.But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.
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Twice
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Le premier fuit les reflets, le second le désordre de la réalité ; celui-ci enrage de son image, amer ou effrayé, quand celui-là frissonne d'une bagatelle en travers de son tracé. Et ce réel qui toujours leur échappe.
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Vingt-deux automnes & soixante-quatre sempiternelles années.
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Squatteurs invétérés de bibliothèque et de Maison hantée.
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Double dose d'entichement – ne connaît aucune demi-mesure.
☾☾ Missives :
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Matthew Bell


MessageSujet: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mer 3 Jan - 15:06

C'est là votre seconde Maison. Peut-être la troisième en vérité, si vous vous permettez une brève réminiscence de votre foyer initial, ce profane royaume perdu quelque part dans la mémoire d'un vieux Londres perclus de vices et des souillures à jamais inaccessible. Trop ancienne ou trop contemporaine, les deux frontières qui vous enferment désormais – le printemps de quarante et un d'un côté, de l'autre les jours fastes de deux mille dix-sept que cinq heures séparent de plusieurs décennies. Votre époque, l'authentique, la véridique, celle qui vous vit naître et disparaître, elle n'existe pas encore ici alors en vain vous tentez de la recomposer à l'intérieur de votre chambre, capharnaüm anachronique d'objets aux origines dévoyées ; et quand vous la quittez pour rejoindre la Maison hantée, c'est un peu de l'air de Strychnine qui se faufile dans l'embrasure de la porte pour se déposer sur vos épaules.
Se rendre aux Curiosités Imaginaires ressemble peu ou prou à un retour bâtard aux sources. Il y a une poignée de semaines de cela, le changement de lieu avait eu l'attrait des grands bouleversements, exode miniature dans une campagne qui ne vous avait guère dépaysés à l'aune de votre précédente habitation. Le quartier des Portes ne vous manque pas, car vous avez retrouvé ici à plus vaste échelle le dédale des couloirs et la multitude de pièces qui en faisaient le charme, et si les salles communes se veulent maintenant plus fréquentées qu'un mois en arrière, seul Left en ressent parfois un relent d'oppression qu'il se hâte de dissiper en s'éloignant ou en se réfugiant le temps nécessaire dans la cage thoracique de Right. Aux yeux de ce dernier, en revanche, il reste mille et deux choses à découvrir, un nouveau monde à conquérir que l'immuable saison ne s'est pas résolue à ternir : le même timide soleil a beau briller, la pluie saluer de ses doigts humides le début de l'après-midi, tout possède encore l'arôme du neuf et la texture de l'inédit. C'est d'ailleurs lui qui avait demandé – avec moult insistance et beaucoup, beaucoup trop d'obstination pour que cela soit moins qu'une inébranlable exigence – à son jumeau d'intégrer la Foire. Il avait usé de n'importe quel stratagème disponible, n'importe quelle technique à portée de main pour obtenir cette faveur : refus constant de coopérer, commentaires désagréables ou au contraire mielleux à l'excès, flatteur jusqu'à l'asphyxie ou bien gêneur de première catégorie, rien n'était assez sournois, assez manipulateur pour accéder à sa volonté. Et Left, après plusieurs jours d'une bataille perdue d'avance consistant en levers laborieux empêtré dans des membres qui n'étaient pas les siens – quoique si, d'une certaine manière – et que leur propriétaire respectif ne daignait pas récupérer sans caprice, forcé de remuer l'ensemble de la bibliothèque pour dénicher les boutons de manchette que son frère avait dissimulés dans les étagères, éreinté par les nuits blanches que ce même frère lui infligeait à coup de coudes dans les côtes, voire de roucoulades au moins aussi pénibles à supporter, avait abdiqué. À reculons. Pour ne pas dire les pieds devant, avec derrière les ongles griffant le parquet. Mais il avait accepté, et Right avait savouré sa victoire en franchissant le seuil de la Maison hantée.

Il n'avait pas fallu longtemps avant que Left, à contrecœur, avec la plus mauvaise foi de l'univers, reconnaisse que s'occuper d'une telle attraction n'était pas aussi déplaisant qu'il avait été capable de le concevoir. Réticent tout d'abord, il lui avait suffi de constater que l'enthousiasme – disons même l'euphorie – de son jumeau le contaminait à son insu pour cesser ensuite de mentionner leur querelle préalable. Peu à peu, vous vous êtes appropriés cette antichambre des illusions sans vous rendre compte des similitudes que vous partagiez avec elle : porteuse en son sein de l'entrée de la boucle, elle laisse s'entrelacer le réconfort du refuge et l'excitation de l'originalité, dresse les solides parois d'un intérieur rassurant tout en ouvrant sur une affriolante extériorité et confond savamment prison et évasion. Aucun autre lieu n'aurait mieux pu vous définir. Peut-être d’ailleurs est-ce pour cela que vous vous y êtes si aisément amalgamés. Il donne l'impression de vous avoir attendus.
Et pourtant, ce jour-là, rien ni personne ne vous y attend.
Vous franchissez l’espace à l’aveugle, confiants dans vos repères, déjà accommodés à la pénombre souterraine qui accueille les passeurs venus du Manoir désireux de visiter la Foire. Mais aussitôt c’est le silence qui vous frappe – se jette à votre gorge et vous immobilise un instant, étonnés, suspicieux, puisque l’habitude en appelle à quelques cris d’enfants dans le lointain, à la mélodie feutrée d’un orgue de barbarie trônant parmi les manèges ou à l’embrouillamini d’exclamations plus ou moins effrayées, plus ou moins émerveillées, que ne manquent pas de provoquer les Particuliers sur leur public fasciné. Là, rien. Rien que le voile sourd d’une absence absolue, une chape aussi muette qu’inexpliquée couvrant les environs. En grimpant l’escalier vers la surface, vous échangez un regard où coule une surprise mâtinée d’inquiétude.
La Maison est déserte. À cette heure, rien de plus anormal.
« Y a quelqu’un ?! » questionne Right tandis que vous pénétrez dans le hall, lequel se trouve plus vide qu’une boîte de chocolats après les fêtes, avant que vous ne déci-diez de sortir de l’établissement à la recherche d’une âme qui vive, une voix, un animal, n’importe quoi qui briserait cet assourdissant silence de fin du monde – sauf que c’est l’effroi qui vous étreint de plus en plus fort au fur et à mesure de votre quête, telle une vouivre enroulée autour de votre poitrail. La fin du monde, vraiment ? Seriez-vous les deux derniers vivants, les deux ultimes survi-vants de l’Apocalypse ? L’annihilation totale de la race inhumaine ? Ou bien est-ce encore un mauvais tour de ce Vautour ? Sur les graviers des allées, vos pas crissent d’angoisse à la manière d’une agonie.

Right continue d’appeler – le néant de lui répondre. Les nuages roulent leur coton sale dans de fins plis d’azur, et si les tentes et chapiteaux n’ondoyaient pas docilement au vent martial, on eut pu croire que quelqu’un avait appuyé sur « pause » au cours d’un diaporama naturaliste. L’ongle de l’index entre les dents, Left s’agite, crispé sur son blazer. S’affole à demi-mot. Panique du bout des lèvres :
« Est-ce que c’est la réalité ? »
Si non, cela en a néanmoins l’apparence.
Jusqu’aux silhouettes qui soudain s’extirpent du cabaret à moins de dix mètres ; une, deux, trois, trop, gueules patibulaires et poings serrés sur leur attirail de chasse aux sorcières, faciès austères creusés de méfiance. La racaille de l’école buissonnière. Le genre dont il vaudrait mieux ne pas s’approcher sous peine de finir à l’échafaud : l’un d’eux brandit une pelle ; l’autre s’est armé d’une fourche ; la tête d’un marteau dépasse de la poche d’un troisième. De braves types, à l’évidence… Or, bien que Right esquisse un mouvement dans leur direction – la bienvenue dans cette Foire, les péquenauds ! –, sa jambe gauche refuse de le suivre, retenue par le souci de son frère.
Non ! C’est à cause d’eux qu’il n’y a plus personne.
Vrai. Right n’a pas de raison d’objecter quoi que ce soit ; un frisson commun parcourt votre échine, dégringole le long de votre épine dorsale, et il ne suffit que de ça pour que l’entière cartographie de vos nerfs frémisse à l’odeur du danger, à l’écoute de ces grondements sourds relâchés depuis les recoins alentours. Agir d’abord – réfléchir ensuite.
Allons-nous-en avant qu’ils ne nous repèrent…
Vous voilà donc qui vous faufilez presque accroupis vers la bâtisse la plus proche dont vous pous-sez le battant avec prudence, deux yeux au-dedans, deux yeux au-dehors, à la fois éclaireur et sen-tinelle, tous deux fébriles à la seconde où vous refermez la porte sur votre ombre pour vous faire engloutir par celle du théâtre inoccupé ; et sans stupeur, c’est le même vide à l’intérieur : partout la même inertie des lieux, le même motus écrasant qui transforme vos respirations en vacarme et vos gestes en tintamarre. Partout l’abîme, l’obscurité de la solitude. Du sol au plafond, des couloirs aux coulisses que vous arpentez à tâtons, ce sont les ténèbres les nouveaux propriétaires, et les questions s’amoncellent dans vos crânes pendant que vous vous introduisez dans la salle principale. Vous ignorez où se trouve le compteur électrique, si tant est qu’il soit en état de fonctionner dans cette étrange dimension, alors vous vous dirigez aux sens – c’est-à-dire au petit bonheur la chance – entre les rangées de siège, tapant légèrement sur les dossiers de feutrine rouge en guise de repères pour ne pas vous étaler d’infortune sur les marches invisibles. À l’affût. Tellement à fleur de peau que lorsque votre main heurte une masse inconnue, Right balance le juron le plus fleuri de son vocabulaire – une histoire de maternité et de prostitution, dans les grandes lignes, qui résonne jusqu’au paradis.
Sans rire, pour la discrétion, vous repasserez.
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Darren Flanagan
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mer 3 Jan - 21:58

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence [Twice]



Quelle drôle d'idée qu'était celle de se mêler aux humains... Quel concept étrange était-ce que de désirer reconquérir le cœur d'êtres en étant dépourvus. Il avait beau retourner encore et encore la situation dans son esprit étriqué, Darren ne parvenait pas à saisir l'attrait que certains portaient à cette race, non pas inférieure comme certains semblaient le penser, mais purement insipide. Étendu sur son lit, à la lumière faiblarde de la lune perçant le ciel gris, s'insinuant dans sa chambre, cette réflexion était venue s'imposer à son esprit à moult reprise, et il en était parfois arrivé à la conclusion qu'il se fourvoyait complètement. Il n'y avait rien d'insipide dans cette race qui grouillait de toute part tels des parasites. Ils n'avaient simplement pas les qualités qu'ils auraient dû avoir, eux, pourtant si fiers de leur prétendue évolution. Ils étaient moins que des animaux, et si certains d'entre eux dérogeaient sans nul doute à cette règle, il n'en restait pas moins que de sa trop longue vie, bien que courte, à leurs côtés, il n'avait jamais rencontré de ces hommes aux cœurs purs qu'ils s'amusaient à peindre dans leurs livres. Il n'y avait rien de tout cela, dans ses souvenirs, et les héros au grand cœur ici bas, ne survivaient pas aux loups rôdant toujours plus près. Il n'avait, pour ainsi dire, pas eu d'autre choix que de détester ces êtres, bien qu'il eut conscience que certains devaient être bons, il n'avait jamais eu droit à une telle rencontre. Ou bien si, il en avait eut une, cependant, il se refusait à considérer cela comme faisant part de ses souvenirs. Cela avait été le déclencheur de toute cette haine accumulée qui grouillait sous sa peau comme les humains grouillaient sur terre, un sentiment parasite qui faisait son hôte marionnette. Il n'avait trouvé de refuge que parmi les siens, ces autres, monstrueux comme lui, cette race absconse par sa discrétion. Cette même manie à se cacher qui lui plaisait tant, et qui l'avait poussé à se reclure dans cette petite pièce qui était sienne des jours durant, ne sortant que lorsque la faim le tenaillait, ou lorsqu'il venait d'écraser dans son cendrier, la dernière cigarette qu'il lui restait. Il ne sortait que trop peu, qui serait-il allé voir ? Thaddeus n'était pas à inclure dans l'équation, tout deux se contentant de lire sans s'adresser la parole, ils faisaient office de mobilier plus que d'êtres de chair et de sang. Ils s'en satisfaisaient, et le temps s'égrainait sans qu'ils ne ressentent l'envie de se parler. Le dialogue n'avait de place que dans un monde où il était digne de sens. Ici, plus rien n'en avait. Seule restait sa détermination toujours plus grande, à détester un peu plus chaque jours les Ymbrynes. Elles, qui avaient gagné son respect, étaient tombées plus bas que ce que l'Humain l'était. Il n'y avait de trahison plus grande que ce qu'elles avaient fait. Lui, qui n'avait eu de cesse que de se montrer respectueux, encore et toujours, au point à se faire parfois rabrouer pour sa simple envie de les satisfaire, n'avait eu de récompense que la désolation. Oh, certes, il ne se jugeait pas meilleur qu'un autre, et ne pensait pas qu'elles lui soient redevables de quoi que ce soit, cependant il aurait aimé un semblant de considération. Il aurait apprécié qu'on lui demandât son avis, bien que sachant la réponse qu'il allait apporter. Cela aurait été un refus catégorique. Faire disparaître sa boucle ? Sans façons. Faire disparaître la boucle de deux mille seize, seule dans laquelle il avait trouvé un peu de réconfort ? Une idée pertinente.

Rongé qu'il était par l'absence et la haine, il n'avait fait que se cloîtrer un peu plus chaque jours, et cela aurait bien pu lui coûter un morceau de vie. Une bribe de son passé, qu'il avait jalousement récupérée pour la mettre au chaud dans un coin de son cœur, lui offrant un nid douillet qu'il couvait comme si sa vie en dépendait. Twice. Son petit morceau de bonheur dans ce monde gris, ce seul souvenir de son passé qu'il pouvait maintenant toucher du bout des doigts, et non plus simplement contempler en rêve. L'impertinence de Right lui avait manqué, son sourire aussi, qu'il reconnaissait apprécier plus que ce qu'il l'aurait dû. Les regards qu'ils pouvaient se lancer étaient venus hanter ses rêves. Il pouvait aisément dire la même chose de Left, bien que ce dernier fut beaucoup plus calme que son frère. Il aimait ses sourires, comme il aimait les heures passées au coin du feu, un livre entre les mains, bercés par le ronronnement d'un chat venu se lover sur leurs cuisses. Si d'aucun avaient critiquer leur prétendue monstruosité, Darren avait appris à ne voir en eux que ce tout ce qu'il pouvait apprécier chez d'autres... étrangement réunis en une seule personne. Il n'aurait su mentir à ce sujet, il se devait d'avouer qu'il s'était lui-même interrogé sur le cas des jumeaux, sans jamais n'en piper mot. Il n'était pas de ceux désireux de poser des questions pouvant être gênantes, et s'il en avait eu quelques unes à l'esprit, elles s'étaient éteintes sur sa langue avant qu'il ne les prononce. Ils étaient une curiosité, même pour des particuliers, qui avaient pourtant l'habitude de voir les merveilles et horreurs de la nature, et il ne les jugeait pas assez stupides pour n'en avoir conscience, bien au contraire. Comme lui détestait qu'on pointe du doigt ce qui le rendait différent, il s'était fait silencieux, crainte farouche qu'il avait de les blesser. Lorsqu'il repensait à ce temps, il maudissait jusqu'aux tréfonds de son âme d'avoir des idées encore trop humaines. Il avait été comme les Hommes sur lesquels il vomissait son venin sans vergogne, et il remerciait sans un mot Twice de n'avoir rien dit. Left comme Right avaient dû surprendre ses regards parfois, peut-être en avaient-ils cure de part l'habitude, ou peut-être avaient-il compris qu'il n'y avait là aucune méchanceté, seulement une curiosité mal placée pour laquelle il se fustigeait bien assez en songes... Le temps couvrant de son voile les événements, les questions s'étaient recouvertes, et il n'y avait plus que dans son esprit deux êtres distincts qu'il aimait autant l'un que l'autre, pour des motifs différents. Comme tous ces autres, il était convaincu que Twice ne serait plus qu'un souvenir, qu'il n'aurait d'eux, plus que des rêves sans substance, sans pouvoir toucher celle de leur peau. Les revoir avait été pour lui un soulagement si virulent qu'ils pouvaient sans nul doute maintenant se pâmer d'être des rares à l'avoir vu pleurer. Il n'avait été capable de se retenir, et lorsque la conclusion qu'il n'était pas en rêve éveillé s'était imposée à son esprit, il s'était écroulé dans leurs bras, et comme il s'y était attendu, ils avaient su recoller les morceaux...

Ce sentiment de sécurité qu'ils savaient si bien lui prodiguer méritait bien qu'il se laissa aller à se mêler aux humains n'est-ce pas ? Il n'y avait pas mit une volonté à toute épreuve, il fallait bien l'avouer, il avouerait même tête basse qu'il avait refusé cette idée pourtant simple, lorsque Right lui avait proposé de les accompagner. Il s'en était ensuite mortellement voulu, et avait tourné tel un lion en cage de longues minutes durant, avant de décider que si les jumeaux avaient la patience de supporter un être comme lui, il se devait bien de le leur rendre. Il allait faire le pas. Il allait franchir la sécurité qu'offrait sa boucle pour eux, et il s'était surpris, sur le chemin, à apprécier cela. Aussi loin qu'il se souvienne, il ne parvenait pas à se rappeler à quand remontait sa dernière sortie avec ce qu'il appelait sans crainte des amis. Il lui arrivait de traîner, ça et là avec des compagnons, cependant, nul n'avait la confiance qu'il avait en Twice, les autres privilégiés ayant disparu dans le néant de la refonte des boucles. Il n'avait cependant jamais été friand de fêtes foraines, notamment car tout ici, lui rappelait ce dans quoi il avait grandit, un simulacre de joie et de bonne humeur, pour sortir des humains avides de bonheur de leur torpeur. Ils n'en trouvaient gère ici, à n'en pas douter, ou tout du moins, ils croyaient en avoir, l'espace de quelques heures, le temps de quelques attractions et sucreries... Le souvenir tarissait, et certains n'en gardait rien, à moins qu'il ne se soit produit un événement particulier. Il espérait, oh oui, il priait un dieu en qui il ne croyait plus depuis des décennies pour que ce jour soit une exception.

Le silence.

Il fronça légèrement les sourcils, jetant un regard hagard derrière lui avant de faire quelques pas de plus. Cette maison était-elle supposée être si tranquille ? Il en doutait profondément, bien qu'il y vit l'espace d'un instant l'avantage que si le reste était tout aussi calme, retrouver Twice ne saurait être une tâche aussi ardue que ce qu'il s'était figuré. Cependant, le silence se faisait pesant, et oppressant. Non, il n'y avait rien de normal à cette situation, et s'il s'agissait d'une blague quelconque, il ne la trouvait pas amusante. Les sens en alerte, il avait continué son avancée dans les couloirs sombres de la maison des horreurs, ses doigts se pliant parfois pour se dégourdir, vibrants d'un pouvoir trop puissant pour son propre corps, prêt à surgir si le moindre problème venait se profiler. Aurait-il du faire demi-tour ? Un instant, il hésita, jusqu'à ce qu'un brouhaha étouffé ne parvienne à ses oreilles. Il lui semblait qu'il y avait du monde à l'extérieur, ce qui eut le don de le rassurer autant que de l'inquiéter. Il n'y avait pas la joie à laquelle il s'attendait, il n'y avait pas les cris perçants des enfants qu'il avait pourtant redoutés, non, il y avait comme un roulement de tonnerre silencieux, un bourdonnement qui ne lui disait rien qui vaille. Rebrousser chemin ? Il fut tenté, oui, cependant que faire ? Est-ce que Twice s'était réellement rendu ici ? Est-ce qu'ils étaient aussi perdus que lui ? Darren pourtant très peu prompt à l'esprit chevaleresque, se trouva bien prétentieux que d'essayer d'éclaircir ce mystère en cherchant la source de ce grabuge. Quand bien même eut-il désiré faire marche arrière, il y avait en lui une certitude étrange lui affirmant que ce n'était pas possible, du moins, pas par où il était entré. Il lui fallait trouver une autre sortie, d'autant qu'il lui semblait entendre des cris derrière lui. Pressant le pas, il eut le loisir, de contempler le désastre du coin de l’œil, lorsque passant devant une fenêtre faussement couverte de toiles d'araignée, les fourches et torches vinrent heurter sa rétine. Il s'était accroupit sans demander son reste, rabattant sa capuche sur sa tête, se congratulant un instant d'avoir conservé ce vêtement bien pratique que tout un chacun portait en deux mille seize. Il n'aurait su être discret, avec sa tignasse rousse qui lui avait déjà valu d'être repéré à de nombreuses reprises. Il s'était extirpé hors du sous sol donc, et il se devait de quitter le manoir, qui bientôt serait un piège refermé autour de lui. Il lui semblait entendre ces cris de haine vernir de toutes parts à la fois, et si cela avait été son imagination, il n'en était pas moins que ses doigts tremblants effleuraient le sol alors qu'il essayait tant bien que mal de ne pas se faire repérer.
Il se faufila à l'extérieur, remerciant son éducation pour la souplesse et la dextérité dont il pouvait faire preuve, alors qu'il évoluait, il l'espérait comme un ombre, entres les toiles de tente. S'arrêtant brusquement dans un hoquet de terreur étouffé, il se plaqua contre la parois d'une bâtisse, laissant passer devant lui des hommes trop occupés à brandir leurs armes pour le voir. Il ne pouvait décemment pas rester en extérieur, et s'il en jugeait par les hurlements de ces hommes, toujours plus forts, ils augmentaient en nombre, ou alors se réunissaient. Qu'importait la solution, cela n'était quoi qu'il advienne pas de bonne augure. Sans en avoir conscience, Darren venait donc de se glisser par la porte arrière de la bâtisse dans laquelle Right et Left s'étaient engouffrés, et il ne lui avait pas fallu longtemps pour qu'il lui sembla repérer le bruit de leurs pas, lui qui était silencieux par son immobilité. Une seule personne ? Il serra un peu les dents, il ne pensait plus qu'à une survie peu probable, et si cette âme errante était seule comme lui, il y avait fort à parier que la personne en question était aussi terrifiée que lui. Le genre d'animaux qu'il y avaient là dehors étaient des bêtes se déplaçant en meute, pas des solitaires. Quand bien même cela aurait été le cas, il n'aurait pas été difficile pour Darren de maîtriser un homme, c'était le nombre qui le figeait de peur. L'obscurité aussi, il n'y avait ici que très peu de visibilité, et rapidement, les cris épars avaient assez grandit pour qu'il n'entende plus les bruits de pas. Peut-être avait-il rêvé, qu'en savait-il ? Qu'importe, l'immobilité aurait signé son arrêt de mort, son esprit paniquant lui indiquait uniquement la fuite, incapable qu'il était de penser à autre chose. Ces cris, tous ces cris... Il lui semblait entendre les échos de la bataille de libération du Freak Show, et son cœur battait si fort à ses oreilles que son bruit en était devenu assourdissant. Sa main tremblante avait fait guide, alors qu'il essaya de trouver une autre sortie, quelque part, et sans le savoir, ils se rejoignaient.

Puis, le contact.

Dans un sursaut de recul et un grognement étouffé de terreur, traduction d'un cri étouffé par sa gorge trop serrée, il avait armé un bras, prêt à frapper de son pouvoir quiconque souhaiterait l'agresser. Ce juron, fusant dans les airs, vint remplacer le coup qu'il s'était tant attendu à recevoir, et il baissa les bras dans un mouvement vain. Twice. Right, pour plus d'exactitude, outre le fait qu'il aurait probablement été capable de distinguer leurs deux voix à la simple intonation qu'ils employaient, il n'y avait que ce dernier pour jurer de la sorte.

- Right ? Marmonna-t-il le plus bas qu'il put, de sa voix tremblante, bien qu'il sut déjà la réponse. Left ? Appela-t-il néanmoins tout aussi bas, parvenant difficilement à distinguer quoi que ce soit, il lui semblait pourtant distinguer les contours de leurs deux têtes.

Il n'attendit aucune réponse, lorsqu'un cri plus proche le fit sursauter, le faisant se rapprocher instinctivement des jumeaux, se réfugiant contre eux comme un animal effrayé, en profitant pour les tirer à lui, dans un réflexe idiot consistant à passer un bras autour de leur corps, comme s'il avait été en mesure de les protéger. Le bruit mat d'une des armes de fortune des démons à l'extérieur vint cogner contre une des parois, comme s'ils avaient su qu'ils étaient ici. Imitant Right, il laissa échapper un juron à voix basse, de ceux qu'il avait apprit en deux mille seize, trahissant la panique émotionnelle dans laquelle il était.

- Vous avez une idée de ce qu'il se passe ? Demanda-t-il en un murmure, comme si cela avait été une bonne idée de parler. Il faut qu'on trouve un moyen de s'enfuir d'ici...

Pour le moment trop paniqué pour réfléchir, il ne manquerait certainement pas de rouler des yeux pour lui-même au souvenir des mots qu'il venait de prononcer, dont l'évidence même en était pathétique. Il n'allaient pas rester là, ce n'était pas négociable. Les humains rôdaient, leurs cris résonnaient à ses oreilles, et la terreur primale qu'il avait de la guerre, de la haine en soit, le rendait incapable de se mouvoir. Ses tremblements s'étaient accentués, et bien qu'il en eut le désir, ses membres refusaient de lui obéir, et tout ce qui parvenait à son esprit, était que voilà était le résultat, lorsqu'un couard se prenait pour un preux...



lumos maxima


And I tried to come up with an artistic way to say they don't know you, and neither do I
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Dim 7 Jan - 19:16

Jamais votre cœur n'avait hurlé plus fort.
Jamais n'aviez-vous senti votre myocarde imploser si brutalement qu'en cet instant, le sang qui tout à coup trébuche et cède la place à une cohorte de canons le long des tempes, le thorax empoisonné par les cargaisons de poudre qui s'y embrasèrent. Si vous aviez tenu quelque objet entre vos paumes fermées, nul doute qu'il serait venu s'écraser aussi sec sur le crâne de l'inconnu effleuré, ami ou ennemi peu importe – l'exigence de survie pour seul prétexte. Et vous l'auriez regretté. Vous l'auriez regretté tellement puissamment, car le malheureux vous est familier de longue date, familier de vos sentiments dupliqués, et ni l'un ni l'autre ne conçoit assez de rancune à son encontre pour souhaiter lui infliger la plus infime douleur. Cette virtualité – le fait d'avoir pu envisager de le frapper par réflexe – suffit à braquer Right, à tendre ses os ainsi qu'un poing levé qu'il se serait cependant refusé d'abattre, tandis que Left à l'inverse sent ses muscles se relâcher en captant cette voix singulière, sans imaginer une seconde que vous étiez la cible d'une menace similaire de la part de votre comparse.
Dans d'autres circonstances, si le contexte avait autorisé davantage d'insouciance que l'irritable incrédulité de ces retrouvailles, vous l'auriez d'ailleurs repris sur l'usage de vos noms avec raillerie ou amertume selon votre humeur. Or, celle-ci n'est guère aux reproches ; au contraire, elle transpire le réconfort – non de vous savoir pour un instant supplémentaire à l'abri des lames que vous fuyiez, mais de tomber sur une âme connue, amicale, aimée. Laquelle, puisqu'elle se trouve ici en ce moment, n'est pas plus sortie de l'auberge-théâtre que vous l'êtes. Tant pis, direz-vous, c'est déjà bien que vous soyez tous au moins sains et saufs, dans cette maigre mesure du possible qu'est le quotidien des temps de guerre.
Pour combien de minutes encore ?
Un grondement et la réalité s'empresse de vous rattraper.

Darren s'est blotti contre vous dans un bond instinctif, ce qui balaye aussitôt les derniers résidus incertains quant à son identité, car ce que sa voix n'aurait pu prouver – peut-être n'était-elle qu'une tromperie de vos sens embrouillés, un rappel illusoire de votre précédente entrevue –, son geste l'atteste et son odeur s'occupe du reste ; personne d'autre que le rouquin, dont vous revoyez les reflets d'ambre de sa chevelure malgré les crocs de l'obscurité qui les dévorent, ne se serait rapproché de cette manière, n'aurait jeté un bras solide quoique tremblant à l'angle de vos flancs, à la fois défenseur et fragile. Là, de nouveau trop proche, à sentir son organe palpiter comme un fou, un soldat, et son parfum d'automne s'insinuer autour de vous, nul doute n'est plus permis. Et même si Right coulerait bien ses phalanges à travers ses mèches fauves pour s'en assurer, il se contente d'affirmer sa propre prise sur le poignet du Syndrigasti en signe de départ imminent.
« C'est nous, ouais.
Ssshh... » chuchote Left pendant que votre aîné se met à dévider ses frayeurs – sans lui en vouloir toutefois d'exprimer tout haut ce que vous pensez tout bas, devinant qu'il est plus aisé de libérer ses opinions en présence d'un quelconque soutien que dans une terrifiante solitude. Right secoue la tête, lâche dans un murmure :
« Aucune. T'as pas choisi ton jour pour v'nir, j't'assure qu'c'est pas comme ça d'habitude... »
Mais alors qu'il s'apprête à énoncer des justifications à cet état de la Fête foraine, plusieurs éclats retentissent en écho depuis les hauteurs de la salle, à l'endroit où les lourdes portes molletonnées de l'institution dégueulent d'ordinaire leurs flux de spectateurs les soirs de représentation ; or votre petit doigt vous glisse qu'il ne s'agit pas d'innocents touristes venus régaler leurs mirettes d'acrobaties particulières ou de quelque vaudeville foireux. Ce serait trop beau – il y a fort longtemps que le père Noël n'a pas accompli de miracles par ici. Non. Loin de là, d'ailleurs. À la place du débonnaire bonhomme rougeaud, en substitut à un quelconque flot de curieux dociles en habits du dimanche, vous avez droit à une meute de chiens enragés, déterminés semble-t-il à vous faire passer l'arme à gauche dans les plus brefs délais comme en témoigne la virulence avec laquelle ils font irruption à l'intérieur du théâtre : deux gars envoyés semelles en avant pour emboutir le double battant, suivis d'un trio de peltastes version années quarante, le premier torche dressée pour éclairer l'espace et repousser les ténèbres dans leur terrier de l'Enfer, le second la hache brillante au bout d'une pogne aussi grosse qu'une tête d'enfant, le troisième en pleine communion d'avec sa fourche pour conjurer le Mal. Paysans robustes ou médiocres bourgeois, déjà usés par les conflits internationaux et privés d'armes plus efficaces que leurs outils rudimentaires – l'unique avantage induit par la réquisition des revolvers puis des balles pour les armées en déplacement –, ils n'ont que leur hargne et leur ardeur à chasser les démons pour faire valoir leur menace, et cela suffit amplement. Abreuvés d'inepties à la messe hebdomadaire, élevés dans l'amour du prochain option bûcher pour les hérétiques, ils sont convaincus d'être dans le bon camp. Celui des purificateurs. Des sauveurs. Des humains. Et vous, gibier de potence en puissance, vous n'avez qu'à détaler si vous ne souhaitez pas servir sur-le-champ d'exemple d'expiation.

« En voilà deux ! Je vous l'avais dit, que j'en avais vus rentrer ! s'enorgueillit le porteur de lumière.
– Rendez-vous sans faire d'histoires..., gronde le bûcheron des montagnes.
– Deux... ? » hésite le Poséidon de pacotille.
Right roule des yeux ; placés tels que vous êtes dans la descente des marches, votre découpe bifide est sans doute restée invisible à qui vous regarderait d'en haut, et les intrus ne doivent distinguer qu'un profil unique au lieu des deux têtes qui vous caractérisent – une erreur de perspective qu'il s'interdit de camoufler plus longtemps, inclinant le cou de manière à se révéler dans le pâle halo de la flamme, agitant la main dans une salutation moqueuse à l'attention des mines tout à coup écœurés des cinq comparses. Mais son rictus n'a absolument rien d'amical.
« Allez, on s'arrache. »
La voix de Left se résume à un crachat fielleux où couve l'anxiété.
Alors vous vous arrachez, fuyant à l'instar de chauves-souris qu'un faisceau de lampe dérange dans leur sommeil et pousse à s'envoler, prompts à dégringoler des escaliers à peine dessinés sous vos chausses en direction de la scène, et dans la cavalcade vos phalanges ont solidement crocheté celles de Darren. Courir d'abord – autant que faire se peut dans ces conditions –, réfléchir ensuite. Au son des frustres qui vous pourchassent dans une mêlée d'exclamations rageuses, de cliquetis déments et d'hostiles claquements de semelles sur les couloirs du bâtiment. Quiconque admirerait le spectacle depuis l'un des balcons n'apercevrait probablement qu'un amas d'ombres mangées d'éclats rougeoyants sur fond d'ombre, un informe vacarme entre respirations fiévreuses et froissements épouvantés. Il vous verrait bondir sur les planches de la scène pour rejoindre les coulisses que vous traverserez sans en connaître le dédale, suppliant pour qu'à aucun moment vos jambes ne butent contre un accessoire oublié, un porte-costume encombré ou, pourquoi pas, un cadavre abandonné. Dans votre dos jaillissent insultes et invectives, promesses d'un mauvais quart d'heure si vous vous retrouviez entre leurs griffes, tandis que devant n'est qu'un labyrinthe noir sur noir où de rares appliques étonnamment allumées longent votre chemin. Vous ne parlez pas – pas de façon audible en tout cas –, néanmoins vos crânes sont emplis d'incompréhensions et d'inquiétudes.
Et s'il y en a d'autres planqués dans les loges à nous attendre ? Et si on se perd, si on est séparés ? Si on ne retrouve jamais la sortie ? Foultitude d'interrogations auxquelles Right ne répond pas, trop concentré sur l'instant pour prêter du crédit à ces questions qui ne serviront pas leur échappée.
Puis vous vous arrêtez d'un coup face à une porte sans nom ni renseignement ; dans cet étroit corridor, vous n'avez pas trente-six solutions. Appuyer sur la poignée. Et prier.

Lancer de dé n°1 : Gagné
La porte s'ouvre sur l'extérieur – sortie des artistes donnant sur l'arrière du théâtre. L'air libre, enfin, mais êtes-vous vraiment tirés d'affaire ?

Lancer de dé n°2 : Perdu
C'est coincé et il semble que vous êtes faits comme des rats. Vous aurez beau l'enfoncer à coup d'épaules, elle est verrouillée. Une meilleure alternative ?
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Le Corbeau
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Dim 7 Jan - 19:16

Le membre 'Twice' a effectué l'action suivante : Main du Destin


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Darren Flanagan
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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 9 Jan - 7:31

But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence [Twice]



L'esprit distrait par la panique, Darren n'avait même pas songé à utiliser le nom Twice, au lieu des noms qu'il avait employés, et à vrai dire, il n'en avait cure pour l'instant. Comment aurait-il pu, alors que la mort matérialisée en les traits hargneux de paysans brandissant torches et fourches venait frapper à la porte ? Oh, bien sur, cela lui reviendrait tôt ou tard, à un moment où rien ne l'aurait laissé présager, peut-être bien six mois plus tard, qu'en savait-il ? Si cela advenait, il y avait fort à parier que Darren saurait venir s'excuser, bien que Twice n'en aient probablement pas le moindre souvenir, ou bien qu'ils n'en auraient plus rien eu à faire depuis le temps. Ou alors Twice se chargeraient de vous le rappeler, si jamais la conversation s'y prêtait. Plusieurs fois, après qu'il se soit fait reprendre de volée par l'un d'eux, ou par les deux même parfois, il s'était fait la réflexion idiote qu'il devrait leur trouver un surnom chacun, avant de venir à la conclusion qu'il risquait de les vexer en leur demandant si cela les gênerait. Qu'aurait-il fait si sa volonté de les différencier allait à l'encontre d'une volonté éventuelle de leur part de n'être vus que comme un ? En somme, Darren s'était encore posé bien trop de questions sans trouver de réponse, si effrayé qu'il était de les brusquer et que plus jamais il n'ait le droit de s'alanguir près d'eux, que plus jamais Right ne glisse les doigts dans ses cheveux, que plus jamais Left n'ait envie qu'ils passent des heures à lire dans un silence complice qui lui donnait ce perpétuel sourire en coin de satisfaction. Oh, il avait conscience qu'il en faudrait certainement plus que cela pour vexer les jumeaux, cependant, c'était bien plus fort que lui, et il ne contrôlait pas cette crainte au fond de son être. Il s'était demandé à de maintes reprises s'ils n'avaient pas de noms autres que Right et Left, des prénoms qu'ils n'utilisaient jamais, cependant sans jamais oser poser de questions, cela restait un mystère à son esprit. Plusieurs fois, il avait tenté d'ouvrir la bouche, lors d'une de leurs sessions de lecture, mais, son cœur battant bien trop fort, les mots avaient été étouffés dans sa gorge. Il craignait leur réaction, d'autant qu'il n'avait pas la moindre idée de comment formuler sa requête...

Cependant, le temps n'était pas à ces considérations, et cela n'affectait pas l'esprit de Darren. Pour le moment, la seule chose qui avait de l'importance était qu'ils étaient ensemble. Lui, collé contre Twice, dans un élan de crainte certain, mêlé à l'envie de les protéger tout en sachant qu'il n'en serait sans doute pas capable. La volonté était présente, celle de vivre, celle qu'ils vivent, eux qui étaient toujours présents pour lui lorsqu'il était au plus bas, lui qui n'avait de qualité que la force de frappe donnée par son pouvoir. Et s'il tombait ici, lui en voudraient-ils ? Se diraient-ils qu'ils avaient passé bien trop de temps et d'énergie à essayer de conserver un être qui n'était que faiblesse ? La poigne de Right sur son poignet vint, l'espace d'un instant, balayer ces pensées déplacées vu les circonstances. Ils étaient ensemble dans cette histoire, aucun d'entre eux n'avait à se montrer plus preux que les autres, ils devaient s'attacher à rester ensemble, et à trouver une solution pourtant bien loin dans son esprit, cachée derrière la panique fourbe qui le saisissait et ne lui laissait pas le choix de la réflexion. Un nouveau coup contre les parois, et il avait resserré son étreinte autour de leur corps, jusqu'à ce que la voix de Right ne vienne heurter ses tympans pour provoquer en lui un sentiment de soulagement qu'il n'aurait pas cru si puissant, et l'injonction de Left les appelant aux silence l'avait fait se raidir un peu plus, rappelant à son esprit qu'il n'était nul temps de se répandre en bonheur. Ils pourraient le faire tout leur saoul plus tard, lorsqu'ils seraient tirés d'affaire. Ou du moins, il pourrait leur montrer à quel point les avoir retrouvés avait été le signe lui manquant pour ne plus céder complètement à la panique. Ils étaient son ancre dans la tempête, et s'il n'avait que peu de considération pour lui-même, il n'aurait jamais esquissé le moindre geste mettant en péril les jumeaux.

Darren esquissa l'ombre d'un sourire lorsque Right lui indiqua qu'il n'avait pas bien choisi son jour pour venir, et s'il aurait habituellement répondu dans un élan de sarcasme qu'il ne voyait pas comment se mêler aux humains pourrait être une bonne idée quelques soient les circonstances, il n'avait pas l'âme à faire ce genre de tours de langue. Des cris, encore et toujours, amplifiés par l'acoustique du théâtre, lorsque les hommes entrèrent. Un nouveau frisson vint secouer son échine alors qu'il se détachait légèrement de Twice pour leur laisser l'occasion de la fuite, si, lui, tétanisé par la peur n'osait et ne pouvait mouvoir le moindre muscle. Ils ne les voulait pas héroïques, il les voulait vivants. Il ne voulait pas qu'ils s'attardent si lui se montrait lâche comme il savait si bien le faire... Bientôt, il aperçut leurs armes, et la haine flamboyante dans leurs yeux, la même haine qui se reflétait sans son propre regard, lorsque l'Homme revenait dans la conversation. Une haine motivée par la crainte, dévastatrice, il n'y avait pire peur que celle de la différence. Elle motivait tous les conflits, et justifiait les pires atrocités. Elle avait plusieurs formes, du désir de fuite insatiable à la volonté de destruction. Ce qui n'existait plus ne pouvait faire de mal, et lorsque la crainte était en mesure d'être tuée, alors il fallait y mettre le feu. Leurs paroles finit de lui donner le courage nécessaire afin de bouger, ils ne devaient pas rester là, ils ne devaient.... Dans un élan de rage déplacé, Darren avait levé une main menaçante en leur direction, prêt à utiliser son pouvoir si l'un d'entre eux osait une fois de plus, faire apparaître sur leurs faces rouges cet air dégoûté qui lui donnait la nausée. Tuer cinq hommes ? Il l'aurait pu, il ne s'en serait pas tiré sans aucune égratignure, il n'aurait sans doute plus eu la force de courir, et il savait que le sang serait venu battre à ses oreilles si fort qu'il lui aurait donné des vertiges, cependant, lorsqu'il s'agissait des jumeaux, l'inconscience prenait le dessus sur la raison, et bien heureusement, la voix de Left le ramena à la réalité, puis la pression de leurs doigts sur les siens lui firent définitivement abandonner l'idée de se battre, du moins pour le moment.

Il s'engagea à leur suite dans les dédales d'escaliers, manquant de s'écrouler au sol en ratant quelques marches. Il entendait les invectives des hommes derrière eux, et peu enclin à se rendre sans faire d'histoires comme ils le leur avait demandé, cela ne l'empêchait de jeter des regards anxieux derrière eux, auxquels ne répondaient que le halo des torches et les respirations étouffées presque porcines de leurs poursuivants. « Pourquoi on fuit ? » Il serra les dents, repoussant d'un geste rageur ses cheveux venus couvrir ses yeux. Le souffle court, il s'arrêta près de Twice, les regardant s'agiter sur la porte alors que son inquiétude monte. Non, cette dernière n'allait pas s'ouvrir, et il n'était pas question de rebrousser chemin, pas avec les hommes à leur suite, il fallait qu'ils réfléchissent, et vite. Darren repoussa légèrement Twice, dans un élan vain, essayant à son tour d'enfoncer cette porte qui semblait trop bien verrouillée. Les cris des hommes à leur suite trouvèrent finalement écho à l'extérieur, et l'option qu'ils voulaient prendre de sortir n'en était plus une. A l'extérieur, le même schéma les attendait, des hommes brandissant fourches et torches pour cueillir leurs têtes.

Réfléchir, il fallait qu'ils réfléchissent. Darren leva les yeux vers le plafond et s'il n'y voyait presque rien à cause de l'obscurité, il devinait sans mal ce à quoi cela pouvait ressembler. Élevé dans un cirque, les théâtres faisaient partie des environnements dans lesquels il avait eu pour habitude de s'aventurer, lorsqu'une ville désireuse de grandiose leur avait prêté une salle. Il distinguait en pensées les cordages et les poutres, et bientôt les hommes se trouvaient bien trop proches, leurs pas faisant trembler le sol. Darren se raidit légèrement, alors qu'une idée venait s'imposer à son esprit. Le sol tremblait ? Il frappa le sol d'un coup de talon, et un léger sourire arma ses lèvres. Des coulisses, sous le sol, comme dans la majorité des théâtres, ces dernières s'étendait bien plus que sous la scène. Le temps semblait avoir fait des ravages sur cet endroit, aussi bien sur son apparence que sur sa qualité. Il passa donc à nouveau un bras autour du corps de Twice. Quelques coups devraient suffire, s'ils étaient bien placés, et s'ils ne s'en sortiraient pas sans dégâts, cela était sans doute mieux que de finir empalés.

- Accrochez vous. Murmura-t-il.

Un premier champ de force fit vibrer et craquer le sol, alors que le seul mouvement de ce dernier avait refroidit, pour un instant seulement, leurs poursuivants. Un autre coup, plus puissant, vint heurter les lattes du plancher, bien plus solide que ce qu'il n'avait osé le penser. Au diable... Il inspira fortement avant de claquer de nouveau le sol, un peu de sang venant emplir son nez, témoins de la puissance trop grande qu'il mettait dans cette action, alors que le début d'un vertige le prend. Un nouveau craquement, et les voilà disparus à travers le plancher, dans un cri d'angoisse qu'il n'avait pu retenir.

Lancer de dé 1. Réussite :

Comme si les occupants passé du théâtre l'avaient senti, ils tombent sur des sacs remplis de sable, utilisés par le passé pour faire contrepoids à la montée des artistes sur scène par le sol de cette dernière. Une chance inespérée ! Ils n'ont plus qu'à traverser les coulisses et machineries pour ressortir de l'autre côté... en théorie.

Lancer de dé 2. Échec :

Le sol dur vient accueillir leur chute. S'ils ne se cassent rien, le choc affaiblit leurs corps, et la course va dorénavant s'avérer plus compliquée, plus lente, bien qu'ils aient un peu semé leurs poursuivants par cette action. L'adrénaline se chargera de les faire bouger.


lumos maxima


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   Mar 9 Jan - 7:31

Le membre 'Darren Flanagan' a effectué l'action suivante : Main du Destin


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MessageSujet: Re: .But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.   

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.But our words like silent raindrops fell and echoed in the wells of silence | Darren.
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