It might not be something you would do || Clarence
 ::  :: Tenterden

Achille Caplan
démon veilleur

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☾☾ Particularité :
Apparence démoniaque. Deux protubérances pointues se hissent sur le sommet de son crâne tandis qu'une queue noire, pointue, venimeuse, naît au bas de son dos.
☾☾ Bizarrerie :
Craint la douzième minute de la douzième heure de la journée. Cet instant tout particulier le terrifie, sans raisons connues de sa part, et la seconde qui suit, toute peur quitte son organisme.
☾☾ Années :
Quarante-six années se sont écoulées derrière lui.
☾☾ Occupation :
Protéger les êtres englobés sous la boucle, veiller à leur sécurité à la fois au sein de cette boucle mais aussi à l'occasion au sein de la fête foraine.
☾☾ Missives :
69
☾☾ Trogne & crédit :
Richard Armitage


MessageSujet: It might not be something you would do || Clarence   Mer 3 Jan - 16:11

It might not beSo I’m going back to Santa Monica, New York to L.A. Never coming back, boy, no matter what you do or say ‘Cause I’m so afraid. And I've had it up to here with the panic and the fear. There’s nothing in your heart. Thought that I could make you change, but I’m so afraid  Une honte. Un scandale. Une ignominie. Comment ce fourbe, cet abject personnage osait-il s’infiltrer sournoisement dans la vie des gens ? De quel droit se permettait-il seulement d’espionner leur passé ? Questions, ou plutôt accusations, qui avaient laissé Achille sans voix. Plusieurs personnes s’étaient présentées à lui, les joues rougies par la gêne et le front plissé par la colère. Au détour d’une balade, ils étaient tombés sur leur histoire. Là, au vu et au su de tous, exposée au grand public. Certes, les noms avaient été modifiés pour préserver un semblant de dignité. Mais qu’à cela ne tienne ! Eux, eux savaient. Ils savaient que quelqu’un avait osé leur dérober leur bien le plus précieux. Leur vie. Et Achille se retrouvait pris pour témoin, coincé entre les regards horrifiés et les injures véhémentes. Quel autre choix avait-il que d’obtempérer ? Que de leur promettre qu’il préserverait leur vie privée, qu’il irait trouver celui qui se faisait espion et qu’il remettrait les pendules à l’heure ?

Le seul problème restait qu’Achille n’avait aucun pouvoir, aucune autorité officielle sur les autres Syndrygastis. Si personne n'était assez idiot pour venir le réprimander quand il s’interposait dans des bagarres pour le bien de tous, cela ne lui conférait pas le droit de réprimander qui que ce soit. Au final, il n’était qu’un habitant parmi tant d’autres. Malgré tout, Achille se sentait peiné par ces gens dont l’intimité avait été brisée. C’était incorrect, irrespectueux selon lui. Une discussion s’imposait. L’être aux apparences démoniaques ne pourrait exiger mais il pourrait au moins demander. Plus ou moins poliment.

Il se mit donc en route. Prenant la direction du petit village de Tenterden, espérant y trouver l’individu en question. Après quelques recherches sur cette personne, il s’était avéré que l’individu s’appelait Clarence. Clarence Bannerman. C’était à peu près tout ce qu’Achille savait à propos de lui. Le diablotin avait préféré ne pas trop creuser pour éviter de sombrer dans la curiosité. Mieux valait ne pas prendre cette affaire trop à cœur et tenter de raisonner cet homme, de lui faire ouvrir les yeux sur ses méthodes peu glorieuses. Toutefois, il s’agissait désormais de le trouver. Mission délicate quand chaque Syndrygasti était libre de vaquer à ses occupations où il le souhaitait dans la boucle. La rumeur lui avait dit que Clarence se baladait parfois dans Tenterden. Information vague, floue et d’une utilité moyenne. Pourtant, Achille avait tout de même décidé de suivre son instinct.

Avançant dans les rues du village, l’homme croisait parfois le regard des habitantes. Celles qui n’étaient que pâles copies des véritables êtres humains. Celles qui ne comptaient pas, qui ne comptaient plus. Dans la réalité linéaire, elles étaient mortes. Mortes ou très vieilles. L’homme tâchait d’ignorer la lueur de tristesse dans leurs yeux. Nombreuses étaient celles qui avaient perdu leur mari, appelé par l’armée. Certaines y avaient aussi laissé des fils, des frères, des pères. 1941, une année pleine de détresse, chargée en émotions complexes et en douleurs vives. Jamais Achille n’aurait songé y vivre un jour. Jamais il ne l’avait désiré. Et pourtant ...

Bifurquant au détour d’une ruelle, Achille aperçut une chevelure sombre. D’assez haute taille, l’homme était plutôt svelte et élancé. Accélérant le pas, le diablotin se plaça dans son dos, croisant les bras sur son large torse. « Bonjour. C’est bien vous Clarence Bannerman ? ». Il l’observa longuement, étudiant les traits de son visage, ses réactions et son attitude globale. Qu’il pouvait être dur de vivre au croisement des Mondes et des époques. Achille maîtrisait encore bien mal la mixité temporelle qu’offraient ces lieux. Souvent, il se contentait de se comporter avec son éternel nonchalance habituelle et qu’importe si cela déplaisait. « Je me présente, je m’appelle Achille ». Sans y mettre trop de politesse, sans fioritures ni sourire mal à l’aise, le démon restait stoïque. Son visage dur, froid, impassible restait fidèle à lui-même. Sa main droite se tendit vers Clarence, patientant que l’inconnu ne vienne la lui serrer. « Je viens pour vous parler de ces histoires que vous exposez ... ». Et BOUM les pieds dans le plat.
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Clarence F. Bannerman
mirettes omniscientes

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☾☾ Particularité :
Des yeux supplémentaires aux creux des paumes. Ils fonctionnent bien mais n’apportent tout à la fois pas grand-chose.
☾☾ Bizarrerie :
Le premier regard éteint, son corps devient bancal. Il avance bras tendus devant lui, cherche son équilibre dans le noir. Il ressemble un peu plus à un monstre, et déteste le savoir.
☾☾ Années :
108. Jamais plus longues que celles qui lui restent.
☾☾ Occupation :
Responsable du Musée des Horreurs Passées.
☾☾ Myocarde :
Divisé entre ce qui fût et ce qui pourrait être.
☾☾ Missives :
608
☾☾ Trogne & crédit :
Matthew Goode


MessageSujet: Re: It might not be something you would do || Clarence   Dim 7 Jan - 1:45



IT MIGHT NOT BE SOMETHING YOU WOULD DO

Janvier 2018

     Ils n’eurent pas la douceur de quelques années pour se faire à la brutalité du présent. Extirpés du passé et jetés dans sa gueule ouverte, ils ne furent plus que des atomes décousus par leur ignorance. Clarence avait marché dans Londres plus de cents ans, couru ses premiers pas, répétés ses derniers ; Il en était natif et connaître chaque trefond de la capital l’avait préservé d’un monde dont l’ignorance n’accordait aucune place. Tenterden manquait de grandeur, de familiarité. Elle était dans la boucle cet espace restreint dans lequel l’on ne put marcher sourire aux lèvres. A Londres les bombes pouvaient cracher, il leur était encore possible de sortir au matin sous la pluie et de fondre leurs sourires dans la brume de la ville. L’outrance d’un bonheur injustifié s’effaçait sous les regards de silhouettes solitaires. Mais dans les villages de 1941, à Tenterden, les liens se tissaient et les murmures se faisaient le ciment d’une société isolée. L’on craignait les étrangers, les trains qui purent avoir été détournés par les Allemands, et le ciel pour ce qu’il convoyait. Les sourires étaient mal vus, et leur existence traversait le village comme de la poudre à canon. Clarence ne s’y sentait plus chez lui comme avant, car tous le regardaient comme l’un de ces étrangers venus fuir la grande ville, et que les méfiances étaient des armes aiguisées pour quiconque laisserait un faux pas le trahir. Il se mit à préférer le présent, et les regards ignorants. Tenterden bien longtemps après la guerre, à l’aube d’un nouveau siècle. Il osait à peine s’y plaire, mais y retournait pourtant.
On le dévisageait comme s’il eut porté sa vieillesse dans ses traits, et jugeait d’un regard plus long les vêtements qu’il ramenait du 20ème Siècle, pour autant il n’eut plus peur de sourire, de flâner en ignorant la guerre. Son manteau et les rideaux de neige ne cachaient jamais assez bien qu’il fut un de ces personnages apparus de la Fête Foraine, mais cela pu encore être banal, tant qu’il restait en liberté dans les rues. Il craignait encore les boutiques, pubs dont il n’appréciait pas la bière et autres murs qui le coinceraient délibérément avec les habitants du présent. Appréhender cette nouvelle ère par une fenêtre lui suffisait, incapable réellement de sortir les mains de ses poches et de s’approprier un geste à l’intérieur d’une temporalité fragile. Il se contentait de marcher.

Entendre les syllabes de son nom fendre le silence l’irrita. Elles étaient ces parties de lui hachées dans la bouche d’un homme qu’il ne connaissait pas, et qui pour une raison obscure avait préféré se tenir derrière lui plutôt que lui faire face. Il le reconnu, le visage enregistré comme de nombreux autres. Son nom était difficile à rattraper, mais il se souvenait l’avoir vu débarquer dans son Londres avant qu’ils ne la quittent. L’un des amis de Maxine ; Les cornes comme seule vérité qu’il eut sa place avec eux. Pourtant il le connut à peine. Déjà à son arrivé la lassitude l’empêchait de s’y intéresser. Il acquiesça pour lui répondre, mais se contenta à l’annonce de son nom de seulement récupérer la main qu’il lui tendait. L’œil était serré sous le gant, mais les doigts de l’homme lui firent presque violence.
« Mais encore ? »
Les sourcils en arc de lune, il se fatiguait à l’avance d’un débat qu’il voyait venir avant même qu’il soit engagé. Il n’aurait pas été si sûr de lui, si subtile dans ses gestes, s’il n’avait pas décelé la distance volontaire qu’il mettait entre eux ; ou s’il lui parut légitime de le retrouver jusque dans Tenterden pour simplement lui parler du musée. Peut-être était-il simplement bourru, mais il sut à mesure du temps se méfier de ces hommes arrivés l'échine droite à sa hauteur. Il dégagea sa main de la sienne, lui sourit prêt à lever les armes. Il n’allait pas mâcher ses mots à sa place, ni deviner comme coupable les reproches qu’il lui préparait. Il voulut lui laisser une chance d’arborer les bons mots, d’accepter la sympathie feinte sur son visage pour attendrir ses gestes et donner tort à ses propres appréhensions.



DEFINATE SOMEONE
This wasn't the person he'd thought he was, or would have chosen to be if he'd been free to choose, but there was something comforting and liberating about being an actual definite someone, rather than a collection of contradictory potential someones. J. Franzen
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