Un moment volé (Thaddeus)
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Adrian Hammond
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Manipulation du sang, particularité dangereuse et mortelle dictée par ses propres émotions.
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Collectionneur de choses futiles, il accumule ses bizarreries telles que des plumes, des tickets de train et autres petites choses dans sa chambre.
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Il s'occupe comme il peut, bien que la plupart du temps, son esprit se charge de le tourmenter.
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Bien trop mélancolique et compliqué à cerner, bien trop farouche pour être véritablement approcher. Son coeur semble battre difficilement.
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Chris Evans, Swan


MessageSujet: Un moment volé (Thaddeus)   Lun 8 Jan - 20:19


Un moment volé
Thaddeus & Adrian

« Quelques belles lignes qui transpirent les beaux mots et la poésie, une belle petite mise en bouche pour le plaisir des mirettes. »
Je me tourne et me retourne encore et toujours…Les couvertures glissent, mon corps à moitié nu luit d’une sueur de terreur alors que mes muscles sont crispés comme jamais. Je gémis sous les images qui défilent, la culpabilité me rongeant petit à petit, dévorant mes nuits, éveillant de terribles cauchemars. J’ai peur…Peur de mes souvenirs. Mes doigts s’accrochent aux couvertures blanches, je cherche à échapper à ce qui n’existe plus, à ce qui est passé. Son visage. Ce gosse, il est là, immobile, les yeux ensanglantés alors qu’il m’observe, me juge coupable d’actes incontrôlés. Nouveau gémissement, plainte silencieuse, j’essaye de lui échapper sans y parvenir. Où que je sois, il me retrouve, il me hante, mon démon. Les coups de feu résonnent, les corps tombent et, enfin, je finis par me réveiller en sursaut. Cœur battant à toute rompe dans ma poitrine, je cherche mon air, mon oxygène. Sautant hors de mon lit, je fonce vers les fenêtres que j’ouvres espérant ainsi pouvoir mieux respirer, dégager cette oppression qui me malmène constamment. Efforts inutiles, puériles, je sais que ça ne servira à rien…et pourtant, j’essaie encore et encore, comme un rituel qui se voit inutile et pourtant, qui est bien présent. Passant une main dans mes cheveux, puis sur mon visage, je laisse la fraîcheur de la nuit me réveiller, me calmer. Mon cœur cesse de s’affoler, pourtant, mes muscles refusent de se détendre, crispés. Je ne suis qu’une boule de nerfs, qu’un homme aux multiples regrets, aux souffrances bien trop grandes.

Repartant vers mon lit, j’enfile un training blanc, ainsi qu’un haut sans manches de la même couleur. Inutile de chercher après Morphée, je sais qu’il m’a lâchement abandonné pour ce soir. Regard qui se pose sur l’horloge murale, il est pas loin de trois heures du matin. Une nouvelle nuit blanche, une nouvelle nuit à me promener dans les couloirs pour chercher un peu de réconfort, de paix que je ne vais sans nuls doutes pas trouver. Qu’importe, rester enfermer dans mes appartements n’est pas la solution, j’ai besoin de m’évader ailleurs qu’entre ces murs. Entamant ma balade nocturne, je laisse mes pas me mener ici et là, sans jamais avoir de but et pourtant…Là, au loin, j’entends cette douce mélodie qui s’élève dans les airs. Notes de piano, je reconnais cet instrument sans même faire le moindre effort. Je me fige l’espace de quelques secondes, écoutant, surpris et pourtant heureux de pouvoir entendre cette mélodie vaguer non loin de moi. Curiosité maladive, mes jambes se remettent en mouvement, menant mes pas vers cette pièce qui retient à peine le son. Discret, je me stoppe à l’entrée, appuyant mon épaule contre les châssis de la porte d’entrée. Il est de dos, et pourtant, cette carrure, je la reconnais très vite. Thaddeus…Nouvelle surprise, merveilleusement belle alors que ses doigts glissent sur les touches, me rappelant un passé lointain, presque heureux qui pourrait bien m’arracher un tendre sourire. Combien de fois n’aies-je pas été à sa place, jouant une berceuse d’autrefois ?

Mélodie qui arrive à son terme, le silence revient et je décide de me présenter, me raclant la gorge d’un air désabusé. J’approche calmement, le contournant, ne pouvant pas étouffer ce petit murmure qui vient chantonner à mon oreille qu’il est beau, qu’il est attirant…Mais je fais le sourd, je ne peux pas jouer à ce petit jeu, je m’y refuse. « Très joli… » Ma voix est rogue, ensommeillée et les cernes sous mes yeux ne trompent pas. Je l’observe mystérieusement, le regard éteint, les iris en souffrances. Il est délabré, sûrement arraché de son propre sommeil par des démons qui lui sont propres. Je suis bien placé pour le comprendre, pour savoir ce que ça peut faire. Habillé à la hâte, il semblait plus prompt à ressembler à n’importe quoi…Mais, étrangement, cette vision n’enlève rien à son charme, oh que non. Je ne souris pas, je me contente de toucher du bout des doigts l’instrument de musique, comme si je touchais un cristal précieux, sur le point de se fendre à la moindre manipulation trop brusque. « J’en jouais souvent avec ma mère… » Murmurais-je, perdu dans des souvenirs douloureux. « Notre piano…une horreur, désaccordé à souhait, mais on jouait quand même durant des heures et des heures…notre moment à nous. » Dis-je d’une voix mélancolique avant de soupirer tout en cessant de toucher le piano pour reposer mon regard sur le jeune homme aux allures souvent volantes.
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Thaddeus Gentilis
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Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
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Accumule livres anciens et carnets
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30 ans, mais en réalité, c'est une énigme pour lui.
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MessageSujet: Re: Un moment volé (Thaddeus)   Lun 8 Jan - 21:21

Stolen Breath
Adrian & Thaddeus
You haven't seen my man. You haven't seen him. He's got the fire and he walks with fame. He's got the fire and he talks with fame

Je les entends, les démons de mes nuits, à ramper, à persifler dans mon ombre et dans celle des meubles qui m'entourent. Je les sens, entre deux notes timides d'un morceau à la mélancolie délicate, à susurrer, à exiger mon attention alors que dos au reste du monde, je me perds dans une mélodie que j'arrache presque difficilement à l'instrument à cause de mes doigts tremblants et de l'angoisse qui comme la fine perle de sueur sur mon échine dévale celle-ci avec une langueur qui empoisonne mon esprit et met à mal ma patience déjà rendue fragile par le manque de sommeil évident qui creuse sous mes yeux jadis agréable à contempler, des cernes aux teintes violacées. De ses monstres qui d'habitude attendent sous mon lit que l'heure vienne, je tente de fuir, cherchant une échappatoire dans un automatisme que je n'avais qu'avec elle et qui désormais n'est plus qu'un plaisir coupable que je m'accorde de temps à autre, quand même la nicotine et l'alcool ne peuvent rien pour faire taire les battements sourds de mon coeur à mes oreilles et le chant incessant des souvenirs d'une vie qui n'est plus la mienne. Dans les notes souvent justes, parfois hésitantes, je cherche en réalité un fragment d'un passé où je ne me souciais guère de savoir ce que j'avais pu être, et où par simplicité peut-être, mon esprit ne cherchait pas à se retrouver, acceptant les fêlures qui composaient ma personne. Dans le silence relatif de cette nuit qui sera de toute façon trop longue à tuer, je tente de retrouver l'innocence que j'avais à mon réveil, où dans les bras de mon Ymbryne, je n'étais rien de plus qu'un rapace aux ailes froissées et au plumage couvert de sang, une créature fragile qu'il fallait manipuler avec l'infinie douceur que l'on réserve normalement au cristal le plus pur. Ainsi, face à ce piano, seul dans l'obscurité de ce manoir que j'ai trop longuement arpenté sous la forme du rapace, je cherche à rejouer un passé qui ne sera jamais plus qu'un instant perdu, une époque lointaine qui ne peut que s'échapper à l'emprise de mes doigts envieux. D'un battement de cils, je chasse ma peine et me ferme un peu plus au monde qui m'entoure, laissant mes doigts simplement caresser les touches en ivoire et ainsi créer une mélodie délicieuse qui rapidement remplace le silence et fait taire un instant mes doutes et mes angoisses, ne laissant en mon coeur qu'un vide étrange, un espace blanc qui ne demande qu'à être remplacé par quelque chose, n'importe quoi même, tant que ça comble ce vide dans ma carcasse tremblante. Je serre les dents, raidis les épaules et termine mon morceau avant de le massacrer, avant de parjurer l'enseignement de celle qui de toute façon serait déçue de voir ce que je suis devenu. Autour de moi tout se meurt et si un soupir m'échappe, celui-ci est bien vite ravalé quand j'entends derrière-moi un raclement de gorge qui fait rater à mon coeur bien deux battements.

Pour lui, pour cet intrus qui vient de pénétrer mon intimité et découvrir ce talent que je cache aux autres, je refuse de me tourner, trop honteux peut-être de croiser le regard de celui dont la voix rauque et chaude fait naître entre mes côtes une sensation nouvelle, presque inconnue et pourtant familière, qui se répand avec l'aisance de ronces entre mes os et qui réveille en moi une myriade d'émotions contradictoires que je ne maîtrise pas. A nouveau, je bats des cils, et reste silencieux alors qu'Adrian s'approche, me murmurant compliments et aveux avec une franchise qui me met presque mal à l'aise. D'une main, je tente de discipliner mes cheveux devenus trop longs, et qui en cette soirée, tombent négligemment devant mes yeux, dissimulant ainsi sans peine à celui qui me semble immense en cet instant le bleu de mes yeux ternes. Puis, en une esquisse de sourire timide, je lève mes prunelles sur lui et tente de croiser son regard, alors que poussé par l'envie étrange de ne point me faire comme le rapace que j'ai trop souvent été à ses yeux, je murmure à mon tour quelques mots, quelques syllabes qui me semblent bien futiles.

"Je ne fais que prétendre savoir jouer... On m'a appris parce qu'on a remarqué que j'avais des facilités."

En réalité c'était un cadeau bien intime qu'elle m'avait fait à l'époque. Ca avait été pour elle une manière de me conserver à ses côtés et de se rassurer sur ce que nous étions. J'étais capable de voler, oui, mais pour de petites choses comme ça, j'avais encore besoin de me tourner vers elle, et c'est de ça dont elle avait besoin. De ma dépendance, de mon envie de revenir dans ses bras et d'être son Thaddeus, son autour.

"Je peux te le laisser, je l'ai assez martyrisé pour ce soir."

Délicatement, je me glisse loin du banc et instaure entre nous une distance que je trouve plus raisonnable, une qui m'empêche de complètement me perdre dans ses prunelles aux teintes attrayantes ou dans la courbe de ses lèvres pleines, qui me rappellent que trop bien la délicate silhouette de pétales de rose. Entre lui et moi, je remets un semblant d'espace, une zone neutre que je m'efforce de conserver en étant humain, par pudeur surement et surtout par crainte de ce qu'il éveille en moi et pourtant, du coin de l'oeil, je ne peux m'empêcher de contempler celui dont l'aura familière me donne l'impression que nous partageons plus qu'un simple respect pour la présence de l'autre, mais aussi des démons que nous combattons, des angoisses que nous laissons gagner certains soir et même un besoin de se retrancher entre les quatre mêmes murs d'une pièce. Un frisson dévale mon échine et d'une simple inspiration maîtrisée, je fais taire tout ça, chassant au loin l'idée qu'il puisse être autre chose que cet être sauvage et farouche, qui comme moi vit comme une ombre au sein de se manoir, et ne sort qu'occasionnellement, pour la pluie quotidienne sous laquelle il passe de longues minutes. Les bras désormais croisés sur ma poitrine, je me convaincs de ça, de ce que nous ne partageons pas et de ce que nous aurons jamais, à savoir une proximité dont j'ai pourtant désespérément besoin.

"Je ne savais pas que toi aussi tu avais du mal à dormir. Innocemment, je pensais être le seul à fuir mon lit."

C'est une pensée idiote à avoir, mais dans ma solitude, dans ce retranchement qui est devenu mon quotidien, j'ai appris à ne plus penser aux autres et à me faire égoïste  comme à l'époque où blessé, je ne pouvais guère être plus qu'un rapace que l'on observe au loin.

"Alors je t'en prie, ne te gêne pas pour moi. Si tu préfères, je peux même me faire discret et me percher en haut d'un meuble."

Je lui glisse un sourire alors que je tâtonne dans cet échange, cherchant à savoir si il désire s'encombrer de ma personne ou si m'approcher n'était qu'une excuse pour me congédier du bout des lèvres.



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Dernière édition par Thaddeus Gentilis le Mar 9 Jan - 18:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un moment volé (Thaddeus)   Lun 8 Jan - 23:39


Un moment volé
Thaddeus & Adrian

« Quelques belles lignes qui transpirent les beaux mots et la poésie, une belle petite mise en bouche pour le plaisir des mirettes. »
Il a ce petit quelque chose que je ne peux m’expliquer, que je ne peux comprendre. Ce charme incertain que je refoule, que je refuse d’affronter. Cette attirance pour la gente masculine, elle n’a jamais vraiment été acceptée. Comme un murmure dévorant, c’est pourtant bel et bien là. Les courbes féminines ont toujours été ma préoccupation première, du moins, à une époque. Me laissant aller dans les bras de diverses personnes, cherchant à m’abandonner d’une façon ou d’une autre, à échapper à mes démons. Ça durait l’espace de quelques instants, le plaisir n’étant pas véritablement là, à moitié présent. Puis, une nuit, j’avais fini par me laisser aller dans le lit d’un homme. Trop bourré, fatigué de me battre, j’avais connu le plaisir, le vraie. Cet instant où le corps est feu, où les caresses sont bien plus intenses, presque cruelles…Et là, j’ai commencé à comprendre, terrifié, quelque part dégouté, l’homosexualité n’a jamais été une chose bien vue à mon époque. Je me suis donc contenté de le cacher, d’éteindre mes envies, cherchant à me persuader que seules les femmes m’attiraient, me perdant quelques fois, rarement, sous les couvertures d’un homme que je quittais directement après sans un mot, honteux, l’esprit en vrac. Mais Thaddeus, c’est différent, il a ce regard qui me donne envie de m’approcher, de le laisser s’approcher aussi. Ame farouche, sauvage, il est rare qu’une personne puisse véritablement m’approcher, me toucher, attirer mon attention. Pourtant, avec lui, les choses c’étaient passées en douceur, d’une façon presque risible.

Rapace qui attire mon attention, qui m’a souvent obsédé au point de le chercher à l’ange d’un couloir, j’ai fini par apprendre qu’un homme se cachait sous cette image illusoire. Et quel homme…Peut-être est-ce pour ça que j’ai tant de facilité à avancer dans cette pièce, à briser la distance qui nous sépares, là où j’aurais simplement rebroussé chemin avec un autre. Doigts qui glissent, paroles qui s’élèvent, aveux qui s’échappent de mes lippes. Je lui dévoile une bride de mon passé, un moment joyeux, nostalgique et pourtant si douloureux. Une façon comme une autre de vouloir m’approcher de lui, de vouloir lier quelque chose. Jeu de séduction inavoué, lamentable, presque maladroit et mélancolique. Nous dansons sans musique, sans bouger, silencieusement, immobiles. Telles des statues positionnées l’une en face de l’autre, incapables de bouger, de vraiment faire ce pas qui pourrait tout changer. Mais c’est là pourtant, belle et bien là. Je penche la tête sur le côté en l’écoutant. « Des facilités ne sont pas suffisantes pour savoir jouer…Beaucoup peuvent apprendre mais jamais se montrer doués…On a ce don ou on ne l’a pas, ça vient de cœur contrairement à ce que l’on pourrait croire…les doigts ne sont que des outils qui aident la mélodie à s’échapper, rien de plus. » Dis-je avec un sérieux certain, me rappelant des paroles de ma mère, de cette envie qu’elle a eu d’exploiter mon aisance face à cet instrument que j’ai rapidement affectionné, aimé, adorer. Il me rappel la femme qu’elle était, le gosse que j’avais été et qui n’est plus.

Je le vois glisser à l’autre bout du banc, m’annonçant qu’il me laissait la place. J’hésites quelques secondes, pourtant, l’idée de me rapprocher est tentante, presque trop addictive. Me mordant l’intérieure de la joue, je fini par m’approcher de lui, venant me positionner sur le petit banc, face aux notes noires et blanches. Contrairement à lui, je ne me positionne pas à l’autre bout, mais bien au milieu, plus par instinct que par envie. Comment pourrais-je bien jouer en étant à l’autre bout, aussi loin de certaines notes ? Tournant légèrement la tête vers lui, je soupire. Mes nuits sont courtes, mes cauchemars sont violents, mais la solitude de mes soirées sont parfois pesantes et bien trop longues. Le temps s’écoule différemment et pourtant, il me semble bien trop pesant. « Mon lit semble refuser ma présence, et ce, depuis bien trop longtemps…alors que je marche, je vagabonde la plupart du temps en cherchant un moyen de retrouver le sommeil que j’ai perdu…en vain. Il semblerait que nous ayons ça en commun. » L’idée qu’il se change de nouveau en rapace ne m’attire pas, préférant l’homme à l’animal, bien que les deux soient semblables, soient aussi attrayants. Combien de fois n’aies-je pas admirer celui-ci alors que sa forme était recouverte de plumes ? Combien de fois ne me suis-je pas surpris à y songer, à y penser ou même à y rêver ? Je ne les comptes plus, incapable de tenir le compte.

« Non, inutile, je pense que tu seras bien mieux là où tu es…Bien que je risque de décevoir tes oreilles, dans ce cas, j’en suis désolé…je pense être un peu rouillé…je n’ai plus joué depuis longtemps. » Dis-je doucement, laissant un petit sourire venir caresser mes lippes alors que je me perds dans ses cheveux, que je m’y noie. Ce regard que j’aime observer, ce regard aussi brisé que le mien que je peux comprendre, que je peux à moitié déchiffrer. J’aimerais lui murmurer que ça ira, que les démons finissent par s’en aller…mais ça serait mentir, je suis la preuve vivante que rien ne s’efface, que rien ne vient à disparaître. Nous sommes condamnés à exister avec nos souffrances, à nous de faire avec, de finir par crever avec celles-ci. Finissant par détourner les yeux, légèrement mal à l’aise par les secondes évaporées dans les airs durant lesquels je n’avais cessé de l’observer, lui et son regard, lui et ses cheveux devenus assez longs. Toussotant, je me mords la lèvre inférieure, glissant mes doigts sur les notes de musiques, laissant celle-ci résonner dans les airs. Finalement, les gestes reviennent naturellement et pourtant, ça me semble incomplet, ça me semble tellement…vide. Elle n’est pas là pour m’accompagner, elle n’est pas là pour fredonner, pour chanter tendrement à mon oreille. Elle ne sera jamais plus là, la vie s’étant en allé de son être, à jamais arrachée alors que moi, je suis à jamais immortalisé dans cette boucle temporelle.

La mélodie qu'il joue
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Thaddeus Gentilis
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MessageSujet: Re: Un moment volé (Thaddeus)   Mar 9 Jan - 20:16

Stolen Breath
Adrian & Thaddeus
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Je n'ai pas le courage de l'affronter cette nuit et encore moins celui de devoir accepter que nos corps puissent s'effleurer, ma peau étant encore trop sensible du cauchemar dont je me suis extirpé à grands cris et sanglots brûlants et pour lequel, j'ai terminé au pied de mon lit, enroulé dans mes draps trop fins et trempés de sueur, à supplier du bout des lèvres que tout ceci prenne fin, à geindre que je ne voulais plus expérimenter les souvenirs de cette guerre que je n'ai jamais connu et qui pourtant a laissé, dans l'esprit de l'ancien hôte de ce corps, traumatismes et automatismes que je porte avec moi et que je laisse revenir à la vie car bien incapable de ne point être une pale copie de ce que cet homme a été. Alors, par lâcheté surement, je me glisse loin du banc et fuis un peu plus son corps et la possible chaleur qui se dégage de sa peau, préférant trouver refuge contre l'étagère parsemé des rares ouvrages que je n'ai pas encore chapardé, appuyant mon dos contre les rayons de la bibliothèque pour mieux admirer de mes prunelles curieuses les talents musicaux d'Adrian, qui en cette soirée, arrive tout de même à m'arracher un léger sourire qui se confond avec les quelques syllabes que j'articule du bout des lèvres.

"Je crois qu'il est impossible de me décevoir à ce niveau-là… Dans mon ancienne boucle, j'ai eu le malheur de tenter d'apprendre aux enfants à jouer… Eux ont réussi à me donner envie de boire pour oublier ce que je venais d'entendre."

Dans ma voix, il n'y a rien qui ne puisse sonner trop durement à l'évocation de ce souvenir que je chéris tant et qui fait remonter en moi une bouffée pénible à endurer, les affres d'une époque douce malgré son hiver interminable, où dans un salon similaire à celui-ci, j'étais ce gardien que les enfants venaient voir pour boire le thé ou pour tester les derniers biscuits qu'ils avaient cuisinés en compagnie des Ymbrynes. J'étais tel un grand frère que l'on tente d'impressionner et sur lequel on peut compter. J'étais cet autour bienveillant qui avait du temps et des sourires pour tout le monde, qui enveloppait de l'ombre rassurante de ses ailes étendues, ceux qui avaient besoin qu'on fasse attention à eux. J'étais Thaddeus, le gardien et protecteur, celui qui est là, et non cet homme que je suis devenu, cet être farouche qui se retranche dans la solitude et qui n'est guère plus depuis son arrivée qu'une silhouette fuyante, un rapace qui de loin observe quand il ne chasse pas. Voilà ce que je suis, et ce que je risque de toujours être, si comme en cet instant, je me contente de fuir tout ceux qui m'approchent et qui veulent simplement découvrir ce qui se cache sous ses chemises à la coupe vieillotte et ce visage si souvent enlaidis par la mélancolie. Un soupir m'échappe et c'est alors que je réalise que le silence que je pensais être notre invité brille par son absence, préférant laisser place à la douce et triste mélodie qu'Adrian joue pour moi. Légèrement surpris par la beauté de ce morceau qui semble me prendre à la gorge et lentement insuffler dans le parcours de mes veines une douce envie de me laisser tenter par un moment de doucereuse tristesse, je pose mon regard sur ses larges épaules, en appréciant le tracé et la puissance évidente de celles-ci avant de me concentrer sur la danse de ses doigts, qui avec une aisance qui trahit un talent certain que je n'ai pas, parviennent à arracher à l'instrument un chant qui m'ordonne presque de venir le compléter, comme si sans l'exprimer, son auteur regrettait d'être seul à jouer. J'hésite une seconde à fredonner, mais réalisant que ce serait ridicule, je préfère conserver mon silence et apprécier le talent de mon compagnon nocturne, tirant ainsi de la poche de mon pantalon enfilé à la hâte, de quoi étouffer un peu plus mes poumons déjà bien trop encrassés par des heures à chercher dans la nicotine un semblant de paix pour mon esprit troublé et fracturé. A mes lèvres, je glisse une cigarette que j'allume sans attendre, laissant de ce fait la braise chanter pour nous deux et la fumée danser entre nous, et après une longue volute expirée, je ferme les yeux et laisse ma tête reposer contre la reliure des livres derrière-moi, pour mieux déranger ce morceau que je devrais simplement savourer.

"C'est quelque chose que je n'aurais souhaité à personne, cette sensation terrible de ne pouvoir trouver le repos, d'être un étranger dans son propre lit, à devoir fuir des draps qui se font comme des vipères qui inoculent un poison plus terrible encore que la culpabilité."    

Je me fais bavard parce que je suis exténué et au bord d'une rupture certaine. Je ne dors plus, et même si dans la journée, il m'arrive de trouver l'occasion de sombrer dans un sommeil plus ou moins léger, il me faut à chaque fois me réfugier sous le plumage de l'autour pour fuir des cauchemars qui finissent toujours par me rattraper. Des songes sombres et épais comme du goudron, qui m'étouffent par la violence de leurs propos et par les douleurs trop réelles qu'ils rappellent à mon corps déjà mutilé par cette même guerre que mon esprit veut sans cesse me faire revivre. A chaque battements de paupières, je crains de voir apparaître dans l'obscurité la boue et le sang dans lequel cet autre aurait vécu durant quatre années. A chaque respirations, j'ai peur de ce que mon inconscient pourrait me dévoiler ou me susurrer, m'effrayant alors de me retrouver à nouveau en compagnie de ses hommes qui avec moi buvaient pour oublier la douleur des plaies que l'on recousait à peine, se disant que de toute façon, le sang finirait par coaguler et faire office de bandage, comme si le fil avait été une denrée rare et la compassion une utopie. Face à la fatigue, je suis faible et prompt à tout faire pour rester éveiller, refusant de toute manière de succomber une fois de plus aux démons de mes nuits. Alors, en un geste qui trahit une élégance naturelle, j'expire à nouveau une volute de tabac tandis que de mon autre main, je termine de discipliner ma crinière brune.

"Quand les enfants en faisaient à l'époque… Je leur disais que j'allais les chasser. Que de mes serres j'allais faire fuir les vilains monstres qui voulaient les troubler…" J'ai un sourire et une esquisse de rire à ce simple souvenir. "C'était ridicule mais ça marchait avec eux. Ils finissaient tous par se rendormir et le lendemain, plus rien. Juste le repos que seul les innocent ont le droit de connaître." Je ne remarque pas de suite la cendre qui tombe à mes pieds dénudés. "J'aimerais que ça marche aussi pour nous. Que quelques mots puissent faire disparaitre nos tourments… Mais c'est à croire que nous devons subir ce dont nous sommes pourtant des victimes."

Je m'avance à son sujet, n'ayant jamais réellement su ce qui le troublait tant. De lui je n'ai rien entendu et malgré le temps que nous avons parfois passé tout les deux, je n'ai rien jamais appris de plus que ce que ses prunelles anxieuses acceptaient de me dévoiler. Dans son regard, je n'ai vu qu'une peine et une douleur similaires aux miennes mais la cause est toujours restée un mystère. Bien des fois, j'ai bien faillis lui demander ce qui pouvait le pousser à fuir Morphée, mais de justesse je me suis retenu à chaque fois, me doutant que cela devait être tout aussi mauvais que ce qui pouvait me ronger. Alors par respect pour ses maux, j'ai toujours gardé pour moi les questions qui me brûlaient les lèvres, attendant candidement qu'il se décide un jour à faire le premier pas.

"Mais qui sait… Peut-être qu'un jour les démons finiront par disparaitre d'eux même et que nous viendrons à les regretter."



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