.But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.
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Twice
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Le premier fuit les reflets, le second le désordre de la réalité ; celui-ci enrage de son image, amer ou effrayé, quand celui-là frissonne d'une bagatelle en travers de son tracé. Et ce réel qui toujours leur échappe.
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Vingt-deux automnes & soixante-quatre sempiternelles années.
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Squatteurs invétérés de bibliothèque et de Maison hantée.
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Matthew Bell


MessageSujet: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mer 3 Jan - 15:06

C'est là votre seconde Maison. Peut-être la troisième en vérité, si vous vous permettez une brève réminiscence de votre foyer initial, ce profane royaume perdu quelque part dans la mémoire d'un vieux Londres perclus de vices et des souillures à jamais inaccessible. Trop ancienne ou trop contemporaine, les deux frontières qui vous enferment désormais – le printemps de quarante et un d'un côté, de l'autre les jours fastes de deux mille dix-sept que cinq heures séparent de plusieurs décennies. Votre époque, l'authentique, la véridique, celle qui vous vit naître et disparaître, elle n'existe pas encore ici alors en vain vous tentez de la recomposer à l'intérieur de votre chambre, capharnaüm anachronique d'objets aux origines dévoyées ; et quand vous la quittez pour rejoindre la Maison hantée, c'est un peu de l'air de Strychnine qui se faufile dans l'embrasure de la porte pour se déposer sur vos épaules.
Se rendre aux Curiosités Imaginaires ressemble peu ou prou à un retour bâtard aux sources. Il y a une poignée de semaines de cela, le changement de lieu avait eu l'attrait des grands bouleversements, exode miniature dans une campagne qui ne vous avait guère dépaysés à l'aune de votre précédente habitation. Le quartier des Portes ne vous manque pas, car vous avez retrouvé ici à plus vaste échelle le dédale des couloirs et la multitude de pièces qui en faisaient le charme, et si les salles communes se veulent maintenant plus fréquentées qu'un mois en arrière, seul Left en ressent parfois un relent d'oppression qu'il se hâte de dissiper en s'éloignant ou en se réfugiant le temps nécessaire dans la cage thoracique de Right. Aux yeux de ce dernier, en revanche, il reste mille et deux choses à découvrir, un nouveau monde à conquérir que l'immuable saison ne s'est pas résolue à ternir : le même timide soleil a beau briller, la pluie saluer de ses doigts humides le début de l'après-midi, tout possède encore l'arôme du neuf et la texture de l'inédit. C'est d'ailleurs lui qui avait demandé – avec moult insistance et beaucoup, beaucoup trop d'obstination pour que cela soit moins qu'une inébranlable exigence – à son jumeau d'intégrer la Foire. Il avait usé de n'importe quel stratagème disponible, n'importe quelle technique à portée de main pour obtenir cette faveur : refus constant de coopérer, commentaires désagréables ou au contraire mielleux à l'excès, flatteur jusqu'à l'asphyxie ou bien gêneur de première catégorie, rien n'était assez sournois, assez manipulateur pour accéder à sa volonté. Et Left, après plusieurs jours d'une bataille perdue d'avance consistant en levers laborieux empêtré dans des membres qui n'étaient pas les siens – quoique si, d'une certaine manière – et que leur propriétaire respectif ne daignait pas récupérer sans caprice, forcé de remuer l'ensemble de la bibliothèque pour dénicher les boutons de manchette que son frère avait dissimulés dans les étagères, éreinté par les nuits blanches que ce même frère lui infligeait à coup de coudes dans les côtes, voire de roucoulades au moins aussi pénibles à supporter, avait abdiqué. À reculons. Pour ne pas dire les pieds devant, avec derrière les ongles griffant le parquet. Mais il avait accepté, et Right avait savouré sa victoire en franchissant le seuil de la Maison hantée.

Il n'avait pas fallu longtemps avant que Left, à contrecœur, avec la plus mauvaise foi de l'univers, reconnaisse que s'occuper d'une telle attraction n'était pas aussi déplaisant qu'il avait été capable de le concevoir. Réticent tout d'abord, il lui avait suffi de constater que l'enthousiasme – disons même l'euphorie – de son jumeau le contaminait à son insu pour cesser ensuite de mentionner leur querelle préalable. Peu à peu, vous vous êtes appropriés cette antichambre des illusions sans vous rendre compte des similitudes que vous partagiez avec elle : porteuse en son sein de l'entrée de la boucle, elle laisse s'entrelacer le réconfort du refuge et l'excitation de l'originalité, dresse les solides parois d'un intérieur rassurant tout en ouvrant sur une affriolante extériorité et confond savamment prison et évasion. Aucun autre lieu n'aurait mieux pu vous définir. Peut-être d’ailleurs est-ce pour cela que vous vous y êtes si aisément amalgamés. Il donne l'impression de vous avoir attendus.
Et pourtant, ce jour-là, rien ni personne ne vous y attend.
Vous franchissez l’espace à l’aveugle, confiants dans vos repères, déjà accommodés à la pénombre souterraine qui accueille les passeurs venus du Manoir désireux de visiter la Foire. Mais aussitôt c’est le silence qui vous frappe – se jette à votre gorge et vous immobilise un instant, étonnés, suspicieux, puisque l’habitude en appelle à quelques cris d’enfants dans le lointain, à la mélodie feutrée d’un orgue de barbarie trônant parmi les manèges ou à l’embrouillamini d’exclamations plus ou moins effrayées, plus ou moins émerveillées, que ne manquent pas de provoquer les Particuliers sur leur public fasciné. Là, rien. Rien que le voile sourd d’une absence absolue, une chape aussi muette qu’inexpliquée couvrant les environs. En grimpant l’escalier vers la surface, vous échangez un regard où coule une surprise mâtinée d’inquiétude.
La Maison est déserte. À cette heure, rien de plus anormal.
« Y a quelqu’un ?! » questionne Right tandis que vous pénétrez dans le hall, lequel se trouve plus vide qu’une boîte de chocolats après les fêtes, avant que vous ne déci-diez de sortir de l’établissement à la recherche d’une âme qui vive, une voix, un animal, n’importe quoi qui briserait cet assourdissant silence de fin du monde – sauf que c’est l’effroi qui vous étreint de plus en plus fort au fur et à mesure de votre quête, telle une vouivre enroulée autour de votre poitrail. La fin du monde, vraiment ? Seriez-vous les deux derniers vivants, les deux ultimes survi-vants de l’Apocalypse ? L’annihilation totale de la race inhumaine ? Ou bien est-ce encore un mauvais tour de ce Vautour ? Sur les graviers des allées, vos pas crissent d’angoisse à la manière d’une agonie.

Right continue d’appeler – le néant de lui répondre. Les nuages roulent leur coton sale dans de fins plis d’azur, et si les tentes et chapiteaux n’ondoyaient pas docilement au vent martial, on eut pu croire que quelqu’un avait appuyé sur « pause » au cours d’un diaporama naturaliste. L’ongle de l’index entre les dents, Left s’agite, crispé sur son blazer. S’affole à demi-mot. Panique du bout des lèvres :
« Est-ce que c’est la réalité ? »
Si non, cela en a néanmoins l’apparence.
Jusqu’aux silhouettes qui soudain s’extirpent du cabaret à moins de dix mètres ; une, deux, trois, trop, gueules patibulaires et poings serrés sur leur attirail de chasse aux sorcières, faciès austères creusés de méfiance. La racaille de l’école buissonnière. Le genre dont il vaudrait mieux ne pas s’approcher sous peine de finir à l’échafaud : l’un d’eux brandit une pelle ; l’autre s’est armé d’une fourche ; la tête d’un marteau dépasse de la poche d’un troisième. De braves types, à l’évidence… Or, bien que Right esquisse un mouvement dans leur direction – la bienvenue dans cette Foire, les péquenauds ! –, sa jambe gauche refuse de le suivre, retenue par le souci de son frère.
Non ! C’est à cause d’eux qu’il n’y a plus personne.
Vrai. Right n’a pas de raison d’objecter quoi que ce soit ; un frisson commun parcourt votre échine, dégringole le long de votre épine dorsale, et il ne suffit que de ça pour que l’entière cartographie de vos nerfs frémisse à l’odeur du danger, à l’écoute de ces grondements sourds relâchés depuis les recoins alentours. Agir d’abord – réfléchir ensuite.
Allons-nous-en avant qu’ils ne nous repèrent…
Vous voilà donc qui vous faufilez presque accroupis vers la bâtisse la plus proche dont vous pous-sez le battant avec prudence, deux yeux au-dedans, deux yeux au-dehors, à la fois éclaireur et sen-tinelle, tous deux fébriles à la seconde où vous refermez la porte sur votre ombre pour vous faire engloutir par celle du théâtre inoccupé ; et sans stupeur, c’est le même vide à l’intérieur : partout la même inertie des lieux, le même motus écrasant qui transforme vos respirations en vacarme et vos gestes en tintamarre. Partout l’abîme, l’obscurité de la solitude. Du sol au plafond, des couloirs aux coulisses que vous arpentez à tâtons, ce sont les ténèbres les nouveaux propriétaires, et les questions s’amoncellent dans vos crânes pendant que vous vous introduisez dans la salle principale. Vous ignorez où se trouve le compteur électrique, si tant est qu’il soit en état de fonctionner dans cette étrange dimension, alors vous vous dirigez aux sens – c’est-à-dire au petit bonheur la chance – entre les rangées de siège, tapant légèrement sur les dossiers de feutrine rouge en guise de repères pour ne pas vous étaler d’infortune sur les marches invisibles. À l’affût. Tellement à fleur de peau que lorsque votre main heurte une masse inconnue, Right balance le juron le plus fleuri de son vocabulaire – une histoire de maternité et de prostitution, dans les grandes lignes, qui résonne jusqu’au paradis.
Sans rire, pour la discrétion, vous repasserez.
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Darren Flanagan
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mer 3 Jan - 21:58

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence [Twice]



Quelle drôle d'idée qu'était celle de se mêler aux humains... Quel concept étrange était-ce que de désirer reconquérir le cœur d'êtres en étant dépourvus. Il avait beau retourner encore et encore la situation dans son esprit étriqué, Darren ne parvenait pas à saisir l'attrait que certains portaient à cette race, non pas inférieure comme certains semblaient le penser, mais purement insipide. Étendu sur son lit, à la lumière faiblarde de la lune perçant le ciel gris, s'insinuant dans sa chambre, cette réflexion était venue s'imposer à son esprit à moult reprise, et il en était parfois arrivé à la conclusion qu'il se fourvoyait complètement. Il n'y avait rien d'insipide dans cette race qui grouillait de toute part tels des parasites. Ils n'avaient simplement pas les qualités qu'ils auraient dû avoir, eux, pourtant si fiers de leur prétendue évolution. Ils étaient moins que des animaux, et si certains d'entre eux dérogeaient sans nul doute à cette règle, il n'en restait pas moins que de sa trop longue vie, bien que courte, à leurs côtés, il n'avait jamais rencontré de ces hommes aux cœurs purs qu'ils s'amusaient à peindre dans leurs livres. Il n'y avait rien de tout cela, dans ses souvenirs, et les héros au grand cœur ici bas, ne survivaient pas aux loups rôdant toujours plus près. Il n'avait, pour ainsi dire, pas eu d'autre choix que de détester ces êtres, bien qu'il eut conscience que certains devaient être bons, il n'avait jamais eu droit à une telle rencontre. Ou bien si, il en avait eut une, cependant, il se refusait à considérer cela comme faisant part de ses souvenirs. Cela avait été le déclencheur de toute cette haine accumulée qui grouillait sous sa peau comme les humains grouillaient sur terre, un sentiment parasite qui faisait son hôte marionnette. Il n'avait trouvé de refuge que parmi les siens, ces autres, monstrueux comme lui, cette race absconse par sa discrétion. Cette même manie à se cacher qui lui plaisait tant, et qui l'avait poussé à se reclure dans cette petite pièce qui était sienne des jours durant, ne sortant que lorsque la faim le tenaillait, ou lorsqu'il venait d'écraser dans son cendrier, la dernière cigarette qu'il lui restait. Il ne sortait que trop peu, qui serait-il allé voir ? Thaddeus n'était pas à inclure dans l'équation, tout deux se contentant de lire sans s'adresser la parole, ils faisaient office de mobilier plus que d'êtres de chair et de sang. Ils s'en satisfaisaient, et le temps s'égrainait sans qu'ils ne ressentent l'envie de se parler. Le dialogue n'avait de place que dans un monde où il était digne de sens. Ici, plus rien n'en avait. Seule restait sa détermination toujours plus grande, à détester un peu plus chaque jours les Ymbrynes. Elles, qui avaient gagné son respect, étaient tombées plus bas que ce que l'Humain l'était. Il n'y avait de trahison plus grande que ce qu'elles avaient fait. Lui, qui n'avait eu de cesse que de se montrer respectueux, encore et toujours, au point à se faire parfois rabrouer pour sa simple envie de les satisfaire, n'avait eu de récompense que la désolation. Oh, certes, il ne se jugeait pas meilleur qu'un autre, et ne pensait pas qu'elles lui soient redevables de quoi que ce soit, cependant il aurait aimé un semblant de considération. Il aurait apprécié qu'on lui demandât son avis, bien que sachant la réponse qu'il allait apporter. Cela aurait été un refus catégorique. Faire disparaître sa boucle ? Sans façons. Faire disparaître la boucle de deux mille seize, seule dans laquelle il avait trouvé un peu de réconfort ? Une idée pertinente.

Rongé qu'il était par l'absence et la haine, il n'avait fait que se cloîtrer un peu plus chaque jours, et cela aurait bien pu lui coûter un morceau de vie. Une bribe de son passé, qu'il avait jalousement récupérée pour la mettre au chaud dans un coin de son cœur, lui offrant un nid douillet qu'il couvait comme si sa vie en dépendait. Twice. Son petit morceau de bonheur dans ce monde gris, ce seul souvenir de son passé qu'il pouvait maintenant toucher du bout des doigts, et non plus simplement contempler en rêve. L'impertinence de Right lui avait manqué, son sourire aussi, qu'il reconnaissait apprécier plus que ce qu'il l'aurait dû. Les regards qu'ils pouvaient se lancer étaient venus hanter ses rêves. Il pouvait aisément dire la même chose de Left, bien que ce dernier fut beaucoup plus calme que son frère. Il aimait ses sourires, comme il aimait les heures passées au coin du feu, un livre entre les mains, bercés par le ronronnement d'un chat venu se lover sur leurs cuisses. Si d'aucun avaient critiquer leur prétendue monstruosité, Darren avait appris à ne voir en eux que ce tout ce qu'il pouvait apprécier chez d'autres... étrangement réunis en une seule personne. Il n'aurait su mentir à ce sujet, il se devait d'avouer qu'il s'était lui-même interrogé sur le cas des jumeaux, sans jamais n'en piper mot. Il n'était pas de ceux désireux de poser des questions pouvant être gênantes, et s'il en avait eu quelques unes à l'esprit, elles s'étaient éteintes sur sa langue avant qu'il ne les prononce. Ils étaient une curiosité, même pour des particuliers, qui avaient pourtant l'habitude de voir les merveilles et horreurs de la nature, et il ne les jugeait pas assez stupides pour n'en avoir conscience, bien au contraire. Comme lui détestait qu'on pointe du doigt ce qui le rendait différent, il s'était fait silencieux, crainte farouche qu'il avait de les blesser. Lorsqu'il repensait à ce temps, il maudissait jusqu'aux tréfonds de son âme d'avoir des idées encore trop humaines. Il avait été comme les Hommes sur lesquels il vomissait son venin sans vergogne, et il remerciait sans un mot Twice de n'avoir rien dit. Left comme Right avaient dû surprendre ses regards parfois, peut-être en avaient-ils cure de part l'habitude, ou peut-être avaient-il compris qu'il n'y avait là aucune méchanceté, seulement une curiosité mal placée pour laquelle il se fustigeait bien assez en songes... Le temps couvrant de son voile les événements, les questions s'étaient recouvertes, et il n'y avait plus que dans son esprit deux êtres distincts qu'il aimait autant l'un que l'autre, pour des motifs différents. Comme tous ces autres, il était convaincu que Twice ne serait plus qu'un souvenir, qu'il n'aurait d'eux, plus que des rêves sans substance, sans pouvoir toucher celle de leur peau. Les revoir avait été pour lui un soulagement si virulent qu'ils pouvaient sans nul doute maintenant se pâmer d'être des rares à l'avoir vu pleurer. Il n'avait été capable de se retenir, et lorsque la conclusion qu'il n'était pas en rêve éveillé s'était imposée à son esprit, il s'était écroulé dans leurs bras, et comme il s'y était attendu, ils avaient su recoller les morceaux...

Ce sentiment de sécurité qu'ils savaient si bien lui prodiguer méritait bien qu'il se laissa aller à se mêler aux humains n'est-ce pas ? Il n'y avait pas mit une volonté à toute épreuve, il fallait bien l'avouer, il avouerait même tête basse qu'il avait refusé cette idée pourtant simple, lorsque Right lui avait proposé de les accompagner. Il s'en était ensuite mortellement voulu, et avait tourné tel un lion en cage de longues minutes durant, avant de décider que si les jumeaux avaient la patience de supporter un être comme lui, il se devait bien de le leur rendre. Il allait faire le pas. Il allait franchir la sécurité qu'offrait sa boucle pour eux, et il s'était surpris, sur le chemin, à apprécier cela. Aussi loin qu'il se souvienne, il ne parvenait pas à se rappeler à quand remontait sa dernière sortie avec ce qu'il appelait sans crainte des amis. Il lui arrivait de traîner, ça et là avec des compagnons, cependant, nul n'avait la confiance qu'il avait en Twice, les autres privilégiés ayant disparu dans le néant de la refonte des boucles. Il n'avait cependant jamais été friand de fêtes foraines, notamment car tout ici, lui rappelait ce dans quoi il avait grandit, un simulacre de joie et de bonne humeur, pour sortir des humains avides de bonheur de leur torpeur. Ils n'en trouvaient gère ici, à n'en pas douter, ou tout du moins, ils croyaient en avoir, l'espace de quelques heures, le temps de quelques attractions et sucreries... Le souvenir tarissait, et certains n'en gardait rien, à moins qu'il ne se soit produit un événement particulier. Il espérait, oh oui, il priait un dieu en qui il ne croyait plus depuis des décennies pour que ce jour soit une exception.

Le silence.

Il fronça légèrement les sourcils, jetant un regard hagard derrière lui avant de faire quelques pas de plus. Cette maison était-elle supposée être si tranquille ? Il en doutait profondément, bien qu'il y vit l'espace d'un instant l'avantage que si le reste était tout aussi calme, retrouver Twice ne saurait être une tâche aussi ardue que ce qu'il s'était figuré. Cependant, le silence se faisait pesant, et oppressant. Non, il n'y avait rien de normal à cette situation, et s'il s'agissait d'une blague quelconque, il ne la trouvait pas amusante. Les sens en alerte, il avait continué son avancée dans les couloirs sombres de la maison des horreurs, ses doigts se pliant parfois pour se dégourdir, vibrants d'un pouvoir trop puissant pour son propre corps, prêt à surgir si le moindre problème venait se profiler. Aurait-il du faire demi-tour ? Un instant, il hésita, jusqu'à ce qu'un brouhaha étouffé ne parvienne à ses oreilles. Il lui semblait qu'il y avait du monde à l'extérieur, ce qui eut le don de le rassurer autant que de l'inquiéter. Il n'y avait pas la joie à laquelle il s'attendait, il n'y avait pas les cris perçants des enfants qu'il avait pourtant redoutés, non, il y avait comme un roulement de tonnerre silencieux, un bourdonnement qui ne lui disait rien qui vaille. Rebrousser chemin ? Il fut tenté, oui, cependant que faire ? Est-ce que Twice s'était réellement rendu ici ? Est-ce qu'ils étaient aussi perdus que lui ? Darren pourtant très peu prompt à l'esprit chevaleresque, se trouva bien prétentieux que d'essayer d'éclaircir ce mystère en cherchant la source de ce grabuge. Quand bien même eut-il désiré faire marche arrière, il y avait en lui une certitude étrange lui affirmant que ce n'était pas possible, du moins, pas par où il était entré. Il lui fallait trouver une autre sortie, d'autant qu'il lui semblait entendre des cris derrière lui. Pressant le pas, il eut le loisir, de contempler le désastre du coin de l’œil, lorsque passant devant une fenêtre faussement couverte de toiles d'araignée, les fourches et torches vinrent heurter sa rétine. Il s'était accroupit sans demander son reste, rabattant sa capuche sur sa tête, se congratulant un instant d'avoir conservé ce vêtement bien pratique que tout un chacun portait en deux mille seize. Il n'aurait su être discret, avec sa tignasse rousse qui lui avait déjà valu d'être repéré à de nombreuses reprises. Il s'était extirpé hors du sous sol donc, et il se devait de quitter le manoir, qui bientôt serait un piège refermé autour de lui. Il lui semblait entendre ces cris de haine vernir de toutes parts à la fois, et si cela avait été son imagination, il n'en était pas moins que ses doigts tremblants effleuraient le sol alors qu'il essayait tant bien que mal de ne pas se faire repérer.
Il se faufila à l'extérieur, remerciant son éducation pour la souplesse et la dextérité dont il pouvait faire preuve, alors qu'il évoluait, il l'espérait comme un ombre, entres les toiles de tente. S'arrêtant brusquement dans un hoquet de terreur étouffé, il se plaqua contre la parois d'une bâtisse, laissant passer devant lui des hommes trop occupés à brandir leurs armes pour le voir. Il ne pouvait décemment pas rester en extérieur, et s'il en jugeait par les hurlements de ces hommes, toujours plus forts, ils augmentaient en nombre, ou alors se réunissaient. Qu'importait la solution, cela n'était quoi qu'il advienne pas de bonne augure. Sans en avoir conscience, Darren venait donc de se glisser par la porte arrière de la bâtisse dans laquelle Right et Left s'étaient engouffrés, et il ne lui avait pas fallu longtemps pour qu'il lui sembla repérer le bruit de leurs pas, lui qui était silencieux par son immobilité. Une seule personne ? Il serra un peu les dents, il ne pensait plus qu'à une survie peu probable, et si cette âme errante était seule comme lui, il y avait fort à parier que la personne en question était aussi terrifiée que lui. Le genre d'animaux qu'il y avaient là dehors étaient des bêtes se déplaçant en meute, pas des solitaires. Quand bien même cela aurait été le cas, il n'aurait pas été difficile pour Darren de maîtriser un homme, c'était le nombre qui le figeait de peur. L'obscurité aussi, il n'y avait ici que très peu de visibilité, et rapidement, les cris épars avaient assez grandit pour qu'il n'entende plus les bruits de pas. Peut-être avait-il rêvé, qu'en savait-il ? Qu'importe, l'immobilité aurait signé son arrêt de mort, son esprit paniquant lui indiquait uniquement la fuite, incapable qu'il était de penser à autre chose. Ces cris, tous ces cris... Il lui semblait entendre les échos de la bataille de libération du Freak Show, et son cœur battait si fort à ses oreilles que son bruit en était devenu assourdissant. Sa main tremblante avait fait guide, alors qu'il essaya de trouver une autre sortie, quelque part, et sans le savoir, ils se rejoignaient.

Puis, le contact.

Dans un sursaut de recul et un grognement étouffé de terreur, traduction d'un cri étouffé par sa gorge trop serrée, il avait armé un bras, prêt à frapper de son pouvoir quiconque souhaiterait l'agresser. Ce juron, fusant dans les airs, vint remplacer le coup qu'il s'était tant attendu à recevoir, et il baissa les bras dans un mouvement vain. Twice. Right, pour plus d'exactitude, outre le fait qu'il aurait probablement été capable de distinguer leurs deux voix à la simple intonation qu'ils employaient, il n'y avait que ce dernier pour jurer de la sorte.

- Right ? Marmonna-t-il le plus bas qu'il put, de sa voix tremblante, bien qu'il sut déjà la réponse. Left ? Appela-t-il néanmoins tout aussi bas, parvenant difficilement à distinguer quoi que ce soit, il lui semblait pourtant distinguer les contours de leurs deux têtes.

Il n'attendit aucune réponse, lorsqu'un cri plus proche le fit sursauter, le faisant se rapprocher instinctivement des jumeaux, se réfugiant contre eux comme un animal effrayé, en profitant pour les tirer à lui, dans un réflexe idiot consistant à passer un bras autour de leur corps, comme s'il avait été en mesure de les protéger. Le bruit mat d'une des armes de fortune des démons à l'extérieur vint cogner contre une des parois, comme s'ils avaient su qu'ils étaient ici. Imitant Right, il laissa échapper un juron à voix basse, de ceux qu'il avait apprit en deux mille seize, trahissant la panique émotionnelle dans laquelle il était.

- Vous avez une idée de ce qu'il se passe ? Demanda-t-il en un murmure, comme si cela avait été une bonne idée de parler. Il faut qu'on trouve un moyen de s'enfuir d'ici...

Pour le moment trop paniqué pour réfléchir, il ne manquerait certainement pas de rouler des yeux pour lui-même au souvenir des mots qu'il venait de prononcer, dont l'évidence même en était pathétique. Il n'allaient pas rester là, ce n'était pas négociable. Les humains rôdaient, leurs cris résonnaient à ses oreilles, et la terreur primale qu'il avait de la guerre, de la haine en soit, le rendait incapable de se mouvoir. Ses tremblements s'étaient accentués, et bien qu'il en eut le désir, ses membres refusaient de lui obéir, et tout ce qui parvenait à son esprit, était que voilà était le résultat, lorsqu'un couard se prenait pour un preux...



lumos maxima


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Dim 7 Jan - 19:16

Jamais votre cœur n'avait hurlé plus fort.
Jamais n'aviez-vous senti votre myocarde imploser si brutalement qu'en cet instant, le sang qui tout à coup trébuche et cède la place à une cohorte de canons le long des tempes, le thorax empoisonné par les cargaisons de poudre qui s'y embrasèrent. Si vous aviez tenu quelque objet entre vos paumes fermées, nul doute qu'il serait venu s'écraser aussi sec sur le crâne de l'inconnu effleuré, ami ou ennemi peu importe – l'exigence de survie pour seul prétexte. Et vous l'auriez regretté. Vous l'auriez regretté tellement puissamment, car le malheureux vous est familier de longue date, familier de vos sentiments dupliqués, et ni l'un ni l'autre ne conçoit assez de rancune à son encontre pour souhaiter lui infliger la plus infime douleur. Cette virtualité – le fait d'avoir pu envisager de le frapper par réflexe – suffit à braquer Right, à tendre ses os ainsi qu'un poing levé qu'il se serait cependant refusé d'abattre, tandis que Left à l'inverse sent ses muscles se relâcher en captant cette voix singulière, sans imaginer une seconde que vous étiez la cible d'une menace similaire de la part de votre comparse.
Dans d'autres circonstances, si le contexte avait autorisé davantage d'insouciance que l'irritable incrédulité de ces retrouvailles, vous l'auriez d'ailleurs repris sur l'usage de vos noms avec raillerie ou amertume selon votre humeur. Or, celle-ci n'est guère aux reproches ; au contraire, elle transpire le réconfort – non de vous savoir pour un instant supplémentaire à l'abri des lames que vous fuyiez, mais de tomber sur une âme connue, amicale, aimée. Laquelle, puisqu'elle se trouve ici en ce moment, n'est pas plus sortie de l'auberge-théâtre que vous l'êtes. Tant pis, direz-vous, c'est déjà bien que vous soyez tous au moins sains et saufs, dans cette maigre mesure du possible qu'est le quotidien des temps de guerre.
Pour combien de minutes encore ?
Un grondement et la réalité s'empresse de vous rattraper.

Darren s'est blotti contre vous dans un bond instinctif, ce qui balaye aussitôt les derniers résidus incertains quant à son identité, car ce que sa voix n'aurait pu prouver – peut-être n'était-elle qu'une tromperie de vos sens embrouillés, un rappel illusoire de votre précédente entrevue –, son geste l'atteste et son odeur s'occupe du reste ; personne d'autre que le rouquin, dont vous revoyez les reflets d'ambre de sa chevelure malgré les crocs de l'obscurité qui les dévorent, ne se serait rapproché de cette manière, n'aurait jeté un bras solide quoique tremblant à l'angle de vos flancs, à la fois défenseur et fragile. Là, de nouveau trop proche, à sentir son organe palpiter comme un fou, un soldat, et son parfum d'automne s'insinuer autour de vous, nul doute n'est plus permis. Et même si Right coulerait bien ses phalanges à travers ses mèches fauves pour s'en assurer, il se contente d'affirmer sa propre prise sur le poignet du Syndrigasti en signe de départ imminent.
« C'est nous, ouais.
Ssshh... » chuchote Left pendant que votre aîné se met à dévider ses frayeurs – sans lui en vouloir toutefois d'exprimer tout haut ce que vous pensez tout bas, devinant qu'il est plus aisé de libérer ses opinions en présence d'un quelconque soutien que dans une terrifiante solitude. Right secoue la tête, lâche dans un murmure :
« Aucune. T'as pas choisi ton jour pour v'nir, j't'assure qu'c'est pas comme ça d'habitude... »
Mais alors qu'il s'apprête à énoncer des justifications à cet état de la Fête foraine, plusieurs éclats retentissent en écho depuis les hauteurs de la salle, à l'endroit où les lourdes portes molletonnées de l'institution dégueulent d'ordinaire leurs flux de spectateurs les soirs de représentation ; or votre petit doigt vous glisse qu'il ne s'agit pas d'innocents touristes venus régaler leurs mirettes d'acrobaties particulières ou de quelque vaudeville foireux. Ce serait trop beau – il y a fort longtemps que le père Noël n'a pas accompli de miracles par ici. Non. Loin de là, d'ailleurs. À la place du débonnaire bonhomme rougeaud, en substitut à un quelconque flot de curieux dociles en habits du dimanche, vous avez droit à une meute de chiens enragés, déterminés semble-t-il à vous faire passer l'arme à gauche dans les plus brefs délais comme en témoigne la virulence avec laquelle ils font irruption à l'intérieur du théâtre : deux gars envoyés semelles en avant pour emboutir le double battant, suivis d'un trio de peltastes version années quarante, le premier torche dressée pour éclairer l'espace et repousser les ténèbres dans leur terrier de l'Enfer, le second la hache brillante au bout d'une pogne aussi grosse qu'une tête d'enfant, le troisième en pleine communion d'avec sa fourche pour conjurer le Mal. Paysans robustes ou médiocres bourgeois, déjà usés par les conflits internationaux et privés d'armes plus efficaces que leurs outils rudimentaires – l'unique avantage induit par la réquisition des revolvers puis des balles pour les armées en déplacement –, ils n'ont que leur hargne et leur ardeur à chasser les démons pour faire valoir leur menace, et cela suffit amplement. Abreuvés d'inepties à la messe hebdomadaire, élevés dans l'amour du prochain option bûcher pour les hérétiques, ils sont convaincus d'être dans le bon camp. Celui des purificateurs. Des sauveurs. Des humains. Et vous, gibier de potence en puissance, vous n'avez qu'à détaler si vous ne souhaitez pas servir sur-le-champ d'exemple d'expiation.

« En voilà deux ! Je vous l'avais dit, que j'en avais vus rentrer ! s'enorgueillit le porteur de lumière.
– Rendez-vous sans faire d'histoires..., gronde le bûcheron des montagnes.
– Deux... ? » hésite le Poséidon de pacotille.
Right roule des yeux ; placés tels que vous êtes dans la descente des marches, votre découpe bifide est sans doute restée invisible à qui vous regarderait d'en haut, et les intrus ne doivent distinguer qu'un profil unique au lieu des deux têtes qui vous caractérisent – une erreur de perspective qu'il s'interdit de camoufler plus longtemps, inclinant le cou de manière à se révéler dans le pâle halo de la flamme, agitant la main dans une salutation moqueuse à l'attention des mines tout à coup écœurés des cinq comparses. Mais son rictus n'a absolument rien d'amical.
« Allez, on s'arrache. »
La voix de Left se résume à un crachat fielleux où couve l'anxiété.
Alors vous vous arrachez, fuyant à l'instar de chauves-souris qu'un faisceau de lampe dérange dans leur sommeil et pousse à s'envoler, prompts à dégringoler des escaliers à peine dessinés sous vos chausses en direction de la scène, et dans la cavalcade vos phalanges ont solidement crocheté celles de Darren. Courir d'abord – autant que faire se peut dans ces conditions –, réfléchir ensuite. Au son des frustres qui vous pourchassent dans une mêlée d'exclamations rageuses, de cliquetis déments et d'hostiles claquements de semelles sur les couloirs du bâtiment. Quiconque admirerait le spectacle depuis l'un des balcons n'apercevrait probablement qu'un amas d'ombres mangées d'éclats rougeoyants sur fond d'ombre, un informe vacarme entre respirations fiévreuses et froissements épouvantés. Il vous verrait bondir sur les planches de la scène pour rejoindre les coulisses que vous traverserez sans en connaître le dédale, suppliant pour qu'à aucun moment vos jambes ne butent contre un accessoire oublié, un porte-costume encombré ou, pourquoi pas, un cadavre abandonné. Dans votre dos jaillissent insultes et invectives, promesses d'un mauvais quart d'heure si vous vous retrouviez entre leurs griffes, tandis que devant n'est qu'un labyrinthe noir sur noir où de rares appliques étonnamment allumées longent votre chemin. Vous ne parlez pas – pas de façon audible en tout cas –, néanmoins vos crânes sont emplis d'incompréhensions et d'inquiétudes.
Et s'il y en a d'autres planqués dans les loges à nous attendre ? Et si on se perd, si on est séparés ? Si on ne retrouve jamais la sortie ? Foultitude d'interrogations auxquelles Right ne répond pas, trop concentré sur l'instant pour prêter du crédit à ces questions qui ne serviront pas leur échappée.
Puis vous vous arrêtez d'un coup face à une porte sans nom ni renseignement ; dans cet étroit corridor, vous n'avez pas trente-six solutions. Appuyer sur la poignée. Et prier.

Lancer de dé n°1 : Gagné
La porte s'ouvre sur l'extérieur – sortie des artistes donnant sur l'arrière du théâtre. L'air libre, enfin, mais êtes-vous vraiment tirés d'affaire ?

Lancer de dé n°2 : Perdu
C'est coincé et il semble que vous êtes faits comme des rats. Vous aurez beau l'enfoncer à coup d'épaules, elle est verrouillée. Une meilleure alternative ?
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Dim 7 Jan - 19:16

Le membre 'Twice' a effectué l'action suivante : Main du Destin


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 9 Jan - 7:31

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence [Twice]



L'esprit distrait par la panique, Darren n'avait même pas songé à utiliser le nom Twice, au lieu des noms qu'il avait employés, et à vrai dire, il n'en avait cure pour l'instant. Comment aurait-il pu, alors que la mort matérialisée en les traits hargneux de paysans brandissant torches et fourches venait frapper à la porte ? Oh, bien sur, cela lui reviendrait tôt ou tard, à un moment où rien ne l'aurait laissé présager, peut-être bien six mois plus tard, qu'en savait-il ? Si cela advenait, il y avait fort à parier que Darren saurait venir s'excuser, bien que Twice n'en aient probablement pas le moindre souvenir, ou bien qu'ils n'en auraient plus rien eu à faire depuis le temps. Ou alors Twice se chargeraient de vous le rappeler, si jamais la conversation s'y prêtait. Plusieurs fois, après qu'il se soit fait reprendre de volée par l'un d'eux, ou par les deux même parfois, il s'était fait la réflexion idiote qu'il devrait leur trouver un surnom chacun, avant de venir à la conclusion qu'il risquait de les vexer en leur demandant si cela les gênerait. Qu'aurait-il fait si sa volonté de les différencier allait à l'encontre d'une volonté éventuelle de leur part de n'être vus que comme un ? En somme, Darren s'était encore posé bien trop de questions sans trouver de réponse, si effrayé qu'il était de les brusquer et que plus jamais il n'ait le droit de s'alanguir près d'eux, que plus jamais Right ne glisse les doigts dans ses cheveux, que plus jamais Left n'ait envie qu'ils passent des heures à lire dans un silence complice qui lui donnait ce perpétuel sourire en coin de satisfaction. Oh, il avait conscience qu'il en faudrait certainement plus que cela pour vexer les jumeaux, cependant, c'était bien plus fort que lui, et il ne contrôlait pas cette crainte au fond de son être. Il s'était demandé à de maintes reprises s'ils n'avaient pas de noms autres que Right et Left, des prénoms qu'ils n'utilisaient jamais, cependant sans jamais oser poser de questions, cela restait un mystère à son esprit. Plusieurs fois, il avait tenté d'ouvrir la bouche, lors d'une de leurs sessions de lecture, mais, son cœur battant bien trop fort, les mots avaient été étouffés dans sa gorge. Il craignait leur réaction, d'autant qu'il n'avait pas la moindre idée de comment formuler sa requête...

Cependant, le temps n'était pas à ces considérations, et cela n'affectait pas l'esprit de Darren. Pour le moment, la seule chose qui avait de l'importance était qu'ils étaient ensemble. Lui, collé contre Twice, dans un élan de crainte certain, mêlé à l'envie de les protéger tout en sachant qu'il n'en serait sans doute pas capable. La volonté était présente, celle de vivre, celle qu'ils vivent, eux qui étaient toujours présents pour lui lorsqu'il était au plus bas, lui qui n'avait de qualité que la force de frappe donnée par son pouvoir. Et s'il tombait ici, lui en voudraient-ils ? Se diraient-ils qu'ils avaient passé bien trop de temps et d'énergie à essayer de conserver un être qui n'était que faiblesse ? La poigne de Right sur son poignet vint, l'espace d'un instant, balayer ces pensées déplacées vu les circonstances. Ils étaient ensemble dans cette histoire, aucun d'entre eux n'avait à se montrer plus preux que les autres, ils devaient s'attacher à rester ensemble, et à trouver une solution pourtant bien loin dans son esprit, cachée derrière la panique fourbe qui le saisissait et ne lui laissait pas le choix de la réflexion. Un nouveau coup contre les parois, et il avait resserré son étreinte autour de leur corps, jusqu'à ce que la voix de Right ne vienne heurter ses tympans pour provoquer en lui un sentiment de soulagement qu'il n'aurait pas cru si puissant, et l'injonction de Left les appelant aux silence l'avait fait se raidir un peu plus, rappelant à son esprit qu'il n'était nul temps de se répandre en bonheur. Ils pourraient le faire tout leur saoul plus tard, lorsqu'ils seraient tirés d'affaire. Ou du moins, il pourrait leur montrer à quel point les avoir retrouvés avait été le signe lui manquant pour ne plus céder complètement à la panique. Ils étaient son ancre dans la tempête, et s'il n'avait que peu de considération pour lui-même, il n'aurait jamais esquissé le moindre geste mettant en péril les jumeaux.

Darren esquissa l'ombre d'un sourire lorsque Right lui indiqua qu'il n'avait pas bien choisi son jour pour venir, et s'il aurait habituellement répondu dans un élan de sarcasme qu'il ne voyait pas comment se mêler aux humains pourrait être une bonne idée quelques soient les circonstances, il n'avait pas l'âme à faire ce genre de tours de langue. Des cris, encore et toujours, amplifiés par l'acoustique du théâtre, lorsque les hommes entrèrent. Un nouveau frisson vint secouer son échine alors qu'il se détachait légèrement de Twice pour leur laisser l'occasion de la fuite, si, lui, tétanisé par la peur n'osait et ne pouvait mouvoir le moindre muscle. Ils ne les voulait pas héroïques, il les voulait vivants. Il ne voulait pas qu'ils s'attardent si lui se montrait lâche comme il savait si bien le faire... Bientôt, il aperçut leurs armes, et la haine flamboyante dans leurs yeux, la même haine qui se reflétait sans son propre regard, lorsque l'Homme revenait dans la conversation. Une haine motivée par la crainte, dévastatrice, il n'y avait pire peur que celle de la différence. Elle motivait tous les conflits, et justifiait les pires atrocités. Elle avait plusieurs formes, du désir de fuite insatiable à la volonté de destruction. Ce qui n'existait plus ne pouvait faire de mal, et lorsque la crainte était en mesure d'être tuée, alors il fallait y mettre le feu. Leurs paroles finit de lui donner le courage nécessaire afin de bouger, ils ne devaient pas rester là, ils ne devaient.... Dans un élan de rage déplacé, Darren avait levé une main menaçante en leur direction, prêt à utiliser son pouvoir si l'un d'entre eux osait une fois de plus, faire apparaître sur leurs faces rouges cet air dégoûté qui lui donnait la nausée. Tuer cinq hommes ? Il l'aurait pu, il ne s'en serait pas tiré sans aucune égratignure, il n'aurait sans doute plus eu la force de courir, et il savait que le sang serait venu battre à ses oreilles si fort qu'il lui aurait donné des vertiges, cependant, lorsqu'il s'agissait des jumeaux, l'inconscience prenait le dessus sur la raison, et bien heureusement, la voix de Left le ramena à la réalité, puis la pression de leurs doigts sur les siens lui firent définitivement abandonner l'idée de se battre, du moins pour le moment.

Il s'engagea à leur suite dans les dédales d'escaliers, manquant de s'écrouler au sol en ratant quelques marches. Il entendait les invectives des hommes derrière eux, et peu enclin à se rendre sans faire d'histoires comme ils le leur avait demandé, cela ne l'empêchait de jeter des regards anxieux derrière eux, auxquels ne répondaient que le halo des torches et les respirations étouffées presque porcines de leurs poursuivants. « Pourquoi on fuit ? » Il serra les dents, repoussant d'un geste rageur ses cheveux venus couvrir ses yeux. Le souffle court, il s'arrêta près de Twice, les regardant s'agiter sur la porte alors que son inquiétude monte. Non, cette dernière n'allait pas s'ouvrir, et il n'était pas question de rebrousser chemin, pas avec les hommes à leur suite, il fallait qu'ils réfléchissent, et vite. Darren repoussa légèrement Twice, dans un élan vain, essayant à son tour d'enfoncer cette porte qui semblait trop bien verrouillée. Les cris des hommes à leur suite trouvèrent finalement écho à l'extérieur, et l'option qu'ils voulaient prendre de sortir n'en était plus une. A l'extérieur, le même schéma les attendait, des hommes brandissant fourches et torches pour cueillir leurs têtes.

Réfléchir, il fallait qu'ils réfléchissent. Darren leva les yeux vers le plafond et s'il n'y voyait presque rien à cause de l'obscurité, il devinait sans mal ce à quoi cela pouvait ressembler. Élevé dans un cirque, les théâtres faisaient partie des environnements dans lesquels il avait eu pour habitude de s'aventurer, lorsqu'une ville désireuse de grandiose leur avait prêté une salle. Il distinguait en pensées les cordages et les poutres, et bientôt les hommes se trouvaient bien trop proches, leurs pas faisant trembler le sol. Darren se raidit légèrement, alors qu'une idée venait s'imposer à son esprit. Le sol tremblait ? Il frappa le sol d'un coup de talon, et un léger sourire arma ses lèvres. Des coulisses, sous le sol, comme dans la majorité des théâtres, ces dernières s'étendait bien plus que sous la scène. Le temps semblait avoir fait des ravages sur cet endroit, aussi bien sur son apparence que sur sa qualité. Il passa donc à nouveau un bras autour du corps de Twice. Quelques coups devraient suffire, s'ils étaient bien placés, et s'ils ne s'en sortiraient pas sans dégâts, cela était sans doute mieux que de finir empalés.

- Accrochez vous. Murmura-t-il.

Un premier champ de force fit vibrer et craquer le sol, alors que le seul mouvement de ce dernier avait refroidit, pour un instant seulement, leurs poursuivants. Un autre coup, plus puissant, vint heurter les lattes du plancher, bien plus solide que ce qu'il n'avait osé le penser. Au diable... Il inspira fortement avant de claquer de nouveau le sol, un peu de sang venant emplir son nez, témoins de la puissance trop grande qu'il mettait dans cette action, alors que le début d'un vertige le prend. Un nouveau craquement, et les voilà disparus à travers le plancher, dans un cri d'angoisse qu'il n'avait pu retenir.

Lancer de dé 1. Réussite :

Comme si les occupants passé du théâtre l'avaient senti, ils tombent sur des sacs remplis de sable, utilisés par le passé pour faire contrepoids à la montée des artistes sur scène par le sol de cette dernière. Une chance inespérée ! Ils n'ont plus qu'à traverser les coulisses et machineries pour ressortir de l'autre côté... en théorie.

Lancer de dé 2. Échec :

Le sol dur vient accueillir leur chute. S'ils ne se cassent rien, le choc affaiblit leurs corps, et la course va dorénavant s'avérer plus compliquée, plus lente, bien qu'ils aient un peu semé leurs poursuivants par cette action. L'adrénaline se chargera de les faire bouger.


lumos maxima


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 9 Jan - 7:31

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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Jeu 1 Fév - 0:37

Les dés peut-être sont pipés et le sort ne jouera pas en votre faveur à cette partie : bloqués. Le verrou solidement enclenché, les gonds crantés dans la chambranle, la porte résiste à vos heurts sans même paraître s'en affoler ; que ce soit vos coups d'épaules ou ceux de Darren, elle reste sourde à votre brutalité. Vous, en revanche, ne l'êtes pas et entendez avec autant de clarté qu'une trille de trompette une seconde escouade patrouiller au dehors, de l'autre côté de la paroi – un mal pour un bien, donc, car l'obstacle vous aura évité de tomber nez-à-nez avec les dents affamées d'une scie à bois ou une quelconque surprise peu réjouissante de la sorte. Il n'empêche, vous avez moins de deux secondes pour convenir d'une solution de secours, puisque vos poursuivants ne vous laisseront guère le bénéfice de la réflexion ni quoi que ce soit qui ressemblerait à une chance de leur échapper. Vous avez beau capter dans leurs paroles ou dans leurs attitudes agressives un vague substrat de peur, ce serait du suicide que de croire renverser la balance en l'attisant ; chez ce genre d'hommes, et dans ce genre de circonstances, la rage croît plus vite que n'importe quel autre sentiment, alimentée par la plus infime des braises d'épouvante. Ils préféreront certainement vous sauter à la gorge dans un élan d'héroïsme fou plutôt que de jeter les armes et de prendre la poudre d'escampette. Et, de surcroît, ni vous ni votre compagnon d'infortune ne possédez de particularité assez offensive – ne serait-ce que dissuasive – pour vous permettre d'endosser le rôle de super-héros, kamikaze, Jésus – rayer la mention inutile.
Ce fut en fin de compte Darren qui suggéra une échappatoire, tandis que vous sentiez monter en vous une oppression à la frontière de la claustrophobie. Vous ne l'étiez pourtant pas, phobiques de l'exiguïté, quoiqu'à peine, un chouïa, rien de grave, assez toutefois pour esquiver les planques foireuses dans des placards fermés à clef, mais si vous ne parveniez pas à dénicher une sortie dans les deux minutes, vous ne donneriez pas cher de la peau du malheureux humain qui oserait ne serait-ce que vous effleurer ; tout exagération mise à part. Par ailleurs, l'idée du rouquin ne vous apparut pas sur-le-champ. Vous voyiez mal ce qu'il pouvait faire de plus que vous contre ce foutu battant et, dépourvu qu'il était de la nyctalopie propre à Lazare, il n'était guère en mesure de mieux se repérer que quiconque dans ce labyrinthe de coulisses. Alors quoi ? Frapper le sol comme il venait de le faire, à la manière d'un signal, était-il censé en appeler à d'obscures créatures invisibles, aux chiens de l'Enfer ou à une cavalcade d'anges salvateurs ? Vous en doutiez. Vous le laissâtes cependant cercler votre taille de son bras puis, réagissant à l'ordre chuchoté à une poignée de centimètres de vos tympans, refermâtes les vôtres autour de ses épaules, l'un glissant contre ses omoplates, l'autre longeant ses clavicules, à peu près conscients que ce qui allait suivre s'apparenterait plus à une violente séance d'essorage qu'à un hélitreuillage en douceur. Vous aviez serré les dents. Les fesses aussi – et pour une fois pas les siennes. Vous vous en remettiez à lui, lui faisant gage de votre confiance pour les dix prochaines secondes, parce que dans l'opération vous n'aviez rien à perdre d'autre que votre tête, et cela faisait longtemps déjà qu'elle ne tournait plus très rond. Cela ressembla peu ou prou à cela :

KKKRRRRR-KKRAAAAKKKKKKKKPPPPSSSSHHHHHHH

Et moins d'une fraction de seconde plus tard, l'univers tout entier se réduisit à un nuage de poussière, de douleur et de ténèbres brouillées.
La chute en elle-même ne dura pas. À peine aviez-vous eu le temps d'ouvrir la bouche sur un cri muet que vous touchiez terre, ou plutôt le sous-sol, lequel était à moitié dallé ; l'impact est si inattendu, si brutal que vos jambes sont impuissantes à vous stabiliser et vous culbutez en arrière dans un mélange d'articulations faiblardes et de syncopes nerveuses, entraînant malencontreusement votre sauveur dans votre ridicule absence de réception. Un coude ici, une hanche là, quelques vertèbres et un coin de tête sans compter le coccyx – votre corps enregistre bientôt des vibrations de souffrance en des endroits divers, résidus de votre maladresse. Accrochez-vous, qu'il avait dit, le rouquin. Et vous l'aviez tant suivi à la lettre que vous aviez essayé de prendre le choc à sa place, déployant malgré vous un pan plus large de votre anatomie siamoise : en conséquence de quoi trois jambes et demi, elles-mêmes à demi nues, reposaient de guingois sur le sol, rehaussées d'un bassin beaucoup trop large pour la moyenne humaine et d'un double torse dont le vêtement avait entendu ses coutures latérales craquer et ses boutons de retenue s'éparpiller sous les peluches d'obscurité. La vraie déveine. L'idée d'avoir échappé à ces cannibales d'holocauste ne vous effleura l'esprit seulement après celle, à la fois rageuse et embarrassée, d'avoir ruiné vos fringues pour le reste de la journée.
« Ah putaaiiin... » gémit Right en se redressant sur son avant-bras, encore un chouïa sonné par la cascade impromptue. Left, lui, voulut s'assurer que Darren allait bien avant de s'inquiéter de recenser chaque partie de son squelette qui le lançait. Il l'appela dans un chuchotis écorché, conscient que les hommes allaient se précipiter auprès du gouffre pour les observer d'en haut et, qui sait, peut-être leur jeter leurs pioches depuis leur poste surélevé.
« Rien de cassé ? »
La pénombre ne lui laissait guère apercevoir plus que de vagues contours, aussi laissa-t-il sa main venir spontanément toucher le crâne du roux, descendre le long de sa tempe, tâtonner l'arrête de son nez – quand son frère s'exclama :
« Tu saignes?! »
C'était pourtant les doigts du côté de Left qui étaient rentrés par mégarde en contact avec la texture poisseuse de l'hémoglobine, mais Right, comme souvent lorsque votre acuité visuelle était réduite à son ultime substrat, l'avait senti plus distinctement que s'ils avaient été siens. Il ne s'était pas aperçu que l'écoulement avait été provoqué par l'usage du champ de force, et non causé par une blessure ultérieure, ce qui expliqua sans doute sa réaction. Ou bien y avait-il autre chose, telle une angoisse plus vaste. La traque dont vous étiez l'objet, la disparition des autres Syndrigastis, cela jouait en votre défaveur. Et vos sentiments s'en trouvaient exacerbés, les bons ainsi que les mauvais.  Calme-toi, ça va aller, on est ensemble entendit-il murmurer à l'intérieur de son poitrail, et tout à coup une onde de réconfort l'envahit, mâtinée d'un effluve douceâtre, presque mielleuse – il ne sut d'où elle provenait, mais il la goba ainsi qu'un morceau de chocolat avant de lever son propre bras pour étreindre Darren.
« Ça va aller, ouais, ça va aller... »
Qu'est-ce qui pouvait vous arriver de pire, au fond ?
Les cinq têtes de vos poursuivants apparurent dans le halo jaune pisseux de leur lanterne, à quelques mètres au-dessus de vous. Vus d'en dessous, ils avaient l'air de nains aux mentons engoncés dans leur veste, avec de sacrés gueules cassées, les nains, et l'espace d'un instant vous crûtes qu'ils s'apprêtaient à sauter à pieds joints dans le trou pour rebondir sur vos estomacs et vous achever. Il ne se produisit rien de la sorte, par chance. Ils restèrent là-haut, à échanger sur la marche à suivre, le ton plus anxieux que réjoui :
« 'sont tombés là-dedans, 'pourront pas sortir..., commença l'un.
– Y a plus qu'à les ramasser, fit un autre, qui c'est qui y va ?
– T'es fou, toi, j'descends pas là-dedans. T'as vu ce qu'il a fait au plancher ? Et s'ils nous éclatent la tête pareil là-dessous ? objecta un troisième.
– Il a raison. Prévenons les autres et attendons des renforts. Ils ne pourront pas sortir, de toute manière », proposa le quatrième.
Le cinquième ne dit rien. Il n'en pensait sans doute pas moins.
« Ouais, d'accord. Que quelqu'un aille chercher les autres. Peter ?
– J'y vais. »
Et il y alla, emportant avec lui l'une des torches disponibles ; il en restait deux pour quatre hommes. Une information à cultiver, peut-être utile à l'avenir.

Cinq minutes de répit... souffla Left en silence tandis qu'il remuait ses membres un à un pour vérifier leur état. À vue de nerfs, aucune fracture ; de gros bleus en perspective, certes, néanmoins vous vous en tiriez pas trop mal. Votre anxiété portait tout entière sur Darren, pour l'occasion. Vous lui adressâtes un regard trouble, entre doute et confiance, incertitude et encouragement. Vous ne deviez pas rester là, car vous étiez loin d'être sortis d'affaire ; mais où aller ? Le théâtre était un dédale en soi, alors ses souterrains...
« Faut que nous...
Tu te sens de...
... sortions à l'air libre.
… te lever ? »
Une seule chose était certaine : il vous était défendu de vous séparer.


Dernière édition par Twice le Lun 26 Fév - 22:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Dim 4 Fév - 22:52

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence [Twice]



Darren n'avait pas eu le temps de se réjouir de sentir les bras de Twice autour de ses épaules que déjà son dernier champ de force venait heurter le sol, les entraînant tout trois dans une chute douloureuse, à laquelle il ne répondit que d'un grognement quelque peu étouffé. Outre son esprit vagabond qui jouait des siennes en lui faisant perdre l'équilibre, conséquence directe de la puissance qu'il avait mise dans cette tentative d'échappatoire, il sentait tous ses muscles endoloris, sans doute résultat de la crispation extrême de la totalité de son corps lorsque le sol avait cédé. Il sentait une vague douleur dans une des jambes, le choc l'avait sonné, sans nul doute, mais rapidement, son attention se porta sur Twice, qu'il avait senti mettre du leur pour amortir la chute tant qu'ils l'avaient pu. S'il fut incapable de formuler le moindre mot, il laissa doucement une de ses main chercher à tâtons le corps de ces autres près de lui, main qu'il retira presque trop pudiquement lorsqu'il entra en contact avec de la chair nue. S'il aurait volontiers glissé les doigts le long d'une des jambes de Right, comme il lui était déjà arrivé de le faire, il devenait bien plus pudique lorsque cela concernait Left, et il n'avait pour le moment pas assez d'indication pour savoir auquel des deux appartenait cette chair qu'il venait d'effleurer. Il cligna plusieurs fois des yeux, bien que cela fut peine perdue, il avait songé, l'espace d'un instant, que cet acte lui aurait permit de voir plus clair. Cela n'en demeurait pas moins qu'ils devaient trouver moyen de se désenlacer les uns des autres, et que cela restait un mystère pour Darren en ce moment même. Il ne parvenait que très difficilement à imaginer l'apparence que Twice arborait actuellement, sans doute quelque chose que tout un chacun aurait désigné comme dérangeant, mais qui dans son esprit sans doute trop idéaliste d'égalité, et par l'habitude sans doute, n'aurait eut qu'un vague effet de surprise passager. Il tourna la tête en direction de la voix de Right, l'entendant gémir de la sorte, alors qu'une vague d'inquiétude s'était emparé de lui, était-il blessé ? Allait-il pouvoir avancer, encore, fuir ? S'il avait été blessé par sa faute, jamais Darren ne se le serait pardonné, et seule la voix de Left venant frôler ses tympans eut le don de le calmer. Si ce dernier ne disait rien de particulier, il était plus que probable que son frère n'ait pas de blessure non plus.

Il laissa apparaître sur ses lèvres un léger sourire, qu'il espérait visible sous les doigts de Left qui venait de passer de son crâne à ses tempes, il se voulait rassurant, sans dire un mot. Il savait que son esprit qui tournait bien trop vite ne lui aurait pas permit de passer pour quelqu'un se portant de la meilleure manière qu'il soit, ce qui pourtant, n'était pas loin du compte, du moins physiquement. Outre ses vertiges, il ne sentait en lui, rien de dramatique, rien de plus que quelques ecchymoses se formant à sa surface de sa peau bien trop claire. Il avait alors seulement très légèrement secoué la tête négativement, pour indiquer qu'il n'avait rien de cassé, et n'avait pu retenir un sursaut à l'exclamation de Right. Il était pourtant persuadé que c'était les doigts de Left qui étaient venus toucher son visage, et s'il n'était pas sans savoir que ce genre de choses pouvait arriver, cela avait toujours le don de le surprendre. Le point positif étant que l'espace d'un instant, cela lui avait fait oublier qu'ils étaient toujours en danger de mort.

- Ça va... Dit-il d'une voix tremblante. C'est mon pouvoir qui... me file des.... Il eut un petit gémissement. Des vertiges... Et vous, ça va... ?

Il secoua la tête comme pour se débarrasser de cette sensation atroce d'un monde tournant sur lui-même. Il ne fut alors bon qu'à se coller contre eux, un sourire persistant sur ses lèvres, en contraste avec la situation atroce dans laquelle ils se trouvaient, et ce dès lors que le bras de Right, rejoignant la douceur des doigts de son frère, vint l'enlacer. Il se sentait presque déjà mieux, tout cela était bien psychologique, il en avait conscience, et il n'aurait pas tenté l'essai de se lever, non, pas pour l'instant, il n'aurait été qu'un poids incapable de se déplacer par lui-même, il se serait appuyé contre eux de tout son poids, et n'aurait fait que les ralentir. Il se senti soudainement idiot, de ne pas avoir tenté de pousser plus encore les limites de son corps, en essayant de créer au moins un palier invisible sur lequel ils se seraient heurtés, de moins haut donc, cependant sa raison venait lui chuchoter que cela aurait été une idée désastreuse, il n'y avait qu'à constater l'état mental dans lequel il se trouvait actuellement. La réalisation maintenant faite qu'ils n'étaient point sortis d'affaire ne fit qu'augmenter son angoisse, et il avait serré des doigts un peu tremblants de fatigue sur ceux de Right, qu'il avait cherchés en longeant son bras. Il se fit néanmoins une fois de plus héros improvisé, lorsque les voix menaçantes vinrent heurter ses tympans, plus suicidaire que vaillant, il s'était simplement un peu déplacer pour essayer de les surplomber un minimum, il préférait qu'une fourche ne vienne l'empaler lui que eux, bien que cela fut sans doute considéré comme égoïste... Des renforts ? Voilà qu'ils étaient dans de beaux draps, et si l'idée des dessous de scène lui avait parut être du génie quelques instants plus tôt, il n'avait fait que les plonger dans un potentiel piège. Que feraient-ils, si ce théâtre s'avérait trop vieux pour que les mécanismes de scène fonctionnent toujours ? Comment sortir de là, s'ils ne trouvaient rien pour faire contrepoids ? Il poussa un profond soupir en entendant les pas d'un des hommes résonner à mesure qu'il s'éloignait à la conquête d'autres fous pour leur faire la peau.

Il manqua de sursauter lorsque les voix de Twice s'élevèrent, trop plongé dans ses pensées à la recherche d'un moyen de fuir, il en avait presque oublié la réalité cuisante dans laquelle il était toujours affalé sur eux. Il se dégagea non sans grogner de douleur, la position assise lui faisait comprendre que son dos avait prit un certain choc, sans doute rien de bien grave, cependant, il s'imaginait facilement passer quelques jours à jurer comme un charretier à chaque mouvement impliquant son épine dorsale, à condition qu'ils en sortent en vie, de toute évidence...

- Je crois... Répondit-il néanmoins à Right, alors qu'il étouffait une quinte de toux due à la poussière. On devrait... Pouvoir passer par la scène. Dit-il en un chuchotement, il ne fallait pas que les hommes les regardant puissent prendre de l'avance sur eux. Il y a... Des mécanismes qui permettent de monter sur scène depuis le sous-sol... dans la plus part des théâtres. Si on les trouve et que ça marche alors... Peut-être...

Il était clairement anxieux, et il avait tenté de se lever sur des guibolles tremblantes. Son plan était tout ce qu'il pouvait y avoir de plus aléatoire, et il n'en était pas fier. Il s'inclina néanmoins en avant pour essayer de saisir un des bras de Twice, celui de Right pour être plus exact, pour les aider à se mettre sur pieds, bien qu'il n'était pas très certain de lui-même tenir, il n'aurait qu'à faire contre poids de l'autre côté, à condition, une fois de plus, que la découpe de Twice ne soit pas devenue plus lourde que son propre corps, il n'était pas parvenu à imaginer clairement ce à quoi ils pouvaient ressembler, et le faible halo de la torche n'éclairait pas assez pour qu'il en ait une vision claire. Les vertiges commençaient à lui passer, il fallait cependant qu'il soit méfiant, s'il utilisait une seule fois son pouvoir, même faiblement, ils reviendraient à l'assaut sournoisement, il connaissait leur fonctionnement, ils ne faisaient que semblant de lui laisser du répit, ils se cachaient, et venaient l’assommer dès qu'il se pensait libéré de leur emprise.

Une fois assuré que Twice furent sur leurs jambes, il entreprit alors de se déplacer doucement, sans lâcher la main de Right, s'il en jugeait par où ils étaient venus, ils n'avaient d'autre option que de faire demi-tour et d'essayer de trouver les dessous de la scène. Ils y trouveraient moins d'obstacles, ce serait sans doute leur seule indication pour leur dire qu'ils étaient arrivés au bon endroit. Il jeta à peine un regard en arrière lorsqu'il entendit les hommes s'agiter, s'inquiéter du fait qu'ils s'étaient remis en mouvement, sans que l'un d'eux n'ait le courage de se jeter dans la bouche béante de l'obscurité pour les suivre. Ils évoluaient lentement, l'obscurité ne leur permettait pas de presser le pas. Une fois hors de portée d'oreilles, il s'autorisa un juron témoins de son angoisse, qu'il n'aurait su formuler autrement, ce après quoi il s'était immédiatement excusé.

- Désolé... Avait-il murmuré. Et... Désolé de vous avoir entraînés là dedans, les choses comme ça... C'est ma malchance je pense... Il avait essayé de sourire, pour que cela s'entende dans sa voix et faire passer cela pour une blague de mauvais goût. Normalement il y a des plates-formes sous les scènes pour que les artistes puissent monter par en bas... Il semblait incertain de ce qu'il disait. On utilise souvent des sacs plein de sable ou quoi que ce soit de lourd pour faire contre-poids... Ça ouvre les trappes et ça fait monter les acteurs... Il soupira. Plus qu'à espérer qu'on soit dans un théâtre bien équipé donc... Si vous sentez quoi que ce soit qui ressemble à une planche surélevée ou un truc qui pourrait faire contrepoids c'est qu'on est pas trop mal... Il pinça les lèvres. On pourrait... Descendre de la scène et sortir par la porte... Mais on sait pas sur quoi on va tomber... Il stoppa tout mouvement. Je suis désolé, j'ai pas réfléchit quand je nous ait balancés là dedans...

Il avait continué à faire quelques pas, comme toujours, Darren se remettait en question, et voyait rarement le bon lorsqu'un côté négatif à une de ses actions venait poindre le bout de son nez. Twice en avait l'habitude cependant, et c'était bien la raison pour laquelle il formulait ses inquiétudes à voix haute, il les savait tous deux capables d'ignorer ses dires lorsqu'il le fallait, ou d'intervenir de manière intelligente lorsqu'il disait quelque chose de trop idiot. La seule chose qui lui passait maintenant par l'esprit était qu'ils étaient coincés là dessous par sa faute, bien que cela leur ait sans doute sauvé la vie, mais seulement pour quelques instants, s'il en jugeait par l'homme qui était allé cherché du renfort. Sur combien d'hommes allaient-ils tomber au bout du compte ? Et s'ils ne trouvaient jamais la sortie ? Si la réalité s'était bel et bien volatilisée et qu'ils se retrouvaient à jamais coincés dans cet espace menaçant, rempli de monstres en voulant à leur peaux ? Il paniquait, comme souvent, cependant, il avait développé un talent quelque peu incertain en ce qui concernait le fait de cacher ses émotions, d'autant plus que la situation l'exigeait. Il serra les doigts de sa main libre en un poing résolu. Non, ils allaient s'en sortir, tous les trois. Il ne devait plus en douter, s'il laisser tomber cette mince étincelle d'espoir brûlant dans son cœur, il était certain qu'ils n'iraient nulle part, et s'il n'aurait pas été aussi vaillant pour lui-même, son cœur battait bien plus fort pour les jumeaux...


lumos maxima


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
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Twice
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 27 Fév - 14:05

En tombant, vous aviez entendu la déchirure. Celle qui trahissait la mort de vos vêtements, certes – encore que ce trépas-là n'attristât que Left, qui avait mis du temps à vous coudre ces habits si spéciaux conçus particulièrement pour vous et votre corps extensible et que de nouvelles longues heures lui seraient nécessaires pour qu'il rapièce l'ensemble – ; mais surtout celle, fibreuse et musculaire, presque douloureuse, qui témoignait de votre séparation. C'était elle, davantage que la chute ou la mauvaise réception, qui distillait la souffrance dans vos nerfs, aussi vous réunir serait-il le premier mouvement que vous effectuerez au moment de vous redresser. Vous n'aviez guère besoin de beaucoup de lumière pour constater l'état de vos fripes, car la sensation de votre peau nue à l'endroit où le tissu s'était écartelé laissait entendre que vous ressembliez plus à des gueux en guenilles qu'à des monarques en fourrures. Une troisième jambe extirpée d'on ne sait où, deux bassins reliés aux trois quarts, un torse et demi et quatre épaules avaient eu raison de votre gilet unique comme de votre pantalon usuel, taillés pour n'accueillir qu'une seule personne entre leurs coutures et non pour contenir le moindre volume charnel excédentaire. La prévention dont faisait preuve Left chaque fois qu'il vous confectionnait une pièce d'habillement, en prenant soin d'ajouter une multitude de boutons et de fermetures éclair aux endroits stratégiques afin d'éviter de malencontreux craquements, n'avait pas suffi. Au moins n'aviez-vous pas à endurer les vertiges dont souffrait Darren à cause de son don ; l'usage inopiné du vôtre n'avait provoqué que cette éphémère sensation d'une longue griffure en travers du thorax – et c'était tout.

Soudain libérés du poids de votre comparse – quand bien même le conserver dans cette position ne vous aurait pas dérangés outre mesure en d'autres circonstances –, vous fûtes dès lors en mesure de revenir à une forme plus banale, troquant l'étrangeté bifide de votre anatomie contre une silhouette plus passe-partout. Encore que vos deux têtes apparentes ne vous auraient pas permis d'appartenir au règne de la normalité, quelle que fût votre intention. Les limites du surnaturel empêchèrent certes cette fusion de s'étendre à vos vêtements, néanmoins celle-ci reboucha les trous a minima et vous autorisa, à l'instant où vous vous agenouillâtes sur les graviers du sous-sol, de dissimuler un tant soit peu votre nudité. De là-haut, les humains n'avaient pas perdu une miette du spectacle et retenaient des haut-le-cœur dégoûtés ; l'un d'eux cracha même un mollard qui alla s'écraser à quelques centimètres de vous à la seconde où Darren, s'étant redressé, vous tendait les bras en vue de vous relever. Vos efforts pour vous rassembler vous avaient rendus faibles l'espace d'un instant – à moins que ce ne fût un effet à retardement du précédent impact – et il vous avait fallu un battement ou deux pour reprendre pleinement possession de vos membres, établissant de nouveau une parfaite connexion entre vos neurones et vos terminaisons nerveuses, entre vos synapses et vos gesticulations osseuses. Curieux écho d'avec ces mécanismes dont avait fait mention le rouquin, et qui vous évoquaient davantage une machinerie du diable qu'une potentielle porte de sortie. Mais aviez-vous d'autre choix, égarés comme vous l'étiez dans cette obscure béance poussiéreuse ?
« Bonne idée, cherchons c'truc », souffla Right tout en serrant en retour la main de Darren, moins pour lui signifier sa présence que pour l'assurer qu'il ne le lâcherait pas. Il n'avait pas conscience de l'agripper un peu trop fort, d'étreindre ses phalanges plus que de coutume, et si Left s'en rendit compte parce qu'il sentait la crispation de son frère dans ses propres nerfs, il ne fit aucun commentaire ; il savait que Right ne pouvait l'agripper de cette manière pour le rassurer, qu'il ne pouvait le saisir par la taille et lui enfouir le visage contre sa clavicule tout en lui caressant les cheveux en signe de protection – ces gestes-là n'avaient pas leur place entre eux. Alors il laissait son jumeau agir ainsi avec un autre que lui, à la manière d'un substitut à ses envies, et c'était mieux que rien.

Vous vous mîtes en route avec prudence, évoluant quasiment à l'aveugle dans ces souterrains bas de plafond, avec la crainte de mettre le pied sur un chausse-trappe de l'Enfer ou de vous cogner le front contre un pilier de bois clouté. À quoi pouvait bien ressembler la plate-forme que vous cherchiez, vous l'ignoriez ; vous ne vous attendiez pas non plus à ce qu'elle s'illumine tout à coup sous vos yeux, avec des flèches en néon rose qui auraient clignoté à la façon d'enseignes de way inn à l'américaine. Ç'aurait été trop beau. Right avait la hargne au bord des lèvres, prêt à insulter n'importe qui aurait balancé une réflexion, cependant vous fûtes surpris d'entendre Darren jurer à sa place – puis aussitôt s'excuser, s'excuser encore, expliquer un machin ou deux sur cette histoire de théâtre à trappe, s'excuser de nouveau – et dans l'obscurité environnante sa voix frémissait d'angoisse, pareil au trémolo apeuré d'un lapereau, à tel point que Right finit par céder, s'immobiliser, et enfin tirer d'un coup sec sur le bras qui l'attachait à votre compagnon d'infortune pour le ramener vers lui ; l'un d'eux trois venait de parler trop vite, et pour une fois il ne s'agissait pas du siamois à la grange gueule.
« Woh woh, et si t'arrêtait deux minutes ? » Il ne demandait pas cela méchamment, c'était plus de l'ordre de la moquerie, même s'il pointait une once d'agacement derrière son sourire indistinct. « Arrête de t'excuser : t'as rien fait de mal, okay, c'est pas d'ta faute. » Sa paume s'était levée avant de venir lui froisser la nuque, à l'endroit où les mèches rousses prenaient racine pour n'en faire qu'à leur tête ; dans ce noir de peur, la sensation était différente de la dernière fois qu'il avait effleuré cette zone-là, en pleine lumière. « Si y a quelqu'un à blâmer ici, c'sont ces enfoirés et leur putain d'chasse aux sorcières. Toi, t'y es pour rien, tu m'entends ? » À ses côtés Left demeurait muet, la gorge serrée sur ses sombres pressentiments et l'esprit occupé à percevoir leur éventuelle trappe de sortie ; il n'était d'ailleurs pas surprenant que vos pensées ne se rejoignissent pas, Right étant tourné vers l'affect et les émotions quant son frère se cantonnait aux choses tangibles et rationnelles. Peut-être aussi était-ce dû au fait que le premier partageait davantage avec Darren – ou tout du moins se savait connecté avec lui de manière plus épidermique, plus intime, par rapport à la spiritualité littéraire, voire littérale, du second. Peut-être. Toujours est-il que lorsque le jumeau gauche ouvrit finalement la bouche, ce ne fut pas pour réconforter leur camarade – cela, son voisin de droite s'en chargerait sans peine mieux que lui :
« Il y aura sans doute une manivelle à proximité de la plate-forme, des cordages ou des escaliers ; faites attention où vous mettez les pieds. » Mais déjà Right reprenait : « T'es pas responsable, Dearren – et il usait de ce surnom à dessein, car d'habitude il faisait rire l'intéressé –, t'as même eu une bonne idée qui nous a sauvés une fois, alors t'inquiète, on est sûrs qu'on s'en sortira grâce à toi. » Et tant pis si son assurance paraissait feinte ou exagérée ; l'instant était au soutien, pas au pessimisme. Vous étiez déjà en fâcheuse posture, alors il était inutile d'en rajouter.

Vous vous remîtes en marche parmi les soubassements du théâtre, vous dirigeant vers l'espace qui, si vous faisiez confiance à votre sens de l'orientation et à l'architecture de l'établissement, devait en théorie se situer sous le plateau principal. D'un côté, un mur opaque formait le bord de la scène, au-delà duquel s'installait probablement l'orchestre accompagnant les acteurs ; de l'autre, le sous-sol continuait dans la pénombre tandis que le plafond strié d'interstices d'un gris plus clair, un gris de sauvetage mais aussi de danger, indiquait que vous vous trouviez bel et bien à l'endroit souhaité.
« Là ! »
Left pointa soudain une sorte de masse allongée, que vous auriez pu prendre pour un corps humain selon la perspective – pendant une fraction de seconde vous crûtes à une embuscade –, mais il n'en était rien. Il s'agissait d'une surélévation encombrée de draps, ou bien de rideaux, ou bien de costumes – bref, de tas de tissus – découpée en un cercle grossier correspondant au tracé taillé dans le plafond de bois juste au-dessus. De petites poulies d'où pendaient des sacs lestés, reliées à un large essieu, permettaient de faire descendre les poids tout en surélevant la plate-forme, par un jeu d'équilibre, pendant que la trappe dessinée dans le sol coulissait pour s'intégrer aux lattes parallèles et laisser ainsi la voie libre pour que s'élèvent au niveau supérieur objets ou acteurs convoqués par les didascalies. Mettant un pied dessus pour en tester la résistance, Left objecta rapidement :
« Il faudra y aller doucement... Si le mécanisme grince ou si les planches frottent trop fort, ils comprendront ce que nous essayons de faire et nous tomberont dessus tout de suite. » Ce qui serait plus que fâcheux, on en convient. « Inutile de l'ouvrir en entier, tant qu'on peut grimper rapidement sur le plateau. Darren, monte dessus pendant que nous actionnons le système. Tu pourras regarder si la voie est libre et dès que nous avons ton feu vert...
On s'arrache de c'trou à rats ! », s'exclama Right en étouffant tellement sa voix qu'un aphone se serait fait plus audible.
Encore fallait-il que l'engrenage ne soit pas hors d'usage.


Lancer de dé : Réussite
Hourra ! Le mécanisme fonctionne et la trappe s'ouvre sans trop de difficulté. Vous pouvez l'emprunter afin de ressortir sur la scène et filer en douce – à condition de ne pas faire trop de bruit pour ne pas alerter les hommes.

Lancer de dé : Échec
Décidément, vous n'avez pas de chance : le mécanisme coince en plein milieu, ou grince odieusement, ou refuse tout simplement de fonctionner. Comment parviendrez-vous à vous en dépatouiller avant d'être repérés ?
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 27 Fév - 14:05

Le membre 'Twice' a effectué l'action suivante : Main du Destin


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Dim 4 Mar - 14:50

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence  [Twice]



Prit sous l'assaut de quelques vertiges récalcitrants, Darren n'avait que légèrement grogné à l'action des monstres au dessus d'eux. Que n'osait-il pas cracher sur Twice ? S'il avait été en pleine possession de ses moyens, il aurait sans doute tenté quelque chose de stupide, très peu prompt à la réflexion lorsque cela concernait quelqu'un qu'il aimait, en l’occurrence, deux personnes réunies en une. S'il n'avait pas les mêmes sentiments pour chacun des jumeaux, tous deux avaient une place privilégiée dans son cœur, et il ne tolérait pas quelconque acte de discrimination quel qu'il soit. Ah, qu'ils se congratulent de leur perfection, tous autant qu'ils étaient, qu'il s'enthousiasment sur la prétendue laideur ou monstruosité de Twice – ils pouvaient bien appeler cela comme bon leur plaisait – il n'en restait pas moins que les monstres étaient armés de torches actuellement, et que le cœur battant de Darren s'activait à un rythme bien trop rapide, entraîné par la haine. Ne seraient-ils donc jamais en paix ? Qu'en était-il de cette prétendue sécurité dont se vantaient les Ymbrynes, où étaient-elles maintenant qu'ils en avaient le plus besoin ? Oh, pour les empêcher de vivre comme bon leur semblait, l'une d'entre elles était toujours présente, cependant, elles brillaient actuellement de leur absence. Aussi, une fois Twice relevés, Darren les avait légèrement poussés vers l'avant, se disant qu'en cas de nouvel attentat au crachat, mieux valait que cela lui tombât dessus plutôt que sur eux. Il restait néanmoins proche, et n'aurait pour rien au monde lâché la main de Right. Un léger sourire était même venu orner ses lèvres, lorsqu'il avait prit conscience que même s'il en avait eu envie, il n'en aurait pas eu la possibilité. Right serrait ses doigts sur les siens avec une poigne qui avait autant le don des les rassurer l'un que l'autre, et s'il ne se doutait pas que cela pouvait aussi impacter Left, il n'en restait pas moins qu'un léger soulagement s'était installé dans son être.

N'osant aucun commentaire, il s'était simplement mit en marche, et lorsqu'ils furent hors de portée de l’ire infondée des hommes armés, il s'était glissé un peu plus près, pour ne plus être derrière. Il avançait lentement, l'obscurité leur aurait valu quelques dommages s'ils s'étaient aventurés à essayer de courir entre les poutres et maintiens de la scène. Il n'était pas sans savoir que les théâtres étaient souvent témoins d'années de laisser aller, et qu'il devait y avoir là quelques cordages ou objets abandonnés depuis des décennies. Évoluant dans le dédales des sous-sols du théâtre, le silence angoissant avait fait revenir à son esprit les quelques résidus de haine pour lui-même qu'il ne parvenait à faire tarir, quand bien même eut-il essayé avec tant de force depuis des lustres, il n'y était pas parvenu, et l'avait laissée être maîtresse de certains de ses actes, notamment lorsque son souffle allié à ses lèvres, formulaient des excuses qui n'avaient souvent de sens pour personne d'autre que pour lui-même. Aussi, lorsque Right avait tiré sur son bras pour le faire s'immobiliser, il avait été quelque peu surpris, et son corps s'était tendu dans un bel ensemble. Qu'avait-il fait d'idiot, une fois de plus, pour provoquer la colère de cet autre qu'il aimait tant ? Lorsque les paroles s'élevèrent, il ne fut capable que de baisser les yeux, comme un enfant qu'on aurait rabroué et qui n'avait pas d'argumentation à opposer à cela. Qu'aurait-il pu dire ? Il savait, au fin fond de son esprit, que Right avait raison, et qu'il n'était pas responsable de cette situation, bien que cela fut sans doute lié à la malchance qui s'abattait sur lui régulièrement, il n'aurait pas été capable de penser autrement. Mais que faire ? S'excuser aurait été pire encore, puisqu'on lui demandait de ne pas le faire... Il entendait bien dans la voix de Right l'agacement, comment aurait-il pu en être autrement, et il avait gardé le silence, jusqu'à ce qu'il sente la paume de ce dernier venir effleurer sa nuque. Il n'avait pu retenir un vague frisson de parcourir son échine, et cette fois, un sourire plus sincère s'était glissé sur ses lèvres. Il le connaissait trop bien, tous deux, le connaissaient trop bien, et ils savaient quoi faire dans ce genre de situation, chacun à sa façon, et le silence de Left, habituel, avait aussi quelque chose de réconfortant. Sans cautionner ce qu'il disait ou faisait, Left lui montrait par cette absence de paroles qu'il ne le jugeait pas pour autant, du moins, c'était l'impression qu'il en avait. Darren avait alors juste un peu bougé la tête, pour que sa nuque bouge un peu contre la main de Right, comme l'aurait fait un petit animal cherchant une caresse réconfortante.

- Quelles sorcières... ! Avait-il dit avec un léger sourire. On fait un piètre spectacle...

Il avait dit cela avec un petit sourire, ce qui, il l’espérait, s'entendait dans sa voix. Il n'avait jamais été doté d'un humour à tout épreuve, et si certains s'amusaient du sarcasme qu'il savait pourtant très bien manier, il n'avait pas sa place actuellement. Profitant que sa main soit libre, il n'avait alors rien trouvé de mieux à faire que d'enlever sa veste pour la poser à tâtons sur les épaules de Twice. Pensaient-ils qu'il avait oublié que leurs vêtements en avaient prit un coup ? Il formulait là une excuse silencieuse à son attitude, puisqu'il ne pouvait pas la formuler à voix haute, et puisqu'il ne tenait pas particulièrement à cette verste, il n'aurait en aucun cas fait cas de la perte de cette dernière. Il restait qu'elle pouvait se fermer sur l'avant, si cela plaisait aux jumeaux, et qu'il n'aurait pas non plus été ennuyé si elle subissait le même sort que leurs vêtements. S'il s'était écouté, il aurait même été capable de leur donner son pantalon, cependant, il se doutait bien que cela n'était pas une option valable, ils l'auraient sans doute prit pour un fou, ou rabroué, une fois de plus. Darren était bien trop gentil pour son propre bien, il l'entendait dire de nombreuses fois, cependant, c'était plus fort que lui. Il pouvait être odieux avec quiconque osait le contrarier, cependant, lorsque cela concernait quelqu'un qu'il aimait, il aurait vendu jusqu'à son âme sans la moindre hésitation. Cela dit, Twice s'étaient bien chargés de remettre les pendules à l'heure dans son esprit, au fil du temps, sans jamais être méchants avec lui, ils lui avaient fait comprendre qu'il pouvait être gentil sans que cela ne tourne proprement au ridicule... La voix de Left faisant écho doucement dans les combles eut néanmoins le don de le tirer de ses pensées, qui fusaient à toute vitesse à travers son esprit et auxquelles il peinait à donner un ordre. Le jumeau de gauche était toujours le plus pragmatique des deux, et il avait mit le doigt sur quelque chose de bien plus logique que ses déboires intellectuels. Ils étaient toujours dans une mauvaise situation, et l'incapacité chronique que Darren avait à se focaliser sur une chose à la fois n'avait pas sa place dans leur situation. Right continua cependant, et cette fois, il réussit à lui arracher un rire étouffé, en même temps que ses joues chauffaient de la légère teinte rouge qui s'était glissé sur sa peau trop claire. Darren rougissait bien trop facilement, et Right le savait bien, cette appellation ne manquait jamais de lui arracher un léger rire au moins, et de teindre ses joues. Il ne croyait cependant pas un instant au fait qu'ils s'en sortiraient grâce à lui, mais la réflexion était bien trop adorable pour qu'il ne l'accepte pas. Darren n'avait pas été habitué au soutien, et en chérissait chaque petite démonstration.

Il s'était alors remit en marche avec eux, le cœur légèrement plus léger, autant qu'il puisse l'être dans leur situation du moins. Lui, ne parvenait que très difficilement à se repérer, aussi lorsque l’interjection de Left fusa dans les airs, un nouveau sursaut le prit, et il plissa les yeux pour mieux distinguer ce qu'il y avait autour d'eux. Lui aussi, fut prit d'une légère angoisse lorsque finalement, son regard accrocha l'amas de tissus posé sur ce qui semblait être la plate-forme tant recherchée. Il pensa, un instant, qu'ils étaient bons pour le corps à corps, et que s'il n'était pas en reste sans utiliser son pouvoir, il ne pourrait sans doute pas grand chose contre quelqu'un d'armé, comme Twice ne pourraient pas se battre contre une fourche à mains nues, même si ces dernières avaient été quatre. Cependant, le soulagement avait rapidement prit la place de ce début de panique lorsque l'immobilité du tas de tissus avait trahit ce qu'il en était vraiment. Une chose seulement l'avait freiné : l'idée de passer le premier. Leurs vies avait beaucoup plus d'importance que la sienne, et s'il devait y avoir des survivants, il misait tout sur Twice, pas sur lui-même.

- … Moi d'abord ? Avait demandé Darren, l'air légèrement gêné. Mais je... Non rien. Il était monté sur la plate-forme, contaminé par l'enthousiasme de Right à l'idée de sortir de là. Je vous aiderai à monter si besoin... Un murmure plus tard, et il avait pu regarder sur la scène, le plus discrètement possible, taisant ses pensées qui auraient sans doute eu le don de mettre en colère les jumeaux. C'est bon, la voie est libre.

Il avait simplement murmuré cela en repassant la tête vers les dessous de scène. Il n'y avait pas le moindre mouvement à l'étage supérieur, il s'en était bien assuré avant de donner son feu vert. Il avait alors escaladé par la trappe, et s'était ensuite retourné pour se pencher un peu en avant, tendant le bras au cas où Twice aurait voulu s'y accrocher pour s'extirper de, comme le disait si bien Right, ce trou à rats. Une fois les jumeaux à ses côtés, il s'était autorisé un petit sourire et avait posé un petit baisé très rapide aux coin des lèvres de Right, n'ayant pu résister à l'envie de le faire. Il s'était ensuite redressé, et son regard s'était posé sur la découpe de la porte d'entrée, que l'on pouvait distinguer malgré la nuit à l'extérieur, la lumière y restait plus claire. Il avait alors prit le poignet de Right pour doucement les tirer à sa suite, descendant les marches menant aux placements avec précaution, il n'aurait plus manqué qu'ils se cassent une jambes en descendant trop rapidement quelques marches... Arrivés près de la porte, Darren se tourna vers eux avec un léger sourire.

- La sortie... Il s'était penché un peu pour essayer de voir dans l'interstice entre les deux portes. Je crois qu'y a personne dehors, on dirait qu'ils sont plus loin... Ils ont du passer par derrière, regardez. Il désigna une planche de bois bloquant la porte contre laquelle ils étaient. Ils ont du croire qu'elle était verrouillée depuis l'extérieur. Il souleva doucement la planche et la posa au sol, avant de pousser un tout petit peu la porte pour regarder dehors. Ils sont derrière le bâtiment... Mais faut pas traîner, à trois, on court, on vise le bâtiment en face, ils ont tous plusieurs portes, faut juste réussir à les semer définitivement, et après... Après faut trouver un moyen de retourner dans la boucle... Doit y avoir un passage dans une des attractions... Je pense.

Commence alors le compte à rebours, et à trois, le voilà courant pour atteindre le bâtiment d'en face. Bien heureusement, personne ne semblait les avoir remarqués. Il poussa la porte en face d'eux et s'effaça de devant pour les laisser entrer, tant qu'ils les croyaient toujours coincés dans les dessous du théâtre, ils avaient quelque chance de prendre de l'avance. Il s'arrêta ensuite un instant pour regarder autour d'eux, où avaient-il atterrit ?

Lancer de dé pour laisser le choix au destin de décider où ils atterrissent, ce n'est pas vraiment une réussite ou un échec.

Réussite :
Les voilà entrés dans un manège à l'américaine, tel celui présent dans Grease lors de la musique « You're the one that I want ». Il y a là de nombreux endroits où se cacher, dans les renfoncements, heureusement que le manège est arrêté, et il suffit de faire attention où l'on met les pieds pour ne pas trébucher sur les marches qui d'ordinaire montent et descendent. Sur celui-là, il y a une porte à l'arrière, il suffit de l'atteindre sans se faire repérer lors des cours passages à l'air extérieur.  

Échec :
Les voilà dans le palais des glaces, ils sont visibles depuis l'extérieur, à certains moments, heureusement que l'obscurité les cache un peu des regards haineux. Leur évolution est compliquée, s'ils ne veulent pas se cogner contre les parois de verre bien trop bien nettoyées, et éviter quelques jurons qui trahiraient leur présence. Heureusement que les monstres sont armés de piques et de fourches, des armes à feu auraient été dramatiques... Voilà une nouvelle bonne idée qu'il a eue...

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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 6 Mar - 13:38

(C’est pas beau mais on lance les dès de là, ça veut pas en éditant.)


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 6 Mar - 13:38

Le membre 'Darren Flanagan' a effectué l'action suivante : Main du Destin


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mer 16 Mai - 23:44

Que Darren refusât de passer le premier, ou tout du moins s'étonnât de cette soudaine hiérarchie au point d'hésiter sur la marche à suivre, ne vous surprit guère. Sans doute avait-il prévu de se sacrifier pour vous jusqu'à l'ultime goutte de son sang, ayant d'ores et déjà commencé à se dépouiller de ses affaires par l'offrande de sa veste – dont le parfum de chaleur et de sympathie sinuait en douceur jusqu'à vos narines –, et projetant d'utiliser son corps comme bouclier en cas d'attaque plus violente que le fond plus frais de l'air sur votre épiderme. Ce n'aurait pas été indigne de lui, en vérité, car tant de temps en sa présence vous avait appris à voir en lui un modèle d'abnégation et de protection auprès de ceux qu'il chérissait ; ceux-là mêmes auxquels vous pouviez vous enorgueillir d'appartenir, bien que l'idée d'en tirer un quelconque profit ou la moindre fierté mal placée ne vous aurait jamais effleuré l'esprit un seul instant. Vous aviez son amour en échange du vôtre, petit miracle de sentiments réciproques, et rien ne vous aurait comblé davantage – et surtout pas soutenir dans vos bras sa dépouille agonisante criblée de trous de fourche pour les beaux yeux du dévouement. Non. Si vous souhaitiez qu'il se glissât avant vous dans l'interstice, c'était entre autres parce que vous vous saviez plus encombrants dans l'état actuel des choses, plus impotents – presque patauds – et que votre rouquin favori avait plus de chances de se faufiler prestement vers la sortie si jamais les hommes découvraient votre échappatoire ; doublé de son champ de force, il lui aurait été plus aisé de partir en quête d'aide au cas où vous vous seriez retrouvés coincés vous-mêmes, acculés dans un angle de ce sous-sol infesté de poussière à six pattes, d'araignées pelucheuses et de petits débris de plâtre insectoïdes. La fameuse et adorable faune des planchers. Encore heureux que vous n'ayez pas peur de l'obscurité – un Lazare de poche aurait d'ailleurs été fort utile en ces temps troublés.  

Par chance, elle qui s'était montrée si timide jusqu'à présent voire peu encline à vous prêter main forte, il ne fallut pas dix secondes pour que Darren vous rapportât de meilleures nouvelles ; apercevant les reliefs de son visage à travers la trappe, comme éclairé par ses mots d'espoir, il vous sembla brusquement que c'était lui, l'allégorie polissonne de l'espérance, l'expectance brigandée sous ses traits les plus mutins, puisque sitôt Right à portée de ses bras qu'il lui vola une bise dont le jumeau aurait souhaité qu'elle perdura. Il n'en fut cependant rien, les circonstances n'autorisant guère ce genre de loisirs illicites, mais il flotta sur les lèvres de ce dernier, durant une fraction de seconde, la tentation courbe de presser le jeune renard contre lui en vue de lui suggérer le fond de sa pensée. Left, qui avait deviné plus que ressenti la caresse – bien que le pincement dans ses viscères tenait davantage à la réaction de son frère qu'à la sienne –, réprima quant à lui son envie de fustiger l'insouciance de ces deux nigauds en raison de ses propres émotions. Car si le désir silencieux de Right, aussi bref fût-il, ne lui appartenait pas et ne pouvait donc le parasiter, il n'en éprouvait pas moins les doux relents de son enthousiasme, tel un appel ténu à un plaisir qu'il lui suffisait de saisir immédiatement.
Plus tard, se contenta-t-il de prononcer dans le secret de votre connexion, et à l'évidence s'y dessinait un sourire qui n'ornait pourtant pas sa figure. Right acquiesça derechef, sans que l'on pût savoir s'il répondait à cette annonce muette ou au commentaire de Darren sur la voie à emprunter.
Désormais debout, assez loin des ennemis pour envisager une fuite discrète, vous suivîtes rapidement votre ami jusqu'à la porte – l'échappée trop belle pour être vraie – et écoutâtes avec soin ses explications et recommandations au sujet de votre évasion à venir. Il y avait trop à perdre pour se permettre de rater cette étape, ô combien cruciale, c'est pourquoi vous préférâtes garder le silence. Du reste, il était inutile d'ajouter votre grain de sel : votre acolyte avait raison, à la fois sur l'absence d'individus louches derrière les battants et sur le fait que l'entrée vers la boucle temporelle, et donc votre ticket de sortie définitif, devait se situer dans l'une des attractions. Mais laquelle ? Dans le monde réel, celle-ci se trouvait à l'intérieur de la Maison hantée, là où vous officiez, or rien ne confirmait que cet espace-temps-ci, déjà fort incongru, eusse conservé ses propriétés habituelles. Même si Right optait pour le positif, Left n'entretenait de son côté que peu d'espoirs sur cette possibilité. Et de toute manière, le bâtiment aux fantômes était actuellement trop éloigné de votre localisation pour s'essayer au sprint nocturne. Au mieux parviendriez-vous à le rejoindre en sautant d'attractions en attractions, à l'abri des torches humaines.    
« On te suit. »
Sitôt énoncé que vous vous engouffrâtes dans son sillage, toujours la paume solidement agrippée à la sienne, aveugles à votre destination quoique confiants en la décision du goupil ; à dire vrai, tout vous aurait paru plus sûr que ce théâtre infesté de charognards aux brûlots féroces, tout du moment que rien ne vous séparait, tout tant que vos phalanges continuaient de s'entrelacer à leurs familières.
Oui, tout.
À l'exception de ce qu'il advint.

Vous ne prîtes conscience de l'endroit où vous vous étiez précipités qu'à l'instant d'en franchir le seuil, encore que les ténèbres environnantes eurent réduit votre perception jusqu'à son seuil critique. Par défaut de lumière, vous n'auriez d'ailleurs pas pu vous en rendre compte plus tôt, a fortiori parce que la façade de la structure ne jouait nullement la carte de l'explicite : ce palais des glaces – cet abhorré, cet exécré royaume de miroirs – se dissimulait lui-même derrière un fronton des plus ordinaires, pareil à une large vitrine plane, dépourvu d'affriolants éclairages, humble à l'extrême, et dans votre emportement vous aviez oublié de freiner des quatre fers avant de pénétrer à l'intérieur de cet antre du Diable.
À peine Right prit-il le temps de récupérer son souffle qu'il l'égara de nouveau, ayant croisé son regard dans l'une des glaces qu'illuminait la lune le long de rais obliques. Et en dépit de l'esthétique de la scène, nonobstant la poésie de ce territoire d'illusions, sa réaction fut à l'image de son horreur. Violente. Incontrôlée. Une fulgurance dans l'encéphale qui vous ébranla jusqu'à l'os ; à se mirer en face, il crut qu'on lui avait arraché son jumeau et sa raison fut impuissante à endiguer l'épouvante que cette vision provoqua. Il avait beau savoir que votre séparation n'aurait pas été indolore, et par là-même impossible à exécuter à son insu, cette paire d'yeux qu'il ne connaissait que trop bien, flottant à quelques centimètres, attisait son angoisse de la pire des façons. Une angoisse que Left était contraint de partager alors que son propre entendement ne parvenait plus à la refréner – trop brutale, trop immense pour qu'il réchappât à cette frayeur fraternelle –, et dieu qu'il détestait perdre son sang-froid par procuration. Il haïssait ces sueurs froides, ces tremblements qu'il ne maîtrisait pas pour ne pas en être l'instigateur, il haïssait se retrouver submergé par des sentiments qui ne naissaient pas de sa poitrine, même s'ils étaient communs par le corps : son esprit refusait cette union dès lors qu'elle lui procurait inconfort ou désagrément. Et c'était le cas à cet instant.
Right s'était mis à jurer entre ses dents tout en agitant la tête dans tous les sens, à la recherche d'un recoin où il n'aurait pas à distinguer ces moi qui n'étaient pas lui, ni même vous, poings serrés – et dans sa brusque inquiétude il avait rompu le contact avec Darren. Pris dans cette tourmente, son jumeau commençait à avoir mal à la nuque, car il s'échinait en vain à anticiper les mouvements saccadés de son frère, lesquels tiraient aussi sur ses muscles, et ses prières télépathiques pour le calmer demeuraient lettre morte. Autant crier pour se faire entendre dans une foule survoltée : ses mots n'arrivaient pas à percer le noir charivari de cet effroi. Il craignait d'ailleurs que cette transe ne prît bientôt des proportions regrettables lorsque son dos vint percuter durement une paroi vitrifiée ; le trouble de son siamois était tel que vous aviez bondi en arrière et heurté un miroir, lui arrachant une plainte douloureuse mâtinée de rage. Au moins le choc permit-il à Left de recouvrer un chouïa ses esprits puis d'articuler, en désespoir de cause :
« Darren, il faut que tu nous guides. Nous ne tiendrons pas longtemps comme ça ; il est en train de faire une crise... Je vais le... »
Une intention aussitôt interrompue par un cri terrifié – « Me laissez pas ici ! » – serti d'un empoignade sur votre torse. Les ongles d'une main droite, crochetant votre thorax comme s'ils tentaient d'en extirper le précieux noyau. Néanmoins, la résistance surprit Left quand il voulut à son tour lever le bras en direction du crâne de son homologue ; il lui sembla en effet qu'une volonté s'opposait à la sienne jusque dans cette partie-là de son anatomie, celle qui lui était d'ordinaire réservée, et il comprit sur-le-champ que s'il n'agissait pas vite, la domination de Right s'étendrait au-delà de vos frontières usuellement découpées, au point de lui interdire toute individualité. Les faits s'étaient déjà produits par le passé : piégé dans ce squelette double, figé et réduit au silence à l'intérieur d'un carcan de chair et d'os. Obligé d'attendre que son jumeau revienne à lui pour recouvrer une voix, une autonomie, son indépendance toute relative. Une expérience atroce qu'il ne souhaitait pas subir de nouveau. Et s'il avait finalement réussi à faire ployer le visage dextre jusqu'à l'enfouir contre son cou – préservant momentanément celui-ci des reflets qui l'horrifiaient –, il n'était pas certain de pouvoir le contenir longtemps. Encore moins de dénicher seul la sortie de ce sournois labyrinthe.  

Spoiler:
 
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Darren Flanagan
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mer 23 Mai - 6:01

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence [Twice]




Darren s'était glissé jusqu'à la sortie le cœur battant, autant d'appréhension que de la sensation des lèvres de Right flottant sur les siennes. Oh, il avait conscience qu'il n'était ni l'endroit ni le moment pour ce genre de choses, et que Left devait sans aucun doute les trouver bien trop soucieux, ou du moins, lui, puisque l'initiative ne venait pas du premier... Il n'avait cependant pas réfléchit à son action, et la sensation d'avoir seulement échappé à la mort, pour quelques minutes tout du moins, lui avait fait tourner la tête. Ils n'étaient pas sortis d'affaire, cependant une touche de réconfort lui avait semblé bien venue. L'espace d'une seconde, dans le temps bien trop court de ce baiser volé, il avait rêvé être immortel, et ses sentiments peut-être trop enfantins, lui avaient fait pousser des ailes. Plus enorgueilli maintenant que l'ombre d'un sourire s'était dessiné sur les lèvres de Right, il avait prit la tête de cortège, jusqu'à donner des ordres, ce qui d'ordinaire lui ressemblait si peu. Il avait demandé qu'ils courent, là où il aurait habituellement demandé aux jumeaux leur avis sur la question.

Et ils avaient couru.

La porte s'était ouverte, et Darren avait, haletant, regardé autour de lui comme s'il s'était retrouvé en enfer. Voilà qu'il avait eu une nouvelle brillante idée, à l'évidence... Comment aurait-il pu se douter, néanmoins, que derrière cette façade somme toute banale, se dissimulait un dédales de glaces et vitres qui allaient leur compliquer la tâche plus que jamais. Il n'était plus question de courir, ni de se cacher, ils ne pouvaient qu'évoluer en silence, dans l'ombre autant qu'ils le pouvaient, en espérant qu'aucun des homme ne lève la tête vers cet endroit qui avait tout le contraire d'une cachette, et il s'était effacé tant qu'il le pouvait dans l'ombre portée de la devanture. C'était bien là leur seule chance de ne pas se faire repérer : Tout un chacun aurait jugé complètement stupide d'essayer de se cacher dans un bâtiment fait de murs transparents... Darren ne fut capable de décider si cette pensée était du génie ou de la stupidité... Cela étant dit, il doutait que les paysans au dehors soient capables de pousser la réflexion jusqu'à ce point. Eux qui n'étaient pas en mesure de réaliser qu'ils n'avaient devant eux que des êtres humains, avec des capacités dépassant l'entendement, certes, mais des êtres de chair et de sang tout comme eux, qui n'auraient pour rien au monde levé le petit doigt contre eux s'ils ne les avaient pas forcés. Cela n'allait clairement pas jouer en la faveur de la race humaine dans l'esprit du rouquin. Lui qui les honnissait de toute la force de son être depuis le début, depuis qu'il avait goûté à l'indifférence de sa mère, la violence de son père, et les horreurs du Freak Show, n'allait pas leur faire amende de ce qui était en train de se produire. Comment des êtres prétendument aussi évolués pouvaient-ils être si peu dotés de bon sens ? Sans qu'il ne s'agisse de leurs pouvoirs respectifs, Darren et Twice avaient tous trois goûté à la crainte d'une différence sans importance. Darren, pour une orientation sexuelle qui était considérée comme une maladie mentale à l'époque où il avait vécu parmi les hommes, et Twice pour des raisons physiques évidentes.

Darren avait relevé la tête vers les jumeaux en entendant Right jurer entre ses dents, ainsi que l'absence froide et soudaine de la peau de la main de ce dernier contre la sienne. Son bras était resté en suspend, les doigts légèrement écartés dans une surprise et une incompréhension soudaine. Qu'était-il en train de se produire ? Il avait cligné des yeux quelques instants, essayant de distinguer l'origine d'une telle agitation, malgré l'obscurité qui les drapait de son linceul. Incapable de saisir le fond de la pensée de Right, cette attitude avait le seul et unique avantage de l'avoir extrait d'un cheminement de pensée qui allait certainement être poussé trop loin, et malvenu en de telles circonstances, il aurait tout le temps plus tard de réfléchir aux incohérences humaines, si tant était qu'ils en réchappent, et ce n'était pas en se plongeant dans ses pensées sournoises qu'il allait aider à leur survie. Non, pour l'instant, il avait seulement tourné le regard vers Left, cherchant dans le regard de ce dernier une explication silencieuse à la panique de son frère, et ses yeux parcouraient leur corps commun à la recherche d'une éventuelle blessure, quelque chose de rationnel qui aurait expliqué cela. Il n'y avait rien. Rien qu'il puisse constater, et il avait un peu avancé la main vers eux, cherchant à se faire ancre dans une tempête qui semblait ne pas avoir de source. Ses doigts d'ailleurs, s'étaient refermés sur le vide, trop lent, pour retenir les jumeaux alors qu'un bond en arrière semblait les avoir secoués et qu'ils n'aillent heurter une des glaces. Serrant les dents, il avait regardé autour de lui rapidement, essayer de distinguer si le bruit avait attiré l'attention, mais le silence à l'extérieur se faisait opaque.

La voix de Left avait finalement percé le voile des questions, et Darren avait senti un long frisson parcourir son échine. Il n'avait pas eu le temps de répondre, que le cri d'angoisse de Right avait propulsé ses ondulations jusqu'aux tréfonds de son esprit. Pourtant très prompt à la panique, Darren s'était fait calme au possible. Ils n'avaient pas besoin d'une seconde personne dans un état aléatoire, et s'il saisissait bien, Left n'était pas capable de gérer la situation, pas sans son aide. Il avait prit une bouffée d'air froid pour se calmer, tant qu'il le pouvait, et avait serré ses doigts autour du bras de Right, essayant de lui rendre par ce biais, un petit contact avec la réalité qui semblait lui avoir échappé. Il ne saisissait pas exactement ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux, étant bien incapable de réaliser la raison de la panique de celui qu'il aimait, tout ce qu'il savait était qu'il fallait qu'il agisse, et vite. Il avait alors tiré les jumeaux à lui, les enfermant dans une étreinte qui se voulait solide, sans être une entrave. Il nota non sans effroi que Left subissait déjà une certaine forme de liens, en la qualité des sentiments paniqués de son frère. 

- On va nulle part sans toi, Love. Un surnom spontané donné pour la première fois, de manière improvisée. Ni ton frère, ni moi, on est avec toi et on ne va nulle part. Il avait cherché à accrocher son regard, sa main essayant de délier celle de Right de leur torse commun. On est tous ensemble, personne ne te laisse ici, on va s'en sortir et on pourra être ensemble, dans le manoir, tous les trois, on fera comme avant, rien ne va changer, tu vas être avec nous, on sera avec toi, tu comprends ?

Il ne cherchait pas réellement à comprendre quelle pensée avait heurté Right, une pensée qui lui aurait sans aucun doute paru évidente s'il l'avait vu se tétaniser devant son propre reflet, cependant, il n'en était rien. Il avait manqué l'information cruciale, et s'il avait, au fond de lui, l'ombre de l'explication qui pointait le bout de son nez, il n'en restait pas moins qu'il n'avait pas le temps de chercher à comprendre profondément ce qui n'allait pas. Il avait alors rebondi sur les paroles angoissées de Right, et se voulait convaincant. Sa voix avait été assurée, là où d'ordinaire la panique l'aurait rendue tremblante. Cependant, comment aurait-il pu mentir sur une vérité absolue ? Outre le fait qu'il était très improbable que Left puisse aller où que ce soit sans son frère, Darren lui-même aimait bien trop Right pour le laisser en arrière. Il était de ces personnes qui aimaient sans limites, sans crainte, et aurait donné sa vie plutôt que de laisser celui qu'il aimait derrière. La nature de leur relation n'avait aucune importance, ils n'avaient pas besoin d'être exclusifs pour savoir qu'en toute circonstances, ils pouvaient se tourner vers l'autre et y trouver un foyer. Il avait alors saisi doucement le poignet de Right, s'éloignant un peu d'eux. Ils n'avaient pas non plus le temps de laisser le loisir à leurs poursuivants de les retrouver en essayant de calmer Right sur place, de plus, Left avait raison. Il devait les guider. Forcé qu'il était de, à nouveau prendre la tête du cortège, il avait serré plus fort ses doigts, et avait tiré les jumeaux à sa suite, ne leur laissant pas le choix.

- On y va, ensemble. Alors... Laisse ton frère nous aider, hm ? Avait-il dit cela avec un petit sourire, le calme de Left était important pour leur survie, il n'y avait là dedans aucun reproche envers Right.

Il avait alors tendu sa main libre pour ne heurter aucune vitre trop bien lavée et leur avait doucement frayé un chemin. Ils devaient atteindre l'autre côté, ce genre d'attractions avaient toujours une sortie à l'opposé de l'entrée, et si leurs poursuivants se concentraient sur le théâtre, cela leur donnerait de nouveau une longueur d'avance.

Ils évoluaient pourtant bien, lentement mais certainement, cependant un malheur n'arrivant jamais seul, il avait aperçu, du coin de l’œil, le reflet d'une torche dans une des vitre, aussi, avait-il tiré sur le bras de Right pour le forcer, lui et son frère, à s'accroupir à ses côtés. Les hommes les cherchaient, et s’éclairaient à la chiche lumière de leurs lampes improvisées. Ils étaient pourtant si proches de la sortie, si tant était qu'il ne fallut pas qu'ils fassent des tours et des détours pour atteindre la porte qu'il voyait pourtant d'ici. Le cri de Right les aurait peut-être alertés, et pour le moment, ils se devaient de rester complètement immobiles, en espérant de toutes leurs forces qu'aucun des hommes ne songe à regarder vers le palais des glaces, et compter sur l'obscurité générale pour les dissimuler, et leur laisser un semblant de répit. Darren sentait son cœur battre fort à ses oreilles, et sa respiration était plus bruyante qu'il ne l'aurait voulu, aussi, il avait plaqué doucement une main sur sa bouche pour atténuer le son. Non, ils n'allaient pas mourir ici... Il avait promis.


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