(Roxoan - Thaddeus) ∆ Way too young to hurt so long.
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Roxoan F. Wilde
renard chapardeur

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☾☾ Miroir :
I am an ocean, I am the sea, there is a world inside of me...
☾☾ Particularité :
Métamorphose en Renard noir et argent
☾☾ Bizarrerie :
Collectionne de petits objets sans liens les uns avec les autres, au fil de ses vols.
☾☾ Années :
28 en apparence, 104 en totalité.
☾☾ Occupation :
Voleur, chapardeur, cambrioleur, appelez ça comme vous voulez, et gardez vos poches sous surveillance.
☾☾ Myocarde :
Je me glisse dans le lit de ta mère pour te faire un petit frère, puis dans celui de ton père pour qu'il oublie son cœur brisé.
L'amour ? Jamais.
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44
☾☾ Trogne & crédit :
Andy Biersack - crédit à moi-même


MessageSujet: (Roxoan - Thaddeus) ∆ Way too young to hurt so long.   Jeu 11 Jan - 18:11

Way too young to hurt so long

Maybe I'm bad natured, or maybe I'm young

C'était une de ces nuits qui n'étaient supportables que parce qu'elles ressemblaient à tant d'autres, mais aussi une de celles, rares, que Roxoan passait dans le Manoir. Dehors, d'abord, il avait été surpris par des ténèbres qu'il connaissait pourtant par cœur, sa pauvre peau et sa vieille carcasse s'en étaient trouvées transies, non de froid mais d'effroi, d'une stupeur qu'il retrouvait alors qu'il aurait préféré l'oublier, la laisser derrière lui dans une vieille maison depuis longtemps abandonnée, ou peut-être revendue, rachetée. Fuyant, comme souvent, il avait cherché un peu de chaleur et d'humanité, et sans surprise, il s'était retrouvé dans cette antre des particuliers dont il avait pourtant préféré se tenir éloigné pendant longtemps. D'où les voyages, les autres boucles, les expériences, un petit goût de l'aventure qu'un renardeau de dix-huit ans avait voulue plus que tout, au point de fuir trop loin de ceux qui l'aimaient, de ceux qu'il aimait. Pas seulement, bien sûr, car lorsqu'il était parti vraiment loin, ça avait été pour fuir les bombes, ces mêmes bombes qui volaient sans fin au-dessus de la boucle dans laquelle il vivait désormais, pour l'éternité, il l'espérait, et même peut-être un peu plus longtemps que ça. Le monde, au dehors, avait repris son cours tranquille, aussi tranquille que possible, mais à l'intérieur, dans cette boule à neige hors de temps et de la réalité contre les parois de laquelle il faisait parfois cogner ses ailes, ses souvenirs venaient parfois se précipiter, entraînés dans le sillage d'un missile, dans le sifflement narquois d'une arme à feu, dans la quiétude transie après la tempête de flammes, de chair et de fer. C'était une de ces nuits, où les fantômes du passé le hantaient plus que de raison, une de celles qui le poussaient parfois à se tapir dans un terrier, en rond sur sa besace, pour fuir la réalité humaine et attendre une averse qui ne venait pas. Pour qu'il soit soulagé, encore aurait-il fallu qu'il soit capable de s'ouvrir, de laisser les vannes, petit à petit, se desserrer, puis complètement laisser échapper le flot de manque qui l'étouffait, avec cette certitude noire et visqueuse qu'il ne pourrait jamais être ce qu'il aurait dû être. Non pas courageux, non pas intelligent, changer du tout au tout n'était jamais une option, mais au moins un être décent, un dont sa mère aurait pu être fière, un qui aurait gagné le respect des hommes de sa vie, même de ceux qui n'étaient depuis le début que des fantômes, un nom en bas d'un formulaire, vite caché derrière un autre. Et puis, qui d'autre ? Ah oui, un amant, au sens d'un homme qui aime. Des petits enfants, en aurait-elle eu ? En avait-elle, quelque-part, disparus dans une autre boucle, jamais connus ou reconnus ? Au fil de sa vie et de ses aventures opiacées, alcoolisées, enfumée, s'était-il transformé à son tour en père absentéiste, en père inexistant, une volute de fumée dans un ciel embrasé ? Une part de lui espérait évidemment que non, cette même part, minuscule, qui n'avait pas quinze ans encore. Un enfant, innocent, qui avait vu la mort, dans la glace, dans ses propres yeux, coulant le long de ses mèches noires, jusqu'aux douces boucles blondes, un enfant que Roxoan, vingt-huit ou cent-quatre ans, croyait mort depuis bien longtemps, et qui pourtant en cet instant avait refait surface.

Dansant d'un pied sur l'autre, Roxoan crispa les doigts sur les trois livres chapardés la fois précédente lors d'une visite à Thaddeus. L'homme était une des rares personnes qui trouvaient grâce à ses yeux, il lui semblait qu'ils comprenaient d'une certaine façon ce dont l'autre avaient besoin et se l'apportaient mutuellement sans même s'en apercevoir, peut-être sans que ce soit tout à fait intentionnel. Thaddeus était un des rares auprès de qui il ne se sentait pas seul, un des rares dont il appréciait la compagnie – rares, oui, car le seul autre à sa connaissance se trouvait être Darren, à peine quelques portes plus loin. Il avait d'ailleurs hésité entre ses deux compagnons, se trouvant une fois de plus seul, sans domicile, sans endroit où cacher sa misère, et si son choix s'était porté sur Thaddeus, c'était à cause de (ou grâce à ?) ce côté un peu paternel, presque trop sérieux et trop responsable, qu'il avait toujours. Et Roxoan le charriait en lui disant qu'il fallait qu'il se laisse un peu aller, comme il charriait gentiment Darren également, en espérant toujours ne rien dire qui pourrait les blesser : si habituellement il ne prenait pas de pincettes, depuis qu'il était coincé en 1941 il essayait de se mettre un peu moins de gens à dos. Il y avait moins d'endroits où fuir si l'on vous courait derrière, désormais, du moins s'il voulait rester en vie. Un détour trop prolongé par la réalité linéaire pourrait sans aucun doute lui être fatal, à plus de cent ans avec une vie si dissolue, s'il n'avait pas été figé, il se disait qu'il ressemblerait sans doute au portrait de Dorian Gray. C'était là un autre nom de famille qu'il aimait emprunter, d'ailleurs, moins connu que son Emile Fawkes favori qui commençait à courir parfois sur les lèvres. Quelques Syndrigastis l'avaient repéré et avaient compris que cet Emile dont il était question était une mauvaise personne, alors aux inconnus, il devenait souvent Richard Gray. Thaddeus était un des derniers qui le connaissaient sous le prénom d'Emile.
Il frappa doucement à la porte, eut un sourire lorsqu'il entendit le doux glissement des pieds d'une chaise sur le sol de la pièce, et prit soin de cacher son visage derrière la couverture des livres précédemment volés alors que le battant s'écartait. « Devine qui c'est. » Lança-t-il de sa belle voix de basse, tout en sachant pertinemment que l'autre n'hésiterait même pas un instant sur l'identité de son visiteur. Il écarta donc les tomes et fit une moue qui se voulait repentante mais qui, surtout, trahissait son amusement. « Toutes mes excuses, c'était trop tentant... » Dit-il quand-même, presque tendrement. « Me laisseras-tu entrer malgré tout ? » Ce 'tout' englobait essentiellement son incapacité à empêcher ses longs doigts fins de fourrer des objets aussi divers que variés dans sa sacoche de toile démodée et rapiécée, puis d'essayer de les refourguer à des inconnus inconscients dans une rue mal famée. Cependant, avec les livres, il n'avait pu s'y résoudre. Après les avoir volés, pour la première fois de sa vie, il s'était vu pris de remords et avait pris la décision de les ramener. Peu de temps s'était donc écoulé entre sa précédente visite et celle-ci, lui qui ne revoyait jamais la même personne deux fois était surpris de sa propre audace. Il n'aurait plus manqué qu'il finisse par demander une chambre et se prenne de passion pour un habitant du Manoir, et toutes ses règles se seraient trouvées violées. Il ne devait pourtant laisser personne le connaître, le voile d'armure qu'il avait lentement tissé autour de lui n'était qu'un cache-poussière destiné à le protéger, il garantissait sa sécurité. S'il s'attachait, s'il s'éprenait, même dans un monde où le temps ne savait plus passer, il risquait d'être meurtri, encore. L'abandon, la mort, les ténèbres, il ne pouvait plus s'y risquer, plus d'après-midi entières à larmoyer entre deux arbres tremblotants, plus de combats contre ses murs de chambre, plus de cauchemars, plus de maladies. Juste une longue, très longue nuit d'un noir d'encre, lui qui marchait seul, les autres qui le frôlaient sans jamais le toucher, et pourtant... s'il n'y prenait pas garde, il pourrait laisser Thaddeus entrer. Roxoan n'avait jamais eu de père. Fairfax n'en était pas un, et il n'était de toute façon pas resté assez longtemps, c'est-à-dire qu'il les avait trop vite abandonnés, ne laissant derrière lui que peine et que mort. Quant à Francis Wilde, il avait été victime de son propre courage, de sa propre grandeur d'âme. Deux qualités qu'il avait oublié de léguer à son fils, et qu'il n'avait jamais eu le temps de lui enseigner. Renommé Emile, Roxoan sentait bien que Thaddeus pourrait voir à travers le voile, que tout ce qu'il manquait c'était du temps. Et il était terrifié, mais ce soir-là, la peur du dehors et de ses propres démons s'était faite plus forte que celle d'une seule fois devenir vulnérable...




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Thaddeus Gentilis
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Métarmophose en Autour des Palombes (Accipiter Gentilis) - Le rapace qui devient le gardien. Le chasseur qui se fait protecteur.
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Accumule livres anciens et carnets
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30 ans, mais en réalité, c'est une énigme pour lui.
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Perdu dans les méandres de ses pensées, à regarder le monde tourner sans vouloir totalement y prendre part.
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Difficile à cerner et à saisir
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MessageSujet: Re: (Roxoan - Thaddeus) ∆ Way too young to hurt so long.   Ven 12 Jan - 15:30

Way too young to hurt so long
Roxoan & Thaddeus
I like you a lot. Putting on my music while I'm watching the boys. So I do what you want. Singing soft grunge just to soak up the noise

Les mots ne viennent pas. Comme le sourire qui ne monte plus jusqu'à mon regard, les phrases, sentences et paragraphes ne sont que des illusions, des rêves candides que fait l'être fatigué que je suis, des arabesques de désirs et d'envies encore plus volatile et éphémère que le sont celles de ma cigarette, qui dans le cendrier à mes côtés, se consume et se fait cendres au fil des secondes, des minutes même, qui passent et s'égrènent, se faisant le parfait témoin de ce temps qui passe malgré cette époque qui reste et qui cristallise dans un instant trop peu parfait l'essence même des pauvres âmes que nous sommes, voyageurs immobiles qui refusent de se plier aux règles de la temporalité. Assis dans le fauteuil le plus proche de la fenêtre légèrement entrouverte, un carnet sur les genoux et un stylo plume dans l'autre, je laisse l'encre se faire tache, puis lac sur la page fine de ce carnet entamé il y a des années maintenant, celui qui à une époque reposait contre mon coeur et contenait toute la vérité de cet être nouveau qui avait émergé d'entre les bras et doigts d'une femme aux intentions louables et au regard emplit d'un amour étrange qu'aujourd'hui je questionne toujours et pour lequel je n'éprouve plus qu'un profond regret, une amertume que l'on n'acquiert qu'avec l'âge, quand on réalise que l'on a laissé filé d'entre ses doigts la promesse peut-être d'un baiser et d'une étreinte qui aurait réveillé les souvenirs d'une vie passée. Perdu dans la contemplation de cette petite mare d'encre aussi sombre que la nuit qui enveloppe déjà le ciel de son manteau étoilé, je pince les lèvres et observe le vide qui me fait face, me désolant en silence et en solitaire de ses mots qui ne viennent pas et qui comme les souvenirs que je n'ai plus, se font distants et taquins, venant par moments souffler à mon oreille qu'ils sont là pour mieux disparaitre l'instant suivant, me laissant ainsi seul avec une envie que je ne parviens pas à combler. Car en cette soirée, malgré la lassitude que je ressens à encore exister, je pensais combattre cauchemars et démons nocturne en couchant sur le papier l'étrange douleur qui me déchire à chaque battements de coeur, transformant ainsi l'innommable en un récit que je pourrais enfermer au creux de pages qu'il me sera aisé de raturer ou de déchirer quand à nouveau je serais furieux contre moi-même et contre ceux qui ont détruit ce qui fut un jour ma maison. Avec la candeur d'un enfant, je me pensais capable d'exprimer tout ça, mais rien ne vient. Ni les mots, ni l'inspiration, ni ce flot presque fiévreux qui était le mien et qui à une époque me poussait à ignorer ma raison pour mieux me perdre dans un déluge, une régurgitation de mots et de sensations qui ne prenaient vit qu'au travers de ma plume et qui au lieu de rester au sein de mon être, devenaient des récits qu'aux yeux de tous je cachais. De tout ça, il ne reste rien, et en cet instant qui ne semble prendre fin, je me désespère de ce que je suis devenu. Entouré des ouvrages qui se font les enfants que je ne peux couver du regard et dont je ne peux prendre soin, je hais l'homme insipide que cet endroit a fait de moi. Je le hais au point de ne pas être capable de croiser son regard dans le reflet de la glace. Je le hais au point de lui refuser le tabac qu'il veut tant fumer et ce verre de whisky qu'il s'est servi afin de calmer ses nerfs. Je hais cet homme au point d'avoir l'envie de cesser de respirer pour qu'il meurt et s'étouffe enfin. Je le hais tant que j'ai envie de me glisser à nouveau sous le plumage du rapace et de ne jamais redevenir humain. Je le hais comme je n'ai jamais méprisé quelqu'un, à tel point qu'après un soupir qui m'est presque douloureux, j'envoie voler au loin ce carnet que j'ai un jour considéré comme précieux, le laissant lourdement trouver le mur, abimant de ce fait sa reliure déjà malmenée par mes doigts tremblants et par les flocons, qui plus d'une fois ont réussi à se déposer sur l'encre qui pour leurs baisers eu bavée.

J'inspire, expire et remarque alors au sol, au milieu des pages dérangées et des mots qui semblent désormais s'éparpiller sur le plancher, un rappel de ce qui a un jour été, une minuscule plume rouge qui pareille à une tache de sang, me fait l'effet d'une larme versée par mon passé, et si durant un instant, je regrette cette colère qui fut la mienne, c'est finalement avec une pointe de remords que je finis par saisir la petite plume entre mes doigts, la faisant jouer contre la pulpe de ceux-ci avant d'être capable d'esquisser un sourire, redevenant de ce fait, le temps d'une seconde presque bénie, cet homme doux qu'était un jour Thaddeus.

"Je suis désolé."

C'est tout ce que je suis capable d'expirer et de susurrer à cet enfant sauvage qui n'est plus et que j'ai abandonné. J'aurais aimé l'emmener avec moi, le garder sous la courbe de mon aile et m'assurer que rien ne lui arrive mais comme pour tout, j'ai été décevant, faible et inapte. Pour lui, je n'ai pas été là et aujourd'hui, il ne reste rien de sa personne, à part un souvenir fugace que je partage avec Darren, parfois, et une habitude que personne ne comprend, un automatisme teinté d'une nostalgie doucereuse, qui me fait chaque jours, émietter un sablé sur le rebord de ma fenêtre, comme si j'espérais un jour y voir quelqu'un se percher pour délicatement picorer. De cette époque qui fut un jour mon quotidien, il ne reste plus grand chose, voir presque à rien, à part mes regrets et cette peine qui me fait me retrancher un peu plus ce lieu que je vois désormais comme une cage de laquelle je ne peux sortir, et si durant un instant, un battement de coeur vacillant, je me demande si il ne serait pas mieux pour moi de devenir autour et de profiter de la nuit pour mieux disparaître et ne plus être, voilà que le bruit de phalanges contre ma porte me fait bien vite oublier cette idée, me poussant plutôt à aller ouvrir celle-ci pour mieux découvrir sur le pas de ma chambre, Roxoan, dont le visage encore juvénile est si bien caché derrière quelques ouvrages chapardés dans ma collection qui n'est rien de plus au final qu'une accumulation de mes propres larcins. Pour lui, dont la silhouette fine et fragile esquisse un semblant de remord qui ne colle pas tout à fait avec le petit sourire mutin qu'il tente de ravaler, je n'ai qu'un soupir amusé, une expiration qu'ont tout les parents quand l'enfant qu'ils aiment tant se décide à rentrer à la maison après une bêtises pour laquelle ils ne sont même pas fâchés.

"Serait-ce le grand méchant renard de cette boucle ?"

J'esquisse un simple début de sourire, une ébauche bien mal croquée par mon être avant de m'effacer dans l'encadrement de la porte, lui faisant ainsi signe d'entrer si c'est ce qu'il désire réellement.

"Je n'ai pas de thé ce soir, juste du whisky et un peu de tabac. Prends le lit pour t'assoir, il est frais de ce matin."

Dos à lui, je m'enfonce un peu plus dans les méandres de cette pièce qui n'a rien d'une chambre que l'on attribuerait à un adulte, mais plus à un jeune enfant qui n'a point de gouvernante pour lui dire de ne pas laisser ses affaires joncher le sol, laissant ainsi le plaisir à mon invité nocturne de fermer la porte et de nous donner ainsi l'intimité qu'il vient visiblement chercher en ma personne. Du bout des doigts, je récupère ma cigarette et la glisse entre mes lèvres, arrachant une volute de fumée au tabac presque entièrement consumé pour me donner le courage nécessaire de faire de nouveau entendre ma voix chaude et légèrement éraillée.

"J'ai quelque chose pour toi d'ailleurs."

A nouveau, un prémisse de sourire illumine mon visage pourtant enlaidis par des angoisses certaines et un manque de sommeil évident, comme le suggère mes draps qui n'ont été changés uniquement parce que les précédents puaient la sueur et les larmes. Sur le sommet d'une pile de livres, j'attrape ce qui semble être un recueil pour enfant sur la couverture duquel se trouve un renard drapé comme un gentilhomme d'une autre époque. Du bout des doigts et avec un éclat de gêne évident dans la prunelle, je lui tends l'ouvrage, un sourire aux lèvres.

"Je sais que ce n'est pas grand chose mais… Je l'ai trouvé dans un coin de la bibliothèque… Il prenait la poussière et en le voyant, je n'ai pu penser qu'à toi." Un semblant de rire un peu maladroit m'échappe. "Je me doute que ça ne sera pas aussi plaisant que de me voler mes autres livres mais je me dis que celui pourrait te faire plaisir et que ça te donnerait même une excuse pour revenir me voir une fois que tu l'aura lu."

De sa nature j'ai conscience et pourtant, en un geste paternel et pourtant étrangement familier, je me sens presque obligé de bousculer celle-ci, l'empêchant de voler quelque chose qui pourrait attirer son oeil pour le lui offrir à la place, lui faisant ainsi sentir, je l'espère, qu'il mérite ce qu'il semble considérer trop bien pour lui, à savoir l'attention de quelqu'un et l'amour sincère d'un être, certes brisé et inutile à ce monde qui tourne sans lui, qui ne demande qu'à le rattraper si un jour il se sent glisser.

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MessageSujet: Re: (Roxoan - Thaddeus) ∆ Way too young to hurt so long.   Dim 4 Fév - 21:52

Way too young to hurt so long

Maybe I'm bad natured, or maybe I'm young

Contre vents et marées, contre courants et neiges persistantes, les ailes brunes et la rouge gorge, le moineau de Thaddeus n'était jamais bien loin. Jamais offert aux regards, non plus, la honte étouffait et la haine empoisonnait, mais il était là, toujours, dans un coin du manoir, dans un abri de fortune, dans un arbre malingre, il songeait sans fin à ceux qu'il laissait derrière lui, avec tous les regrets de l'homme trop vieux et trop brisé. Dans un autre temps et un autre lieu, sur une plage éclatante de la lumière de l'heure d'or, un muret battu au vent avait un jour abrité deux culs minces dans des pantalons modestes et des tee-shirts que le vent gonflait. Les boucles blondes contre les longs cheveux noirs, les yeux couleur d'océan contre les prunelles d'iceberg, deux sourires s'étaient répondu et un bras s'était doucement enroulé autour des épaules protégées par le tissu blanc et fin. 2016 pour décor, une île rongée par les marées, une prison pour certains, une oasis pour d'autres. Roxoan avait tendrement pressé entre ses doigts les muscles fermes et tendres à la fois, dans une tentative de, pour changer, redevenir le grand-frère qu'il avait un jour été. La chaleur sous ses doigts était loin pourtant de la peau tiède d'une minuscule enfant au parfum de lilas, et les larmes avaient tout de même failli se glisser au bord de ses yeux, car c'était la première fois qu'il ressentait cette chaleur au fond de lui, la première fois depuis si longtemps... « Que feras-tu, si les boucles ferment et que la seule qu'il reste est en quarante-et-un ? » S'était-il entendu demander, à mi-voix, par-dessus le chant des mouettes et celui des cygnes, qu'il lisait sans peine dans les yeux troubles du moineau. Jusqu'à ce qu'il les ferme. « J'errerai... Où tu veux que j'aille ? Si c'est aller là-bas ou crever... bah. Il serait trop content que je crève. » Le rire qui s'était alors échappé était dépourvu de toute joie. Pourtant, Roxoan lisait le courage et l'instinct de survie sur le visage angélique. L'air rêveur qui l'imprégnait soudain, triste, sourd. « Qu'est-ce que je dis... il n'en aurait rien à foutre. Mais il y en a que ça rendrait tristes. » ; « Alors ne te laisse pas mourir. Vole. Ne laisse pas tes démons te rattraper, toi tu voles. Les vipères ne volent pas. » Un rire humide. La mer se glissa autour de l'iceberg, de la glace emprisonnée dans le béton, une larme jaillit et créa comme des embruns au bord des longs cils d'un blond encore trop enfantin. Roxoan resserra sa prise sur l'épaule, attira le jeune homme dans une étreinte aussi peu virile que possible. C'était un enfant, qu'il tenait contre lui, un enfant à qui le soir précédent il avait donné quelques instants de tendresse et de passion, qui lui avaient été rendus au centuple. Ce même enfant qui, si Thaddeus regardait alors par sa fenêtre, est venu chiper les miettes sur le rebord et a laissé à côté du linteau une unique plume rouge et blanche, promesse d'un retour prochain.

« C'est lui-même. » Sourit Roxoan à ce qu'il prenait comme un compliment. Lui, le méchant renard de cette boucle ? Il n'aurait pas espéré tant, encore moins un titre officiel, mais venant de Thaddeus cela n'aurait pas dû le surprendre. Pourtant, il ne parvenait pas sourire autant qu'à son habitude, et cette maigre ébauche était loin de ce que le grand méchant renard de la boucle savait si bien faire. L'expression tout aussi mitigée sur le visage presque paternel lui donna des sueurs froides, il haïssait par défaut tout ce qui pouvait faire mal à Thaddeus, qui avait des lèvres faites pour le rire, et des yeux faits pour la lumière. Il s'assit cependant, comme l'autre le lui demandait, accepta d'un geste le whisky et les cigarettes, et en alluma une dans la pénombre. La nuit s'était faite étouffante, tout à coup. Il avait presque envie de se changer en animal et de se tapir comme avant, sous un lit, dans une ruelle, ou même dans une benne à ordures, là où était sa véritable place. Il aurait pu être courageux, téméraire, il aurait pu représenter son pays et ses pairs, et non, il avait été couard, il avait été retors, face à la mort il avait tremblé et fait volte-face, comme s'il l'avait déjà mille fois trop affrontée dans sa misérable et minuscule existence. « Le whisky et le tabac ça me va parfaitement bien. Je ne sais pas si j'aurais été d'humeur pour le thé, tout à fait honnêtement. » S'entendit-il murmurer, les yeux baissés sur la fumée qui tournait lentement depuis le bout du cylindre jusqu'au plafond enténébré. Il se demanda aussitôt ce qui l'avait poussé à dire cela. Il n'était pourtant pas du genre à révéler la noirceur de son esprit devant qui que ce soit, cela aurait été se donner bien trop d'importance, il avait recherché les ténèbres et il les avait ainsi trouvées, aussi chaudes, soyeuses et denses qu'il les avait imaginées. Il avait connu la rue, l'absinthe et les draps froids et sales, les siens aussi avaient un jour senti la sueur, les larmes et la misère, la voix de sa mère qui pleurait émanant parfois du salon, lorsque la nuit se faisait trop silencieuse pour l'abriter dans son secret. Et c'était pour oublier tout cela qu'il s'était fait nuit, retors et plus sale que ce qu'aucun n'aurait pu imaginer, il avait rangé au creux de ses entrailles un gamin minuscule dans une chemise trop grande, seul souvenir d'un père qui brillait par son absence, d'un père qui avait choisi le front et la patrie si grande plutôt que son fils si petit et sa femme si frêle. Une terre de son enfance, des oliviers qu'il avait voulu sauver, un soleil obscurci par l'acier et les flammes qu'il avait souhaité retrouver et reprendre, plutôt que de rester, rester auprès de ceux qui avaient besoin de lui. Roxoan avait eu besoin de lui. Et ce besoin s'était glissé dans une autre case à l'arrivée du minuscule ange qui sentait le lilas, si bien que lorsque la porcelaine de la frêle peau couleur de rose s'était brisée sous la maladie, il n'avait plus su où se tourner. Si, à l'époque, Thaddeus avait été là... peut-être serait-il devenu un homme très différent.

Un présent... une saveur oubliée, et laissée au passé, qui soudain resurgit dans l'esprit de Roxoan comme une gifle lancée à travers son visage. Il leva les deux mains, referma ses longs doigts sur le livre que lui tendait Thaddeus, sembla surpris, puis s'autorisa un sourire en coin. Non, ça n'avait pas le même charme que de voler, c'était bien différent, une toute autre saveur. Il ne savait pas qu'il l'appréciait, par ailleurs, ce goût étrange et étranger, jusqu'alors il ne s'était jamais autorisé à se rapprocher de quelqu'un suffisamment pour créer l'envie de lui offrir quoi que ce soit, il n'y avait bien que Thaddeus qui s'était autorisé à jeter un coup d’œil derrière les rideaux d'ombres, et c'était sans doute là qu'il avait aperçu l'enfant minuscule qui tenait le livre dans ses mains, comme fasciné. « Tu n'aurais pas dû... » S'entendit-il murmurer, en levant les yeux vers son ami. Il aurait voulu ajouter qu'il ne le méritait pas, mais à la place, il eut un petit rire qu'il n'avait pas pu réprimer. « Toi alors... Je reviens te voir la queue entre les pattes parce que je me suis emparé de tes biens en espérant pouvoir les revendre, et pendant ce temps, tu m'as fait un cadeau. » Il ne pouvait empêcher ses yeux troubles de briller, en cet instant. Il était comme figé. Ce fut au prix d'un grand effort qu'il porta sa cigarette à ses lèvres et, de son autre main, reprit le verre de whisky qu'il vida d'un trait pour chasser les larmes à ses grands yeux de glace. Puis il se leva. Son grand corps de presque deux mètres se déploya tranquillement, lentement, il entoura de ses bras cet autre qui lui faisait face, et le serra doucement comme pour le remercier d'une autre façon. Il aurait voulu qu'ils puissent coucher ensemble, pour une fois. Cette pensée ne lui était pas venue, pas depuis sa première rencontre avec Thaddeus, comme s'il sentait qu'il y avait quelque-chose d'autre de prévu pour eux, un autre type de proximité, et en cet instant il ne pouvait pas nier qu'il le regrettait. Donner son corps était une des seules manières qu'il avait d'être intime avec quelqu'un, il n'en connaissait pas vraiment d'autre avec laquelle il se sentait à l'aise, qu'il parvenait à accepter. Il le serra néanmoins, fort, maladroitement, sans lâcher ni sa cigarette ni son verre et sans que son sourire ne tombe, juste parce qu'il devait désormais aller au bout de l'étrange pulsion qui était montée. « Merci. » Dit-il, doucement. Lorsqu'il se sépara de l'autre, et se remit sur le lit, il s'était quelque peu calmé et pouvait désormais revenir sur autre chose, quelque-chose qui le gênait. « Maintenant dis-moi. Pourquoi l'air morne ? Pourquoi la nuit t'a-t-elle malmené, toi, aujourd'hui ? » Il n'y avait plus qu'à espérer que l'autre ne lui retournerait pas la question, qu'il parviendrait comme il l'espérait à concentrer la conversation sur son ami. D'un simple geste, il leur resservit à tous deux un verre de whisky, sans avoir besoin de se lever. Il attendait. Si l'autre devait agir comme un père, alors rien ne l'empêchait, lui, d'être le fils aîné.




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MessageSujet: Re: (Roxoan - Thaddeus) ∆ Way too young to hurt so long.   Dim 18 Fév - 23:46

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Roxoan & Thaddeus
I like you a lot. Putting on my music while I'm watching the boys. So I do what you want. Singing soft grunge just to soak up the noise

Le livre glisse d'entre mes doigts, et sans chercher à le retenir, je m'efface déjà, reculant légèrement pour mieux me perdre dans l'ombre de ce présent qui éveille chez Roxoan une joie discrète et pourtant magnifique, qui dans l'éclat de ses yeux encore jeunes et plein d'une envie de vivre qui n'est plus la mienne depuis bien longtemps, brille avec toute la force d'un enfant qui chercher encore à croire en un lendemain plein d'espoir et d'étoiles. C'est dans l'ombre de cette humanité, de ce brasier humain que je me dissimule pour mieux recommencer à fumer et à expirer dans l'air quelques volutes blanchâtres qui drapent sans peine ma tête et aident à faire se confondre dans l'oubli les traits de mon visage fatigué et usé par des cauchemars récurrents, des songes maudis qui se font les réminiscences de la vie d'un autre, d'un homme qui un jour foulait la terre sous l'identité de Sigmund. Derrière un écran de fumée, je disparais ainsi, couvrant mes lèvres exsangues de ma main tremblante alors que de mon nez, la fumée s'échappe pour mieux troubler le gris de mes prunelles et les larmes qui y perlent déjà quand le petit renard tente de me remercier à sa façon, en osant soulever la possibilité qu'il ne mérite pas une générosité que je n'ai pas l'impression de posséder. Un sourire pourrait se glisser sur mes lèvres et ainsi arrêter les perles salées qui menacent déjà de couler sur mes joues, mais rien ne vient, à part l'étrange culpabilité qui me susurre au creux de l'oreille que j'essaye de me rattraper pour les erreurs du passé, en gâtant un fils de coeur pour laver les offenses que j'ai fait au premier, à celui que je n'ai su sauver et qui de là où il se trouve, doit haïr l'homme que je suis, encore plus peut-être que celui qui avait brisé un jour son être pour le simple plaisir de le voir ramper. D'un battement de cils, je tente de chasser tout ceci au loin, refoulant une fois de plus ce que je ne suis pas prêt à affronter pour mieux m'enfermer dans un silence et un déni de réalité qui au lieu de me préserver d'une quelconque souffrance que je ne suis de toute manière plus réellement capable de distinguer tant celle-ci est permanente, me font sombrer un peu plus dans une apathie qui délave et efface ce que j'étais aussi surement que les vagues rongent les falaises qui bordent l'océan. Par faiblesse, ou par habitude, je glisse et m'enfonce un peu plus dans des travers qui n'appartiennent qu'à moi, fuyant ainsi le temps d'un battement de coeur la compagnie de celui qui venait trouver refuge à mes côtés pour ne revenir que lorsqu'il me remercie une fois de plus, m'arrachant de ce fait un léger sourire qui délicatement, force au passage entre mes lèvres, un murmure rauque mais plein d'une tendresse presque paternelle.

"Je t'en prie... Ca me faisait plaisir... Et puis, si j'avais eu le temps... Je te l'aurais emballé..."


Comme j'aurais pu le faire à une époque. A ce souvenir, un soupir manque de m'échapper mais je le retiens, alors que les prunelles de nouveau dans le vide, je repense à cette époque où au sein de la boucle j'étais le protecteur des enfants et l'ombre d'une Ymbryne qui toujours me faisait l'honneur de caresser ma joue quand pour elle je me faisais son Thaddeus, son autour qui prenait sous son aile de rapace les plus jeunes comme les plus vieux, se faisant un parfait chevalier qui donnait tout ce qu'il n'avait pas. Une autre volute de tabac m'échappe et danse dans l'air au rythme du silence qui s'installe et qui n'est rompu que par une question gênante que j'évite d'un haussement d'épaule et d'une réflexion qui n'est rien de plus qu'une expiration.

"Je n'ai pas pris le temps de te faire proprement ce cadeau... Et pourtant je l'avais... Je l'avais."

Mais j'ai préféré voler, fuir cette chambre pour devenir un animal sauvage qui n'avait pas à se soucier de ce qu'il pourrait trouver dans son ombre. Au lieu de prendre le temps de prendre soin des autres, d'être là pour eux, je me suis fait ce lâche qui s'esquive, qui abandonne tout derrière-lui pour devenir égoïste, un faible qui cède à sa douleur et qui au lieu de la combattre, préfère se couvrir les yeux et serrer les dents pour ne pas hurler, pour ne pas chercher l'aide dont il a besoin. Non, à la place, je me suis fait oublier, redevenant une ombre fugace dans la nuit, un souvenir de jour et une énigme, une légende presque que l'on dit parfois apercevoir dans les recoins du manoir. Pour lui, j'aurais dû prendre le temps, mais comme avec Morgan, j'ai été faillible et décevant, et si cela devrait ne pas me surprendre, ça m'arrache pourtant un pincement douloureux au coeur comme si une vieille blessure se rouvrait pour à nouveau déverser dans mes nerfs et veines, un pus corrosif qui dévore autant ma chair que mes sentiments, faisant ainsi de moi un parfait animal qui n'existe que pour survivre et non pour vivre. Un peu de cendres tombe à mes pieds alors que j'oublie mon whisky pour mieux énoncer des mensonges que je profère avec si peu d'enthousiasme que cela en est déplorable.

"Rien... J'ai toujours eu cette tête-là..."

Je tente de lui sourire mais c'est fatiguant. C'est aussi épuisant que de quitter mon lit après des heures à cauchemarder sur une vie qui n'est pas la mienne, à me débattre au milieu de la boue, du sang et des entrailles tandis que gronde au-dessus de moi un tonnerre plus violent encore qu'un ouragan. Lui mentir est éreintant et pourtant, je suis là face à lui, à tenter de me faire passer pour un homme que je ne suis plus, pour un Thaddeus qui n'existe que dans l'ombre qui accepte encore de s'accrocher à la carcasse pathétique que je suis et qui ne transparait que lors de très rares instants, quand sur le plancher de ma chambre je suis, à pleurer, à hurler et à sangloter. Là, oui, dans la douleur, dans la peine, dans la sueur et l'urine, je redeviens un être primaire, l'ébauche d'un homme qui un jour dû apprendre à s'accepter pour exister. Dans ces instants-là, oui, Thaddeus revient à la vie, et se fait le phénix qui émerge de mes sanglots et des cendres de ma psyché mais rares sont ceux qui peuvent effleurer du regard celui qui aurait besoin d'être ramassé et aimé à défaut d'être proprement enlacé. Dans la tasse qui me sert de cendrier, je finis par écraser mon mégot, tuant ainsi la braise d'un geste délicat du poignet alors que je m'adosse à la fenêtre de ma chambre pour mieux fermer les yeux et m'effacer dans un mensonge que j'aimerais être ma réalité.

"Je vais bien... Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi... Il en faut beaucoup pour se débarrasser d'un autour."


Avec la mort j'ai déjà dansé et depuis celle-ci m'attend aux frontières de la boucle, patientant avec la ferveur d'une amante qui veille au retour de son bien-aimé, préparant ses paumes pour mieux accueillir avec tendresse la silhouette du rapace qu'elle gardera dans ses mains et contre son coeur, lui murmurant alors les paroles qui furent un jour celle d'une femme dont j'ai eu le malheur de tomber amoureux. "Doucement mon beau… Là… Cesse de te battre, le combat est terminé… Tout va bien se passer. Tu as été brave." Un frisson dévale mon échine et d'un battement de cils, je m'enferme un peu plus, n'offrant à mon invité et protégé qu'un silence que je regretterais demain mais qui est pour l'instant la défense dont j'ai besoin pour ne pas craquer et révéler à quelqu'un qui a besoin de moi ô combien je suis répugnant dans ma façon de souffrir.


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(Roxoan - Thaddeus) ∆ Way too young to hurt so long.
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