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 « Ghost from the past » Romy

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MessageSujet: « Ghost from the past » Romy    Ven 4 Nov - 12:46

« Ghost from the past »

Journée interminable, pour ne pas dire éternelle, elle s'essaye à de nouvelles choses. Elle veut changer son quotidien, et sortir de sa zone de confort. Elle avait pourtant tout le temps pour découvrir le monde, du moins ce que sa malédiction lui autorisait à découvrir. Douce malédiction, qu'elle avait subi jusqu'à ce qu'elle finisse par l'aimer. Il ne devait pas être loin des 14:26, et c'était impatiemment que la jeune femme attendait ce moment, qui ne tarda guère à arriver. Une pluie diluvienne tomba à 14:27, et depuis son arrivée dans la boucle, jamais elle n'avait raté ce moment. Depuis son plus jeune âge, Zophia avait toujours adoré regarder la pluie tomber, trouvant un semblant de paix, malgré le ciel qui s'agitait. Comme chaque jour, depuis une soixantaine d'années, les enfants se laissaient surprendre par cette pluie battante et courraient à l'intérieur pour s'abriter. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres, tandis que les minutes passaient, et que de nouveau la pluie laissa place à un soleil très timide, comme à son habitude. Londres n'était nullement réputé pour la chaleur de son temps, bien que les cœurs l'étaient pourtant.
Elle jeta un coup d’œil à sa montre et soupira, mourant d'ennui. Vivre inlassablement le même jour la contrariait, mais elle n'avait malheureusement plus le choix. Mais au lieu de pester, la jeune femme se décida à sortir de l'auberge, n'en pouvant décidément plus de cette monotonie définitive. Elle se devait, rien que pour une fois, sortir de ces lieux.
Souvent, il lui arrivait de faire un petit tour en 1873, se complaisant de ce froid d'hiver qu'elle affectionnait tant. Cela ne la dépaysait pas trop non plus, bien que les robes y soient trop longues à son goût, et que le port du pantalon n'y existait pas.

Cependant, elle ne s'était jamais réellement aventurée dans la boucle du 20 juin 2016, malgré qu'elle en ait entendu parlé à de nombreuses reprises. Elle ne savait d'ailleurs nullement pourquoi elle avait tant rejeté cette idée. Peut-être qu'elle avait peur de ce qu'elle y découvrirait, car si le monde allait déjà mal à son époque, elle craignait que ce soit pire aujourd'hui. Mais qu'importe, si des Syndrigastis avaient décidé d'y prendre asile, cette endroit ne devait pas être si mal, pour finir.
Ce fut donc pour cela que Zophia était décidée à y faire un tour, par curiosité, sachant le destin joueur.

Cependant, elle ignorait si son accoutrement serait adéquat, et si grâce à celui-ci elle pourrait se fondre totalement dans la masse. Mais la blonde n'y réfléchit malheureusement pas plus que cela, et ce fut affublée de ses vêtements d'époques qu'elle rejoignit la boucle du 20 juin 2016.
Une fois qu'elle fut arrivée, elle faillit défaillir à la vue de l'endroit où elle venait d'atterrir. C'était un cimetière lugubre, où il n'y avait pas un chat. Zophia avait toujours eu un léger problème avec les cimetières, elle se sentit soudainement prise d'une crise d'angoisse incontrôlée. Il lui fallait quitter cet endroit rapidement, et rien que le fait de se dire qu'elle devrait y retourner pour rentrer chez-elle lui glaçait le sang. Mais elle n'avait pas fait tout ce chemin pour se dégonfler, et ce fut d'un pas déterminé qu'elle traversa le cimetière, en quête de la ville la plus proche.
Contrairement à chez-elle, le temps demeurait éblouissant, et elle dût s'arrêter un instant pour lever la tête vers ce soleil qu'elle n'avait plus senti sur son visage depuis ce qui lui semblait des décennies.

Ses pas l'emmenèrent vers ce qu'elle pensait être une île. L'ambiance semblait y être au beau fixe, et si elle ne demeurait pas si méfiante, elle pourrait même se demander pourquoi elle n'avait jamais osé l'explorer. Mais la blonde déchanta bien rapidement, lorsqu'un monstre à deux roux faillit littéralement l'écraser, sans même s'excuser. « Quelle grossièreté ! Vous auriez pu avoir la courtoisie de vous excuser. » Mais fort heureusement pour lui il était déjà loin, sinon elle ne se serait pas gênée pour lui dire sa façon de penser. Son océan se posa sur quelques personnes posées sur un banc, la regardant d'un air amusé. Si elle n'était pas aussi naïve, elle aurait été persuadée qu'ils se moquaient d'elle. Zophia se contenta simplement de hausser les épaules, et de reprendre la route. Mais hélas un malheur n'arrivait jamais seul, et avec le temps, la jeune femme aurait dû le comprendre. À peine eut-elle fait un pas en avant qu'elle se fit littéralement agresser par une planche à quatre roues. « Diantre, quelle est cette invention diabolique ? » S'indigna-t-elle, tandis que les rires autour d'elle éclatèrent sans nulle retenue. Il n'y avait désormais plus aucun doute, ils fichaient réellement d'elle. Les personnes de cette époque n'étaient décidément pas très gentilles, et drôlement affublées, qui plus est.


Dernière édition par Zophia O'Cleary le Jeu 16 Fév - 11:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Dim 6 Nov - 15:54

Ghost from the past

- will you remember me the same way as i remember you -

Comme un enfant, il marche sur la bordure du trottoir, un bras à l'horizontale en guise de balancier, un pied devant l'autre avec autant de concentration que possible. Pour son imaginaire, le caniveau fait office de ravin au bord duquel il s'improvise funambule quelques secondes. Et s'il tombait dans le ravin ? Le tintement d'une clochette le ramène à la réalité quand un cycliste passe à côté de lui : Romy s'écarte à temps, d'un grand pas sur sa gauche. Celui-là aura sans doute droit à une photo demain. Il marche normalement au milieu du trottoir et ramène le gobelet de café à ses lèvres pour en boire quelques gorgées ; toujours aussi dégueulasse. L'anglais n'a jamais vraiment aimé le café, mais celui de Castletown lui semble encore moins buvable. Parce que c'est précisément celui de Castletown et que Romy s'est donné pour mission de détester tout de cet endroit jusqu'à la fin. Il ferme les yeux sur les paysages magnifiques, sur le passé historique passionnant, sur les ravissantes ruelles pittoresques... Il ne voit que ces 3 000 habitants perdus au milieu de nulle part, condamnés à reproduire la même chose encore et encore ; et lui condamné à les observer dans cette journée éternelle.

Au final, il balance son gobelet et le fond de boisson qui lui reste. On a eu beau lui répéter toute sa scolarité que le tri et le recyclage étaient importants, à quoi bon s'embêter à chercher une poubelle quand on sait que cet affront à l'écologie disparaîtra demain ? Le gobelet tombe au sol, roule et se renverse, Romy ne s'arrête même pas. Il sort des écouteurs de sa poche et lâche un petit râle habituel en voyant que les fils sont encore emmêlés. En avançant, il passe les doigts entre les nœuds, râle encore en pensant qu'il a bien l'air ridicule à se démener là avec ces foutus fils et relève la tête en entendant des rires, sourcils froncés à l'affût du moindre sourire moqueur à son égard. Mais il se sent con en voyant que ces gens, assis vulgairement sur le dossier du banc, les pieds sur l'assise, ne l'ont même pas remarqué. Ils rient, oui, mais pas de lui ; c'est une fille au style décalé, emmerdée par un skateur – sans doute de leur groupe –, qui suscite tant leurs moqueries.

Romy ne capte pas tout de suite le décalage dans le style vestimentaire de la jeune fille. Il voit d'abord des vêtements qu'il n'a pas croisés depuis longtemps mais qu'il a très bien connu. Ça lui semble presque normal pendant une demi-seconde parce que ce sont des vêtements qu'il reconnait, mais il comprend bien vite la réaction des jeunes d'ici ; le blond se demande même comment cette fille du passé a pu imaginer une seconde que cette tenue pourrait aller au futur. Honnêtement, si ça ne tenait qu'à lui, Romy se serait déjà barré comme s'il ne les avait jamais croisés. Mais les souvenirs d'enfance lui reviennent violemment quand il reconnait ce visage. Au final, c'est loin de l'émotion qu'on peut avoir en retrouvant un très vieil ami par hasard après des années... C'est plutôt une sensation d'être pris sur le fait en pleine bêtise qui l'envahit complètement. Même s'il a un peu de mal à lui remettre un nom, Romy associe parfaitement ce visage à son enfance des années 40 ; il sait qui elle est. Et la retrouver là, par hasard en pleine rue, ici dans cette boucle après tout ce temps, c'est un peu comme les quelques très, très courts instants avant une claque.

Presque à contre-cœur, il range ses foutus écouteurs pourtant finalement démêlés, et avance vers la blonde avec cette désagréable impression de tendre la joue au prochain coup. Il aurait pu se tromper et juste tomber sur une allumée passionnée d'époques révolues, mais ça aurait été beaucoup trop beau pour être vrai. « Tu peux les envoyer s'faire voir, t'sais. Ils vont rien faire et ils t'auront oubliée demain t'façon. » Romy a perdu toute confiance en lui face à elle. Comme un gamin qui va se faire engueuler, il n'ose pas la regarder dans les yeux et tourne le dos aux pauvres squatteurs momentanément privés de leur très exceptionnelle distraction. Au final, il n'y a que ça de distrayant à Castletown : les arrivées de Syndrigastis dans la boucle.
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Sam 12 Nov - 23:45

« Ghost from the past »

En cet instant précis, elle se demanda pourquoi elle s'était infligée cela. Pourquoi avait-elle décidée de venir s'enterrer ici, loin du confort rassurant de sa boucle ? Les habitants d'ici ne semblaient nullement très aimables, et lui semblaient des plus hostiles. Zophia n'avait pourtant pas pour habitude de se préoccuper du regard des autres, mais s'indignait encore de la médiocrité humaine. Mais qu'importe, elle n'allait pas laissé ces crétins lui gâcher la journée, et de toute façon il était hors de question qu'elle retourne en arrière. Oui. Elle n'avait pas fait tout ce chemin pour rien.
Zophia se releva le plus dignement possible, essayant tant bien que mal de se redonner une contenance, ce qui était de toute évidence perdu d'avance.

La blonde aurait voulu leur répondre, leur dire qu'ils n'étaient que de petits crétins mal élevés, mais visiblement, ils s'étaient désintéressés d'elle, et avaient quitté le banc. Zophia les regarda s'éloigner d'elle, pour rejoindre le banc d'à côté, comme si elle était une pestiférée ; les saligauds. La jeune femme haussa les épaules, les oubliant bien assez vite à son tour, décidant de ne pas se fier à sa première impression. Après tout, mise à part la population quelque peu agressive, l'endroit lui semblait des plus charmants. Avec le temps, Zophia avait appris que chaque boucle avait ses déboires, et pour cause, elle revivait l'Enfer de la guerre tous les jours. Dans le fond, ce n'était pas ici, que les véritables monstres demeuraient. Mais il était bien connu que l'homme était un loup pour l'homme, et cela n'était nullement prêt de changer.

Époussetant sa robe, la blonde fut quelque peu surprise lorsqu'un jeune homme vint l'aborder. Il n'avait pas l'air bien méchant, mais Zophia s'en méfia tout de même. Il est vrai qu'avec l'accueil qu'elle venait d'avoir, elle avait toutes les raisons de douter quant à la bienveillance des villageois. La jeune femme dût rassembler tous ses neurones endoloris pour comprendre la phrase de l'inconnu, qui visiblement semblait avoir oublié le terme articulation. Les jeunes d'aujourd'hui ! Ne put-elle s'empêchait de penser, telle une mamie de quatre-vingt ans, qu'elle n'allait sûrement pas tarder à atteindre. Elle finit par lui adresser ce qui semblait être un sourire, bien qu'il fut plus crispé qu'autre chose, en entendant ses paroles. Mais elle fut cependant soulagée d'être tombée sur un autre Syndrigastis, et d'ailleurs...s'était-il perdu, lui aussi ? Son accoutrement lui laissait croire qu'il vivait ici de son plein gré, et elle se demanda un instant pourquoi celui-ci s'infligeait-il une telle torture.

« Je me fiche totalement de leur jugement, ces personnes ne comptent pas pour moi.  Et puis comme vous le dîtes si bien, ils m'auront oubliée demain, donc ils y retourneront dans leur bêtise, et ce sera bien fait pour eux. » Se contenta-t-elle de répondre, haussant les épaules, feignant l'indifférence, tout en sachant que la situation l'avait quelque peu vexée, blessée.
Son regard s'arrêta un instant sur le visage de cet inconnu, qu'elle n'avait osé regarder. Sa timidité maladive lui jouait souvent des tours, et au premier abord, elle pouvait sembler peu accueillante. Alors que dans le fond, elle ne demandait qu'à se faire de nouveaux amis.

Son océan capta le sien, le temps d'une seconde, et ce visage enfantin la ramena des années en arrière. Cette lueur dans ce regard fatigué lui rappelait définitivement quelqu'un. C'était pourtant impossible. Mais, ce visage eut pour don de lui envoyer en plein visage ces souvenirs qu'elle ne pourrait oublier, qu'elle ne voulait oublier. « C'est curieux, vous me rappelez quelqu'un qui...non, ce n'est pas possible. » Dit-elle, secouant la tête de gauche à droite, croyant devenir folle. Roméo était parti de la boucle il y a bien longtemps maintenant, et elle se mentirait, si elle disait que cela ne l'avait nullement affecté. Sans le vouloir, cet enfant d'une dizaine d'années avait réussi à toucher son cœur, et malgré elle, elle s'y était attachée plus que nécessaire. Et bien qu'il soit parti comme un voleur, elle aurait espéré pour lui un avenir bien plus glorieux que celui-ci. « Roméo, c'est toi ? » Elle était mitigée entre l'effroi de le voir ici, et la joie de le retrouver. Mais la question ne se posait plus désormais, c'était bien lui, elle l'aurait reconnu entre mille. Un sourire illumina son visage, tandis que dans un élan de spontanéité incontrôlé, elle lui sauta littéralement dans les bras.  « Oh, je ne le crois pas. Roméo, c'est toi ! » Dit-elle en le serrant dans ses bras, comme s'il était encore le petit garçon d'autrefois. Il allait probablement la prendre pour une cinglée, mais c'était comme ça qu'il la connaissait, collante et outrageusement excessive.


Dernière édition par Zophia O'Cleary le Jeu 16 Fév - 11:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Lun 14 Nov - 18:37

Ghost from the past

- will you remember me the same way as i remember you -

« C'est curieux, vous me rappelez quelqu'un qui...non, ce n'est pas possible. »

Aïe.

Il se crispe, enfonce les mains dans ses poches et serre les poings. Pour une fois, il aimerait bien remonter le temps quelques minutes en arrière, faire demi-tour et éviter cette rencontre. Comme c'est désagréable. Il serre les dents en essayant tant bien que mal de se convaincre que ça va passer, qu'avec un peu de chance elle ne fera aucun rapprochement, qu'elle a fini par l'oublier comme il a essayé de le faire...

« Roméo, c'est toi ? »

Merde.

Elle le dévisage et il n'aime pas ça du tout. Elle l'a appelé Romeo, il n'aime pas non plus. Ça fait tellement longtemps qu'on ne l'a pas appelé comme ça... C'est comme une nouvelle claque. Il ne dit rien mais il voit son sourire satisfait ou juste joyeux, et il réalise qu'il lui avait presque manqué. « Ouais... » En fait, il n'a pas vraiment le temps de réagir qu'elle lui saute déjà dessus pour le serrer dans ses bras. Une autre claque. Pétrifié, Romy n'ose même pas la repousser ou faire un pas en arrière. Son regard se perd un instant vers les jeunes présents qui s'amusent encore de cette situation embarrassante. Il en rougirait presque de honte. Ça fait longtemps aussi qu'il n'a pas subit d'élan affectif comme ça ; il aimerait se dégager, sortir de ce malaise... sans la blesser. Mais comment ?

« Sophia, s'il te plait... » Son prénom lui est revenu à l'esprit presque immédiatement, quoique légèrement erroné ; il ne s'en rend pas compte – et puis elle l'a appelé Roméo, après tout. Il remonte ses bras jusqu'aux épaules de la jeune fille pour se libérer très doucement de son emprise, toujours en évitant son regard. Il n'est vraiment pas à l'aise et ça ne lui ressemble pas, mais les souvenirs sont revenus si violemment dans la tête du blond qu'il s'en retrouve totalement déboussolé.

Mise à part le fait qu'elle lui semble beaucoup – beaucoup – plus petite, Zophia n'a pas changé. Pas un cheveux ne semble avoir bougé en presque dix ans. Même en connaissant le fonctionnement des boucles, c'est assez déstabilisant dans un sens. Il a tant changé, lui. Il s'étonne d'ailleurs qu'elle l'ait reconnu si facilement. Romy ne peut s'empêcher de se demander comment elle le voit, maintenant. Ou plutôt, quel effet tout ce "changement" peut bien lui faire, à elle. Après tout, il n'y a plus grand chose dans cet adolescent aigri qui rappelle le gamin affectueux qu'il a pu être en 1941. C'est sans doute cette appréhension qui le rend si mal à l'aise. « Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu cherches quelqu'un ? » Sans aucune subtilité, il essaie de changer de sujet, ou plutôt de ne pas aborder un sujet qui fâche. Le blond essaie de se rendre utile, de parler intérêt pour éviter d'avoir à parler de lui et de "pourquoi". « C'est pas la meilleure tenue pour l'année, t'sais. Pas étonnant qu'tu t'fasse emmerder... » C'est vrai qu'ici, de toute façon, si ton style vestimentaire sort un peu de l'ordinaire, on se moque, on te juge, on t'écarte. On connait souvent ça, quand on est adolescent, le regard des autres. Là, dans le cas de Romy, c'est plutôt le regard de Zophia qui l'inquiète – sûrement à tord. Il se demande comment elle a pu prendre cette absence sans nouvelle et comment elle pourra prendre ce futur qui est pourtant son présent. Il essaie de ne rien montrer, de se comporter le plus normalement et le plus naturellement possible. C'est si délicat.

Instinctivement, il fait un pas en arrière, comme si son inconscient cherchait à l'éloigner de ce qui provoque tant son malaise.
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Jeu 17 Nov - 1:16

« Ghost from the past »

« Je suis désolée, les habitudes sont tenaces. » S'excusa-t-elle, quand celui-ci la repoussa gentiment. À son tour elle se recula, légèrement honteuse face à son manque de retenu. Il n'était plus le petit garçon d'antan, il avait grandi ; même trop grandi. Roméo. Son petit Roméo. Lui qui avait toujours été si petit, la dépassait de deux bonnes têtes aujourd'hui. Ce fut en cet instant qu'elle déduit qu'il était retourné dans son monde, dans le but de vivre le plus normalement possible. Cette normalité, qu'elle n'avait pas eu le courage de retrouver, quand il demeurait encore temps. Dans un sens, Zophia pouvait le comprendre, et applaudissait son courage. Dans un autre, elle ne pouvait s'empêcher d'être amère à cette idée, face à sa désertion.

Mais à l'époque, il n'était qu'un enfant, inconscient de ses actes, ne sachant pas différencier le juste, du mauvais. Cependant, en le voyant ici, sain et sauf, elle était mélangée entre soulagement et déception. Soulagement de voir qu'il se portait à merveille, mais déception qu'il n'ait nullement pris la peine de leur donner des nouvelles, les laissant imaginer le pire. Elle pensait qu'ils étaient plus proches que cela, mais le jeune homme semblait l'avoir oublié, écorchant même son prénom. « Et je m'appelle Zophia, tu m'as déjà oubliée ? Ça ne fait pas si longtemps, et on ne peut pas dire que j'ai changé. » Zophia n'avait plus aucune notion du temps, et avait l'impression qu'hier encore, il lui demandait de chasser les monstres sous son lit. Mais la blonde ne lui en voulait pas, elle ne pourrait jamais lui en vouloir, du moins, elle n'espérait ne jamais avoir à le faire.

« Je me le demande aussi, j'aurais bien fait de rester en 1941, les personnes ne sont pas très commodes ici. Mais le point positif, est que maintenant je sais que tu n'es pas mort, donc ma journée n'est pas complètement ratée. » Répondit-elle, mettant l'accent sur la fin de sa phrase, un sourire ironique se dessinant sur ses lèvres. Zophia ne lui en voulait pas plus que cela, mais préférait tout de même lui faire remarquer que son comportement n'avait point été très correct. Malgré la gêne palpable du jeune homme, Zophia ne peut s'empêcher de le dévisager avec insistance ; il a tellement changé. Il a tellement changé, mais il est pourtant le même à ses yeux. Zophia finit par baisser le regard, consciente d'être des plus inconvenantes, et dans le fond elle s'en voulait, d'être venue chambouler son monde. Son intention se porta sur sa robe, quand elle entendit sa remarque. « Il y a un problème avec ma robe ? Elle est trop courte ? » S'enquit-elle, arborant une moue quelque peu vexée. Puis, elle se tourna légèrement vers les jeunes filles assissent sur le banc au loin, et une question lui traversa l'esprit. « D'ailleurs l'accoutrement des femmes de cette époque est assez curieux. Ce sont des filles de joie des temps modernes ? » L’interrogea-t-elle, innocemment. Effectivement, l'on aurait dit qu'elles demeuraient toute prête pour aller au salon de la gourgandine. Zophia pouvait concevoir qu'il faisait chaud, mais il ne fallait pas non plus exagérer.

Puis il s'éloigna d'elle, comme si elle était contagieuse, comme si, elle ne demeurait nulle autre qu'une créature des Enfers. « Je ne vais pas te manger tu sais. » Ne put-elle s'empêcher de plaisanter, sachant que sa remarque était des plus inappropriées. Zophia essayait de détendre l'atmosphère à sa manière, et elle ignorait si cela serait au goût de Roméo. Elle savait, qu'ils ne pourraient jamais retourner en arrière, mais ils étaient toujours amis, non ? Zophia prit une légère inspiration, avant de reprendre la parole. « Je me doute que cela doit être troublant de me voir débarquer ainsi dans ta nouvelle vie, mais cela te dirait-il de me faire visiter cet endroit ? Je pourrais le demander à quelqu'un d'autre, mais ici, il n'y a qu'en toi que j'ai confiance. » Lâcha-t-elle, cela demeurant plus une supplication qu'une simple demande. Ses yeux le fixaient, comme s'ils lui lançaient des : dis oui, dis oui, je t'en supplie, dis oui.


Dernière édition par Zophia O'Cleary le Jeu 16 Fév - 11:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Dim 27 Nov - 15:25

Ghost from the past

- will you remember me the same way as i remember you -

Encore une remarque sur la tenue des femmes du vingt-et-unième siècle... Intérieurement, ça le fait sourire parce qu'il a bien l'impression d'être le seul à apprécier cette nouvelle mode. Non pas que la robe de Zophia ne lui plaise pas, au contraire il l'a trouve très mignonne, mais la mode de l'été 2016 lui irait sans doute tout aussi bien. Romy lance vaguement un regard à cette fille non loin, avec cet adorable short en jean et les épaules libérées par un débardeur et une queue de cheval. Ayant lui aussi vécu en 1941, il comprend que cette tenue –  aussi banale puisse-t-elle être pour les jeunes actuels –  semble plutôt vulgaire pour des hommes des femmes des siècles passés. Mais il faudra bien que ces derniers s'y fassent, s'ils comptent passer régulièrement dans cette nouvelle boucle.

« Elle est pas trop courte ta robe, au contraire. » Et il se rend compte que sa réponse peut être très méchamment interprétée ; ses joues rosissent. « J'veux dire, c'est normal ici de montrer ses jambes et d'autres parties de son corps... Même pour les hommes. » Il est vrai que certains, surtout en période estivale et si proche de la mer –  et même si la météo de cette île est bien loin des destinations de vacances privilégiées –, tendent à se promener torse-nu sans aucune remise en question. Pour attirer des femelles avec ces muscles finement travaillés sans doute... Enfin, même pour Romy ça reste un phénomène assez étrange. « Je sais. » Il répond un peu trop sèchement à la plaisanterie de la blonde, parce qu'instinctivement il a l'impression qu'elle se moque, et il ne le supporterait pas. Alors qu'il connait Zophia comme une "grande sœur" qui a toujours été adorable avec lui, il sait pertinemment qu'elle ne serait jamais foncièrement méchante. Surtout pas pour lui. Romy fronce les sourcils et baisse à nouveau les yeux, trouvant encore un soudain intérêt pour ses chaussures.

Il sent son regard insistant sur lui, et c'est toujours déstabilisant de voir ces yeux maintenant si bas. De cette perspective, elle lui semble finalement beaucoup moins protectrice et rassurante ; ça lui semble être tout le contraire, comme les rôles inversés. Le blond relève alors les yeux et croise son regard bleu l'espace d'une seconde –  décidément si peu confiant –  avant de regarder à nouveau les jeunes par dessus son épaule. Sans hésiter et en quelques sortes gonflé par cette idée de protection, Romy l'entraîne à repartir d'un signe de la tête, jamais sans aucun contact. « Y'a pas grand chose à visiter ici, tu sais. C'est loin d'être Londres... » Il repense un instant aux deux Londres qu'il a pu connaître : la capitale vivante et moderne de sa naissance, et la ville en guerre secouée par les bombardements éternels de la boucle. Il frissonne et se dit que sa remarque était peut-être déplacée. « T'as faim ? ou soif ? On peut passer au McDo ou au Starbucks, même si je sais que tu sais pas de quoi je parle. » Ça lui arrache un petit sourire, comme une impression de déjà-vu. « Mais pas trop longtemps, j'ai pas que ça à faire... » Il n'a jamais rien d'autre à faire. Alors il l'entraîne dans les rues piétonnes les plus passantes de Castletown, avec toutes ses boutiques et ses restaurants, en marchant encore sur la bordure du trottoir comme un enfant.
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Jeu 8 Déc - 12:19

« Ghost from the past »

Un nouveau monde semblait s'être ouvert à elle, mais elle ignorait si elle voulait le connaître. Tout semblait si différent, étrange, et dans sa nouvelle prison, Roméo semblait s'y sentir à son aise. Ou demeurait-ce qu'une façade ? Cet enfant qu'elle avait connu entier, démonstratif, lui échappait complètement à présent, et elle ne saurait dire s'il était réellement heureux aujourd'hui. Mais la tendresse qu'elle lui avait toujours porté était elle, en revanche, restée intacte, bien qu'elle se doive de la contenir désormais. Mais en quelques mois, l'on ne pouvait guère changer du tout au tout, n'est-ce-pas ? Certes, les contes ne devaient probablement plus lui faire aucun effet, mais pour elle, il resterait toujours le même garçon humble et gentil. Ses yeux se froncèrent, lorsqu'il lui affirma que sa robe était loin d'être trop longue pour l'époque. Était-il de coutume de mettre des vêtements au dessus des mollets dans cette boucle ? Les choses semblaient avoir évolué, mais elle devrait s'en accommoder. Et puis, si Romy s'en était sorti, elle le pouvait aussi. « Tu veux dire que si je reste ici, je vais aussi devoir...devoir...montrer mes genoux ? » S'enquit-elle, horrifiée.

Il avait tellement grandi, qu'elle en était impressionnée. Cela la remettait quelque peu en question, les années lui revenants à elle aussi en pleine figure. Dans le monde réel, elle ne serait probablement plus de ce monde, et parfois, elle se demandait ce qu'aurait pu être sa vie, en dehors de la boucle. Elle se serait sûrement trouvée un gentil mari, et aurait eu des tas d'enfants, rien d'exceptionnel en soit. D'ailleurs, son évolution soudaine lui laissait penser qu'il était – pendant un bref instant – retourner chez-lui, et elle se demandait pourquoi il était revenu. Zophia avait essayé de le questionner à ce sujet, mais n'ayant point été des plus réceptifs, elle se dit qu'elle n'insisterait pas, pour le moment.

La jeune femme écoutait Roméo comme s'il détenait la réponse divine, voulant en apprendre davantage sur cet endroit. Elle ne savait pas encore, si elle comptait y séjourner encore très longtemps, mais elle était heureuse d'avoir l'opportunité de découvrir quelque chose de différent. Zophia ne se l'avouera jamais, mais elle commençait sincèrement à s'ennuyer à mourir, en 1941. Elle connaissait chaque heure, chaque minute, même chaque seconde par cœur, et bien que ce demeurait rassurant et sécurisant, la jeune femme avait un profond besoin de prendre plus de risques, de découvrir ce que le monde pourrait lui apporter.

Ce fut d'ailleurs pour cela qu'elle sautilla comme une véritable gamine, quand Roméo accepta de lui accorder encore de son précieux temps. Elle résista encore à l'envie de lui sauter dans les bras, et se contenta simplement de le suivre dans les rues bondées de la ville. D'ailleurs, qu'avaient-il tous à courir de la sorte ? Il n'y avait pourtant pas de bombes à l'horizon. « C'est encore loin, le Maque Doume ? » S'enquit-elle, curieuse de connaître ce fameux endroit, et parce-que le voyage l'avait légèrement creusée ; légèrement.
Les passants la regardaient de manière étrange, et telle une abrutie finie, la jeune femme leur faisait des signes amicaux. Pour finir, peut-être les avait-elle mal jugé.

Roméo s'arrêta devant un bâtiment, et avant de le suivre, la blonde se figea devant le clown de l'entrée. Elle n'avait jamais été très sereine avec ce type de déguisement, une petite phobie complètement stupide, mais il en était ainsi. Essayant vainement de se redonner une contenance, Zophia suivit Roméo, cependant prête à s'enfuir si une horde de clowns vengeurs en venaient à se mettre à leur poursuite. Cependant, Zophia tira plusieurs fois sur la manche de Roméo, comme une enfant de cinq ans. « Dis Roméo, es-tu certain que l'endroit est sûr ? Le clown à la porte ne m'inspire pas trop confiance, il a l'air sacrément fourbe. » Et le plus triste dans cela, était qu'elle ne se rendait pas compte qu'elle se tournait littéralement au ridicule.

En parlant de ridicule, la blonde ne put s'empêcher de pouffer de rire, à la vue de la jeune femme derrière le comptoir. Sa casquette lui faisait penser à celle des allemands, mais en beaucoup moins impressionnante.
Son regard s'arrêta un instant sur les affiches du dessus, et elle se demanda un instant ce qu'était un hamburger, et en déduit que ce devait être une marque de frisbee, étant donné leur forme ronde.
Son visage se tourna vers deux jeunes hommes dans le fond, parlant beaucoup trop fort, et elle fut légèrement intriguée par leur conversation, tellement qu'elle ne put s'empêcher de se demander « Dis Roméo, c'est quoi une salope ? » Elle avait malheureusement parlé plus fort que nécessaire.


Dernière édition par Zophia O'Cleary le Jeu 16 Fév - 11:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Mar 3 Jan - 0:42

Ghost from the past

- will you remember me the same way as i remember you -

Il peut lire l'inquiétude sur le visage de la blonde quand elle imagine devoir découvrir ses genoux et ça lui fait hausser un sourcil. Lui qui a vécu presque autant de temps en 41 qu'au vingt-et-unième siècle, il aurait pu comprendre l'inquiétude d'une femme de l'époque de montrer certaines parties de son corps, mais Romy a toujours été beaucoup trop moderne pour cette idée. « Non, tu peux mettre des jeans... Des pantalons, comme ça, mais pour les filles. » Il lui montre le sien tout en lui parlant comme à une enfant – ou à une grand-mère. Au fond, il ne sait pas vraiment si l'idée de voir Zophia en jean ou en mini-jupe l'attire ou non. L'image de la jeune fille du siècle dernier en prendrait sûrement un coup. Veut-il vraiment la voir changer ?

Il marche sur le bord du trottoir, cette fois les mains dans les poches, moins à l'aise qu'à l'origine. Zophia sautille à côté de lui, les yeux pétillants sans doute devant toutes les merveilles de cette nouvelle époque qui ennuient pourtant Romy comme jamais ici. Il se retrouve un peu quelques années plus tôt, quand c'est lui qui voyait le monde de 41 avec des yeux d'enfant. Même s'il y a, d'un côté, l'aspect malsain de la fascination qu'il a pu avoir pour l'autre boucle en guerre ; Zophia, elle, ne peut l'avoir ici en 2016, sur cette île si calme et isolée. Il écarquille les yeux quand elle répète maladroitement le nom de la grande enseigne américaine : « Maque Doume » ? Il ralentit à peine son pas et fixe la blonde quelques instants dans l'espoir qu'elle avoue la plaisanterie... Alors qu'elle semble on ne peut plus sérieuse. Il ne peut donc retenir son éclat de rire – terriblement bruyant pour quelqu'un qui s'efforçait de paraître réservé un peu plus tôt – qui lui rappelle des souvenirs d'autres éclats des mois auparavant. Il ne l'avouera certainement jamais, mais ça lui manque. Sans même répondre à la pauvre Zophia, il continue sa route vers le fastfood, ce premier grand sourire amusé qu'il avait tenté d'effacer toujours collé au visage.

Elle tire sur sa manche comme une enfant quand il entre dans le restaurant. Encore une fois, il a cette dérangeant impression d'avoir échangé les rôles. Zophia, il y a quelques mois encore était bien plus grande que lui, protectrice, presque maternelle... La voici maintenant collée à lui, à peine plus haute que ses épaules, effrayée par un clown destiné aux enfants. « C'est Ronald McDonald. Tu peux lui dire bonjour, il est gentil, c'est lui qui fait ta bouffe. » Romy lui parle comme à une enfant pour encore une fois se moquer d'elle – bien sûr très gentiment –, mais un ton plus bas, comme s'il craignait le regard des autres clients. Il s'approche du comptoir, les yeux rivés sur les affiches du dessus à s'en péter la nuque, et se demande ce qu'il va bien pouvoir commander pour Zophia. Son hamburger habituel lui suffira amplement, mais lui plaira-t-il à elle ? Le stress d'enfant monte à mesure qu'il voit la file rétrécir devant lui... Impossible de lui demander directement, elle ne saurait pas quoi répondre. Le seul aliment qu'elle pourrait reconnaître sur la carte, c'est la salade. Mais existe-t-il vraiment des gens qui choisissent une salade au McDo ? « Dis Roméo, c'est quoi une salope ? » Coupé dans son intense réflexion, le rouge lui monte aux joues à une vitesse fulgurante. Terriblement mal à l'aise, il fixe la caissière qui lui lance le même regard gêné quoique visiblement en train de retenir un rire nerveux. Romy a l'impression que le restaurant tout entier s'est tu et s'est tourné vers eux, vers elle, vers lui, horreur ! Il ne lui répond pas, ne la regarde même pas, et lui donne un coup de coude. « Gueule-le plus fort aussi ? » Un sourire bourré de gêne tire ses lèvres devant la caissière quand il commence à prendre les commandes. Comment cette journée pourrait-elle être pire ?

Romy pose très violemment le plateau – faisant au passage voler une frite sur la table – et s'assoit sans même attendre la blonde, bien décidé à lui montrer sourcils très froncés qu'il n'est pas content. Il boude encore, comme un gamin, et gobe quelques frites en la regardant le rejoindre, les yeux pleins de reproches. « Si tu me fous la honte encore comme ça, j'te laisse toute seule. » Non. Il ne le fera jamais. Toujours boudeur, il lui lance le menu enfant qu'il a choisi pour elle (sait-on jamais, le jouet lui plairait peut-être). « Enlève les cartons, hein. Et va pas manger le papier non plus. » Il lui montre de toute façon comment faire pour manger tout ça quand il la voit en galère, lui ouvre son carton, déballe son burger, plante la paille dans sa boisson comme à un enfant. Un repas complet sans couvert et dans le brouhaha d'un fastfood ; Romy ne doute pas une seconde que cette nouveauté perturbera beaucoup la pauvre pseudo-mamie. Le visage du blond s'adoucit à mesure que les minutes passent, comme il alterne entre ses frites, son hamburger et son coca – sirotant très bruyamment à la paille, comme à son habitude – en regardant Zophia se débrouiller avec ce qu'elle a. Il la prévient parfois quand elle tient mal son sandwich et que la sauce coule, lui tend une serviette, s'amuse même intérieurement de ses gestes maladroits ou de ses réactions... « T'aimes bien ? » Il espère qu'elle dira oui, parce qu'elle serait bien la première à ne pas aimer la malbouffe américaine. « Tu veux faire quoi après ? » Il sirote encore son soda en attendant sa réponse... Même s'il mettra certainement du temps à digérer l'épisode de la honte au comptoir ; pourvu qu'elle ne repose jamais la question.
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MessageSujet: Re: « Ghost from the past » Romy    Dim 12 Fév - 23:43

« Ghost from the past »

Son rire fut contagieux, bien qu'elle sache pertinemment qu'il se moquait d'elle. Roméo semblait s'être adapté rapidement à la boucle qu'était maintenant devenue la sienne, et elle se demandait s'il y était vraiment heureux. La blonde ne souhaitait que son bonheur, mais égoïstement, elle espérait qu'il déteste cet endroit, dans l'espoir qu'il revienne un jour.
Cela ne faisait que quelques semaines que Zophia ne l'avait pas vu, mais dans la boucle nous perdions toute notion du temps, tellement qu'elle avait l'impression que cela faisait des années qu'il était parti. De longs moments d'inquiétude, de tourments, à se demander s'il allait bien, s'il était encore vivant. Elle savait le monde extérieur violent, connaissant les humains fourbes et sans pitié, et se dit que cette lourde vérité était bien trop hostile pour des personnes comme eux, avec une particularité. L'Enfer de la guerre lui avait fait comprendre que l'humanité ne défendait que ses intérêts, et craignait tout ce qui ne demeurait guère à son image.
Mais il était bien là, sain et sauf, et bien qu'elle en soit des plus heureuses, elle ne pouvait faire taire cette voix aigrie qui sommeillait en elle, la rendant amère à l'idée qu'il n'ait point pris la peine de la rassurer. Amère, à l'idée qu'il l'ait volontairement laissé dans le flou, enterrant ces années de complicité et de légèreté, pour laisser place à celui qui aurait voulu être un inconnu pour elle aujourd'hui. Mais Roméo n'était nullement une personne à qui l'on pouvait en vouloir, tout simplement parce-que dans son regard régnait une candeur et une pureté qu'il ne saurait dissimuler. Ce gamin dont elle s'était occupée, qu'elle avait protégé, aimé, était toujours là, et elle espérait au fond d'elle-même, qu'il l'appréciait encore.

Zophia arbora une moue quelque peu vexée, face aux railleries du blond. « Hum ! Ce n'est pas drôle. » Ses sourcils se froncèrent, tandis qu'elle se renfrogna en toisant le clown, qu'elle salua tout de même de la main, au cas où Roméo disait vrai. Après tout, ce n'était nullement le moment de s'attirer les foudres d'un clown maléfique.

Les choses auraient pu se passer sans nulle difficulté, mais ce fut sans compter sur la bande de garçons installaient juste derrière eux. Zophia fut intriguée par leur conversation, tellement qu'elle osa une question qu'elle aurait dû s'abstenir de poser. La réaction du jeune homme la surprit, au point qu'elle se demanda ce qu'elle avait bien pu dire de si grave. Cependant, sa requête la laissa quelque-peu dubitative, mais en digne créature bête et disciplinée elle décida de s’exécuter. « Oh très bien. C'EST QUOI UNE SALO... » Elle se ravisa aussitôt, à la vue de son regard furibond, et à cette gêne palpable dont-il faisait à présent l'objet. Ce qu'elle venait de demander était si grave que cela ? La blonde baissa légèrement la tête, telle une enfant prise en faute, tant la situation l’oppressait à présent. Il y avait tant de mystères dans cette boucle, qu'elle n'était plus très persuadée de vouloir découvrir un jour. Mais si Zophia était venue ici, c'était pour sortir de sa zone de confort, et en apprendre davantage sur le monde d'aujourd'hui, et c'était donc pour cela, que Zophia n'était pas prête à lâcher le morceau. Cependant, elle attendrait qu'il soit plus calme avant de lui poser une autre question, de peur qu'il finisse par la trucider de la plus vile des manières.

Ce fut donc le cœur lourd et la mort dans l'âme qu'elle le suivit, et en silence qu'elle s'assit sur la chaise en face de Roméo, n'osant le regarder. Ce fut lui qui brisa ce silence assourdissant pour lui déverser avec colère qu'il finirait par la laisser toute seule, si elle ne changeait pas d'attitude. Paroles qui n'étaient en soit pas très gentilles, mais auxquelles elle ne saurait croire ; qu'elle ne voulait croire. « Pourquoi es-tu en colère ? Ai-je dit quelque-chose qui t'a déplu ? » S'enquit-elle, consciente de poser encore une fois une question stupide. Contrite, elle posa son regard sur le plateau, et la boîte qui était posée devant-elle : mais que pouvait bien contenir ? Ce fut quelque peu méfiante, que celle-ci se décida à prendre connaissance de celle-ci, l'ouvrant avec précaution. « OH UN BRACELET ! » Elle se serait probablement désespérée elle-même, si elle était consciente de son ridicule, mais tellement habituée à ne vivre qu'en cercle restreint, la blonde en avait presque oublié les règles de conduite en communauté. Zophia s'empara du présent et le constata avec intérêt : c'était un petit bracelet orange, une tête souriant trônant au centre. La jeune femme sourit à mesure qu'elle commençait à avoir une idée. Sans plus de cérémonie, elle s'empara de la main de son compagnon, et passa le bracelet autour de son poignée en signe de traitée de paix

« Ah, je comprends mieux ! » Lâcha-t-elle de but en blanc, d'un air savant, tout en s'approchant légèrement de Roméo. « Salo...la chose est un nom de code secret à ne jamais divulguer ? » Elle chuchotait comme s'ils demeuraient tous deux en mission importante, nullement consciente de son extrême naïveté. Dans tous les cas, elle savait désormais que ce mot devait être banni de son vocabulaire à tout jamais.
Lorsque Roméo commença à déballer sa nourriture, elle le regarda comme s'il venait d'une autre planète. Son visage passa du repas au garçon, se demandant quelle tenue adoptée pour pouvoir consommer cette chose, d'autant plus qu'il ne semblait pas y avoir de couverts. Zophia le regarda mordre dans son sandwich horrifiée, s'en sentant incapable. Cependant, elle se décida à prendre son courage à deux mains, ne pouvant s'empêcher de railler « À ce que je peux constater, nous régressons, ça fait sacrément homme de Neandertal. » Et puis, ne dit-on point que l'homme demeurait le pire des animaux ? Et puis, au diable les roses et les violettes, et à elle les nouvelles expériences. Elle imita Roméo maladroitement, qui eut l'altruisme de la guider pour éviter qu'elle ne fasse trop de catastrophes, et fut surprise d'adorer ce qu'elle craignait de goûter quelques secondes plus tôt. « Mais...c'...fé quacrément...dé...lifieux ! » Parler la bouche pleine n'avait rien de féminin, et elle n'avait de cesse que de gronder les enfants qui dérogeaient à cette règle ; fais ce que je dis, mais ne fais surtout pas ce que je fais.

Le regard de Roméo semblait s'être adouci, et la blonde en fut plus que soulagée. Zophia n'avait jamais su gérer la colère, surtout quand elle en ignorait la raison. Mais qu'importe, cette histoire était loin derrière eux maintenant. La blonde réfléchit un instant, lorsque Roméo lui demanda ce qu'elle voulait faire par la suite. Son regard se posa sur l'assistance, où elle put remarquer certains lui jeter des regards furtifs, comme si elle demeurait une étrangeté de la nature. « Pourrais-tu m'aider à me fondre dans la masse ? J'ai conscience de mon extrême beauté, mais je ne supporte que moyennement de me faire dévisager. » Zophia bomba le torse, feignant l'arrogance, ne se sachant pas crédible pour un sou, mais ne pouvant s'empêcher d'échapper un rire sincère, consciente que sa bonne humeur était tout ce qui lui restait ici.
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