avec une telle chose à ses côtés. La rumeur d’un être tel que toi avait couru bien vite dans la boucle. Les particuliers avaient la langue bien pendue. Un véritable désavantage à tes yeux. Les simples humains de ton temps étaient les pires. Toujours à la recherche d’une explication scientifique à un tel phénomène. Mais tu n’en avais que faire. Ils étaient trop bavards. Particuliers et simples humains ont tendance à fortement pailler, dès qu’un évènement nouveau se présente à eux. Des bêtes bien curieuses, ces êtres vivants. Et tu détestais ces rumeurs grandissantes qui parfois t’entouraient. Tu n’en saisissais que des brides, incapable de concentrer ton attention sur autant de voix à la fois. Finalement ce n’était qu’un terrible brouhaha qui avait tendance à t’assourdir. Tu ne comprenais pas ces mots compliqués utilisés. Trop de concepts. Bien trop de vie. C’était ahurissant. Et autant d’émotions étaient complexes à ingérer. Bien souvent, tu te contentes de te recroqueviller, baisser la tête, foncer droit dans la foule.

Mais aujourd’hui, triste journée de plus au compteur, avait l’avantage de t’offrir une calme grandeur au sein du manoir. Les individus, tous occupés par leurs propres affaires, ne tenaient guère à être dérangés. Tu prenais donc un malin plaisir à te glisser parmi ces âmes absentes, invisible au coeur de l’agitation grouillante de la maisonnée. Les regards sont fuyants, ne s’attardent pas sur ton corps frêle dénué d’ombre. Personne n’y prête attention ce qui te permet, non sans une certaine hâte, de te préparer un thé, accompagnés de quelques gâteaux puis de t’installer prêt de la cheminée. Le feu crépite dans le foyer de celle-ci et réchauffe doucement la moindre parcelle de corps légèrement dénudée. Le thé fume et se mêle à l’odeur des gâteaux. Quelqu’un a du les faire dans la matinée, l’odeur est encore forte, et s’élèvent dans l’air des touches sucrées et fruités, te plongeant un instant en enfance. Le silence absolu règne dans la pièce principale. Les yeux fermés, tu parviens à saisir les vibrations de ce silence, mêlés au chant timide de la cheminée. Une main aveugle se lance à la recherche de la tasse de thé, brûlante. Quel idiot… Un couinement s’échappe des lèvres et les yeux se réouvrent, clignant à plusieurs reprises, cherchant à s’adapter à la luminosité de la pièce. Bientôt se mêle au terrible silence le bruissement d’ailes. Son étrangement réconfortant. Les yeux cherchent le rapace dans la pièce. Murmure reconnaissable au milieu de temps d’autres. Compagnon de longues heures solitaires, ami dévoué. L’autour pénètre dans la pièce et la réchauffe à son tour. Le torse se relève, et le visage s’illumine d’un tendre sourire. L’oiseau, rare ami dans la boucle, vient s’installer à tes côtés, te flatte même d’un baiser. Le flatteur. Une vague de tendresse t'envahit et l'échine est parcourut par une léger frisson. Le corps témoigne du plaisir à recevoir un tel geste affectueux. Un léger rire et une caresse sur la tête de l’oiseau, qui plonge sur le gouté face à toi. Oui, tu n’en avais finalement pas très envie. C’était plutôt pour la symbolique, l’image typique d’une occupation hivernale.

L’autour possède un plumage magnifique et la main plongée dans les plumes permet au regard d’en inspecter les couleurs. « Je sais pas si tu le sais, mais tu es vraiment splendide. Je n'aurais de cesse de le répéter. » La phrase est lâchée dans un murmure, confession adressée seulement à l’autour, crainte d’être entendu par tout autre, qui viendrait rompre cette soudaine intimité. « Cela fait un certain temps que je ne t’avais pas vu. Tout ce monde… Je suis resté un peu dans mon coin. J’espère que tu ne m’en veux pas. » Mine désolée. La main se tend à nouveau en direction de la tasse, qu’elle porte à ses lèvres. Le corps s’affaisse un peu plus dans le fauteuil et les yeux se ferment à nouveau. Tu ne t’es jamais posé la question la plus fondamentale qui soit. Tu n’as jamais cherché à savoir si derrière le plumage se cachait la peau d’un homme. Cette possibilité n’avait même pour ainsi dire jamais effleurer ton esprit, trop absorbé dans la contemplation de l’animal. Il était pourtant étrange d’imaginer qu’un vautour de son envergure puisse en toute liberté évoluer dans la maison. Néanmoins, tu prenais la chose le plus naturellement qui soit. Tu l’avais toujours aperçu, battant des ailes, observant la foule d’individus. Parfois, tu t’es même imaginé à sa place, éprouvant pour la première fois la sensation la plus forte de vie. Voler doit être un moyen de déplacement incroyable. Tu regrettais souvent de n’avoir que deux pauvres jambes, faibles locomotives. « Parfois, j’aimerai prendre ta place », lances-tu à l’autour dans un souffle las. « Être humain est une condition bien peu flatteuse et bien limitée », surtout lorsqu’on ne possède aucune ombre et qu’on ne perçoit pas l’idée de vie comme tout autre. La tête est secouée par un mouvement désapprobateur. Encore ses idées sombres, encore ses grands mots. Tu claques ta langue avant d’avaler une autre gorgée de thé, avant de finalement tendre la tasse à l’autour pour qu’il s’abreuve. Il y avait peu de chances pour qu’il ne te comprenne. Mais tu n’avais pas l’avantage de dire que tu étais capable de comprendre autrui, et encore moins ton doux ami. Une main timide vient à nouveau flatter l’autour, caresse du bout des doigts les ailes de celui-ci. « J’espère au moins que tu te sens bien. Tu as l’air d’avoir faim mon beau... » Les sourcils se froncent, la préoccupation envahit le visage. « Tu sais que tu peux toujours venir me voir si tu as besoin de quoi que ce soit ? » Tu hoches la tête pour appuyer les paroles, déterminé à se faire entendre de l’oiseau. Quiconque interromprait leur conversation, te prendrait certainement pour un illuminé. Parler de la sorte. A un autour. Ne pas le craindre, mais l’apprécier, l’honorer. Engager une conversation banale avec lui. Prendre le thé avec l’animal, comme on le prendrait avec son plus cher ami. Mais l’autour ne peut répondre. Du moins, pas avec des mots. Mais ce n’est pas pour te déplaire. Son silence reste l’un des plus harmonieux qu’il t’ait été donné d’entendre. Ecouter son souffle, observer la poitrine se soulever. L’oiseau était très clairement d’une compagnie fort appréciable. Jamais tu n’aurais échangé celui-ci pour un autre individu, bavard, impatient, humain.  


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Thaddeus Gentilis
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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Jeu 4 Jan - 0:39

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A l'instant même où il entrouvre les lèvres et laisse couler d'entre celles-ci quelques douces paroles alors que ses doigts se perdent sans hésitation ou retenue dans mon plumage, je sais pourquoi en ce jour, qui s'annonçait sombre et teinté d'une morosité que mon regard de rapace n'aurait su exprimer, je suis venu chercher sa compagnie. A ce moment précis où il commence à vanter les ravages que font mes plumes sur sa rétine et son âme, je sais pourquoi c'est avec lui que je décide de fuir cette humanité qui est la mienne et que j'ai pourtant dû construire durant des années. Toujours perché sur son épaule, le bec bien loin de son nez que j'ai embrassé, je réalise alors que nos regards se croisent, toutes les qualités et particularités qui forment le tout parfait qu'est sa personne. Alors qu'il discute tout seul, chassant le silence de quelques murmures qui font s'hérisser très légèrement les plumes le long de mon échine, je cligne rapidement des yeux et endosse complètement le rôle de cet autour qui n'est docile qu'avec lui, et qui de quelques gestes seulement répond à la moindre de ses avances, se penchant pour boire à même sa tasse quand il l'a propose, se rapprochant pour mieux épouser de son corps sa paume quand il ne vient tout bonnement pas presser contre sa joue son crâne afin de le rassurer. Pour lui, qui boit son thé, et qui visiblement chercher la compagnie de la solitude, je me fais ce parfait ami, cet être dont on apprécie la présence parce qu'il est incapable d'entretenir les conversation banales dans lesquelles les autres résidents de cette boucle se complaisent. Pour lui, j'occulte complètement l'être doué de parole que je suis normalement, enterrant sous les décombres de l'animal, la ruine humaine qu'est ce Thaddeus auquel certains sont encore attachés. Sous le couvert des plumes du rapace, j'abandonne cette identité que l'on m'a offerte, revenant presque des années en arrière, régressant et oubliant les enseignements d'une Ymbryne que j'eu un jour aimé pour mieux redevenir cet être aux besoins primaires que je n'aurais jamais dû cesser être. Pour Bartholomew qui rêve d'un jour voler, j'ai un piaillement puis un autre baiser que je dépose dans ses cheveux, attrapant entre mon bec une mèche de ses cheveux sur laquelle je tire délicatement.

J'aimerais pouvoir lui dire qu'il n'a rien de si excitant à ça que de voler, mais incapable de formuler des mots qu'il n'a de toute façon pas envie d'entendre, j'étends simplement mes ailes pour mieux caresser sa peau du bout de mes plumes, espérant de ce fait créer un tendre frisson, un chatouillement délicat qui lui arrachera un sourire voir un rire au son duquel je pourrais me réchauffer. Mais tout ça perd son importance à l'instant où il semble s'inquiéter pour moi, osant froncer les sourcils comme si il était vital à son bien-être que je pense à alimenter ce corps dont j'emprunte bien trop souvent l'apparence. Tout ne devient qu'une distraction futile et triviale dont j'ai presque honte alors qu'il pèse ses mots, murmurant, psalmodiant presque une promesse, une parole gravée dans le marbre que vers lui je devrais toujours venir si la faim se fait sentir ou que le moindre de mes besoins a besoin d'être comblé. D'un clignement de la prunelle, je reste interdit avant de venir effleurer le bout de son nez, puis la courbe de ses lèvres du bout de mon bec, tentant de lui faire comprendre qu'il ne doit pas s'en faire pour moi, que malgré la faiblesse de mon être, dans la peau de l'autour je ne crains rien et surtout pas la solitude. Contre sa joue, je viens ensuite appuyer mon crâne, cherchant à lui faire sentir tout ce que je ne peux exprimer. Je soupire et ferme les yeux, m'ébouriffant simplement avant de rester contre lui, appréciant un instant la chaleur qui se dégage de sa peau. J'aimerais pouvoir lui dire qu'il m'offre bien trop et que pour l'imposteur que je suis, il donne trop. J'aimerais lui faire entendre que sous les plumes de ce rapace qu'il apprécie tant, se trouve un homme qui comme un enfant se terre dans sa chambre et se cache les yeux quand on le fait sortir de cette boucle qu'il hait pourtant. Je voudrais qu'il sache que j'ai un prénom, une histoire certes morcelée mais un passé dont il pourrait prendre connaissance. Je souhaiterais tant me révéler à lui mais je crains trop le jugement qu'il porterait sur cet homme qui longtemps n'a été pour lui qu'un animal sauvage qui venait chercher en sa personne un semblant de compagnie et quelques biscuits. Ainsi, craintif à l'idée même d'endosser la chair de ce Thaddeus que je suis pourtant pour les autres, je me décide à rester l'autour, à me complaire dans le plumage de l'animal que j'aurais à jamais dû rester, abandonnant dans mon ombre mon humanité, la reniant pour le plus grand malheur de celle qui a eu du mal à me remettre sur pieds. Pour elle, je n'ai qu'une pensée que je chasse bien rapidement et que j'enterre dans un coin de mon coeur, la laissant reposer avec l'amour qu'un jour je lui portais.

Lentement, je m'éloigne de lui et romps cette étrange étreinte pour mieux croiser son regard et ainsi émettre un léger piaillement, un roucoulement presque qu'il est rare d'entendre venant de ma part. A toi mon ami, j'aimerais dire tant de choses mais je me doute que tu m'apprécies pour mon silence. Je me doute que de moi tu n'aimerais rien si tu me voyais autrement qu'ainsi et je m'en désole un peu, me disant qu'au final, mes angoisses avaient raisons. Personne ne peut m'apprécier. Personne n'est réellement capable de me supporter. Je ne suis rien pour personne si je ne suis pas l'oiseau, et toi, mon ami, tu penses surement comme eux. Tu me détesterais si tu me voyais. Tu haïrais Thaddeus et l'éviterais comme la peste. Tu ne lui donnerais ni sourires, ni gâteaux, ni thé. Tu le laisserais dans sa cage, à tourner en rond et à faire des ronds de fumée pendant des heures sans te soucier de savoir si lui a besoin de quelqu'un ou non. De lui, tu n'aurais rien à faire et je ne t'en veux même pas. Bien au contraire.

A ses côtés, je remue à nouveau et émets un autre son presque joyeux alors que je m'installe sur ses genoux, comme pourrait le faire un chat, enfonçant mes serres dans l'étoffe de son pantalon et non sa chair pour mieux me saisir d'un autre biscuit que je commence à manger, créant ainsi de nombreuses miettes que je fais chuter sur ses cuisses et que je ne prends pas la peine de ramasser, me disant qu'il prendra bien le soin de les balayer d'un revers de la main quand il décidera de quitter ce fauteuil de retourner à cette existence qui est la sienne et dans laquelle je n'ai pas ma place.
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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Ven 5 Jan - 19:29

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Le concept de l’amitié est une chose vraiment complexe à tes yeux. Impossible d’en saisir les enjeux, et tu caresses ce doux rêve d’un jour être capable d’en comprendre les nécessités. Les échanges avec l’autour étaient pourtant si simples, si aisés. Il n’y avait aucun enjeu, aucune nécessité, tout bonnement des échanges motivés par une appréciation mutuelle. La présence de l’autour était apaisante, car elle semblait échapper au rythme naturel des relations humaines. Il n’était pas question de s’apprécier, vite, d’apprendre à se connaître, rapidement. S’apprivoiser, était au coeur de votre relation. Un tel oiseau ne pouvait guère se laisser approcher aisément, tu en avais conscience. Et pourtant, il était là, docile à tes côtés, affectueux, patient et attentif. Oh que tu l’appréciais pour tout cela. Son origine animale ne présentait en aucun cas un frein au développement de cette amitié. Elle n’en facilitait pas l’expansion. Elle se présentait seulement comme un fait. L’autour n’était pas humain mais il était plus proche de toi que n’importe quel autre individu dans la boucle. Une part de toi souhaitait surement que celui-ci fut ton égal. Tu aurais aimé entendre le son de sa voix, qui serait sans aucun doute d’une douceur égale à son plumage. Tu ne doutais pas du caractère réconfortant de son étreinte. Tu imaginais les battements rapides de son coeur humain, suggéré par celui à peine perceptible de l’atour. Mais tu admirais l’animal. L’affection serait dirigée en direction de l’Homme avec une intensité égale. L’oiseau portait en lui une infinie douceur, perceptible quand bien même tu étais incapable de poser des mots sur ses sentiments.

Le bec de l’autour vient caresser le nez, les lèvres, t’arrachant un léger frisson. Les yeux sont clos, le souffle coupé alors que la main caresse toujours le plumage de l’oiseau. Sa tête lovée contre ta joue, ton bras entoure l’animal pour resserrer l’étreinte silencieuse. Pas besoin de mots quand les corps s’étreignent, se rapprochent, communiquent. Le corps entier est soumis à de nombreux frissons et tu te doutes que l’autour lui-même perçoit ces étranges picotements. Les mots sont de trop, quand les chairs sont capables de se transmettre tant de tendresse. Pendant quelques secondes, le monde extérieur s’évapore. Il n’y a que la chaleur de l’autour, diffusée contre ta joue, et le battement de son coeur, la régularité de son souffle. Les yeux sont clos et l’univers pourrait s’effondrer que ni l’un ni l’autre ne serait à même d’en entendre les derniers sursauts. L’animal percevait-il tout ceci ? Avait-il seulement dans l’échine cet étrange frisson diffus ? « Si seulement nous pouvions rester ainsi... » Un soupir s’échappe des lèvres alors que se resserre doucement l’étreinte. Les plumes caressent ton visage, ce qui t’arrache un immense sourire. Tu n’as pas conscience de l’étrangeté d’une telle relation, tu n’as pas idée l’exceptionnel que manifeste une telle amitié.

Mais l’étreinte est rompue et le coeur rate un battement. Crainte de l’abandon. Le regard cherche celui de l’autour. Mais les sons qui s’échappent de son bec te rassurent. L’animal d’ordinaire si silencieux devient bavard et tu ne peux t’empêcher de sourire. « Chercherais-tu à me dire quelque chose mon doux ami ? » La main vient à nouveau caresser le sommet du crâne de l’autour, glisse doucement entre les ailes. « Je suis souvent seul à faire la conversation, je me doutais bien que ce n’est pas très plaisant. » Un léger rire. Le bras se tend et repose la tasse désormais vide sur la table. Les miettes tombent au sol et tu n’y réponds que par un simple haussement d’épaule. Tu les nettoieras plus tard. Ou peut-être vont-elles se nettoyer seules. Perspective fortement plaisante. Pourquoi personne dans la boucle n’est douté d’une telle particularité ? Un balais humain. L’idée est saugrenue et est balayée d’un geste de la tête, rejetant une mèche de cheveux en arrière. Il faudrait songer à les couper. Plus tard. L’autour vient s’installer sur tes genoux. Position inattendue mais profondément touchante. Il vient picorer quelques gâteaux encore posés dans une petite assiette. Tu l’observes faire. Il semble avoir faim, à nouveau. Mais tu ne poses pas plus de question et vient juste flatter d’une main tendre l’oiseau. Les paroles sont veines. Tu sais pertinemment que l’oiseau te comprend. Il est aisé pour l’oiseau de témoigner son intérêt pour toi et pour le flot de parole déversé malgré toi, souvent, sur l’autour. Tu t’en veux, un peu, d’être parfois si bavard, d’être souvent si avare de conversation, d’une présence rassurante. « Est-ce que tu me le dirais si j’étais insupportable ? Tu sais, je ne t’en voudrais pas. » Oui, tu le comprendrais. Ton ombre fut la première à se débarrasser de toi. Pourquoi l’autour souhaiterait conserver ta compagnie indéfiniment ? Le visage s’assombrit. Pourquoi un être tel que toi mériterait une telle amitié ? Le regard se détourne de l’autour, vient se figer sur l’âtre de la cheminée crépitant. La salle est emplie d’une chaleur rassurante. Pour rien au monde tu ne mettrais les pieds en dehors de celle-ci. Au contraire. Et si tu restais là ? Et si tu ne bougeais plus jamais ? L’autour lui, serait surement avide de mouvement, d’échappées à l’extérieur. Mais toi. Toi non, tu te contenterais de ce fauteuil moelleux, de la tendre compagnie du rapace et de la musique rassurante du feu qui crépite, harmonisée par le souffle régulier de l’oiseau.  


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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Dim 7 Jan - 20:14

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Il brise mon coeur ce petit au regard triste et aux mots qui ne devraient point être les siens. Les prunelles de nouveau posées sur sa personne, il arrive à fracturer et fragmenter un peu plus mon coeur, me faisant oublier les biscuits et la chaleur de son corps pour mieux me concentrer sur la peine que je lis désormais dans ses pupilles fuyantes et distantes, délaissant pour de bon l'idée de ne rester à ses yeux qu'un animal qui venait chercher en lui toute l'affection que l'humain ne pouvait avoir. D'un froissement d'aile délicat, je tente de le ramener à moi, mais voyant qu'il est persuadé qu'un jour je le délaisserais pour mieux trouver ailleurs ce que lui seul peut me donner, mais n'y parvient pas, car limité par le champ des possibles, prisonnier du corps d'un rapace qui n'est bon qu'à prendre la douceur et la bonté de quelqu'un sans jamais rien donner en retour, à part peut-être des miettes et l'empreinte de serres dans les vêtements. Là où lui est tout ce dont j'ai besoin pour fuir mes démons et mes angoisses, je ne suis à ses yeux qu'un voyageur opportuniste, un compagnon silencieux qui navigue et qui jamais ne s'attache à quiconque et certainement pas à lui. A la vue de son profil et de son regard qui n'attrape plus que la danse des braises qui dansent dans l'âtre, je comprends qu'il me voit comme une ombre fugace qui disparait à la lumière des étoiles et qui ne revient que quand l'envie se fait sentir. Je vois dans son silence et la distance qu'il installe entre nous qu'il est en réalité fatigué de mon silence permanent et de ce plumage qu'il disait trouver magnifique. De tout ce qu'il osait décrire comme plaisant, je réalise alors que ce n'était que des morceaux d'une vérité qui cachaient en réalité une peine, une crainte de l'abandon que je ne connais que trop bien. A sa place, je serais moi-même rongé par les mêmes doutes. Dans ce même fauteuil, face à ce même service en porcelaine, je serais sûrement dévoré par la même angoisse d'un jour finir seul et entouré que d'un vide qui se ferait le parfait résumé de mon existence. Je tremblerais à cette idée et ne me ferait pas aussi doux qu'il l'est en cet instant. Au contraire, je ne serais bon qu'à fumer en silence dans ma chambre, assis dans un coin de celle-ci, à fuir les monstres sous mon lit comme l'enfant terrifié que je ne devrais plus être tandis que les ouvrages ne seraient que de faux compagnons, des possessions matérielles qui ne feraient que combler un vide qui me rappelle ô combien ont disparus avec le temps alors que moi j'ai survécu, n'emportant que mes écrits et ma mémoire défaillante. Contrairement à lui, je serais faible et incapable d'être brave. Je me ferais encore plus sauvage et farouche que je ne le suis. Je serais une déception pour tout le monde, un embarras que l'on n'oserait plus déranger et que l'on penserait mort à chaque matinées. Plus personne ne viendrait toquer à ma porte et s'inquiéter des hurlements que j'ai pu pousser dans la nuit. Personne ne viendra m'aider à chasser les cauchemars et ne viendra me raconter leurs histoires pour mieux chasser les fragments de mon passé. Contrairement à lui, personne ne viendra m'attraper par la main pour me dire que tout va bien. Personne ne viendra et l'idée même me pousser à commettre l'ultime erreur que je regrette déjà. Vers Bartholomew, je me tourne et piaille doucement, dans le but non pas d'attirer son attention mais de lui faire part de la douleur que j'ai à le voir ainsi douter de l'affection que je lui porte. Puis d'un froissement d'aile, d'un battement à peine perceptible pour être réel, j'abandonne ma forme d'autour, troquant mes plumes pour la peau sensible et translucide de l'humain. De la silhouette gracile d'un rapace à l'élégance certaine, il n'en reste plus rien, juste les vestiges de quelques plumes qui bien vite disparaissent sur l'échine osseuse de l'amnésique qui bientôt prend place sur les genoux du jeune homme et vient enrouler ses bras autour de ses épaules, créant une étreinte intime, gênante, maladroite et pourtant teinté d'une envie paternelle de rassurer quelqu'un de trop jeune pour être brisé. Une expiration m'échappe, mes lèvres s'entrouvrent, mais rien ne me vient. Rien à part un silence qui trahit tout ce temps que j'ai passé sous la forme du rapace. Un silence qui dure peut-être bien trop longtemps et qui me fait prendre conscience de mon corps nu contre le sien et du caractère absurde de la situation que je viens de créer. Un frisson dévale mon échine et pourtant je resserre mon étreinte, désormais conscient que j'ai brisé cette amitié d'un simple geste déplacé.

"Je suis désolé..."

Ma voix n'est qu'un murmure rocailleux, une excuse soufflée du bout des lèvres et presque étouffée par le sanglot qui menace de m'échapper.

"Je voulais juste que tu saches... Je... J'aurais toujours été là pour toi. J'aurais veillé sur toi, je t'aurais écouté pendant des heures. J'aurais partagé tes silences comme tes paroles."

Mais ça ne sera plus le cas. C'est terminé. Désormais il va m'éviter et fuir comme la peste autant la silhouette de l'animal que celle de l'homme qu'il ne voulait pas rencontrer. Bientôt, je ne serais plus qu'un paria de plus, une silhouette quelconque qui formera le tout de cette foule qu'il fuit sans cesse. Bientôt, je ne serais qu'un souvenir qu'il veut oublier, une pensée distillée dans l'oubli et si une part de moi s'en désole, l'autre se dit que tout ceci n'est qu'une punition pour la vie qui fut un jour celle de l'homme dont j'ai tout oublié.

"Je ne t'aurais jamais abandonné et je ne me serais jamais lassé de toi. J'aurais été ton ombre si tu me l'avais demandé."

Je déglutis difficilement et expire à grand peine l'air dans mes poumons, me reculant légèrement avant de baisser la tête et d'ainsi lui épargner la vision de mon être, décidant qu'il est mieux pour moi de disparaitre et de me cacher à nouveau sous le plumage du rapace. Chose que je fais après un battement de cils fugace avant de m'envoler rapidement vers le meuble le plus proche, au sommet duquel je me perche pour mieux l'observer et ainsi me préparer aux adieux à venir. A ce qui se feront dans les larmes et les hurlements, ce où il me dira de ne jamais revenir et retourner me terrer dans la chambre que je n'aurais jamais dû quitter.

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Bartholomew L. Hodgkin
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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Lun 8 Jan - 21:52

Enjoy the silence
Bartholomew & Thaddeus

Rares étaient les êtres dont la seule compagnie était apaisante. Peu d’individus pouvaient se vanter d’avoir cet effet sur toi, la capacité d’atténuer le chaos de tes pensées. Le sifflement des souvenirs diffus de la guerre s’estompent, eux aussi. Et règne dans l’âme blessée et terrorisée qui est la tienne un étrange silence, réconfortant. Certains sons avaient la même capacité. Le doux souffle de l’autour était une mélodie attendrissante. La douceur de son plumage provoquait un frisson dans l’échine et le besoin incompréhensible de cacher ton visage derrière ses belles plumes. Oh l’autour n’avait pas conscience de l’enfer qui prenait vie dans ta tête. Le corps ne laissait rien trahir, habitué, formé autour de celui-ci, véritable cocon protecteur. Le corps comme portes des enfers, l’ombre comme Cerbère. Qui souhaiterait emprunter la rivière du Styx, se condamner à la damnation ? Briser la barrière du corps, atteindre l’âme. La tête se secoue à nouveau. Impossible d’imaginer sanctionner quelqu’un de la sorte. Heureux peut être l’autour de ne posséder aucun accès à cette partie là de toi. Heureux peuvent être les personnes qui survivent à ta simple présence. Voir derrière le masque. L’autour pourrait-il seulement le supporter ? Voudrait-il encore voler à tes côtés ? Qui le voudrait ? L’ombre elle-même ne souhaite pas être proche du corps, pourri de l’intérieur. Et ce feu. Ce feu qui crépite, qui se reflète dans les yeux vitreux d’un être absent.

Pourtant tu perçois encore l’autour qui s’agite. Il est encore là, aux creux de tes bras. Tu sens encore la douceur des plumes qui se déploient sur tes bras nus. Tu sens encore la chaleur qui émane de son petit corps. Et tu sens battre son coeur, comme si il était une extension du tien. La respiration se cale sur la sienne. Et ta poitrine se soulève en même temps que la sienne. Etrange sentiment que celui d’être en harmonie avec le corps d’un autre, aussi peu humain soit-il. Dieu n’a-t-il pas créer tous les êtres à son image ? Pourquoi diable un oiseau serait donc éloigné d’un humain, si comme lui, il possède des organes qui lui assurent la vie, un souffle tiède, des besoins plus ou moins manifestes et une conscience ? Parce que non, tu ne doutais pas du fait que l’oiseau possédait une conscience. Il avait fait ses preuves à de nombreuses reprises et il était toujours fascinant de voir l’autour attentif aux monologues que tu débutais toujours avec plus ou moins de hasard. Les piaillements de l’oiseau te sortirent de tes réflexions. Jamais tu n’avais entendu de tels sons sortir de l’autour. La main vient se placer sur le dos de l’oiseau, les sourcils se froncent. Concerné. Puis en une fraction de seconde, ce n’est plus un bel oiseau au doux plumage qui se tient sur tes genoux mais un jeune homme totalement nu. La main posée sur son dos avant la métamorphose se retrouve placé sur la colonne vertébrale de celui-ci et la chaleur évanescente de l’autour a laissé place à la froideur de la peau. Un hoquet d’étonnement t’échappe. Les yeux clignent, cherchent, comme à l’intérieur d’un appareil photo, à faire la mise au point.

L’esprit s’embrouille. Il y avait l’oiseau, et maintenant… Maintenant il n’était plus. A sa place trônait un bel homme nu, à la chevelure brune et au regard attristé. Les bras de celui-ci s’enroulent autour de toi et le souffle se coupe. Etreinte intime, peu souvent partagée. Le coeur tambourine dans la poitrine et le souffle reste coupé. Et ce regard. Le sien, d’abord, qui semble scruter ta réaction, puis le tien, qui avec pudeur, détaille le corps inconnu. Il y reconnaît des traits similaires. Il reconnaît dans la peau la douceur des plumes. Les doigts caressent machinalement le dos de l’homme. Situation incongrue et pourtant incapable du moindre mouvement. L’homme s’excuse. La voix est tendre, bien que rocailleuse. Tu l’aurais parié. Un sourire s’affiche doucement sur le visage. La tentation d’enfouir la tête dans le cou, trouver la chaleur, sentir la douceur. Réconforter l’homme aux traits affligés. La main continue à parcourir le dos. « Mais pourquoi devrais-tu t’excuser … ? » Non, vraiment, tu ne pouvais comprendre. L’autour, devenu homme, n’avait aucun tord. Bien sûr, il avait dissimulé sa nature humaine, il n’avait surement simplement jamais eu l’occasion de t’en parler. Un autour n’est pas réellement doté de parole. Comment aurait-il pu, par des gestes, des couinements, expliquer une telle chose ? Il avait été fascinant sous les traits d’un oiseau et devenu homme, il attisait cette curiosité. Le corps faible tressaille alors que les lèvres se confondent en excuses. L’étreinte se resserre doucement, faire taire les sanglots. « Mon tendre ami… » Les sourcils se froncent et une main libre vient se porter sur la joue de l’homme, qu’elle caresse lentement. Le regard se plonge dans le sien. « Tu n’as pas à chercher la moindre excuse. C’est à moi de m’excuser d’avoir… D’avoir eu peur que tu puisses disparaître.  » Les sourcils se froncent un peu plus. Oui, tu étais en tord et oui, tu avais craint pendant une poignée de secondes que l’autour disparaisse, s’évapore, comme l’ombre avait pu le faire. Et pourtant, de sa voix d’homme à peine retrouvée, l’autour te réconforte. Ses paroles glissent sur toi, provoquent un frisson dans l’échine et les yeux sont parcourus d’un étrange picotement. La gorge est nouée et les bras se referment un peu plus sur le jeune homme. « Tu ne peux pas dire ça voyons… Ma propre ombre ne veut pas de moi, tu le sais… Je suis terrible à vivre… » Les colères. Orages terribles, dévastateurs. Il aurait fuit. Il n’aurait pas eu d’autres choix. Mais alors qu’encore une fois les bras veulent rapprocher l’ami contre toi, l’étreinte se brise alors que l’autour, enveloppé de son épais plumage, s’envole loin de toi.

Le coeur se serre alors que le corps se lève d’un bond. « Pourquoi fuis-tu ? Qu’est ce qui te fais peur ? Très bien, tu n’es pas un oiseau ! Et je n’ai pas d’ombre ! Nous n’y pouvons rien mon ami ! » La voix est calme, posée, et l’accent français transparait bien plus que d’ordinaire. Une certaine émotion s’est emparée de toi. Mélange d’excitation, de regrets, peut-être. Impossible d’y mettre les mots dessus. Tu te rapproches lentement de l’autour pour tendre une main compatissante pour cueillir lentement la tête de l’oiseau dans ta paume. Un doigt parcourt machinalement le sommet du crâne. « J’aime le son de ta voix. » Un léger sourire alors que tu t’éloignes un peu de l’oiseau pour tirer de ta poche un paquet de gauloises. L’une d’elle est coincée entre tes lèvres. Tu viens l’allumer rapidement. « Et tu es plutôt beau garçon.  Je m’en serais douté, rien qu’en voyant ton plumage et en écoutant ton chant. » Oh tu n’étais pas déçu. Pourquoi le serais-tu ? Ton ami était fascinant. Et tu aimais être entouré d’être exceptionnels à sa mesure. Vie par procuration. De vous deux, tu étais surement celui qui avait le plus honte de sa propre condition, celui qui en était le plus affecté. Mais encore une fois, le corps était une barrière nécessaire et vitale, retenant les vapeurs infernales bouillants dans les entrailles.  


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Thaddeus Gentilis
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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Mar 9 Jan - 16:41

Enjoy the Silence
Bartholomew & Thaddeus
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Mes serres s'enfoncent dans le bois tendre du meuble, tandis que la pupille pleine d'une angoisse que je ne maîtrise pas, je contemple mon tendre ami, celui que j'ai peur de perdre, celui que j'aime, se lever et chercher à me retenir malgré ma fuite. Pour lui, qui si bien laisse transparaître les vraies couleurs de son être, je piaille simplement quand il tend la main vers moi et se permet de glisser un doigt le long de la courbe de mon crâne, caressant ainsi les petites plumes qui entourent ma tête et me donne ce profil qu'il dit tant aimer, cette allure qui l'attire et qui en ce jour lui font dire que chez moi il aime tout, même l'humain à la voix cassée qui ose se terrer sous la carcasse frissonnante de l'autour. Pour lui, je n'ai qu'un regard alors qu'il tente de me charmer, de me rassurer en m'assurant que je ne devrais avoir honte de rien et surtout pas de ce que je suis. Qu'à ses côtés j'ai ma place et qu'à ses yeux, je suis beau qu'importe mon apparence. Et si durant une seconde, durant un battement de coeur j'ai envie de croire qu'en effet, j'ai tout de celui qu'il peut aimer et apprécier, je retombe rapidement dans des travers qui sont les miens, des défauts de ma personnalité qui me font douter et qui l'espace d'un instant m'empêchent de faire plus que de me recroqueviller sur moi-même et de fermer les yeux, me plongeant ainsi dans une obscurité qui est propice à laisser remonter de vieux démons. Des monstres qui dans mon esprit m'assurent que tout ceci n'est que mensonge et infamie, des inepties qu'il produit et déverse dans l'espoir de me duper et de me faire à nouveau prendre la forme de ce Thaddeus qu'il pourra ensuite mépriser et détester. Un frisson hérisse les plumes sur mon échine tandis que dans mes veines se répand le poison presque mortel que sont l'angoisse et les craintes alors qu'à mon oreille, je n'entends plus que la vérité de mes doutes, celle qui me hurle que l'humain ne sera jamais plus qu'une déception dans la vie de celui qui mérite qu'on lui offre ce que le monde a de plus beau à donner. En cet instant, j'ai envie d'hurler, de supplier que l'on fasse taire ce qui embrouille mon esprit et me coupe de ce moment qui devrait se faire doux entre nous. J'aimerais crier la fin de cette erreur qui fut la mienne et effacer la mémoire de Bartholomew pour qu'il oublie ce Thaddeus que je n'ai pas envie d'être à ses yeux et ainsi rejouer ce passé qui était notre présent à tout les deux, ce temps où je n'étais rien de plus qu'un animal qui venait se réchauffer contre sa silhouette si particulière et qui profitait du silence ou de ses mots pour se ressourcer et retrouver l'envie de simplement exister. De ce faux pas que j'ai commis, je voudrais me débarrasser et revenir à la simplicité de cette relation que nous avions, et non me retrouver face à son regard et ses lèvres, qui avec une délicatesse à l'élégance certaines, réclament le retour de cet homme pourtant oubliable et fade qu'est l'amnésique Thaddeus. Un soupir presque douloureux m'échappe, se faisant un appel à l'aide, une supplique même que je lui adresse, une demande silencieuse de simplement ignorer cet être sans importance qui de toute façon n'est qu'une ombre fuyante qui n'a rien de séduisante ou de beau à envier, dont la voix n'est en rien charmante ou agréable et dont le physique n'est ni élégant ni attrayant. J'ai envie qu'il comprenne, qu'il réalise que le rapace est tout ce qu'il y a de beau chez moi, mais à l'entendre, à le voir ainsi fumer et jouer de ses cils pour m'amadouer, je finis par quitter mon perchoir, atterrissant ainsi devant lui pour mieux redevenir humain et lui prouver que chez moi, il n'y a rien à sauver ou à aimer mais au contraire, tout à détester et mépriser.

Sur la pointe des pieds, presque, je me révèle de nouveau à lui, offrant à son regard une vue nouvelle sur mon corps finement musclé parsemé de cicatrices appartenant à un autre qui fut un jour ma seule identité. La tête basse et le regard fuyant à cause de la honte que je ressens à exposer ma chair à nue, je frissonne un instant et serre les poings, faisant craquer mes phalanges alors que d'entre mes lèvres, glisse une vérité qui n'appartient qu'à moi, un fragment des doutes qui rongent sans cesse mon être et m'ont fait un instant briser la promesse que je m'étais faite de ne jamais lui dévoiler la peau fine et fraîche de l'être pathétique que je suis.

"La beauté je ne la vois que chez toi ou dans les plumes du rapace. Sous cette forme, il n'y a rien de désirable à contempler."

Les sanglots reviennent et menacent de m'étouffer, serrant ma gorge avec une force qui manque de me faire suffoquer sur mes propres paroles et pensées. Mes épaules recommencent à trembler et le regard toujours vissé au plancher, il me faut un long instant pour retrouver l'once de courage dont j'ai besoin pour lui faire de nouveau entendre de ma voix si rêche en cette journée que j'ai passé à fuir un monde auquel j'ai l'impression de ne plus appartenir.

"Je voulais rester un rapace à tes yeux et non devenir un humain que tu pourrais chercher à fuir… Je…"

C'était égoïste comme pensée. Je voulais être différent. Je voulais être aimé, apprécié, recherché. En lui, je souhaitais trouver ce que j'évite chez les autres, à savoir une envie de m'attendre et de me voir, un besoin presque d'être en ma compagnie et de fuir les autres pour mieux apprécier la mienne. Je voulais être spécial à ses yeux et le rester. Je voulais être celui vers qui il venait pour trouver refuge et oublier ce monde qu'il semble si peu aimer. Je désirais m'effacer et entre ses mains être ce qu'il voulait, mais voilà, une fois de plus, j'ai été incapable de ne pas être une déception.

"Je suis désolé de tout ça, mon ami. J'ai l'impression d'être comme ton ombre, infidèle et décevante."

Je me mords un instant la lèvre, manquant de faire perler un peu de sang au bout de celle-ci.

"J'aurais tout fait pour toi. N'importe quoi. Je voulais que tu m'apprécies autant que je chéris notre amitié."

Un sourire bien triste illumine mon visage tandis que je trouve la force de lever les yeux vers lui et de poser mes pupilles ternes dans son regard si vif à l'éclat aussi rêveur que celui des étoiles.

"Je souhaitais être différent des autres à tes yeux."


Je voulais que tu m'aimes, mon tendre ami. Que tu caresses mon plumage et que tu me dises de ne jamais partir. En toi, je cherchais ce que peu m'offrent. Dans ton regard, je voulais voir une note de fierté et de compassion tandis qu'entre tes lèvres, auraient glissé les récits de ta vie qui auraient bercé mon sommeil et ainsi fait taire les cauchemars qui m'empêchent de trouver le sommeil. J'attendais tant de toi et mon erreur fut de croire que tu aurais pu m'accepter. Voilà tout ce que je ne lui dis pas en cet instant et que je garde pour moi, par pudeur et honte, par crainte aussi mais par bravoure surtout. J'aurais pu à jamais rester un oiseau pour lui et me cacher pour le reste de l'éternité sous le plumage rassurant de l'autour mais j'ai été plus courageux que ça. Pour la douceur de son regard, je me suis révélé, et si en ce moment, je crains toujours les mots qui pourraient s'échapper d'entre ses lèvres, je me félicite aussi d'avoir quitté la cage qu'était devenu mon corps en cette journée.

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MessageSujet: Re: (Bartholomew) - Enjoy the silence   Hier à 22:50

Enjoy the silence
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Le corps peine à se placer dans l’espace. Malhabile, tout à coup devenu si fragile, si maladroit. Le moindre coin de table devient une arme terrifiante, pointée sur le corps frêle. Sensation d’étouffer. Besoin de secourir l’autour. De fondre sur lui. Le rassurer. Trouver les mots. Mots qui glissent sur la langue, s’échappent de deux lèvres rosées. Terreur qui prend racine dans le creux des entrailles, qui grandit peu à peu. Peur de le perdre, crainte de le voir s’envoler, franchir la fenêtre, ne jamais revenir. Retourner à son point de départ. Sentiment de déception. Oh tu te déçois. Tu aurais pu réagir d’une autre façon. Incapable de poser les termes. Tout reste vague. L’oiseau est homme. L’homme est oiseau. Les plumes laissent place à la chaleur d’une peau douce, parcourue de poils, alimentées par le flux continu des veines battantes. Le coeur qui bat, plus vite, avec plus d’intensité. La voix remplace le chant de l’oiseau. Les mots ont le rôle des sons. Deux personnages en un seul individu. Le masque tombe, se remet. La voix change et pourtant le regard est identique. Lueur de tristesse, mélancolie profonde d’un oiseau qui ne saurait voler, et d’un homme qui ne saurait marcher. Sauver l’autre, au dépend de soi. Les termes tous plus incompréhensibles les uns que les autres s’échappent de ton esprit embrumé. Rassurer.

La silhouette discrète de l’autour laisse place à celle de l’homme. Les traits sont fins, le corps peu épais. Tu as l’impression de voir surgir devant toi un ermite, âme solitaire isolée de la civilisation. As-tu cette même étincelle de folie sous-jacente dans le regard ? Perte d’une humanité, d’une raison. L’animalité a-t-elle prit le pas sur l’esprit de l’Inconnu ? Est-il seulement doté de ce que l’on a depuis des années nommé « raison » ? La beauté n’existerait que dans le ramage de l’oiseau et dans tes propres traits. Un sourire est arraché du visage pourtant d’ordinaire impassible. « Mais voyons mon ami… Tu n’as rien à envier à la vieille croute que je suis ! » La voix est enjouée et le corps est happé par celui de l’inconnu. Une main qui se veut rassurante vient s’enrouler autour de l’épaule droite. Quelques doigts timides caressent la peau fraîche. Besoin de materner, apporter de la chaleur. Geste rapide. La veste est enlevée et jetée sur les épaules de l’autour. Les mains viennent frotter les bras, réchauffer l’ami. Un léger sourire à nouveau sur les lèvres. Aller faire plus de thé. La tasse doit être froide. Il ne faudrait pas qu’il tombe malade. Tu t’en voudrais si c’était le cas. Perdu dans tes pensées, tu ne remarques pas les sanglots qui viennent secouer les épaules désormais recouvertes d’un épais gilet de laine.

Rester un rapace… N’en est-il toujours pas un ? « Mais, mon ami, tu restes un rapace. Tu as juste un corps différent. Tu seras toujours un rapace, quand bien même tu possèdes là, actuellement, des traits humains. Il me semble bien que ce n’est que temporaire une telle situation. » La tête se hoche alors que les sourcils sont froncés. Comprendre la complexité de la chose. Essayer d’en trouver une définition claire. Incapacité. « Tu n’es pas condamné à être l’un ou l’autre. Tu as la liberté de choisir entre deux états. » La tête est à nouveau secouée avec vigueur et détermination. Oh que tu aimerais avoir le don de changer de forme à volonté. Toi, tu ne possèdes que ce corps jeune, friable. Un regard est jetée sur les membres dénudés. Les mains sont creusées et les veines apparentes.

«  Enfin voyons ! Comment oses-tu te comparer à elle ! » Ton ton de voix est soudainement plus virulent. Vague d’agacement. Comment l’ami qui était face à toi pouvait seulement se comparer à ton ombre, infidèle, rusée et insaisissable ? Oh, il n’avait rien à lui envier, ni aucune caractéristique en commun avec elle ! Il semblait patient et dévoué, tout son contraire. Le corps se tend à nouveau en direction de l’ami. La main vient retrouver l’épaule, qu’elle caresse. « Tu es tout sauf infidèle, et encore moins décevant. Tu ne cesses et tu ne cesseras de me surprendre mon tendre ami. Tu ne devrais pas te poser tant de questions à mon égard. » Un léger sourire, qui se veut encourageant. Une main se plonge dans la poche du pantalon et en sort un paquet de gauloises. Une est coincée entre les lèvres encore tordues en un grand sourire. Main tendue, propose à l’ami de se servir. Un oiseau peut-il seulement fumer ? Tu n’as jamais vu l’autour s’intéresser à la fumée de tes cigarettes, mais peut-être que l’homme en aurait-il besoin.

Le regard du jeune homme croise enfin le tien et ton corps entier est parcouru d’un étrange sentiment de chaleur. La sensation d’être observé, sondé, entièrement. La tête se secoue, veut s’opposer aux paroles qui parviennent à l’esprit endormi. « Mon ami, doutes-tu seulement de la réciprocité de ce sentiment ? Je me serais attendu à mieux de ta part. » La main vient, par automatisme, trouver la joue du jeune homme pour la caresser, comme l’autour aurait pu être flatté d’une caresse. Ton pousse parcourt pendant quelques secondes l’étendue de la joue rugueuse. « Tu es différent. » Les pupilles sont plantées dans celles face à elles. Elles ne les quittent pas. Ne rompent pas le contact. Promesse invisible, indicible. Promesse d’un amour éternel, inconditionné, inégalé. « Je ne connais pas d’autre autour qui soit doué de parole. Je pense donc que tu restes assez exceptionnel dans ma vie. » Un autre sourire est adressé à l’homme, dont la nudité apparente ne t’apparait qu’à cet instant. Le regard se détourne, pudique, alors que le sourire ne saurait se déchausser du visage. « Pourrais-je connaître ton nom ? » La demande est timide, à peine soufflée. Tu comprendrais qu’il ne fut possible à l’oiseau de mettre un nom humain à sa personne. Envie d’être caché, dissimulé derrière une montagne de plumes, balayée en un bruissement d’ailes. La main vient allumer la gauloise coincée entre les lèvres. Une grande inspiration et prise et en une expiration est échappée la fumée grisâtre. Elle s’envole, disparaît dans la chaleur de la pièce. Et le feu, lui, crépite toujours.


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