curiosity killed the tree (achille)
 ::  :: Tenterden

Mara Desai
douce fleur fanée

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☾☾ Miroir :

☾☾ Particularité :
Une carresse suffit pour que ces pétales gorgés de vie se flétrissent et perdent toute beauté. Ces mains que sont les siennes sont un véritable fléau pour toutes délicates œuvres de la Nature, faisant de toute flore une enveloppe desséchée.
☾☾ Bizarrerie :
Tick tock. Montre en main la jeune femme se précipite au dehors afin de rencontrer ce même vent qui l'accueille au dehors à chaque renouvellement de la boucle. Tick tock. Ce même nuage aux allures de lapin gambade aujourd'hui encore dans un ciel éternellement gris. Tick tock. Tout dans la boucle est un recommencement.
☾☾ Années :
Vingt-deux années ponctuées de douceur et d'amertume.
☾☾ Occupation :
Elle parcourt les rues récemment trempées par la pluie, s'arrêtant pour capturer de son appareil le reflet d'un arbre dans un flaque ou encore l'onde d'une feuille dans l'eau.
☾☾ Myocarde :
Un battement mécanique, animé seulement par le sang coulant dans des artères. Son cœur n'a jamais battu pour autrui mais il a soif de ce doux nectar
☾☾ Missives :
21
☾☾ Trogne & crédit :
neelam gill (autumnleaves)


MessageSujet: curiosity killed the tree (achille)    Mer 3 Jan - 14:06

curiosity killed the tree
Click. D’un mouvement de doigt la course de l’oiseau s’arrête pour toujours, imprimée à jamais dans l’argentique de sa pellicule. Simple animal ou être particulier en pleine escapade, Mara ne peut savoir. Depuis son arrivée dans la boucle quelques semaines auparavant, tous ses repères avaient été balayés. D’être maudit elle est devenue particulière ; de chaleur étouffante elle grelotte maintenant du froid ; de familiarité elle baigne désormais dans l’inconnu. Alors du mieux qu’elle peut elle se rattache à un semblant de routine, saluant le vent à dix heures cinquante-quatre minutes et dix-huit secondes, étant éblouie par l’unique éclaircie de la journée à midi vingt-deux et évitant la pluie quotidienne de quatorze heure quarante-cinq à quinze heures tapantes. Mais même avec cet emploi du temps plus ou moins contraignant, la voici à quinze heures trente-six minutes et maintenant dix-sept secondes à déambuler dans les rues sans grand intérêt si ce n’est pour ces quelques oiseaux qu’elle a la chance d’apercevoir parfois.

Jamais Mara n’aurait pensé ressentir cela un jour, mais la maudite Delhi lui manque. L’agitation urbaine lui manque, les murmures de ces vipères de mères aigries lui manquent, les disputes quotidiennes de ses voisins lui manquent, les mœurs et les coutumes lui manquent. Ici, tout était trop poli à son goût, plat, sans grands drames publics ou disputes de rues. Ce désert dramatique l’assoiffe, la pousse à tendre l’oreille, à écouter le plus faible chuchotement annonciateur d’agitation. Mara se transforme en l’une de ces commères que l’on peut trouver à Delhi ; à épier les moindres mouvements des plus jeunes pour finalement répandre leur venin auprès de leurs parents. Elle connaît bien ces femmes-là, a goûté à l’âpreté de leurs paroles et s’est promise une chose : ne jamais devenir l’une d’elles.

Mais voilà Mara, immobile sur le pavé tentant de comprendre ce qu’elle entend. Des reproches, de l’indignation, elle entend des bribes ici et là, des bien juteux « je n’arrive pas à croire que tu aies osé », des « j’ai tout fait pour toi » emprunt de déception. Oh tant d’émotions, oh tant d’adrénaline dans ses veines, et sur le moment, Mara se hait. Mais comment résister à un tel appel, comment ne pas vouloir briser le calme et la monotonie, elle n’écoute que pour ses propres oreilles. Alors la voilà qui se penche un peu plus vers la haie, un peu trop vite, un peu trop forte. Là voilà qui perd l’équilibre et tend la main vers ce vert feuillage.

Une infime seconde avant qu’elle ne se rappelle. Une infime seconde trop tard. La belle verdure se flétrit, ces feuilles censées protéger du regard des curieux ne sont plus qu’un doux souvenir. Ne reste qu’une base branchue et noircie. Au moins maintenant Mara voit, et peut entendre aussi. Elle voit le chat allongé de tout son long dans ses restes de litière. Elle entend la femme l’injurier de tous les noms. L’adrénaline a disparu, son cœur est maintenant dans son estomac, son cerveau est figé. « Maaf kijiye… Pardonnez-moi, le sol, la pluie… j’ai perdu l’équilibre. » Mais ces misérables excuses n’ont pas l’air d’être efficace. La femme se rapproche, ses mots se font plus imagés et par la même occasion le vocabulaire de Mara s'étend.
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sweeping scents & blue hydrangea
blue hydrangea, cold cash divine; cashmere, cologne and white sunshine; red racing cars, sunset and vine; the kids were young and pretty. where have you been? where did you go? those summer nights seem long ago and so is the girl you used to call. ▬ TITANIA
 
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Achille Caplan
démon veilleur

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☾☾ Particularité :
Apparence démoniaque. Deux protubérances pointues se hissent sur le sommet de son crâne tandis qu'une queue noire, pointue, venimeuse, naît au bas de son dos.
☾☾ Bizarrerie :
Craint la douzième minute de la douzième heure de la journée. Cet instant tout particulier le terrifie, sans raisons connues de sa part, et la seconde qui suit, toute peur quitte son organisme.
☾☾ Années :
Quarante-six années se sont écoulées derrière lui.
☾☾ Occupation :
Protéger les êtres englobés sous la boucle, veiller à leur sécurité à la fois au sein de cette boucle mais aussi à l'occasion au sein de la fête foraine.
☾☾ Missives :
69
☾☾ Trogne & crédit :
Richard Armitage


MessageSujet: Re: curiosity killed the tree (achille)    Ven 5 Jan - 16:38

Curiosity killed the treeSo many people that I know, they're just tryna touch ya. Kiss up and rub up and feel up, kiss up and rub up and feel up on you. Give you some time to prove that I can trust you again. I'm gonna kiss up and rub up and feel up. Kiss up and rub up and feel up on you  
Accalmie. Après ces quelques jours tumultueux, Achille retrouvait son quotidien apaisant. Ces derniers temps, les esprits semblaient échauffés. La fête foraine devait y être pour quelque chose. A moins que ça ne soit son aversion pour ce lieu qui modifiait son jugement. L’homme détestait cet endroit. Pourtant, il parvenait à en comprendre le principe. L’idéal était beau mais la réalité était toujours beaucoup plus laide. Au final, l’intégration était nulle. Moqueries, curiosité malsaine et goût du risque motivaient les quelques âmes en peine qui s’aventuraient jusqu’à cette fête foraine aux allures de freak-show moderne. Un jour, peut-être, trouveraient-ils la solution à cette exclusion permanente.

Pour l’heure, Achille se baladait à l’intérieur de la boucle. Véritable bulle temporelle, elle les protégeait d’un monde qui ne voulait pas d’eux. Quand bien même quelqu’un distinguerait leur anomalie, cette personne l’aurait oublié dès le lendemain. Ils étaient en sécurité, protégés par les Ymbrynes qui y sacrifiaient leur existence. Quelque part, c’était d’une tristesse affligeante. Ces gardiennes, qui ne possédaient au final pas un don handicapant dans la vie de tous les jours, devaient renoncer à vivre dans la réalité linéaire pour le bien du plus grand nombre. Achille les trouvait fascinantes, absolument fascinantes.

Il marchait dans les rues de Tanterden, les mains dans les poches de son pantalon noir. Un simple bonnet sur le crâne pour dissimuler les deux cornes qui jaillissaient de son front. A pas lents, Achille traversait la petite ville tranquille. Parfois, il avait besoin de faire le point. La morosité le gagnait souvent quand il s’isolait mais le démon en ressentait la nécessité. L’esprit ailleurs, il faillit ne pas remarquer le litige qui enflait à quelques enjambées de lui. Achille leva naïvement les yeux, perturbé dans ses songeries par des voix courroucées et croisa deux femmes. L’une approchait l’autre, les joues rougies par la colère. Elle brandissait un doigt accusateur en l’air, les yeux envoyant des éclairs. L’autre était en retrait, apparemment confuse et prise au dépourvu.

Devant elle, une haie avait littéralement fané. Ne restait plus de la plante verte qu’une vieille tige, maigrichonne et bancale. Achille haussa les sourcils, reconnaissant bien là les signes d’une particularité. L’homme s’avança vers les deux individus. Peut-être n’aurait-il pas dû s’en mêler. Cette histoire ne le concernait pas, elles semblaient toutes les deux adultes et aptes à se défendre seules. Pourtant, Achille avait remarqué le jeune âge de la fautive. Elle avait l’air tellement désolé, probablement victime de sa propre particularité. Et l’autre femme l’invectivait avec une colère non dissimulée. L’instinct paternel d’Achille s’en voyait percuté. Il s’arrêta donc à hauteur des deux femmes et croisa les bras sur le torse. « Bonjour mesdames ».

Sa voix rauque et puissante lui permit d’attirer l’attention des deux partis. « Peut-être pourrions-nous baisser d’un ton ? ». Même si cela sonnait comme une question, son regard froid et son ton sans appel laissaient comprendre le contraire. Achille avait tout d’une gargouille. La froideur, la carrure. De prime abord, il était plutôt imposant. Souvent, l’homme s’en servait à son avantage. « Mademoiselle, pourrions-nous avoir une discussion ? ». Il fit signe à la plus jeune des deux femmes de le suivre. Avançant dans la rue en silence, ils pouvaient toujours entendre la plus âgée grommeler et râler avec véhémence pour sa pauvre haie.
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